Rien n’est obligé, mais il serait dommage de s’en passer. Pourtant, tout s’y oppose: nous n’avons pas tout réussi, nous ne sommes pas assez bien, nous n’avons pas le temps… Le jour est court et le travail a accomplir est énorme et les enjeux sont immenses et le temps presse… (adaptation de pirke avot 2:15)…
Pour moi, sans le Chabat, je serais totalement workaholique, totalement addicte au travail, prise entre l’état du monde, le désir de faire plaisir, le besoin d’avancer sur les éléments-clefs de mes projets. Mais le chabat, « même « dieu » s’est reposé.e! ». Et étant contre l’esclavage, je suis bien obligée d’essayer d’obéir à mes propres principes, et de ne pas me réduire moi-même en servitude. Donc, j’essaie de m’arrêter, j’essaie de célébrer, et les succès de ces derniers mois y sont intimement liés, nous aimons célébrer ensemble dans des actions qui ont du sens.
Alors célébrons également la célébration, et l’étudiant, en la vivant, en la partageant, pour tout ce mois de Juin!
Etudiez pour soutenir le pluralisme…Demain, c’est Chavouot, la fête du don de la Torah. A Jérusalem, on a coutume de faire l’office du matin au Kotel, au mur occidental. Les mouvements égalitaires du judaïsme tiennent à cette tradition et ont coutume de la mener dans une partie où ils en ont l’autorisation? Alors que la loi « antiégalité » du Kotel continue à progresser dans le processus législatif israélien, en cette veille de Chavouot, signez les pétitions des mouvements masorti et libéraux ainsi que celle des femmes du mur, et étudiez la feuille de source produite par le mouvement massorti international que je viens de traduire…
De mon côté, je vous partage une feuille d’étude sur le Kotel, produite par le mouvement massorti, que j’ai traduite en urgence. Bonne étude, Hag SaméaH, חג שמח
Les textes sacrés appartiennent-ils aux hommes, aux femmes, aux gens ou aux institutions ? Comment s’unir pour défendre l’accès de toutes et tous aux textes sacrés? Voici les questions que j’ai développées pour le magazine l’Appel qui le publiera dans son prochain numéro.
S’unir pour ouvrir l’accès aux textes sacrés !
Les textes sacrés appartiennent-ils aux hommes, aux femmes, aux gens ou aux institutions ? Les pouvoirs politiques tentent de s’approprier l’autorité du sacré pour le détourner à leur service. A l’approche de la fête du don de la Torah, je souhaite partager avec vous certains éléments concernant la Torah écrite et la Torah orale, sa lecture, son interprétation, et les instrumentalisations qui en sont faites. Notre sujet aujourd’hui est le sacré, le texte sacré, à qui le sacré est « donné » et qui y trouve sa place. Notre sujet est aujourd’hui : Pouvons-nous être allié.es contre les instrumentalisations et les discriminations, au niveau interreligieux et international. Selon la Bible, lors du don de la Torah, les femmes comme les hommes sont présentes. L’exclusion progressive des femmes se fait plus tardivement, sous l’influence de la société romaine qui exclut les femmes de la citoyenneté (voir « En finir avec les idées fausses sur le judaïsme » p.360). Aujourd’hui, l’exclusion se manifeste par les discriminations au sein des synagogues Consistoriales, qui sont légitimées par les pouvoirs politiques. Créé par Napoléon en 1808, le Consistoire Central Israélite est identifié au judaïsme légitime par les autorités, en Belgique comme en France, ce qui influence évidemment aussi les perceptions juives. Les femmes sont en haut, au balcon, et n’y jouent aucun rôle liturgique. Dans ces conditions, défendre un judaïsme égalitaire est un défi quotidien. Ceci s’ajoute aux préjugés communs. De même qu’une médecin femme est souvent prise pour une infirmière, une rabbin femme est souvent ignorée : On se tourne vers le premier homme à barbe et on l’appelle « Monsieur le Rabbin », charge ensuite aux personnes informées de rétablir le cadre, et souvent à la femme rabbin elle-même. Ceci n’est qu’un exemple illustrant une complexité permanente, ne serait-ce qu’à exister en tant que femme. Ce handicap social peut être atténué, soutenir les femmes aide à redonner du