Fabriquer du sacré, sans jamais se sacrifier ! Paracha Vayikra

Nous aimons nous sentir généreux et altruistes, agir seulement dans l’intérêt du bien, mais nous n’y arrivons pas toujours.
La paracha Vayikra nous parle des sacrifices, ces actes qui doivent nous permettre de « rattraper nos erreurs ».
Pourtant, nous nous souvenons que les premières offrandes et les premiers sacrifices ont mené au premier meurtre, au premier fratricide. Caïn, l’initiateur de la première offrande, a tué son frère Abel, justement à cause de « guerres d’offrandes ».

Alors, le sacrifice nous mène-t-il au pardon de la faute, comme le dit Vaykra, le lévitique, ou à la faute suprême, comme le dit la Génèse ? Les offrandes à Dieu amènent-elles la paix ou bien la guerre ?
Ces questions sont plus que jamais d’actualité.
Les sacrifices servent-ils à quelque chose, et si oui, à quoi ?

Lorsque les pirké avot disent « le monde repose sur trois choses », les trois choses mentionnées sont (selon chimon hatsadik): Torah, Avoda, Guémilout Hassadim.
Torah, l’étude, la guémilout Hassadim, le fait de faire du bien autour de soi et la Avoda.
על שלושה דברים העולם עומד–על התורה, ועל העבודה, ועל גמילות החסדים

Qu’est-ce que la Avoda ? Il s’agit du « service », de ce que nous faisons « pour Dieu », du culte que nous faisons au temple à l’époque où il existait et le « service du cœur », la prière, que nous chantons ensemble à la synagogue à notre époque.
Le monde reposait sur les sacrifices et repose sur le service du cœur qui l’a remplacé.

Les sacrifices au temple avaient des objectifs divers : Les olot marquaient les transitions de la vie, les naissances, les conversions, les guérisons… Les chélamim étaient les offrandes festives, consommées par toute la famille au temple. Les Hatat étaient amenée pour tourner la page après avoir commis une faute. Le acham s’adressait aux réparations, en plus des offrandes quotidiennes qui permettaient aussi aux prêtres de se nourrir.

Aujourd’hui encore, nous avons besoin de marquer les transitions, d’investir dans les fêtes en famille et entre amis, de réparer nos erreurs, de nous pardonner, et de faire vivre nos maîtres, nos enseignants, nos penseurs et nos thérapeutes et médecins.

Cela nous permet de nourrir à la fois le bonheur et la précision morale.
Cela nous permet de rendre nos vies sacrées, sacer-fere, dans toutes leurs dimensions, joyeuses et douloureuses.
Cela nous rapproche, karev, de nous-mêmes et des autres.

Se sacrifier, c’est se mettre dans une position de faiblesse, et peut-être aussi attendre des autres une reconnaissance, se mettre en état de victime, pousser les autres à une condition de persécuteur ou de sauveur, le trio infernal et fluctuant que démonte la théorie des jeux de l’analyse transactionnelle. Le « sacrifice » victimaire appelle le meurtre ou le suicide, comme dans l’histoire de Caïn et Abel, comme les meurtriers sacrifiés qui commettent des attentats.

Faire un Korban, ce n’est pas sacrifier quoi que ce soit, faire une offrande, ce n’est pas perdre quelque chose. C’est établir une proximité à travers le marquage des transitions de la vie, à travers la consommation de repas ensemble, à travers le rapprochement avec nos valeurs.
Notre tradition refuse le sacrifice au sens martyrologique du terme et nous invite au contraire à nous rapprocher, à faire des kornanot.

