Sur le pont étroit de la liberté! – 1 – l’étrange épreuve de Selma Baraz (Discours de Kipour)

A l’approche de Yom Kipour, je commençais à avoir me faire pardonner certaines de mes erreurs et voilà qu’avec cette dracha, tout risque de se compliquer… Je vais parler des mères juives !

Je veux vous parler de Selma Baraz z »l. Selma Baraz était une mère juive, comme vous et moi, comme vous aussi Francis. Nous sommes toutes et tous des mères juives.

Selma Baraz avait un secret. À l’âge 91 ans elle l’a révélé en public, elle a bien dû !

Elle a donné au monde un enfant, un beau garçon, et comme toute mère juive elle s’attendait à ce qu’il devienne médecin. ou à la rigueur dentiste, ou même avocat pourquoi pas… Mais son fils, son gentil James a fait un autre choix.

Il a décidé de devenir prof de méditation. Prof de méditation ! C’est à peine mieux que Rabbin ! Et pour couronner le tout, il a même crée une méthode pour devenir plus heureux « Awakening joy », réveiller la joie. Réveiller la joie !

Quelle mère juive pourrait supporter cela ?

Que pouvait bien faire Selma Baraz dans ces conditions ? Elle a bien dû s’épancher et révéler son secret, en public.

Voici la façon dont elle a ouvert son coeur :

« Mon fils ne vous a pas tout dit de notre relation. Mon fils, a ruiné ma vie. En tant que mère juive, je n’ai jamais pensé que je devrais dévoiler ce secret. Les mères juives sont nées avec certains gènes précieux, qui ne peuvent être acquis, qui peuvent juste être préservés avec beaucoup de précautions, les mères juives sont nées pour se plaindre, on appelle cela kvetching, on trouve toujours une raison de se plaindre, cela aide beaucoup d’avoir un profond soupir, quelques larmes aident également, mais se plaindre, nous devons…

Nous avons une autre qualité, nous nous faisons du mauvais sang pour à peu près tout. Si un enfant ne vient pas, je peux écrire des scénarios sur ce qui a pu lui arriver, des scénarios qu’Hollywood pourrait payer des millions…

Ça a été tellement merveilleux de se plaindre continuellement, d’être inquiète, d’être malheureuse, tout en vivant la vie la plus merveilleuse dont on puisse rêver…

Mais malheureusement avec James, nous avons commencé ce mantra, et chaque fois que je me plaignais, environ toutes les 30 secondes, il m’a dit « pourquoi tu n’ajouterais pas à la fin de chaque phrase « et je sais que je suis absolument heureuse » et nous avons commencé ce jeu et il fonctionne vraiment ! Je le fais ! Je fais cela chaque fois que je me plains et je suis vraiment devenue – oh cela me fait mal de le dire – je suis effectivement devenue une personne plus heureuse ! Je viens de vous délivrer ce terrible secret, mon fils, James, a ruiné toute ma vie. »

Selma est une bonne mère juive. Une très bonne mère juive. A trois niveaux. D’abord, elle respecte la tradition. Elle se plaint, comme elle le doit. Mais ensuite, elle a de l’humour. Elle a du recul vis-à-vis de sa tendance à râler. Et enfin, elle est capable d’évoluer, de faire téchouva.

Mais le discours de Selma Baraz met en lumière un phénomène très important : Le bonheur a un prix.

La liberté a un prix.

Ce prix est un prix élevé.

Devenir plus heureux représente un sacrifice !

La liberté, c’est le choix de traverser, de passer sur l’autre rive, on court le risque du vertige, du vide, en dessous, qui pourrait nous aspirer…

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Pour commencer, ouvrir les yeux… Roch hachana 5776

Aujourd’hui, nous faisons le compte de nos réussites de l’année et le compte de nos erreurs.

Nous classons chaque acte, nous le plaçons sur le plateau d’une balance.

L’un des plateaux est celui de la vie, l’autre plateau est celui du malheur.

Cet acte s’inscrit-il du côté du bien ou du côté du mal ? Et celui-ci ?

Si à la fin de ces journées de Roch hachana, la balance penche vers le bien, nous serons inscrits dans le livre de la vie et de la justice. Si la balance penche du côté du mal, nous serons inscrits dans le livre de la mort.

Est-ce aussi simple ?

