Un SimHat Torah pédagogique!

L’année scolaire s’est achevée, avec ses malédictions, les vacances commencent, avec leurs bénédictions! (voir « aHot Kétana », cette magnifique prière d’entrée dans l’année nouvelle juive).
Chaque étape de la vie est l’occasion d’intégrer de nouvelles pratiques susceptibles de nous rendre la vie plus belle.
Comment profiter des vacances?

Nous avons vu dans un précédant article comment les vacances peuvent permettre de mettre en place de bonnes habitudes pour l’année à venir.

L’installation de ces façons joyeuses de fonctionner pour soi-même et pour les autres est soutenue par les fêtes de Tichri.

Le changement peut faire peur. La pensée et la pratique juives nous invitent à le considérer d’une façon positive, à le prévoir et à l’accompagner, à l’anticiper tout en restant flexibles.
Les fêtes de Tichri soutiennent la mise en place des valeurs et des bonheurs que nous voulons partager avec nos enfants.

Comment transmettre notre amour du questionnement à nos tout petits? Comment faire aimer les livres à nos plus jeunes qui ne savent pas encore lire? La fête de SimHat Torah donne une expression très concrète à notre amour de l’étude et du questionnement existentiel.

SimHat Tora incarne l’importance de la joie dans notre tradition. La joie à son paroxysme est associée au livre. Chanter, danser, vivre physiquement notre attachement à la tradition intellectuelle d’Israël est important.
Pour les plus jeunes, les vecteurs concrets et physiques sont la meilleure porte d’entrée dans l’amour de la tradition.

Comme l’année dernière, nous ouvrirons intégralement le sefer torah, chacun contribuera à le tenir ouvert. Cet acte est un message puissant de l’importance d’être ensemble pour savoir « lire » le message de la torah.
Il symbolise le fait que chacun a sa part, sa place et son importance.

Nous effectuerons également des danses Klezmer. Ces danses ont la particularité d’être accessibles à tous et de permettre des figures surprenantes et réjouissantes, de créer un bonheur d’être ensemble.

A titre familial, on peut prévoir d’acheter des livres à offrir à nos enfants à cette occasion, on peut leur faire apprendre les bénédictions de montée à la torah ou certains chants que nous reprendrons ensemble à la synagogue.

SimHat Torah, pour les enfants, c’est la fête des bonbons, des drapeaux et des danses.
Pour les adultes, c’est l’occasion de raviver une joie simple tout en s’interrogeant sur ce qu’est la joie et ce qu’est la vie qui passe, comme nous y invite le livre de l’ecclésiaste.

D’un point de vue pédagogique SimHat Torah (et soukot), sont les premières fêtes juives, car elles sont accessibles à tous les âges et placent le plaisir d’être ensemble au premier plan.

N’hésitez pas à partager vos idées pédagogique autour de cette fête merveilleuse…

Le plaidoyer de Moïse

La paracha de cette semaine est celle de la trahison, de la brisure et de la réparation.

Le veau d’or, les tables de la loi cassées, la discussion entre Moïse et Dieu pour sauver l’alliance.

C’est un puissant message d’espoir et de communication: les difficultés existent dans toutes les relations, mais elles peuvent être surmontées.

Ce chabbat à 9h (accueil) et 9h15 (début de l’étude) nous étudierons les textes et le commentaire de Rachi.

(feuille de source à télécharger: Ki Tissa)

Le rôle des parents dans la Bat/Bar Mitsva

A travers la BM de leurs enfants, les parents ont la possibilité d’assurer la transmission, de passer « officiellement » le relais aux jeunes, de les encourager à assumer leurs capacités et leurs désirs d’adulte naissants, d’une façon positive, responsable et joyeuse. La communauté et le rabbin sont là pour être les témoins, les accompagnateurs et la caisse de résonance de cette transmission.

א Préparation de la BM :

Comment montrer à nos enfants que nous les soutenons dans leur prise d’indépendance? Nous sommes à leurs côtés durant tout le processus, puis nous leur laissons la place d’honneur, sur la téva. Nous les accompagnons aux offices, il faut penser à leur procurer le matériel nécessaire (sidour, téfilin, talit).

