Pour les enfants: Les bougies, la tendresse, Sarah notre mère

Ce vendredi, rendez-vous à 18h35 avec les petits et les moyens pour des histoires et des chants.

Nous reprenons les Erev Chel Yéladim, avec un thème simple pour les petits:

Histoires de Patriarches et de Matriarches.

Au programme à chaque fois: une de nos figures archétypales de la torah, une lettre hébraïque, une chanson facile, une histoire, et de petites participations à l’office à différents moments.

Cette semaine:

  • Figure de proue: Sarah
  • Lettre: Lamed
  • Prière: Allumage des bougies du chabbat

Comme toujours, parents et enfants feront ensemble des jeux parallèles pendant les prières, pour se rattacher aux chants de la communauté de leur façon particulière.

Retrouvez notre vidéo:

Au plaisir de nous retrouver, avec tous ces chants que nous aimons et cette ambiance de partage.

Le charme de Hanouka, dimanche 18/11

Hen, HinouH, Hanouka, charme, éducation et inauguration!
Pour la tradition juive, tout est pédagogie.

La fête de Hanouka, à la fois ludique, instructive et inspirante nous entraîne dans un voyage où la grâce, l’éducation et les inaugurations ne font qu’un.

Que nous apprend Hanouka à titre individuel? Que nous enseigne-t-elle sur ce qu’est l’éducation juive?

Cette thématique, proche de tous les parents, de tout étudiant, et de toute personne avide de mieux comprendre les enseignements du judaïsme, sera la nôtre pour notre rentrée de la toussaint, le dimanche 18 novembre, de 10h30 à 12h30.

Notre approche sera conviviale et dynamique, et nous donnera tous les outils pour faire de la fête de Hanouka qui approche un moment spécial pour nous, nos familles et nos amis.

A Ganénou, de 10h30 à 12h30

Pour vous accompagner: vidéo chants de Hanouka

Paracha Toledot – Esaü le poilu et le pouvoir des livres

 » C’est trop facile quand les guerres sont finies d’aller gueuler que c’était la dernière ». En ces temps de commémoration de l’armistice et de la nuit de cristal, que nous apprennent Jacob, Esaü, Rabbi Judah hanassi et Antonin sur le pouvoir de la culture face au pouvoir des armes?

Dans notre Paracha de la semaine, la Torah nous invite à nous poser ces questions. La lecture juive de la bible nous invite à nous interroger.

« Estas tro facila kiam la militoj finis, krii ke ĝi estas la lasta. » En ĉi tiuj tempoj por memorfesti la armistikon kaj la kristan nokton, kiel Jakobo, Esav, Rabeno Judah Hanasi kaj Antonin instruas al ni pri la potenco de kulturo alfrontante la potenco de armiloj?

Sur un pied 2015: Fratritude ou fraternité? ( La naissance, fratritude Philippe Caillé, Jacob vs Esaü, Rivka vs Isaac, Rachel vs Léa, Bettelheim, réconcilier les tendances )

Akadem: Créer ou subir l’histoire ? ( La souffrance de Rebecca, Deux tendances qui coexistent en chacun, Bonheur du quotidien ou risque de l’aventure)

Voir également:

festin funéraire natoufia grotte Hilazon taHtit, nord est d’israel, entre lac de tibériade et la méditérannée, femme chamane

https://www.hominides.com/html/actualites/sepulture-rite-funeraire-israel-12000-ans-1049.php

Autres documents relatifs aux difficultés d’Esaü:

Kli Yakar sur gen 25:32 – Jacob convainc Esaü de sa perte

הנה אנכי הולך למות. הסכים לדברי יעקב, כי נראין הדברים שבכוונה ולא במקרה יזד יעקב נזיד, כי ידע שיבוא עשו מן השדה והיה רצונו לקנות ממנו הבכורה, ולטעון עליו הרי אתה הולך בכל יום במקום גדודי חיות וחייך תלוין לך מנגד ולמה זה לך בכורה, כי בעיני אתה חשוב כמת בכל יום, ועל כן עשה תבשיל של עדשים שעושין להברות את האבל, ע״ד שפירש״י בפסוק (כז מב) מתנחם לך להרגך כבר שתה עליך כוס של תנחומין. כך עשה יעקב סעודת הבראה על עשו, לומר לו הרי אתה דומה בעיני כאלו אתה כבר מת ולמה זה לך בכורה, והודה עשו לדבריו ואמר הנה אנכי הולך למות, ואני קרוב יותר אל המיתה מן החיים א״כ למה זה לי בכורה. במלת זה לי, הוא כמראה באצבע על דבר ששייכה בו הבכורה גם ביום ההוא, וזהו העבודה שהיתה בבכורות.

Rashbam – les dangers de la chasse

הנה אנכי הולך למות – בכל יום אני הולך לצוד חיות ביערים המצויים שם דובים ואריות וחיות רעות ואני מסוכן למות, למה זה לי להמתין חלק בכורה לאחר מיתת אבינו. כך פירש אבי הרב רבי מאיר מ »ס.

