Yom Kipour : Abolissons nos privilèges (Discours 5780)

Voici mon discours de Yom Kipour.

Merci encore à tous les participants et à tous les bénévoles, qui ont non seulement travaillé de tout leur coeur et sans relâche pour préparer ces merveilleux offices, mais qui ont su garder calme et bienveillance dans des moments très intenses.

Compte tenu du succès, je vous propose que nous faisions à nouveau Kipour l’année prochaine 😉 ( Dimanche 27 septembre au soir et lundi 28)

Dracha de yom kipour – plaidoyer contre la tourniquette ou abolissons nos privilèges —– 

« Autrefois pour faire la cour, on parlait d’amour ! Pour mieux prouver son ardeur, on offrait son cœur ! … Aujourd’hui c’est plus pareil, ça change ça change, pour séduire le cher ange, on lui glisse à l’oreille « ah gudule, viens m’embrasser, et je te donnerai…. Une tourniquette pour faire la vinaigrette, Un bel aérateur pour bouffer les odeurs, Des draps qui chauffent, un pistolet à gaufres, Un avion pour deux et nous serons heureux!… » (Boris Vian)

Les tourniquettes à vinaigrettes sont plus faciles à acquérir qu’un cœur. On peut être tenté de s’en satisfaire. On peut croire que cela remplace. Mais la seule façon de retrouver un cœur qui sent les sentiments, consiste à renoncer aux gadgets, à séparer l’essentiel des accessoires.

Comme le dit le prophète Ezechiel : Je vous donnerai un coeur nouveau et je vous inspirerai un esprit nouveau; j’enlèverai la tourniquette pour faire la vinaigrette de votre sein et je vous donnerai un coeur de chair.

C’est presque ce que dit Ezechiel, mais soyons plus précis : Ézéchiel 36:26 : 26 Je vous donnerai un coeur nouveau et je vous inspirerai un esprit nouveau; j’enlèverai le coeur de pierre de votre sein et je vous donnerai un coeur de chair.

כו וְנָתַתִּי לָכֶם לֵב חָדָשׁ, וְרוּחַ חֲדָשָׁה אֶתֵּן בְּקִרְבְּכֶם; וַהֲסִרֹתִי אֶת-לֵב הָאֶבֶן, מִבְּשַׂרְכֶם, וְנָתַתִּי לָכֶם, לֵב בָּשָׂר.

En ce jour de Kipour, nous délaissons les accessoires, nous nous concentrons sur l’essentiel : retrouver le cœur de chair derrière le cœur de pierre.

En ce jour de Kipour, nous abolissons tous nos privilèges. Mieux, même, nous abolissons nos besoins primaires. La Torah nous dit de nous affliger, la Torah orale détaille les cinq interdictions concernées :

Aujourd’hui, pour 25 heures, nous abolissons nos besoins physiques élémentaires.

Nous renonçons à boire, nous renonçons à manger. Nous ressentirons la faiblesse physique, le découragement, la douleur, que provoque la faim et la soif. (1)

Nous renonçons aux apparences, pas de bains,(2) pas de baumes, pas de parfum, pas de déodorant (3), pas de chaussures en cuir (4). Nous ressentirons notre vulnérabilité face aux autres.

Nous renonçons à l’intimité physique (5). Nous ressentirons la solitude face à notre faiblesse.

Que ces renoncements nous ouvrent à une meilleure compréhension de ce que vivent au quotidien tous ceux qui n’ont rien à boire, rien à manger, aucune possibilité de se laver, aucun lieu d’intimité.

Pourquoi agir ainsi ?

Par solidarité bien sûr. Parce que quand on arrive au niveau du cœur, tous les préjugés fondent, et nous comprenons enfin comme le dit le Talmud que « ton sang n’est pas plus rouge que le sien », toutes les vies ont la même valeur.

Et nous faisons cela pour une autre raison encore : pour aller au plus profond de nous-même, pour laisser tomber les voiles que nous érigeons autour de nos vulnérabilités, pour aller au centre de nous-mêmes, pour nous remettre dans notre centre de gravité, pour renouer avec l’essentiel, pour que nos objectifs de l’année soient les meilleurs, pour que notre façon de les accomplir soit optimale.

« les meilleurs » ? « optimale » ? oui. Pas « les bons objectifs », non, mais au contraire : « les objectifs les meilleurs possibles ». Pas « des actions parfaites », non, « des actions au mieux ». Car nous n’avons pas accès à la Vérité. Nous avons simplement accès à des chemins de vérité.

Célébrer kipour, c’est suivre la voie de la recherche de la vérité. Et c’est reconnaitre que nous n’y accéderons pas totalement.

Aujourd’hui, nous n’espérons pas devenir immortels. Nous savons que nous mourrons un jour. Ountané tokef nous met face à cette réalité : « qui vivra, qui mourra, qui en son temps, qui prématurément, qui par le feu, qui par l’eau, qui par la faim, qui par la soif, qui par le glaive ». Est-ce inéluctable ? Oui et non. Oui nous mourrons un jour. Mais il est possible de nous dégager du mal de cette mort.

La remise en question, l’introspection, l’entre-aide écartent le mal de la sentence. Téchouva, téfila, tsédaka

A la fin de ce jour de kipour, quel que soit le travail émotionnel et social que nous ferons, nous ne deviendrons pas immortels. Mais nous pouvons espérer être moins vulnérables à notre mortalité.

Ceci est important à notre époque, car, comme le dit François Sureau, « Nous nous sommes fait une idée de la perfection de l’homme, tout ce qui blesse la perfection de l’homme doit être réprimé, la perfection de chaque homme… et donc nous vivons dans le rêve d’une société de la perfection individuelle, ce rêve provoque une société de la peur, ou chacun a peur pour la perfection de sa propre vie que les journaux, tout le monde lui présente sans cesse comme qq chose de désirable cette peur génère à son tour une organisation sociale et collective de la peur »

Sur ce sujet, Woody Allen résume bien l’ecclésiaste que nous lirons lundi matin pour Soukot : La vie est une maladie lente sexuellement transmissible.

La mort entre elle-même dans la définition de la vie, la vulnérabilité est l’essence même d’un cœur, la transgression est indissociable de la loi.

Il nous faut aimer la vie malgré la mort, aimer les sentiments malgré notre fragilité, aimer la loi malgré la transgression, sans crispation, nous devons lâcher prise. La perfection de nos vies n’est pas un droit, elle n’est pas un privilège légitime. Yom Kipour est un élément fondamental de ce dispositif.

La vie et la liberté sont fragiles, et aucune tourniquette à vinaigrette n’y pourra rien changer.

Tel est donc le choix qui s’offre à nous aujourd’hui, aujourd’hui en ce jour de kipour, aujourd’hui en ce jour de kipour 5780/2019, aujourd’hui, pour l’année à venir, et pour le reste de nos vies :

Allons-nous nous accrocher à l’accessoire, ou allons-nous plonger au cœur de notre vulnérabilité qui est aussi notre pouvoir ?