Puissions-nous toujours agir dans la liberté en rendant nos vies sacrée, avec l’aide de la merveilleuse pensée de notre tradition.
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Alors interrogeons-nous. Qu’est-ce qui aujourd’hui nous permet de nous rapprocher ? De nous rapprocher de notre idéal moral en réparant nos faiblesses ? De nous rapprocher de nous-mêmes en nous pardonnant nos faiblesses ? De nous rapprocher des autres en partageant des moments de joie avec nos proches, et avec les « étrangers » ceux qui sont un peu moins proches et peuvent avoir besoin eux aussi de notre chaleureuse amitié ?
La table familiale est censée remplacer l’autel depuis la destruction du temple. Lui donnons-nous cette fonction ? Suffit-elle à nous rapprocher ?
La prière est réputée remplacer le service des offrandes au temple. Arrivons-nous à l’investir de cette façon ? Y aurait-il d’autres choses à faire ?
L’étude nous permet-elle de nous élever comme nous le voudrions ? L’écoute attentive d’un rabbin suffit-elle à nous redonner courage ?
Que pouvons-nous faire pour ne jamais être des victimes, mais toujours des personnes qui prennent en main le caractère sacré de chaque instant de notre vie ?
Voici quelques questions à partager…

Le plaidoyer de Moïse

La paracha de cette semaine est celle de la trahison, de la brisure et de la réparation.

Le veau d’or, les tables de la loi cassées, la discussion entre Moïse et Dieu pour sauver l’alliance.

C’est un puissant message d’espoir et de communication: les difficultés existent dans toutes les relations, mais elles peuvent être surmontées.

Ce chabbat à 9h (accueil) et 9h15 (début de l’étude) nous étudierons les textes et le commentaire de Rachi.

(feuille de source à télécharger: Ki Tissa)

Blasphèmes, Péchés, Crimes et Délits par Mano Siri

Voici les définitions qui étaient à la base de notre atelier de dimanche dernier. Définir les mots permet de recadrer sans violence, de recadrer en fonction d’éléments objectifs. Vous trouverez ici le texte préparé par notre intervenante comme base de la discussion. Pour un petit résumé de nos discussions, voir https://poursurmelin.wordpress.com/2015/01/25/interconvictionnel-surmelin/.

Blasphèmes, Péchés, Crimes et Délits par Mano Siri

Quatre notions qui ont en commun de renvoyer à l’idée de « faute » mais que tout sépare ou rapproche selon le système de valeur auquel on se réfère.
Ainsi en est-il par exemple du blasphème.

Qu’est-ce qu’un blasphème ?
Voilà ce que l’on trouve dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert :
BLASPHEME, s. m. se dit en général de tout discours ou écrit injurieux à la Majesté divine : mais dans l’usage ordinaire, on entend plus spécialement par blasphèmes, les jurements ou impiétés contre le saint nom de Dieu, proférés de vive-voix.
Les Théologiens disent que le blasphème consiste à attribuer à Dieu quelque qualité qui ne lui convient pas, ou à lui ôter quelqu’attribut qui lui convient. Selon saint Augustin toute parole mauvaise, c’est-à-dire, injurieuse à Dieu, est un blasphème : Jam verò blasphemia non accipitur nisi mala verba de Deo dicere. De morib. Manich. lib. II. cap. xj. Ainsi ce serait un blasphème, que de dire que Dieu est injuste & cruel parce qu’il punit le péché originel dans les enfants qui meurent sans baptême. Le blasphème est une suite ordinaire de l’hérésie : puisque celui qui croit mal, parle indignement de Dieu & des mystères qu’il méprise. C’est ce qui s’appelle proprement blasphème.

On a donc là une piste qui met clairement le blasphème du côté du péché, et pas n’importe lequel, le péché qui touche à la question même de Dieu : le blasphème n’est donc pas un simple péché mais un péché contre Dieu ; de plus, et c’est peut-être là l’ambiguïté attachée à cette notion il est aussi une atteinte au dogme, à l’orthodoxie qui énonce ce qu’il faut croire et savoir concernant Dieu et, pour parler comme les chrétiens (puisque l’article ici cité de l’Encyclopédie avait été rédigé par un abbé) contre les mystères de la foi.
Bref le blasphémateur est :
– un pécheur
– un hérétique
– un incroyant

Il pèche contre l’esprit pourrait-on dire : la possibilité qu’existe un délit de blasphème implique donc par conséquent une remise en cause radicale des articles 10 et 11 de la DDHC qui stipulent que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que celles-ci ne troublent pas l’ordre public établi par la Loi », et « la Libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas réprimés par la Loi ». La DDH (1948) précise dans son article 18 que « Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion : ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites ».

