Paracha Balak : comment devenir invincible?

Que dire de l’invincibilité ? N’est-elle qu’un rêve, une utopie, un idéal que nous partageons tous ? Distinguons l’invincibilité physique, concrète et matérielle de l’invincibilité des idées, morale et spirituelle. Elles sont très différentes par leur forme et leurs conséquences. « Invincibilité » signifie quasiment « réussite assurée ». Développons ce thème en nous référant à l’histoire et aux traditions du peuple juif.

Pour approfondir ce thème une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine!

La paracha Balak du sefer Bamidbar (22:2 à 25:9)

Les hébreux commencent leur entrée en terre de Canaan occupée par plusieurs petits royaumes. Pour y parvenir ils doivent traverser le royaume des Amoréens. Les enfants d’Israël demandent de pouvoir passer. Ils promettent de ne pas utiliser les ressources du pays. Leur roi, SiHon, refuse et envoie son armée pour les détruire. Son armée essuie une cuisante défaite. Les hébreux décident ensuite de s’emparer du royaume de Basan. Le roi de Basan, Og, fait de même que SiHon et est vaincu à son tour. Les hébreux continuent leur pénétration inexorable en direction du royaume de Moab. Balak, roi de Moab, est très inquiet et cherche à trouver le moyen d’empêcher l’avancée des enfants d’Israël.

Bamidbar 22:2 à 22:7. « Alors, Balak, fils de Zippor, vit tout ce que Israël avait fait aux Amoréens…Moab commença à ressentir…un effroi mêlé d’aversion…Et Balak…envoya des messagers à Balhaam, fils de Béor, à Péthor…pour lui dire : Voici qu’un peuple est sorti d’Égypte. Il a couvert la terre aussi loin qu’on peut voir et il habite juste en face de moi…Maintenant viens, maudis-moi ce peuple car il est plus puissant que moi…car je sais que celui que tu bénis est béni et celui que tu maudis est maudit…Les anciens de Moab et les anciens de Midian firent route…et ils allèrent chez Balhaam et lui dirent les paroles de Balak. »

Balak, roi de Moab, voyant que les enfants d’Israël sont invincibles militairement décide de les attaquer autrement : moralement. L’arme nouvelle est la malédiction prononcée par le prophète Balhaam. Celle-ci est censée briser l’alliance des enfants d’Israël avec Dieu. Après avoir reçu les messagers du roi Balak, le prophète Balhaam consulte l’Éternel qui lui interdit de maudire Israël.

Bamidbar 22:12. « Dieu dit à Balhaam : Tu ne dois pas aller avec eux. Tu ne dois pas maudire ce peuple car il est béni. »

Balhaam commence par refuser la requête de Balak puis il se laisse convaincre malgré l’interdiction divine. A trois reprises Balhaam gravit la montagne pour accomplir sa mission. Chaque fois, Balhaam est touché par l’inspiration divine et les malédictions qu’il tente de prononcer sont transformées en bénédictions.

Bamidbar 24:2 à 24:9. « Quand Balhaam leva les yeux et vit les enfants d’Israël qui résidaient selon leurs tribus, l’esprit de Dieu fut sur lui…il dit : …que tes tentes sont belles, ô Jacob, tes demeures, ô Israël !…Ceux qui te bénissent sont les bénis, et ceux qui te maudissent sont les maudits. »

Les hébreux sont donc demeurés invaincus dans leur puissance morale.

Le Talmud Baba Batra explique ce qu’avait remarqué le prophète Balhaam : les tentes des enfants d’Israël ne se faisaient pas face. L’intimité de chacune était préservée par leur disposition. Cette intimité, propre à la réflexion et à l’étude, renforçait l’individu et le groupe. Chaque individu prenait conscience de ses particularités ainsi que de son rôle et de ses responsabilités au sein du groupe.