Rashi – les dangers du droit d’aînesse

הִנֵּה אָנֹכִי הוֹלֵךְ לָמוּת. (מִתְנוֹדֶדֶת וְהוֹלֶכֶת הִיא הַבְּכוֹרָה שֶׁלֹּא יְהֵא כָּל עֵת הָעֲבוֹדָה בִּבְכוֹרוֹת כִּי שֵׁבֶט לֵוִי יִטּוֹל אוֹתָהּ. וְעוֹד) אָמַר עֵשָׂו מַה טִּיבָה שֶׁל עֲבוֹדָה זוֹ אָמַר לוֹ כַּמָּה אַזְהָרוֹת וְעוֹנָשִׁין וּמִיתוֹת תְּלוּיִין בָּהּ כְּאוֹתָהּ שֶׁשָּׁנִינוּ אֵלּוּ הֵן שֶׁבְּמִיתָה שְׁתוּיֵי יַיִן וּפְרוּעֵי רֹאשׁ אָמַר אֲנִי הוֹלֵךְ לָמוּת עַל יָדָהּ אִם כֵּן מַה חֵפֶץ לִי בָּהּ:

עובד בחפירה והוצאה של משאבים מהקרקע, פועל במכרה.« כורה פחם. » « כורה זהב. »
Berechit Rabba 63,13
ויאמר יעקב מכרה כיום – אמר לו: זבין לי חד יום מן דידך. אמר רבי אחא: כל מי שהוא יודע לחשב ימי הגלות, ימצא שיום אחד ישב יעקב בשלוה, בצלו של עשו. ויאמר עשו הנה אנכי הולך למות ריש לקיש אמר: התחיל מחרף ומגדף, למה לי אין כתיב כאן אלא למה זה לי? מלמד, שכפר ב »זה אלי ». דבר אחר: הנה אנכי הולך למות, שהיה נמרוד מבקש להמית אותו, בשביל אותו הבגד שהיה לאדם הראשון, שבשעה שהיה לובשו ויוצא לשדה, היו באים כל חיה ועוף שבעולם, ומתקבצין אצלו. ויאמר השבעה לי מה ראה אבינו יעקב שנתן נפשו על הבכורה? דתנינן: עד שלא הוקם המשכן, היו הבמות מותרות ועבודה בבכורים, משהוקם המשכן נאסרו הבמות, ועבודה בכהנים. אמר יהי’ רשע זה עומד ומקריב?! לפיכך, נתן נפשו על הבכורה, הה »ד (יחזקאל לה): כי לדם אעשך, ודם ירדפך, אם לא דם שנאת, ודם ירדפך, ועשו הוא שונא את הדם?! ר’ שמואל בר נחמן אמר: זה דם בכורה וקרבנות. ר’ לוי אמר: זה דם של מילה. רבנן אמרי: שנאת דמו של אדם בגופו, הה »ד (תהלים קט): ויאהב קללה ותבואהו. רבי לוי בשם רבי חמא אמר: לא חפץ בברכה, ולא חפץ בכורה. רבי הונא אמר: זה דם הקורבנות, שהוא קרוי ברכה, היך מה דאת אמר: (שמות כ): מזבח אדמה תעשה לי:
Berechit rabba 63 12
 ויאמר עשו הלעיטני נא מן האדום אמר רבי זעירא: פער פיו אותו הרשע כגמל. אמר לו: אנא פתח פומי, תהי משתדר ואזיל! כהדא דתנינן: אין אובסין את הגמל, ולא דורסין, אבל מלעיטין. מן האדום האדום רבי יוחנן וריש לקיש ר’ יוחנן אמר: מיניה ומן פטרוניה. ריש לקיש אמר: מיניה ומן דכוותיה: הוא אדום ותבשילו אדום, ארצו אדומה, גבוריו אדומים, לבושיו אדומים, פורע ממנו אדום, בלבוש אדום, הוא אדום, ויצא הראשון אדמוני, תבשילו אדום, הלעיטני נא מן האדום. ארצו אדומה, ארצה שעיר שדה אדום. גבוריו אדומים, (נחום ב): מגן גבוריהו מאדם. לבושיו אדומים, שנאמר (שם): אנשי חיל מתולעים. פורע ממנו אדום, (שיר ד): דודי צח ואדום. בלבוש אדום, (ישעיה
סג): מדוע אדום ללבושיך:

 

Paracha Hayé Sarah: Apaiser les fantômes

Certains actes de notre passé personnel, du passé familial, ou de l’Histoire nationale, continuent de nous hanter. L’antisémitisme, dans sa perpétuelle réminiscence, n’est-il pas l’un des cimetières indiens sur lesquels notre « maison », notre culture, est construite, et qui continue de nous hanter? Combien de crimes seront-ils donc encore commis avant que nous prenions la peine de nommer les fantômes du passé pour leur permettre d’enfin reposer en paix, et pour nous permettre de faire face aux défis du présent avec dignité?

Abraham revient de l’épreuve d’Isaac pour pleurer Sarah, il tourne une page importante de l’histoire des patriarches, et nous donne l’exemple.

Dans notre Paracha de la semaine, la Torah nous invite à nous poser ces questions. La lecture juive de la bible nous invite à nous interroger.

