Faisons beuguer le buzz, le rassemblement de Vayakel

Vous savez ce qu’est un buzz ?
D’après le Larousse, il s’agit d’une forme de publicité où le consommateur lance le produit. En 2001, le Harvard Business Review publiait un article qui analysait la nature du Buzz, et prouvait que plus de 2/3 de l’économie américaine était fortement influencée par ce phénomène.
Une publicité par le « bouche à oreille » ? Une publicité où le consommateur lance le produit ? Traduisons : C’est une forme de publicité où c’est la cible qui tire la flèche !

Et c’est bien ce que dit le Talmud : La flèche, c’est la langue !
בבלי ערכין דף טו :ב : אין חץ אלא לשון

Mais en fait, il me semble qu’on pourrait voir dans la notion de buzz une version marketing de l’idée de ‘même’, inventée par Richard Dawkins et publiée en 1976.
La mémétique, la science des mèmes, compare les idées à des gènes voire à des maladies, les idées seraient transmises, portées et répliquées par nous, avant que nous les retransmettions et les partagions à notre tour. Le « like » de facebook est loin d’être anodin !
Alors, sommes-nous contaminés sans le savoir ? Ou plus précisément : par quoi sommes-nous contaminés et en sommes-nous conscients ?
L’anthropologue Dan Sperber soutient que les idées sont plus ou moins contaminantes. Les idées, ou les histoires drôles ou tragiques, les citations de petites phrases abominables ou racistes, les citations positives également et les mots d’esprit. Tout cela passe par nous et se propage à travers nous.

Qu’est-ce qui fait le succès d’une idée selon lui ?
Trois facteurs entrent en compte :
1 – l’idée est-elle conforme à nos représentations mentales ?
2 – l’idée est-elle plus ou moins conforme aux représentations publiques ? Est-elle compatible avec ce que la plupart des gens croient déjà ? Est-elle défendue par des personnes faisant autorité ?
En résumé, nous sommes contaminés par les idées qui trouvent une accroche dans ce qui existe déjà dans notre pensée, et nous risquons de devenir nous-mêmes des éléments de contagion.

Alors pensons-y un instant. Quelles sont les idées qui nous envahissent ? Quelles sont les idées qui se propagent à travers nous ? Et quelle sont au contraire les idées que nous recherchons ? Celles que nous essayons consciemment de transmettre ?
Et les gens qui disent des atrocités racistes, que recherchent-ils ? Sont-ils victimes de contagion ? Sont-ils au contraire des contaminateurs conscients ? Ceux qui tentent de semer la terreur, quel est leur but ?
Et que faisons-nous, quand nous sommes nous-mêmes contaminés ?

Recherchons la parenté de ces concepts très modernes avec ceux de la tradition. En « langage juif », ces idées sont développées sous le nom de « lois du lashon hara », commandements concernant le mauvais langage. Il existe un interdit de s’exprimer d’une manière négativement contaminante. Ce commandement nous invite à être conscients de ce que nous véhiculons. Il remonte au temps de la Torah lui-même, qui interdit l’anti-communication et la compare à la lèpre. Déjà dans la Torah, on compare la propagation des idées mauvaises à celle d’une maladie.

On comprend bien pourquoi le traité talmudique araHin détaille les méfaits d’un mauvais usage du langage :
Le lashon harah détruit trois personnes : celui qui le dit, celui qui l’entend et celui dont on parle.
בבלי ערכין דף טו :ב :לשון תליתאי קטיל תליתאי, הורג למספרו ולמקבלו ולאומרו
Dans la perspective de la « contamination » des idées, on comprend bien pourquoi celui qui entend est victime autant que coupable. Il se fait le vecteur d’idées destructrices.

Le problème n’est plus du tout : « Est-ce que untel a réellement dit telle atrocité raciste ? » mais devient : « Qui me raconte cela ? Dans quel but ? Est-ce que je veux l’entendre ? Quel impact cela a-t-il sur moi ? Qu’est-ce que cela signifie socialement ? ».
Si les consommateurs boycottent le produit, les producteurs fermeront boutique. Si nous ne relayons pas les messages de terreur ou les messages racistes, ceux qui en font leur pain blanc devront se tourner vers du pain azyme.

