Paracha Ki Tavo : la générosité, un facteur de succès ?

Quelles sont les clés du succès ? Question majeure que se posent de nombreux entrepreneurs, consultants, psychologues…Pour certains, ce sont d’abord la volonté, la confiance en soi et la persévérance, pour d’autres, c’est plutôt la compétence associée au goût du risque.

L’ouverture aux autres, la générosité et la reconnaissance ne sont pas souvent citées comme facteurs de succès. Encore moins la spiritualité et l’espérance, en ce qu’elles peuvent nous guider dans nos actions, nous rassurer et nous dynamiser.

La paracha Ki Tavo nous pousse à nous concentrer sur ce sujet.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Ki Tavo du sefer Devarim (le Deutéronome) 26:1 à 29:8

Devarim 26:1. « Quand tu seras enfin arrivé dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne en héritage… »

L’objectif sera très bientôt atteint. Sans aucun doute, la terre promise, si longtemps espérée, sera conquise. C’est ce que Moïse annonce aux enfants d’Israël. Après des générations de patriarcat et de matriarcat difficiles et conflictuels, après des années d’esclavage, après 40 ans de pérégrinations dans le désert, les enfants d’Israël vont enfin pouvoir s’installer en terre de Canaan.

Moïse présente ce succès d’une façon tout à fait singulière. Il le présente sous la forme d’une injonction non applicable dans l’immédiat. On remarque qu’il s’exprime comme s’il était sûr de l’avenir; ce qui est bien davantage persuasif que de dire : vous allez réussir ! Moïse cherche-t-il à préparer son peuple au succès ? Cette façon de procéder nous conduit à nous interroger sur l’état d’esprit des enfants d’Israël à ce moment là, et aussi à nous interroger sur nous-mêmes en pareilles circonstances.

Quand nous sentons le succès tout proche, quand l’espoir de la réussite est presque comblé, nous nous trouvons dans un état d’esprit hors du commun. Nous sommes anxieux et nous nous posons des questions un peu saugrenues. Ne rêvons-nous pas ? Qui pourrait nous convaincre ? Serons-nous à la hauteur de ce succès tant attendu ? Sommes-nous prêts à affronter ce succès, à l’investir émotionnellement, à en assumer toutes les conséquences ?

Moïse annonce donc l’événement en édictant une injonction, une loi, aux enfants d’Israël :

Devarim 26:1 à 26:2. « Quand tu seras arrivé enfin dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne en héritage, quand tu en auras pris possession et y seras établi, tu prendras des prémices de tous les fruits de la terre, récoltés par toi dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, t’aura donné, tu les mettras dans une corbeille, et tu te rendras à l’endroit que l’Éternel, ton Dieu, aura choisi pour y faire régner son nom. »

Le succès arrivé, les enfants d’Israël devront, avant toute autre démarche, exprimer leur générosité et leur reconnaissance envers Dieu en apportant les prémices de leur récolte au Temple. Ces prémices seront données en partage à ceux qui resteront dépourvus, les Lévites, l’étranger, l’orphelin, la veuve et les plus démunis.

L’injonction de l’Éternel à la générosité et à la reconnaissance, par l’intermédiaire de Moïse, est une démarche remarquable. En contraignant à l’avance les enfants d’Israël au partage, l’Éternel les prépare a la réussite et comble leur espoir de façon indirecte. Il les stimule ainsi dans leurs actes. La générosité et la reconnaissance deviennent des facteurs de succès. Les enfants d’Israël sont dès à présent  responsables de ce qu’ils vont obtenir et comprennent qu’ils devront en assumer les conséquences. En retour, ils savent qu’ils pourront jouir pleinement de leur succès.

L’injonction de reconnaissance, implique le souvenir du passé aux enfants d’Israël. Elle les soumet à l’humilité.

Devarim 26:5 à 26:6. « Et tu diras à haute voix devant l’Éternel, ton Dieu: mon père était un araméen errant. Et il descendit en Egypte, y vécut en étranger, d’abord en très petit nombre, puis il devint là une nation considérable, puissante et nombreuse. Alors les Égyptiens nous maltraitèrent, nous opprimèrent et nous imposèrent un dur esclavage. »

Ces versets de la paracha sont repris par la haggada de PessaH.