Il faut choisir. On ne peut pas être Monothéiste et polythéiste à la fois. On ne peut pas idolâtrer l’accessoire et se revendiquer de la vie. Telle est la raison donnée par nos sages pour nous demander de nous priver de l’essentiel à Yom Kipour, de sorte que nous sachions nos détacher de l’accessoire et des accessoires tous les autres jours de l’année.

L’important, c’est de l’entendre :

  • Si la tourniquette pour faire la vinaigrette est un privilège, il est temps de l’abolir. (jusque là, ca va)
  • Si avoir un cœur de pierre est un privilège, il est temps d’y renoncer. (là ça demande du travail)
  • Si tirer avantage d’être un homme blanc hétérosexuel riche de 50 ans est un privilège, il faut nous en défaire. (je ne suis pas certaine d’y réussir)
  • Si tirer avantage de l’usage du plastique qui nous empoisonne est un privilège il faut nous en dessaisir. (c’est en cours)
  • Si un Ordre établi à notre avantage, au détriment des autres est un privilège, il nous faut le dénoncer. (là j’ai beaucoup de chemin à faire)

Ivan Jablonka, citant Olympe de Gouges qui nous accueille aujourd’hui, fait dans son dernier livre un plaidoyer pour le renoncement des hommes à leurs privilèges de genre. Nous pouvons également appliquer ce renoncement à tous les autres privilèges indus.

Nous ne vivons pas mieux avec ces soi-disant privilèges, qu’avons-nous besoin de tourniquettes, de cœurs de pierre, de privilèges de genre, de plastique, un ordre qui nous favorise et pénalise d’autres ?

En ce jour où nous n’avons pas besoin de manger, de boire, de nous parfumer, de nous faire « beaux », réfléchissons : de quoi avons-nous vraiment besoin ?

Nous finirons, dans 23h avec la déclamation solennelle du chéma israel et le son du chofar.

A ce moment, il faudra avoir décidé, cristalliser nos décisions, et utiliser les 509 760 minutes de l’année à venir pour les mettre en œuvre.

שמע ישראל יהוה אלהנו יהוה אחד

Ecoute Israël, l’Eternel infini, qui est notre force, l’Eternel infini, est un, il est le même pour tous et toutes.

Tsom Kal, jeune facile pour nous toutes et nous tous.

 

 

Roch hachana : Le jour du non jugement ! (Discours 5780)

Voici mon discours de Roch hachana… Je vous souhaite une bonne lecture, de bons préparatifs pour Kipour qui approche.

Encore Chana Tova à toutes et à toutes, et excellente année 5780!

Nous lisons dans la paracha « vois ! » (Réé, Deut. 6:11)

Et tu te réjouiras en présence de l’Éternel, ton Dieu, toi, ton fils et ta fille, tes employés, le Lévi qui sera dans tes murs, l’étranger, l’orphelin et la veuve qui seront près de toi, dans l’enceinte que l’Éternel, ton Dieu, aura choisie pour y faire habiter son nom.

Nous sommes censés nous réjouir, et cela implique une certaine réussite en termes de construction sociale. Avons-nous réussi à appliquer ce verset ?

  • Nos employés se réjouissent-ils avec nous ?
  • Les Lévi et les Cohen, les enseignants et les soignants se réjouissent-ils avec nous ?
  • L’étranger, ceux qui ne parlent pas la langue du pays, ceux qui ne savent pas où dormir pour la nuit, se réjouissent-ils ?
  • La veuve, les femmes écartées de leur pouvoir social se réjouissent-elles ?
  • Les orphelins, ceux dont les parents sont incapables de les guider, ont-ils des appuis institutionnels stables ?

Cela implique également un certain degré de réussite personnelle. Avons-nous « réussi » cette année ?

  • Sommes-nous joyeux ?
  • Nos jeunes, lorsqu’ils contemplent leur avenir économique se réjouissent-ils ? Nos filles confiantes en leurs chances égales à leurs frères ? Nos enfants ont-ils confiance dans leur avenir sur leur planète ?

Difficile de répondre oui.

Dans ce cas, la présence de l’Éternel (en présence de l’Éternel) peut-elle nous accompagner ? Le Temple (dans l’enceinte), dont nous pleurons la destruction, peut-il être reconstruit ? Évidemment non.

Ces constats sont graves. Ils pourraient nous accabler. Nous pourrions nous retrouver collés à l’étiquette de « perdants » créée par cette effarante défaite, nous pourrions nous dévaloriser nous-mêmes, et renoncer.

Que faire alors ? Noyer nos angoisses dans l’alcool ? Herschel Ostropoler, ce héros de l’humour juif d’Europe Centrale, a essayé pour nous : j’ai voulu noyer mes soucis dans l’alcool mais depuis le temps, ils ont appris à nager ! Il va falloir trouver une autre approche. Une approche exempte de résignation.

Comment nous détacher de la fatalité de nos limites ? (רוע הגזרה, voir la prière ountané tokef)

J’ai une proposition à vous faire : acceptons nos limites, et déclarons fièrement : « nous sommes tous des perdants ». 1, 2 : « ….. » non c’est une plaisanterie.

Enfin, une plaisanterie, oui et non, nous n’avons pas besoin de dire cela maintenant, mais nous le répétons tout au long des fêtes de tichri, nous disons le « vidouï », nous déclamons nos erreurs.

Bien sûr, cela ne semble pas très commercial de dire cela… et après tout tant mieux. Car le commercial nous vend tous les objets de consommation qui nous devraient nous permettre de nous sentir « gagnants ».

En faisant cela, le commercial nous vend surtout une idéologie, celle qui dit que nous devrions être des « gagnants », et qui stigmatise les soi-disant « perdants ».

Woody Allen disait : I’d never join a club that would allow a person like me to become a member. Je n’accepterais jamais de rejoindre un club qui s’abaisserait à accepter des personnes comme moi en son sein.

C’est l’idée même de club qui est illusoire. Il n’y a rien à gagner à entrer dans le « club des gagnants ». Et l’autre club, celui de « ceux qui voudraient faire partie du club des gagnants », il est encore plus illusoire. Une étiquette stérile. Rejoignez-moi plutôt dans le club des « perdants et fiers de l’être », ou mieux encore, rejoignons le club de Ruth Bebermeyer, le « club de ceux qui refusent les clubs », les définitions, les étiquettes artificielles :

Paresseux ou stupide ? – Ruth Bebermeyer

Je n’ai jamais vu d’homme paresseux ; J’ai connu quelqu’un que je n’ai jamais vu courir, Quelqu’un qui dormait parfois l’après-midi, Et préférait rester chez lui lorsqu’il pleuvait. Mais ce n’était pas un paresseux.
Avant de me traiter d’originale, réfléchis : Était-il paresseux Ou faisait-il des choses Que nous associons à la paresse ?

Je n’ai jamais vu d’enfant stupide ; J’ai vu parfois un enfant faire Des choses que je ne comprenais pas Ou que je n’avais pas prévues. J’ai vu parfois un enfant qui n’avait pas vu Les lieux que j’avais visités, Mais ce n’était pas un enfant stupide.
Avant de le dire stupide, réfléchis : Était-il stupide Ou savait-il simplement d’autres choses que toi ?

