C’est qui le Chef? (nous sommes les chef.fes de nos vies, et responsables de nos actions individuelle et de notre puissance d’action collective)

Voici mon discours de Roch hachana, avec ses notes et développements. Si vous hésitez à nous rejoindre, contactez-moi…

Inscriptions pour Kipour ouvertes jusqu’à vendredi 18/09 à 12h, ici https://www.helloasso.com/associations/cem-cocreer-en-ecoute-mutuelle/evenements/inscription-pour-roch-hachana-et-yom-kipour-2

[Titre au masculin car ce titre est une caricature, nous allons développer l’idée que nous sommes les chef.fes de nos propres vies et de la construction du monde, dans une perspective d’auto-leadership qui caractérise la pensée juive à l’occasion des fêtes de tichri..]


Nous allons décliner cette question sous quatre angles…
Tout d’abord, nous allons explorer un paradoxe… I Un paradoxe : dieu règne, mais il ne peut rien
Nous allons ensuite raconter… II Toute l’histoire juive du partage du pouvoir
Nous allons ensuite appliquer cela à… III Un exemple concret qui nous touche, nous, aujourd’hui
Et bien sûr, en conclusion, nous poserons.. IV Une question que je vous pose et qui restera ouverte
C’est ok puisque nous avons 10 minutes 😉

En revanche, je ne parlerai pas d’Ecoute Mutuelle puisque selon le talmud roch hachana vous savez déjà que crier, pleurer, changer de comportement, jouer avec son nom et son identité nous rend plus libres. Je ne vous parlerai pas de communication nonviolente puisque vous savez déjà à travers les commandements du lévitique et l’interdiction du lachon hara que notre façon de parler doit être travaillée pour être nonviolente. Je ne vous parlerai pas de sociocratie puisque vous savez déjà qu’on organise les choses pour que tout le monde ait sa place et sa part à la décision comme le montre la structure même de la littérature rabbinique. Et si vous voulez accéder à ces savoirs modernes qui concrétisent l’aspiration juive millénaire, vous y avez accès à travers le site cocrer.net, lien ici vers les formations.
Parlons des « choses sérieuses », selon l’expression popularisée avec ironie par Saint-Exupéry dans sa caricature du businessman dans son livre « le petit prince ».

I Un paradoxe : dieu règne, mais il ne peut rien


« Dieu est-il le roi du monde ? »
Il y a beaucoup de « gros » mots dans cette phrase ! « dieu » ! « roi » ! Redéfinissons les termes :
« dieu » en culture « française » renvoie à la culture européenne et occidentale, d’abord aux dieux grecs et romains puis au dieu chrétien qui marque la pensée occidentale. En hébreu au nom indiscible, imprononçabe, « inéffable » qui désigne « la puissance éternelle, transcendante, vivante, vibrante, la force de vie en nous et dans le monde »
« roi » en français renvoie à l’imagerie moyenâgeuse puis de la renaissance. Dans la culture juive ce mot renvoie aux langage culturel assyrien puis babylonien.. ou « valeur que nous admettons comme supérieure, plus importante que nous, boussole de nos vies »
Mais gardons l’image de « dieu » et du « roi », car ce vocabulaire est plus piquant pour raconter le paradoxe :
1 – dieu est roi 2 – dieu est impuissant !


1 – dieu est roi
(j’écris « dieu » avec une minuscule car ce mot ne veut pas dire grand chose, mettre une majuscule c’est un peu faire semblant qu’on entérine l’expression, mon choix dépend du contexte et de à qui je m’adresse et de ce que je veux souligner, cela n’a pas une grande importance compte tenu du peu de représentativité de ce mot)

A roch hachana, on dit que « dieu est roi », qu’il nous juge en se souvenant de tout, comme un roi, qu’on sonne des trompettes (du chofar) lors de son installation, comme on le fait pour un roi.
Cela signifie-t-il que dieu fait ce qu’il veut du monde ?
Pas du tout.
Si tel était le cas, il n’aurait pas besoin qu’on le couronne volontairement, il s’imposerait à nous.
Et pourtant, on y va fort, je vous laisse en juger avec ces extraits :


