gambetta/surmelin
Célébrons les miracles de demain !
Reprenez votre toupie de Hanouka. Les lettres noun, guimel, hé, ornent trois de ses côtés. Elles représentent les mots Ness (un miracleנס), Gadol (grand גדול), haya (il y eut היה). Mais quelle est la quatrième lettre ? S’agit-il d’un Pé pour Po (ici פה, pour les toupies israéliennes) ou d’un Chin pour Cham (là-bas שם, pour les françaises) ?
L’allumage des bougies à nos fenêtres a pour but la publication DU miracle. « LE miracle » ? Oui, mais lequel ?
Célébrons-nous le prodige d’une huile qui brûle sans se consumer, la ménorah du Temple à l’époque hasmonéenne, d’après le Talmud ? La victoire sur des ennemis plus nombreux, les makabim ayant vaincu les grecs, comme dans le Al hanissim ? La ré-inauguration du Temple, selon le livre des makabim ? Notre survie physique et spirituelle malgré les épreuves de l’histoire ? La renaissance de l’Etat d’Israël ? Célébrerons-nous également les petits miracles du quotidien, celui d’une personne qui franchit pour la première fois le seuil d’une de nos synagogues, d’un enfant qui trouve le courage de prendre sa place le jour de sa Bar/bat Mitsva, celui d’une main qui se tend quand on en a besoin ?
Nous chanterons cette année encore « sévivon sov sov » en famille et en communauté. Finirons-nous la chanson par « un grand miracle eut lieu là-bas », en Israël ou « ici », en France, et dans tous les pays ou l’existence juive poursuit son cours? Penserons-nous uniquement aux miracles de ces jours-là, בימים הה, ou également à ceux qui se déroulent à notre époque, בזמן הזה ? A ceux réalisés par nos ancêtres pour que nous existions ? Ou à ceux qui restent à accomplir pour faire vivre un judaïsme de bonheur et d’engagement pour les générations futures ?
L’idéal juif est encore en chemin, et nous en sommes les porteurs.
Hag Ourim SaméaH ! Bonne fête des lumières ! Bonne construction communautaire !
5 cours commencent cette semaine à Surmelin/ MJLF-est!
Hébreu – samedi 11 octobre 9h/9h30 Surmelin
S’il vous plait, ne révisez pas votre alphabet !
Si vous avez des notions d’hébreu, préparez-vous plutôt à laisser vos connaissances se réorganiser pour en tirer le meilleur parti. Lire la suite ici
Quizz de préparation: Avez-vous vraiment observé l’aleph-beth? Faire le quizz ici
Culture J – mardi 7 octobre 20h/21h30 Surmelin
« Le peuple juif est le peuple DES livres »
Que représente la tradition orale pour le peuple juif ?
En quoi cela est-il fondamental d’un point de vue identitaire, philosophique, historique ? Que peut-on en tirer au quotidien ? Lire le texte de préparation ici, détails du cours de ce soir ici
Identité juive : Un atout pour nos enfants – dimanche 12 octobre 10h15/11h30 Ganénou-Nation
Nous voulons le meilleur pour nos enfants. Quelle chance que de pouvoir puiser dans une tradition qui met l’éducation et l’avenir au cœur de ses préoccupations depuis trois millénaires ! Le dimanche matin, à nation, un cours-séminaire pour remettre à notre disposition, d’une façon moderne, des outils de toujours.
« Evoquer la violence à travers les histoires de la Bible » ce dimanche
Cours suivant « Se vacciner contre l’antisémitisme à l’aide des histoires de la Bible » (9 nov)
Talmudez-moi – mercredi 8 octobre 12h30/13h30 Café des Psaumes-St Paul
Le Talmud a formé la tête juive depuis 2000 ans. Le raisonnement talmudique est certainement plus proche de vous que vous ne l’imaginez…
« Quand la Loi prescrit de transgresser la Loi: le PikouaH Nefech » détails sur ce lien
Et Rachi reprend:
Rachi – samedi 11 octobre 9h30/10h15 – Surmelin
Remonter sur les épaules des géants
Dracha kipour 5775
Plus que 31 ans à tenir.