J’examine mes actions et je m’interroge. Je prends pour exemple un incident récent et je me questionne. Se range-t-il sur le plateau du bien et de la vie ? Se range-t-il sur le plateau de la tristesse et du malheur ?

Je me sens comme un vase brisé. Un vase qui contenait toute la lumière et l’espoir de faire le bien, et je suis maintenant dans la confusion. Quelle est cette fêlure qui laisse échapper ma lumière ?

Et cela me rappelle cette histoire, que m’a racontée mon amie Myriam. Myriam travaille avec des femmes victimes de violences conjugales, et aussi avec des auteurs de violences.

C’est l’histoire d’un porteur d’eau, qui porte sur ses épaules de l’eau pour désaltérer toute sa famille. Un grand bâton posé sur ses épaules retient deux vases, l’un à gauche, l’autre à droite, et chaque jour le porteur d’eau va jusqu’à la rivière, remplit ses vases, ramène l’eau chez lui.

La veille de roch hachana, l’un des vases, celui de droite, décide de partager sa peine avec le porteur d’eau. Le vase engage le dialogue et lui explique qu’il est conscient de son imperfection, il est fêlé et laisse échapper une partie de l’eau précieuse. Une partie des efforts de l’homme semble perdue par sa faute. Quel dommage, que toute cette eau perdue à cause de lui. En cette veille de Roch Hachana, le vase est attristé de poser son imperfection comme une faute dans le plateau de ses erreurs de l’année.

Le porteur d’eau remercie le vase de son souci de bien faire, de sa conscience des enjeux, de son altruisme, et l’invite à observer plus attentivement le chemin de la rivière à la maison.

Le matin suivant, en revenant de la rivière, le vase droit découvre que le bord droit du chemin est couvert de fleurs.

Avez-vous deviné pourquoi ?

Maintenant que le vase brisé comprend les conséquences positives de son imperfection, où va-t-il placer la fuite d’eau ? Cet acte se range-t-il sur le plateau du bien et de la vie ? Se range-t-il sur le plateau de la tristesse et du malheur ?

Comme le vase brisé, nous sommes soucieux des enjeux, nous voulons bien faire, nous aimerions être parfaits. Et nous sommes pétris de croyances : la perfection consiste à ne laisser échapper aucune des gouttes d’eau dont nous avons la charge. A travers cette croyance, c’est notre volonté de bien faire, mais aussi notre ego et notre orgueil qui parlent.

Nous avons beaucoup de croyances et certaines ne nous aident pas.

Lorsque nous nous désespérons d’être des vases fêlés, nous n’avons plus le courage d’ouvrir les yeux pour voir plus loin, pour nous permettre de rêver aux conséquences positives possibles.

Le « gam zou létova » nous échappe.

Nous ne voyons qu’un aspect de la réalité : l’eau qui s’enfuit du vase, s’écoule, elle ne sera pas bue par l’homme. Nous ignorons l’autre aspect : l’eau qui s’enfuit du vase, arrose, elle nourrit la beauté de la nature. Le vase fermé est-il imbu de sa perfection ? Le vase brisé sombre-t-il dans le désespoir ?

Paul Tillich disait qu’il lui semblait que son rôle était de permettre à ceux qui croient de douter et à ceux qui doutent de croire.

Le Talmud nous demande d’avoir dans nos poches deux papiers.

Dans la poche gauche, le verset « je ne suis que cendre et poussière » dans la poche droite la parole « le monde entier a été créé pour moi ».

L’idée est de trouver notre équilibre, de nous inciter à l’humilité lorsque nous sommes remplis d’un sentiment de perfection et de nous encourager lorsque le doute nous envahit.

Nous sommes à la fois des vases brisés et des vases fermés.

Parfois nous sommes le vase brisé qui se désespère parfois nous sommes l’autre vase celui qui se croit parfait, parfois nous sommes le porteur d’eau qui sait tirer parti de la réalité, et parfois nous sommes la rivière prête à abreuver chacun, parfois nous sommes les enfants et nous sommes satisfaits de l’eau reçue ou frustrés de l’eau d’arrosage, et parfois nous sommes les fleurs qui poussent le long du chemin, parfois nous sommes l’eau elle-même, et souvent nous sommes tout cela. Un peu comme le dit Fritz Perls, pour qui chaque personnage du rêve représente le rêveur lui-même.