Sur un pied 2015: Combien de temps allons-nous sacrifier nos enfants ?ois forts et vulnérables, La liberté au niveau de l’humanité par le renouvellement des générations.)

Sur un pied 2016: Rivka est-elle la fille de Sarah? « qui m’a fait à ton image ».

Esperante : Kelkaj agoj de nia persona pasinteco, de nia familia pasinteco, aŭ de nia nacia Historio, daŭre ĝenadas nin. Ĉu kontrauxsemidismo, en gia eterna relevigxo, ne estas indiana tombejo, sur kiu konstruigxis nia « hejmo », nia kulturo ? Kiom da novaj krimoj okazigxos, antaŭ ol nomi la fantomojn de la pasinteco por permesi al ili ripozi pace, kaj permesi al ni alfronti la defiojn de la estonteco kun digneco?

Voir également:

https://www.franceinter.fr/emissions/l-instant-m/l-instant-m-25-octobre-2018

Paracha Vayéra – Les fanatiques sont des sodomites

Quelle est la cause de la destruction de Sodome et Gomorrhe? Le détail des pratiques sexuelles des habitants est-il en cause? Le texte de la Torah ainsi que le midrach nous parlent de violence, de négation de l’autre, comme étant la perversité ultime de ces villes. A nous de nous opposer à cette violence, d’où qu’elle vienne. Bonan vidadon et chabbat chalom!

Dans notre Paracha de la semaine, la Torah nous invite à nous poser ces questions. La lecture juive de la bible nous invite à nous interroger.

Sur un pied 2015: Es-tu le gardien de ta femme ( Relation patriarcale dans le couple, interventions divines en faveur de la liberté de Sarah, « dis que tu es ma soeur », Sarah allaite des enfants, soutien émotionnel des envoyés, le changement de nom de Sarah. )

Sur un pied 2016: Qui rira la dernière? ( L’importance du rire; la stigmatisation du rire féminin, ou son partage; le rire de dieu dans tanour aHnaï, « lénatséaH »)

Voir également (attention contenu sensible)

Ce que pense le judaïsme de l’homosexualité (Pshattt, Rabbin Delphine Horvilleur)

https://www.franceinter.fr/embed/player/aod/4e362a19-27c8-4f10-ace7-a9bc606034cb

https://www.franceinter.fr/embed/player/aod/0ed125d4-17d7-4c25-9169-50de0b024ca8

Faire rayonner un judaïsme sans barbe

Portez-vous une barbe? Si c’est le cas, vous bénéficiez peut-être d’un sentiment de familiarité avec la plupart des sources juives disponible sur internet. Ce n’est pas forcément un avantage car si l’accès à la forme vous est simplifié, il se peut que vous ne vous identifiiez pas à leur contenu. Comme vous le savez, ce n’est pas mon cas (je n’ai pas de barbe bien que je boive le vin de la havdala, mais le rabbinat féminin est une prise de risque!), et mon choix de devenir Rabbin est lié entre autre au fait que le judaïsme transmis par mes parents était très peu représenté dans l’ « espace public juif français ». Cela a changé depuis, mais il y a encore beaucoup à faire. En conséquence, je m’investis pour inverser cette tendance, pour tous ceux qui partagent ce sentiment.

Le judaïsme actuel en France est constitué majoritairement de juifs et de juives sans chapeau et sans barbe, qui apprécient une parole moderne, et il serait bon qu’il en soit ainsi proportionnellement dans les réseaux sociaux.

C’est la raison pour laquelle je prends soin toutes les semaines d’enregistrer une vidéo « sur un pied » sur youtube. Vous les retrouvez sur ma chaine youtbe sur ce lien. Vos commentaires sont importants pour moi, ils me donnent une indication de ce qui vous est utile. Nous ne sommes pas beaucoup de femmes en mesure de défendre une autre image du judaïsme dans l’espace public juif, et pour cette raison, nous sommes très sollicitées, aux côtés de nos collègues masculins qui défendent ces mêmes valeurs, et nous sommes vigilantes pour répondre au mieux aux demandes, mais ce n’est pas évident.

Pour cette raison, je partage ce petit article. Pour que chacun prenne conscience que faire exister cette attitude égalitaire, moderne, ouverte, profondément ancrée dans la tradition juive est facile si nous nous y mettons tous, la participation de chacun et chacune est essentielle.

Soyons toutes et tous conscients de l’importance de soutenir nos actions dans ce sens, de mettre en valeur mutuellement les efforts que nous produisons pour défendre ces valeurs.

En résumé: Tout est bon, abonnez-vous à ma chaîne youtube et à mon site, likez, écrivez des commentaires qui m’aident à comprendre ce qui compte pour vous,  à celle du MJLF et des autres communautés libérales ou massorti, rejoignez des communautés qui défendent vos valeurs, produisez vos propres vidéos (et faites m’en part pour que je soutienne), vos propres cercles d’études, ou rejoignez-les nôtres, faites des snapchat ou des instagram ou des pinterest du matériel que vous aimez, ou parlez-en autour de vous, ou discutez de ce que vous apprenez avec vos enfants autour de la table du chabbat, ou toute autre chose qui est réaliste pour vous et qui vous réjouit, en utilisant ce qui est produit pour vous. Et si vous me faites part de l’usage que vous en faites en commentaire de cet article, cela me fera très plaisir.