C’est Ray Kurzweil qui l’a dit.
En 2045, nous serons immortels.
Voilà ce que prétend le trans-humanisme. Il sera possible de transférer les données de notre cerveau. Ce ne sera plus de la science-fiction.
JE pourrai survivre et améliorer mon corps, être une « plus qu’humaine ».
Depuis l’aube des temps, nous luttons pour dépasser nos limitations. Pouvons-nous nous transformer en une humanité « augmentée », améliorée, immortelle ?
Quels seraient les moyens éthiques de le faire ? Lesquels seraient inacceptables ?
C’est une question très difficile pour un juif.
En effet, notre tradition nous enseigne à la fois l’aspiration à l’excellence ET la modération, l’ambition ET la solidarité.
Ainsi,
nous devons agir dans le tikoun olam, la correction du monde,
nous nous considérons (et l’humanité à nos côtés) comme étant dans l’alliance avec dieu, des acteurs de la création,
la circoncision elle-même symbolise l’alliance, c’est-à-dire notre pouvoir sur notre nature, notre devoir de coopération avec notre corps.
Nos actes corporels sont sacrés.
La sexualité ? C’est sacré, à tous les âges, avec ou sans procréation, dans le cadre du travail sur une relation équilibrée avec son propre corps et avec son partenaire.
L’abstinence ? Sacrée aussi, à certains moments, en tant que balancier qui permet au couple équilibriste de ne pas tomber de son fil.
La gourmandise ? C’est sacré, à tel point que nous disons des bénédictions avant de manger.
La faim ? C’est sacré également, aujourd’hui en ce jour de jeune, c’est une bonne chose, une occasion unique de ressentir la faiblesse de nos corps et de comprendre mieux ceux qui l’éprouvent au quotidien.
Le manque nutritionnel est un outil, nous le savons dans nos têtes ce soir, nous le saurons dans nos corps demain soir.
Nos corps nous stabilisent, parfois trop, comme le disent les prophètes, tu as mangé, tu t’es engraissé et tu t’es mis à refuser tes obligations !
Ces gestes quotidiens sont sacrés car ils sont une façon d’agir sur nous-mêmes, sur nos corps, sur notre construction.
Pouvons-nous modifier nos corps ?
Nos corps sont sacrés, oui, parce qu’ils sont à l’image de dieu, porter atteinte à l’intégrité physique de quelqu’un, le frapper, est un blasphème (en plus d’être interdit !). Les tatouages et les piercings sont, disons, déconseillés.
Mais nous avons le droit d’intervenir sur nos corps, nous pouvons être opérés pour protéger notre santé ; plus encore, les téfilines eux-mêmes, lorsqu’ils sont sur nos fronts et sur nos bras, sont le signe volontaire d’une « réalité augmentée » de l’humain, leur empreinte sur nos bras témoigne de notre concentration vis-à-vis de nos valeurs le matin-même, c’est l’affirmation que nous voulons faire entrer en nous autre-chose que ce qui était nous-mêmes.
Et tel est le propre de l’humain, et le miracle de la plastie du cerveau, qui se modifie pour créer des souvenirs, ces souvenirs que nous rouvrons depuis Roch hachana.
Nos vies nous changent, nos fréquentations, nos proches nous changent, le souvenir est une empreinte physiologique, vraiment écrite dans nos corps, ces paroles que je t’ordonne aujourd’hui sont vraiment « gravées dans nos cœurs », comme nous le disons dans le Chéma Israël, c’est-à-dire imprimés dans nos neurones.
Nous nous « augmentons » sans cesse, mais de quelle façon et jusqu’où ?
En tant que juifs, nous ne croyons pas au « satan », aux démonisations. Certaines questions peuvent faire peur mais aucune ne peut être taboue.
Dire que nous sommes responsables de nous faire nous-mêmes, c’est dangereux. Avec quelle limite ? Greffes, implants électronique, transformations génétiques, investissements couteux qui pénalisent les moins fortunés ?
