🍎🍯Chana Tova! +📜Un enseignement

L’annĂ©e 5785 vient de s’ouvrir, je vous souhaite du fond du cƓur une annĂ©e de force, de droiture, de connexion avec des personnes qui vous aiment et vous respectent. Une annĂ©e oĂč vous accomplirez ce qui vous tient Ă  coeur, oĂč vous agirez en adĂ©quation avec vos valeurs, avec dĂ©termination et ouverture. Et bien sĂ»r Ă©galement avec santĂ©, de quoi manger et vous abriter, de quoi Ă©tudier, la santĂ© pour vos proches. Et Ă©videmment, une annĂ©e d’apaisement pour toutes les personnes victimes des violences dans le monde, de rĂ©silience si possible, de survie au moins, jusqu’Ă  la venue, nous l’espĂ©rons, de jours meilleurs.

Rendez-vous vendredi soir et samedi toute la journée au Palais de la Femme pour un Kipour qui nous rassemble et nous régénÚre!

A quoi bon agir pour le bien ? Nous savons que la justice ne triomphera pas. AprĂšs l’annĂ©e que nous avons passĂ©e, nous avons vu toutes sortes d’évĂ©nements d’une duretĂ© incroyable.

L’annĂ©e que nous avons passĂ©e a Ă©tĂ© trĂšs dure, disais-je, et on pourrait se dĂ©courager. On pourrait se dire que nous sommes impuissant.es, que nos fautes sont peut-ĂȘtre trop importantes, qu’elles surpasseront nĂ©cessairement nos bonnes actions. On pourrait se dire que les fautes du monde sont trop importantes, et que jamais, quoi que nous fassions, nous ne pourrons remonter la pente. Ceci peut s’appliquer au sujet de diffĂ©rentes rĂ©alitĂ©s de notre monde actuel, que je ne prĂ©ciserai pas. Ce n’est pas faux, mais il existe une autre façon de voir les choses, celle de Maimonide.

Ce halahiste, commentateur et penseur du 12e siÚcle, ayant vécu quatre ans dans le 13e, nous dit la chose suivante : maimonide hilhot téchouva 3 :4