En tant que parents, vous êtes également de relais auprès des invités, le but étant qu’ils se sentent partie prenante et puisse entourer votre enfant pleinement le jour J. Nous vous encourageons à inviter les amis et la famille proches à prendre une part active à l’office de BM (lectures, accueil, montée à la Torah), à accompagner les enfants un chabbat et à participer à l’office du jeudi matin.

ב Jour de la BM :

Vous monterez à la Torah pendant que votre enfant la lira pour vous. (Les parents non juifs seront invités à participer d’une autre façon, à discuter avec le Rabbin.)

Vous répondrez à certaines prières lancées par votre enfant, vous participerez avec lui à différentes actions communautaires.

Vous accueillerez les invités et leur fournirez les moyens de bien comprendre ce grand évènement.

Vous soutiendrez les invités auxquels vous avez donné un rôle particulier, vous aurez transmis la feuille des honneurs au rabbin au plus tard le jeudi matin.

Vous ferez la bénédiction des enfants.

Tout ceci vous sera expliqué de vive voix par le rabbin et les responsables. N’hésitez pas à poser vos questions…

Le rôle de nos jeunes pour leur Bat/Bat Mitsva

Le rôle du jeune est d’affirmer son identité de juif adulte, en endossant la tradition et en la portant vers un avenir qui fait sens pour lui.

Ce programme est à la fois ambitieux et facile. Ambitieux car il donne aux jeunes une place centrale. Facile car nos jeunes sont réellement capables du meilleur, et que nous sommes là pour les guider.

Au centre de notre tradition :

אLa Torah écrite, dont nous sommes les dépositaires depuis 2/3 000 ans.

Tu liras dans les rouleaux de la Torah.

ב La pensée juive, réflexion qui interprète la Torah écrite depuis qu’elle existe, pour lui donner un sens actuel.

Nous étudierons ta paracha et le sens de la tradition juive, tu décideras du genre de juif que tu seras dans ta vie d’adulte.

Tu donneras toi-même un enseignement à tous tes invités.

ג Les valeurs juives, portées par la responsabilité communautaire et les rassemblements du chabbat.

Tu seras le leader de la communauté pour certaines prières du jeudi matin, du vendredi soir et du samedi matin.

ד La pratique quotidienne, expériences qui soudent la communauté.

Tu participeras à la vie communautaire à travers une action de bienfaisance commune, un dîner chabbatique, un office de Kippour, une activité…

Les cours du dimanche et la participation aux évènements communautaires fondamentaux et aux offices permettront d’avancer harmonieusement vers ces objectifs.

Il faudra acheter un Sidour (livre de prière), qui sera ton sidour de référence pour toute ta vie.

Notre rencontre de travail vers l’interconvictionnel de ce dimanche avec Mano Siri, un compte rendu subjectif

Nous avons été bouleversés par les événements de janvier. L’interconvictionnel et la pédagogie étaient déjà centraux dans notre pensée et dans nos projets, à moi en tant que rabbin, à la communauté dans son histoire, et à un grand nombre de ses membres à titre personnel. Nous sommes aujourd’hui engagés dans une volonté d’ouverture et de développement, de mise en commun de nos forces et de nos savoirs dans ces domaines.

Ce texte est une collection de pensées liées à notre discussion de ce dimanche. Pour accéder au texte préparé par Mano Siri, cliquez ici.

Ce dimanche 25 janvier, nous avons eu notre première session avec Mano Siri à Ganénou. Mano est la mère de trois filles dont la dernière a célébré sa Bat Mitsva cet automne, elle est la Présidente de la Commission Culture de la LICRA et elle est professeure de philosophie dans des classes très concernées par les problématiques actuelles.

Je voulais partager quelques éléments de ce que j’ai retenu et pensé au cours ce cette session, de façon assez subjective, dans le but peut-être de faire le lien avec la session suivante, de permettre à chacun de s’exprimer ou de partager. N’hésitez pas à laisser des commentaires.

Nous étions 20/25 dans la bibliothèque ce dimanche, dans une belle mobilisation suite à la réunion du dimanche précédant. Notre groupe comprenait des parents d’enfants du talmud torah, et aussi des membres de la communauté, d’âges divers, des jeunes.