Dire que nous ne sommes pas responsables de nous faire nous-mêmes, c’est dangereux aussi. Nous subissons nos pulsions ? Ce que nous sommes, c’est la faute des autres ? De « dieu » ? De la société ?
Les prophètes ont consacré des pages, des années, et fait des sacrifices personnels incroyables pour s’opposer à chacune de ces deux tendances : l’individualisme en fantasme de puissance, la « soumissionnite » en fantasme d’impuissance.
Ainsi, nous pouvons entendre ce désir d’humanité augmentée, de Ray Kurzweill et y adhérer partiellement certainement,
– puisque tel est l’essence de l’humain, être plus que la nature,
– puisque telle est l’essence du judaïsme, chercher à être un partenaire du Créateur dans la création de nous-mêmes et de notre descendance,
– puisque telle est l’essence du jugement de Yom kipour, nous sommes jugés pour ce que nous avons fait de nous-mêmes.
Nous pouvons adhérer partiellement aux ambitions de Ray Kurzweill mais pas tout à fait à sa façon à lui. Je crois qu’aujourd’hui, Kipour vient nous dire que les transformations, dans la tradition juive, se font en solidarité et en douceur.
Nous avons chacun et chacune commis des fautes, provoqué des dommages à nous-mêmes, que nous devons réparer aujourd’hui.
Mais avons-nous commis des vols, des extorsions, des falsifications, de fausses accusations ? Y a-t-il quelqu’un ici qui soit allé si loin ? Non, n’est-ce pas.
Je ne pense pas avoir rien commis de tel de façon directe, mais la société dans laquelle je vis, certainement. J’ai laissé perdurer un cadre où le vol, la trahison, etc… sont possibles. C’est pourquoi il est justifié de dire le vidoui au pluriel, et de mentionner des fautes que nous ne pensons pas avoir commises. אשמנו בגדנו דברנו דופי.
Le bilan des fautes juif se fait en solidarité.
L’épanouissement parfait selon la tradition juive, viendra quand nous aurons été capables de créer une société sans laissés pour comptes, où chacun et chacune trouvera sa place, et qu’on appelle chez nous, ימות המשיח, les jours du messie.
Et en attendant, nous œuvrons ensemble à créer une synagogue sans laissés pour compte, et toujours plus riche humainement et intellectuellement grâce à la souplesse, à la bienveillance et à l’engagement de tous, merci. Chacun est invité à prendre part à ce grand projet.
Alors, que dire maintenant à propos de Ray Kurzweill, l’informaticien juif transhumaniste ?
Ray Kurzweill est né à New york en 1948. Kurt Weill, qui était musicien comme son père, est mort à New-york en 1950.
Kurt Weill suivait aussi d’une certaine façon les traces de son père, qui était Hazan. Lui qui a composé avec Bertold Brecht avait commencé par écrire un « מה אדיר », chant qui accompagne la rentrée des fiancés lors du mariage juif !
Je dirais alors que j’espère que les générations futures sauront s’appuyer sur le savoir des générations précédentes, comme nous pouvons remonter sur les épaules des géants qu’étaient certains sages du passé, pour voir plus loin.
Evoluer, oui, mais en nous appuyant sur la sagesse du passé.
Dans l’habanéra de Kurt Weill, l’ère messianique se nomme Youkali :
« C’est dans notre nuit comme une éclaircie l’étoile qu’on suit c’est youkali, youkali c’est le respect de tous les vœux échangés, youkali, c’est le pays des beaux amours partagés, c’est l’espérance qui est au cœur de tous les humains, la délivrance, que nous attendons tous pour demain. »
Aujourd’hui, nous entrons dans cette île, toute petite, de yom kipour, cette île de rencontre avec soi-même, de rencontre avec notre avenir, rencontre avec les autres, rencontre avec la communauté.
Nous entrons dans ce sas de décompression pour 25 petites heures, qui nous mettra en relation notre passé et notre avenir ;
Nous n’avons pas besoin de « tenir » 31 ans avant que notre cerveau soit, éventuellement, enregistré dans un ordinateur.