courage et à rétablir légèrement l’équilibre. De nombreux hommes le comprennent et de réjouissent de participer à plus d’égalité, car redonner aux femmes plus d’agentivité revient à permettre à la moitié de la population, les femmes, de contribuer à hauteur de leurs talents. D’une façon directe ou indirecte en France et en Belgique, les institutions politiques et laïque opèrent en collusion avec les branches sexistes au sein des religions. Une solution politique serait souhaitable, un engagement individuel est facile et nécessaire. Cet engagement doit se faire au-delà des frontières « religieuses » et au-delà des frontières nationales, pour permettre une association large. Pour cette raison, je travaille en France avec le Père Antoine Guggenheim et l’Islamologue Omero Marongiu-Perria (Rencontres de Cocréer) contre les discriminations, pour faire avancer l’égalité et la coopération. Dans cette même optique, je suis honorée de faire partie de l’équipe du magazine L’Appel qui met en avant la réflexion interconvictionnelle dans un contexte francophone. Je travaille également avec des associations courageuses qui défendent la démocratie en Israël, et en particulier le « Femmes du Mur ». Ces femmes juives de toutes tendances ne demandent qu’une chose : avoir accès au texte sacré. Une fois par mois depuis 37 ans, ces femmes israéliennes se rendent au mur occidental (des lamentations) à Jérusalem, pour fêter le premier jour du mois juif, Roch Hodech. En cet instant même, un projet de loi envisage de donner au pouvoir politique du Mur, qui appartient au judaïsme orthodoxe, le droit de punir toute pratique « inconvenante » de 7 ans de prison sans procès. Il va de soi que pour cette autorité, lire le texte sacré est « inconvenant » pour une femme. La bonne nouvelle est que ces femmes ne sont pas seules, nous sommes ensemble et solidaires. Comme d’autres, ma synagogue, Yétsira(.org) lutte pour le respect, l’association Cocréer(.net) que j’anime travaille ardemment à créer de la coopération. Si vous voulez vous rapprocher de ces actions, consultez ces sites, écoutez le podcast « sécuriser la lecture de la torah » sur toutes les plateformes, signez les pétitions qui soutiennent la démocratie et l’égalité partout dans le monde, communiquez-moi d’autres initiatives pour que je les relaie également.
Et souvenez-vous que vous n’êtes pas seul.es, de près ou de loin, nous sommes allié.es.
Que la fête don de la Torah (21 mai au soir) autant que la Pentecôte qui approchent donnent de la force à toutes celles et ceux qui étudient et agissent pour démocratiser les textes sacrés !
Le thème de Chavouot sera: Les enjeux actuels, personnels et sociétaux de cette simple phrase « lilmod oulélamed, apprendre et enseigner » (ללמוד וללמד)
19h30 office du soir – 20h Conférence Rabba Floriane Chinsky, « Apprendre et enseigner, quels enjeux et quel potentiel dans un monde en crise » – 21h Premier plat, crudités – 21h30 Enseignements partagés, en « présentation-discussion » et en Hévroutot-binomes, avec intervention des personnes qui le souhaitent – 22h30 Plat chaud – 23h Enseignements partagés, en « présentation-discussion » et en Hévroutot-binomes, avec intervention des personnes qui le souhaitent – Minuit concours de Gateaux au fromage thématiques – minuit 30 rangement et départ vers le lieu n°2 (à 10 minutes), avec possibilité de se poser, peut-être de faire une petite sieste sur des canapés confortables etc…
Nous serons dans une grande salle près de Gambetta en première partie de soirée, puis nous pourrons continuer en mode « super chill » dans un autre local juste à côté avec l’office du matin.
Apprendre et enseigner… C’est le cœur du judaïsme, et peut-être l’un des plus grands plaisirs au monde… Qu’en pensez-vous?
Les enjeux actuels, personnels et sociétaux de cette simple phrase « lilmod oulélamed, apprendre et enseigner » (ללמוד וללמד)
Malgré l’évidence de notre capacité à honorer le commandement d’apprendre et enseigner, nous nous sentons tout.es petit.es. Pour apprendre, nous sommes d’accord, mais pour enseigner, nous cherchons notre légitimité.