On comprend donc qu’instituer ou laisser entendre qu’il y aurait un « délit de blasphème » laisserait supposer que la loi qui régit la société, la loi politique donc, serait une loi venant de Dieu ou instituée par Dieu et non pas une loi conçue, écrite et promulguée par des hommes en fonction de normes de vie communes – n’intéressant pas le divin – qu’ils se seraient donnés pour pouvoir vivre en paix et en sécurité.
La question de savoir si le blasphème relève du crime, du délit, du non-lieu ou du droit est donc un indicateur du rapport institutionnalisé ou non qu’une société politique établit ou au contraire récuse avec le théologique.
Le propre des sociétés laïques et des Etats de droit est justement de neutraliser le théologique et de le sortir du politique : le blasphème ne saurait y être un délit, encore moins un crime ; il est donc a minima permis (puisqu’il n’est pas interdit) : il peut également constituer un droit au sens où il peut y avoir un droit au blasphème, c’est à dire un droit à l’impiété et à l’hérésie.

Pourquoi beaucoup de musulmans, j’entends par là surtout ceux qui pratiquent ou ont le désir de pratiquer un islam paisible, se sentent-ils néanmoins « agressés », « injuriés », « humiliés » par ce qu’on appelle communément les caricatures de Charlie Hebdo, qu’ils jugent blasphématoires ?
Car ce qui est intéressant ici c’est qu’ils se sentent atteints personnellement par ces caricatures qui mettent en scène le Prophète et le Coran en s’en moquant, mais ne les désigne pas et ne les attaque pas en tant que personnes.
Pourquoi, en d’autres termes, se sentent-ils aussi agressés que nous pourrions l’être quand nous avons affaire à une caricature antisémite c’est à dire à une représentation reprenant systématiquement et intentionnellement (ou non) des traits physiques ou moraux attribués par les antisémites aux Juifs ?
Parce que c’est un fait que les caricatures de Charlie Hebdo les choque et les blesse, pour la plupart.
Comment penser, recevoir et répondre à ce « fait têtu » de la réalité ?

Mano Siri

Notre rencontre de travail vers l’interconvictionnel de ce dimanche avec Mano Siri, un compte rendu subjectif

Nous avons été bouleversés par les événements de janvier. L’interconvictionnel et la pédagogie étaient déjà centraux dans notre pensée et dans nos projets, à moi en tant que rabbin, à la communauté dans son histoire, et à un grand nombre de ses membres à titre personnel. Nous sommes aujourd’hui engagés dans une volonté d’ouverture et de développement, de mise en commun de nos forces et de nos savoirs dans ces domaines.

Ce texte est une collection de pensées liées à notre discussion de ce dimanche. Pour accéder au texte préparé par Mano Siri, cliquez ici.

Ce dimanche 25 janvier, nous avons eu notre première session avec Mano Siri à Ganénou. Mano est la mère de trois filles dont la dernière a célébré sa Bat Mitsva cet automne, elle est la Présidente de la Commission Culture de la LICRA et elle est professeure de philosophie dans des classes très concernées par les problématiques actuelles.

Je voulais partager quelques éléments de ce que j’ai retenu et pensé au cours ce cette session, de façon assez subjective, dans le but peut-être de faire le lien avec la session suivante, de permettre à chacun de s’exprimer ou de partager. N’hésitez pas à laisser des commentaires.

Nous étions 20/25 dans la bibliothèque ce dimanche, dans une belle mobilisation suite à la réunion du dimanche précédant. Notre groupe comprenait des parents d’enfants du talmud torah, et aussi des membres de la communauté, d’âges divers, des jeunes.

Mano Siri avait amené quelques exemplaires de son livre, « 100 mots pour se comprendre contre le racisme et l’anti-sémitisme », livre qu’elle a codirigé avec Antoine Spire car le parti-pris de ce livre est d’avoir des auteurs différents.