Nous préférons remettre MAINTENANT nos vies sur le métier à tisser et poursuivre ces 4000 ans de quête d’une relation juste à nous-mêmes, à l’autre, et à nos espoirs pour le monde.
Nous espérons nous installer toujours mieux sur les épaules des géants qui nous ont précédés, et que nos enfants puissent continuer, à notre suite, à voir plus loin encore.
Qui sait ce que, demain, et dans un an, à ce même rendez-vous de Kipour, nous verrons du haut des nouvelles montagnes que nous aurons escaladées !
Qui sait ce que nos enfants y verront, s’ils trouvent des épaules confortables sur lesquelles s’installer ?
צום מועיל,
Que ce jeune nous soit profitable.
Ne révisez pas votre aleph-beth!
Bonjour à tous,
Pendant ces quelques heures qui séparent Kipour (ce samedi) de Soukot (à partir de mercredi soir, office 18h45), je souhaite partager avec vous tout ce qu’il faut pour que notre premier cours d’hébreu de ce samedi soit mémorable…
S’il vous plait, ne révisez pas votre alphabet !
Si vous avez des notions d’hébreu, préparez-vous plutôt à laisser vos connaissances se réorganiser pour en tirer le meilleur parti.
Si vous êtes de vrais débutants, vous pouvez simplement vous rendre ouverts à découvrir un autre système de langage, vous interroger sur ce que peut-être une langue « non latine ».
En 2011, une jeune fille qui ne savait pas un mot ni une lettre d’hébreu a décidé de célébrer sa Bat Mistva l’année suivante. Faire sa bat/bar Mitsva, c’est savoir diriger de nombreuses prières en hébreu ! Pour elle…. Lire la suite ici
Quizz de préparation: Avez-vous vraiment observé l’aleph-beth? Faire le quizz ici
Présentation du cours et calendrier: Cliquez ici
Partagez cet email avec tous ceux qui veulent tester leurs connaissances ou vous accompagner au cours!
Entrainons-nous encore à gagner les concours de circonstances
« Bar Hédia était un interprétateur de rêve….
Celui qui lui donnait une pièce, il le lui interprétait en bien, celui qui ne lui donnait pas de pièce, il le lui interprétait en mal.
Abbayé et Rava firent un rêve.
Abbayé lui amena une pièce, et Rava ne lui en donna pas. »
——————–
L’histoire commençait bien, le rêve, ce qui s’exprime de notre conscience libérée par la nuit, la remise en place de nos pensées, et quelqu’un qui interprète. L’interprétateur allait nous donner peut être la clef de la vérité!
Mais l’illusion se brise, bar Hédia était cupide, il ne donnait pas la clef des rêves, il redessinait les paysages à son propre avantage
Deux grands sages, deux amis-opposants, deux baalé maHloket, préoccupés par les mêmes questions, un même rêve, que vont-ils en faire ?
Ils amènent leurs pensées intimes à un interprétateur de rêves, ne croient-ils pas en leur propre sagesse ? Bar Hédia est corrompu, mais ça, ils ne le savent pas encore. Ces deux leaders, des amoraim babyloniens du 4e siècle, Abayé, dirigeant de la yéchiva de pombedita , Rava, fondateur de la yéshiva de MéHoza, ont, comme nous, des questionnements douloureux.
Voici ce que Rava et Abbayé ont vu en rêve, ce que bar Hédia leur a dit.
Ils lui dirent : J’ai vu dans un rêve le verset suivant Ton bœuf sera égorgé sous tes yeux (deut 28)
A Rava il dit Ton commerce va faire banqueroute et tu n’auras plus envie de manger à cause de ta peine.
A Abbayé il dit Ton commerce va prospérer et tu n’auras plus envie de manger tellement ta joie sera grande
Ils lui dirent : Nous avons lu aussi, le verset suivant : tes filles seront données à un autre peuple,
A Rava il dit : Tes enfants seront nombreux mais ils se marieront dans la famille de ta femme et ils deviendront comme des étrangers pour toi.