A bientôt sur le net, sur youtube, en commentaire de cet article ou dans nos synagogues,

Chabbat chalom

 

Paracha NoaH : Cessons d’être des voleurs!

Sommes-nous honnêtes? Nous profitons du monde, mais est-ce toujours dans la responsabilité?

Alors que Noé protège la biodiversité animale, que Rabbi Léazar s’intéresse à la multiplicité des espèces végétales, le Talmud de Jérusalem nous incite à profiter des plaisir de la vie et le Talmud Babylonien à répercuter les bénédictions dont nous bénéficions sur l’ensemble du monde. Devrons-nous essayer que quelques rescapés protègent les espèces en danger, comme dans l’histoire de Noé, ou  saurons-nous prendre les devants pour éviter la catastrophe, comme les habitants de Ninive reprenant leurs vies en main après l’alerte lancée par le prophète Jonas?

Dans notre Paracha de la semaine, la Torah nous invite à nous poser ces questions. La lecture juive de la bible nous invite à nous interroger.

A propos de la préservation de la diversité des océans : bloomassociation est ici.

Sur un pied 2015: faut-il détruire l’humanité pour sauver le monde ? ( Hillel, Chamaï, et l’opportunité de créer l’humanité; Rabbi Yochouah ben KorHa et l’erreur de « dieu »; Seth comme deuxième fondement de l’humanité; l’alliance universelle de l’arc-en-ciel)

Sur un pied 2016: De qui Dieu est-il l’allié? ( Collaboration et non concurrence; l’alliance juive, l’obligation et de désir; les sept commandements universels de Noé; nos alliances particulières avec nos proches)

Résumé en espéranto: ĉu ni estas honestaj? Ni utiligas la mondon, kaj ĉu ni estas respektemaj de la mondo? En nian paraŝon, Noaĥ protektas la bestojn kiel Rabeno Leazar protektas la plantojn en la Talmudo. Ili ambaŭ protektas diversecon. Kio pri ni? Kion ni faros por la planedo?

Sources:

Babli BraHot 35b

א »ר חנינא בר פפא כל הנהנה מן העוה »ז בלא ברכה כאילו גוזל להקב »ה וכנסת ישראל שנא’ (משלי כח, כד) גוזל אביו ואמו ואומר אין פשע חבר הוא לאיש משחית ואין אביו אלא הקב »ה שנא’ (דברים לב, ו) הלא הוא אביך קנך ואין אמו אלא כנסת ישראל שנא'(משלי א, ח) שמע בני מוסר אביך ואל תטוש תורת אמך מאי חבר הוא לאיש

משחית א »ר חנינא בר פפא חבר הוא לירבעם בן נבט שהשחית את ישראל לאביהם שבשמים:

yérouchalmi kidouchin 48b chap 4 halaha 12

רבי חזקיה ר’ כהן בשם רב עתיד אדם ליתן דין וחשבון על כל שראת עינו ולא אכל. ר’ לעזר חשש להדא שמועתא ומצמיח ליה פריטין ואכיל בהון מכל מילה חדא בשתא.

Paracha Béréchit: Qui détruit le monde?

Mais que s’est-il passé? A peine créé, le merveilleux monde tant apprécié par « dieu » (et « dieu » vit que c’était bien…) lui devient insupportable (il s’attriste dans son coeur). A peine le monde est-il construit que « dieu » veut le détruire, il a échoué. Comment DIEU peut-il échouer? Cet échec est-il l’échec du Créateur ou une parabole des risques que prend l’humanité aujourd’hui par manque de réactivité au changement climatique? En quoi cette histoire est-elle une histoire de fraternité et de respect des femmes (et de chacun)? Vous en saurez plus en regardant la nouvelle vidéo « sur un pied ». Bonan vidadon et chabbat chalom!

Dans notre Paracha de la semaine, la Torah nous invite à nous poser ces questions. La lecture juive de la bible nous invite à nous interroger.

Sur un pied 2015: Avons-nous le libre arbitre? (La conscience est-elle indépendante de la causalité de notre cerveau?, Les différentes récits de la création: l’interdiction de la consommation de l’arbre de la connaissance est-elle réelle?, Le libre choix d’Eve, La liberté du choix nous rend à la fois forts et vulnérables, La liberté au niveau de l’humanité par le renouvellement des générations.)

Sur un pied 2016: Adam, Eve, qui est arrivé la première? (La difficulté de fonctionner ensemble, le rapport à l’autre et la hiérarchie, les différents récits de la création: les deux créations des humains, « une aide face à lui », talmud sanhédrin et michna: l’être humain créé unique et égalité entre les êtres humains, bénédiction « qui m’a fait à ton image ».