Ce que certains nomment paresse, Est pour d’autres de la fatigue ou de la détente.
Ce que certains nomment bêtise, Est pour d’autres un savoir différent.
J’en conclus que, pour échapper à la confusion, Mieux vaut ne pas mélanger Ce que nous voyons et nos opinions.
Et cela, je le sais, N’est que mon opinion.

Au-delà des étiquettes, Je n’ai jamais vu un « gagnant », j’ai vu des personnes qui posaient des étiquettes négatives sur ceux qui étaient différents.

Je n’ai jamais vu de « perdants », j’ai vu des personnes qui avaient peu d’argent, des personnes qui subissaient des affronts, des personnes qui luttaient pour leur survie, des personnes qui étaient fustigées parce qu’elles vivaient selon leurs propres règles, j’ai vu des gens devenir des boucs émissaires parce qu’ils étaient heureux dans leur propre référentiel et refusaient de se « convertir ». Je n’ai jamais vu de « sales juifs » seulement des personnes qui « suivaient leur propre route » (et parfois les « braves gens » « n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux » (Brassens)).

Nous avons vu ce type de résistance aux définitions tout au long de l’histoire. Pour aller plus loin encore, cette résistance, nous en sommes les champions, ou nous devrions en être les champions.

Car le peuple juif n’est-il pas exactement cela ? Nous « gagnons » parce que nous refusons les jeux concurrentiels, nous étudions la Torah, le reste est accessoire. Nous avançons « lichma », gratuitement, sans nous soumettre à un besoin de reconnaissance. Nous travaillons sans relâche à la définition libre de notre propre référentiel. Beaucoup de valeurs se prétendent « sacrées » et ne le sont pas. Nous ne devons pas les révérer.

Peu nous importe, d’être « des gagnants », d’être jeunes, d’être riches, d’avoir fait des études prestigieuses, d’avoir un grand appartement, d’avoir de beaux cheveux soyeux !

  • Le riche ? c’est celui qui est heureux de ce qu’il a. / Le fort ? c’est celui qui sait guider ses sentiments. (Pirké Avot 4:1)
  • La beauté ? peu importe, c’est l’instruction qui compte (, septante, prov. 31 : אישה משכלת היא תתהלל)
  • Le pauvre ? un juste peut manquer d’argent, pas de stigmatisation des « perdants » (Rabbi Yosselman de Rosheim)

S’il faut utiliser ce mot, « perdant », soyons tous des perdants, des juifs allemands, soyons tous charlie, soyons une des 343 salopes.

En adoptant cette qualification avec fierté, nous « déracinons » la culture de compétition et de stigmatisation qui nous divise pour que d’autres règnent mieux (divide et tempera, Philippe de Macédoine)

Nous enracinons au contraire notre liberté de nous définir et de nous redéfinir sans entraves.

  • Tous les jours, nous pleurons la destruction du Temple, ce lieu de rassemblement, où les étiquettes disparaissaient, où le « pêcheur » redevenait « une personne qui, comme nous tous, avait commis des erreurs dans le passé ».
  • Tous les cinquante ans, avec le Yovel, nous remettions en cause les cessions de propriété terrienne, le « perdant » devenait « une personne qui pour un temps avait dû céder sa terre ».
  • Tous les chabbat, nous nous relevons « de la vallée des larmes », nous revêtons « nos vêtements de splendeur », nous chantons « léHa dodi » ensemble, les soi-disant « perdants » et les soi-disant « gagnants » de la semaine, deviennent « des personnes qui veulent se ressourcer ensemble ».
  • Tous les Pourim, nous buvons jusqu’à une certaine confusion, les « gentils » et les « méchants » se confondent, les étiquettes lâchent leur emprise.

En ce jour de Roch Hachana, nous disons le vidoui au pluriel, « nous avons trahi », « nous avons volé », car c’est en tant qu’égaux, « sans étiquettes », que nous affirmons notre commune responsabilité à propos de l’Etat du monde.

En ce jour de Roch Hachana, en ce jour de jugement, en ce jour où nous rappelons tous nos actes de l’année, en ce jour où nous nous demandons si nous serons inscrits dans le livre de la vie, en ce jour de tremblement, j’aimerais conclure ainsi :

Aucun de nous n’est un perdant, une perdante, nous sommes des personnes libres de définir nos objectifs.

Nous ne sommes pas des perdants ou des perdantes, nous appartenons au monde juif dans lequel, réussir, c’est créer un monde de justice et de sororité.

Nous ne sommes ni gagnants ni perdants, parce qu’en tous lieux où pleure une souffrance, le juif pleure, et nous pleurons.

Nous ne sommes ni gagnants ni perdants, parce qu’en tous temps où crie une désespérance, le juif espère, nous nous efforçons d’espérer.

Nous ne sommes ni gagnants ni perdants parce que, pour Israël, l’Homme n’est pas créé : les hommes le créent, nous essayons de le recréer.

(Les passages en violets sont tiré du poème d’Edmond Fled, « Pourquoi je suis juif ».)

Nous sommes au-delà des stigmatisations qui nous cloisonnent.

Certes, nous n’avons pas réussi à rendre possible la réjouissance dont parle le Deutéronome :

Et tu te réjouiras en présence de l’Éternel, ton Dieu, toi, ton fils et ta fille, tes employés, le Lévi qui sera dans tes murs, l’étranger, l’orphelin et la veuve qui seront près de toi, dans l’enceinte que l’Éternel, ton Dieu, aura choisie pour y faire habiter son nom.

Cela fait 3000 ans que nous y travaillons, et nous continuerons avec toute l’urgence qui s’impose.

Roch hachana n’est pas le jour du jugement-auto-flagellation mais celui du jugement éclairé.

Roch hachana n’est pas le jour du jugement-stigmatisation mais le jour du jugement constructif.

Roch hachana n’est pas le jour du jugement-conformité mais celui du jugement-remise en question.

Que ce Roch hachana soit pour nous un nouveau départ, pour de nouvelles avancées. Jusqu’à ce que nous puissions réellement nous réjouir.

Paracha Nitsavim: Greta Thunberg et les champignons

Greta Thunberg doit faire face aux champignons… et notre paracha Nitsavim nous incite à faire face lucidement à la situation, dans le respect des générations futures… Pas de faux fuyants en cette veille de Roch hachana.

2016 : Sur un pied! Paracha Nitsavim: Interdiction de stationner!

2015 : Sur un pied ! Parasha Nitsavim : l’alliance pour tous, au présent !

Liens:

http://microtop.ca/lepetitprince/chapitre07.html

https://he.wikisource.org/wiki/%D7%91%D7%91%D7%9C%D7%99_%D7%A9%D7%91%D7%95%D7%A2%D7%95%D7%AA_%D7%A4%D7%A8%D7%A7_%D7%95

https://www.sefaria.org/Shevuot.39a.8-9?lang=bi

https://www.telerama.fr/television/haro-sur-greta-thunberg,-la-demoniaque-vestale-hitlero-maoiste,n6438895.php

http://sefarim.fr/

Paracha Ki Tavo: Le secret du bonheur

Être heureux, c’est un commandement! Doit-on donc se forcer à être heureux? Comment procéder? Quelques minutes pour évoquer trois directions à suivre: 1 prendre le temps de constater ce qui va bien et de le nommer (chap.26 v.11), 2 partager pour que personne ne reste en retrait et pour que nous nous sentions en sécurité (chap.26 v.16), 3 partir de la réalité telle qu’elle est (26:3) si c’est nécessaire, et changer ce qui peut l’être. Un bon point de départ en ces périodes politiques mouvementées. (Les versets cités dans la vidéo figurent en fin d’article)

2016 : Sur un pied! Paracha Ki Tavo: qui doit-on maudire?

