Chants autour des bougies de Hanouka

Autour de la playlist « Hanouka, mode d’emploi! » retrouvez des vidéos avec des chants, des histoires et des activités.

Vous pouvez télécharger ici des feuilles à imprimer pour réaliser les chants plus facilement: chants complémentaires de Hanouka

En français et en hébreu, accompagnés d’explications sur les chants, les vidéos vous guident pour mettre de la musique autour de l’allumage des bougies.

Au programme: « Mon père m’a donné une toupie », « j’ai planté un arbre », « nous sommes venus chasser les ténèbres », « lève la tête ».

Mon père m’a donné une toupie, une jolie toupie
Aba hévi li sévivon, li sévivon yafé
C’est pour quoi faire cette toupie ? C’est pour la fête de Hanouka !
Yodim atem michoum ma ? michoum Hag Hanouka!

J’ai planté un arbre à Tel Aviv
Près de la mer dans la lumière
Et je l’ai béni en disant pousse des branches et fais de l’ombre
Et j’ai prié au dieu très haut
Protège l’arbre et garde le pays
Protège le travail des hommes
du vent mauvais qui vient de la mer
J’ai planté un arbre à Tel Aviv
Près de la mer dans la lumière

Nous sommes venus chasser les ténèbres
Dans nos mains de la lumière et du feu
Chacun est une petite lumière
Et ensemble nous sommes une lumière puissante
Écarte-toi ténèbre, va-t-en obscurité !
Écarte-toi, face à la lumière

Lève la tête
peuple d’Israël
Et que ton chant de fête
monte jusqu’au ciel
fais sonner les trompètes
fais battre le tambour
et que ton chant célèbre
Juda le héros du jour
Chante sa gloire
Célèbre sa splendeur
Et que sa victoire
Reste dans nos cœurs

Les femmes, la liberté, Hanouka! Cours adulte ce dimanche à Surmelin

Les femmes « étaient partie prenante de ce miracle ». (article approfondi en hébreu ici)

De quelle façon les femmes étaient-elles partie prenante de Hanouka? De quoi encore les femmes sont-elles partie prenante dans la vie juive? Certains principes pourraient-ils les exclure? Lesquels, et pourquoi?

Notre communauté défend l’égalité, la possibilité d’action de chacun et chacune.

Reprenons ensemble ces textes passionnants, avant l’allumage communautaire des bougies, de 16h à 18h ce dimanche.

Si vous souhaitez vous préparer au cours, prenez connaissance des questions suivantes, qui posent les grands problèmes relatifs à la place des femmes:

40 questions sur le statut des femmes dans la tradition juive

Les femmes sont-elles des hommes comme les autres, en 20 questions

Pour alimenter votre réflexion:

Le Kadich et les femmes

Vidéo référence prb https://www.youtube.com/watch?v=v7haoVIlFF8

Hanouka, une vidéo par jour!

Hanouka approche… Mais êtes-vous prêts?

Des chants, des beignets, des histoires, des toupies, des Hanoukiot! Hanouka est de retour! Retrouvez chaque jour une vidéo de plus qu’hier, pour renouveler de beau moment amical, familial, ou communautaire. 

Retrouvez les vidéos au fil de leur parution en vous abonnant à la chaine youtube suivante: 

Tout commence dimanche soir, avec un allumage à la synagogue.

Bonne fête de Hanouka! Hag Ourim SaméaH!

 

Pour les enfants: Les bougies, la tendresse, Sarah notre mère

Ce vendredi, rendez-vous à 18h35 avec les petits et les moyens pour des histoires et des chants.

Nous reprenons les Erev Chel Yéladim, avec un thème simple pour les petits:

Histoires de Patriarches et de Matriarches.

Au programme à chaque fois: une de nos figures archétypales de la torah, une lettre hébraïque, une chanson facile, une histoire, et de petites participations à l’office à différents moments.

Cette semaine:

  • Figure de proue: Sarah
  • Lettre: Lamed
  • Prière: Allumage des bougies du chabbat

Comme toujours, parents et enfants feront ensemble des jeux parallèles pendant les prières, pour se rattacher aux chants de la communauté de leur façon particulière.

Retrouvez notre vidéo:

Au plaisir de nous retrouver, avec tous ces chants que nous aimons et cette ambiance de partage.

Le charme de Hanouka, dimanche 18/11

Hen, HinouH, Hanouka, charme, éducation et inauguration!
Pour la tradition juive, tout est pédagogie.