Notre paracha délivre un protocole à suivre et des recommandations :

Dès que nous atteignons la réussite, nous devons nous présenter devant le Cohen (le Cohen de notre temps, bien-sûr) remercier l’Éternel en le remerciant, lui manifester notre générosité et l’assurer que nous partagerons le fruit de notre succès avec les plus démunis.

Alors seulement, nous pourrons dire, comme l’ont fait les enfants d’Israël après s’être acquittés de leurs devoirs :

Devarim 26:14 à 26:15. « …docile à la voix de l’Éternel, mon Dieu, je me suis entièrement conformé à tes prescriptions… Regarde du haut des cieux, ta sainte demeure, et bénis ton peuple Israël et la terre que tu nous as donnée, comme tu l’as juré à nos pères… »

Recommandation à retenir : avant de demander, nous devons d’abord donner.

La spiritualité nous a guidés sur le chemin de la réussite. La générosité et la reconnaissance, véritables facteurs de succès, nous ont permis de prendre conscience du chemin parcouru et de toute la valeur de notre réussite.

Par ailleurs, quand nous aurons à encourager nos proches, ou à nous encourager nous-mêmes, il sera nécessaire de conforter leur espoir de réussite, ou le nôtre. L’espoir, lui aussi, est un facteur de succès majeur !

Paracha Ki Tétsé : éduquer ou punir ?

Mettre au monde des enfants impose une grande responsabilité. En avons-nous vraiment conscience ? Tous les parents, dignes d’être parents, souhaitent éduquer leurs enfants le mieux possible.

Pour quelle bonne raison voulons-nous bien éduquer nos enfants ? Pour être fiers d’eux ? Pour nous éviter des tracas aujourd’hui et plus tard ? Pour satisfaire notre besoin d’autorité ? Ou tout simplement, par amour pour eux ?

Faut-il punir parfois ses enfants ? Qui peut se vanter de ne jamais l’avoir fait ? La punition, pour certains, fait partie de l’éducation; mais a-t-il été démontré que punir soit efficace ? Et qu’entend-on par punition ?

En quelques versets, qui semblent radicaux, la paracha Ki Tétsé de la Torah traite le sujet de l’éducation des enfants à problèmes.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Ki Tétsé du sefer Devarim (Deutéronome) 21:10 à 25:19, et le sort réservé aux enfants rebelles

Devarim 21:18 à 21:21. « Si un homme a un fils obstiné et rebelle, sourd à la voix de son père comme à celle de sa mère, et qui, malgré leurs corrections, persiste à leur désobéir, son père et sa mère se saisiront de lui, le traduiront devant les anciens de sa ville, au tribunal de son lieu. Et ils diront aux anciens de la ville: notre fils que voici est obstiné et rebelle, n’obéit pas à notre voix, c’est un glouton et un ivrogne. Alors, tous les hommes de la ville le feront mourir à coups de pierres. Ainsi, tu auras éliminé de chez toi ce qui est mauvais, et tout Israël l’apprendra et sera alors saisi de peur. »

Commenter ces versets de la Torah est indispensable. Quand on sait, notamment, que le terme « torah » dérive du terme « oraha » qui signifie « éducation ».

Le message délivré par la Torah n’est pas simple à comprendre. D’autant plus que la Torah a conté précédemment les grandes colères et les punitions sévères que Moïse a infligées à son peuple, en certaines situations; Moïse se trouvant alors dans le rôle de père spirituel des enfants d’Israël.

La paracha Ki Tétsé aborde l’éducation des enfants dans un contexte d’événements violents sur tous les plans : guerre, appropriation de prisonnières, jalousies tragiques…Parfois, dans la Torah, il semble qu’éduquer c’est d’abord punir ! Que faut-il en penser ?

Souvenons-nous que nous ne devons pas interpréter les versets de la Torah indépendamment de l’enseignement oral des Sages, et du Talmud en particulier.