Les particularités du peuple juif étendues à l’invincibilité individuelle

Le peuple juif a survécu à toutes les épreuves du temps et de l’histoire. Il a toujours surmonté les agressions dont il a été l’objet. Il est résistant aux invectives, aux attaques morales, aux menaces diverses et aux tentatives de déstabilisation. Il arrive toujours à se relever après un événement cruel. Il ne s’avoue jamais vaincu.

Par ailleurs, donnons un aperçu de sa capacité d’évolution et d’adaptation : la Torah dit que « les descendants de Moab ou de Amon n’entreront pas dans le peuple d’Israël ». Pourtant une femme de Moab nommée Ruth, du fait de sa loyauté exemplaire, a été acceptée. Elle est devenue la mère (arrière-grand-mère pour être exact) du roi David et de toute la lignée messianique. Au sein du peuple juif, elle représente toujours l’espoir et le renouveau.

Abordons à présent l’invincibilité (ou la réussite assurée) dans notre vie personnelle, en tant qu’individu mais aussi en tant que membre d’un groupe. La réussite assurée nécessite, au delà de facultés indispensables, la sauvegarde de moments de retrait sur nous-mêmes. Ces moments nous permeteant de prendre conscience de nos forces, de nos faiblesses, de nos particularités, et aussi d’identifier les attentes du groupe dont nous faisons partie.

Tout en appartenant à un groupe dont nous partageons la vocation, nous restons des individus porteurs de particularités. Ces particularités doivent être jugées de façon positive. Elles enrichissent l’ensemble du groupe.

Notre réussite au sein du groupe, pour ne pas dire notre invincibilité, exige la reconnaissance, le respect et l’estime de ces particularités. 

 

 

Paracha Houkat : êtes-vous purs ?

A la question « êtes-vous purs » il est difficile de répondre simplement. La pureté est un caractère à sens divers : inaltération, propreté, intégrité, perfection, probité, transparence morale, authenticité spirituelle… Par antinomie on en déduit aisément ce qu’est l’impureté.

Pour encore compliquer les difficultés liées à cette notion, rappelons le danger lié à l’idée de pureté ethnique et les problèmes liés à une mauvaise compréhension de ce qu’est la « pureté féminine ».

Pour approfondir ce thème une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine!

Notre paracha aborde le problème de la pureté requise pour accomplir les rites religieux et la place de la pureté dans la spiritualité juive.

La pureté dans la tradition juive.

  • Ce que nous dit la paracha Houkat du sefer Bamidbar (19:1 à 22:1) :

Bamidbar 19:1 à 19:9. « L’Eternel parla à Moïse (et Aaron)…: dis aux fils d’Israël qu’ils te procurent une vache rousse…Et vous devrez la donner à Eléazar, le prêtre…et on devra l’égorger devant lui…Et on devra brûler la vache sous ses yeux…Et un homme pur devra recueillir les cendres de la vache… elles devront servir à l’assemblée des enfants d’Israël comme une chose à garder pour l’eau de purification. »

Dieu demande que soit mise au point la méthode de purification : aspersion de la personne « impure » avec l’eau de purification et de cendres de la vache rousse, avant période de mise à l’écart. Le retour à une vie normale étant ensuite possible.

Bamidbar 19:11 à 19:19. « Quiconque touche au cadavre d’une âme humaine quelconque sera impur pendant 7 jours…Quand un homme meurt dans une tente : quiconque entre dans la tente ou est dans la tente sera impur pendant 7 jours… »

L’Éternel précise ce qui rend impur.

Bamidbar 19:20. « Mais l’homme impur qui ne se purifiera pas…devra être retranché de l’assemblée, car c’est le sanctuaire de l’Éternel qu’il a souillé. »

Un être impur n’a pas le droit d’approcher le tabernacle (plus tard le Temple.) Il ne peut pratiquer aucun rite important et/ou public. Il commet une grave faute s’il le fait avant d’avoir subi le processus de purification.

  • Pureté et religion.

Le retour à la pureté permet de renouer avec la vie.