La fête de Hanouka, à la fois ludique, instructive et inspirante nous entraîne dans un voyage où la grâce, l’éducation et les inaugurations ne font qu’un.

Que nous apprend Hanouka à titre individuel? Que nous enseigne-t-elle sur ce qu’est l’éducation juive?

Cette thématique, proche de tous les parents, de tout étudiant, et de toute personne avide de mieux comprendre les enseignements du judaïsme, sera la nôtre pour notre rentrée de la toussaint, le dimanche 18 novembre, de 10h30 à 12h30.

Notre approche sera conviviale et dynamique, et nous donnera tous les outils pour faire de la fête de Hanouka qui approche un moment spécial pour nous, nos familles et nos amis.

A Ganénou, de 10h30 à 12h30

Pour vous accompagner: vidéo chants de Hanouka

Nous ne sommes rien! Dracha de Yom Kipour

Qui êtes-vous ? Qui voulez-vous devenir ?
En ce rendez-vous solennel de Yom Kipour, il est temps de nous reposer cette question traditionnelle.
En vous la posant, je me la pose également à moi-même.
Qui suis-je ? Vers quelle version de moi-même suis-je en chemin ?

Le temple de Delphes portait l’inscription « connais-toi, toi-même ».
La difficulté de cette formulation, c’est qu’elle prétend que nous « sommes » quelque chose, que nous aurions une « essence », une « nature ».

Or, nous ne sommes rien. Nous ne sommes rien de figé.
Nous voudrions savoir, et parfois nous le demandons aux autres, à nos amis, à nos psy, à nos rabbins, à nos gourous, à notre horoscope, nous voulons entendre : « tu es gentil », « tu es forte », « tu es beau » « tu es intelligente ». Nous voudrions « être ».

Dans cette recherche de réponse, nous nous tournons vers des dieux de toute sorte, vers le religieux, l’économie ou la biologie, comme s’ils avaient des réponses.  Les hommes de pouvoir et les industries technologiques l’ont compris. Les publicités fleurissent pour des tests ADN qui nous permettraient de savoir « qui nous sommes ». Nous aimons les films dans lesquels le héros change d’identité par magie, comme superman, Gigi ou les Winx. Nous passons parfois par les produits miracles ou la chirurgie esthétique.

Et nous démasquons cette tendance par l’humour. J’avais acheté il y a quelques années, un « spray » de conversion, il suffisait de l’aspirer pour devenir juif.
Nous savons que ce n’est pas aussi simple, alors nous luttons pour ne pas nous laisser tenter.

Comment définir l’identité alors qu’elle est sans cesse en mouvement ?
Sommes-nous juifs parce que nos parents étaient juifs ? Ou parce que nos enfants reçoivent un enseignement juif ? Ou parce que nous en renouvelons ce choix aujourd’hui ?

Héraclite disait que nous ne pouvons pas nous baigner deux fois dans le même fleuve. Lorsque nous nous baignons dans l’eau, elle ne doit justement pas être statique, pour que cette eau soit un mikvé, מקווה et nous aide à évoluer, elle doit être en mouvement.

Comme le disait Hillel : « N’aie pas confiance en toi jusqu’au jour de ta mort » ( ואל תאמן בעצמך עד יום מותך )ou plutôt : « ne crois pas que tu es ce que tu es, jusqu’au jour de ta mort, car tu ne sais pas ce que tu peux devenir ». (avot 2 :4)

En ce jour de Kipour, comme Hillel, nous sommes ouverts aux possibles qui s’offrent à nous pour l’année à venir.

La rencontre de Rabbi Yohanan et Rech lakich évoque l’infini des possibles.
Ils se sont justement rencontrés au bord d’un fleuve, en ce lieu de traversée, de passage et d’ouverture.

Rabbi YoHanan, le grand sage de notre tradition, s’y baignait. Rabbi YoHanan était d’une grande beauté, qui émut Rech lakich, ce terrible bandit. Rech lakich se mit alors à sauter d’une rive à l’autre, pour l’impressionner. Il lui dit « ta beauté conviendrait mieux à une femme » et rabbi YoHanan lui répondit « ta force conviendrait mieux à… l’étude de la torah ».