Parfois, nous sommes simplement des individus qui aiment les histoires qui ouvrent nos horizons.

J’examine mes actions et je m’interroge. Je prends pour exemple un incident récent et je me questionne. Se range-t-il sur le plateau du bien et de la vie ? Se range-t-il sur le plateau de la tristesse et du malheur ?

Peut-être qu’aujourd’hui je vois les conséquences négatives ? Peut-être que demain j’aurai construit d’autres pensées et d’autres actions qui donneront à cet acte un aspect positif ?

A Roch hachana, je ne fais pas que classer les actions du passé, je leur donne des conséquences. Telle erreur peut me permettre une remise en cause qui apportera beaucoup de bien autour de moi, telle souffrance peut me donner une profondeur qui me permettra de mieux me comprendre et de mieux comprendre les autres.

Mais pour que je puisse apprendre, il y a un prérequis : la parole. Si le vase brisé n’était pas sorti de sa culpabilité silencieuse, jamais il n’aurait pu comprendre les bénéfices de son imperfection.

Si nous ne partageons pas le sentiment que nous inspirent nos faiblesses à Roch Hachana, comment saurons-nous ce qu’elles signifient vraiment pour nos compagnons sur le chemin de la vie ?

Partage ton sentiment avec ton prochain et tu ne porteras pas de faute (Lev.19)/ Aime ton prochain comme toi-même.

Ah si seulement nous avions conscience de l’étendue de notre ignorance !

La tradition nous incite à être humbles comme Moïse notre maitre. L’humilité ce n’est pas l’auto-flagellation, dans un sacrifice de souffrance. L’humilité c’est offrir ce que nous sommes, accepter et partager ce que nous sommes pour permettre aux autres d’apprécier simplement ce que nous sommes capables d’offrir.

Trouver une meilleure place à ce que nous sommes. Car il faut de tout pour faire un monde. Personne dans la vie ne choisit sa couleur. Il y a un temps pour tout, un temps pour planter et un temps pour arracher, un temps pour la joie et un temps pour la peine, comme le dit kohelet.

Chacun a sa place dans le monde, et le monde a besoin de toutes nos qualités, qui peuvent sembler contradictoires, juste parce qu’elles sont adaptées à des solutions différentes.

L’influence de nos actes est systémique.

Je choisis ce que je dis ce soir, vous choisissez ce que vous voulez en faire dans vos pensées et dans vos vies, vous pouvez choisir de m’en parler à votre tour, et je peux choisir de m’en inspirer pour aller plus loin encore. Vous pouvez partager ces pensées autour de vous, ou les laisser grandir en vous, vous pouvez les critiquer, vous construire avec elles ou contre elles, vous pouvez les oublier.

Si le porteur d’eau sème des graines du côté où l’eau échappe au vase, le bord de la route sera fleuri.

C’est la nature des vases que d’être brisés, c’est la nature des êtres humains que d’être imparfaits, brisés, réparés, reconstruits, raccommodés.

C’est le but de Roch Hachana de nous inviter à démonter les morceaux et à les recoller.

Démonter et recoller ce qui se trouve en nous, nos émotions, nos aspirations « positives » ou « négatives ». Toutes ont leur rôle. Tu aimeras l’Eternel בכל לבבך, avec toutes les parties de ton cœur.

Roch hachana nous invite à examiner chaque événement de l’année écoulée, à le soupeser, à en examiner la nature, à en évaluer les défauts et le potentiel.

Ce jour nous invite à examiner notre place sociale, celle que nous attribuons à nos proche dans notre vie, pour trouver la meilleure façon de contribuer à leur bonheur et pour les aider à contribuer au nôtre. Pour nos proches et nos moins proche, et aussi pour ce qui est de notre engagement dans la cité.

Que sommes-nous, qu’est-ce que notre vie, notre force, notre sagesse ? Mais nous sommes les enfants de ton alliance (prière du matin).

Nous ne savons pas encore ce qui repose sur lequel des plateaux de la balance de la vie et du bien ou de la détresse et du malheur. Nous avons 9 jours pour en décider. Jusqu’à Kipour.