Ces difficultés ne sont pas inhérentes à notre nature humaine, elles sont une construction mentale, qui ne correspond pas à l’esprit du judaïsme. Le judaïsme a découvert, au fil des exils et des persécutions, que la transmission ne peut fonctionner que si toutes et tous y prenons notre part.
Chavouot est la fête du don de la torah, et dans les bénédictions, nous disons « tu es une bénédiction Eternel, qui DONNES la torah », qui la donne au présent, qui la donne à travers notre investissement personnel dans l’étude. La torah et toujours à redécouvrir et à réinventer.
Ce thème sera celui de notre veillée d’étude: « Apprendre et enseigner, puissance et difficultés d’un commandement-pilier »
20h Conférence Rabba Floriane Chinsky, « Apprendre et enseigner, quels enjeux et quel potentiel dans un monde en crise »
21h Premier plat, crudités
21h30 Enseignements partagés, en « présentation-discussion » et en Hévroutot-binomes, avec intervention des personnes qui le souhaitent
22h30 Plat chaud
23h Enseignements partagés, en « présentation-discussion » et en Hévroutot-binomes, avec intervention des personnes qui le souhaitent
Minuit concours de Gateaux au fromage thématiques
minuit 30 rangement et départ vers le lieu n°2 (à 10 minutes), avec possibilité de se poser, peut-être de faire une petite sieste sur des canapés confortables etc…
et ensuite on verra selon les forces et le désir des personnes présentes!
Et pour l’office du matin, vous êtes de la team « on enchaîne, au lever du jour » ou du genre « on a étudié tard, commençons tard »?
Pour l’office du matin, je propose l’horaire suivant, et j’attends vos retours pour le fixer définitivement.
Office du matin: Début: 5h du matin, Amida 6h du matin, lecture de la Torah: 7h, lecture du livre de Ruth 7h30, fin de l’office 8h
Nous serons dans une grande salle, près de Gambetta.
Avec la synagogue Yétsira, nous travaillons ensemble à créer un monde juif plus égalitaire.
Dans ce cadre, nous sommes alliées de l’égalité en Israël et partout dans le monde, dans le monde juif et en général.
Pour trouver sa place, le respect réciproque a besoin de toutes et tous, au-delà des frontières, au-delà des barrières que les spiritualités pourraient dresser entre nous.
J’ai eu le privilège de m’exprimer sur « Kan en français » dans une interview diffusée aujourd’hui.
Voici un petit complément fait spécialement pour les membres de Yétsira, mais nous avons décidé de rendre ce mini-podcast accessible à toutes et tous pour les prochains jours, ici (mais nous avons besoin de vous à nos côtés, à Yétsira, à Cocréer-formations et à Cocréer-rencontres, rejoignez-nous si vous voulez soutenir nos actions, avancer ensemble).
De 8 jours à 120 ans, les offices du chabat célèbrent la vie!
Une nomination est toujours un émerveillement. Lorsque nous nous rassemblons autour d’un petit enfant pour l’accueillir dans la communauté, entourer ses parents, nous sentons le miracle de la transmission qui se poursuit. Les parents ont la lourde charge de l’éducation de leurs enfants, ils les orientent vers l’autonomie. Et ce chabat, nous célébrons Mathilda et ses parents! Mazal Tov!
Cette autonomie elle aussi est célébrée à la synagogue, c’est la Bar ou Bat Mitsva. La jeune personne quitte la dépendance et atteint la responsabilité. Elle est accueillie dans le cercle des personnes libres, qui décident de leurs actes et les assume. Elle devient elle-même leader, prenant la responsabilité de diriger les chants, de lire dans les anciens rouleaux, d’enseigner sa propre vision du monde. Le jeune prouve à ses parents son nouveau pouvoir d’autonomie et toute la communauté accompagne la famille. Cette cérémonie se fait à partir de 12 ans, mais elle se fait à tous les âges, et Michèle aura le privilège de la célébrée entourée de ses petites filles et petits fils, et de ses garçons! Mazal Tov!