 

2015 : Sur un pied ! Parasha Ki Tavo: la générosité: un facteur de succès?


 

Versets cités: chap/26 (paracha ki tavo)

3 Tu te présenteras au pontife qui sera alors en fonction, et lui diras: « Je viens reconnaître en ce jour, devant l’Éternel, ton Dieu, que je suis installé dans le pays que l’Éternel avait juré à nos pères de nous donner. »

וּבָאתָ, אֶל-הַכֹּהֵן, אֲשֶׁר יִהְיֶה, בַּיָּמִים הָהֵם; וְאָמַרְתָּ אֵלָיו, הִגַּדְתִּי הַיּוֹם לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ, כִּי-בָאתִי אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר נִשְׁבַּע יְהוָה לַאֲבֹתֵינוּ לָתֶת לָנוּ

Rachi: Qui sera en ces jours-là Il n’est pour toi de kohen que celui qui t’est contemporain, quel qu’il soit.

אֲשֶׁר יִהְיֶה בַיָּמִים הָהֵם. אֵין לְךָ אֶלָּא כֹּהֵן שֶׁבְּיָמֶיךָ כְּמוֹ שֶׁהוּא:

11 Et tu te réjouiras pour tous les biens que l’Éternel, ton Dieu, aura donnés à toi et à ta famille, et avec toi se réjouiront le Lévite et l’étranger qui est dans ton pays.

יא וְשָׂמַחְתָּ בְכָל-הַטּוֹב, אֲשֶׁר נָתַן-לְךָ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ–וּלְבֵיתֶךָ: אַתָּה, וְהַלֵּוִי, וְהַגֵּר, אֲשֶׁר בְּקִרְבֶּךָ.

13 tu feras cette déclaration devant l’Éternel, ton Dieu: « J’ai fait disparaître de chez moi les choses saintes, et je les ai attribuées au Lévite, à l’étranger, à l’orphelin et à la veuve, exactement selon l’ordre que tu m’as donné; je n’ai transgressé ni omis aucun de tes préceptes.

יג וְאָמַרְתָּ לִפְנֵי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ בִּעַרְתִּי הַקֹּדֶשׁ מִן-הַבַּיִת, וְגַם נְתַתִּיו לַלֵּוִי וְלַגֵּר לַיָּתוֹם וְלָאַלְמָנָה, כְּכָל-מִצְוָתְךָ, אֲשֶׁר צִוִּיתָנִי: לֹא-עָבַרְתִּי מִמִּצְו‍ֹתֶיךָ, וְלֹא שָׁכָחְתִּי

Chap. 16 (paracha Réé)

11 Et tu te réjouiras en présence de l’Éternel, ton Dieu, toi, ton fils et ta fille, ton esclave et ta servante, le Lévite qui sera dans tes murs, l’étranger, l’orphelin et la veuve qui seront près de toi, dans l’enceinte que l’Éternel, ton Dieu, aura choisie pour y faire habiter son nom.

א וְשָׂמַחְתָּ לִפְנֵי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, אַתָּה וּבִנְךָ וּבִתֶּךָ וְעַבְדְּךָ וַאֲמָתֶךָ, וְהַלֵּוִי אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ, וְהַגֵּר וְהַיָּתוֹם וְהָאַלְמָנָה אֲשֶׁר בְּקִרְבֶּךָ–בַּמָּקוֹם, אֲשֶׁר יִבְחַר יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, לְשַׁכֵּן שְׁמוֹ, שָׁם

14 et tu te réjouiras pendant la fête et, avec toi, ton fils et ta fille, ton serviteur et ta servante, et le Lévite, l’étranger, l’orphelin, la veuve qui seront dans tes murs. 

יד וְשָׂמַחְתָּ, בְּחַגֶּךָ: אַתָּה וּבִנְךָ וּבִתֶּךָ, וְעַבְדְּךָ וַאֲמָתֶךָ, וְהַלֵּוִי וְהַגֵּר וְהַיָּתוֹם וְהָאַלְמָנָה, אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ.

Chap. 17 (paracha choftim)

9 tu iras trouver les pontifes, descendants de Lévi, ou le juge qui siégera à cette époque; tu les consulteras, et ils t’éclaireront sur le jugement à prononcer.

ט וּבָאתָ, אֶל-הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם, וְאֶל-הַשֹּׁפֵט, אֲשֶׁר יִהְיֶה בַּיָּמִים הָהֵם; וְדָרַשְׁתָּ וְהִגִּידוּ לְךָ, אֵת דְּבַר הַמִּשְׁפָּט.

Rachi: Et vers le juge qui sera en ces jours-là Tu dois lui obéir même s’il n’atteint pas les compétences de ses prédécesseurs. Seul compte le juge qui t’est contemporain (Roch hachana 25b).

וְאֶל־הַשֹּׁפֵט אֲשֶׁר יִהְיֶה בַּיָּמִים הָהֵם. ספרי ואפי’ אינו כשאר שופטים שהיו לפניו אתה צריך לשמוע לו אין לך אלא שופט שבימיך)

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Paracha Ki tétsé: La mode « cacher »!

Notre paracha parle de trois sujets vestimentaires: Le chaatnez (interdit des mélanges laine-Lin), les tsitsiot (franges aux coins des vêtements) et le gage des pauvres (à rendre avant la nuit). Que tirer de cela à notre époque, ou la « mode rapide » incite chacun à acheter pas cher et à jeter sans scrupules? Quelle serait une mode « cacher »? Nous évoquerons ces questions ainsi que la symbolique des vêtements dans la tradition juive.

2016 : Sur un pied! Paracha Ki Tetze: À quoi sert le talit?

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Le goût des commandements, le tallit, « tu te feras des guédilim », la torah, le contexte historique et l’exploration personnelle comme pistes, « se souvenir de l’ensemble des commandements », guématria 600 + 8 fils + 5 nœuds = 613, les tsitsiot perses et notre égalité, explication sur la mise du Tallit, rechercher le sens des pratiques religieuses ou non,

2015 : Sur un pied ! Parasha Ki Tetsé : Éduquer ou punir ?