La tradition nous demande de considérer que notre balance personnelle est équilibré, une seule de nos bonnes actions peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Nous considérons que la balance du peuple juif est équilibrée, une seule de nos réévaluations peut faire pencher la balance de tout le peuple vers le bonheur ou le malheur. La balance de la création toute entière est équilibrée, un seul de nos actes peut faire pencher la balance du monde.

Ce même acte nous permet de faire pencher la balance à tous les niveaux, d’être bons à la fois pour nous-mêmes et pour autrui. Tout est systémique.

Que nos efforts permettent à nos proches de tirer le meilleur de l’année à venir.

Puissions-nous nous-mêmes tirer le meilleur des événements de l’année qui s’annonce.

De même que nous avons découvert des pensées qui échappaient totalement à notre conscience par le passé, que nous découvrions cette année tout ce qui peut nous permettre de trouver notre meilleure place dans la société, de trouver la meilleure place intérieure à nos qualités et à nos défauts, à nos plénitudes et à nos brisures, et aux plénitudes et aux brisures de nos proches.

Que, comme dans l’histoire du Maguid de Doubnov, la brisure du diamant soit retravaillée pour devenir une gravure précieuse.

Que nous nous retrouvions, dans un an, le soir de Roch hachana, emplis de la satisfaction de nos réussites et de l’espoir de devenir meilleurs encore.

Chana tova,

Rabbin Floriane Chinsky

Célébrer le passé et le futur, c’est tout un art! Rachi, ce samedi 5 septembre

Faire le point, faire une petite pause, prendre le temps de regarder en arrière, de contempler le chemin parcouru, de se réjouir des résultats de nos efforts…

La célébration est essentielle dans nos vie, elle est l’un des plus beaux moteurs de changement et d’évolution.

Notre paracha nous invite à cultiver l’art de la célébration.

Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.

Pour que nos efforts et leurs réussites aient un parfum délicieux.

La feuille de source est disponible ici: 1 Rachi ki tavo célébrer

A samedi (accueil 9h15, début 9h30) et …שבת שלום

Célébrer nos réussites avec Rachi, samedi 5 septembre…

La Torah, c’est avant tout la torah orale!
Comment lire le pentateuque sans Rachi?
L’idée d’étude elle-même est celle du questionnement du texte, de la façon dont nous interrogeons le texte ainsi que la façon dont le texte nous interroge.

Ce cours nous permettra de nous pencher sur ce qu’est la célébration mais aussi sur sa signification et la façon dont les perspectives de célébration nous propulsent vers l’avenir.

La Torah elle l’une des anciennes sagesses humaines, et une fois de plus elle nous prouvera sa pertinence et sa modernité…

5 septembre – Ki Tavo – Vous pouvez télécharger la feuille de sources ici:  1 Rachi ki tavo célébrer

Au plaisir de vous retrouver pour une nouvelle année d’étude!

(Retrouvez l’ensemble des cours ici: https://poursurmelin.wordpress.com/cours-torah/coeur-du-texte/)

Les femmes et les hommes seront pardonnés!

Il ne me serait pas venu à l’idée de poser cette question.

Les hommes et les femmes sont-ils/elles égaux devant la transgression?

Et lorsqu’on m’a interrogé sur cet aspect de notre tradition, j’ai d’abord été perplexe.

Mais Roch hachana approche, et cette question nous permet de reprendre un peu les bases de ce qu’est le pardon dans le Judaïsme.

D’après la tradition juive, lorsqu’on commet une erreur, il fait la réparer, qu’on soit un homme ou une femme.

Si il s’agit d’une erreur que nous avons commise vis a vis d’autres personnes, il faut réparer les dommages causés et rechercher la pacification.

Si on a subi un comportement problématique il faut en parler avec la personne pour lui faire comprendre le problème et trouver une solution, car ne faut surtout pas garder de rancune ni être entraîné vers la vengeance, même a un niveau inconscient.

Les fêtes du début d’année, les fêtes du recommencement, roch hachana et kipour, nous invitent à réexaminer les fautes commises vis-à-vis du prochain, vis-à-vis de nos même, et vis-à-vis du rituel et les commandements et du divin. C’est l’étape de la pacification intérieure.

Nous devons également faire en sorte de garantir d’agir mieux la prochaine fois. C’est la téchouva.

