L’annĂ©e 5785 vient de s’ouvrir, je vous souhaite du fond du cĆur une annĂ©e de force, de droiture, de connexion avec des personnes qui vous aiment et vous respectent. Une annĂ©e oĂč vous accomplirez ce qui vous tient Ă coeur, oĂč vous agirez en adĂ©quation avec vos valeurs, avec dĂ©termination et ouverture. Et bien sĂ»r Ă©galement avec santĂ©, de quoi manger et vous abriter, de quoi Ă©tudier, la santĂ© pour vos proches. Et Ă©videmment, une annĂ©e d’apaisement pour toutes les personnes victimes des violences dans le monde, de rĂ©silience si possible, de survie au moins, jusqu’Ă la venue, nous l’espĂ©rons, de jours meilleurs.
Rendez-vous vendredi soir et samedi toute la journée au Palais de la Femme pour un Kipour qui nous rassemble et nous régénÚre!
Voici ici un enseignement que je partage avec vous: Justice nulle part, liberté partout
A quoi bon agir pour le bien ? Nous savons que la justice ne triomphera pas. AprĂšs lâannĂ©e que nous avons passĂ©e, nous avons vu toutes sortes dâĂ©vĂ©nements dâune duretĂ© incroyable.
LâannĂ©e que nous avons passĂ©e a Ă©tĂ© trĂšs dure, disais-je, et on pourrait se dĂ©courager. On pourrait se dire que nous sommes impuissant.es, que nos fautes sont peut-ĂȘtre trop importantes, quâelles surpasseront nĂ©cessairement nos bonnes actions. On pourrait se dire que les fautes du monde sont trop importantes, et que jamais, quoi que nous fassions, nous ne pourrons remonter la pente. Ceci peut sâappliquer au sujet de diffĂ©rentes rĂ©alitĂ©s de notre monde actuel, que je ne prĂ©ciserai pas. Ce nâest pas faux, mais il existe une autre façon de voir les choses, celle de Maimonide.
Ce halahiste, commentateur et penseur du 12e siÚcle, ayant vécu quatre ans dans le 13e, nous dit la chose suivante : maimonide hilhot téchouva 3 :4
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Pour cette raison les personnes doivent se considĂ©rer toute lâannĂ©e comme si elles Ă©taient Ă moitiĂ© mĂ©ritantes et Ă moitiĂ© coupables. Et de mĂȘme le monde entier, comme Ă moitiĂ© mĂ©ritant et Ă moitiĂ© coupable. Ainsi, si mĂȘme une seule personne comment une faute, elle se transfĂšre elle-mĂȘme et le monde entier du cĂŽtĂ© du mal, et est la cause quâil se dĂ©truise. si mĂȘme une seule personne comment une bonne action, elle se transfĂšre elle-mĂȘme et le monde entier du cĂŽtĂ© du mĂ©rite, et est la cause de son sauvetage…
Jâai toujours considĂ©rĂ© que MaĂŻmonide nous encourageait Ă la vigilance, Ă la prĂ©cision, pour donner le maximum de chance au monde. Jâai toujours considĂ©rĂ© quâil nous mettait la pression. Au vu de cette annĂ©e, je vois les choses autrement : il nous invite Ă ne pas dĂ©sespĂ©rer. Nos actions ont une importance, câest ce quâil faut considĂ©rer. Nos actions de lâannĂ©e passĂ©e sont pleines de sens, et nous pouvons prendre le temps de les recompter, comme le fait le berger comptant ses moutons dans le merveilleux texte « ountanĂ© tokef » que nous chanterons demain et vendredi matin. Chaque mois passĂ©, chaque semaine, chaque jour, chaque heure, compte, et nous apporte son trĂ©sor dâexpĂ©rience. Ces heures nâont pas suffi Ă apporter la justice dans le monde mais elles ont Ă©tĂ© le reflet de nos choix, de notre libertĂ©. Cette libertĂ© fait aujourdâhui lâobjet dâun bilan, en ce jour solennel de roch hachana.
Au vu du sens de ce temps de vie passé, le talmud roch hachana considÚre que nous sommes placés dans une de ces trois catégories : les justes parfaits, les méchants absolus, et les « moyens ».