Résumé en esperanto: La paraŝo Bereŝito komenciĝas kun la kreo de la mondo kaj malkomenciĝas kun la ideo de la fino de la mondo. Ĉu Dio malsukcesis? Aŭ ĉu estas la homaro, kiu malsukcesis? Kajno mortigas Abelon, kiam Lameĥo edziĝas al du virin-objektoj.
Per la rilata nekompetento de la homaro, la estonto de la mondo estas en danĝero.

Danke al André kiu helpis min por la tradukado

Nous ne sommes rien! Dracha de Yom Kipour

Qui êtes-vous ? Qui voulez-vous devenir ?
En ce rendez-vous solennel de Yom Kipour, il est temps de nous reposer cette question traditionnelle.
En vous la posant, je me la pose également à moi-même.
Qui suis-je ? Vers quelle version de moi-même suis-je en chemin ?

Le temple de Delphes portait l’inscription « connais-toi, toi-même ».
La difficulté de cette formulation, c’est qu’elle prétend que nous « sommes » quelque chose, que nous aurions une « essence », une « nature ».

Or, nous ne sommes rien. Nous ne sommes rien de figé.
Nous voudrions savoir, et parfois nous le demandons aux autres, à nos amis, à nos psy, à nos rabbins, à nos gourous, à notre horoscope, nous voulons entendre : « tu es gentil », « tu es forte », « tu es beau » « tu es intelligente ». Nous voudrions « être ».

Dans cette recherche de réponse, nous nous tournons vers des dieux de toute sorte, vers le religieux, l’économie ou la biologie, comme s’ils avaient des réponses.  Les hommes de pouvoir et les industries technologiques l’ont compris. Les publicités fleurissent pour des tests ADN qui nous permettraient de savoir « qui nous sommes ». Nous aimons les films dans lesquels le héros change d’identité par magie, comme superman, Gigi ou les Winx. Nous passons parfois par les produits miracles ou la chirurgie esthétique.

Et nous démasquons cette tendance par l’humour. J’avais acheté il y a quelques années, un « spray » de conversion, il suffisait de l’aspirer pour devenir juif.
Nous savons que ce n’est pas aussi simple, alors nous luttons pour ne pas nous laisser tenter.

Comment définir l’identité alors qu’elle est sans cesse en mouvement ?
Sommes-nous juifs parce que nos parents étaient juifs ? Ou parce que nos enfants reçoivent un enseignement juif ? Ou parce que nous en renouvelons ce choix aujourd’hui ?

Héraclite disait que nous ne pouvons pas nous baigner deux fois dans le même fleuve. Lorsque nous nous baignons dans l’eau, elle ne doit justement pas être statique, pour que cette eau soit un mikvé, מקווה et nous aide à évoluer, elle doit être en mouvement.

Comme le disait Hillel : « N’aie pas confiance en toi jusqu’au jour de ta mort » ( ואל תאמן בעצמך עד יום מותך )ou plutôt : « ne crois pas que tu es ce que tu es, jusqu’au jour de ta mort, car tu ne sais pas ce que tu peux devenir ». (avot 2 :4)

En ce jour de Kipour, comme Hillel, nous sommes ouverts aux possibles qui s’offrent à nous pour l’année à venir.

La rencontre de Rabbi Yohanan et Rech lakich évoque l’infini des possibles.
Ils se sont justement rencontrés au bord d’un fleuve, en ce lieu de traversée, de passage et d’ouverture.

Rabbi YoHanan, le grand sage de notre tradition, s’y baignait. Rabbi YoHanan était d’une grande beauté, qui émut Rech lakich, ce terrible bandit. Rech lakich se mit alors à sauter d’une rive à l’autre, pour l’impressionner. Il lui dit « ta beauté conviendrait mieux à une femme » et rabbi YoHanan lui répondit « ta force conviendrait mieux à… l’étude de la torah ».

Rech Lakich décida de suivre la recommandation de rabbi YoHanan, il devint un grand sage, tous deux devinrent des amis « à la vie, à la mort », des compagnons d’étude indispensables l’un à l’autre. Des années plus tard, un jour de colère, Rabbi YoHanan dira à Rech laKich avec cynisme : bien sûr que tu as raison, tu t’y connais en banditisme, toi qui était brigand. Blessés, les deux amis se séparèrent et moururent de chagrin. (baba metsia 84a)

Cette histoire est peut-être encore plus importante qu’il n’y parait.
Elle parle d’amitié, d’amour, et de leur caractère vital, sans eux, nous mourons.

Comment naît l’amour ?
L’amour, nait dans une recherche de soi-même, dans un projet de transformation.

Rech Lakich saute d’une rive à l’autre, il hésite, quel chemin prendra-t-il ?
Rabbi YoHanan se baigne dans le fleuve, il se ressource, il fait un mikvé, il « se baigne dans l’espoir », il prépare une renaissance.
Tous les deux sont dans un processus de transformation qui changera leur vie. Jamais plus Rabbi YoHanan ne se baignera à nouveau dans ce même fleuve, car tout aura changé, pour lui, pour son ami, et pour les juifs de tsipori du IIIe s, et le monde juif jusqu’à aujourd’hui.

