Nous sommes confinés, et les jours succèdent aux jours de façon indifférenciée. C’est à nous d’introduire de la diversité, du rythme, des rendez-vous! Le confinement peut durer un moment, il se compte en semaines plus qu’en jours, le temps du chabbat permet de donner un rythme à ces semaines toutes semblables. L’enthousiasme du nouveau et de la créativité risque de nous quitter, la pesanteur de la solitude risque de s’amplifier, etc….
« Tout le monde devrait faire comme je veux! » Vraiment? Non, vraiment pas! Lorsque Elohim créée le monde, selon l’histoire de la Torah, la terre ne lui obéit pas ! En quoi la terre fait-elle preuve d’indépendance? De quel façon Elohim réagit-il (ou elle)? C’est ce que nous étudions dans la vidéo d’aujourd’hui!
Vos commentaires sont plus que bienvenus, avez-vous fait le test en famille? Vos enfants apprécient-ils? Avez-vous des suggestions? J’en tiendrai compte de mon mieux pour les prochaines vidéos. Bonne journée à toutes et tous!
Le contenu est humaniste et féministe, je suis en permanence en réflexion sur ces sujets, si vous trouvez des angles-morts dans mon approche, je vous serai très reconnaissante de m’en faire part dans les commentaires. Je pense que les grands comme les petits, juifs ou non, profiteront de ces vidéos. Elles n’apprendront rien aux plus avancés qui connaissent déjà les histoires de base de la Torah ainsi que le B. A. BA. du commentaire.Vous pouvez également vous abonner à ma chaine YouTube, liker et partager cet article!
Avant de créer, il faut déjà faire de l’espace ! De la même façon, pour ceux qui sont ensemble dans un petit appartement, l’espace que nous gardons entre nous en ces temps de confinement est très important, et mérite qu’on y réfléchisse et qu’on en parle. A l’opposé, pour ceux qui sont seuls, il est essentiel de garder du contact, voire, de fixer des rendez-vous téléphoniques réguliers.
Dans la vidéo, nous parlons du deuxième jour de la création et de tout ce que cette histoire nous apprend.
Vos commentaires sont plus que bienvenus, avez-vous fait le test en famille? Vos enfants apprécient-ils? Avez-vous des suggestions? J’en tiendrai compte de mon mieux pour les prochaines vidéos. Bonne journée à toutes et tous!
Le contenu est humaniste et féministe, je suis en permanence en réflexion sur ces sujets, si vous trouvez des angles-morts dans mon approche, je vous serai très reconnaissante de m’en faire part dans les commentaires. Je pense que les grands comme les petits, juifs ou non, profiteront de ces vidéos. Elles n’apprendront rien aux plus avancés qui connaissent déjà les histoires de base de la Torah ainsi que le B. A. BA. du commentaire.Vous pouvez également vous abonner à ma chaine YouTube, liker et partager cet article!
Parfois, c’est le chaos, puis on en parle, et cela remet de l’ordre dans notre réalité. Cette histoire, c’est la nôtre, et c’est aussi l’histoire de la Torah, au tout début! Cette petite vidéo évoque le test d’hier et raconte le premier jour de la création du monde. Vos commentaires sont plus que bienvenus, avez-vous fait le test en famille? Vos enfants apprécient-ils? Avez-vous des suggestions? J’en tiendrai compte de mon mieux pour les prochaines vidéos. Bonne journée à toutes et tous!
Je pense que les grands comme les petits, juifs ou non, profiteront de ces vidéos. Elles n’apprendront rien aux plus avancés qui connaissent déjà les histoires de base de la Torah ainsi que le B. A. BA. du commentaire.
Vous pouvez également vous abonner à ma chaine YouTube, liker et partager cet article!
Puisqu’on a du temps en intérieur, je tente une nouvelle petite série de vidéos à regarder seuls ou en famille, pour tous les âges. Elle est accompagnée d’un petit test amusant, avec des questions plus ou moins simples, en principe les petits doivent pouvoir répondre à l’une ou l’autre question, vous pouvez faire de ce test un jeu collaboratif familial!
Le contenu est humaniste et féministe, je suis en permanence en réflexion sur ces sujets, si vous trouvez des angles-morts dans mon approche, je vous serai très reconnaissante de m’en faire part dans les commentaires.