L’idée est que le dialogue nécessite le fait de pouvoir entendre où se situent nos interlocuteurs. On entend mieux quand on est sûr de sa capacité à répondre dans la sérénité, et la définition des mots est la base de cette confiance et du recadrage du dialogue.

Le mot dont nous sommes partis est le mot ‘blasphème’. Nous en avons repris la définition selon l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, nous avons parlé de l’histoire chrétienne du blasphème. Nous avons ainsi évoqué les sources historique de la laïcité française. J’ai pensé que ces faits étaient intéressants car ils permettent de montrer que le catholicisme a été comme certains islams aujourd’hui en opposition avec la société laïque et a possédé une notion de blasphème en tant que péché. La conciliation a nécessité une adaptation qui est intéressante, qui permet de rapprocher les religions dans leur évolution vers la prise en compte des opinions autres.

Nous avons évoqué les déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la déclaration universelle de droits de l’homme de 48, et la loi de 1972 qui pose l’interdiction de l’insulte antisémite, loi qui va au delà de la pénalisation de l’insulte ad hominem.

Nous avons évoqué également la spécificité française dans son rapport au religieux. C’est également une chose intéressante à expliciter car il est plus facile d’accepter une spécificité française quand elle est nommée, de dire, dans tel pays c’est comme ça, dans tel autre c’est ainsi, et en France la façon dont le droit gère le fait religieux a telles et telles caractéristiques. Cela permet de légitimer à la fois la pratique juridique et constitutionnelle française et les autres conceptions, qui sont aussi légitimes d’un point de vue moral (quand elles sont démocratiques) mais n’ont pas de valeur juridique ici.

Nous avons en particulier souligné la différence avec la constitution américaine qui a précédé la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et qui appuie ses principes de liberté religieuse sur une base protestante, incluant une plus grande liberté d’expression parfois mais aussi une place au religieux dans l’état à travers par exemple le fait qu’on prête serment sur la Bible.

Nous avons rappelé ce fait important qu’en obéissant à la loi française, nous nous obéissons à nous-mêmes.
Pourquoi? « Parce que le fondement de l’Etat de droit dont relève la démocratie (mais aussi en passant une monarchie constitutionnelle comme le Royaume-Uni ou l’Espagne) c’est que tous les hommes sans distinction ne sont soumis qu’à la loi et à rien d’autre (pas à un autre homme en tous les cas) et qu’en tant que membre du souverain ils en détiennent une part inaliénable et qu’ils participent à l’élaboration de cette loi. Donc obéir à la loi de l’Etat comme on dit c’est, dans l’Etat de droit comme obéir à soi-même… » ainsi que notre oratrice le développe.

Nous avons évoqué sans avoir le temps d’en parler ce qui peut être la nature exacte et la cause du malaise de certains musulmans face aux caricatures, nous  nous sommes interrogés sur ce qui nous mettrait mal à l’aise.

Nous avons également dit quelques mots sur la façon dont la tradition juive conçoit la relation avec ‘dieu’ et le fait que notre façon de lire la torah écrite était subordonnée à ce qu’en dit la torah orale.

Le prochain rendez-vous commencera en principe à 11h, car une heure, cela semblait un peu court, et aurait lieu dimanche 8 février. Il faudra voir comment nous y procéderons car il y a déjà pas mal de cours et de conférences prévues ce jour là, les participants seront informés.

Bonnes réflexions à tous, et n’hésitez pas à laisser vos commentaires.

Poser les bases d’un dialogue sur l’antisémitisme avec nos enfants

Merci aux parents qui sont venus alimenter cette discussion, pour leurs interventions personnelles et pour leur respect des interventions des autres. Vos remarques sont les bienvenues en fin d’article. Surmelin, comme le MJLF en général est engagé dans une volonté d’excellence pédagogique, chacun y est le bienvenu.

Dans le cadre de notre étude du dimanche matin à Ganénou, nous nous sommes demandé comment ouvrir un espace de dialogue pour nos enfants sur le thème de l’antisémitisme.