Voilà donc la première mesure à mettre en œuvre pour faire taire les imbéciles dangereux : développer notre résistance à la contamination, en reprenant à l’envers les trois facteurs de Dan Sperber :
1 – Travailler sur nos représentations mentales pour qu’elles soient aussi imperméables que possible à ces idées racistes. Par exemple, on pourrait créer une fête au moment du printemps au cours de laquelle on parlerait de l’importance de respecter l’étranger puisque nous aurions nous-mêmes été étranger en pays d’Egypte. Le seder de PessaH aura lieu cette année les vendredi 3 avril et samedi 4 avril (seder communautaire).
2 – Réduire l’impact social de ces idées et nous appuyer sur les autorités capables de soutenir les visions humanistes auxquelles nous sommes attachés. C’est aussi à cela que servent les rabbins.

Telle est l’une des beautés de la paracha Vayakel-Pékoudé que nous lisons ce chabbat.
Elle nous parle de rassemblement.
Pas de rassemblement épidémiologique, pas de partage de slogans malveillants. Ceci, au contraire, c’était le rassemblement du veau d’or.
Au contraire, le rassemblement de notre paracha se fait par la création d’un espace d’échange conscient des idées. Un espace dans le temps : le chabbat, un espace matériel : le michkan, le temple portatif que transportaient les hébreux dans le désert.

Les meilleures idées de notre civilisation juive ne sont pas toutes « contaminantes », il ne suffit pas de les entendre une fois à la radio pour s’en souvenir comme si nous les avions nous-mêmes inventées. Mais elles sont restructurantes, elles sont « pertinentes ». Pour Dan Sperber, une idée est pertinente quand elle rapporte plus qu’elle ne coûte, quand l’effort qu’elle demande est moins dur que la qualité de pensée qu’elle apporte. Tel est le troisième critère du succès d’une idée selon lui, et c’est certainement le plus noble au sens juif.

C’est peut-être pour cela que les prières du matin insistent et répètent l’enseignement de la michna péa : l’étude de la torah équivaut à tous les commandements. En effet, étudier, approfondir, c’est repousser les mauvaises idées contagieuses et faire de la place aux bonnes idées couteuses.
פאה פרק א :אלו דברים שאין להם שיעור הפאה והבכורים והראיון וגמ »ח =וגמילות חסדים= ותלמוד תורה אלו דברים שאדם אוכל פירותיהן בעולם הזה והקרן קיימת לו לעולם הבא כיבוד אב ואם וגמילות חסדים והבאת שלום בין אדם לחבירו ותלמוד תורה כנגד כולם:

Voici quelques pensées que je souhaitais partager en nos temps médiatiques, en cette époque où les idées sont des armes, où leur diffusion est analysée et instrumentalisée. Notre vigilance est importante. Voici quelques contributions de la pensée juive à la pensée humaine, c’est par le cumul et la confrontation des sagesses que nous avançons le mieux.

Je me doute que ces quelques mots ne feront pas le buzz.
J’espère au contraire qu’ils seront une pierre apportée à l’édifice de notre liberté de penser.

Rabbin Floriane Chinsky

Liens: https://homosemiotikus.wordpress.com/2010/01/03/les-memes-une-facon-de-parler-la-contagion-des-idees-par-dan-sperber-post-in-progress/

Le plaidoyer de Moïse

La paracha de cette semaine est celle de la trahison, de la brisure et de la réparation.

Le veau d’or, les tables de la loi cassées, la discussion entre Moïse et Dieu pour sauver l’alliance.

C’est un puissant message d’espoir et de communication: les difficultés existent dans toutes les relations, mais elles peuvent être surmontées.

Ce chabbat à 9h (accueil) et 9h15 (début de l’étude) nous étudierons les textes et le commentaire de Rachi.

(feuille de source à télécharger: Ki Tissa)

Au delà des circonstances, la joie est entre nos mains… L’enseignement de Rabbi NaHman de Bratslav

Alors que les drames terroristes se suivent, je m’interroge. Que faire si le traumatisme s’ajoute au traumatisme et se cumule avec le traumatisme suivant ? Faut-il, de chabbat en chabbat, répéter les mêmes mots ? Car comment trouver des mots nouveaux lorsque les circonstances se ressemblent ?

Peut-on au lieu de s’adresser au désastre du moment, s’adresser à quelque chose de plus profond ? Comment nous soutenir mutuellement face à la peur ?