« Ś©ŚŚŚ© ŚŚŚȘŚŚȘ ŚŚ ŚŚŚŚ ŚŚŚŚ: ŚŚŚȘ Ś©Ś ŚŠŚŚŚ§ŚŚ ŚŚŚŚšŚŚ ŚŚŚŚȘ Ś©Ś ŚšŚ©ŚąŚŚ ŚŚŚŚšŚŚ ŚŚŚŚȘ Ś©Ś ŚŚŚ ŚŚ ŚŚ… » (ŚšŚŚ© ŚŚ©Ś Ś Ś »Ś, Ś).
Pour Maimonide, que nous venons de lire, nous sommes toutes et tous placé.es parmi les « moyens » dont chaque acte peut faire pencher la balance. Il soutient ici avec le talmud Yoma (38b) qui affirme :
« rabbi Hiya bar aba a dit que rabbi YoHanan avait dit : « mĂȘme pour une seule personne juste, le monde peut subsister » ŚŚŚŚ ŚŚŽŚ Ś:ŚŚŽŚ
(ŚÖžŚÖ·Śš) ŚšÖ·ŚÖŽÖŒŚ ŚÖŽŚÖžÖŒŚŚ ŚÖ·ÖŒŚš ŚÖ·ŚÖžÖŒŚ ŚÖžŚÖ·Śš ŚšÖ·ŚÖŽÖŒŚ ŚŚÖčŚÖžŚ ÖžŚ: ŚÖČŚ€ÖŽŚŚÖŒŚÖŒ ŚÖŽÖŒŚ©Ö°ŚŚÖŽŚŚ ŚŠÖ·ŚÖŽÖŒŚŚ§ ŚÖ¶ŚÖžŚ ŚÖžŚąŚÖčŚÖžŚ ŚÖŽŚȘְڧַŚÖ”ÖŒŚŚ, Ś©Ö¶ŚŚ Ö¶ÖŒŚÖ±ŚÖ·Śš: ŚŽŚÖ°ŚŠÖ·ŚÖŽÖŒŚŚ§ ŚÖ°ŚĄŚÖčŚ ŚąŚÖčŚÖžŚŚŽ. ŚšÖ·ŚÖŽÖŒŚ ŚÖŽŚÖžÖŒŚŚ ŚÖŽÖŒŚŚÖ”ŚŚÖŒ ŚÖžŚÖ·Śš, ŚÖ”ŚÖžŚÖžŚ: ŚŽŚšÖ·ŚÖ°ŚÖ”Ś ŚÖČŚĄÖŽŚŚÖžŚŚ ŚÖŽŚ©Ö°ŚŚŚÖčŚšŚŽ â ŚÖČŚĄÖŽŚŚÖžŚŚ ŚŚÖŒŚÖžŚ ŚÖ·Ś©Ö°ŚŚÖ·Śą! ŚÖžŚÖ·Śš ŚšÖ·Ś Ś Ö·ŚÖ°ŚÖžŚ ŚÖ·ÖŒŚš ŚÖŽŚŠÖ°ŚÖžŚ§: ŚÖČŚĄÖŽŚŚŚÖč ŚÖ°ÖŒŚȘÖŽŚŚ.
La discussion sur le nombre de justes nĂ©cessaires Ă la poursuite du monde est virulente. Dans ce mĂȘme passage la guĂ©mara proteste quâil sâagit nĂ©cessairement de plusieurs personnes, le midrach considĂšre quâil en faut 30, le talmud 45. Bien plus tard, le lĂ©gendaire yiddish parlera pour sa part des 36 justes, les lamedvavnikim, justes cachĂ©s et ignorĂ©s, mĂ©prisĂ©es et invisibles, sans lesquelles pourtant le monde ne pourrait subsister.
Ces justes maltraitĂ©es tĂ©moignent que le monde ne rend pas justice aux personnes qui agissent avec justice. Cela, nous le savons. Mais ces personnes tĂ©moignent Ă©galement dâune autre chose : Pour celles et ceux qui choisissent la libertĂ©, cette libertĂ© leur appartient totalement, quelles que soient les circonstances. Laissez-moi vous raconter une histoire talmudique Ă ce sujet.