MalHouyot (extrait du maHzor Yétsira, trad. F. Chinsky)
Pour cette raison nous espérerons pour toi éternel notre guide, de voir rapidement la splendeur de ta force, de faire partir la méchanceté (idoles, giloulim) de la terre et les manipulations (idoles, elilim) seront totalement achevées, pour corriger le monde dans la royauté de l’entité qui est suffisante, et toute chair appellera ton nom, pour que se tournent vers toi tous les méchants de la terre, qu’iels reconnaissent et sachent, tous·tes les habitant.es de l’univers, que nous sommes partenaires dans la correction du mode, pour toi se pliera tout genou, s’engagera toute langue, devant toi éternel notre guide, se pliera et tombera pour la gloire de ton nom donnera de la valeur (יְקָר), tous·tes recevront le joug de ton royaume, et tu règneras sur iels bientôt pour toujours, car le royaume est à toi, et pour toujours et à jamais tu règneras dans la gloire…
Comme il est écrit dans ton enseignement : L’éternel règnera pour toujours ( Ex. 15 :18) Et il est dit : Aucune faute n’est vue en Jacob, L’Eternel.le ne voit aucun mal sur Israël, sa force-guide est avec lui et le retentissement des rois l’accompagne (Nb.23 :21) Et il est dit : l’Eternel sera comme un roi sur toute la terre, en ce jour, l’Eternel sera un et son nom sera un. (Zacharie 14 : )
Et dans les paroles spéciales, il est écrit ce : Car la souveraineté appartient à l’Eternel.le et elle est l’unique force qui règne, y compris dans tous les peuples (Ps. 22 :29) Et il est dit : L’Eternel.le s’est installé dans la souveraineté et s’est habillé de sentiment d’estime, même si le monde est ébranlé, sa stabilité reste un appui ferme (Ps. 93 :1) Et il est dit : Ouvrez vos fronteaux, Ô, vous, grands portails, et soulevez-vous, portes du monde ! Pour qu’entre le roi de gloire ! Qui est le roi de gloire ? C’est la force de vie et de justice éternelle, qui est puissante et libératrice ! L’Eternel.le qui est le soutien des causes justes ! Ouvrez vos fronteaux, Ô, vous, grands portails, et soulevez-vous, portes du mode ! Pour qu’entre le roi de gloire ! Mais qui est-il, ce roi de gloire ? C’est la puissance des armées en marche, tel est le roi de gloire, et c’est ainsi. (Ps. 24)

ZiHronot
Tu te souviens de l’œuvre de la création et tu rappelles tous les êtres antérieurs, devant toi, les choses disparues sont révélées et la multitude des choses enfouie depuis la création du monde. Il n’y a pas d’oubli devant le trône de ta dignité, er rien de dissimulé face à ton regard. Toi, tu te souviens de ce qui est réalisé, rien de ce qui est créé ne t’échappe. Tout est révélé et connu devant toi Eternel.le notre guide, toi qui vois et observe jusqu’au confins de la succession du temps. Car tu feras venir une justice, un appel à la responsabilité de tout être qui vit et qui respire, pour évoquer la multitude des actes et la multiplicité des êtres, sans fin. Tu nous en a averti dés le commencement, et tu l’as explicité avec clarté. Voici aujourd’hui le jour du début l’acte de remémoration depuis le premier jour.
Ainsi qu’il est écrit dans ta torah La force-guide se souvient de Noé et de toutes les créatures et de tous les animaux qui l’accompagnaient dans l’arche et la force-guide fit venir un vent sur la terre et les eaux se calmèrent (Gen.8 :1)
Et il est dit : la force-guide entendit les gémissements des hébreux et se souvient de son alliance avec Abraham, avec Isaac et avec Jacob (Ex. 2 :24)
Et il est dit : Je me souviens parfaitement de mon alliance avec Jacob, et aussi de mon alliance avec Isaac, et aussi de mon alliance avec Abraham je veux m’en souvenir, et je veux me souvenir de la terre. (Lev.26 :42)
Et il est dit : Ephraïm est pour moi un enfant chéri, un bambin choyé, et lorsque je parle de lui je me souviens entièrement et mes entrailles s’émeuvent pour lui, je le considérerai avec largesse et tendresse, dit l’Eternel.le (Jer. 31 :19)