L’amour naît dans le projet de transformation, et meurt dans le retour vers le passé.
Dans un moment de colère Rabbi YoHanan a transgressé un interdit fondamental : on ne doit pas rappeler à quelqu’un ses transgressions ou ses erreurs passées ; on ne peut pas le forcer à regarder en arrière. Sinon, comme la femme de Loth, on se change en statue de sel, éternelle, mais morte.

En ce jour de kipour, comme Rech Lakich et Rabbi YoHanan, nous prenons conscience des chemins qui s’offrent à nous, des rives du fleuve que nous devons choisir, des eaux dans lesquels nous pourrions nous immerger.

Apollinaire dit cela merveilleusement avec beaucoup de nostalgie : « Passent les jours et passent les semaines, Ni temps passé, Ni les amours reviennent, Sous le pont Mirabeau coule la Seine, Vienne la nuit sonne l’heure, Les jours s’en vont je demeure »

Ce qui est écoulé, ne reviendra plus, il faut le laisser partir, il faut faire le « tachliH », תשליך le « renvoi », la cérémonie au cours de laquelle on laisse les erreurs et les regrets du passé s’écouler dans l’eau des fleuves.

En ce jour de Kipour nous prenons le temps de faire le deuil de ce qui ne reviendra pas, dans nos vies, dans le judaïsme, et dans le monde pour renoncer à attendre vainement le retour du passé.

Mais Yom Kipour ne s’arrête pas là. Il nous incite à la mobilisation : la téchouva תשובה, la téfila תפילה, la tsédaka צדקה lèvent la malédiction du passé, et nous ouvrent les portes de l’avenir.
Apollinaire continuait « l’espérance est violente » !  Et Ernst Bloch nous guide : Il faut faire un pas vers l’espoir, transformer l’espoir passif en espérance active. « L’affect de l’espoir sort de lui-même, agrandit les hommes au lieu de les diminuer. »

Comme le disent Francis Blanche et Pierre Dac, nous avons l’avenir devant nous, et il sera derrière nous chaque fois que nous ferons demi-tour. A nous de choisir dans quelle direction regarder.

Si « je demeure », je meurs. Mais si je dévie, je vis.
C’est paradoxal, mais cela fonctionne. L’intelligence, c’est la souplesse de savoir s’adapter de façon créative.

En ce jour de Kipour, nous envisageons ce qui nous aide à nous tourner vers l’avenir, à changer de chemin, à exercer notre intelligence, à « choisir la vie ».

Ainsi le hasard perd son pouvoir. Nous pouvons cesser de souhaiter une année pleine de bonheur et commencer à souhaiter une année pleine de force et de détermination.

Edgar Morin, avec d’autres, est un penseur du « réechantement du monde », son nom de naissance n’est pas Morin mais NaHoum, qui signifie consolation. Pour lui, la pensée doit quitter l’espoir d’obtenir des réponses définitives et s’ouvrir à la complexité du monde.

En ce jour de Kipour, comme Edgar Morin, nous pensons aux changements de pensée qui sont nécessaires pour que notre monde se réenchante pour nous-mêmes, pour la sagesse juive, pour le monde dans lequel nous vivons.

La philosophe féministe et anarchiste Emma Goldman avait rencontré Durruti au moment de la guerre d’Espagne. Il disait de ses soldats qu’il ne leur donnait pas d’ordres : « Ils sont venus à moi de leur plein gré, ils sont disposés à donner leur vie pour notre lutte antifasciste. Je crois, comme j’ai toujours cru, en la liberté. Une liberté qui repose sur le sens de la responsabilité. »

Le chef militaire lui-même ne considère pas qu’il a les réponses pour les autres, mais que chacun doit faire son chemin et chercher.

Publié après la mort de Durruti, L’article d’Emma Goldman, s’appelle : « Durruti n’est pas mort ». De la même façon, des siècles après la mort de Jacob, rabbi YoHanan disait « le patriarche Jacob n’est pas mort ». (taanit 5a) Car les idées que nous continuons à porter restent en vie, en changement, et en devenir.

En ce jour de Kipour, comme Emma Goldman et rabbi YoHanan, nous pensons à tous ceux « qui ne sont pas mort » et dont la pensée continue à nous mettre en mouvement.

Nous pouvons renoncer à chercher « qui nous sommes » et nous engager à décider « de quoi nous sommes capables ».
Nous pouvons renoncer à nous appuyer sur « la réponse scientifique » et rechercher « ce que disent les sciences de la complexité du monde ».

La réalité n’est pas une terre solide sur lequel nous pouvons marcher. Elle est une eau fluide dans laquelle nous pouvons nager. Elle s’écoule, tout en nous maintenant hors de l’eau.

Le travail de téchouva et de aHrayout de notre tradition, le réexamen et la responsabilité, correspondent au travail d’espérance d’Ernst Bloch, au travail de réechantement d’Edgar Morin, au travail d’action directe d’Emma Goldman.

Marc Twain disait : « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait »

Au cours de nos vies, nous avons appris que certaines choses étaient impossibles. Il est temps de l’oublier.

Kipour est ce moment où on oublie ce qu’on croit impossible, de façon à pouvoir le réaliser.
Ce moment où l’on cesse de se connaitre, pour commencer à se découvrir,
ce moment où l’on quitte l’illusion des réponses pour le développement des questions.