Mano Siri avait amené quelques exemplaires de son livre, « 100 mots pour se comprendre contre le racisme et l’anti-sémitisme », livre qu’elle a codirigé avec Antoine Spire car le parti-pris de ce livre est d’avoir des auteurs différents.

L’idée est que le dialogue nécessite le fait de pouvoir entendre où se situent nos interlocuteurs. On entend mieux quand on est sûr de sa capacité à répondre dans la sérénité, et la définition des mots est la base de cette confiance et du recadrage du dialogue.

Le mot dont nous sommes partis est le mot ‘blasphème’. Nous en avons repris la définition selon l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, nous avons parlé de l’histoire chrétienne du blasphème. Nous avons ainsi évoqué les sources historique de la laïcité française. J’ai pensé que ces faits étaient intéressants car ils permettent de montrer que le catholicisme a été comme certains islams aujourd’hui en opposition avec la société laïque et a possédé une notion de blasphème en tant que péché. La conciliation a nécessité une adaptation qui est intéressante, qui permet de rapprocher les religions dans leur évolution vers la prise en compte des opinions autres.

Nous avons évoqué les déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la déclaration universelle de droits de l’homme de 48, et la loi de 1972 qui pose l’interdiction de l’insulte antisémite, loi qui va au delà de la pénalisation de l’insulte ad hominem.

Nous avons évoqué également la spécificité française dans son rapport au religieux. C’est également une chose intéressante à expliciter car il est plus facile d’accepter une spécificité française quand elle est nommée, de dire, dans tel pays c’est comme ça, dans tel autre c’est ainsi, et en France la façon dont le droit gère le fait religieux a telles et telles caractéristiques. Cela permet de légitimer à la fois la pratique juridique et constitutionnelle française et les autres conceptions, qui sont aussi légitimes d’un point de vue moral (quand elles sont démocratiques) mais n’ont pas de valeur juridique ici.

Nous avons en particulier souligné la différence avec la constitution américaine qui a précédé la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et qui appuie ses principes de liberté religieuse sur une base protestante, incluant une plus grande liberté d’expression parfois mais aussi une place au religieux dans l’état à travers par exemple le fait qu’on prête serment sur la Bible.

Nous avons rappelé ce fait important qu’en obéissant à la loi française, nous nous obéissons à nous-mêmes.
Pourquoi? « Parce que le fondement de l’Etat de droit dont relève la démocratie (mais aussi en passant une monarchie constitutionnelle comme le Royaume-Uni ou l’Espagne) c’est que tous les hommes sans distinction ne sont soumis qu’à la loi et à rien d’autre (pas à un autre homme en tous les cas) et qu’en tant que membre du souverain ils en détiennent une part inaliénable et qu’ils participent à l’élaboration de cette loi. Donc obéir à la loi de l’Etat comme on dit c’est, dans l’Etat de droit comme obéir à soi-même… » ainsi que notre oratrice le développe.

Nous avons évoqué sans avoir le temps d’en parler ce qui peut être la nature exacte et la cause du malaise de certains musulmans face aux caricatures, nous  nous sommes interrogés sur ce qui nous mettrait mal à l’aise.

Nous avons également dit quelques mots sur la façon dont la tradition juive conçoit la relation avec ‘dieu’ et le fait que notre façon de lire la torah écrite était subordonnée à ce qu’en dit la torah orale.

Le prochain rendez-vous commencera en principe à 11h, car une heure, cela semblait un peu court, et aurait lieu dimanche 8 février. Il faudra voir comment nous y procéderons car il y a déjà pas mal de cours et de conférences prévues ce jour là, les participants seront informés.

Bonnes réflexions à tous, et n’hésitez pas à laisser vos commentaires.

Hanouka!

Téléchargez le fichier sur le lien suivant: Hanouka surmelinPDF

hanouka

Comment accompagner nos jeunes vers l’âge adulte?

Nous voulons le meilleur pour nos enfants.
Bientôt, ils prendront leur envol, riches de tout ce que nous aurons pu leur donner.
Notre rôle aura évolué, ce ne sera plus le temps du soutien protecteur, mais celui de la liberté et de la confiance.