L’idée est d’abord d’être conscients de l’effet que ce sujet a sur nous et de le travailler en nous. Car nos enfants prennent exemples sur nous, ils seront alarmés comme nous le sommes ou serein à notre image, indifférents ou engagés à notre imitation. Bien sûr, ils ont aussi leur propre façon de vivre les événements de leurs vies, mais qu’ils le suivent ou non, qu’ils s’en inspirent maintenant ou plus tard, nos réactions ont une influence sur eux. Faire le point pour nous-mêmes est donc une première étape essentielle.

Ensuite, la tradition juive nous permet d’anticiper les problèmes douloureux. Tous les ans, nous fêtons Pourim, tous les ans, nous lisons la paracha chémot dans la Torah, tous les ans, nous posons les bases d’une future réaction plus consciente à la problématique de l’antisémitisme. Il est difficile de créer des solutions au moment où les problèmes se posent, surtout s’ils sont douloureux. Il est souhaitable de poser des bases sur lesquelles il sera possible de s’appuyer par la suite, avant même que les problèmes deviennent douloureux. Ces bases, bien sûr, ne doivent pas être mise en place de façon traumatique !

Enfin, une fois ces bases posées, nous pouvons espérer que nos enfants soulèveront ces questions au moment qui leur convient, dans les termes qui sont les leurs, à nous alors d’être prêts à les écouter et à répondre à leurs interrogations, ou à partager nos propres doutes, tout en laissant la porte ouverte à leurs questions futures, à celles qu’ils ne se posent pas encore, et auxquelles nous ne voulons pas répondre trop tôt.

La fête de Pourim est d’abord identifiée à la joie, aux bonbons, au déguisement, puis à la victoire, au bonheur du triomphe du bien et des persécutés. Quand l’enfant grandit, elle est  associée à la question de l’identité, qu’est-ce que le bien, qu’est-ce que le mal, Mardochée devait-il refuser de se prosterner, Esther devait-elle se cacher, Le bien et le mal sont-ils tellements séparés, pourquoi « boire à Pourim jusqu’à confondre ‘béni soit Mardochée’ de ‘maudit soit hamman’ », etc…

Le début de l’Exode est également un texte passionnant à raconter d’abord de façon « Naïve » avant de construire une réflexion quand l’enfant grandit.

Il y a beaucoup à ajouter, réfléchir à la façon dont cela peut se faire concrètement, en fonction des enfants.

Comment pensez-vous adapter ces réflexions dans votre famille ? Pensez-vous être déjà prêts à le faire ? Comment la communauté peut-elle vous aider ?

Rendez-vous relatifs à cette question :

Prochaine étude ‘Judaïsme un atout pour nos enfants’ à Ganénou : Comment parler de la spécificité de l’identité juive avec nos enfants, Dimanche 14 décembre, 10h10

Cours sur la signification du Talmud dans l’identité juive, Mardi 18 novembre, 20h/21h30, Surmelin

Pourim communautaire, Mercredi 4 mars et jeudi 5 mars, pour plus d’info fiable, référez-vous au « dictionnaire encyclopédique du Judaïsme »

Hanouka première bougie, Mardi 16 décembre, Fête à la communauté vers 18h45

Lecture de la paracha chémot à la syganogue : samedi 10 janvier. Exode début du texte à télécharger

Remonter sur les épaules des géants

Dracha kipour 5775

Plus que 31 ans à tenir.

C’est Ray Kurzweil qui l’a dit.

En 2045, nous serons immortels.

Voilà ce que prétend le trans-humanisme. Il sera possible de transférer les données de notre cerveau. Ce ne sera plus de la science-fiction.

JE pourrai survivre et améliorer mon corps, être une « plus qu’humaine ».

Depuis l’aube des temps, nous luttons pour dépasser nos limitations. Pouvons-nous nous transformer en une humanité « augmentée », améliorée, immortelle ?

Quels seraient les moyens éthiques de le faire ? Lesquels seraient inacceptables ?

C’est une question très difficile pour un juif.

En effet, notre tradition nous enseigne à la fois l’aspiration à l’excellence ET la modération, l’ambition ET la solidarité.