En regardant vers le passé, nous voyons que de tous temps nous avons été, en tant que juifs, confrontés à des massacres. Mais à chaque fois, nous avons eu la force de choisir les conclusions que nous voulions en tirer.

Quel effet ont-sur nous ces attentats ?
Nous ressentons plus fort encore la fragilité de la vie. Face à cette fragilité, on peut se dire qu’elle ne vaut pas la peine d’être vécue, renoncer, se replier, dépérir. On peut sentir au contraire qu’il faut profiter sauvagement de chaque instant, dans un pur présent qui oublie le futur. On peut se dire que puisque tout le monde souffre ou souffrira, autant tirer au mieux son épingle du jeu sans nous soucier des autres. On peut se trouver embarqués dans des superstitions, essayer de se raccrocher à n’importe quoi. On peut se dire que dieu n’existe pas. On peut entrer en conflit ouvert avec dieu, lui faire activement procès, ou se détourner de lui. On peut se rapprocher aussi, prier, étudier.

Je pense que toutes ces réponses sont humaines et compréhensibles, je peux toutes les sentir en moi, certaines plus dominantes, d’autres simplement en potentiel. Et je m’interroge : parmi ces réponses, lesquelles prévaudront ? Lesquels seront les nôtres et de quelles façons nos attitudes influenceront-elles celles d’autrui ? J’espère que nous réussirons, en tant que personnes, que membres d’une famille, d’une synagogue et membre d’un pays, à choisir les directions les plus nobles. A encourager nos proches à ne pas renoncer, mais au contraire à continuer à œuvrer avec vie, avec joie, avec bienveillance.

C’est ce que dit Rabbi NaHman dans les likouté moharan. Pour comprendre ce qu’est la joie, il propose une parabole. Lorsqu’une personne triste reste en marge du cercle des danseurs, il est possible de l’y faire rentrer, et il partage la joie des autres et oublie sa peine. De même, les sentiments douloureux et dangereux sont parfois rejetés en marge du cercle de notre conscience, la vraie joie est le mouvement de l’âme qui les ramène dans le cercle.

Notre paracha, Térouma, mentionne l’importance d’accepter les offrandes de « toute personne dont le cœur l’y incite », le midrach mentionne qu’il faut aimer l’ « Eternel » de tout son cœur, c’est-à-dire à la fois son yétser hatov, son penchant au bien, la force de vie, et le yétser hara, le penchant au mal.

Puissions-nous inclure dans notre travail personnel et dans notre travail social et civil, toutes nos pensées, et également les personnes en marge, pour que les forces qui nous rendent vivantes soient les plus fortes et que nous atteignions la joie, la joie inclusive, au sens de Rabbi NaHman.

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Et vous, quel est sur vous l’effet de ces attentats? Avez-vous des désirs précis concernant votre façon personnelle de gérer leur impact émotionnel? Souscrivez-vous à l’enseignement de Rabbi NaHman de Bratslav?

Amalgame – Intervention de Mano Siri à Ganénou le 8 février

Nous sommes partis de 2 occurrences :

1- faire l’amalgame entre islam et islamisme à partir d’un point de référence externe le terrorisme qui se revendique de l’Islam

2- « faire l’amalgame », c’est à dire mettre au même niveau des attentats meurtriers (exemple; Mehra, Hypercacher, Bruxelles) et des agressions qui marquent une hostilité envers … (Par exemple tous les incidents qui visent délibérément les lieux de culte musulman)

Exercice difficile, que de définir précisément l’amalgame, qui, si l’on s’en tient à la définition lexicologique et étymologique du dictionnaire Larousse désigne un mélange d’éléments hétérogènes, et vient du latin médiéval des alchimistes amalgama, de l’arabe ‘amal al-djamā, fusion, union charnelle.

Rappel utile et qui n’est pas dépourvu d’une forme d’intérêt presque « ironique ».

Il y a, nous le retiendrons, l’idée d’un mélange, d’éléments qui a priori ne sont pas semblables, qui sont même dans un total rapport d’altérité, pour les fusionner.