Cette transition est un passage riche de sens pour tous les parents.
Nous savons aussi qu’il est d’une très grande importance pour nos enfants.
En célébrant leur Bar ou leur Bat Mitsva, nos jeunes ont l’occasion de mettre à l’épreuve leur courage et leur persévérance, de développer une vision personnelle de l’identité juive et de l’identité humaine et de la partager avec parents, amis et enseignants. Ils et elles prennent le rôle central sur la scène de leur vie adulte. En célébrant leur Bat ou Bar Mitsva, ils nous installent à la place du spectateur. A eux le devoir de prendre ce risque, à nous d’en faire une réussite dont ils s’en souviendront toujours. Ce succès les encouragera à toujours rebondir dans les épreuves de la vie.

La tradition juive accompagne cette transition fondamentale.
En les suivant dans ce processus, nous leur montrons que nous serons toujours là pour eux, nous les invitons à prendre place sur les épaules des géants et à voir plus loin, à s’appuyer sur la sagesse juive millénaire pour se projeter dans un avenir qui reste à construire.

Le jeune apprend les prières ?
C’est pour en prendre la direction, nous répondrons « Amen ».
Il apprend l’hébreu ?
C’est pour donner une voix à un texte rédigé bien avant que la langue française n’existe, pour le vocaliser au présent, pour affirmer la continuité de l’écrit juif qui a inspiré les monothéismes comme les acquis laïcs.
Il apprend l’histoire juive ?
C’est pour en devenir l’enseignant actif dans sa dracha.

Nous ne savons pas ce que sera l’avenir de nos enfants. Mais nous savons qu’ensemble, nous voulons leur faire ce merveilleux présent : nous tenir à leurs côtés dans ce moment fondateur de leur vie.

Ce faisant, nous faisons au judaïsme de demain le cadeau d’affirmer le principe d’égalité, le principe de générosité et ouverture dans l’accueil, et celui de la recherche permanente de l’excellence pédagogique. Ils sont les clefs de notre avenir en tant que peuple.

Rabbin Floriane Chinsky

Poser les bases d’un dialogue sur l’antisémitisme avec nos enfants

Merci aux parents qui sont venus alimenter cette discussion, pour leurs interventions personnelles et pour leur respect des interventions des autres. Vos remarques sont les bienvenues en fin d’article. Surmelin, comme le MJLF en général est engagé dans une volonté d’excellence pédagogique, chacun y est le bienvenu.

Dans le cadre de notre étude du dimanche matin à Ganénou, nous nous sommes demandé comment ouvrir un espace de dialogue pour nos enfants sur le thème de l’antisémitisme.

L’idée est d’abord d’être conscients de l’effet que ce sujet a sur nous et de le travailler en nous. Car nos enfants prennent exemples sur nous, ils seront alarmés comme nous le sommes ou serein à notre image, indifférents ou engagés à notre imitation. Bien sûr, ils ont aussi leur propre façon de vivre les événements de leurs vies, mais qu’ils le suivent ou non, qu’ils s’en inspirent maintenant ou plus tard, nos réactions ont une influence sur eux. Faire le point pour nous-mêmes est donc une première étape essentielle.

Ensuite, la tradition juive nous permet d’anticiper les problèmes douloureux. Tous les ans, nous fêtons Pourim, tous les ans, nous lisons la paracha chémot dans la Torah, tous les ans, nous posons les bases d’une future réaction plus consciente à la problématique de l’antisémitisme. Il est difficile de créer des solutions au moment où les problèmes se posent, surtout s’ils sont douloureux. Il est souhaitable de poser des bases sur lesquelles il sera possible de s’appuyer par la suite, avant même que les problèmes deviennent douloureux. Ces bases, bien sûr, ne doivent pas être mise en place de façon traumatique !

Enfin, une fois ces bases posées, nous pouvons espérer que nos enfants soulèveront ces questions au moment qui leur convient, dans les termes qui sont les leurs, à nous alors d’être prêts à les écouter et à répondre à leurs interrogations, ou à partager nos propres doutes, tout en laissant la porte ouverte à leurs questions futures, à celles qu’ils ne se posent pas encore, et auxquelles nous ne voulons pas répondre trop tôt.