Le cycle de la vie se poursuit, la communauté entoure les jeunes marié.es, les malades, celles et ceux qui ont échappé à un danger. Elle permet de passer des caps, d’ouvrir de nouvelles pages. Les « rites de passage » permettent de prendre conscience du temps qui passe, d’intégrer les changements, de grandir et de vieillir en paix. Les offices rassemblent tous les âges, permettant aux générations de se lier et de s’enrichir mutuellement.
Et à tout âge, on prend une part active aux offices si on le souhaite, les offices ne sont pas un lieu de spectacle, le judaïsme n’est pas une tradition de passivité. On a peut-être l’habitude en France de laisser « les spécialistes » opérer, mais en Israël, on encourage chaque personne à trouver sa place, à aller un peu plus loin.
Ce style de rabbinat est celui que je chéris. Que ce soit dans le cadre du rabbinat, celui de mes pratiques thérapeutiques ou celui de mes formations, j’aime accompagner la circulation du pouvoir. Car chaque être humain est Kadoch, spécial.e, et son pouvoir est nécessaire à l’accomplissement de notre humanité commune. Michèle, qui célèbre sa Bat Mitsva ce chabat, a choisi spécialement ce thème, qui est également le titre du texte que nous lirons dans la torah, « aHaré Mot – kédochim ».
Ce Chabat, à Yétsira, nous accueillerons deux humanités grandissante: Une petite fille, Mathilda, sera présentée à la Torah. Une jeune grand-mère, Michèle, aura enfin l’occasion de célébrer sa bat Mitsva. Soyons ensemble pour les accueillir, venez chanter avec nous les chants ancestraux, et découvrir avec nous l’enseignement renouvelé qu’ils dégagent!
En mon propre nom et au nom de l’équipe de la synagogue Yétsira, je déclare que nous sommes fier.es de leur faire une place d’honneur!
Rendez-vous à 19h30 « vers Gambetta » et à 10h « à Bastille », vendredi 24 avril et samedi 25.
Si vous ne savez pas où sont ces lieux, contactez-moi.
2 – vous abonner et promouvoir le podcast que je dédie à notre action commune avec elles et lire leur newsletter ci-dessous pour visibiliser leur action (voir suite de cet email).
3 – participer à la commémoration commune de ce soir, commémoration israélienne ET palestinienne pour les victimes des guerres. (voir fin de cet email)
Les « nechot hakotel », les femmes du mur, sont au premier rang de cette lutte en Israël. Nous pouvons être fier.es de ces combats pour la vie et le respect que nous menons ensemble.
Nous cultivons un lien privilégié avec les femmes du mur. Nous avons avec elles un point commun: nous aussi nous lisons dans la torah et nous rendons cette lecture accessible à toute personne qui le souhaite.
Pour prendre conscience de cette synergie, j’ai créé une « intention », un texte qui nous soutient spirituellement dans ce lien avec elles.
Écrire une « prière » n’est pas une petite chose, cela implique des réflexions et des références à d’autres textes, je vous raconte tout dans un podcast de 10 épisodes. Aidez-moi à les aider. Agissons ensemble. Écoutez le podcast et dites-moi ce que vous en pensez dans les commentaires. Apprendrez-vous de nouvelles choses sur la lecture de la Torah? Y trouverez-vous une nouvelle énergie? Aurez-vous des idées à partager pour continuer à avancer ensemble?
Dites-moi tout dans les commentaires du podcast, sur podchaser, ici:
Voici une traduction en français, merci à A.P. pour la traduction:
Chers amis et sympathisants,
Nous avons fait notre aliyah en Israël depuis les Etats-Unis (Orah il y a 57 ans et Patty il y a 6 ans) et, chaque fois que nous le pouvons, nous rejoignons les prières des Femmes du Mur. L’aliyah est inspirante et joyeuse, c’est la réalisation d’un rêve et un profond sentiment de retour à la maison. Mais tout « Oleh »vous dira aussi que cela peut être déroutant, décevant, frustrant, exaspérant et, parfois, un peu effrayant. Ce matin, c’était tout cela à la fois.
Ce ne sont ni la bureaucratie impossible, ni même deux ans et demi de guerre qui nous ont mises à l’épreuve. C’est notre tentative d’apporter un rouleau de Torah au Kotel afin de pouvoir prier et lire la Torah avec nos amies des Femmes du Mur, tout comme des dizaines de garçons l’ont fait ce matin de l’autre côté de la séparation. A la place, le rouleau de Torah a été confisqué à l’entrée lorsque nous avons essayé de le faire entrer en douce, caché dans un déambulateur.