Mais revenons à nos deux premières occurrences :

Dans un cas (1) l’amalgame consiste à assimiler une chose à une autre, c’est à dire à faire comme si l’Islam se confondait avec et donc était identique à l’islamisme. Mais derrière cette idée, se pose aussi la question suivante : l’islam et l’islamisme sont-ils des éléments radicalement hétérogènes ? Autrement dit est-il totalement illégitime de « faire cet amalgame » qui n’en est peut-être pas un au sens premier…

Le but :

 » ‘essentialiser’, définir l’Islam à partir de l’islamisme et donc en tirer l’idée ou plutôt le slogan tous les musulmans sont des islamistes et donc potentiellement des terroristes ou des djihadistes

 » faire coller ensemble les musulmans avec les islamistes : par exemple si tous les musulmans sont systématiquement traités comme s’ils étaient des islamistes voire des terroristes en puissance, il est possible que beaucoup de musulmans finissent par s’identifier à cette image qu’on leur colle dessus. Processus d’identification

Donc le slogan « Pas d’amalgame ! » entendu dès le soir du 7 janvier est un appel à la distinction et à la retenue., une porte ouverte pour que les réformateurs de l’Islam – ils s’avèrent être assez nombreux à faire leur coming out ces temps-ci – puissent à la fois pointer des problèmes et établir des distinctions entre l’Islam et sa forme radicalisée, l’islamisme.

Dans l’autre cas (2) l’amalgame consiste aussi à mettre au même niveau des choses, en l’occurrence des actes qui juridiquement et pénalement sont hétérogènes même si les deuxièmes peuvent conduire aux premiers.

En effet les attentats meurtriers commis par Mehra, Coulibali (Hypercacher) ou au Musée juif de Bruxelles avait pour but unique de tuer et en l’occurrence de tuer un maximum de juifs parce qu’il étaient juifs, c’est tout. Alors que les agressions ou les dégradations visant des lieux de culte musulmans n’ont pas (pour le moment[1]) de finalité meurtrière mais visent à harceler, provoquer des musulmans en espérant une réponse qui mettrait le feu aux poudres et déclencherait une réaction en chaine.

Donc faire l’amalgame entre les attentats antisémites et les agressions anti-musulmanes cela revient à dire soit :

  1. C’est la même chose de harceler ou de provoquer des musulmans parce qu’ils sont musulmans que de tuer des juifs (c’est aussi grave)

Ou :

  1. C’est pas plus grave de tuer des juifs que de harceler des musulmans (finalement le meurtre de juifs ne serait pas aussi grave)

Donc ici faire cet amalgame cela revient à minimiser ou à surestimer l’un ou l’autre : absence de distinction propre à l’amalgame.

Reste une 3ème occurrence qui est apparue dans la discussion, et qui n’est pas négligeable car elle est constitutive d’une série « d’incidents » apparus de façon récurrente dans les écoles, collèges et lycées au lendemain du 1er attentat, celui du 7 janvier.

L’amalgame fait presque « systématiquement » et dénoncé au nom du « deux poids, deux mesures », entre le « droit au blasphème » dont aurait bénéficié les dessinateurs assassinés de Charlie Hebdo et le « droit au négationnisme ou à l’antisémitisme » qui est contesté à Dieudonné au nom de la loi. Pour beaucoup de jeunes c’est la même chose : si Charlie Hebdo peut se moquer de l’Islam par des caricatures du Prophète, alors ils ne voient pas de raison pour laquelle on ne pourrait pas rire de la Shoah.

Il y a cependant une énorme différence qu’on peut souligner, en dehors du rappel utile à la loi de 1972. La Shoah désigne le meurtre de 6 Millions de juifs, parce que juifs, au nom précisément de cet antisémitisme qui n’est pas une opinion mais bien un appel au passage à l’acte ; les caricatures du Prophète n’ont entrainé la mort que de ceux qui les avaient dessinées. Elles ne tuent ni n’appellent à tuer aucun musulman.

Mano Siri

[1] Il faut néanmoins aujourd’hui apporter une précision : 3 jeunes musulmans ont été assassinés ces jours derniers aux USA, au motif apparemment qu’ils étaient musulmans justement – enquête en cours

Tout doux vers la Bat/Bar Mitsva

Chacun a sa façon d’aborder la BM de son enfant. Les rendez-vous avec le Rabbin ont pour but de trouver votre façon personnelle de célébrer ce moment. Vous trouverez ci-dessous les éléments principaux qui peuvent vous aider à prévoir au mieux ce moment pivot.