ŚœÖ°Ś€ÖŽŚ™Ś›ÖžŚšÖ° ŚŠÖžŚšÖŽŚ™ŚšÖ° Ś›ÖžÖŒŚœ ŚÖžŚ“ÖžŚ Ś©Ö¶ŚŚ™ÖŽÖŒŚšÖ°ŚÖ¶Ś” ŚąÖ·ŚŠÖ°ŚžŚ•Öč Ś›ÖžÖŒŚœ Ś”Ö·Ś©ÖžÖŒŚŚ ÖžŚ” Ś›Ö»ÖŒŚœÖžÖŒŚ”ÖŒ Ś›Ö°ÖŒŚÖŽŚœÖŒŚ•ÖŒ Ś—Ö¶ŚŠÖ°Ś™Ś•Öč Ś–Ö·Ś›Ö·ÖŒŚŚ™ Ś•Ö°Ś—Ö¶ŚŠÖ°Ś™Ś•Öč Ś—Ö·Ś™ÖžÖŒŚ‘. Ś•Ö°Ś›Ö”ŚŸ Ś›ÖžÖŒŚœ Ś”ÖžŚąŚ•ÖčŚœÖžŚ Ś—Ö¶ŚŠÖ°Ś™Ś•Öč Ś–Ö·Ś›Ö·ÖŒŚŚ™ Ś•Ö°Ś—Ö¶ŚŠÖ°Ś™Ś•Öč Ś—Ö·Ś™ÖžÖŒŚ‘. Ś—ÖžŚ˜ÖžŚ Ś—Ö”Ś˜Ö°Ś ŚÖ¶Ś—ÖžŚ“ Ś”ÖČŚšÖ”Ś™ Ś”ÖŽŚ›Ö°ŚšÖŽŚ™ŚąÖ· ڐֶŚȘ ŚąÖ·ŚŠÖ°ŚžŚ•Öč Ś•ְڐֶŚȘ Ś›ÖžÖŒŚœ Ś”ÖžŚąŚ•ÖčŚœÖžŚ Ś›Ö»ÖŒŚœÖŒŚ•Öč ŚœÖ°Ś›Ö·ŚŁ Ś—Ś•ÖčŚ‘ÖžŚ” Ś•Ö°Ś’ÖžŚšÖ·Ś ŚœŚ•Öč Ś”Ö·Ś©Ö°ŚŚ—ÖžŚȘÖžŚ”. ŚąÖžŚ©ÖžŚ‚Ś” ŚžÖŽŚŠÖ°Ś•ÖžŚ” ڐַڗַŚȘ Ś”ÖČŚšÖ”Ś™ Ś”ÖŽŚ›Ö°ŚšÖŽŚ™ŚąÖ· ڐֶŚȘ ŚąÖ·ŚŠÖ°ŚžŚ•Öč Ś•ְڐֶŚȘ Ś›ÖžÖŒŚœ Ś”ÖžŚąŚ•ÖčŚœÖžŚ Ś›Ö»ÖŒŚœÖŒŚ•Öč ŚœÖ°Ś›Ö·ŚŁ Ś–Ö°Ś›Ś•ÖŒŚȘ Ś•Ö°Ś’ÖžŚšÖ·Ś ŚœŚ•Öč Ś•Ö°ŚœÖžŚ”Ö¶Ś ŚȘÖ°ÖŒŚ©ŚŚ•ÖŒŚąÖžŚ” Ś•Ö°Ś”Ö·ŚŠÖžÖŒŚœÖžŚ” Ś©Ö¶ŚŚ Ö¶ÖŒŚÖ±ŚžÖ·Śš (ŚžŚ©ŚœŚ™ Ś™ ڛڔ) « Ś•Ö°ŚŠÖ·Ś“ÖŽÖŒŚ™Ś§ Ś™Ö°ŚĄŚ•Ö覓 ŚąŚ•ÖčŚœÖžŚ » Ś–Ö¶Ś” Ś©Ö¶ŚŚŠÖžÖŒŚ“Ö·Ś§ Ś”ÖŽŚ›Ö°ŚšÖŽŚ™ŚąÖ· ڐֶŚȘ Ś›ÖžÖŒŚœ Ś”ÖžŚąŚ•ÖčŚœÖžŚ ŚœÖŽŚ–Ö°Ś›Ś•ÖŒŚȘ Ś•Ö°Ś”ÖŽŚŠÖŽÖŒŚ™ŚœŚ•Öč. Ś•ÖŒŚžÖŽŚ€Ö°ÖŒŚ Ö”Ś™ ŚąÖŽŚ Ö°Ś™ÖžŚŸ Ś–Ö¶Ś” Ś ÖžŚ”ÖČŚ’Ś•ÖŒ Ś›ÖžÖŒŚœ Ś‘Ö”ÖŒŚ™ŚȘ Ś™ÖŽŚ©Ö°Ś‚ŚšÖžŚÖ”Śœ ŚœÖ°Ś”Ö·ŚšÖ°Ś‘ÖŒŚ•ÖčŚȘ Ś‘ÖŽÖŒŚŠÖ°Ś“ÖžŚ§ÖžŚ” Ś•ÖŒŚ‘Ö°ŚžÖ·ŚąÖČŚ©ÖŽŚ‚Ś™Ś Ś˜Ś•ÖčŚ‘ÖŽŚ™Ś Ś•Ö°ŚœÖ·ŚąÖČŚĄÖ茧 Ś‘Ö°ÖŒŚžÖŽŚŠÖ°Ś•ÖčŚȘ

Pour cette raison les personnes doivent se considĂ©rer toute l’annĂ©e comme si elles Ă©taient Ă  moitiĂ© mĂ©ritantes et Ă  moitiĂ© coupables. Et de mĂȘme le monde entier, comme Ă  moitiĂ© mĂ©ritant et Ă  moitiĂ© coupable. Ainsi, si mĂȘme une seule personne comment une faute, elle se transfĂšre elle-mĂȘme et le monde entier du cĂŽtĂ© du mal, et est la cause qu’il se dĂ©truise. si mĂȘme une seule personne comment une bonne action, elle se transfĂšre elle-mĂȘme et le monde entier du cĂŽtĂ© du mĂ©rite, et est la cause de son sauvetage…