Les différents types de punition, l’enfant rebelle, les conditions nécessaire à son inculpation, l’absolue cohérence pédagogique,

Liens divers: Vinted,   1083,   Le grand dressing,    article sur France Inter,   the true cost,      how to change the world

http://www.jtsa.edu/clothes-that-make-us-human

Les livres d’artiste en textile

L’artiste entretenait un rapport privilégié avec le textile et les travaux d’aiguille, en rapport avec son enfance, durant laquelle elle était chargée de réparer les tapisseries pour aider ses parents tapissiers (voir ci-dessus, Biographie). Adulte, l’artiste cristallisa cette notion de « réparation » et continua à l’associer à la couture. Pour elle, ce fut également un moyen d’exprimer dans son travail artistique la manière dont les membres d’une même famille (et notamment de sa propre famille) tissent des liens, les défont, et tentent de les réparer. C’est à la fin de sa vie, à partir des années 1990, que l’utilisation de matériaux textiles va occuper une place prépondérante dans l’œuvre de l’artiste. Notamment avec son installation Pink Days and Blue Days, suspension de vieux vêtements chinés d’adulte et d’enfant sur une structure en acier, sur des os faisant office de cintres29. Ce qui la conduira, dès 2001, à entreprendre des projets de livres d’artistes textiles.

Le site du MomA répertorie très précisément cette partie du travail de l’artiste. On peut y consulter les planches scannées des livres textiles illustrés et imaginés par Louise Bourgeois, parfois en collaboration avec d’autres artistes, poètes, écrivains30.

Louise Bourgeois a collaboré avec Paulo Herkenhoff qui a écrit le texte pour son livre The Laws of Nature31 et avec l’artiste et écrivain Gary Indiana pour To Whom it may concern32 qui a écrit des poèmes en prose, des méditations sur la sexualité, les relations, la corporéité, mis en lien avec des gravures de Bourgeois.

Paracha Choftim: Nos filles sont des rois! (et nous aussi)

Ah bon? ne sont-elles pas plutôt des reines? Depuis l’adoption de la loi salique en France, une reine n’est plus le féminin grammatical du roi, le titre est purement « honorifique », la reine de règne jamais mais est tout au plus le ventre censé porter l’héritier mâle.
Sarah n’est-elle pas elle-même « reine »? La reine du Chabbat n’est-elle pas l’invitée la plus digne, forte dans la non-violence, et nous l’accueillons ensemble, hommes et femmes, tous les vendredi soir? Le « roi » évoqué dans notre paracha, ne doit pas avoir trop de chevaux, d’argent, et de femmes. Qu’est-ce que cette phrase nous dit de la royauté? de l’autorité? de la hiérarchie? de la place des femmes dans ce type de systèmes de castes?
Cette année, nos études talmudique du mercredi midi reprendront les textes du talmud pour explorer leur position.
En attendant, bonne visualisation, et chabbat chalom, un chabbat de paix à toutes et à tous!

Réflexions sur la liberté

Ce matin, j’ai eu le privilège de passer deux heures en compagnie d’un groupe de jeunes protestants qui effectuaient une retraite d’une semaine sur le thème de la liberté.

Nos réflexions se sont portées sur l’importance des questions, la fête de PessaH   פסח (le passage) et פה סח (la bouche qui parle), les différentes façons de susciter des questions, le seder, seder de libération des femmes.

Après avoir explicité la différence entre Torah écrite et Torah orale, de Michna et de Talmud, nous avons évoqué la liberté qu’offre l’approche interprétative des textes.

Nous avons parlé de l’idée de liberté dans les dix commandements et de celle qui émerge du fait qu’ils existent en deux versions, un travail en Hévrouta (binômes d’étude amicaux) nous a permis d’approfondir le sens des différentes versions.

le « Je suis l’ETERNEL ton dieu qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte », en tant que première des dix paroles selon la tradition juive, nous a donné l’occasion d’évoquer l’infini liberté de compréhension du tétragramme, le mot hébreu de quatre lettres que les chrétiens prononcent Yahvé ou Jéhova et qui ne se prononce pas dans la tradition juive. Ces quatre lettres י   ה   ו   ה , permettent de composer justement le passé היה, le présent הווה, et le futur יהיה, ce qui renvoie à notre liberté dans le temps. C’est l’Histoire qui interpelait Pharaon pour qu’il abolisse l’esclavage.

Ces questionnements nous ont conduit à parler du dernier paragraphe du chéma israel שמע ישראל, avec sa dernière phrase qui reprend presque mot pour mot la première des dix paroles, et les « fils de la vie » qui y sont évoqués, et qui nous font prendre conscience de la liberté que nous appliquons à chaque instant de nos vies.

Après avoir raconté l’histoire du four de AHnaï qui oppose la liberté des sages à une soi-disant autorité « du ciel », nous avons conclu avec quelques pensées partagées et ce très beau midrach tiré des pirké avot qui invite à lire le mot חרות , signifiant « gravé », comme חירות, qui signifie la liberté.

Merci à tous les participants pour cet échange riche!

télécharger ici la feuille de source

Bonus:

  • Site: cocreer.net
  • L’année où j’ai vécu selon la bible (A.J. JACOBS)
  • Les mots sont des fenêtres (ou bien ils sont des murs), (Marshall Rosenberg)
  • Des hommes justes, du patriarchat aux nouvelles masculinités (Ivan Jablonka)
  • L’ABC des émotions (Claude Steiner)

THE TEN COMMANDMENTS OF EMOTIONAL LITERACY

  1. I. Place love at the center of your emotional life. Heart-centered emotional intelligence empowers everyone it touches.
  2. Love yourself, others and truth in equal parts. Never sacrifice one to the other.

III. Stand up for how you feel and what you want. If you don’t, it is not likely that anyone else will.

  1. Respect the ideas, feelings and wishes of others as much as you do your own.Respecting ideas does not mean that you have to submit to them.
  2. Emotional Literacy requires that you not lie by omission or commission. Except where your safety or the safety of others is concerned, do not lie.
  3. Emotional Literacy requires that you do not power play others. Gently but firmly ask instead for what you want until you are satisfied.

VII. Do not allow yourself to be power played. Gently but firmly refuse to do anything you are not willing to do of your own free will.

IIX. Apologize and make amends for your mistakes. Nothing will make you grow faster.

  1. Do not accept false apologies. They are worth less than no apologies at all.
  2. Follow these commandments according to your best judgment. After all, they are not written in stone.

Paracha KoraH: bataille Moïse/KoraH : disrupter à tout prix!

On parle souvent du couple « tradition/modernité ». Qui est du côté de la tradition? qui est du côté de la modernité? Aujourd’hui cherchons où est le vrai changement. La « disruption » de KoraH est-elle progressiste ou réactionnaire? La « tradition » de Moïse n’est-elle pas celle de la révolution permanente, de la lutte ininterrompue contre l’ « esclavage »? Qu’en est-il aujourd’hui, quand des manifestants écologistes reçoivent des gaz lacrymogènes des policiers, qu’un « délit de solidarité » se met en place, et que le changement écologique est un enjeu majeur?

2016 : Sur un pied! Paracha KoraH : Qui est responsable?

2015 : Sur un pied ! Parasha KoraH : à qui faut-il obéir ?