Cette histoire est tragique. Elle se déroule entre le 1e et le 2e siÚcle de la période romaine, dans la province appelée judée, autrement dit, en israel. Elle concerne le pÚre de la célÚbre commentatrice Berouria, rabbi Hanina ben tradion. Le traité Avoda zara nous en raconte différents épisodes, nous nous concentrons sur la page 18a :
ŚȘŚ Ś ŚšŚŚ Ś ŚŚ©ŚŚŚ ŚšŚŚ ŚŚŚĄŚ ŚŚ Ś§ŚŚĄŚŚ Â ŚŚŚ ŚšŚŚ ŚŚ ŚŚ Ś ŚŚ ŚȘŚšŚŚŚŚ ŚŚŚ§ŚšŚ ŚŚŚš ŚŚÂ Â Â Â Â Â ŚŚ ŚŚ Ś ŚŚŚ (ŚŚŚ) ŚŚ ŚŚȘŚ ŚŚŚŚą Ś©ŚŚŚŚ ŚŚ ŚŚ ŚŚ©ŚŚŚ ŚŚŚŚŚŚŚ Ś©ŚŚŚšŚŚŚ ŚŚȘ ŚŚŚȘŚ ŚŚ©ŚšŚ€Ś ŚŚȘ ŚŚŚŚŚ ŚŚŚšŚŚ ŚŚȘ ŚŚĄŚŚŚŚ ŚŚŚŚŚ ŚŚȘ ŚŚŚŚŚ ŚŚąŚŚŚŚ ŚŚŚ Ś§ŚŚŚŚȘ ŚŚŚ Ś Ś©ŚŚąŚȘŚ ŚąŚŚŚ Ś©ŚŚȘŚ ŚŚŚ©Ś ŚŚąŚŚĄŚ§ ŚŚȘŚŚšŚ [ŚŚŚ§ŚŚŚ Ś§ŚŚŚŚȘ ŚŚšŚŚŚ] ŚŚĄŚ€Śš ŚŚŚ Ś ŚŚ ŚŚŚŚ§Ś
Rabbi Yossi ben Kisma dit Ă Rabbi Hanina : La soumission Ă lâautoritĂ© est de mise, car si lâautoritĂ© reste impunie, cela signifierait quâelle est lĂ©gitime aux yeux de la divinitĂ© ! Tu prends des risques en enseignant la Torah!
ŚŚŚš ŚŚ ŚŚ ŚŚ©ŚŚŚ ŚŚšŚŚŚ ŚŚŚš ŚŚ ŚŚ Ś ŚŚŚŚš ŚŚ ŚŚŚšŚŚ Ś©Ś ŚŚąŚ ŚŚŚȘŚ ŚŚŚŚš ŚŚ ŚŚ ŚŚ©ŚŚŚ ŚŚšŚŚŚ ŚȘŚŚ ŚŚ Ś ŚŚ ŚŚ ŚŚ©ŚšŚ€Ś ŚŚŚȘŚ ŚŚŚȘ ŚĄŚ€Śš ŚȘŚŚšŚ ŚŚŚ© ŚŚŚš ŚŚ ŚšŚŚ ŚŚ ŚŚ Ś ŚŚŚŚ ŚŚąŚŚŚ ŚŚŚ
Hanina ben tradion et Rabbi Yossi Ben Kisma (traduction littérale sur la feuille de sources) :
– Je garde espoir !
-Tu mourras sur un bucher avec un sefer torah
– Aurais-je une place dans le monde futur ?
– tu as fait quelque chose de particulier ?
– Jâai confondu et dĂ©cidĂ© de donner tout lâargent que jâavais mĂ©langĂ© aux personnes dans le besoin.
– jâaimerais que ma part soit comme la tienne !