Dans certains cas, à l’époque du talmud et au moyen âge et parfois même aujourd’hui, certains rabbins ont considéré qu’entre la relation avec son mari et la relation avec dieu une femme pouvait légitimement privilégier son couple ( ainsi que parfois la charge du ménage et des enfants! )

A notre époque, en France et ailleurs, les hommes sont conscients de l’importance de leur rôle pédagogique et n’ont plus ce genre d’exigence et s’ils en ont ils ont les moyens de les dépasser pour encourager leurs épouses a vivre librement leur spiritualité. Chacun avance librement verts la recherche de la meilleure façon de se respecter lui/elle même, de respecter son prochain, ses valeurs et sa spiritualité.

Eloul nous a rejoints, Hodech Tov à toutes et à tous!

Nous avons devant nous un bon mois pour nous préparer au renouveau de Tichri

Le début du mois juif correspond à la renaissance de la lune. Les mois juif « Hodech » fait racine commune avec le mot « Hadach » qui signifie « nouveau ». En ce premier Eloul, le nouveau mois s’installe, et il amène avec lui les préparatifs du mois prochain : Le mois de Tichri. Dans un mois, nous célébrerons le grand renouveau de l’année juive, la régénération de notre rythme de vie, nous inaugurerons l’année 5776. En ce jour de Roch Hodech Eloul, de « tête du mois » de Eloul, nous commençons à nous préparer à Roch Hachana, la « tête de l’année ». C’est en ce jour du début de Eloul que les messagers partaient pour annoncer la date de Roch Hachana à l’époque du temple.

Cette année, Roch Hodech Eloul coïncide avec la fin des vacances pour beaucoup d’entre nous. En préparant la rentrée scolaire et professionnelle, nous faisons également les préparatifs de l’année juive qui reprend en beauté.

Chacun commence à se poser la question : Qui nous rejoindra aux offices de Roch Hachana et Kipour ? Que faire pour que les enfants prennent la mesure de ce grand moment de spiritualité et de réflexion juive ? Comment contribuer à notre bien-être au cours de ces fêtes, de quelle façon souhaitons-nous qu’elles nous portent vers un renouveau ? Et nos familles, et nos communautés, de quelles façons vont-elles bénéficier de cette nouvelle pulsation du temps juif ?

Certains vont prévoir un seder communautaire familial, d’autres des activités pour leurs enfants, nous voudrons peut-être participer au seliHot pour soutenir notre évolution personnelle ou vivre une expérience communautaire, ou lire quelques textes d’étude.

Dés chabbat prochain, nous pourrons partager ces questions ensemble.

Pour initier nos enfants au sens des fêtes, deux articles sont disponibles sur le site « poursurmelin » :

  1. 1 Embrasser le passé, Chérir l’avenir – pédagogie de Roch Hachana

2 Téchouva pédagogique!

Si vous n’êtes pas encore inscrits aux fêtes de tichri, contactez dés que possible le secrétariat de Beaugrenelle car notre synagogue se remplit très vite !!!!:

Par ailleurs, vous pouvez déjà commencer à vous imprégner des fêtes de tichri, voici un petit site dédié avec une page spéciale « chants » : http://tichri.org/chants-chorale/

Les seliHot auront lieu aux horaires suivants, ne manquez pas ces moments très particuliers qui n’ont lieu qu’en septembre et nous conduisent dans la beauté des fêtes, ils sont profonds et accessibles à tous :

Dimanche 6 Septembre à 9h45 à Ganenou

Dimanche 13 Septembre à 9h à Surmelin

Jeudi 17 Septembre à 7h à Surmelin

Dimanche 20 Septembre à 9h45 à Ganenou

Chavouah tov à chacune et à chacun et un très bon mois de Eloul en attendant les fêtes!

Téchouva pédagogique!

Les vacances nous offrent en cadeau une relation parentale libérée des contraintes du quotidien.
Elles nous permettent de préparer l’année à venir, et en particulier les événements de la rentrée.

La rentrée juive est un soutien pédagogique extraordinaire aux valeurs que nous défendons auprès de nos enfants.

Tichri nous invite à approcher la pensée et l’étude des questions fondamentales de la vie avec joie, c’est SimHat Torah, la fête des enfants dans laquelle les grands trouvent une liberté du bonheur partagé.
Tichri nous introduit également dans l’introspection, la critique bienveillance de nous-même. Ce sont les « jours redoutables », Roch Hachana et Yom Kipour, des fêtes pour adultes, grâce auxquelles les enfants peuvent apprécier l’importance que nous accordons au fait de toujours chercher à « grandir » et à nous améliorer, quel que soit notre âge.