Rech Lakich décida de suivre la recommandation de rabbi YoHanan, il devint un grand sage, tous deux devinrent des amis « à la vie, à la mort », des compagnons d’étude indispensables l’un à l’autre. Des années plus tard, un jour de colère, Rabbi YoHanan dira à Rech laKich avec cynisme : bien sûr que tu as raison, tu t’y connais en banditisme, toi qui était brigand. Blessés, les deux amis se séparèrent et moururent de chagrin. (baba metsia 84a)

Cette histoire est peut-être encore plus importante qu’il n’y parait.
Elle parle d’amitié, d’amour, et de leur caractère vital, sans eux, nous mourons.

Comment naît l’amour ?
L’amour, nait dans une recherche de soi-même, dans un projet de transformation.

Rech Lakich saute d’une rive à l’autre, il hésite, quel chemin prendra-t-il ?
Rabbi YoHanan se baigne dans le fleuve, il se ressource, il fait un mikvé, il « se baigne dans l’espoir », il prépare une renaissance.
Tous les deux sont dans un processus de transformation qui changera leur vie. Jamais plus Rabbi YoHanan ne se baignera à nouveau dans ce même fleuve, car tout aura changé, pour lui, pour son ami, et pour les juifs de tsipori du IIIe s, et le monde juif jusqu’à aujourd’hui.

L’amour naît dans le projet de transformation, et meurt dans le retour vers le passé.
Dans un moment de colère Rabbi YoHanan a transgressé un interdit fondamental : on ne doit pas rappeler à quelqu’un ses transgressions ou ses erreurs passées ; on ne peut pas le forcer à regarder en arrière. Sinon, comme la femme de Loth, on se change en statue de sel, éternelle, mais morte.

En ce jour de kipour, comme Rech Lakich et Rabbi YoHanan, nous prenons conscience des chemins qui s’offrent à nous, des rives du fleuve que nous devons choisir, des eaux dans lesquels nous pourrions nous immerger.

Apollinaire dit cela merveilleusement avec beaucoup de nostalgie : « Passent les jours et passent les semaines, Ni temps passé, Ni les amours reviennent, Sous le pont Mirabeau coule la Seine, Vienne la nuit sonne l’heure, Les jours s’en vont je demeure »

Ce qui est écoulé, ne reviendra plus, il faut le laisser partir, il faut faire le « tachliH », תשליך le « renvoi », la cérémonie au cours de laquelle on laisse les erreurs et les regrets du passé s’écouler dans l’eau des fleuves.

En ce jour de Kipour nous prenons le temps de faire le deuil de ce qui ne reviendra pas, dans nos vies, dans le judaïsme, et dans le monde pour renoncer à attendre vainement le retour du passé.

Mais Yom Kipour ne s’arrête pas là. Il nous incite à la mobilisation : la téchouva תשובה, la téfila תפילה, la tsédaka צדקה lèvent la malédiction du passé, et nous ouvrent les portes de l’avenir.
Apollinaire continuait « l’espérance est violente » !  Et Ernst Bloch nous guide : Il faut faire un pas vers l’espoir, transformer l’espoir passif en espérance active. « L’affect de l’espoir sort de lui-même, agrandit les hommes au lieu de les diminuer. »

Comme le disent Francis Blanche et Pierre Dac, nous avons l’avenir devant nous, et il sera derrière nous chaque fois que nous ferons demi-tour. A nous de choisir dans quelle direction regarder.

Si « je demeure », je meurs. Mais si je dévie, je vis.
C’est paradoxal, mais cela fonctionne. L’intelligence, c’est la souplesse de savoir s’adapter de façon créative.

En ce jour de Kipour, nous envisageons ce qui nous aide à nous tourner vers l’avenir, à changer de chemin, à exercer notre intelligence, à « choisir la vie ».

Ainsi le hasard perd son pouvoir. Nous pouvons cesser de souhaiter une année pleine de bonheur et commencer à souhaiter une année pleine de force et de détermination.

Edgar Morin, avec d’autres, est un penseur du « réechantement du monde », son nom de naissance n’est pas Morin mais NaHoum, qui signifie consolation. Pour lui, la pensée doit quitter l’espoir d’obtenir des réponses définitives et s’ouvrir à la complexité du monde.

En ce jour de Kipour, comme Edgar Morin, nous pensons aux changements de pensée qui sont nécessaires pour que notre monde se réenchante pour nous-mêmes, pour la sagesse juive, pour le monde dans lequel nous vivons.