Nous sommes plus que ce que nous sommes, nous sommes ce que nous pouvons devenir.

Gmar Hatima tova.

Cessons de croire : réfléchissons ! (dracha de Roch hachana 5779)

Croyez-vous au père Noël ? Croyez-vous au « dieu barbu du nuage », croyez-vous au « grand horloger », croyez-vous à la force de vie, croyez-vous dans le « Bien », croyez-vous que « l’homme est bon » ?

Croyez-vous que Moïse, fondateur du judaïsme, était orthodoxe ? Croyez-vous que si on met les téfilines tous les matins, dieu nous pardonne tout ? Croyez-vous que le plus important pour être un bon juif c’est d’aimer son prochain ? Croyez-vous mouvement libéral est celui qui porte l’avenir du judaïsme ? Que le mouvement libéral c’est bien mais heureusement que les loubavich gardent la vraie tradition ? Croyez-vous que la religion est l’opium du peuple ?

Croyez-vous qu’il faut obéir à la police, croyez-vous qu’il faut déclarer qu’on est juif au commissariat, croyez-vous que nous avons tellement souffert en tant que juif que nous n’avons plus de comptes à rendre à personne ? Croyez-vous que seuls les héros sont des « justes parmi les nations » ?

Croyez-vous que la France a un seuil maximum d’acceptation des réfugiés ? Croyez-vous que ce seuil soit atteint ? Croyez-vous que la venue de réfugies est négatif pour l’économie ? Croyez-vous que si les pauvres sont pauvres c’est parce qu’ils le méritent ? Croyez-vous que si vous n’avez pas beaucoup d’argent c’est parce que vous ne méritez pas plus ? Croyez-vous que si vous avez beaucoup d’argent c’est parce que vous le méritez ? Croyez-vous que vous ne méritez pas l’argent que vous avez ?

Croyez-vous que le monde va à sa perte compte tenu des problèmes écologiques ? Croyez-vous que la pression climatique va réduire l’humanité à encore plus de guerres et de violences ? Croyez-vous que l’humanité saura trouver de bonnes solutions au fur et à mesure que les problèmes se poseront ?

Croyez-vous que vous devez-être féminine ? Croyez-vous que vous devez être viril ? Croyez-vous que vous devez « accepter votre part de féminité » ou « votre part de masculinité » ? Croyez-vous que l’homosexualité est « contre-nature » ? Croyez-vous que l’homosexualité est une maladie qu’il faut soigner ? Croyez-vous qu’une femme peut être rabbin ? Croyez-vous qu’un homme peut être sage-femme ?

Croyez-vous que vous chantez faux ? Croyez-vous qu’il faut chanter juste pour chanter pendant l’office ? Croyez-vous qu’il faut dire les mots quand on chante les prières ou que « lalala » c’est bien aussi? Croyez-vous que si vous chantez juste la basse, ou une deuxième voix, cela pose un problème ?

Croyez-vous que se parler vraiment est dangereux ? Croyez-vous qu’il faut faire la bise même quand on n’a pas envie ? Croyez-vous qu’il est dangereux de dire « non » à ce producteur de cinéma ? Croyez-vous que vos enfants doivent embrasser tante Ursule ?

Croyez-vous qu’il est mal de pleurer ? croyez-vous qu’il faut toujours être fort ? Croyez-vous qu’être fort c’est être rigide ?

Croyez-vous qu’un discours de Roch hachana doit comporter autre chose que des questions ? Croyez-vous qu’il doit prouver l’érudition du rabbin ? Croyez-vous qu’il doit être court ou long ?

Croyez-vous que votre passé vous a formé ? croyez-vous qu’à votre grand âge, il faut juste accepter les choses comme elles sont ? Croyez-vous que compte tenu de votre jeune âge, vous devez attendre pour vous exprimer ?

Alors ? Vous avez combien de oui et combien de non ?

Nos croyances sont importantes, car elles conditionnent nos actions, il est important d’être conscients de nos croyances. Un discours de rabbin ne suffit pas à répondre à ces questions. Une introspection, une réflexion continue, peuvent permettre d’avancer. Comme l’indiquent les téfilines, nous sommes responsables de nos actes – on met les téfilines sur le bras -, de nos croyances – on met les téfilines sur le front -, et de nos sentiments -on met les téfilines face à notre coeur – , cela signifie que nous avons la liberté et le devoir, de prendre en charge nos actes, nos croyances, et nos sentiments.

Ces trois voies sont les voies du changement thérapeutique, les thérapies cognitives, comportementales et émotionnelles sont complémentaires.

Comme nous le disons dans la prière « ountané tokef  » que nous chanterons demain : Téchouva (le rééxamen de nos croyances), téfila ( la prière, le travail du coeur, qui s’adresse aux sentiments), tsédaka (donner de l’argent à ceux qui sont dans le besoin, faire des actes de solidarité), permettent de modifier le cours de nos vies, de « changer le décret ».

Il serait vraiment intéressant de voir quelles croyances sous-tendent nos comportements et nos actions. Ces croyances, y sommes-nous totalement attachés, ou sommes-nous capables de les examiner d’une façon critique ?