Chofarot
Tu t’es révélé.e à ton peuple unique dans un nuage de dignité pour leur parler. Tu leur as fait entendre ta voix depuis les cieux, tu t’es montré à ton peuple dans une nuée inaltérée. Le monde entier lui aussi n’existe que par toi, les créatures initiales tremblaient devant toi au moment de la révélation de ta souveraineté sur le mont Sinaï, dans le but d’enseigner la Tora et les commandements à ton peuple, quant tu leur a fait entendre la beauté de ta voix et tes paroles uniques dans des flammes de feu.
Comme il est écrit dans ta tora : Et arriva le troisième jour, vers le matin, il y eut des sons et des éclairs et un brouillard très pensant sur la montagne et le son du chofar, très puissant, et tout le peuple, resté dans le camp, trembla. (Ex. 19 :16)
Et il est dit : Il y eut le son du chofar, qui allait et se renforçait puissamment, Moïse parlait et la force-guide lui répondait de façon sonore. (Ex. 19 :19)
Et il est dit : Tout le peuple voyait les voix et les torches et le retentissement du chofar et la montagne emplie de fumée et le peuple eut peur et les gens s’agitèrent et se tinrent à l’écart. (Ex. 20 :18)
Et dans tes paroles unique, il est écrit, pour exprimer : Le guide monte dans le son retentissant, l’Eternel.le dans la voix du chofar. (Ps. 47 :6)
Et il est dit : faites du bruit pour le roi éternel avec des trompettes et des retentissements de chofar. (Ps. 98 :6)
Et il est dit : sonnez du chofar au nouveau mois, lorsqu’arrive le jour de notre fête, car c’est une loi en Israël, une sentence du guide de Jacob. (Ps. 81 :4)


2 – dieu est impuissant.


A lire les textes précédents, on pourrait être subjugué.es par la puissance divine, ou repoussé.e par l’exagération liée à un pouvoir censé s’imposer à nous. Pourtant, en regardant l’état du monde, on voit bien que l’ambition divine n’est pas accomplie. Nous ne vivons pas dans un monde où « dieu règne », un monde où les valeurs de justice et de partage priment. Comment comprendre cela ? Voici un passage du talmud qui explicite cette question :
Si la puissance divine est reine et si elle déteste le mal, pourquoi ne le détruit-elle pas ? La question est soulevée contre les sages juifs présents à Rome


Avoda zara 54b

מתני’ שאלו את הזקנים ברומי אם אין רצונו בעבודת כוכבים למה אינו מבטלה אמרו להן אילו לדבר שאין צורך לעולם בו היו עובדין היה מבטלו הרי הן עובדין לחמה וללבנה ולכוכבים ולמזלות יאבד עולמו מפני השוטים אמרו להן א »כ יאבד דבר שאין צורך לעולם בו ויניח דבר שצורך העולם בו אמרו להן אף אנו מחזיקין ידי עובדיהן של אלו שאומרים תדעו שהן אלוהות שהרי הן לא בטלו:
גמ’ ת »ר שאלו פלוסופין את הזקנים ברומי אם אלהיכם אין רצונו בעבודת כוכבים מפני מה אינו מבטלה אמרו להם אילו לדבר שאין העולם צורך לו היו עובדין הרי הוא מבטלה הרי הן עובדין לחמה וללבנה ולכוכבים ולמזלות יאבד עולם מפני השוטים אלא עולם כמנהגו נוהג ושוטים שקלקלו עתידין ליתן את הדין דבר אחר הרי שגזל סאה של חטים [והלך] וזרעה בקרקע דין הוא שלא תצמח אלא עולם כמנהגו נוהג והולך ושוטים שקלקלו עתידין ליתן את הדין דבר אחר הרי שבא על אשת חבירו דין הוא שלא תתעבר אלא עולם כמנהגו נוהג והולך ושוטים שקלקלו עתידין ליתן את הדין והיינו דאמר ריש לקיש אמר הקב »ה לא דיין לרשעים שעושין סלע שלי פומבי אלא שמטריחין אותי ומחתימין אותי בעל כרחי