Ainsi,

nous devons agir dans le tikoun olam, la correction du monde,

nous nous considérons (et l’humanité à nos côtés) comme étant dans l’alliance avec dieu, des acteurs de la création,

la circoncision elle-même symbolise l’alliance, c’est-à-dire notre pouvoir sur notre nature, notre devoir de coopération avec notre corps.

Nos actes corporels sont sacrés.

La sexualité ? C’est sacré, à tous les âges, avec ou sans procréation, dans le cadre du travail sur une relation équilibrée avec son propre corps et avec son partenaire.

L’abstinence ? Sacrée aussi, à certains moments, en tant que balancier qui permet au couple équilibriste de ne pas tomber de son fil.

La gourmandise ? C’est sacré, à tel point que nous disons des bénédictions avant de manger.

La faim ? C’est sacré également, aujourd’hui en ce jour de jeune, c’est une bonne chose, une occasion unique de ressentir la faiblesse de nos corps et de comprendre mieux ceux qui l’éprouvent au quotidien.

Le manque nutritionnel est un outil, nous le savons dans nos têtes ce soir, nous le saurons dans nos corps demain soir.

Nos corps nous stabilisent, parfois trop, comme le disent les prophètes, tu as mangé, tu t’es engraissé et tu t’es mis à refuser tes obligations !

Ces gestes quotidiens sont sacrés car ils sont une façon d’agir sur nous-mêmes, sur nos corps, sur notre construction.

Pouvons-nous modifier nos corps ?

Nos corps sont sacrés, oui, parce qu’ils sont à l’image de dieu, porter atteinte à l’intégrité physique de quelqu’un, le frapper, est un blasphème (en plus d’être interdit !). Les tatouages et les piercings sont, disons, déconseillés.

Mais nous avons le droit d’intervenir sur nos corps, nous pouvons être opérés pour protéger notre santé ; plus encore, les téfilines eux-mêmes, lorsqu’ils sont sur nos fronts et sur nos bras, sont le signe volontaire d’une « réalité augmentée » de l’humain, leur empreinte sur nos bras témoigne de notre concentration vis-à-vis de nos valeurs le matin-même, c’est l’affirmation que nous voulons faire entrer en nous autre-chose que ce qui était nous-mêmes.

Et tel est le propre de l’humain, et le miracle de la plastie du cerveau, qui se modifie pour créer des souvenirs, ces souvenirs que nous rouvrons depuis Roch hachana.

Nos vies nous changent, nos fréquentations, nos proches nous changent, le souvenir est une empreinte physiologique, vraiment écrite dans nos corps, ces paroles que je t’ordonne aujourd’hui sont vraiment « gravées dans nos cœurs », comme nous le disons dans le Chéma Israël, c’est-à-dire imprimés dans nos neurones.

Nous nous « augmentons » sans cesse, mais de quelle façon et jusqu’où ?

En tant que juifs, nous ne croyons pas au « satan », aux démonisations. Certaines questions peuvent faire peur mais aucune ne peut être taboue.

Dire que nous sommes responsables de nous faire nous-mêmes, c’est dangereux. Avec quelle limite ? Greffes, implants électronique, transformations génétiques, investissements couteux qui pénalisent les moins fortunés ?

Dire que nous ne sommes pas responsables de nous faire nous-mêmes, c’est dangereux aussi. Nous subissons nos pulsions ? Ce que nous sommes, c’est la faute des autres ? De « dieu » ? De la société ?

Les prophètes ont consacré des pages, des années, et fait des sacrifices personnels incroyables pour s’opposer à chacune de ces deux tendances : l’individualisme en fantasme de puissance, la « soumissionnite » en fantasme d’impuissance.

Ainsi, nous pouvons entendre ce désir d’humanité augmentée, de Ray Kurzweill et y adhérer partiellement certainement,

– puisque tel est l’essence de l’humain, être plus que la nature,

– puisque telle est l’essence du judaïsme, chercher à être un partenaire du Créateur dans la création de nous-mêmes et de notre descendance,

– puisque telle est l’essence du jugement de Yom kipour, nous sommes jugés pour ce que nous avons fait de nous-mêmes.