La fête de Pourim est d’abord identifiée à la joie, aux bonbons, au déguisement, puis à la victoire, au bonheur du triomphe du bien et des persécutés. Quand l’enfant grandit, elle est  associée à la question de l’identité, qu’est-ce que le bien, qu’est-ce que le mal, Mardochée devait-il refuser de se prosterner, Esther devait-elle se cacher, Le bien et le mal sont-ils tellements séparés, pourquoi « boire à Pourim jusqu’à confondre ‘béni soit Mardochée’ de ‘maudit soit hamman’ », etc…

Le début de l’Exode est également un texte passionnant à raconter d’abord de façon « Naïve » avant de construire une réflexion quand l’enfant grandit.

Il y a beaucoup à ajouter, réfléchir à la façon dont cela peut se faire concrètement, en fonction des enfants.

Comment pensez-vous adapter ces réflexions dans votre famille ? Pensez-vous être déjà prêts à le faire ? Comment la communauté peut-elle vous aider ?

Rendez-vous relatifs à cette question :

Prochaine étude ‘Judaïsme un atout pour nos enfants’ à Ganénou : Comment parler de la spécificité de l’identité juive avec nos enfants, Dimanche 14 décembre, 10h10

Cours sur la signification du Talmud dans l’identité juive, Mardi 18 novembre, 20h/21h30, Surmelin

Pourim communautaire, Mercredi 4 mars et jeudi 5 mars, pour plus d’info fiable, référez-vous au « dictionnaire encyclopédique du Judaïsme »

Hanouka première bougie, Mardi 16 décembre, Fête à la communauté vers 18h45

Lecture de la paracha chémot à la syganogue : samedi 10 janvier. Exode début du texte à télécharger

5 cours commencent cette semaine à Surmelin/ MJLF-est!

Hébreu – samedi 11 octobre 9h/9h30 Surmelin

S’il vous plait, ne révisez pas votre alphabet !
Si vous avez des notions d’hébreu, préparez-vous plutôt à laisser vos connaissances se réorganiser pour en tirer le meilleur parti. Lire la suite ici

Quizz de préparation: Avez-vous vraiment observé l’aleph-beth? Faire le quizz ici

Culture J – mardi 7 octobre 20h/21h30 Surmelin

« Le peuple juif est le peuple DES livres »
Que représente la tradition orale pour le peuple juif ?
En quoi cela est-il fondamental d’un point de vue identitaire, philosophique, historique ? Que peut-on en tirer au quotidien ? Lire le texte de préparation ici, détails du cours de ce soir ici

Identité juive : Un atout pour nos enfants – dimanche 12 octobre 10h15/11h30 Ganénou-Nation

Nous voulons le meilleur pour nos enfants. Quelle chance que de pouvoir puiser dans une tradition qui met l’éducation et l’avenir au cœur de ses préoccupations depuis trois millénaires ! Le dimanche matin, à nation, un cours-séminaire pour remettre à notre disposition, d’une façon moderne, des outils de toujours.
« Evoquer la violence à travers les histoires de la Bible » ce dimanche
Cours suivant « Se vacciner contre l’antisémitisme à l’aide des histoires de la Bible » (9 nov)

Talmudez-moi – mercredi 8 octobre 12h30/13h30 Café des Psaumes-St Paul

Le Talmud a formé la tête juive depuis 2000 ans. Le raisonnement talmudique est certainement plus proche de vous que vous ne l’imaginez…
« Quand la Loi prescrit de transgresser la Loi: le PikouaH Nefech » détails sur ce lien

Et Rachi reprend:

Rachi – samedi 11 octobre 9h30/10h15 – Surmelin

détails ici

Remonter sur les épaules des géants

Dracha kipour 5775

Plus que 31 ans à tenir.

C’est Ray Kurzweil qui l’a dit.

En 2045, nous serons immortels.

Voilà ce que prétend le trans-humanisme. Il sera possible de transférer les données de notre cerveau. Ce ne sera plus de la science-fiction.

JE pourrai survivre et améliorer mon corps, être une « plus qu’humaine ».