On enseigne dans la michna on a demandé aux anciens à Rome : « s’il n’aime pas le service des étoiles pourquoi ne l’annule-t-il pas ? » ils leur ont dit « si ils servaient des choses dont le monde n’a pas besoin il l’annulerait voici qu’ils servent le soleil et la lune et les étoiles et les constellations il va détruire son monde à cause des fous ? » ils leur dirent « si c’est ainsi qu’il détruise les choses dont le monde n’a pas besoin et qu’il laisse les choses dont le monde a besoin ! » ils leur dirent « et aussi nous soutenons les mains de ceux qui disent ce sont des divinités puisque elles n’ont pas été détruites ! »
Guémara les sages ont enseigné les sages des nations ont demandé aux anciens à Rome « si leurs dieu ne désire pas le service des étoiles pour quelle raison ne l’annule-t-il pas ? » ils leur dirent « si ils servaient une chose une chose dont le monde n’a pas besoin il l’annulerait or ils servent le soleil et la lune et les étoiles et les constellations il va détruire le monde à cause des fous mais le monde se conduit selon sa conduite et les fous qui le détruisent finiront par être jugés »
autre chose « voici qu’il a volé un séa de blé et l’a planté dans le sol est-ce justice qu’il ne pousse pas mais le monde se conduit selon sa conduite et continue et les fous qui le détruisent finiront par être jugés »
autre chose « voici celui qui a des relations avec la femme de son prochain est-ce justice qu’elle ne tombe pas enceinte mais le monde se conduit selon sa conduite et continue et les fous qui le détruisent finiront par être jugés »
et c’est ce qu’a dit rech lakich le saint béni soit-il a dit je ne juge pas les méchants qui rendent mon effigie sans valeur mais qui m’oppressent et s’attribuent ma signature sans mon accord.


Dieu, ne valide pas moralement le mal qui est fait dans le monde, c’est une violence contre ses valeurs, qu’il subit et que nous voulons réparer.
La puissance de vie n’est pas d’accord avec la façon dont on utilise le monde contre elle, la vie en nous et dans l’humanité et dans le monde en subit les conséquences, mais la force de vie est en nous et nous soutient dans notre lutte contre ce qui nous rapetisse et ce qui diminue la vie dans le monde.
C’est parce qu’un chef unique est un chef impuissant. On n’existe que par le partage du pouvoir et l’empowerment réciproque.


Nous disons que « Dieu peut tout en théorie », mais qu’en pratique il ne peut rien. Car si une seule force agit sur le monde, tout est cette force et rien n’est libre. C’est ce qui se produit lorsqu’il y a une concentration du pouvoir. Ce n’est pas ce que Dieu cherche selon la vision juive. Cela rejoint l’idée de « réduction de dieu » tsimtsoum.


On raconte aussi que dieu lui seul créé le monde mais qu’il a du passer le relais pour faire une place à l’être humain dans la création. Dieu empowere le Adam, rappelons-le en ce jour qui est l’anniversaire de la création de l’humanité. (on lira tout cela à simHat torah). Le « dieu un » a besoin de la relation.


On raconte que le premier être humain était unique mais qu’il a du être divisé en deux entités pour trouver du sens à la vie. Seul on a le pouvoir en concentré, mais il ne peut s’exprimer. L’être humain a besoin d’être deux pour que le pouvoir se manifeste. Seul on peut tout en théorie, mais ensemble, on trouve la liberté, la puissance et le sens, de façon concrète et incarnée. L’être humain unique a besoin de la relation.


On raconte également que l’unité du jardin d’Eden a du être brisée pour que l’intelligence naisse. Eve empowere l’humanité en intégrant le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, ainsi, l’être humain devient « comme des dieux », ainsi que le dit le texte de la Genèse (-1000 ? -500 ?) ou Maïmonide (hilHot téchouva, XIIe s) et bien d’autres.

II Toute l’histoire juive du partage du pouvoir


Et dans le judaïsme, comment procède-t-on ? Historique
Dans le judaïsme, il n’y a pas de roi, chaque tribu possède son organisation et se centralise autour d’un juge occasionnel aux alentours du -Ie millénaire.
Dans le judaïsme, il n’y a pas de roi car le roi doit refuser le pouvoir, l’argent, les chevaux et la domination.
Dans le judaïsme, il n’y a pas de pouvoir charismatique, car le pouvoir des grands prophètes est un pouvoir par l’humilité et l’action et l’inspiration par l’exemple, vers -Ve siècle.
Dans le judaïsme, il n’y a pas de grand prêtre, la puissance du savoir a vaincu la puissance rituelle aux alentours de l’an zéro.
Dans le judaïsme, il n’y a pas de chef unique car les sages fonctionnent en binômes antagonistes, les zougot, du -IIe au +Ie siècle

5 zougot : Yossi ben Yoézer et Yossi ben YoHanan, Yochoua ben PraHia et Nitai haarbéli, Yéhouda ben Tabai et Chimon ben ChétaH, Chemaia et Avtalion, Hillel et Chamai

Dans le judaïsme, il n’y a pas de pensée unique mais une confrontation des idées et des pratiques pour créer un collectif toujours grandissant nourri par des singularités toujours en mouvement. Michna +II, Talmud +Vie, Culture des commentaires et responsa jusqu’à aujourd’hui, Commentaires pluralistes de codes juridiques eux-mêmes pluralistes comme ChoulHan arouH XVIe etc. Ce dernier ouvrage, présenté comme un argument d’autorité par l’orthodoxie juive, est en réalité composite de multiples façons.