Je pense que les grands comme les petits, juifs ou non, profiteront de ces vidéos. Elles n’apprendront rien aux plus avancés qui connaissent déjà les histoires de base de la Torah ainsi que le B. A. BA. du commentaire.
Vous pouvez également vous abonner à ma chaine YouTube, liker et partager cet article!
Le Lévitique nous parle des commandements « que l’être humain pratiquera et par lesquels il vivra ». La vie passe avant tout. Le traité Yoma (84b) fonde par exemple l’OBLIGATION de TRANSGRESSER le chabbat lorsqu’on SUSPECTE que cela pourrait sauver une vie. L’idée est que la personne transgressera un chabat mais pourra de ce fait permettre à une autre personne de célébrer de nombreux autres chabatot.
Que nous ayons tous et toutes de nombreux chabatot à célébrer!
Pour l’instant, la pandémie du coronavirus est à un point critique en France, il est essentiel de limiter sa propagation.
Pour ces raisons, autant que possible ABSTENEZ-VOUS DE VENIR A LA SYNAGOGUE, faites les offices chez vous, idéalement avec quelques amis, en petit nombre. office du vendredi soir ici, office du samedi matin ici. ABSTENEZ-VOUS des rassemblements publics. Drachot sur la paracha sur le site youtube de Judaïsme en Mouvement et sur ma chaine.
LAVONS-NOUS les mains, comme notre tradition l’a toujours souligné, mais avec les précautions appropriées aux connaissances modernes: bénédiction « al nétilat yadaim » avant de manger et « acher yatsar » après être allés aux toilettes, mais bien évidemment également selon les prescriptions suivantes:
QUAND?
Avant et après chaque repas ;
Avant et après être allé aux toilettes ;
En sortant des transports en commun ;
Après avoir éternué, toussé ou s’être mouché ;
Après avoir caressé un animal
Après avoir touché une surface potentiellement infectée ( le virus reste quelques heures sur les surfaces lisses, quelques jours sur le surfaces poreuses).
COMMENT?
Mouillez vos mains et appliquez du savon ;
Grattez les paumes avec vos ongles ;
Bien frotter entre vos doigts ;
Bien frotter vos pouces ;
Frottez-vous les mains l’une contre l’autre pendant 15 à 20 secondes ;
Rincez-vous les mains sous l’eau du robinet.
Évitez de toucher d’autres surfaces contaminées.
La Paracha Ki Tissa nous parle d’idolâtrie, c’est à dire de confusion entre l’essentiel et l’accessoire. L’essentiel, c’est la protection de la vie, l’héroïsme, consiste à prendre les bonnes mesures au bon moment, hauts les coeurs! chabbat chalom שבת שלום
Accueil est buffet dés 18h, lecture de la méguila à 20h30!
Demain, office de Pourim et lecture de la méguila à 10h, dans une ambiance plus sereine ;-), à ne pas rater.
Pour vous préparer:
Un responsum en anglais cliquez ici sur la lecture de la méguila par téléphone (si vous avez besoin d’une telle lecture, laissez votre numéro de téléphone en commentaire, nous vous appellerons vers 10h30 demain au mieux en fonction des demandes):
Une vidéo a propos de l’idolâtrie et de Pourim ICI
Des vidéos pour apprendre des versets de la méguila: les versets lus par toute la communauté ICI, les taamim de la méguila ICI, les versets lus par les personnages de Pourim ICI.
J’ai eu la chance m’exprimer au Zénith avec l’association Eklore cet après-midi. Voici les quelques mots que j’ai prononcés, merci aux organisateurs et à toutes les personnes présentes et à leurs réactions chaleureuses
Journée internationale des droits des femmes… car on a tendance à oublier que les femmes ont des droits ! Il faut un jour spécial, pour le rappeler à toutes, à tous, à nous-mêmes ! C’est sidérant ! Et pourtant, nous en avons besoin, tellement tellement besoin.
Car, et je vous le dis en tant que Rabbin, nous sommes beaucoup trop croyantes :
Nous croyons qu’ « une femme ne peut pas être forte » ? Si, elle peut, et de toutes les façons qu’elle choisira.
Qu’ « une fille débrouillarde est un garçon manqué » ? Non, c’est une fille débrouillarde.
Que « si je raconte, personne ne me croira » ? si, on veut te croire.