La philosophe féministe et anarchiste Emma Goldman avait rencontré Durruti au moment de la guerre d’Espagne. Il disait de ses soldats qu’il ne leur donnait pas d’ordres : « Ils sont venus à moi de leur plein gré, ils sont disposés à donner leur vie pour notre lutte antifasciste. Je crois, comme j’ai toujours cru, en la liberté. Une liberté qui repose sur le sens de la responsabilité. »

Le chef militaire lui-même ne considère pas qu’il a les réponses pour les autres, mais que chacun doit faire son chemin et chercher.

Publié après la mort de Durruti, L’article d’Emma Goldman, s’appelle : « Durruti n’est pas mort ». De la même façon, des siècles après la mort de Jacob, rabbi YoHanan disait « le patriarche Jacob n’est pas mort ». (taanit 5a) Car les idées que nous continuons à porter restent en vie, en changement, et en devenir.

En ce jour de Kipour, comme Emma Goldman et rabbi YoHanan, nous pensons à tous ceux « qui ne sont pas mort » et dont la pensée continue à nous mettre en mouvement.

Nous pouvons renoncer à chercher « qui nous sommes » et nous engager à décider « de quoi nous sommes capables ».
Nous pouvons renoncer à nous appuyer sur « la réponse scientifique » et rechercher « ce que disent les sciences de la complexité du monde ».

La réalité n’est pas une terre solide sur lequel nous pouvons marcher. Elle est une eau fluide dans laquelle nous pouvons nager. Elle s’écoule, tout en nous maintenant hors de l’eau.

Le travail de téchouva et de aHrayout de notre tradition, le réexamen et la responsabilité, correspondent au travail d’espérance d’Ernst Bloch, au travail de réechantement d’Edgar Morin, au travail d’action directe d’Emma Goldman.

Marc Twain disait : « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait »

Au cours de nos vies, nous avons appris que certaines choses étaient impossibles. Il est temps de l’oublier.

Kipour est ce moment où on oublie ce qu’on croit impossible, de façon à pouvoir le réaliser.
Ce moment où l’on cesse de se connaitre, pour commencer à se découvrir,
ce moment où l’on quitte l’illusion des réponses pour le développement des questions.

Nous sommes plus que ce que nous sommes, nous sommes ce que nous pouvons devenir.

Gmar Hatima tova.

Cessons de croire : réfléchissons ! (dracha de Roch hachana 5779)

Croyez-vous au père Noël ? Croyez-vous au « dieu barbu du nuage », croyez-vous au « grand horloger », croyez-vous à la force de vie, croyez-vous dans le « Bien », croyez-vous que « l’homme est bon » ?

Croyez-vous que Moïse, fondateur du judaïsme, était orthodoxe ? Croyez-vous que si on met les téfilines tous les matins, dieu nous pardonne tout ? Croyez-vous que le plus important pour être un bon juif c’est d’aimer son prochain ? Croyez-vous mouvement libéral est celui qui porte l’avenir du judaïsme ? Que le mouvement libéral c’est bien mais heureusement que les loubavich gardent la vraie tradition ? Croyez-vous que la religion est l’opium du peuple ?

Croyez-vous qu’il faut obéir à la police, croyez-vous qu’il faut déclarer qu’on est juif au commissariat, croyez-vous que nous avons tellement souffert en tant que juif que nous n’avons plus de comptes à rendre à personne ? Croyez-vous que seuls les héros sont des « justes parmi les nations » ?

Croyez-vous que la France a un seuil maximum d’acceptation des réfugiés ? Croyez-vous que ce seuil soit atteint ? Croyez-vous que la venue de réfugies est négatif pour l’économie ? Croyez-vous que si les pauvres sont pauvres c’est parce qu’ils le méritent ? Croyez-vous que si vous n’avez pas beaucoup d’argent c’est parce que vous ne méritez pas plus ? Croyez-vous que si vous avez beaucoup d’argent c’est parce que vous le méritez ? Croyez-vous que vous ne méritez pas l’argent que vous avez ?

Croyez-vous que le monde va à sa perte compte tenu des problèmes écologiques ? Croyez-vous que la pression climatique va réduire l’humanité à encore plus de guerres et de violences ? Croyez-vous que l’humanité saura trouver de bonnes solutions au fur et à mesure que les problèmes se poseront ?

Croyez-vous que vous devez-être féminine ? Croyez-vous que vous devez être viril ? Croyez-vous que vous devez « accepter votre part de féminité » ou « votre part de masculinité » ? Croyez-vous que l’homosexualité est « contre-nature » ? Croyez-vous que l’homosexualité est une maladie qu’il faut soigner ? Croyez-vous qu’une femme peut être rabbin ? Croyez-vous qu’un homme peut être sage-femme ?