J’ai toujours considĂ©rĂ© que MaĂŻmonide nous encourageait Ă  la vigilance, Ă  la prĂ©cision, pour donner le maximum de chance au monde. J’ai toujours considĂ©rĂ© qu’il nous mettait la pression. Au vu de cette annĂ©e, je vois les choses autrement : il nous invite Ă  ne pas dĂ©sespĂ©rer. Nos actions ont une importance, c’est ce qu’il faut considĂ©rer. Nos actions de l’annĂ©e passĂ©e sont pleines de sens, et nous pouvons prendre le temps de les recompter, comme le fait le berger comptant ses moutons dans le merveilleux texte « ountanĂ© tokef Â» que nous chanterons demain et vendredi matin. Chaque mois passĂ©, chaque semaine, chaque jour, chaque heure, compte, et nous apporte son trĂ©sor d’expĂ©rience. Ces heures n’ont pas suffi Ă  apporter la justice dans le monde mais elles ont Ă©tĂ© le reflet de nos choix, de notre libertĂ©. Cette libertĂ© fait aujourd’hui l’objet d’un bilan, en ce jour solennel de roch hachana.

Au vu du sens de ce temps de vie passĂ©, le talmud roch hachana considĂšre que nous sommes placĂ©s dans une de ces trois catĂ©gories : les justes parfaits, les mĂ©chants absolus, et les « moyens Â».

« Ś©ŚœŚ•Ś© ڛڙŚȘŚ•ŚȘ Ś”ŚŸ ŚœŚ™Ś•Ś Ś”Ś“Ś™ŚŸ: ڐڗŚȘ کڜ ŚŠŚ“Ś™Ś§Ś™Ś Ś’ŚžŚ•ŚšŚ™ŚŸ ڕڐڗŚȘ کڜ ŚšŚ©ŚąŚ™Ś Ś’ŚžŚ•ŚšŚ™ŚŸ ڕڐڗŚȘ کڜ Ś‘Ś™Ś Ś•Ś Ś™Ś… » (ŚšŚŚ© ڔکڠڔ ژ »Ś–, Ś‘).

Pour Maimonide, que nous venons de lire, nous sommes toutes et tous placĂ©.es parmi les « moyens Â» dont chaque acte peut faire pencher la balance. Il soutient ici avec le talmud Yoma (38b) qui affirme :

« rabbi Hiya bar aba a dit que rabbi YoHanan avait dit : « mĂȘme pour une seule personne juste, le monde peut subsister » Ś™Ś•ŚžŚ ŚœŚŽŚ— Ś‘:Ś™ŚŽŚ“

(ŚÖžŚžÖ·Śš) ŚšÖ·Ś‘ÖŽÖŒŚ™ Ś—ÖŽŚ™ÖžÖŒŚ™Ś Ś‘Ö·ÖŒŚš ŚÖ·Ś‘ÖžÖŒŚ ŚÖžŚžÖ·Śš ŚšÖ·Ś‘ÖŽÖŒŚ™ ڙڕÖčŚ—ÖžŚ ÖžŚŸ: ڐÖČŚ€ÖŽŚ™ŚœÖŒŚ•ÖŒ Ś‘ÖŽÖŒŚ©Ö°ŚŚ‘ÖŽŚ™Śœ ŚŠÖ·Ś“ÖŽÖŒŚ™Ś§ ŚÖ¶Ś—ÖžŚ“ Ś”ÖžŚąŚ•ÖčŚœÖžŚ ŚžÖŽŚȘÖ°Ś§Ö·Ś™Ö”ÖŒŚ™Ś, Ś©Ö¶ŚŚ Ö¶ÖŒŚÖ±ŚžÖ·Śš: ŚŽŚ•Ö°ŚŠÖ·Ś“ÖŽÖŒŚ™Ś§ Ś™Ö°ŚĄŚ•Ö覓 ŚąŚ•ÖčŚœÖžŚŚŽ. ŚšÖ·Ś‘ÖŽÖŒŚ™ Ś—ÖŽŚ™ÖžÖŒŚ™Ś Ś“ÖŽÖŒŚ™Ś“Ö”Ś™Ś”ÖŒ ŚÖžŚžÖ·Śš, ŚžÖ”Ś”ÖžŚ›ÖžŚ: ŚŽŚšÖ·Ś’Ö°ŚœÖ”Ś™ Ś—ÖČŚĄÖŽŚ™Ś“ÖžŚ™Ś• Ś™ÖŽŚ©Ö°ŚŚžŚ•ÖčŚšŚŽ — Ś—ÖČŚĄÖŽŚ™Ś“ÖžŚ™Ś• Ś˜Ś•ÖŒŚ‘ÖžŚ ŚžÖ·Ś©Ö°ŚŚžÖ·Śą! ŚÖžŚžÖ·Śš ŚšÖ·Ś‘ Ś Ö·Ś—Ö°ŚžÖžŚŸ Ś‘Ö·ÖŒŚš Ś™ÖŽŚŠÖ°Ś—ÖžŚ§: Ś—ÖČŚĄÖŽŚ™Ś“Ś•Öč Ś›Ö°ÖŒŚȘÖŽŚ™Ś‘.