ŚŚŚš ŚŚ ŚŚŚŚ ŚŚąŚ©Ś ŚŚ ŚŚŚŚ ŚŚŚš ŚŚ ŚŚąŚŚȘ Ś©Ś Ś€ŚŚšŚŚ Ś ŚȘŚŚŚ€Ś ŚŚ ŚŚŚąŚŚȘ Ś©Ś ŚŠŚŚ§Ś ŚŚŚŚ§ŚȘŚŚ ŚŚąŚ ŚŚŚ ŚŚŚš ŚŚ ŚŚ ŚŚ ŚŚŚŚ§Ś ŚŚŚ ŚŚŚ§Ś ŚŚŚŚŚšŚŚ ŚŚŚ ŚŚŚšŚŚ
ŚŚŚšŚ ŚŚ ŚŚŚ ŚŚŚŚ ŚŚŚąŚŚŚ ŚąŚ Ś©Ś Ś€ŚŚš ŚšŚŚ ŚŚŚĄŚ ŚŚ Ś§ŚŚĄŚŚ ŚŚŚŚŚ ŚŚ ŚŚŚŚŚ ŚšŚŚŚ ŚŚ§ŚŚšŚ ŚŚŚĄŚ€ŚŚŚŚŚ ŚŚĄŚ€Ś ŚŚŚŚ ŚŚŚŚŚšŚȘŚ ŚŚŠŚŚŚŚ ŚŚšŚŚ ŚŚ ŚŚ Ś ŚŚ ŚȘŚšŚŚŚŚ Ś©ŚŚŚ ŚŚŚ©Ś ŚŚąŚŚĄŚ§ ŚŚȘŚŚšŚ ŚŚŚ§ŚŚŚ Ś§ŚŚŚŚȘ ŚŚšŚŚŚ ŚŚĄ »ŚȘ ŚŚŚ Ś ŚŚ ŚŚŚŚ§Ś
Rome rend hommage Ă Rabbi Yossi et met Ă mort Rabbi Hanina, ils lâenveloppent dans un sefer torah, lâentourent de branche, mettent le feu, posent de la laine humide sur son corps pour prolonger son supplice.
ŚŚŚŚŚŚŚ ŚŚŚšŚŚŚŚ ŚŚĄ »ŚȘ ŚŚŚ§ŚŚ€ŚŚŚ ŚŚŚŚŚŚ ŚŚŚŚšŚŚȘ ŚŚŚŠŚŚȘŚ ŚŚŚ ŚŚȘ ŚŚŚŚš ŚŚŚŚŚŚ ŚĄŚ€ŚŚŚŚ Ś©Ś ŚŠŚŚš ŚŚ©ŚšŚŚŚ ŚŚŚŚ ŚŚŚ ŚŚŚŚ ŚąŚ ŚŚŚ ŚŚŚ Ś©ŚŚ ŚȘŚŠŚ Ś Ś©ŚŚȘŚ ŚŚŚšŚ
ŚŚŚšŚ ŚŚ ŚŚȘŚ ŚŚŚ ŚŚšŚŚ ŚŚŚ ŚŚŚš ŚŚ ŚŚŚŚŚŚ ŚŚ Ś Ś Ś©ŚšŚ€ŚȘŚ ŚŚŚŚ ŚŚŚ ŚŚŚŚš Ś§Ś©Ś ŚŚ ŚąŚŚ©ŚŚ Ś©ŚŚ Ś Ś Ś©ŚšŚŁ ŚŚĄ »ŚȘ ŚąŚŚ ŚŚ Ś©ŚŚŚ§Ś© ŚąŚŚŚŚ Ś Ś©Ś ŚĄ »ŚȘ ŚŚŚ ŚŚŚ§Ś© ŚąŚŚŚŚ Ś
Rabbi Hanina et sa fille, la sage Berouria :
– PĂšre, dois-je te voir ainsi ?
– Si jâĂ©tais seul, ce serait grave pour moi, mais ils brulent Ă©galement un sefer torah, câest grave pour eux !
ŚŚŚšŚ ŚŚ ŚȘŚŚŚŚŚŚ ŚšŚŚ ŚŚ ŚŚȘŚ ŚšŚŚŚ ŚŚŚš ŚŚŚ ŚŚŚŚŚ Ś Ś©ŚšŚ€ŚŚ ŚŚŚŚȘŚŚŚȘ Ś€ŚŚšŚŚŚȘ ŚŚŁ ŚŚȘŚ Ś€ŚȘŚ Ś€ŚŚ ŚŚȘŚŚ ŚĄ ŚŚ ŚŚŚ© ŚŚŚš ŚŚŚ ŚŚŚŚ Ś©ŚŚŚŚ Ś ŚŚ Ś©Ś ŚȘŚ Ś ŚŚŚ ŚŚŚŚ ŚŚŚ ŚŚąŚŠŚŚ
Rabbi Hanina et ses étudiants :
– Que vois-tu ?