Croyez-vous que vous chantez faux ? Croyez-vous qu’il faut chanter juste pour chanter pendant l’office ? Croyez-vous qu’il faut dire les mots quand on chante les prières ou que « lalala » c’est bien aussi? Croyez-vous que si vous chantez juste la basse, ou une deuxième voix, cela pose un problème ?

Croyez-vous que se parler vraiment est dangereux ? Croyez-vous qu’il faut faire la bise même quand on n’a pas envie ? Croyez-vous qu’il est dangereux de dire « non » à ce producteur de cinéma ? Croyez-vous que vos enfants doivent embrasser tante Ursule ?

Croyez-vous qu’il est mal de pleurer ? croyez-vous qu’il faut toujours être fort ? Croyez-vous qu’être fort c’est être rigide ?

Croyez-vous qu’un discours de Roch hachana doit comporter autre chose que des questions ? Croyez-vous qu’il doit prouver l’érudition du rabbin ? Croyez-vous qu’il doit être court ou long ?

Croyez-vous que votre passé vous a formé ? croyez-vous qu’à votre grand âge, il faut juste accepter les choses comme elles sont ? Croyez-vous que compte tenu de votre jeune âge, vous devez attendre pour vous exprimer ?

Alors ? Vous avez combien de oui et combien de non ?

Nos croyances sont importantes, car elles conditionnent nos actions, il est important d’être conscients de nos croyances. Un discours de rabbin ne suffit pas à répondre à ces questions. Une introspection, une réflexion continue, peuvent permettre d’avancer. Comme l’indiquent les téfilines, nous sommes responsables de nos actes – on met les téfilines sur le bras -, de nos croyances – on met les téfilines sur le front -, et de nos sentiments -on met les téfilines face à notre coeur – , cela signifie que nous avons la liberté et le devoir, de prendre en charge nos actes, nos croyances, et nos sentiments.

Ces trois voies sont les voies du changement thérapeutique, les thérapies cognitives, comportementales et émotionnelles sont complémentaires.

Comme nous le disons dans la prière « ountané tokef  » que nous chanterons demain : Téchouva (le rééxamen de nos croyances), téfila ( la prière, le travail du coeur, qui s’adresse aux sentiments), tsédaka (donner de l’argent à ceux qui sont dans le besoin, faire des actes de solidarité), permettent de modifier le cours de nos vies, de « changer le décret ».

Il serait vraiment intéressant de voir quelles croyances sous-tendent nos comportements et nos actions. Ces croyances, y sommes-nous totalement attachés, ou sommes-nous capables de les examiner d’une façon critique ?

Faire Roch Hachana, c’est reprendre ces croyances et leur enlever le pouvoir pour les soumettre à notre examen critique.

Car notre dieu est le dieu de la liberté,

  • Le Dieu de la sortie d’Egypte,
  • le Dieu de la première phrase des dix paroles (commandements):  » Je suis l’Éternel ton Dieu qui t’ai fait sortir de la terre d’Egypte, de la maison des esclaves. »
  • le Dieu de la dernière phrase du chéma israël:  » Je suis l’Éternel votre Dieu qui vous ai fait sortir de la terre d’Egypte. »

Se prosterner devant nos croyances, c’est de l’idolâtrie.
Nous appuyer sur Roch hachana pour les réexaminer, c’est cela être juif.
Etre juif, c’est développer un esprit critique, comme le fait le talmud.

Le talmud pose des questions sur les enseignements des sages :

  • D’où cette idée vient-elle ?
  • Quel verset l’appuierait ?
  • Quelle est sa raison ?
  • Qui l’a enseignée ?
  • Que contredit elle ?
  • Dans quel but l’exprime-t-on ?
  • Quel est son piège ?
  • En quoi est-elle en opposition avec d’autres idées connues ?

(מנלן  ,מאי קרא, מאי טעמה , מאן תנא   מני , רומיא , צריכותא , פשיטא , מה דתימא , קא משמע לן , במאי קמיפלגי ,  ביניהו מאי  )

Chacune de nos croyances devrait passer par le tamis impitoyable des questions talmudiques.