Depuis l’aube des temps, nous luttons pour dépasser nos limitations. Pouvons-nous nous transformer en une humanité « augmentée », améliorée, immortelle ?

Quels seraient les moyens éthiques de le faire ? Lesquels seraient inacceptables ?

C’est une question très difficile pour un juif.

En effet, notre tradition nous enseigne à la fois l’aspiration à l’excellence ET la modération, l’ambition ET la solidarité.

Ainsi,

nous devons agir dans le tikoun olam, la correction du monde,

nous nous considérons (et l’humanité à nos côtés) comme étant dans l’alliance avec dieu, des acteurs de la création,

la circoncision elle-même symbolise l’alliance, c’est-à-dire notre pouvoir sur notre nature, notre devoir de coopération avec notre corps.

Nos actes corporels sont sacrés.

La sexualité ? C’est sacré, à tous les âges, avec ou sans procréation, dans le cadre du travail sur une relation équilibrée avec son propre corps et avec son partenaire.

L’abstinence ? Sacrée aussi, à certains moments, en tant que balancier qui permet au couple équilibriste de ne pas tomber de son fil.

La gourmandise ? C’est sacré, à tel point que nous disons des bénédictions avant de manger.

La faim ? C’est sacré également, aujourd’hui en ce jour de jeune, c’est une bonne chose, une occasion unique de ressentir la faiblesse de nos corps et de comprendre mieux ceux qui l’éprouvent au quotidien.

Le manque nutritionnel est un outil, nous le savons dans nos têtes ce soir, nous le saurons dans nos corps demain soir.

Nos corps nous stabilisent, parfois trop, comme le disent les prophètes, tu as mangé, tu t’es engraissé et tu t’es mis à refuser tes obligations !

Ces gestes quotidiens sont sacrés car ils sont une façon d’agir sur nous-mêmes, sur nos corps, sur notre construction.

Pouvons-nous modifier nos corps ?

Nos corps sont sacrés, oui, parce qu’ils sont à l’image de dieu, porter atteinte à l’intégrité physique de quelqu’un, le frapper, est un blasphème (en plus d’être interdit !). Les tatouages et les piercings sont, disons, déconseillés.

Mais nous avons le droit d’intervenir sur nos corps, nous pouvons être opérés pour protéger notre santé ; plus encore, les téfilines eux-mêmes, lorsqu’ils sont sur nos fronts et sur nos bras, sont le signe volontaire d’une « réalité augmentée » de l’humain, leur empreinte sur nos bras témoigne de notre concentration vis-à-vis de nos valeurs le matin-même, c’est l’affirmation que nous voulons faire entrer en nous autre-chose que ce qui était nous-mêmes.

Et tel est le propre de l’humain, et le miracle de la plastie du cerveau, qui se modifie pour créer des souvenirs, ces souvenirs que nous rouvrons depuis Roch hachana.

Nos vies nous changent, nos fréquentations, nos proches nous changent, le souvenir est une empreinte physiologique, vraiment écrite dans nos corps, ces paroles que je t’ordonne aujourd’hui sont vraiment « gravées dans nos cœurs », comme nous le disons dans le Chéma Israël, c’est-à-dire imprimés dans nos neurones.

Nous nous « augmentons » sans cesse, mais de quelle façon et jusqu’où ?

En tant que juifs, nous ne croyons pas au « satan », aux démonisations. Certaines questions peuvent faire peur mais aucune ne peut être taboue.

Dire que nous sommes responsables de nous faire nous-mêmes, c’est dangereux. Avec quelle limite ? Greffes, implants électronique, transformations génétiques, investissements couteux qui pénalisent les moins fortunés ?

Dire que nous ne sommes pas responsables de nous faire nous-mêmes, c’est dangereux aussi. Nous subissons nos pulsions ? Ce que nous sommes, c’est la faute des autres ? De « dieu » ? De la société ?

Les prophètes ont consacré des pages, des années, et fait des sacrifices personnels incroyables pour s’opposer à chacune de ces deux tendances : l’individualisme en fantasme de puissance, la « soumissionnite » en fantasme d’impuissance.