A Abbayé il dit : ta femme mourra puis tes enfants seront soumis à une autre femme
…
Ils lui dirent encore : Tous les peuples de la terre verront
A Abbayé : ils verront ta renommée en tant que chef de la maison d’étude et tu inspireras la crainte
A Rava : ils verront ton humiliation, on attaquera le trésor royal on te soupçonnera, tu seras arrêté comme voleur et tout le monde éprouvera la crainte d’être soupçonné.
Les préoccupations de ces deux grands sages sont les nôtres, notre subsistance, notre famille, l’héritage que nous laisserons au monde.
Rava et Abbayé ont besoin de soutien et s’ouvrent au plus grand spécialiste de leur époque, de même que nous cherchons conseil.
Et, comme cela nous arrive parfois, ils se font posséder, de même que nous sommes nous-mêmes vulnérables.
Les conséquences en sont dramatiques. En effet, les interprétations de Bar Hédia se réalisent, si bien que Rava perd sa femme, ses enfants et ses richesses.
* * *
Notre peuple aussi a ses rêves, ses espoirs et ses préoccupations.
La liturgie de Roch Hachana nous dit : Faites téchouva, et vous serez inscrits dans le livre de la vie et non dans le livre de la mort.
Certains disent : Si vous ne revenez pas à une pratique orthodoxe, vous mourrez dans l’année. D’autres mettent ces interprétations au passé : la Choa a eu lieu parce que les juifs n’étaient pas assez pratiquants, le papa de cette petite fille est mort cette année parce qu’il n’avait pas fait téchouva à Roch Hachana ou à Kipour.
Notre mouvement s’oppose à ces culpabilisations, qui enterrent la tradition, qui réduisent le judaïsme à de la superstition.
Les conséquences de ce genre d’interprétation, je les vois au quotidien depuis 16 ans que j’exerce en tant que rabbin, en Israël, en Belgique et maintenant en France, et même depuis mes années d’étude « laïques » en sociologie lors de mes enquêtes sur les croyances des juifs en France.
Notre communauté, le MJLF, et Surmelin, nous sommes activement et profondément engagées dans le combat contre ces discours destructeurs. Nous voulons transmettre le message du judaïsme traditionnel, qui est un enseignement de vie.
Comment interprétons-nous l’inscription dans le livre de la vie ?
Mais comme le veut la tradition, en affirmant que la vie, c’est la justice, les justes sont considérés comme vivant toujours par leur enseignement, les anti-justes comme étant morts, même de leur vivant.
Nous disons : Si vous vous engagez pour la justice et la vérité, vous serez inscrits dans le livre de la vie, qui est le livre de la justice et du bien.
Si nous nous engageons dans les réflexions de Roch hachana, Kipour et Soukot , notre vie sera encore plus vivante l’an prochain qu’elle ne l’a été l’an dernier.
Le judaïsme n’appartient pas aux « bar Hédia ». Nous en assumons les interprétations.
* * *
Et, fidèle à la tradition, permettez-moi d’appliquer cet enseignement à la question qui préoccupe vraiment les juifs : Qu’est-ce qu’on mange ce soir !
Pour cela, je vais me livrer à un exercice très commun : le détournement verbal.
Comme nous l’enseigne la suite du Talmud BeraHot, le rêve suit la bouche, c’est-à-dire son interprétation.
Mais comme nous sommes juifs, nous pouvons détourner un peu le sens de cette phrase : le rêve suit la bouche, c’est-à-dire la nutrition !
En ce soir de Roch Hachana, les séfarades parmi nous feront tout un seder, mangeront de nombreux mets en prononçant des bénédictions. Les achkénazes parmi nous mangeront de la pomme et du miel, en se souhaitant une année aussi douce que le miel aussi pétillante que la pomme.
Nous mangerons de l’interprétation.
Nous sommes libres de l’interprétation de nos rêves, nous sommes libres de l’interprétation de ce que nous mangeons, de ce que nous ingérons, de ce que nous digérons.
Notre tradition va plus loin encore. Nous interprétons les actes.