Demain, c’est le marathon de Jérusalem. Et même si les Femmes du Mur n’ont pas peur de l’endurance (voir leur lutte qui dure depuis des décennies), l’accès au Kotel sera bloqué. Nous avons donc choisi de venir ce matin, discrètement, sans annoncer la prière publiquement.
« Nous avons des règles spéciales ici », nous a dit le chef de la sécurité de la Fondation du Patrimoine du Kotel en nous prenant le rouleau de Torah. Nous ne savions pas que la discrimination envers les femmes était considérée comme « spéciale ». Nous aurions plutôt appelé cela illégal ou simplement honteux.
Alors oui, aujourd’hui nous nous sentons déroutées, déçues, frustrées et exaspérées. Et demain, nous continuerons. Nous continuerons à œuvrer pour le changement afin que les femmes, elles aussi, puissent jouir d’une pleine liberté religieuse en Israël.
Parmi les différentes luttes pour la démocratie, nous soutenons les associations paritaires entre Palestinien.nes et Israélien.nes et nous en reparlerons ici.
Que cette journée soit pour nous l’occasion d’agir ensemble!
Tous les mois depuis 37 ans, les femmes du mur affirment le droit de toutes et de tous à vivre pleinement le judaïsme. Comment? En proposant une lecture de la Torah au Kotel hamaaravi, au mur occidental, appelé parfois « mur des lamentation ». Ce mur est le dernier vestige du Temple de Jérusalem. Initialement, il n’était qu’un mur de soutènement de l’esplanade, et le Temple se trouvait là où se trouve l’actuelle mosquée. Ce lieu est d’une grande puissance symbolique. L’accès à ce lieu est chargé symboliquement, historiquement et socialement. Les « neshot hakotel », « femmes du mur », s’efforcent chaque mois de célébrer le début du mois, ראש חודש, avec le chant du hallel, et la lecture de la torah. Cet acte de pure spiritualité est transformé en acte de courage et de résistance en raison des attaques qu’elles subissent de ce fait: hurlements, insultes, objets jetés, livres de prière déchirés, sefer torah interdit, femmes détenues en garde à vous pour avoir porté un tallit. La situation se détériore à leur encontre, voir : article en français sur ce site, article en anglais sur le los angeles time.
Pour cette raison, en ce jour de Roch Hodech Yiar, je vous propose de rejoindre une action pour renforcer la capacité des femmes et des hommes égalitaires à lire dans la torah.
Première étape: prendre conscience de l’importance de notre action et de notre solidarité. Pour cela, j’ai réalisé deux choses:
1 – j’ai écrit une kavana, un petit texte inspirant (j’espère) à lire avant d’étudier la torah et d’apprendre à la lire
2 – réalisé un mini podcast pour expliquer l’importance de cette kavana, sa signification, l’origine des éléments que j’y ai introduits.
Passez à l’action avec moi, écoutez la présentation du podcast, laissez-le agir, dites-moi ce que vous en pensez en laissant des commentaires sur podchaser, mettez de bonnes reviews si vous pouvez/voulez.
Ainsi, nous créerons un lien précieux pour nos actions futures et nous permettront à toutes celles et ceux qui défendent la liberté, l’égalité et la démocratie de se joindre à nous.
Merci à vous, et excellent mois de Yiar à toutes et tous!
SAVE THE DATE: Nuit d’étude de Chavouot jeudi 21 mai à 19h30 puis office le 22 mai, détails à suivre!
Et sinon, ON SE RETROUVE CE CHABAT pour des offices cosy, « vers gambetta », vendredi à 19h30 et samedi à 10h. All welcome, et contactez-moi si vous avez besoin de l’adresse!
En ce jour de commémoration de la Shoah, mon coeur me porte vers les survivant.es comme celles et ceux qui n’ont pas survécu, vers leurs familles, vers nous toutes et tous.
« Lorsque tu auras fait toute ta paix, dans toute ta justice, alors seulement nous serons satisfaits », disait Edmond Fleg.