Nous pouvons adhérer partiellement aux ambitions de Ray Kurzweill mais pas tout à fait à sa façon à lui. Je crois qu’aujourd’hui, Kipour vient nous dire que les transformations, dans la tradition juive, se font en solidarité et en douceur.

Nous avons chacun et chacune commis des fautes, provoqué des dommages à nous-mêmes, que nous devons réparer aujourd’hui.

Mais avons-nous commis des vols, des extorsions, des falsifications, de fausses accusations ? Y a-t-il quelqu’un ici qui soit allé si loin ? Non, n’est-ce pas.

Je ne pense pas avoir rien commis de tel de façon directe, mais la société dans laquelle je vis, certainement. J’ai laissé perdurer un cadre où le vol, la trahison, etc… sont possibles. C’est pourquoi il est justifié de dire le vidoui au pluriel, et de mentionner des fautes que nous ne pensons pas avoir commises. אשמנו בגדנו דברנו דופי.

Le bilan des fautes juif se fait en solidarité.

L’épanouissement parfait selon la tradition juive, viendra quand nous aurons été capables de créer une société sans laissés pour comptes, où chacun et chacune trouvera sa place, et qu’on appelle chez nous, ימות המשיח, les jours du messie.

Et en attendant, nous œuvrons ensemble à créer une synagogue sans laissés pour compte, et toujours plus riche humainement et intellectuellement grâce à la souplesse, à la bienveillance et à l’engagement de tous, merci. Chacun est invité à prendre part à ce grand projet.

Alors, que dire maintenant à propos de Ray Kurzweill, l’informaticien juif transhumaniste ?

Ray Kurzweill est à New york en 1948. Kurt Weill, qui était musicien comme son père, est mort à New-york en 1950.

Kurt Weill suivait aussi d’une certaine façon les traces de son père, qui était Hazan.  Lui qui a composé avec Bertold Brecht avait commencé par écrire un « מה אדיר », chant qui accompagne la rentrée des fiancés lors du mariage juif !

Je dirais alors que j’espère que les générations futures sauront s’appuyer sur le savoir des générations précédentes, comme nous pouvons remonter sur les épaules des géants qu’étaient certains sages du passé, pour voir plus loin.

Evoluer, oui, mais en nous appuyant sur la sagesse du passé.

Dans l’habanéra de Kurt Weill, l’ère messianique se nomme Youkali :

« C’est dans notre nuit comme une éclaircie l’étoile qu’on suit c’est youkali, youkali c’est le respect de tous les vœux échangés, youkali, c’est le pays des beaux amours partagés, c’est l’espérance qui est au cœur de tous les humains, la délivrance, que nous attendons tous pour demain. »

Aujourd’hui, nous entrons dans cette île, toute petite, de yom kipour, cette île de rencontre avec soi-même, de rencontre avec notre avenir, rencontre avec les autres, rencontre avec la communauté.

Nous entrons dans ce sas de décompression pour 25 petites heures, qui nous mettra en relation notre passé et notre avenir ;

Nous n’avons pas besoin de « tenir » 31 ans avant que notre cerveau soit, éventuellement, enregistré dans un ordinateur.

Nous préférons remettre MAINTENANT nos vies sur le métier à tisser et poursuivre ces 4000 ans de quête d’une relation juste à nous-mêmes, à l’autre, et à nos espoirs pour le monde.

Nous espérons nous installer toujours mieux sur les épaules des géants qui nous ont précédés, et que nos enfants puissent continuer, à notre suite, à voir plus loin encore.

Qui sait ce que, demain, et dans un an, à ce même rendez-vous de Kipour, nous verrons du haut des nouvelles montagnes que nous aurons escaladées !

Qui sait ce que nos enfants y verront, s’ils trouvent des épaules confortables sur lesquelles s’installer ?

צום מועיל,

Que ce jeune nous soit profitable.