Note sur le ChoulHan ArouH : Il est écrit selon l’inspiration d’un autre ouvrage (donc pas auto-suffisant et déconnecté et autoritaire), le tour ou arbaa tourim (yaacov ben acher début 14e siècle), qui est né à Cologne (ashkénaze) et mort à Tolède (séfarade), lui-même s’inspirant du maharam de rottenbourg pour les questions de vie quotidienne, oraH Hayim (Allemagne 13e), du Rachba et rambam sur les questions d’interdits et de deuil Yoré Déa (Allemagne 13e), sur maimonide (12e Espagne-égypte) sur les questions matrimoniales even haézer se sur différents sages espagnols pour les questions juridiques, Hochen michpat. Et le chouHan arouH comprend deux parties : l’une sefarade de Rabbi Yossef Karo (Tolède, Lisbone, Turquie, Egypte, Erets israel) et l’autre achkénaze de Rabbi Moché isserless. Et qu’il intègre ensuite de nombreux commentateurs au cours de l’histoire.


La pensée unique du judaïsme, l’aspect hiérarchique et bureaucratique, nous le devons au sauveur du judaïsme, Napoléon, sans qui nous n’aurions pas eu la chance de subir un Consistoire et un Grand-rabbinat de France.
Et un grand rabbinat israélien dont wikipedia nous apprend qu’il est « Le grand-rabbinat d’Israël est l’autorité suprême du judaïsme, reconnue par la loi, en Israël[1]. »


Wikipédia sur le grand rabbinat d’Israël
« Depuis le XVIIe siècle (et jusqu’à aujourd’hui pour les séfarades), la communauté juive de Jérusalem possède à sa tête un grand-rabbin, appelé en hébreu Rishon LeTzion (ראשון לציון – le premier à Sion)[3]. En 1835, les autorités turques reconnaissent officiellement le grand-rabbin de Constantinople Hakham Bachi de Constantinople et de l’Empire[4]. Le firman précise que le Hakham Bachi est choisi par les Juifs mais que ce choix doit être ratifié par le sultan ottoman. »… Haim Moshe Eliashar, avant la création du grand-rabbinat de la terre d’Israël, assume la charge de grand-rabbin de Jérusalem[25].
L’institution du grand-rabbinat (appelé dès lors grand-rabbinat d’Israël) est reconduite par le jeune État d’Israël, né en 1948.

ce n’est pas tout le judaïsme mais juste la communauté juive de Jérusalem….

et donc comment en vient-on à ce que cela représente l’ensemble du monde juif ?
Le monde catholique fonctionne avec un Pape, nous le savons. Mais il est glissant d’appliquer cela à toutes les cultures, et impropre de l’appliquer à la culture juive. La culture dominante doit se purifier de la tendance à appliquer ses croyances et ses procédures à l’ensemble des cultures humaines, il faut se laver des mécanismes qui nous enferment, diluer ce « savons » dans la transparence d’un fleuve de respect et de remise en question (métaphore filée inspirée par « le tube de toilette » de Bobby Lapointe). Le monde napoléonien fonctionne avec une hiérarchisation du monde, mais sur l’échelle de Jacob, les personnages montent et descendent et évoluent.