La discussion sur le nombre de justes nĂ©cessaires Ă  la poursuite du monde est virulente. Dans ce mĂȘme passage la guĂ©mara proteste qu’il s’agit nĂ©cessairement de plusieurs personnes, le midrach considĂšre qu’il en faut 30, le talmud 45. Bien plus tard, le lĂ©gendaire yiddish parlera pour sa part des 36 justes, les lamedvavnikim, justes cachĂ©s et ignorĂ©s, mĂ©prisĂ©es et invisibles, sans lesquelles pourtant le monde ne pourrait subsister.

Ces justes maltraitĂ©es tĂ©moignent que le monde ne rend pas justice aux personnes qui agissent avec justice. Cela, nous le savons. Mais ces personnes tĂ©moignent Ă©galement d’une autre chose : Pour celles et ceux qui choisissent la libertĂ©, cette libertĂ© leur appartient totalement, quelles que soient les circonstances. Laissez-moi vous raconter une histoire talmudique Ă  ce sujet.

Cette histoire est tragique. Elle se dĂ©roule entre le 1e et le 2e siĂšcle de la pĂ©riode romaine, dans la province appelĂ©e judĂ©e, autrement dit, en israel. Elle concerne le pĂšre de la cĂ©lĂšbre commentatrice Berouria, rabbi Hanina ben tradion. Le traitĂ© Avoda zara nous en raconte diffĂ©rents Ă©pisodes, nous nous concentrons sur la page 18a :

ŚȘŚ Ś• ŚšŚ‘Ś ŚŸ Ś›Ś©Ś—ŚœŚ” ŚšŚ‘Ś™ Ś™Ś•ŚĄŚ™ Ś‘ŚŸ Ś§Ś™ŚĄŚžŚ Â Ś”ŚœŚš ŚšŚ‘Ś™ ڗڠڙڠڐ Ś‘ŚŸ ŚȘŚšŚ“Ś™Ś•ŚŸ ŚœŚ‘Ś§ŚšŚ• ŚŚžŚš ŚœŚ•Â Â Â Â Â  Â Ś—Ś Ś™Ś Ś ڐڗڙ (ڐڗڙ) ڐڙ ڐŚȘŚ” Ś™Ś•Ś“Śą Ś©ŚŚ•ŚžŚ” Ś–Ś• ŚžŚŸ Ś”Ś©ŚžŚ™Ś Ś”ŚžŚœŚ™Ś›Ś•Ś” Ś©Ś”Ś—ŚšŚ™Ś‘Ś” ڐŚȘ ڑڙŚȘŚ• Ś•Ś©ŚšŚ€Ś” ڐŚȘ Ś”Ś™Ś›ŚœŚ• Ś•Ś”ŚšŚ’Ś” ڐŚȘ Ś—ŚĄŚ™Ś“Ś™Ś• ڕڐڑړڔ ڐŚȘ Ś˜Ś•Ś‘Ś™Ś• Ś•ŚąŚ“Ś™Ś™ŚŸ ڔڙڐ Ś§Ś™Ś™ŚžŚȘ ڕڐڠڙ Ś©ŚžŚąŚȘŚ™ ŚąŚœŚ™Śš کڐŚȘŚ” ڙڕکڑ Ś•ŚąŚ•ŚĄŚ§ Ś‘ŚȘŚ•ŚšŚ” [Ś•ŚžŚ§Ś”Ś™Śœ Ś§Ś”ŚœŚ•ŚȘ Ś‘ŚšŚ‘Ś™Ś] Ś•ŚĄŚ€Śš ŚžŚ•Ś Ś— ڜښ Ś‘Ś—Ś™Ś§Śš

Rabbi Yossi ben Kisma dit Ă  Rabbi Hanina : La soumission Ă  l’autoritĂ© est de mise, car si l’autoritĂ© reste impunie, cela signifierait qu’elle est lĂ©gitime aux yeux de la divinitĂ© ! Tu prends des risques en enseignant la Torah!