Matériel pour l’enfant, à l’avance pour se familiariser puis à amener le jour J:
Achat d’un sidour (livre de prière, disponible à Surmelin ou à Ganénou, prix 30 euros)
Tallit (suggestion de site qui associe beau travail et entre-aide sociale ici)
Téfilines

Devoirs vis-à-vis de la communauté (à régler avec Monica)
Cotisation
Paiement des cours
Don à la communauté

Préparation de l’office:
Vérifier qu’on sait ce qu’on fait à la téva (voir:      Feuille pour les parents de BM)
Parler des honneurs avec Monica puis Remplir le formulaire suivant:        Feuille des honneurs.

Autre, facultatif:
Trouver un traiteur (cacher)
Coupe de Kidouch à inaugurer le jour J
Bougeoirs de chabbat à inaugurer le jour J
Invitations à envoyer aux invités
Invitations spéciale pour l’office du jeudi matin
Photographe (pour le jeudi matin uniquement)
Kidouch pour chabbat et petit déjeuner pour le jeudi matin
Programmation des séances de préparation avec les invités au cours d’un chabbat précédent, avec une petite intervention du Rabbin
Apprendre soi-même une lecture de la Torah ou de la haftara

Jeudi matin:
Arrivée à 8h, office de 8h30 à 9h45 suivi d’un petit déjeuner
Vendredi soir:
office de 18h45 à 19h45
Samedi matin :
Arrivée des parents 10h10, arrivée des invités 10h15.
Début de l’office 10h30 précises (les invités doivent être installés) ( fin de l’office à 12h40)
Les invités peuvent participer aux cours qui précèdent les offices s’ils le souhaitent.

Bar/Bat Mitsva, le rôle de la communauté, le rôle des invités

Venus partager la joie de la famille, les invités participent à un évènement dont ils n’ont peut-être pas l’habitude. C’est l’occasion unique pour eux de découvrir un judaïsme vraiment accueillant et respectueux. Quelles que soient ses convictions et ses connaissances, l’assemblée peut prendre une part active à la cérémonie et il est souhaitable qu’elle le fasse. Pour ceux qui ne connaissent pas la tradition juive ou les offices égalitaires (où femmes et hommes prient ensemble), il est important d’expliquer le déroulement de la cérémonie ainsi que son contexte. Pour tous, il est important de pouvoir suivre l’office ainsi que la lecture de la Torah.  Les invités sont les bienvenus, quelles que soient leurs convictions religieuses ou athées.

Tous les invités qui le souhaitent seront encouragés à participer à accompagner le futur BM et ses parents à un office de chabbat.

Les invités qui le souhaitent seront encouragés à rencontrer le Rabbin pour préparer la cérémonie.

Les proches amis et la famille seront invités à participer activement à l’office de BM.

 

La communauté et tous ses membres sont heureux d’accueillir les jeunes, la famille et les amis.

Votre participation régulière permet de vous connaître et de partager votre joie. Elle vous permet d’être partie intégrante de la communauté, ainsi, vous vous sentirez « à la maison ».

Notre synagogue vous propose des offices vibrants, pleins de sens et ouverts à tous, des cours de tous types (hébreu, créativité, étude approfondie, étude de base…), ainsi que l’occasion d’une solidarité avec les plus démunis (Tsédaka, rencontres), l’entrée dans un réseau social juif, le conseil de notre rabbin pour toute interrogation, l’accompagnement pour toutes les étapes de la vie (naissance et présentations à la Torah, Brit Mila/SimHat Bat (fête de naissance pour les petites filles), BM, mariages, divorces, conversions, deuils).

N’hésitez pas à utiliser les possibilités que nous mettons à votre disposition.

 

Le rôle des parents dans la Bat/Bar Mitsva

A travers la BM de leurs enfants, les parents ont la possibilité d’assurer la transmission, de passer « officiellement » le relais aux jeunes, de les encourager à assumer leurs capacités et leurs désirs d’adulte naissants, d’une façon positive, responsable et joyeuse. La communauté et le rabbin sont là pour être les témoins, les accompagnateurs et la caisse de résonance de cette transmission.

א Préparation de la BM :

Comment montrer à nos enfants que nous les soutenons dans leur prise d’indépendance? Nous sommes à leurs côtés durant tout le processus, puis nous leur laissons la place d’honneur, sur la téva. Nous les accompagnons aux offices, il faut penser à leur procurer le matériel nécessaire (sidour, téfilin, talit).