* * *
Il y a beaucoup de choses que nous ne comprenons pas, et qui sont peut-être néanmoins d’une sagesse insoupçonnée.
Prenons un exemple tiré euh du baseball américain. Parlons de ce qu’on nomme la « final offer arbitration ». Il s’agit d’une méthode d’arbitrage révolutionnaire.
Vous n’en avez peut-être pas encore entendu parler, et cela viendra surement.
En quoi consiste l’arbitrage « normal »? Chaque partie présente ses demandes et l’arbitre fait un compromis.
En quoi consiste l’arbitrage « offre définitive » ? Chaque partie propose une solution, l’arbitre choisit l’une des deux solutions sans arbitrer, il a l’interdiction formelle de faire un compromis.
Cela semble fou ?
Mais réfléchissez, ce soir aux conséquences sur la dynamique entre les parties, et vous verrez combien ce procédé est subtil.
On appelle la création de ce type de situation du « game ingeneering », de la « création de jeu », et l’un des leaders en la matière est Robert Aumann.
Nous connaissons dans la pratique juive et dans les textes juifs beaucoup de choses « absurdes ».
Dans le talmud par exemple, et dans le passage de Rava Abbayé et Bar Hédia, avec ses deux rabbins qui se laissent prendre au piège. Mais cette histoire nous aide à comprendre que personne n’est à l’abri des influences néfastes.
Dans la Torah bien sûr, avec les colères divines et les comportements étranges de nos patriarches.
Le cadre des fêtes de Tichri, peut aussi poser question. Pourquoi faire de notre premier de l’an un « jour du jugement » pourquoi venir dire des seliHot à la synagogue à 7 heure du matin, et passer une journée à nous priver de nourriture et à être présent à la synagogue ? Ces actes, simplement, « changent la donne », et ne peuvent être compris que par la pratique et par la réflexion.
Les fêtes de Tichri sont une invitation à ouvrir le livre du souvenir et du passé pour faire le tri, réexaminer les actes et les idées de l’année dernière, et à en changer les étiquettes, les interprétations.
Au jour de notre mort dirons-nous : « Oui, ce Roch Hachana là, en 5775, en septembre 2014, j’ai pensé de cette façon, j’ai changé de cette façon, et j’ai raison de le faire. » ?
Pour conclure, je vais nous lancer deux défis.
Le premier est de vous vers moi : Venez me trouver, écrivez-moi, et proposez des objections, proposez des éléments « absurdes » de notre tradition et voyons si nous y trouvons une sagesse cachée.
Le deuxième défi est de moi vers vous, vous trouverez à l’entrée des feuilles avec des versets qui sont la guématria de 5775, prenez-les et essayez de trouver le maximum de « divinations » positives et négatives concernant l’année à venir.
Jouez à être Bar Hédia, et appropriez-vous cette souplesse d’esprit que nous enseigne le Talmud.
Vous trouverez sur cette feuille des expressions dont la valeur numérique représente l’année à venir.
Pourrez-vous les interpréter en bien, et pourquoi pas aussi en mal, comme bar Hédia, et vous faire ainsi mieux connaissance avec la puissance de l’interprétation ?
Le verset suivant caractérisera-t-il selon vous l’année 5775 et de quelle façon : « Ses membres, tout pleins encore de vigueur juvénile, se verront couchés dans la poussière », (job 20 :11) ?
Peut-être préférerez-vous essayer d’interpréter les mots: « La justice fleurira ensemble » extrait de Isaïe 45 :8
Vous pourrez également en discuter à la table familiale, vos enfants et amis se prendront peut-être au jeu, et je vous invite à partager vos trouvailles en ligne sur le site poursurmelin.wordpress.com.
Nos rêves et nos actes suivent l’interprétation que nous en donnons.
Un rêve non interprété est comme une lettre non lue.
Roch Hachana nous invite à ouvrir notre courrier en retard, nos messages cachés à nous-mêmes, nos rêves, nos souvenirs, nos actes.
Les circonstances ne nous font pas, ce sont nous qui interprétons les circonstances.