Liens et sources :

  • Nb/16:4 Moïse, en les entendant, se jeta sur sa face; 5 puis il parla à Coré et à toute sa faction, en ces termes: « Demain, le Seigneur fera savoir qui est digne de lui, qui est le saint qu’il admet auprès de lui; celui qu’il aura élu, il le laissera approcher de lui. 6 Faites ceci: munissez-vous d’encensoirs, toi Coré, et tout ton parti; 7 mettez-y du feu et remplissez-les de parfum, devant le Seigneur, demain: or, l’homme que distinguera le Seigneur, c’est celui-là qui est saint. Assez donc, enfants de Lévi! » 8 Et Moïse dit à Coré: « Or, écoutez, enfants de Lévi. 9 C’est donc peu, pour vous, que le Dieu d’Israël vous ait distingués de la communauté d’Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du tabernacle divin, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir?10 Il t’a donc approché de lui, toi et tous tes frères, les enfants de Lévi, et vous réclamez encore le sacerdoce! 11 En vérité, toi et toute ta bande, c’est contre l’Éternel que vous vous êtes ligués; car Aaron, qu’est-il, pour que vous murmuriez contre lui? » 12 Moïse envoya quérir Dathan et Abirâm, fils d’Elïab
  • ד וַיִּשְׁמַע מֹשֶׁה, וַיִּפֹּל עַל-פָּנָיו. ה וַיְדַבֵּר אֶל-קֹרַח וְאֶל-כָּל-עֲדָתוֹ, לֵאמֹר, בֹּקֶר וְיֹדַע יְהוָה אֶת-אֲשֶׁר-לוֹ וְאֶת-הַקָּדוֹשׁ, וְהִקְרִיב אֵלָיו; וְאֵת אֲשֶׁר יִבְחַר-בּוֹ, יַקְרִיב אֵלָיו. ו זֹאת, עֲשׂוּ: קְחוּ-לָכֶם מַחְתּוֹת, קֹרַח וְכָל-עֲדָתוֹ. ז וּתְנוּ בָהֵן אֵשׁ וְשִׂימוּ עֲלֵיהֶן קְטֹרֶת לִפְנֵי יְהוָה, מָחָר, וְהָיָה הָאִישׁ אֲשֶׁר-יִבְחַר יְהוָה, הוּא הַקָּדוֹשׁ; רַב-לָכֶם, בְּנֵי לֵוִי.ח וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה, אֶל-קֹרַח: שִׁמְעוּ-נָא, בְּנֵי לֵוִי. ט הַמְעַט מִכֶּם, כִּי-הִבְדִּיל אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל אֶתְכֶם מֵעֲדַת יִשְׂרָאֵל, לְהַקְרִיב אֶתְכֶם, אֵלָיו–לַעֲבֹד, אֶת-עֲבֹדַת מִשְׁכַּן יְהוָה, וְלַעֲמֹד לִפְנֵי הָעֵדָה, לְשָׁרְתָם. י וַיַּקְרֵב, אֹתְךָ, וְאֶת-כָּל-אַחֶיךָ בְנֵי-לֵוִי, אִתָּךְ; וּבִקַּשְׁתֶּם, גַּם-כְּהֻנָּה. יא לָכֵן, אַתָּה וְכָל-עֲדָתְךָ–הַנֹּעָדִים, עַל-יְהוָה; וְאַהֲרֹן מַה-הוּא, כִּי תלונו (תַלִּינוּ) עָלָיו. יב וַיִּשְׁלַח מֹשֶׁה, לִקְרֹא לְדָתָן וְלַאֲבִירָם בְּנֵי אֱלִיאָב
  • Il tomba sur sa face À cause de la querelle, car c’était leur quatrième inconduite. Ils avaient péché lors du veau d’or, et « Mochè implora Hachem » (Chemoth 32, 11). Ils avaient récidivé lors de l’épisode des « gémissants », et « Mochè pria vers Hachem » (supra  11, 2), et aussi lors de celui des explorateurs, et « Mochè dit à Hachem : Les Égyptiens entendront… » (supra  14, 13). Mais lors de la querelle de Qora‘h, ses bras lui en sont tombés. Cela ressemble au fils d’un roi qui se serait mal conduit envers son père et en faveur duquel serait intervenu une fois, voire même à deux ou trois reprises, son ami. Mais à la quatrième faute, les bras de l’ami lui en seraient tombés, car il se serait dit : « Jusqu’à quand pourrai-je continuer de déranger le roi ? Peut-être ne l’acceptera-t-il plus de moi ! » (Midrach Tan‘houma).
  • Nb16:15 Moïse, fort contristé, dit au Seigneur: « N’accueille point leur hommage! Je n’ai jamais pris à un seul d’entre eux son âne, je n’ai jamais fait de mal à un seul d’entre eux. »16 Moïse dit à Coré: « Toi et tout ton parti, soyez devant le Seigneur, toi et eux ainsi qu’Aaron, demain; 17 prenez chacun votre encensoir, mettez-y du parfum et apportez, devant le Seigneur, chacun votre encensoir, deux cent cinquante encensoirs; toi aussi et Aaron, chacun le sien. »
  • טו וַיִּחַר לְמֹשֶׁה, מְאֹד, וַיֹּאמֶר אֶל-יְהוָה, אַל-תֵּפֶן אֶל-מִנְחָתָם; לֹא חֲמוֹר אֶחָד מֵהֶם, נָשָׂאתִי, וְלֹא הֲרֵעֹתִי, אֶת-אַחַד מֵהֶם.
  • RACHI : Mochè s’enflamma beaucoup Il en fut très attristé (Midrach Tan‘houma).Ne te tourne pas vers leur oblation (min‘ha) Au sens littéral : Ne te tourne pas favorablement vers l’encens qu’ils t’offriront demain ! Explication du midrach : « Je sais, [a dit Mochè], qu’ils ont une part dans les offrandes perpétuelles de la collectivité. Puisse-t-elle, cette part, ne pas être accueillie non plus avec bienveillance ! Que le feu la délaisse et ne la consume pas ! » (Midrach Tan‘houma).Pas un seul âne je n’ai porté d’eux Je n’ai pas pris l’âne d’un seul d’entre eux (Targoum Onqelos). Et lorsque je suis allé de Midyan en Égypte et que j’ai fait monter ma femme et mes fils sur un âne (Chemoth 4, 20), j’aurais pu prendre cet âne à leurs frais, mais je n’ai pris que le mien. Le mot cha‘héth, employé par le Targoum Onqelos pour « porter » signifie en araméen : « réquisition royale » (Baba Bathra 47a).
  • וַיִּחַר לְמֹשֶׁה מְאֹד, נִצְטַעֵר עַד לִמְאֹד.

    אַל-תֵּפֶן אֶל-מִנְחָתָם, לְפִי פְּשׁוּטוֹ: הַקְּטֹרֶת שֶׁהֵם מַקְרִיבִים לְפָנֶיךָ מָחָר, אַל תֵּפֶן אֲלֵיהֶם. וְהַמִּדְרָשׁ אוֹמֵר: יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁיֵּשׁ לָהֶם חֵלֶק בִּתְמִידֵי צִבּוּר, אַף חֶלְקָם לֹא יְקֻבַּל לְפָנֶיךָ לְרָצוֹן, תַּנִּיחֶנּוּ הָאֵשׁ וְלֹא תֹּאכְלֶנּוּ.