L’interprétation des versets cités par le traité Sanhédrin du Talmud

Quand nous avons affaire à un enfant « rebelle », le traité Sanhédrin nous suggère, dans un premier temps, d’avertir l’enfant en présence de 3 témoins, en l’informant précisément des risques qu’il encoure, puis de le maintenir en observation pendant 3 jours.

Ensuite, si rien ne s’arrange, pour que la sanction demandée par la Torah puisse être appliquée, l’enfant doit être reconnu réellement débauché, glouton et ivrogne au sens propre. Etant donnée la gravité de ses vices et de son insoumission, il faut que nous soyons certains que tout ira en empirant dans le futur. En bref, que nous soyons certains que cet enfant est irrécupérable. Si c’est vraiment le cas, la sanction sera appliquée pour son salut : l’enfant mourra innocent avant de devoir mourir coupable.

Mais comment prédire l’avenir d’un enfant ? Ce serait nier sa liberté. Ici, nous nous rapprochons de la notion de « dangerosité » d’une personne : l’estimation de ses crimes futurs. Michel Foucault a dénoncé les risques de cette façon de penser, qui éveille également notre méfiance. Heureusement, le Talmud ne s’arrête pas là.

Le Talmud va plus loin. L’enfant est puni pour son odieux comportement, sous réserve qu’il ait reçu une éducation totalement cohérente de la part de ses 2 parents : dans leur éducation, les 2 parents sont apparus à l’enfant totalement égaux. Les 2 parents ont éduqué l’enfant avec « la même voix », « la même apparence » et en étant de « la même taille ».

Nous sentons une touche d’humour dans ces paroles du Talmud. Comment ces conditions d’idéale égalité pourraient-elles être satisfaites ?

Le Talmud pose une double condition supplémentaire. D’une part, l’accusé doit être un véritable « enfant » (ben, בֵּן en hébreu) comme le dit la Torah. Donc une très jeune personne. D’autre part, pour être considéré comme responsable de ses actes, l’accusé doit être « adulte ». Il doit donc être suffisamment âgé. Il est possible de punir l’enfant seulement s’il est à la fois jeune et vieux. C’est bien sûr impossible. Avec humour, ici aussi, le Talmud prend note de cela. Il indique qu’il existe peut-être une période de 3 jours entre enfance et maturité, qui seule permettrait l’application de cette loi. Avant il est trop tôt, après il est trop tard !

Toutes ces conditions rendent très difficile, voire impossible, l’application du commandement de la Torah. Le Talmud conclut en affirmant que « l’enfant rebelle » n’a jamais existé, et qu’il n’existera jamais. Nous voilà rassurés quant à la condamnation d’un enfant à la lapidation !

La leçon à tirer, de cette paracha, pour l’éducation de nos enfants et pour nous-mêmes

Commençons par nous pencher sur la remarque du Talmud : il n’y a jamais eu d’enfant rebelle, et il n’y en aura jamais.

Alors, pourquoi soulever ce problème ?

Une réponse se trouve dans une autre phrase du Talmud concernant le texte de la Torah que nous venons d’évoquer : « commente le et reçois-en un salaire ».

Quel salaire pouvons-nous tirer de l’étude de ce passage de la Torah ? Tentons de le faire : la meilleure éducation que nous pouvons fournir à nos enfants ne sera jamais sans faille. Nous devons faire au mieux et demander à nos enfants de faire, eux aussi, au mieux de leurs possibilités. Avoir un enfant rebelle, récalcitrant, au sens actuel de notre langage de parent, n’est pas forcément une catastrophe (parfois, nous avons vraiment envie de le…..lapider, mais c’est interdit). Toutefois, nous devons faire le maximum pour éviter cela car un enfant peut réellement finir par « mal tourner ». Ce risque ne doit pas être ignoré.