C’est ainsi que depuis 3000 ans, malgré les dures réalités de l’histoire, nous, peuple juif, sommes rôdés à gagner les concours de circonstances.
Nous avons eu des circonstances particulièrement difficiles cette année.
C’est pour penser à ce que nous pouvons faire de l’actualité en tant qu’individus en tant que famille et en tant que communauté, qui nous avons besoin de nous réunir.
Que les circonstances concourent à notre bonheur cette année !
Alors entraînons-nous encore un peu, à gagner ensemble, les concours… de circonstance !
——
Liens vers ce qui n’a pas pu être dit ici:
http://www.larecherche.fr/savoirs/dossier/a-quoi-sert-interpreter-reves-01-07-2011-78744
Lévinas/ Roch Hachana, tout pour le cours de ce soir…
Sources culture J Roch Hachana
Quizz à refaire après le cours
Ce soir, nous aurons je l’espère une séance à la fois profonde et dynamique. Nous espérons reprendre les sources de Roch Hachana dans la tradition juive, tradition écrite et tradition orale, nous voudrions étudier en Hévrouta un extrait de la première leçon talmudique de Lévinas, avant de tester notre sens logique avec l’étude de l’extrait du talmud qu’il commente. Nous voudrions nous replonger dans quelques chants de seliHot pour agrémenter le tout, et j’espère que vous serez également prêts à faire le point à l’aide du petit quizz que j’ai préparé à votre intention.
Michna, Talmud, pensée juive, réflexions personnelles et meilleur compréhension de ce que nous apprend notre tradition sur les nouveaux départs, le pardon à soi-même et le pardon à autrui…
A tout à l’heure, et à très bientôt également je l’espère pour les seliHot et les offices… (heures et inscriptions aux seliHot ici, attention, c’est parfois à Nation et parfois à Gambetta: http://doodle.com/kgmbt487kbts8b6a)
Quizz à téléchargerquiz levinas roch hachana
Talmud, Hébreu, pensée juive
Culture J – axe modernité
Être juif, qu’est-ce que c’est ? L’identité juive se décline de nombreuses façons. Bien du temps a passé depuis notre Bar ou Bat Mitsva, et il est temps d’envisager les pratiques et les outils de l’identité juive d’une façon renouvelée. Quels sont les axes de l’identité juive ?
Que nous apportent-ils dans le monde moderne et dans notre vie personnelle ?
1h30, à partir du mardi 16 septembre, les premiers et troisièmes mardis du mois (sauf exceptions), à Surmelin / Gambetta / 20iem arrondissement
Le Talmud et moi
Le Talmud a formé la tête juive depuis 2000 ans. Le raisonnement talmudique est certainement plus proche de vous que vous ne l’imaginez… A partir du talmud dans le texte, avec des traduction en français, des Hévroutot (études en binôme), et avec l’objectif d’en tirer des enseignements de sagesse, nous trouverons chacun notre place dans l’étude du texte le plus central du judaïsme.
A partir du mois d’octobre, un mercredi midi par mois.
1h, après un déjeuner sandwich, lieu à préciser au centre de Paris.
Hébreu orienté office
Le but de ce cours sera de permettre d’apprendre à lire et à comprendre des mots clefs de l’office, à les repérer facilement dans le sidour et même à utiliser leur racine en hébreu moderne… L’office deviendra alors toujours plus riche intellectuellement et spirituellement.
Les 2iem et 3iem samedis du mois, de 9h45 à 10h15 (exceptionnellement de 9h à 9h30 le 11 octobre), à Surmelin / Gambetta / 20iem arrondissement
Rachi et la paracha
Le plus grand commentateur partage avec nous ses questionnements et ses éclairages à propos de la paracha de la semaine.
le premier samedi du mois, de 9h15 à 10h15, à Surmelin / Gambetta / 20iem arrondissement
L’identité juive : un atout pour l’avenir de nos enfants
Nous voulons le meilleur pour nos enfants. Quelle chance que de pouvoir puiser dans une tradition qui met l’éducation et l’avenir au cœur de ses préoccupations depuis trois millénaires ! Le dimanche matin, à nation, un cours-séminaire pour remettre à notre disposition, d’une façon moderne, des outils de toujours.