Que « si je raconte, tout le monde va m’en vouloir » ? Non, on ne t’en voudra pas, ni de ton silence, ni de ta parole, c’est toi qui décides.
Que « une petite blague (sexiste) ne fait de mal à personne », si, elle fait du mal, beaucoup de mal.
Que « les femmes qui crient sont hystériques » ? Non, elles sont en colère, nous sommes en colère, c’est un droit, c’est un devoir, La colère juste nous honore.
Toutes ces croyances, et beaucoup d’autres, doivent être remises en question.
Le religieux doit servir à désacraliser les croyances passées, pour les réexaminer, et trouver de meilleures solutions. Le vrai sacré, c’est le respect.
C’est en tant que rabbin que je dis aux femmes, à tous les stades de la vie : vous avez votre place.
Je dis aux jeunes filles de 12 ans pour leur bat mitsva : c’est vous qui dirigez l’office.
Je dis aux femmes en deuil : vous avez toute votre place dans la cérémonie
La société est comme une étoffe tissée de chacun de nos actes, comme ce vêtement (le Tallit).
La culture du viol est comme une étoffe tissée de chacun des actes d’inégalité.
La culture du respect est comme une étoffe tissée de chacun de nos actes de liberté.
Chaque fil est important, chaque acte est important, les petits, les grands, tous.
Couper, user, élimer, déchirer, tous les fils de la culture du viol Déchirer la culture du viol, à chaque occasion, rapidement. Et si elle résiste, on se lève, on se casse, on reviendra avec des ciseaux.
Tisser, renforcer, protéger, consolider, la culture du respect : Renforcer l’étoffe de la dignité, nous en vêtir et lorsqu’elle glisse de nos épaules (car elle glisse) la réajuster, encore et encore et les unes pour les autres.
Voici un tallit il est le symbole juif de la responsabilité. Dans ma synagogue, et dans la majorité des synagogues du monde (mais pas en France) : les femmes et les hommes portent ce tallit à égalité.
Ce tallit, quand on le voit, nous rappelle que nous sommes toutes « à l’image de dieu », investies d’un pouvoir de création sociale, fortes. Nous sommes des tisseuses ! fabriquons-nous des « vêtements de splendeur ».
Avant de conclure, un message pour tous nos partenaires masculins conscient que l’égalité n’est pas un « problème de femmes » mais notre problème à toutes : Merci, et chapeau.
Une petite précision : j’ai tout dit au féminin, mais vous étiez totalement dans mes pensées, c’était ainsi que l’enseigne la bonne grammaire française, du féminin INCLUSIF.
En tant que rabbin, mes derniers mots seront :
Yéchar koaH, que votre force continue à se projeter droit en avant.
Le poète latin Térence disait deux siècles avant l’ère chrétienne : « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger! »
Certains humains possèdent-ils une grâce particulière ? Certains sont-ils prédestinés à commander, et d’autres à obéir ? Certains à officier, d’autres à répondre, certains à étudier, d’autres à rester dans l’ignorance ? Ne laissons aucun suspense sur cette grave question: la réponse est « non ». Nous sommes tous égaux et égales. Comment comprendre alors le rôle particulier des prêtres évoqué dans notre paracha?
La Torah, les cinq livres, le Houmach, évoque tous les domaines de la vie : la pensée bien sûr, mais aussi le quotidien, le politique, le juridique et même le médical lorsque le lévitique décrit les maladies de peau, l’architectural, la menuiserie, la sculpture, l’orfèvrerie et la couture. Ces thèmes sont évoqués aussi bien dans le lévitique, troisième livre de la torah, que dans notre livre, l’Exode, chemot, d’où est tirée la paracha tétsavé.
La lecture publique de tous ces sujets est une façon d’affirmer que rien de ce qui est humain n’est étranger à personne, que nous sommes égaux en droits, et également légitimes dans nos aspirations. Tout ce qui est humain nous concerne, personne n’a le droit de nous en écarter, et nous n’avons pas non plus le droit de nous détourner.