Le plus important est, sans doute, de réussir à maîtriser les pulsions préjudiciables de l’enfant par l’éducation que nous lui apportons. Pensons aussi que nous devons, nous-même, apprendre à dominer nos excès, notre violence, nos propres pulsions et à acquérir un minimum de sagesse. La qualité de l’éducation que nous souhaitons donner à nos enfants en dépend. La Torah et le Talmud sont là pour nous y aider.

La tentation de punition est légitime mais, en fin de compte, c’est en sollicitant l’intelligence de l’enfant que nous l’aiderons à prendre conscience de ses actes et de ses responsabilités.

Paracha Réé : idéalisme ou réalisme ?

Nous projetons des actes, nous les préparons, nous décidons, nous les réalisons le cas échéant, puis nous examinons leurs conséquences et nous assurons que l’objectif visé a été correctement atteint.

Par ailleurs, dans divers domaines, nous nous fixons de grands principes que nous respectons le mieux possible : éducation, mode de vie, travail, moralité…En ce qui concerne ces principes de vie, nous nous posons les mêmes questions.

Nos actes réfléchis et nos grands principes tendent, par hypothèse, vers l’idéal. Quelle est leur part de réalisme en matière de conception et d’application ?

Toutes ces questions, la Torah se les pose assez directement dans la paracha Réé.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Réé du sefer Devarim (11:26 à 16:17)… 

  • en ce qui concerne les grands principes sujets à bénédiction et malédiction :

Réé (רְאֵה) signifie « vois », « regarde », « observe ».

Devarim 11:26 à 11:28. « Voyez! Je mets devant vous, en ce jour, la bénédiction et la malédiction. La bénédiction, quand vous obéirez aux commandements de l’Éternel votre Dieu, que je vous impose aujourd’hui, et la malédiction, si vous n’obéissez pas aux commandements de l’Éternel votre Dieu, si vous quittez la voie que je vous trace aujourd’hui, pour suivre des dieux étrangers, que vous ne connaissez point. »

La Torah nous demande non seulement d’obéir, mais aussi de « voir », de juger, de telle sorte que ses prescriptions soient accomplies de façon intelligente.

Tel est le sens de la bénédiction en hébreu.

La bénédiction, la braHa, est une conception dynamique, inépuisable et liée à la vie : « bénédiction si l’on accomplit, si l’on fait… » Rappelons-nous que « braHa » est à rapprocher de « breHa » qui veut dire « étendue d’eau » à priori inépuisable. La dynamique de la bénédiction entraîne ici au respect d’un principe fondamental de la Torah : l’obéissance aux paroles de Dieu doit être réfléchie pour éviter les effets pervers, la loi sur les dettes en est un exemple.

  • en ce qui concerne la loi sur les dettes :

Devarim 15:1 à 15:5. « Tous les 7 ans, tu pratiqueras la loi de rémission. Voici le sens de cette rémission: tout créancier doit faire remise de sa créance, de ce qu’il aura prêté à son prochain. Il n’exercera pas de contrainte contre son prochain et son frère…L’étranger, il peut le contraindre… A la vérité, il ne doit pas y avoir d’indigent chez toi car l’Éternel veut te bénir dans ce pays…mais c’est quand tu obéiras à la voix de l’Éternel ton Dieu, en observant avec soin toute cette loi que je t’impose en ce jour. »

Suivant une périodicité de 7 ans, durant l’année de la chmitah (rémission), les dettes entre enfants d’Israël sont annulées. De la sorte, personne ne reste soumis à des créanciers au delà de l’année de la chmitah. Les personnes concernées sont libérées de leurs dettes et peuvent continuer leur activité sans fardeau. Cette loi de la Torah a pour but de favoriser le développement économique du peuple d’Israël.