En tant que juifs libéraux, nous avons la chance d’être fidèles à cette tradition talmudique. Nous nous sommes associés il y a deux siècles au grand mouvement d’affranchissement de la pensée en occident, la remise en cause des vieilles croyances, au développement de la pensée critique. Nous avons la chance de pouvoir clamer que dès les débuts de l’émancipation, nous étions à la jonction de deux traditions critiques : celle interne au judaïsme traditionnel, celle nourrie des outils de la pensée moderne.

En tant que juifs, et en tant que personnes modernes, nous sommes doublement outillés pour appliquer notre réflexion à nos actes.

Un discours de Rabbin ne peut pas remplacer la réflexion personnelle, alors… je vous propose… (tadada) de dépasser ce que vous croyez que doit être le discours du rabbin pour roch hachana, et de le compléter vous-mêmes : racontez à votre voisin ce que vous pensez sur les croyances, en toute liberté, puisque nous avons tous un devoir de fidélité à nous-mêmes ;

… Alors je vous proposer de prendre le temps, à deux, de compléter mon discours, de parler à votre voisin de vos croyances et réciproquement. Si vous êtes seul, levez la main pour rejoindre un partenaire, puis choisissez qui parlera en premier, pendant une minutes, je vous ferai signe à ce moment pour que vous changiez de rôle…

Merci pour cette belle participation et pour cette belle transgression et ce beau respect.

Transgression, car en principe on ne parle pas pendant le discours du rabbin et chacun reste à sa place. (pour ceux qui avaient ces croyances)

Respect, car les pirké avot nous disent : fais-toi un rabbin, et acquiers-toi un compagnon ; (Avot 1 :6)

יהושע בן פרחיה אומר עשה לך רב וקנה לך חבר והוי דן את כל האדם לכף זכות

c’est par le partage de nos pensées que nous apprenons à les affiner, à les interroger, et à poser toutes les questions. Comme le Adam primordial, nous avons besoin d’un « aide contre nous », d’une personne qui nous force à nous réexaminer.

Respect, parce que notre tradition nous demande de porter nous-mêmes le judaïsme, et de ne nous reposer sur personne pour faire le travail à notre place : Si je ne suis pas pour moi, qui le sera, si je ne suis que pour moi, que suis-je, si je n’agis pas maintenant, quand ?

Merci, car en tant que rabbin, je suis en permanence confrontée aux limites de mon action, c’est par NOTRE action que nous pouvons vraiment aller plus loin.

Le mot « foi » n’existe pas en hébreu, nous ne devons pas « croire ».

C’est le mot fidélité qui est important, émoun, אמון , le fait que j’ai confiance dans les principes qui animent ma vie, et qu’on peut me faire confiance pour que j’agisse.

Quand je dis « amen », je dis « je suis là », pour soutenir des pensées que j’ai examinées et adoptées.

Je nous souhaite cette année, de réexaminer nos croyances, pour que nous puissions ensuite leur être fidèles.

Merci chère communauté, chers administrateurs, chers membres, chers amis, chère famille, merci de m’avoir mise face à moi-même cette année, de m’avoir soutenue, de m’avoir éprouvée, de m’avoir écoutée, de m’avoir fait la sourde oreille, de m’avoir réfutée, de m’avoir dérangée, de m’avoir laissé prendre soin de moi-même,

Merci de m’avoir obligée à augmenter ma liberté.

Je compte sur nous pour faire pire l’année prochaine.

chana tova oumétouka, léchana tova tikatévou,  une année bonne et douce à vous, et que vous soyez inscrits dans le livre de la vie.

Garde ceux qui te défendent… Chomer Israël et les seliHot

Gardien d’Israël, garde ce qui reste de ton peuple Israël, et que ne disparaisse pas Israël, ceux qui disent tous les jours: « Ecoute Israël ».

Ces quelques mots retracent la crainte existentielle du peuple juif, qui a si souvent été près de disparaître. La demande n’est pas justifiée par le fait que nous serions supérieurs ou important, mais simplement par le fait que nous sommes attachés à nos responsabilités. Le peuple d’Israël doit continuer à exister pour persévérer dans son effort de tenter d’écouter, d’être ouverts à découvrir le sens du monde et à contribuer à créer ce sens.

Touchant de simplicité, chanté sur une musique qui invite à la réponse entre l’officiant et l’assemblée, ce chant est un chant d’amour et d’espoir, chanté à Roch hachana, à Kipour, et pendant les seliHot.

A utiliser sans modération….