Nous avons développé ces questions dans les deux précédents articles.
Voyons comment notre exemple peut également inspirer nos enfants dans leur cheminement.

En tant que parent, nous pouvons choisir de partager nos espoirs, nos réussites et nos échecs avec nos enfants, dans une mesure adaptée à leur compréhension bien sûr.

C’est une façon certaine de leur témoigner du respect que nous avons pour l’introspection, de la bienveillance avec laquelle nous jugeons nos échecs et nos imperfections, de l’importance à nos yeux de toujours chercher à mieux faire, sans juger.

Les textes de Roch hachana sont emplis de ces invitations à la bienveillance et à l’amélioration:
Si nous avons commis des erreurs, c’est sans le vouloir.
Nous nous invitons par le chofar, l’étude des textes, l’immersion dans un mikvé, et les offices, à recommencer à nous construire avec de nouvelles forces.
Tel est le sens de cette « téchouva », ce retour au meilleur de nous-même, que nous entreprenons à l’occasion des fêtes de Tichri.

Un autre élément fondamental de cette période est la réconciliation.
Chacun est censé demander pardon, reprendre sur de nouvelles bases non seulement au niveau personnel mais également au niveau relationnel.
Cet aspect n’est pas toujours évident à mettre en œuvre car nos partenaires amoureux, amicaux, familiaux ou professionnels ne sont pas toujours ouverts à cette question.

On peut, en souhaitant une bonne année aux uns et aux autres, ouvrir la discussion avec prudence. « Je voulais te souhaiter une bonne année, nous avons passé du temps ensemble en tant que collègues, et à l’occasion de cette fin d’année, je me demandais si nous pourrions améliorer notre façon de travailler ensemble ? Peut-être as-tu eu l’occasion d’y penser ? Voudrais-tu que nous en parlions à l’occasion ? »
Bien sûr, il nous appartient d’être juges de l’opportunité d’ouvrir ce dialogue et de le conduire au mieux.
Tichri nous invite à nous interroger sur la meilleure attitude à adopter pour permettre une fluidification des relations.

Pour ce qui est de nos enfants, la question est plus simple puisque nous nous appuyons sur notre devoir d’éducation pour leur transmettre ce qui nous tient à cœur. En principe, ils sont convaincus de notre bienveillance à leur égard.

Nous pouvons alors probablement soulever certaines questions. Le principe du fait que nous les aimons et que nous les acceptons dans les différentes composantes de leur personnalité doit être posé de façon évidente. Ceci établi, il est légitime de partager nos expériences…
Qu’aimons-nous dans leur attitude ? Qu’est-ce qui nous est difficile ? Et eux, qu’aiment-ils ? Quels seraient leurs désirs ? Il est normal d’avoir des désaccords, tout ne doit pas être résolu.

Il est des questions à propos desquels nos enfants n’ont pas la maturité pour définir leur meilleur intérêt, et d’autres pour lesquelles nous pouvons de façon discrétionnaire décider de ce qui est ou non acceptables dans nos murs. Ils ont le droit de ne pas être d’accord, et peuvent choisir la meilleure façon pour eux de gérer leur désaccord. Mais dans beaucoup de cas, il est possible d’identifier les besoins de chacun et de trouver les stratégies adéquates pour les satisfaire d’une façon acceptable par le collectif familial en général et par les parents en particulier.

Quel meilleur temps que les vacances, ce moment ensemble, ce moment sans contraintes, pour poser les bases d’un renouveau personnel et relationnel ? Nous pourrons alors ancrer toutes ces discussions et toutes ces décisions en les écrivant, en les racontant, en venant en parler au rabbin et de toute façon qui puisse vous convenir.

N’hésitez pas en tout cas à me faire part de vos commentaires, pour que nous puissions partager nos expériences !

Bonnes vacances 5775, et très bons préparatifs pour 5776 !

Embrasser le passé, Chérir l’avenir – pédagogie de Roch Hachana

L’année scolaire s’est achevée, les vacances sont à leur début, et tout semble possible!
Chaque étape de la vie est l’occasion d’intégrer de nouvelles pratiques susceptibles de nous rendre la vie plus belle.