Le sacré en particulier appartient à toutes et tous : Chaque semaine nous lisons une paracha de la torah, chaque année, ou tous les trois ans, nous terminons sa lecture intégrale. Chaque chabbat, lorsque nous lisons, nous annonçons le chapitre et le verset qui vont être lus pour que chacun puisse suivre, et ceci est une pratique récente qui remonte à la démocratisation des livres. Mais chaque chabbat, depuis plus de 2000 ans, nous soulevons le rouleau de la torah, le sefer, pour que tous puissent voir le passage concerné, et nous appelons à la torah même les personnes qui ne peuvent pas la lire directement, pour souligner qu’elle leur appartient, à eux aussi, sans exclusion. Nous devons être instruits ; les enfants savoir lire à 5 ans, étudier la michna à 10 ans, lire dans la torah et accomplir les commandements à 13 ans et s’initier à l’approche critique, dialectique et philosophique du talmud à 15 (Pirké avot 5 :21).
Pourtant, notre paracha semble affirmer le contraire. En nous parlant des vêtements des prêtres, elle souligne leur distinction ; et effectivement, la charge de la prêtrise est une question de caste, un domaine élitiste.
Le grand prêtre doit en effet porter des vêtements spécifiques (ex 28 :4) et en particuler:
· Les épaulettes incluant des pierres de Choham (onyx) sur lesquelles sont gravées les noms des tribus d’Israël,
· un collier, Le pectoral, composées de pierres précieuses qui elles aussi symbolisent le nom des tribus d’Israël,
· un fronteau, sur lequel est écrit « spécial pour l’Eternel », kadoch lachem
Ces éléments soulignent son rôle spécifique et le différencient du commun des mortels, de nous. Quid de la démocratie que j’évoquais ? Est-il normal que le grand prêtre possède ce rôle privilégié ?
Je veux vous proposer deux réponses : la réponse textuelle, et la réponse historique.
Ainsi que le texte le souligne, le costume d’Aaron lui rappelle sa responsabilité et non ses privilèges : en tant que pontife, il crée un lien entre le quotidien des enfants Israël (dont il porte les noms sur ses épaules et sur son cœur) et le caractère sacré de la vie (symbolisé par le fronteau incluant les quatre lettre de l’éternité).
28 : 29 Et Aaron portera sur son cœur, lorsqu’il entrera dans le sanctuaire, les noms des enfants d’Israël, inscrits sur le pectoral du jugement: commémoration perpétuelle devant le Seigneur.
30 Tu ajouteras au pectoral du jugement les ourîm et les toummîm, pour qu’ils soient sur la poitrine d’Aaron lorsqu’il se présentera devant l’Éternel. Aaron portera ainsi la phrase, le jugement, ( et non pas le destin comme traduit par le grand rabbinat) des enfants d’Israël sur sa poitrine, devant le Seigneur, constamment »
36 « Tu feras une plaque d’or pur, sur laquelle tu graveras, comme sur un sceau: « Consacré au Seigneur ».
Plus qu’une personne de pouvoir, le grand prêtre est donc avant tout un porte-parole, il transmet les paroles des enfants d’Israël à l’Eternel et celles l’Eternel auprès des enfants d’Israël. Telle est la réponse textuelle à la distinction du grand prêtre. Il ne représente pas, il transmet, il relie.
L’histoire a également répondu à cette question.
Le premier temple a été détruit en moins 587, le deuxième en 70. Depuis, les prêtres n’ont gardé de leurs devoirs et de leurs privilèges que de rares éléments symboliques. Quand bien même le troisième temple serait reconstruit, l’établissement d’une filiation réelle nécessaire au service du temple est quasiment impossible. Ainsi, le judaïsme est devenu démocratique, remplaçant la charge héréditaire de la prêtrise par la prééminence des sachants, le savoir étant ouvert à toutes et à tous.
D’une façon symbolique, nous sommes donc les héritiers des prêtres, et cela aussi se traduit dans nos vêtements. Rappelez-vous du 6e chapitre du Deutéronome, premier chapitre du chéma israel, que nous lisons matin et soir :
Le tallit, et les tefilines nous appartiennent à tous, la table du chabbat réunissant famille et amis est facile à mettre en place.
La tradition juive d’aujourd’hui est le contraire de l’élitisme, elle est ouverte à tous ceux qui veulent s’impliquer, à toutes celles qui veulent étudier, telle est la vision que nous défendons ensemble.
Le magazine l’Appel vient de sortir! Y voici mon dernier article. Bonne lecture!