Un dimanche par mois, de 10h30 à 11h30, à Ganénou / Nation
Faisons de nombreux élèves ! Apprendre avec nos enfants
L’éducation est au cœur de l’identité juive.
Le « talmud torah » au sens large, l’ « étude de la torah », nous soutient dans notre identité depuis les débuts de notre histoire. En 1882, Jules Ferry a rendu l’école obligatoire pour tous en France. Sept siècles avant l’EC, la Torah portait à l’écrit l’obligation « et tu raconteras à ton fils » « והגדת לבנך » (Ex.13 :8). En 64, Chimon ben Gamla instituait l’obligation pour chaque ville de créer une école primaire, pour permettre aux parents d’accomplir leur devoir d’enseignement.
Le « rite initiatique » juif (Bar et Bat Mitsva) est centré sur la culture : l’enfant doit savoir lire pour lui-même et pour les autres afin de prouver sa valeur dans le monde adulte. Savoir lire, étudier, cela fait partie de la vie juive, au même titre que se marier et chercher un métier. La michna Avot (5 :21) nous décline le programme de la vie « à l’âge de cinq ans on apprend la bible, à dix ans on étudie la michna, à treize ans on s’occupe des commandements, à quinze ans on étudie le talmud, à dix-huit ans on se marie, à vingt ans on cherche un travail, à trente ans on atteint la force, à quarante ans la sagesse, à cinquante ans les capacités de conseiller… ».
Tous les acteurs communautaires sont engagés dans l’étude, le rabbin, les volontaires, les fidèles…
En tant que Rabbin, je voulais partager avec chacun ce sentiment d’engagement vis-à-vis de l’éducation, de l’ « éducation permanente » à tous les âges de la vie.
J’ai donc demandé à Révital Shloman, Directrice du Talmud Torah MJLF, de nous parler de sa vision de l’éducation juive et du Talmud Torah au MJLF, pour alimenter notre réflexion commune.
Je la remercie pour ses paroles, qui nous permettent de nous sentir proches les uns des autres et d’apprendre à toujours mieux nous connaitre pour agir de la façon la plus simple et la plus entousiaste.
Elle met en avant la célèbre maxime de Ben Zoma : le sage est celui qui apprend de chacun (avot 4 :1).
Avec elle, je nous souhaite de pouvoir respecter l’injonction que nous faisait déjà la grande assemblée, la knésset haguedola au troisième siècle avant l’EC : « Faites de nombreux élèves ! » (avot 1 :1)
LISEZ ICI L’INTERVIEW de Révital Shloman, directrice du Talmud Torah du MJLF
Etude pour adultes, au moment où nos enfants étudient, un dimanche par mois, de 10h30 à 11h30
L’identité juive : un atout pour l’avenir de nos enfants
Nous voulons le meilleur pour nos enfants. Quelle chance que de pouvoir puiser dans une tradition qui met l’éducation et l’avenir au cœur de ses préoccupations depuis trois millénaires ! Le dimanche matin, à Nation, un cours-séminaire pour remettre à notre disposition, d’une façon moderne, des outils de toujours.
Formation des enseignants à Beaugrenelle – Jeunesse et Surmelin
La jeunesse, l’étude, la joie de grandir, sont au coeur de nos préoccupations de parents, d’enseignants et de responsables communautaires!
Ce dimanche, la rentrée des enseignants a eu lieu au MJLF, toute une journée de rencontre à Beaugrenelle.
Parmi l’équipe, Surmelin était présent, Francine a donné une formation, et j’ai pu échanger quelques réflexions autour de la question du leadership juif avec l’ensemble de l’équipe.
J’ai préparé un petit document qui me permet de partager mes sources avec vous.
Vous le trouverez sur ce lien.
Bonne lecture, bonne étude, et bon partage,
Et excellente année aux enseignants et aux enfants qui étudieront avec nous!