Néanmoins, la finalité de cette loi n’est pas toujours bien comprise. Quand approche l’année de la chmitah, certains refusent de prêter. On ne peut pas faire abstraction de cette réalité. La Torah a la prend justement en compte comme le soulignent les versets suivants :

Devarim 15:9 à 15:10. « Garde-toi de nourrir une pensée perverse en ton cœur en te disant « que la septième année, l’année de rémission approche, » et sans pitié pour ton frère nécessiteux, de lui refuser ton secours. Alors il se plaindrait de toi à l’Éternel, et tu te rendrais coupable d’un péché. Non! Il faut lui donner, et lui donner sans que ton cœur le regrette, car pour prix de cette conduite, l’Éternel ton Dieu, te bénira dans ton labeur et dans toutes les entreprises de ta main. »

La Torah a donc prévu les abus de sa loi généreuse sur le remboursement des dettes. Quiconque refuse, à tout moment, d’accorder une aide financière à un proche nécessiteux se rend coupable de manque de générosité; alors que les personnes qui acceptent de le faire s’inscrivent dans une dynamique de partage et de construction.

Hillel l’Ancien (premier siècle av.JC) est allé plus loin. Selon la michna Cheviit, il a fait de ces versets de la Torah une takana (décision à force de loi) qui empêche l’application de la règle de rémission des dettes tous les 7 ans. Cette takana est lourde de sens. Hillel l’Ancien a fait en sorte que le réalisme l’emporte ici sur l’idéalisme de la Torah. Ainsi, la bénédiction accordée à ceux qui prêtent aux démunis a prévalu sur la malédiction de ceux qui refusent. Ce fut une façon réaliste de pousser à la générosité.

La largesse d’esprit de la Bible hébraïque et la leçon à en tirer

Mentionnons trois extraits particulièrement significatifs :

Paracha Rée : la Torah anticipe d’elle-même le risque d’abus de sa loi idéale portant sur le remboursement des dettes. La torah orale propose des solutions à travers Hillel, pour permettre à la générosité actuelle de s’exprimer à travers le fait de prêter, même de façon limitée, en attendant que nous faisions de nouveaux progrès et que nous devenions capables d’une remise des dettes complète.

Vayikra ( Lévitique 18:5) : « Voici les commandements que l’homme fera et il vivra par eux. » L’être humain ne doit pas appliquer aveuglément les paroles de Dieu; il doit faire preuve de réalisme en certaines circonstances et s’assurer que les commandements sont appliqués « pour la vie ».

Les Psaumes (119:126): « Il est temps d’agir pour l’Éternel car on a renversé la Torah ». Cette phrase sert également d’appui aux sages pour mettre en œuvres des mesures étranges qui semblent parfois contraires à ce que dit la Torah, mais qui sont nécessaires à sa préservation.

Les grands principes de vie nous sont indispensables. Ils sont le guide de notre vie. Comme ce sont des idéaux, le risque de transgression doit y être intégré. Cependant, quand leur part de réalisme est trop insuffisante et qu’ils vont à l’encontre de leur destinée, ils deviennent néfastes. Il est nécessaire alors de les remettre en cause avec sagesse, non pas pour les supprimer mais pour les corriger et leur redonner leur raison d’être.

Pour conclure : il ne faut pas penser « Idéalisme ou Réalisme », il faut penser « Idéalisme et Réalisme. »

 

 

Bien commencer la rentrée: prévoir un week-end d’amitié et d’étude

chabat plein mjlf
étude chabbat

Le week-en à Avon est une institution au MJLF.
Cette année, il tombe particulièrement bien, fin septembre, pour nous permettre de préparer une année qui nous ressemble.
Les week-ends communautaires sont une façon de partager un vrai chabbat, de goûter pleinement le bonheur d’être juif.
Cette année, notre paracha sera la merveilleuse paracha « Ki Tavo », et notre haftara sera le très beau et réconfortant chapitre 60 du livre d’Isaïe.
Notre thème d’étude sera celui du passage et de l’initiation, coordonnant le thème de Kipour et celui de la flûte enchantée.
Pour vous inscrire, contactez le secrétariat du MJLF: secretariat@mjlf.org, ou téléphonez 01 44 37 48 48.
(du 23 septembre 10h30 au 25 septembre 14h, possibilité d’arriver le vendredi soir)

paracha Ki tavo:


chabat plein mjlf

Avon2

Communiquer, c’est sacré! Rachi, ce samedi 14 mai

Communiquer, c’est sacré!