En tant que parents, vous êtes également de relais auprès des invités, le but étant qu’ils se sentent partie prenante et puisse entourer votre enfant pleinement le jour J. Nous vous encourageons à inviter les amis et la famille proches à prendre une part active à l’office de BM (lectures, accueil, montée à la Torah), à accompagner les enfants un chabbat et à participer à l’office du jeudi matin.

ב Jour de la BM :

Vous monterez à la Torah pendant que votre enfant la lira pour vous. (Les parents non juifs seront invités à participer d’une autre façon, à discuter avec le Rabbin.)

Vous répondrez à certaines prières lancées par votre enfant, vous participerez avec lui à différentes actions communautaires.

Vous accueillerez les invités et leur fournirez les moyens de bien comprendre ce grand évènement.

Vous soutiendrez les invités auxquels vous avez donné un rôle particulier, vous aurez transmis la feuille des honneurs au rabbin au plus tard le jeudi matin.

Vous ferez la bénédiction des enfants.

Tout ceci vous sera expliqué de vive voix par le rabbin et les responsables. N’hésitez pas à poser vos questions…

Le rôle de nos jeunes pour leur Bat/Bat Mitsva

Le rôle du jeune est d’affirmer son identité de juif adulte, en endossant la tradition et en la portant vers un avenir qui fait sens pour lui.

Ce programme est à la fois ambitieux et facile. Ambitieux car il donne aux jeunes une place centrale. Facile car nos jeunes sont réellement capables du meilleur, et que nous sommes là pour les guider.

Au centre de notre tradition :

אLa Torah écrite, dont nous sommes les dépositaires depuis 2/3 000 ans.

Tu liras dans les rouleaux de la Torah.

ב La pensée juive, réflexion qui interprète la Torah écrite depuis qu’elle existe, pour lui donner un sens actuel.

Nous étudierons ta paracha et le sens de la tradition juive, tu décideras du genre de juif que tu seras dans ta vie d’adulte.

Tu donneras toi-même un enseignement à tous tes invités.

ג Les valeurs juives, portées par la responsabilité communautaire et les rassemblements du chabbat.

Tu seras le leader de la communauté pour certaines prières du jeudi matin, du vendredi soir et du samedi matin.

ד La pratique quotidienne, expériences qui soudent la communauté.

Tu participeras à la vie communautaire à travers une action de bienfaisance commune, un dîner chabbatique, un office de Kippour, une activité…

Les cours du dimanche et la participation aux évènements communautaires fondamentaux et aux offices permettront d’avancer harmonieusement vers ces objectifs.

Il faudra acheter un Sidour (livre de prière), qui sera ton sidour de référence pour toute ta vie.

Blasphèmes, Péchés, Crimes et Délits par Mano Siri

Voici les définitions qui étaient à la base de notre atelier de dimanche dernier. Définir les mots permet de recadrer sans violence, de recadrer en fonction d’éléments objectifs. Vous trouverez ici le texte préparé par notre intervenante comme base de la discussion. Pour un petit résumé de nos discussions, voir https://poursurmelin.wordpress.com/2015/01/25/interconvictionnel-surmelin/.

Blasphèmes, Péchés, Crimes et Délits par Mano Siri

Quatre notions qui ont en commun de renvoyer à l’idée de « faute » mais que tout sépare ou rapproche selon le système de valeur auquel on se réfère.
Ainsi en est-il par exemple du blasphème.

Qu’est-ce qu’un blasphème ?
Voilà ce que l’on trouve dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert :
BLASPHEME, s. m. se dit en général de tout discours ou écrit injurieux à la Majesté divine : mais dans l’usage ordinaire, on entend plus spécialement par blasphèmes, les jurements ou impiétés contre le saint nom de Dieu, proférés de vive-voix.
Les Théologiens disent que le blasphème consiste à attribuer à Dieu quelque qualité qui ne lui convient pas, ou à lui ôter quelqu’attribut qui lui convient. Selon saint Augustin toute parole mauvaise, c’est-à-dire, injurieuse à Dieu, est un blasphème : Jam verò blasphemia non accipitur nisi mala verba de Deo dicere. De morib. Manich. lib. II. cap. xj. Ainsi ce serait un blasphème, que de dire que Dieu est injuste & cruel parce qu’il punit le péché originel dans les enfants qui meurent sans baptême. Le blasphème est une suite ordinaire de l’hérésie : puisque celui qui croit mal, parle indignement de Dieu & des mystères qu’il méprise. C’est ce qui s’appelle proprement blasphème.