Liberté, propriété, responsabilité. Telle est l’intéressante devise du libéralisme économique, dont la stabilité dépend de l’association de ces trois piliers. La crise de 2008 a provoqué la rupture du troisième principe, avec une intervention étatique de type « état providence » normalement réservée aux approches socialistes, orientée en revanche non pas vers les plus pauvres, mais vers les institutions bancaires en détresse. Les écarts sociaux se creusent. Les grèves se poursuivent en France. Bref, la religion néo-libérale a subi une mutation, et fait face à une crise sérieuse, elle entre en collision avec l’exigence de la justice sociale et l’imminence du changement climatique. Qu’en pense le judaïsme ?
Le capitalisme n’est pas sacré
« Tu n’auras pas d’autre « dieu » face à moi ». Telle est la deuxième des dix paroles (Ex. 20 :2). Il faut choisir. Soit l’Eternel, soit autre chose. Pas de syncrétisme. Il est possible d’adhérer à des idées capitalistes ou socialistes ou néo-libérales, mais ces idées ne peuvent être sacralisées, elles ne sont pas « une nouvelle religion ». Ou si elles le deviennent, il faut le reconnaitre, et admettre que nous avons quitté la tradition juive. Face aux idéologies, nous gardons notre entière liberté de jugement. Tel est le message de la première des dix paroles :
« Je suis l’Eternel ton « dieu » qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison d’esclavage ». Trois idées dans cette phrase concise : 1 – l’esclavage existe, 2 – il faut en sortir, 3 – le divin se définit par sa capacité à nous faire changer de système, nous permettre de « sortir d’Egypte ». Nous sommes égalitairement libres, le peuple entier, et ce principe est premier. Est-il prédominant sur le principe de la propriété privée ?
Primauté de la liberté humaine
« Tu ne voleras pas » est la huitième des dix paroles. Elle semble établir l’importance de la propriété privée. Est-ce exact ? Rachi précise dans son commentaire qu’ « il s’agit du vol de personnes ». Le vol d’objet est également répréhensible (Lev. 19 :11), mais il n’est pas mentionné dans les dix paroles. L’essentiel, ici encore, est la liberté, l’interdiction de voler des êtres humains pour les revendre, l’interdiction de l’esclavage.
Qui, de la liberté individuelle ou de la propriété, a la prédominance ? Pour que les esclaves hébreux sortent d’Egypte selon le texte biblique, il a fallu infliger dix plaies à Pharaon et à la terre d’Egypte. L’esclavagiste a été puni, et au contraire, le peuple esclave-libéré est sorti avec de grandes richesses. Cela semble juste.
Au contraire, au moment de l’abolition de l’esclavage en 1848, c’est le manque a gagner subi par les propriétaires d’esclaves qui a été pris en compte ; ce sont eux, et non les êtres humains-objectifiés et exploités qui ont reçu compensation. Transposé dans le récit biblique, cela reviendrait à quelque chose comme :
« L’Eternel parla à Moïse et lui dit : « Va chez Pharaon et dis-lui : Laisse partir mon peuple, je te le rachète. Vois, je transforme pour toi aujourd’hui le Mont Sinaï en montagne d’or, raccompagne mon peuple vers le désert, et sers-toi allègrement, cela compensera ta perte économique. »
Sortir du système
Lorsque nous sommes immergés dans un système, il est difficile d’en voir l’injustice. Il n’y avait pas dix justes à Sodome et Gomorrhe, car l’idéologie dominante rend difficile l’émergence de l’esprit critique et de la contestation. Pour cette raison, il faut parfois des destructions douloureuses comme ce symbolique déluge de feu, des plaies meurtrières comme en Egypte, pour que le changement de paradigme se produise.
Pourtant, ce n’est pas inéluctable. Nous pouvons aussi rester engagés dans nos traditions philosophiques et religieuses multimillénaires, qui nous permettent de garder du recul par rapport aux idolâtries du moment. Vu de ces hauteurs, les évolutions et les révolutions en cours ne sont pas menaçantes, pas dramatiques, ce n’est pas que « dieu est mort » et que « tout fout le camp », c’est juste qu’aujourd’hui, comme par le passé, les systèmes évoluent, et nos valeurs restent.
La menace ne vient pas du changement, mais de la sacralisation du passé. Notre sacré à nous, abstrait est inspirant, est un appui pour une évolution juste. Le monde repose sur trois piliers, disent les Pirké Avot (1 :18) : la justice, la vérité, et la paix.