    לֹא חֲמוֹר אֶחָד מֵהֶם נָשָׂאתִי, לֹא חֲמוֹרוֹ שֶׁל אֶחָד מֵהֶם נָטַלְתִּי, אֲפִלּוּ (תנחומא) כְּשֶׁהָלַכְתִּי מִמִּדְיָן לְמִצְרַיִם וְהִרְכַּבְתִּי אֶת אִשְׁתִּי וְאֶת בָּנַי עַל הַחֲמוֹר וְהָיָה לִי לִטֹּל אוֹתוֹ הַחֲמוֹר מִשֶּׁלָּהֶם, לֹא נָטַלְתִּי אֶלָּא מִשֶּׁלִּי. וְתַרְגּוּם אוֹנְקְלוּס: « שְׁחָרִית », לְשׁוֹן אֲרָמִי כָּךְ נִקְרֵאת אַנְגַרְיָא שֶׁל מֶלֶךְ שׁחוור:

  • 16 Moïse dit à Coré: « Toi et tout ton parti, soyez devant le Seigneur, toi et eux ainsi qu’Aaron, demain; 17 prenez chacun votre encensoir, mettez-y du parfum et apportez, devant le Seigneur, chacun votre encensoir, deux cent cinquante encensoirs; toi aussi et Aaron, chacun le sien. »
  • 22 Mais ils tombèrent sur leur face et dirent: « Seigneur! Dieu des esprits de toute chair! Quoi, un seul homme aura péché, et tu t’irriterais contre la communauté tout entière! »
  • כב וַיִּפְּלוּ עַל-פְּנֵיהֶם, וַיֹּאמְרוּ, אֵל, אֱלֹהֵי הָרוּחֹת לְכָל-בָּשָׂר: הָאִישׁ אֶחָד יֶחֱטָא, וְעַל כָּל-הָעֵדָה תִּקְצֹף. {ס
  • Qél ! Eloqim des esprits Qui connaît les pensées. Ta manière d’être n’est pas celle des êtres de chair et de sang : Lorsqu’un roi de chair et de sang doit faire face à un écart de conduite d’une partie de son royaume, il ignore qui est le pécheur, de sorte que, dans sa colère, il punit tous ses sujets. Tandis que devant toi, toutes les pensées sont à nu et tu sais qui a péché (Midrach Tan‘houma).Un seul homme C’est lui le pécheur, et toi « tu te mettras en colère contre toute la communauté » ? Le Saint béni soit-Il répondit : « Tu as bien parlé. Je sais et je ferai connaître qui a péché et qui n’a pas péché. »
  • אֵל אֱלֹהֵי הָרוּחֹת, יוֹדֵעַ מַחֲשָׁבוֹת אֵין מִדָּתְךָ כְּמִדַּת בָּשָׂר וָדָם: מֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם שֶׁסָּרְחָה עָלָיו מִקְצָת מְדִינָה, אֵינוֹ יוֹדֵעַ מִי הַחוֹטֵא, לְפִיכָךְ כְּשֶׁהוּא כּוֹעֵס נִפְרָע מִכֻּלָּם, אֲבָל אַתָּה לְפָנֶיךָ גְּלוּיוֹת כָּל הַמַּחֲשָׁבוֹת וְיוֹדֵעַ אַתָּה מִי הַחוֹטֵא.

    הָאִישׁ אֶחָד, הוּא הַחוֹטֵא וְאַתָּה עַל כָּל הָעֵדָה תִּקְצֹף? אָמַר הַקָּדוֹשׁ-בָּרוּךְ-הוּא: יָפֶה אָמַרְתָּ אֲנִי יוֹדֵעַ וּמוֹדִיעַ מִי חָטָא וּמִי לֹא חָטָא:

  • 30 Mais si l’Éternel produit un phénomène; si la terre ouvre son sein pour les engloutir avec tout ce qui est à eux, et qu’ils descendent vivants dans la tombe, vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel. »
  • ל וְאִם-בְּרִיאָה יִבְרָא יְהוָה, וּפָצְתָה הָאֲדָמָה אֶת-פִּיהָ וּבָלְעָה אֹתָם וְאֶת-כָּל-אֲשֶׁר לָהֶם, וְיָרְדוּ חַיִּים, שְׁאֹלָה–וִידַעְתֶּם, כִּי נִאֲצוּ הָאֲנָשִׁים הָאֵלֶּה אֶת-יְהוָה.
  • Et si Hachem crée une création Nouvelle.Hachem crée En les faisant mourir d’une manière inconnue jusque ici. Et quelle serait cette création ? « Que la terre disperse sa bouche et les engloutisse. » Vous saurez alors « que ces hommes-là ont méprisé Hachem » et que moi j’ai parlé sur l’ordre du Tout-Puissant. Nos maîtres ont expliqué : S’il a été créé, lors des six jours de la création, une ouverture de la terre, c’est bien. Sinon, que « Hachem la crée » maintenant ! (Sanhèdrin 110a).
  • וְאִם בְּרִיאָה, חֲדָשָׁה.

    יִבְרָא ה’, לְהָמִית אוֹתָם בְּמִיתָה שֶׁלֹּא מֵת בָּהּ אָדָם עַד הֵנָּה, וּמַה הִיא הַבְּרִיאָה? וּפָצְתָה הָאֲדָמָה אֶת-פִּיהָ וְתִּבְלָעֵם, אָז וִידַעְתֶּם כִּי נִאֲצוּ הֵם אֶת ה’, וַאֲנִי מִפִּי הַגְּבוּרָה אָמַרְתִּי. וְרַבּוֹתֵינוּ פֵּרְשׁוּ (סנהדרין קי): אִם בְּרִיאָה פֶּה לָאָרֶץ מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְּרֵאשִׁית _ מוּטָב, וְאִם לָאו יִבְרָא ה’. (ר »ל יִבְרָא ה’ הַפֶּה לְכָאן):

LA CANICULE ET LES VOITURES DES MINISTRES (ft. Ndiaye, Blanquer, De Rugy, Riester, Fesneau)
Vidéo Violences policières : les images décryptées #LesDécodeurs
Vidéo Cécile Duflot : « Ce qui nous a tué ces 150 dernières années, c’est une vision court-termiste »
Vidéo Carola Rackete, la capitaine du « Sea Watch 3 » libérée

 

Préparation BM adulte l’an prochain à Surmelin

Vous n’avez pas eu l’occasion de faire votre BM (Bar Mitsva pour les hommes, Bat Mitsva pour les femmes) étant enfant? Vous souhaiteriez revivre cette expérience en tant qu’adulte? Bonne idée!

Pourquoi? S’approprier les merveilleux textes des offices et savoir les sculpter pour faire de ces moments des moments inoubliables est un art délicieux.

Les qualités humaines et les connaissances juives qu’on en retire sont inestimables.

Quoi? Venez préparer votre Bar ou votre Bat Mitsva l’année prochaine à Surmelin!

Qui? Ce cours s’adresse aux personnes qui savent déjà déchiffrer en hébreu et qui prévoient d’effectuer un travail personnel régulier. Il vous permettra d’être accompagnés et d’apprendre « en live » ce qu’on ne peut apprendre seul.