ŚŚžŚš ŚœŚ•         ŚžŚŸ Ś”Ś©ŚžŚ™Ś Ś™ŚšŚ—ŚžŚ•          ŚŚžŚš ŚœŚ•          ŚŚ Ś™ ŚŚ•ŚžŚš ڜښ Ś“Ś‘ŚšŚ™Ś کڜ Ś˜ŚąŚ ڕڐŚȘŚ” ŚŚ•ŚžŚš ŚœŚ™ ŚžŚŸ Ś”Ś©ŚžŚ™Ś Ś™ŚšŚ—ŚžŚ• ŚȘŚžŚ” ڐڠڙ ŚŚ ڜڐ Ś™Ś©ŚšŚ€Ś• ڐڕŚȘښ ڕڐŚȘ ŚĄŚ€Śš ŚȘŚ•ŚšŚ” ڑڐک ŚŚžŚš ŚœŚ• ŚšŚ‘Ś™ ŚžŚ” ڐڠڙ ŚœŚ—Ś™Ś™ Ś”ŚąŚ•ŚœŚ ڔڑڐ

Hanina ben tradion et Rabbi Yossi Ben Kisma (traduction littĂ©rale sur la feuille de sources) :

– Je garde espoir !

 -Tu mourras sur un bucher avec un sefer torah

– Aurais-je une place dans le monde futur ?

– tu as fait quelque chose de particulier ?

– J’ai confondu et dĂ©cidĂ© de donner tout l’argent que j’avais mĂ©langĂ© aux personnes dans le besoin.

– j’aimerais que ma part soit comme la tienne !

ŚŚžŚš ŚœŚ•          Ś›ŚœŚ•Ś ŚžŚąŚ©Ś” ڑڐ ŚœŚ™Ś“Śš      ŚŚžŚš ŚœŚ•        ŚžŚąŚ•ŚȘ کڜ Ś€Ś•ŚšŚ™Ś Ś ŚȘŚ—ŚœŚ€Ś• ŚœŚ™ Ś‘ŚžŚąŚ•ŚȘ کڜ ŚŠŚ“Ś§Ś” Ś•Ś—ŚœŚ§ŚȘŚ™Ś ŚœŚąŚ Ś™Ś™Ś        ŚŚžŚš ŚœŚ•         ŚŚ Ś›ŚŸ ŚžŚ—ŚœŚ§Śš ڙڔڙ Ś—ŚœŚ§Ś™ Ś•ŚžŚ’Ś•ŚšŚœŚš ڙڔڙ Ś’Ś•ŚšŚœŚ™

ŚŚžŚšŚ•       ŚœŚ ڔڙڕ Ś™ŚžŚ™Ś ŚžŚ•ŚąŚ˜Ś™Ś ŚąŚ“ Ś©Ś Ś€Ś˜Śš ŚšŚ‘Ś™ Ś™Ś•ŚĄŚ™ Ś‘ŚŸ Ś§Ś™ŚĄŚžŚ       Ś•Ś”ŚœŚ›Ś• Ś›Śœ Ś’Ś“Ś•ŚœŚ™ ŚšŚ•ŚžŚ™ ŚœŚ§Ś‘ŚšŚ• Ś•Ś”ŚĄŚ€Ś™Ś“Ś•Ś”Ś• Ś”ŚĄŚ€Ś“ Ś’Ś“Ś•Śœ          Ś•Ś‘Ś—Ś–ŚšŚȘڟ ŚžŚŠŚŚ•Ś”Ś• ŚœŚšŚ‘Ś™ ڗڠڙڠڐ Ś‘ŚŸ ŚȘŚšŚ“Ś™Ś•ŚŸ کڔڙڔ ڙڕکڑ Ś•ŚąŚ•ŚĄŚ§ Ś‘ŚȘŚ•ŚšŚ” Ś•ŚžŚ§Ś”Ś™Śœ Ś§Ś”ŚœŚ•ŚȘ Ś‘ŚšŚ‘Ś™Ś Ś•ŚĄ »ŚȘ ŚžŚ•Ś Ś— ŚœŚ• ڑڗڙڧڕ