La paracha Kedochim (spéciaux, saints, sacrés) évoque des principes fondamentaux de communication.

Quel est l’impact d’une communication détournée? Quel est le but et le principe de la communication?

Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.

Pour que nos mots aient un contenu et une tonalité de construction.

La feuille de source est disponible ici: 9 Rachi Kedochim Communiquer

A samedi (accueil 9h15, début 9h30) et …שבת שלום

Fraterniser, c’est tout un art! Rachi, ce samedi 1e avril

Qu’est-ce que la fraternité? Comment gérer les coresponsabilités parfois à peine choisies?

Les frères ne choisissent pas leur condition fraternelle, dans le cadre familial imposé, ils se trouvent obligés de se positionner face à leur alter ego.

Moïse et Aaron sont liés par leur fraternité et aussi par leurs charges de leadership vis-à-vis du peuple.

Leur relation dans la mise en place du service du tabernacle, au moment le plus crucial et sensible, nous invite à examiner les éléments qui sont la base de leur collaboration.

Quelle a été la recette de la création de la fraternité?

Notre paracha nous invite à cultiver l’art de la création de la collaboration.

Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.

La feuille de source est disponible ici: 8 Rachi Chémini fraterniser

A samedi (accueil 9h15, début 9h30) et …שבת שלום

Construire le sacré, c’est tout un art! Rachi, ce samedi 12 mars

Comment des humains peuvent-ils construire le sacré?

Comment exprimer ce qui nous dépasse?

Quelle est notre puissance et notre impuissance devant les mystères de la vie?

Notre paracha nous invite à cultiver l’art de l’humilité active.

Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.

La feuille de source est disponible ici: 7 Rachi Pekude construire le sacre

A samedi (accueil 9h15, début 9h30) et …שבת שלום

Être solidaires, c’est tout un art! Rachi, ce samedi 6 février

La solidarité, est-ce que cela va de soi?

De qui devrions-nous être solidaires, pourquoi, de quelle façon?

Qu’est-ce qui peut nous inciter à porter attention aux besoins d’autrui?

Notre paracha nous invite à cultiver l’art de l’entre-aide.

Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.

Pour remettre sur le métier cette valeur fondamentale.

La feuille de source est disponible ici: 6 Rachi Michpatim etre solidaires

A samedi (accueil 9h15, début 9h30) et …שבת שלום

Le plaidoyer de Moïse

La paracha de cette semaine est celle de la trahison, de la brisure et de la réparation.

Le veau d’or, les tables de la loi cassées, la discussion entre Moïse et Dieu pour sauver l’alliance.

C’est un puissant message d’espoir et de communication: les difficultés existent dans toutes les relations, mais elles peuvent être surmontées.

Ce chabbat à 9h (accueil) et 9h15 (début de l’étude) nous étudierons les textes et le commentaire de Rachi.

(feuille de source à télécharger: Ki Tissa)

Notre rencontre de travail vers l’interconvictionnel de ce dimanche avec Mano Siri, un compte rendu subjectif

Nous avons été bouleversés par les événements de janvier. L’interconvictionnel et la pédagogie étaient déjà centraux dans notre pensée et dans nos projets, à moi en tant que rabbin, à la communauté dans son histoire, et à un grand nombre de ses membres à titre personnel. Nous sommes aujourd’hui engagés dans une volonté d’ouverture et de développement, de mise en commun de nos forces et de nos savoirs dans ces domaines.

Ce texte est une collection de pensées liées à notre discussion de ce dimanche. Pour accéder au texte préparé par Mano Siri, cliquez ici.

Ce dimanche 25 janvier, nous avons eu notre première session avec Mano Siri à Ganénou. Mano est la mère de trois filles dont la dernière a célébré sa Bat Mitsva cet automne, elle est la Présidente de la Commission Culture de la LICRA et elle est professeure de philosophie dans des classes très concernées par les problématiques actuelles.

Je voulais partager quelques éléments de ce que j’ai retenu et pensé au cours ce cette session, de façon assez subjective, dans le but peut-être de faire le lien avec la session suivante, de permettre à chacun de s’exprimer ou de partager. N’hésitez pas à laisser des commentaires.