Entendre Chomer Israël sur youtube

Shomer Israël

Ce très beau Piout est très représentatif des seliHot. Il met en place un dialogue entre l’officiant et l’assemblée, qui s’associent pour demander au Créateur de prendre soin du peuple juif et lui permettre d’exister encore pour l’année à venir.

-((Chomer *2)  Israël  Chmor chéérit israël *2)
(veal yovad *2) Israël haomrim béHol yom chéma Israël
-((Chomer *2)  Goy éHad Chmor chéérit Goy éHad *2) (veal yovad *2) Goy éHad haomrim béHol yom adonaï élohénou adonaï éHad
-((Chomer *2)  Goy Kadoch Chmor chéérit Goy Kadoch *2)
(veal yovad *2) Goy Kadoch haomrim béHol yom kadoch kadoch kadoch
-((Chomer *2) Goy Rabba  Chmor chéérit Goy Rabba *2)
(veal yovad *2) Goy Rabba haomrim béHol yom amen yéhé chémé rabba

שׁוֹמֵר יִשְׂרָאֵל שְׁמֹר שְׁאֵרִית יִשְׂרָאֵל,  וְאַל יֹאבַד יִשְׂרָאֵל הָאוֹמְרִים בְּכָל יוֹם
שְׁמַע יִשְׂרָאֵל
שׁוֹמֵר גּוֹי אֶחָד שְׁמֹר שְׁאֵרִית גּוֹי אֶחָד וְאַל יֹאבַד גּוֹי אֶחָד הָאוֹמְרִים בְּכָל יוֹם
שְׁמַע יִשְׂרָאֵל יְיָ אֱלֹהֵינוּ יְיָ אֶחָד
שׁוֹמֵר גּוֹי קָדוֹשׁ שְׁמֹר שְׁאֵרִית גּוֹי קָדוֹשׁ וְאַל יֹאבַד גּוֹי קָדוֹשׁ הָאוֹמְרִים בְּכָל יוֹם
קָדוֹשׁ קָדוֹשׁ קָדוֹשׁ
שׁוֹמֵר גּוֹי רַבָּא שְׁמֹר שְׁאֵרִית גּוֹי רַבָּא וְאַל יֹאבַד גּוֹי רַבָּא הָאוֹמְרִים בְּכָל יוֹם
אָמֵן יְהֵא שְׁמֵיהּ רַבָּא

Ouvrez-vous, portes du monde! Séou chéarim à Kipour

Nous aimons joindre le geste à la parole. Lorsque nous ouvrons les portes du Aron hakodech, ארון הקודש, de l’Arche de la Torah, nous joignons à ce geste une parole tonitruante: « Ouvrez-vous, portes du monde! ».

Pendant les seliHot, à Roch hachana, à Yom Kipour, nous concentrons toute notre volonté sur le désir de changement, en nous-mêmes, et pour un monde meilleur. Et nos efforts et nos souhaits se libèrent à quelques moments phares, lorsque nous espérons la réussite de notre travail. Nous souhaitons que  » s’ouvrent les portes ». Le dernier moment concerné est celui de Néila, juste avant que Kipour ne se termine, juste avant que « les portes ne se referment ». Mais tout au long du mois de Eloul et de Tishri, nous chantons avec enthousiasme notre espoir dans le chant « séou chéarim », au moment de la sortie de la Torah, les deux matins de Roch hachana et le matin de Kipour.

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Ecouter sur you tube sur ce lien

Ouvrez-vous, Portes du monde ! Pour que le Roi de Gloire puisse entrer !

On pourrait avancer la théorie que nous sommes tous plus ou moins mégalomanes. Comme le dit l’homme éméché : « Je suis maître de moi comme de l’univers ! ». Nous ne sommes pas maîtres de l’univers, et nous devons même lutter pour être maîtres de nous-mêmes. « Qui est le fort ? -interrogent les chapitres des pères- Celui qui se conquiert lui-même ! ». C’est ce que nous tentons de faire à Kipour : Contenir nos instincts. Le jeûne est l’une des façons de pratiquer cette maitrise et d’affirmer qu’autre chose que notre propre confort peut animer nos actes. Et puisque nous ne sommes pas les maîtres du monde, nous pouvons néanmoins essayer de contribuer à la rendre meilleur. Ainsi, nous clamons : « Qu’entre le Roi de Gloire ! » Pour certains, c’est peut-être Dieu lui-même qui prend sa place parmi nous alors que nous sortons la Torah. Pour d’autres, c’est une invocation à faire entrer en nous-même les plus hautes valeurs, celles qui font notre gloire lorsque nous réussissons à les atteindre. Ouvrez-vous, portes du monde !