Si votre hébreu ne vous permet pas encore d’y participer pleinement, vous pouvez y assister en tant qu’auditeur ou auditrice libre, vous inscrire dans l’un de nos nombreux cours d’hébreu, utiliser les outils disponibles sur internet, entre autre au choix: à travers « la méthode facile« , « les chants du chabbat« , « les dix mots à connaître pour l’office facile »

Comment? Vous commencez par réserver les dates dans votre agenda ;-), puis vous répondez à cet article pour m’informer de votre inscription. Fin aout, vous prenez rendez-vous si vous voulez pour que nous en parlions.

Il est demandé de participer à des unités entières. Il est possible de ne prendre que certaines unités. Suivre toutes les unités est préférable.

Voilà comment cela se passe: vous apprenez ou vous révisez avec les vidéos, on met en place le sens et la réalisation de la prière le samedi matin de 9h50 à 10h20, vous appliquez pendant l’office qui suit. Le projet de BM à long terme et le projet du cours à moyen terme vous motivent à travailler sur le plan personnel, la participation à l’office vous permet d’appliquer concrètement immédiatement, la possibilité de poser vos questions et de donner du sens vous nourrit. La playlist correspondante est disponible ici: playlist youtube des prières du samedi matin

Programmes complémentaires:

Pour préparer une dracha ( le discours à la synagogue): voir les vidéos « sur un pied », étudiez au café des Psaumes ou Talmud BéraHot pour approfondir votre réflexion, prenez rendez-vous avec le Rabbin.

Pour préparer la lecture de la Torah: participez aux ateliers « lecture de la torah » le samedi matin, en alternance avec ce cours-ci.

Inscription: mettez un commentaire en dessous de cet article avec votre nom et vos coordonnées, il ne sera pas publié.

Programme des cours:

Unité 1: Nov 9 23 7: birkot hachaHar, PROCEDURE GABBAÏ Gabai honneurs Préparation: pp.106/108, 110/112, document du gabbai

Unité 2: Janv/fev  11 1 8: psouke dezimra, montée à la torah, hagbaa 1 et 2 Préparation: 124/142/144/146/148
Unité 3: Fev/mars/avril 29 14 4 bénédictions chema, procession, reprise Préparation: 150/152/154/156a/156b
Unité 4: Avril/mai 11 2 9 amida, gabai 1-diriger Préparation: 162/164/166/168/170 (uniquement la bénédiction) 172, 182
Unité 5: Juin 6 13,  fin de l’office: Préparation: 184/ 192/198/200/ 202/204
Dans un an, vous serez plus que prêts à diriger un office! Au plaisir d’entreprendre ensemble cette belle aventure.

Paracha ChlaH : Orientons nos coeurs!

Les sentiments sont une belle choses, ils sont la vibration de nos vies. Mais les suivre aveuglément serait une erreur. La paracha ChelaH LéHa nous le montre, avec l’épisode des explorateurs, qui se laissent abuser par leurs peurs et leurs jugements. (je n’ai pu finir ma vidéo qu’un instant avant l’office, d’où l’absence d’article la semaine dernière, désolée! Si vous voulez recevoir la vidéo immédiatement, vous pouvez également vous abonner à ma chaîne youtube).

Les tsitsiot sont là pour nous rappeler à notre devoir: c’est à nous d’orienter nos sentiments, de les « voir » et de nous « souvenir » de tous les commandements, et de les « faire » et ainsi de ne pas « explorer dans l’errance en suivant nos coeurs et nos yeux », pour que nous nous « souvenions » et que nous « faisions », que nous soyons « différents » pour  « notre dieu », car c’est lui qui est le gardien de la liberté, de la « sortie d’Egypte ».

En ce chabbat de Gay Pride, nous devons nous souvenir que chacun est Good As You, « GAY », nous sommes égaux devant les commandements, devant les sentiments, et devant notre devoir de les orienter dans l’ouverture à toutes et à chacun, indépendamment des caractéristiques stigmatisantes que notre société peut leur attribuer.

Chabbat Chalom à toutes à tous, et aux autres!

 

Liens et sources :

  • Ps 95 8 « N’endurcissez pas votre cœur comme à Meriba, comme au jour de Massa dans le désert, 9 où vos ancêtres m’ont tenté, mis à l’épreuve, quoiqu’ils eussent vu mes œuvres. 10 Pendant quarante ans j’étais écœuré de cette génération, et je disais: « C’est un peuple au cœur égaré, qui ne veut pas connaître mes voies. » 11 Aussi jurai-je, dans ma colère, qu’ils n’entreraient pas dans ma paisible résidence. » 
  • אַל-תַּקְשׁוּ לְבַבְכֶם, כִּמְרִיבָה; כְּיוֹם מַסָּה, בַּמִּדְבָּר. ט אֲשֶׁר נִסּוּנִי, אֲבוֹתֵיכֶם: בְּחָנוּנִי, גַּם-רָאוּ פָעֳלִי. י אַרְבָּעִים שָׁנָה, אָקוּט בְּדוֹר– וָאֹמַר, עַם תֹּעֵי לֵבָב הֵם;וְהֵם, לֹא-יָדְעוּ דְרָכָי. יא אֲשֶׁר-נִשְׁבַּעְתִּי בְאַפִּי; אִם-יְבֹאוּן, אֶל-מְנוּחָתִי.

 

  • Nombres 15:38 : 38 « Parle aux enfants d’Israël, et dis-leur de se faire des franges aux coins de leurs vêtements, dans toutes leurs générations, et d’ajouter à la frange de chaque coin un cordon d’azur. 39 Cela formera pour vous des franges dont la vue vous rappellera tous les commandements de l’Éternel, afin que vous les exécutiez et ne vous égariez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux, qui vous entraînent à l’infidélité. 40 Vous vous rappellerez ainsi et vous accomplirez tous mes commandements, et vous serez saints pour votre Dieu. 41 Je suis l’Éternel votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte pour devenir votre Dieu, moi, l’Éternel votre Dieu! »
  • לח דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם, וְעָשׂוּ לָהֶם צִיצִת עַל-כַּנְפֵי בִגְדֵיהֶם, לְדֹרֹתָם; וְנָתְנוּ עַל-צִיצִת הַכָּנָף, פְּתִיל תְּכֵלֶת. לט וְהָיָה לָכֶם, לְצִיצִת, וּרְאִיתֶם אֹתוֹ וּזְכַרְתֶּם אֶת-כָּל-מִצְו‍ֹת יְהוָה, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם; וְלֹא-תָתוּרוּ אַחֲרֵי לְבַבְכֶם, וְאַחֲרֵי עֵינֵיכֶם, אֲשֶׁר-אַתֶּם זֹנִים, אַחֲרֵיהֶם. מ לְמַעַן תִּזְכְּרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֶת-כָּל-מִצְו‍ֹתָי; וִהְיִיתֶם קְדֹשִׁים, לֵאלֹהֵיכֶם. מא אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם, אֲשֶׁר הוֹצֵאתִי אֶתְכֶם מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם, לִהְיוֹת לָכֶם, לֵאלֹהִים: אֲנִי, יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם. {פ}

 

  • Exode 23:3  2 Ne suis point la multitude pour mal faire;
  • לֹא-תִהְיֶה אַחֲרֵי-רַבִּים, לְרָעֹת