On a donc là une piste qui met clairement le blasphème du côté du péché, et pas n’importe lequel, le péché qui touche à la question même de Dieu : le blasphème n’est donc pas un simple péché mais un péché contre Dieu ; de plus, et c’est peut-être là l’ambiguïté attachée à cette notion il est aussi une atteinte au dogme, à l’orthodoxie qui énonce ce qu’il faut croire et savoir concernant Dieu et, pour parler comme les chrétiens (puisque l’article ici cité de l’Encyclopédie avait été rédigé par un abbé) contre les mystères de la foi.
Bref le blasphémateur est :
– un pécheur
– un hérétique
– un incroyant

Il pèche contre l’esprit pourrait-on dire : la possibilité qu’existe un délit de blasphème implique donc par conséquent une remise en cause radicale des articles 10 et 11 de la DDHC qui stipulent que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que celles-ci ne troublent pas l’ordre public établi par la Loi », et « la Libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas réprimés par la Loi ». La DDH (1948) précise dans son article 18 que « Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion : ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites ».

On comprend donc qu’instituer ou laisser entendre qu’il y aurait un « délit de blasphème » laisserait supposer que la loi qui régit la société, la loi politique donc, serait une loi venant de Dieu ou instituée par Dieu et non pas une loi conçue, écrite et promulguée par des hommes en fonction de normes de vie communes – n’intéressant pas le divin – qu’ils se seraient donnés pour pouvoir vivre en paix et en sécurité.
La question de savoir si le blasphème relève du crime, du délit, du non-lieu ou du droit est donc un indicateur du rapport institutionnalisé ou non qu’une société politique établit ou au contraire récuse avec le théologique.
Le propre des sociétés laïques et des Etats de droit est justement de neutraliser le théologique et de le sortir du politique : le blasphème ne saurait y être un délit, encore moins un crime ; il est donc a minima permis (puisqu’il n’est pas interdit) : il peut également constituer un droit au sens où il peut y avoir un droit au blasphème, c’est à dire un droit à l’impiété et à l’hérésie.

Pourquoi beaucoup de musulmans, j’entends par là surtout ceux qui pratiquent ou ont le désir de pratiquer un islam paisible, se sentent-ils néanmoins « agressés », « injuriés », « humiliés » par ce qu’on appelle communément les caricatures de Charlie Hebdo, qu’ils jugent blasphématoires ?
Car ce qui est intéressant ici c’est qu’ils se sentent atteints personnellement par ces caricatures qui mettent en scène le Prophète et le Coran en s’en moquant, mais ne les désigne pas et ne les attaque pas en tant que personnes.
Pourquoi, en d’autres termes, se sentent-ils aussi agressés que nous pourrions l’être quand nous avons affaire à une caricature antisémite c’est à dire à une représentation reprenant systématiquement et intentionnellement (ou non) des traits physiques ou moraux attribués par les antisémites aux Juifs ?
Parce que c’est un fait que les caricatures de Charlie Hebdo les choque et les blesse, pour la plupart.
Comment penser, recevoir et répondre à ce « fait têtu » de la réalité ?

Mano Siri

Notre rencontre de travail vers l’interconvictionnel de ce dimanche avec Mano Siri, un compte rendu subjectif

Nous avons été bouleversés par les événements de janvier. L’interconvictionnel et la pédagogie étaient déjà centraux dans notre pensée et dans nos projets, à moi en tant que rabbin, à la communauté dans son histoire, et à un grand nombre de ses membres à titre personnel. Nous sommes aujourd’hui engagés dans une volonté d’ouverture et de développement, de mise en commun de nos forces et de nos savoirs dans ces domaines.

Ce texte est une collection de pensées liées à notre discussion de ce dimanche. Pour accéder au texte préparé par Mano Siri, cliquez ici.

Ce dimanche 25 janvier, nous avons eu notre première session avec Mano Siri à Ganénou. Mano est la mère de trois filles dont la dernière a célébré sa Bat Mitsva cet automne, elle est la Présidente de la Commission Culture de la LICRA et elle est professeure de philosophie dans des classes très concernées par les problématiques actuelles.