Sé’ou Shéarim Rasheikhem

Véhinas’ou Pit-hey Olam

Veyavo Melekh Hakavod

Veyavo Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Adonay Izouz Veguibor Adonay Guibor

Guibor Milhama

 

Sé’ou Shéarim Rasheikhem

Ousé’ou Pit-hey Olam

Veyavo Melekh Hakavod

Veyavo Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Zé Melekh Hakavod

Mi Hou Zé Melekh Hakavod

AdoNay Tsévaot Hou Mélekh

Hakavod

Hakavod Selah

Hou Mélekh Hakavod

Hou Mélekh Hakavod

Hou Mélekh Hakavod Selah

Hakavod Selah

שְׂאוּ שְׁעָרִים רָאשֵׁיכֶם

וְהִנָּשְׂאוּ, פִּתְחֵי עוֹלָם

וְיָבוֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

וְיָבוֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

אֲדֹנַי עִזּוּז וְגִבּוֹר אֲדֹנַי

גִּבּוֹר מִלְחָמָה

 

שְׂאוּ שְׁעָרִים רָאשֵׁיכֶם

וּשְׂאוּ, פִּתְחֵי עוֹלָם

וְיָבֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

וְיָבֹא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

מִי הוּא זֶה מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

אֲדֹנַי צְבָאוֹת הוּא מֶלֶךְ

הַכָּבוֹד  סֶלָה

הוּא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

הוּא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד

הוּא מֶלֶךְ הַכָּבוֹד סֶלָה

הַכָּבוֹד סֶלָה

 

 

Autres liens:

Seu Shearim http://www.zemereshet.co.il/song.asp?id=3704 Séou Shéarim + phonétique

Amida Tishri Amida complète 4p 

Adon Olam http://www.piyut.org.il/tradition/132.html?currPerformance=148 Adon’ Olam, partition originale

El Nora Alila El Nora Alila

Kadich Hassidique 

Fichiers son: cliquez ici Adon Olam: Alto, ténor, basse, soprane et baryton en cliquant sur ce lien

Ainsi que: Amida: Ledor vador, oz béyadéHa, ata véHartanou et sim chalom

 

Qui vivra? – « Who by fire » et ountané tokef

Comment envisager la fragilité de nos vies?  » D’où venons-nous », « où allons-nous », ces questions qui nous dépassent sont détournées dans le judaïsme au profit de questions plus concrètes: entre notre naissance et notre mort, dans le domaine que nous connaissons, que faisons-nous pour vivre vraiment?

Les offices de Roch hachana et de Yom Kipour ainsi que les seliHot nous permettent de donner toute sa puissance à ce questionnement. En ces moments, nous créons un cadre qui nous pousse par tous les moyens à nous confronter à l’essentiel.

La prière « ountané tokef » est un élément important de ce dispositif, en voici le midrach moderne tel qu’il a été écrit et chanté par Léonard Cohen.

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Qui par le feu ? Qui par l’eau ? Qui au grand soleil ? Qui dans la nuit ?
Qui par grand épreuve ? Qui par jugement ? Qui en ton joli, joli mois
de mai ? Qui par lente déchéance ? Et qui appelle, le dirais-je ?

Qui dans sa fuite solitaire ? Qui par les barbituriques ?
Qui dans ces royaumes de l’amour ? Qui par quelque chose d’émoussé ?
Qui par l’avalanche ? Qui par la poudre ? Qui pour son appétit ?
Qui pour sa faim ? Et qui appelle, le dirais-je ?

Qui par courageuse montée ? Qui par accident ? Qui en solitude ?
Qui en ce miroir ? Qui sur l’ordre de son amie ? Qui de sa propre main ?
Qui en des chaînes mortelles ? Qui au pouvoir ? Et qui appelle,
le dirais-je ?

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And who by fire, who by water,
Who in the sunshine, who in the night time,
Who by high ordeal, who by common trial,
Who in your merry merry month of may,
Who by very slow decay,
And who shall I say is calling?And who in her lonely slip, who by barbiturate,
Who in these realms of love, who by something blunt,
And who by avalanche, who by powder,
Who for his greed, who for his hunger,
And who shall I say is calling?And who by brave assent, who by accident,
Who in solitude, who in this mirror,
Who by his lady’s command, who by his own hand,
Who in mortal chains, who in power,
And who shall I say is calling?