Rome rend hommage à Rabbi Yossi et met à mort Rabbi Hanina, ils l’enveloppent dans un sefer torah, l’entourent de branche, mettent le feu, posent de la laine humide sur son corps pour prolonger son supplice.

ڔڑڙڐڕڔڕ      Ś•Ś›ŚšŚ›Ś•Ś”Ś• Ś‘ŚĄ »ŚȘ     Ś•ڔڧڙڀڕڔڕ Ś‘Ś—Ś‘Ś™ŚœŚ™ Ś–ŚžŚ•ŚšŚ•ŚȘ     Ś•Ś”ŚŠŚ™ŚȘŚ• Ś‘Ś”ŚŸ ڐŚȘ Ś”ŚŚ•Śš     Ś•ڔڑڙڐڕ ŚĄŚ€Ś•Ś’Ś™ŚŸ کڜ ŚŠŚžŚš     Ś•Ś©ŚšŚŚ•Ś Ś‘ŚžŚ™Ś      Ś•Ś”Ś Ś™Ś—Ś•Ś ŚąŚœ ŚœŚ‘Ś•               Ś›Ś“Ś™ کڜڐ ŚȘŚŠŚ Ś Ś©ŚžŚȘŚ• ŚžŚ”ŚšŚ”  

 ŚŚžŚšŚ” ŚœŚ• Ś‘ŚȘŚ•       ŚŚ‘ڐ ŚŚšŚŚš Ś‘Ś›Śš      ŚŚžŚš ŚœŚ”      ŚŚ™ŚœŚžŚœŚ™ ڐڠڙ Ś Ś©ŚšŚ€ŚȘŚ™ ŚœŚ‘Ś“Ś™ ڔڙڔ Ś”Ś“Ś‘Śš ڧکڔ ŚœŚ™     ŚąŚ›Ś©Ś™Ś• کڐڠڙ Ś Ś©ŚšŚŁ Ś•ŚĄ »ŚȘ ŚąŚžŚ™ ŚžŚ™ Ś©ŚžŚ‘Ś§Ś© ŚąŚœŚ‘Ś•Ś Ś” کڜ ŚĄ »ŚȘ ڔڕڐ ڙڑڧک ŚąŚœŚ‘Ś•Ś Ś™

Rabbi Hanina et sa fille, la sage Berouria :

– PĂšre, dois-je te voir ainsi ?

– Si j’étais seul, ce serait grave pour moi, mais ils brulent Ă©galement un sefer torah, c’est grave pour eux !

ŚŚžŚšŚ• ŚœŚ• ŚȘŚœŚžŚ™Ś“Ś™Ś•        ŚšŚ‘Ś™ ŚžŚ” ڐŚȘŚ” ŚšŚ•ŚŚ”        ŚŚžŚš ŚœŚ”ŚŸ       Ś’ŚœŚ™Ś•ŚŸ Ś Ś©ŚšŚ€Ś™ŚŸ ڕڐڕŚȘڙڕŚȘ Ś€Ś•ŚšŚ—Ś•ŚȘ           ŚŚŁ ڐŚȘŚ” Ś€ŚȘŚ— Ś€Ś™Śš Ś•ŚȘŚ›Ś ŚĄ Ś‘Śš ڔڐک         ŚŚžŚš ŚœŚ”ŚŸ      ŚžŚ•Ś˜Ś‘ Ś©Ś™Ś˜ŚœŚ Ś” ŚžŚ™ کڠŚȘŚ Ś” Ś•ŚŚœ Ś™Ś—Ś‘Śœ ڔڕڐ Ś‘ŚąŚŠŚžŚ•

Rabbi Hanina et ses Ă©tudiants :

– Que vois-tu ?

– Les lettres s’envolent.