Comment profiter des vacances?
Ces moments de tranquillité permettent de renforcer les liens familiaux et filiaux, de mettre en place de bonnes pratiques relationnelles qui renforceront la base d’amour si fondamentale pour que nous soyons en mesure de guider nos enfants tout au long de l’année.

Au cours de nos réflexions de ce matin, au cours “Le judaïsme, un atout pour l’avenir de nos enfants”, nous avons envisagé deux directions. Les vacances permettent de mettre en place des habitudes qui nous serviront au quotidien, d’une part, mais aussi de nous préparer à utiliser le plein potentiel pédagogique des fêtes de Tichri. Nous avons pu parler déjà de SimHat Torah, une fête « orientée enfant » par excellence, bien qu’elle soit également très riche spirituellement et intellectuellement.

Les « jours redoutables » pour leur part recèlent un potentiel insoupçonné sur le plan pédagogique.
La faute et les erreurs ne sont pas des fatalités, nous sommes tous unis dans la recherche de notre meilleur nous-mêmes, nous sommes égaux devant nos faiblesses et égaux face à notre potentiel d’amélioration.

Ces messages contribuent à inscrire les enfants dans une identité positive, à se considérer comme des « gens biens ». Les étiquettes influencent notre manière d’être. Celui qui se considère de façon négative a du mal à s’améliorer. Les jours redoutables brisent ces étiquettes, tel est le sens profond du Kol Nidré que nous prononçons solennellement le soir de Kippour.

Pourtant, les étiquettes positives peuvent nous inviter à nous complaire dans le sentiment de notre « bonté ».
Tichri nous enseigne que la seule façon d’être des « gens biens », c’est d’admettre nos imperfections et de chercher à nous améliorer.

Roch hachana et Kipour sont bien sûr fondamentales et jouent un rôle important également pour les plus petits. Pour en tirer un profit pédagogique, nos enfants ont pourtant besoin de notre aide.

En effet, ces fêtes sont avant tout des temps d’introspection.
La porte d’entrée pour les plus jeunes peut se faire de façon ludique, à travers le choix ensemble de vêtements blancs par exemples, qui souligneront le sens de ces fêtes.

On peut prévoir un seder de Roch Hachana, qu’il soit traditionnel selon les différentes coutumes séfarades ou créatif à la mesure des désirs de nos enfants. L’idée est de choisir notre menu préféré ainsi que des mets symboliques qui représentent nos espoirs pour l’année à venir.
Le seder traditionnel s’appuie sur des jeux de mot en araméen.
Il est tout à fait possible de se tourner vers des jeux de mots (laids) en français. Ainsi, des bananes, permettront de se souhaiter une « banne année », des pêches pour avoir la pêche, et on peut décliner cela à l’infini.

Roch hachana implique également une vision rétrospective de nos vies et une prise de décision concernant l’année à venir. Comment partager cela avec nos enfants?

Tous les moyens sont bons.
On peut leur demander de dessiner les trois évènements les plus marquants de l’année, ou leur proposer de les raconter.
On peut reprendre leur cahier de texte et parler de la façon dont ils ont vécu chaque saison, les différentes étapes scolaires, les différentes vacances, les événements familiaux, qu’ils soient joyeux ou douloureux.
On peut ouvrir les albums photo.
Nous avons ainsi une nouvelle chance de poser des mots sur leurs expériences.

Pour ce qui est de la projection dans l’avenir, on peut parler avec eux de leurs espoirs pour l’année à venir, les plus jeunes et les plus créatifs peuvent une fois de plus passer par le dessin et se représenter dans leur future classe de CM2, raconter leur entrée en 6e, envisager ce que seront leurs espoirs, leurs défis et leurs atouts lors de leur entrée à l’université…
Ce sont également des thèmes à aborder à la table familiale, chacun prenant ainsi la mesure de l’importance des différents enjeux de chacun.

Il sera alors plus facile de faire preuve d’empathie, de garder la maison calme lorsque l’ainé prépare des examens ou d’augmenter ses capacités de tolérance au chahut quand la petite dernière fête son anniversaire!
Il est possible de garder les dessins ou les récits de nos espoirs pour l’année à venir et de les revisiter en fin d’année, lorsque un nouveau cycle recommencera… Ce qui a vraiment compté pour nous, était-ce justement ce que nous attendions ou d’autres événements imprévus?