La paix et la justice globales sont le seul frein aux génocides, la mobilisation des populations civiles, c’est à dire chacun et chacune d’entre-nous au service du respect de toute vie est nécessaire.
En ce jour de commémoration de la Shoah, voici quelques pistes de réflexions que je vous partage:
Parler de la Shoah: Non, on ne parle pas « trop » de la Shoah, mais on en parle mal. Ce qu’il faut savoir sur la Shoah en quelques paragraphes, tiré de mon livre « En finir avec les idées fausses sur le judaïsme, les juives et les juifs » sorti aux éditions de l’Atelier l’année dernière:
Et en bonus, une prière que j’ai écrite il y a quelques années, à l’occasion de ce jour indicible.
Lettre au Créateur à l’occasion de Yom haShoa
Cher Dieu,
Toi qui n’existes pas, toi dont le nom n’existe pas, Toi que nous mentionnons sans cesse dans nos prières, Toi dont nous respectons les commandements,
Cher Dieu,
Toi dont nous ne savons que faire en ce jour face à la tragédie du passé.
Cher Dieu,
Aujourd’hui, nous pleurons l’assassinat de chacun et de chacune des déportés, la disparition de chacune de leurs pensées, chacun de leurs sentiments, de leurs savoirs, de l’univers émotionnel et culturel qu’ils portaient, de leur importance pour eux-mêmes, pour leurs proches, pour l’équilibre du monde.
Aujourd’hui, nous faisons face aux souffrances qu’ils ont endurées, celles de leur proches qui les ont espérés, attendus, perdus.
Aujourd’hui, nous portons devant toi les souffrances des rescapés, des enfants de rescapés et de leurs petits-enfants.
Aujourd’hui nous rappelons chacun des actes constitutifs de ce génocide et chacune de ses conséquences.
Nous nous souvenons de l’horreur de ce crime, cette destruction des juifs parce qu’ils étaient juifs, de cette plaie encore ouverte dans l’identité juive et dans l’humanité toute entière.
Aujourd’hui, nous portons devant toi le deuil et le bouleversement de nos cœurs.
Cher Dieu,
En ce jour de sinistre commémoration, j’aimerais faire le bilan de ton ouvrage. Ton ouvrage, c’est nous.
Tes serviteurs, nos sages, Hillel et Chamai, se sont interrogés pendant 2 ans et demi pour savoir si tu avais eu raison de créer l’être humain. Contrairement à leur habitude, ils sont finalement tombés d’accord : c’était une erreur, il aurait mieux valu ne pas créer l’humanité, mais maintenant que nous sommes là, il nous appartient de serrer les dents et de faire de notre mieux.
Cher Dieu,
En ce jour de sinistre commémoration, j’aimerais également faire le bilan de notre ouvrage. Notre ouvrage, c’est toi.
D’après notre tradition, nous sommes pour toi, tu es pour nous, nous portons des téfilines affirmant ton unité, tu portes des téfilines affirmant la nôtre, et si on peut s’interroger sur l’utilité d’avoir créé l’homme, en toute réciprocité, nous pouvons questionner également l’opportunité pour l’humanité d’avoir créé « dieu ».
Fallait-il créer « Dieu » ? Quel serait ce Dieu unique et unificateur, qui laisserait ses enfants s’entre-détruire?
Yom hachoa, l’immensité de la blessure ouverte par l’humanité, dans le corps même de l’humanité, il y a 70 ans nous pousse à ces questions dramatiques. Fallait-il créer l’être humain ? Fallait-il créer « dieu » ? Si le meilleur de l’humain est incarné par l’image de dieu, l’humain, comme le divin, ont été assassinés dans les camps, six millions de fois. Il est clair maintenant que, contrairement à la recommandation de Hillel et Chamai, nous n’avons pas « tiré le meilleur parti » de la nature humaine et de l’inspiration divine censée la guider.
Le dommage est-il réparable ? Cher Dieu, qu’en dis-tu ? Pour toi qui es si inaccessible, 6 millions sont-ils comme une goutte d’eau dans l’océan ? 4 ans de choa sont-ils un instant fugace dans l’histoire de l’univers ?