Nous étions 20/25 dans la bibliothèque ce dimanche, dans une belle mobilisation suite à la réunion du dimanche précédant. Notre groupe comprenait des parents d’enfants du talmud torah, et aussi des membres de la communauté, d’âges divers, des jeunes.

Mano Siri avait amené quelques exemplaires de son livre, « 100 mots pour se comprendre contre le racisme et l’anti-sémitisme », livre qu’elle a codirigé avec Antoine Spire car le parti-pris de ce livre est d’avoir des auteurs différents.

L’idée est que le dialogue nécessite le fait de pouvoir entendre où se situent nos interlocuteurs. On entend mieux quand on est sûr de sa capacité à répondre dans la sérénité, et la définition des mots est la base de cette confiance et du recadrage du dialogue.

Le mot dont nous sommes partis est le mot ‘blasphème’. Nous en avons repris la définition selon l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, nous avons parlé de l’histoire chrétienne du blasphème. Nous avons ainsi évoqué les sources historique de la laïcité française. J’ai pensé que ces faits étaient intéressants car ils permettent de montrer que le catholicisme a été comme certains islams aujourd’hui en opposition avec la société laïque et a possédé une notion de blasphème en tant que péché. La conciliation a nécessité une adaptation qui est intéressante, qui permet de rapprocher les religions dans leur évolution vers la prise en compte des opinions autres.

Nous avons évoqué les déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la déclaration universelle de droits de l’homme de 48, et la loi de 1972 qui pose l’interdiction de l’insulte antisémite, loi qui va au delà de la pénalisation de l’insulte ad hominem.

Nous avons évoqué également la spécificité française dans son rapport au religieux. C’est également une chose intéressante à expliciter car il est plus facile d’accepter une spécificité française quand elle est nommée, de dire, dans tel pays c’est comme ça, dans tel autre c’est ainsi, et en France la façon dont le droit gère le fait religieux a telles et telles caractéristiques. Cela permet de légitimer à la fois la pratique juridique et constitutionnelle française et les autres conceptions, qui sont aussi légitimes d’un point de vue moral (quand elles sont démocratiques) mais n’ont pas de valeur juridique ici.

Nous avons en particulier souligné la différence avec la constitution américaine qui a précédé la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et qui appuie ses principes de liberté religieuse sur une base protestante, incluant une plus grande liberté d’expression parfois mais aussi une place au religieux dans l’état à travers par exemple le fait qu’on prête serment sur la Bible.

Nous avons rappelé ce fait important qu’en obéissant à la loi française, nous nous obéissons à nous-mêmes.
Pourquoi? « Parce que le fondement de l’Etat de droit dont relève la démocratie (mais aussi en passant une monarchie constitutionnelle comme le Royaume-Uni ou l’Espagne) c’est que tous les hommes sans distinction ne sont soumis qu’à la loi et à rien d’autre (pas à un autre homme en tous les cas) et qu’en tant que membre du souverain ils en détiennent une part inaliénable et qu’ils participent à l’élaboration de cette loi. Donc obéir à la loi de l’Etat comme on dit c’est, dans l’Etat de droit comme obéir à soi-même… » ainsi que notre oratrice le développe.

Nous avons évoqué sans avoir le temps d’en parler ce qui peut être la nature exacte et la cause du malaise de certains musulmans face aux caricatures, nous  nous sommes interrogés sur ce qui nous mettrait mal à l’aise.

Nous avons également dit quelques mots sur la façon dont la tradition juive conçoit la relation avec ‘dieu’ et le fait que notre façon de lire la torah écrite était subordonnée à ce qu’en dit la torah orale.

Le prochain rendez-vous commencera en principe à 11h, car une heure, cela semblait un peu court, et aurait lieu dimanche 8 février. Il faudra voir comment nous y procéderons car il y a déjà pas mal de cours et de conférences prévues ce jour là, les participants seront informés.

Bonnes réflexions à tous, et n’hésitez pas à laisser vos commentaires.