Les dessins pourront également trouver leur place sur le mur du salon pendant la période des fêtes, ou dans la souka, et pourquoi pas sur les murs de la synagogue, pour que vos enfants s’y sentent bien chez eux!
On peut imaginer par exemple un dessin de l’espoir, reprenant nos aspirations pour l’année à venir, sur lequel travailler pendant les vacances, à accrocher dans le salon à l’occasion de roch hachana et à amener à la synagogue pour kipour… De cette façon, les dimensions individuelles et collectives qui sont représentées au cours des fêtes de tichri trouveront également leur place pour chacun d’entre nous.

N’hésitez pas à me faire partager le fruit de vos réflexions et de vos expériences… Les dessins des plus ou moins jeunes seront également bienvenus…

Dîner « Bonnes vacances à vous les post BM! » ce vendredi…

Pour la fin de l’année scolaire, les jeunes prennent le pouvoir !

18h30 – signature de la Mappa spéciale que nous utiliserons spécialement pour simHat Torah

18h45 – office des jeunes, ça va déménager!

19h45 – Kidouch

20h – 21h30 repas et jeux de sociétés

Pas d’inscriptions, mais veuillez prévenir notre rabbin sur f.chinsky@mjlf.org.
Amenez un plat lacté sans viande, un ballon, vos instruments de musique, votre chat et vos meilleur/e/s  ami/e/s !

Un SimHat Torah pédagogique!

L’année scolaire s’est achevée, avec ses malédictions, les vacances commencent, avec leurs bénédictions! (voir « aHot Kétana », cette magnifique prière d’entrée dans l’année nouvelle juive).
Chaque étape de la vie est l’occasion d’intégrer de nouvelles pratiques susceptibles de nous rendre la vie plus belle.
Comment profiter des vacances?

Nous avons vu dans un précédant article comment les vacances peuvent permettre de mettre en place de bonnes habitudes pour l’année à venir.

L’installation de ces façons joyeuses de fonctionner pour soi-même et pour les autres est soutenue par les fêtes de Tichri.

Le changement peut faire peur. La pensée et la pratique juives nous invitent à le considérer d’une façon positive, à le prévoir et à l’accompagner, à l’anticiper tout en restant flexibles.
Les fêtes de Tichri soutiennent la mise en place des valeurs et des bonheurs que nous voulons partager avec nos enfants.

Comment transmettre notre amour du questionnement à nos tout petits? Comment faire aimer les livres à nos plus jeunes qui ne savent pas encore lire? La fête de SimHat Torah donne une expression très concrète à notre amour de l’étude et du questionnement existentiel.

SimHat Tora incarne l’importance de la joie dans notre tradition. La joie à son paroxysme est associée au livre. Chanter, danser, vivre physiquement notre attachement à la tradition intellectuelle d’Israël est important.
Pour les plus jeunes, les vecteurs concrets et physiques sont la meilleure porte d’entrée dans l’amour de la tradition.

Comme l’année dernière, nous ouvrirons intégralement le sefer torah, chacun contribuera à le tenir ouvert. Cet acte est un message puissant de l’importance d’être ensemble pour savoir « lire » le message de la torah.
Il symbolise le fait que chacun a sa part, sa place et son importance.

Nous effectuerons également des danses Klezmer. Ces danses ont la particularité d’être accessibles à tous et de permettre des figures surprenantes et réjouissantes, de créer un bonheur d’être ensemble.

A titre familial, on peut prévoir d’acheter des livres à offrir à nos enfants à cette occasion, on peut leur faire apprendre les bénédictions de montée à la torah ou certains chants que nous reprendrons ensemble à la synagogue.

SimHat Torah, pour les enfants, c’est la fête des bonbons, des drapeaux et des danses.
Pour les adultes, c’est l’occasion de raviver une joie simple tout en s’interrogeant sur ce qu’est la joie et ce qu’est la vie qui passe, comme nous y invite le livre de l’ecclésiaste.

D’un point de vue pédagogique SimHat Torah (et soukot), sont les premières fêtes juives, car elles sont accessibles à tous les âges et placent le plaisir d’être ensemble au premier plan.

N’hésitez pas à partager vos idées pédagogique autour de cette fête merveilleuse…