Talmud, Hébreu, pensée juive

Culture J – axe modernité

Être juif, qu’est-ce que c’est ? L’identité juive se décline de nombreuses façons. Bien du temps a passé depuis notre Bar ou Bat Mitsva, et il est temps d’envisager les pratiques et les outils de l’identité juive d’une façon renouvelée. Quels sont les axes de l’identité juive ?

Que nous apportent-ils dans le monde moderne et dans notre vie personnelle ?

1h30, à partir du mardi 16 septembre, les premiers et troisièmes mardis du mois (sauf exceptions), à Surmelin / Gambetta / 20iem arrondissement 

 

Le Talmud et moi

Le Talmud a formé la tête juive depuis 2000 ans. Le raisonnement talmudique est certainement plus proche de vous que vous ne l’imaginez… A partir du talmud dans le texte, avec des traduction en français, des Hévroutot (études en binôme), et avec l’objectif d’en tirer des enseignements de sagesse, nous trouverons chacun notre place dans l’étude du texte le plus central du judaïsme.

A partir du mois d’octobre, un mercredi midi par mois.

1h, après un déjeuner sandwich, lieu à préciser au centre de Paris.

 

Hébreu orienté office

Le but de ce cours sera de permettre d’apprendre à lire et à comprendre des mots clefs de l’office, à les repérer facilement dans le sidour et même à utiliser leur racine en hébreu moderne…  L’office deviendra alors toujours plus riche intellectuellement et spirituellement.

Les 2iem et 3iem samedis du mois, de 9h45 à 10h15 (exceptionnellement de 9h à 9h30 le 11 octobre), à Surmelin / Gambetta / 20iem arrondissement 

 

Rachi et la paracha

Le plus grand commentateur partage avec nous ses questionnements et ses éclairages à propos de la paracha de la semaine.

le premier samedi du mois, de 9h15 à 10h15, à Surmelin / Gambetta / 20iem arrondissement 

L’identité juive : un atout pour l’avenir de nos enfants

Nous voulons le meilleur pour nos enfants. Quelle chance que de pouvoir puiser dans une tradition qui met l’éducation et l’avenir au cœur de ses préoccupations depuis trois millénaires ! Le dimanche matin, à nation, un cours-séminaire pour remettre à notre disposition, d’une façon moderne, des outils de toujours.

Un dimanche par mois, de 10h30 à 11h30, à Ganénou / Nation

Surmelin-jeunesse

L’année 2014-2015, 5775 est en plein préparatifs.
Les réunions et les initiatives s’enchaînent.
La place des jeunes dans la tradition est tout-à-fait fondamentale, et l’équipe des volontaires de Surmelin en fait une priorité.
Dans un monde que change sans-cesse, qui sait ce que seront non seulement le judaïsme mais aussi la vie quotidienne demain?
Nous souhaitons tous que nos enfants aient dans leur main les meilleurs atouts pour être des personnes épanouies et généreuses, capables de faire une vraie différence dans le monde, pour le bien.
Bref, pour aller à l’essentiel, je voulais vous dire mon plaisir de partager avec vous cette petite affiche qui je l’espère apportera à chacun beaucoup de bons moments! Que ce soit dans les temps difficiles ou dans les accalmies, que le bonheur d’être juif continue à nous porter toujours au dessus des tempêtes.

Merci à Léa, notre responsable du Talmud Tora, à Révital, la directrice du Talmud Torah du MJLF, ainsi qu’à toute l’équipe des volontaires et du conseil d’administration du MJLF et de Surmelin.

A télécharger et à imprimer en cliquant ici

gantemp

 

 

Votre vision des cours de l’année prochaine

Bonjour à tous,

Suite au comité Surmelin d’hier soir, voici les propositions de cours pour l’année prochaine.

La réunion concernant l’organisation de ces cours aura lieu le vendredi 20 juin à 18 h à Surmelin.

Son but est de nous mobiliser pour que nos textes anciens donnent toute leur saveur d’une façon compréhensible aux juifs d’aujourd’hui.

https://poursurmelin.wordpress.com/conferences/sondage-cours-5775/

 

texte d’étude à télécharger

Le vrai sens de PessaH

( une façon de comprendre l’interdit du Hametz comme une injonction de liberté)