Je voulais partager quelques éléments de ce que j’ai retenu et pensé au cours ce cette session, de façon assez subjective, dans le but peut-être de faire le lien avec la session suivante, de permettre à chacun de s’exprimer ou de partager. N’hésitez pas à laisser des commentaires.

Nous étions 20/25 dans la bibliothèque ce dimanche, dans une belle mobilisation suite à la réunion du dimanche précédant. Notre groupe comprenait des parents d’enfants du talmud torah, et aussi des membres de la communauté, d’âges divers, des jeunes.

Mano Siri avait amené quelques exemplaires de son livre, « 100 mots pour se comprendre contre le racisme et l’anti-sémitisme », livre qu’elle a codirigé avec Antoine Spire car le parti-pris de ce livre est d’avoir des auteurs différents.

L’idée est que le dialogue nécessite le fait de pouvoir entendre où se situent nos interlocuteurs. On entend mieux quand on est sûr de sa capacité à répondre dans la sérénité, et la définition des mots est la base de cette confiance et du recadrage du dialogue.

Le mot dont nous sommes partis est le mot ‘blasphème’. Nous en avons repris la définition selon l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, nous avons parlé de l’histoire chrétienne du blasphème. Nous avons ainsi évoqué les sources historique de la laïcité française. J’ai pensé que ces faits étaient intéressants car ils permettent de montrer que le catholicisme a été comme certains islams aujourd’hui en opposition avec la société laïque et a possédé une notion de blasphème en tant que péché. La conciliation a nécessité une adaptation qui est intéressante, qui permet de rapprocher les religions dans leur évolution vers la prise en compte des opinions autres.

Nous avons évoqué les déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la déclaration universelle de droits de l’homme de 48, et la loi de 1972 qui pose l’interdiction de l’insulte antisémite, loi qui va au delà de la pénalisation de l’insulte ad hominem.

Nous avons évoqué également la spécificité française dans son rapport au religieux. C’est également une chose intéressante à expliciter car il est plus facile d’accepter une spécificité française quand elle est nommée, de dire, dans tel pays c’est comme ça, dans tel autre c’est ainsi, et en France la façon dont le droit gère le fait religieux a telles et telles caractéristiques. Cela permet de légitimer à la fois la pratique juridique et constitutionnelle française et les autres conceptions, qui sont aussi légitimes d’un point de vue moral (quand elles sont démocratiques) mais n’ont pas de valeur juridique ici.

Nous avons en particulier souligné la différence avec la constitution américaine qui a précédé la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et qui appuie ses principes de liberté religieuse sur une base protestante, incluant une plus grande liberté d’expression parfois mais aussi une place au religieux dans l’état à travers par exemple le fait qu’on prête serment sur la Bible.

Nous avons rappelé ce fait important qu’en obéissant à la loi française, nous nous obéissons à nous-mêmes.
Pourquoi? « Parce que le fondement de l’Etat de droit dont relève la démocratie (mais aussi en passant une monarchie constitutionnelle comme le Royaume-Uni ou l’Espagne) c’est que tous les hommes sans distinction ne sont soumis qu’à la loi et à rien d’autre (pas à un autre homme en tous les cas) et qu’en tant que membre du souverain ils en détiennent une part inaliénable et qu’ils participent à l’élaboration de cette loi. Donc obéir à la loi de l’Etat comme on dit c’est, dans l’Etat de droit comme obéir à soi-même… » ainsi que notre oratrice le développe.

Nous avons évoqué sans avoir le temps d’en parler ce qui peut être la nature exacte et la cause du malaise de certains musulmans face aux caricatures, nous  nous sommes interrogés sur ce qui nous mettrait mal à l’aise.

Nous avons également dit quelques mots sur la façon dont la tradition juive conçoit la relation avec ‘dieu’ et le fait que notre façon de lire la torah écrite était subordonnée à ce qu’en dit la torah orale.

Le prochain rendez-vous commencera en principe à 11h, car une heure, cela semblait un peu court, et aurait lieu dimanche 8 février. Il faudra voir comment nous y procéderons car il y a déjà pas mal de cours et de conférences prévues ce jour là, les participants seront informés.

Bonnes réflexions à tous, et n’hésitez pas à laisser vos commentaires.