Faire Roch Hachana, c’est reprendre ces croyances et leur enlever le pouvoir pour les soumettre à notre examen critique.

Car notre dieu est le dieu de la liberté,

  • Le Dieu de la sortie d’Egypte,
  • le Dieu de la première phrase des dix paroles (commandements):  » Je suis l’Éternel ton Dieu qui t’ai fait sortir de la terre d’Egypte, de la maison des esclaves. »
  • le Dieu de la dernière phrase du chéma israël:  » Je suis l’Éternel votre Dieu qui vous ai fait sortir de la terre d’Egypte. »

Se prosterner devant nos croyances, c’est de l’idolâtrie.
Nous appuyer sur Roch hachana pour les réexaminer, c’est cela être juif.
Etre juif, c’est développer un esprit critique, comme le fait le talmud.

Le talmud pose des questions sur les enseignements des sages :

  • D’où cette idée vient-elle ?
  • Quel verset l’appuierait ?
  • Quelle est sa raison ?
  • Qui l’a enseignée ?
  • Que contredit elle ?
  • Dans quel but l’exprime-t-on ?
  • Quel est son piège ?
  • En quoi est-elle en opposition avec d’autres idées connues ?

(מנלן  ,מאי קרא, מאי טעמה , מאן תנא   מני , רומיא , צריכותא , פשיטא , מה דתימא , קא משמע לן , במאי קמיפלגי ,  ביניהו מאי  )

Chacune de nos croyances devrait passer par le tamis impitoyable des questions talmudiques.

En tant que juifs libéraux, nous avons la chance d’être fidèles à cette tradition talmudique. Nous nous sommes associés il y a deux siècles au grand mouvement d’affranchissement de la pensée en occident, la remise en cause des vieilles croyances, au développement de la pensée critique. Nous avons la chance de pouvoir clamer que dès les débuts de l’émancipation, nous étions à la jonction de deux traditions critiques : celle interne au judaïsme traditionnel, celle nourrie des outils de la pensée moderne.

En tant que juifs, et en tant que personnes modernes, nous sommes doublement outillés pour appliquer notre réflexion à nos actes.

Un discours de Rabbin ne peut pas remplacer la réflexion personnelle, alors… je vous propose… (tadada) de dépasser ce que vous croyez que doit être le discours du rabbin pour roch hachana, et de le compléter vous-mêmes : racontez à votre voisin ce que vous pensez sur les croyances, en toute liberté, puisque nous avons tous un devoir de fidélité à nous-mêmes ;

… Alors je vous proposer de prendre le temps, à deux, de compléter mon discours, de parler à votre voisin de vos croyances et réciproquement. Si vous êtes seul, levez la main pour rejoindre un partenaire, puis choisissez qui parlera en premier, pendant une minutes, je vous ferai signe à ce moment pour que vous changiez de rôle…

Merci pour cette belle participation et pour cette belle transgression et ce beau respect.

Transgression, car en principe on ne parle pas pendant le discours du rabbin et chacun reste à sa place. (pour ceux qui avaient ces croyances)

Respect, car les pirké avot nous disent : fais-toi un rabbin, et acquiers-toi un compagnon ; (Avot 1 :6)

יהושע בן פרחיה אומר עשה לך רב וקנה לך חבר והוי דן את כל האדם לכף זכות

c’est par le partage de nos pensées que nous apprenons à les affiner, à les interroger, et à poser toutes les questions. Comme le Adam primordial, nous avons besoin d’un « aide contre nous », d’une personne qui nous force à nous réexaminer.

Respect, parce que notre tradition nous demande de porter nous-mêmes le judaïsme, et de ne nous reposer sur personne pour faire le travail à notre place : Si je ne suis pas pour moi, qui le sera, si je ne suis que pour moi, que suis-je, si je n’agis pas maintenant, quand ?

Merci, car en tant que rabbin, je suis en permanence confrontée aux limites de mon action, c’est par NOTRE action que nous pouvons vraiment aller plus loin.

Le mot « foi » n’existe pas en hébreu, nous ne devons pas « croire ».

C’est le mot fidélité qui est important, émoun, אמון , le fait que j’ai confiance dans les principes qui animent ma vie, et qu’on peut me faire confiance pour que j’agisse.

Quand je dis « amen », je dis « je suis là », pour soutenir des pensées que j’ai examinées et adoptées.

Je nous souhaite cette année, de réexaminer nos croyances, pour que nous puissions ensuite leur être fidèles.

Merci chère communauté, chers administrateurs, chers membres, chers amis, chère famille, merci de m’avoir mise face à moi-même cette année, de m’avoir soutenue, de m’avoir éprouvée, de m’avoir écoutée, de m’avoir fait la sourde oreille, de m’avoir réfutée, de m’avoir dérangée, de m’avoir laissé prendre soin de moi-même,

Merci de m’avoir obligée à augmenter ma liberté.

Je compte sur nous pour faire pire l’année prochaine.

chana tova oumétouka, léchana tova tikatévou,  une année bonne et douce à vous, et que vous soyez inscrits dans le livre de la vie.