Ainsi, nous pouvons entendre ce désir d’humanité augmentée, de Ray Kurzweill et y adhérer partiellement certainement,

– puisque tel est l’essence de l’humain, être plus que la nature,

– puisque telle est l’essence du judaïsme, chercher à être un partenaire du Créateur dans la création de nous-mêmes et de notre descendance,

– puisque telle est l’essence du jugement de Yom kipour, nous sommes jugés pour ce que nous avons fait de nous-mêmes.

Nous pouvons adhérer partiellement aux ambitions de Ray Kurzweill mais pas tout à fait à sa façon à lui. Je crois qu’aujourd’hui, Kipour vient nous dire que les transformations, dans la tradition juive, se font en solidarité et en douceur.

Nous avons chacun et chacune commis des fautes, provoqué des dommages à nous-mêmes, que nous devons réparer aujourd’hui.

Mais avons-nous commis des vols, des extorsions, des falsifications, de fausses accusations ? Y a-t-il quelqu’un ici qui soit allé si loin ? Non, n’est-ce pas.

Je ne pense pas avoir rien commis de tel de façon directe, mais la société dans laquelle je vis, certainement. J’ai laissé perdurer un cadre où le vol, la trahison, etc… sont possibles. C’est pourquoi il est justifié de dire le vidoui au pluriel, et de mentionner des fautes que nous ne pensons pas avoir commises. אשמנו בגדנו דברנו דופי.

Le bilan des fautes juif se fait en solidarité.

L’épanouissement parfait selon la tradition juive, viendra quand nous aurons été capables de créer une société sans laissés pour comptes, où chacun et chacune trouvera sa place, et qu’on appelle chez nous, ימות המשיח, les jours du messie.

Et en attendant, nous œuvrons ensemble à créer une synagogue sans laissés pour compte, et toujours plus riche humainement et intellectuellement grâce à la souplesse, à la bienveillance et à l’engagement de tous, merci. Chacun est invité à prendre part à ce grand projet.

Alors, que dire maintenant à propos de Ray Kurzweill, l’informaticien juif transhumaniste ?

Ray Kurzweill est à New york en 1948. Kurt Weill, qui était musicien comme son père, est mort à New-york en 1950.

Kurt Weill suivait aussi d’une certaine façon les traces de son père, qui était Hazan.  Lui qui a composé avec Bertold Brecht avait commencé par écrire un « מה אדיר », chant qui accompagne la rentrée des fiancés lors du mariage juif !

Je dirais alors que j’espère que les générations futures sauront s’appuyer sur le savoir des générations précédentes, comme nous pouvons remonter sur les épaules des géants qu’étaient certains sages du passé, pour voir plus loin.

Evoluer, oui, mais en nous appuyant sur la sagesse du passé.

Dans l’habanéra de Kurt Weill, l’ère messianique se nomme Youkali :

« C’est dans notre nuit comme une éclaircie l’étoile qu’on suit c’est youkali, youkali c’est le respect de tous les vœux échangés, youkali, c’est le pays des beaux amours partagés, c’est l’espérance qui est au cœur de tous les humains, la délivrance, que nous attendons tous pour demain. »

Aujourd’hui, nous entrons dans cette île, toute petite, de yom kipour, cette île de rencontre avec soi-même, de rencontre avec notre avenir, rencontre avec les autres, rencontre avec la communauté.

Nous entrons dans ce sas de décompression pour 25 petites heures, qui nous mettra en relation notre passé et notre avenir ;

Nous n’avons pas besoin de « tenir » 31 ans avant que notre cerveau soit, éventuellement, enregistré dans un ordinateur.

Nous préférons remettre MAINTENANT nos vies sur le métier à tisser et poursuivre ces 4000 ans de quête d’une relation juste à nous-mêmes, à l’autre, et à nos espoirs pour le monde.

Nous espérons nous installer toujours mieux sur les épaules des géants qui nous ont précédés, et que nos enfants puissent continuer, à notre suite, à voir plus loin encore.

Qui sait ce que, demain, et dans un an, à ce même rendez-vous de Kipour, nous verrons du haut des nouvelles montagnes que nous aurons escaladées !

Qui sait ce que nos enfants y verront, s’ils trouvent des épaules confortables sur lesquelles s’installer ?

צום מועיל,

Que ce jeune nous soit profitable.