III Un exemple concret qui nous touche, nous, aujourd’hui

Le pouvoir accaparé et centralisé se retrouve limité. Le pouvoir partagé fondé sur la coopération et l’entraide est démultiplié. C’est pour cela aussi que nous sommes ensemble ce soir.
Qu’est-ce que le collectif ? Un groupe de personnes qui fait circuler le pouvoir entre eux pour créer de la vie et de la puissance. C’est le minian, le quorum de 10 personnes (femmes incluses contrairement à ce que défend l’orthodoxie juive) sans lequel on ne peut pas agir, ce minian égalitaire de 10 personnes que nous tenons largement ouvert, ce minian de solidarité sociale, ce minian de lecture de la torah où on fait face ensemble à la lecture de textes très anciens, en pleine solidarité, pour en créer un message nouveau.
Une seule personne ne peut pas valablement lire dans ce parchemin dépourvu de ponctuation, de voyelles, de signes de chant, à la grammaire souvent déconcertante.
Pour que la torah puisse être lue, il faut qu’une personne écrive le parchemin, qu’une personne accueille, que sept [(chabat) six (kipour) cinq (yom tov) quatre (roch Hodech) ou trois (chabat après-midi, lundi et jeudi)] personnes prennent la responsabilité de la lecture, qu’une (ou 7) personnes lise(nt), qu’une personne surveille la lecture et, anciennement, qu’une personne traduise. Il faut que chacun de ces rôles accepte la codépendance aux autres rôles.
Tous ces rôles, nous en avons besoin, nous les traduisons dans nos vies, nous avons besoin de créer cette pyramide humaine ou chaque personne trouve sa juste place et où chaque personne soutient les autres.


Quel est votre chemin de vie, votre scénario au sein de ces rôles : écrire la trame, accueillir, prendre la responsabilité de l’action, se pencher concrètement sur l’action, surveiller et aider à la réalisation de l’action, traduire l’action ? Et ici, en cet instant, qu’êtes-vous en train de réaliser et en quoi cela vous permet-il de vous projeter ? dans quel autre rôle trouvez-vous de la force en étant ici ?
Ces rôles vous les acceptez chez les autres ? Vous les acceptez en vous ? vous êtes d’accord de lire et d’être corrigé, de prendre la responsabilité et d’être accueilli, de poser un cadre ou de traduire ?
Qu’est ce qui nous empêche de prendre certains rôles pour nous ? Qu’est ce qui nous est insupportable dans les rôles des autres ?
Les nœuds émotionnels qui sont en nous, les croyances figées sur le monde, les traumatismes anciens, l’incapacité au dialogue, notre ignorance en matière de méta-langage, de gestion du conflit ou plutôt de dépliement du conflit, un brainwashing en matière de centralisation du pouvoir.
Si nous ne nous sommes pas mis d’accord, « je ne veux pas que tu me corriges alors que c’est moi qui fais tout », « je ne veux pas que tu traduises à ta façon alors que c’est moi qui ai écrit ». Je peux me sentir jugée, humiliée, exploitée. Mais si nous sommes d’accord, que j’ai réglé mes anciennes humiliations, que la décision est prise collectivement, alors c’est tout le contraire : je veux que ma lecture soit soutenue par le ou la rédactrice du texte, son correcteur, sa traductrice etc.
Et vous, quel est votre rôle ? Vous écrivez des paroles précieuses comme sur un parchemin, c’est vous qui créez la trame et le cadre ? Vous accueillez, comme le gabai richon à la torah, vous faites en sorte que tout se passe bien vous insufflez de la douceur ? vous prenez la responsabilité du texte ? vous êtes le nez dans le texte et vous lisez pour les autres ? Vous surveillez ? vous traduisez ?
La lecture de la Torah et la participation communautaire dans un cadre conscientisé, connaisseur de la bienveillance et du respect, permet de retravailler tout ce qui nous empêche de nous organiser pour faire un monde meilleur.


Apprendre tout cela, c’est prolonger la continuité du partage du pouvoir dans le judaïsme, c’est refuser de faire partie des destructeurs qui utilisent les lois du monde pour la destruction, c’est réinstaller la force de vie et de joie au cœur de nos vies, c’est faire de « dieu » notre « roi ».
Quel que soit votre chemin de vie, c’est Roch hachana, et vous pouvez le remanier aujourd’hui, demain, après demain, de mille manières, par mille chemins, à ouvrir aujourd’hui.
Roch hachana est la tête, le « chef » de l’année, au sens premier du mot « chef ». Notre autodétermination personnelle y est remise en marche. Notre puissance d’action collective y est renouvelée.

❤️📚🥨Voilà la vision à laquelle se dédient Yétsira et Cocréer, si le coeur vous en dit, rejoignez-nous!❤️📚🥨

Chana Tova ou métouka, une année bonne et douce, שנה טובה ומתוקה

Léchana tova tikatévou outéHatémou, que vous soyez inscrit.es pour une année de bien לשנה טובה תכתבו ותחתמו

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