Cher Dieu, qu’en dis-tu ? Toi qui es si proche de nous, n’as-tu pas lu dans le Talmud que la mort d’une seule personne équivaut à la mort d’un monde entier, d’une humanité entière ?
—
Tes serviteurs, nos sages, dans leur grande sagesse, nous ont enseigné qu’une chose impropre pouvait être « annulée » si elle était diluée dans 60 fois son volume.
La Choa pourrait-elle être diluée ?
Nous craignons qu’elle ne soit diluée, oubliée, perdue, diluée par 60 fois son volume d’infox, de fake news, de manipulation, de jeux sur la peur, de mensonge, de lâcheté, de souffrances futures, de souffrances de notre peuple, de souffrances de l’humanité, de nouveaux crimes génocidaires, dans 60 fois plus de repli.
La choa ne doit pas être diluée.
Au contraire, elle doit nous mobiliser, pour que la lâcheté, le silence et l’indifférence d’alors nous inspirent 60 fois plus de courage, 60 fois plus de solidarité, 60 fois plus de force bienveillante dans notre peuple, et 60 fois plus de force bienveillante dans l’humanité.
En prononçant nom après nom, âge après âge, l’identité des déportés pendant les 24 prochaines heures, nous devons aussi espérer. J’aimerais que pour chacun de ces noms, soixante personnes s’emparent des valeurs de l’anti-choa.
Laissons résonner quelques mots d’Edmond Fleg. Ces mots, il les adressait aux jeunes juifs engagés dans la résistance, ils ont été recueillis par la suite dans son livre « le chant nouveau », Chir Hadach. Ces paroles, exprimées au cœur de la tourmente, restent pleinement valides :
« Ce que vous souhaitez sans doute, c’est un chant nouveau de courage et d’espérance : « Chantons, dit le Psalmiste, un chant nouveau ! » (Psaume CXLIX) (…)
La chose ne serait possible que si l’on parvenait à dégager ce Chant Nouveau, capable d’émouvoir également toutes les âmes juives. Le passé nous a laissé un immense trésor de foi, de savoir et de faits, qui demeure ouvert devant nous. Dans ce trésor, essayons de découvrir ce qui, traduit en langage d’aujourd’hui, peut parler efficacement à un juif d’aujourd’hui, pour l’aider à reconstruire, en son âme, le judaïsme, et à collaborer, pour sa modeste part, à la résurrection de la patrie et de l’humanité. Peut-être, alors, nous sera-t-il possible de chanter, pour nous et pour tous, le Chant Nouveau. »
70 ans après la choa, il est évident que le « plus jamais ça » est loin d’avoir gagné. Pour remporter la victoire, en tant qu’armée de paix, « tseva chalom », il est nécessaire de traduire l’aspiration de Fleg à un niveau plus large, au niveau universel, si bien que :
« La chose ne sera possible que si l’on parvient à dégager ce Chant Nouveau, capable d’émouvoir également toutes les âmes humaines. Dans ce trésor, essayons de découvrir ce qui, traduit en langage d’aujourd’hui, peut parler efficacement à l’humanité d’aujourd’hui, pour l’aider à reconstruire, en son âme, l’identité humaine. Peut-être, alors, nous sera-t-il possible de chanter, pour nous et pour tous, le Chant Nouveau. »
Cher Dieu,
Aujourd’hui, nous ne quitterons pas ton côté, car tu incarnes pour nous l’unité de l’humanité, le meilleur de nous-mêmes. Nous nous tiendrons à ton côté, et nous considérerons que tu te tiens au nôtre, durant ces 24 heures.
Nous serons là pour évoquer la mémoire.
Notre but, comme le disait le prophète MiHa, reste d’œuvrer à la justice, d’aimer la bonté et de progresser humblement aux côtés de notre Dieu.
Cher Dieu, en ce jour de yom hachoa véhagvoura, progressons humblement ensemble, ainsi que nous le faisons, en ce jour et tous les jours, cette année et toutes les années, dans cette génération et dans toutes nos générations, depuis 3000 ans.
En dépit de la tragédie que nous commémorons aujourd’hui, nous affirmons, comme par le passé, et pour l’avenir : Itgadal véitkadach chémé rabba, mir zeinen do, Nous sommes là !