– Les lettres sâenvolent.
– Ouvre la bouche et abrĂšge tes souffrances ?!
– Ce nâest pas Ă moi de le faire.
ŚŚŚš ŚŚ Ś§ŚŚŠŚŚŚ ŚŚšŚ ŚšŚŚ ŚŚ ŚŚ Ś ŚŚšŚŚ ŚŚ©ŚŚŚŚȘ ŚŚ ŚŚŚ ŚĄŚ€ŚŚŚŚ Ś©Ś ŚŠŚŚš ŚŚąŚ ŚŚŚ ŚŚȘŚ ŚŚŚŚŚ Ś ŚŚŚŚ ŚŚąŚŚŚ ŚŚŚ
ŚŚŚš ŚŚ ŚŚ ŚŚ©ŚŚą ŚŚ Ś Ś©ŚŚą ŚŚ
ŚŚŚ ŚŚšŚŚ ŚŚ©ŚŚŚŚȘ ŚŚ ŚŚ ŚĄŚ€ŚŚŚŚ Ś©Ś ŚŠŚŚš ŚŚąŚ ŚŚŚ ŚŚŠŚŚ Ś Ś©ŚŚȘŚ ŚŚŚŚšŚ ŚŚŁ ŚŚŚ Ś§Ś€Ś„ ŚŚ Ś€Ś ŚŚȘŚŚ ŚŚŚŚš
Rabbi Hanina et son bourreau:
– Je raccourcis ton supplice et tu mâemmĂšnes dans le monde futur?
– dâaccord
– fais en le serment
– dâaccord
Rabbi Hanina meurt, le bourreau se jette dans le feu. Une voix divine annonce : Rabbi Hanina ben Tradyon et le bourreau sont invites au monde futur
ŚŚŠŚŚ ŚŚȘ Ś§ŚŚ ŚŚŚŚšŚ ŚšŚŚ ŚŚ ŚŚ Ś ŚŚ ŚȘŚšŚŚŚŚ ŚŚ§ŚŚŠŚŚŚ ŚŚšŚ ŚŚŚŚŚ ŚŚ ŚŚ ŚŚŚŚ ŚŚąŚŚŚ ŚŚŚ
ŚŚŚ ŚšŚŚ ŚŚŚŚš ŚŚ© Ś§ŚŚ Ś ŚąŚŚŚŚ ŚŚ©ŚąŚ ŚŚŚȘ ŚŚŚ© Ś§ŚŚ Ś ŚąŚŚŚŚ ŚŚŚŚ Ś©Ś ŚŚ
Comme vous le voyez, dans cette histoire, comme dans dâautres, ce nâest pas la justice qui triomphe. La justice nâest nulle part. Lâoppression romaine rĂ©ussit Ă mettre Ă mort le pĂšre de Berouria. Pourtant, la libertĂ© est partout : Rabbi Hanina ben tradion, pourtant, garde sa libertĂ©, il choisit. Quand enseigner la torah risque de lui couter la vie, il choisit dâenseigner la torah. Quand ouvrir la bouche peut lui permettre dâabrĂ©ger ses souffrances, il choisit de la garder fermĂ©e. Lorsque son bourreau lui propose de hĂąter sa fin, il choisit de lui dire oui. Nous Ă©galement, dans les difficiles circonstances de nos vies, nous choisissons. Nous choisissons Ă chaque instant. Chacun de nos choix peut faire pencher lâĂ©quilibre de notre balance personnelle, et nous inscrire dans le livre de la vie. Chacun de nos choix peut faire pencher lâĂ©quilibre du monde, et permettre au monde de subsister. La question nâest pas la justice, mais la libertĂ© et la solidaritĂ©. La libertĂ© est partout, et il nous appartient de nous en saisir.

shana Tovah Rav
g mar khatima tova liyoum kipour
qu’hachem vous protĂšge et vous bĂ©nisse