– Ouvre la bouche et abrĂšge tes souffrances ?!

– Ce n’est pas Ă  moi de le faire.

ŚŚžŚš ŚœŚ• Ś§ŚœŚŠŚ˜Ś•Ś Ś™ŚšŚ™       ŚšŚ‘Ś™ ŚŚ ڐڠڙ ŚžŚšŚ‘Ś” Ś‘Ś©ŚœŚ”Ś‘ŚȘ Ś•Ś Ś•Ś˜Śœ ŚĄŚ€Ś•Ś’Ś™ŚŸ کڜ ŚŠŚžŚš ŚžŚąŚœ ŚœŚ‘Śš        ŚŚȘŚ” ŚžŚ‘Ś™ŚŚ Ś™ ŚœŚ—Ś™Ś™ Ś”ŚąŚ•ŚœŚ ڔڑڐ

ŚŚžŚš ŚœŚ•      Ś”ŚŸ      Ś”Ś©Ś‘Śą ŚœŚ™       Ś Ś©Ś‘Śą ŚœŚ•        

ŚžŚ™Ś“ Ś”ŚšŚ‘Ś” Ś‘Ś©ŚœŚ”Ś‘ŚȘ Ś•Ś Ś˜Śœ ŚĄŚ€Ś•Ś’Ś™ŚŸ کڜ ŚŠŚžŚš ŚžŚąŚœ ŚœŚ‘Ś• Ś™ŚŠŚŚ” Ś Ś©ŚžŚȘŚ• Ś‘ŚžŚ”ŚšŚ” ŚŚŁ ڔڕڐ ڧڀڄ Ś•Ś Ś€Śœ ڜŚȘŚ•Śš Ś”ŚŚ•Śš

Rabbi Hanina et son bourreau:

– Je raccourcis ton supplice et tu m’emmĂšnes dans le monde futur?

– d’accord

– fais en le serment

– d’accord

Rabbi Hanina meurt, le bourreau se jette dans le feu. Une voix divine annonce : Rabbi Hanina ben Tradyon et le bourreau sont invites au monde futur

Ś™ŚŠŚŚ” Ś‘ŚȘ Ś§Ś•Śœ Ś•ŚŚžŚšŚ”         ŚšŚ‘Ś™ ڗڠڙڠڐ Ś‘ŚŸ ŚȘŚšŚ“Ś™Ś•ŚŸ Ś•Ś§ŚœŚŠŚ˜Ś•Ś Ś™ŚšŚ™ ŚžŚ–Ś•ŚžŚ Ś™ŚŸ Ś”ŚŸ ŚœŚ—Ś™Ś™ Ś”ŚąŚ•ŚœŚ ڔڑڐ

ڑڛڔ ŚšŚ‘Ś™ Ś•ŚŚžŚš ڙک ڧڕڠڔ ŚąŚ•ŚœŚžŚ• Ś‘Ś©ŚąŚ” ڐڗŚȘ ڕڙک ڧڕڠڔ ŚąŚ•ŚœŚžŚ• Ś‘Ś›ŚžŚ” Ś©Ś Ś™Ś

Comme vous le voyez, dans cette histoire, comme dans d’autres, ce n’est pas la justice qui triomphe. La justice n’est nulle part. L’oppression romaine rĂ©ussit Ă  mettre Ă  mort le pĂšre de Berouria. Pourtant, la libertĂ© est partout : Rabbi Hanina ben tradion, pourtant, garde sa libertĂ©, il choisit. Quand enseigner la torah risque de lui couter la vie, il choisit d’enseigner la torah. Quand ouvrir la bouche peut lui permettre d’abrĂ©ger ses souffrances, il choisit de la garder fermĂ©e. Lorsque son bourreau lui propose de hĂąter sa fin, il choisit de lui dire oui. Nous Ă©galement, dans les difficiles circonstances de nos vies, nous choisissons. Nous choisissons Ă  chaque instant. Chacun de nos choix peut faire pencher l’équilibre de notre balance personnelle, et nous inscrire dans le livre de la vie. Chacun de nos choix peut faire pencher l’équilibre du monde, et permettre au monde de subsister. La question n’est pas la justice, mais la libertĂ© et la solidaritĂ©. La libertĂ© est partout, et il nous appartient de nous en saisir.

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