Un passage de la paracha nous aide à comprendre cette thèse : les enfants d’Israël arrivent dans le désert de Sin. Myriam meurt et y est enterrée. Le « puits » d’eau qu’elle portait avec elle disparaît (selon le traité Taanit du Talmud). Moïse, pris au dépourvu par le manque d’eau, interpelle Dieu qui lui dit de saisir un bâton et de parler à un rocher pour faire sortir l’eau. Moïse frappe 2 fois le rocher avec le bâton au lieu de lui parler. L’eau jaillit quand même. L’Éternel proclame son mécontentement, car pour lui c’est la pureté de la relation avec l’autre et non la violence qui permet de renouer avec la vie. Ici, l’autre est le rocher et la vie est l’eau.

Est-ce mal d’être impur ? Impureté et péché sont souvent liés sur le plan religieux. On pense naturellement au péché originel dont on a fait un péché emblématique. En fait, la religion juive accorde peu d’importance au péché originel, beaucoup moins d’importance qu’à la sortie des hébreux d’Égypte.

Devenir impur par contact avec la mort n’est pas considéré comme une faute dans le Judaïsme. En revanche, refuser d’accomplir les actes liés au décès d’un proche est une grande faute. La religion juive indique ce qu’il faut faire pour retrouver la pureté en de telles circonstances, comme en tout autre cas d’impureté.

A défaut de détailler toutes les causes d’impureté et le processus complet de retour à la pureté, mentionnons l’immersion dans le bain rituel, le mikvé. Le mikvé, cité pour la première fois dans la Torah, est encore en usage aujourd’hui.  (Le mot « mikvé » a la même racine que le mot « tikva » qui signifie « espoir ».)

Par ailleurs, le Talmud met en relation directe le concept de pureté et le concept de spiritualité. La pureté physique et la pureté morale sont étroitement liées. L’étude de la Torah est par elle même une démarche de purification.

La pureté dans notre rapport à la vie ?

Rester pur est un principe fondamental qui ne peut échapper aux accidents de la vie. Voyons le comme un idéal précaire qu’il est possible cependant d’atteindre. La pureté, alors trouvée, contribue à notre bien être moral. Elle nous permet de mieux nous ressourcer, de récupérer l’entièreté de nos capacités, de nous réconcilier avec la vie.

Paracha KoraH : à qui faut-il obéir ?

A qui faut-il obéir ? Après tout, pourquoi faudrait-il toujours obéir à quelque chose ou à quelqu’un ? On aimerait bien pouvoir dire non, cependant l’être humain est grégaire. Il appartient de façon naturelle à un groupe, à une société structurée et pourvue de lois. Sur un autre plan, il obéit aussi à Dieu s’il est croyant. L’obéissance est-elle vraiment une valeur dans la tradition juive? Les enfants d’Israël sont-ils porteurs de particularités sur ce thème ?

Pour approfondir ce thème une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine!

Paracha KoraH du sefer Bamidbar (16:1 à 18:32) :

Les enfants d’Israël sont encore dans le désert et se préparent à entrer en terre de Canaan. L’autorité de Moïse (comme celle d’Aaron) est soudain contestée par KoraH qui se prétend le vrai chef.

Bamidbar 16:1 à 16:3. « Et KoraH…fils de Lévi se leva alors, ainsi que Dathan et Abiram…eux et deux cent cinquante hommes…ils se rassemblèrent contre Moïse et Aaron et leur dirent : C’en est assez de vous, parce que dans toute l’assemblée tout le monde est saint (kadoch) et Dieu est parmi eux. Pourquoi donc vous élevez vous au dessus de l’assemblée de Dieu ? »

KoraH prend comme argument le fait que les membres du peuple sont à priori tous au même niveau (ils sont tous à l’image de Dieu). Moïse et Aaron n’ont donc pas à occuper une place particulière au dessus d’eux.

Bamidbar 16:4 à 16:5. « Quand Moïse l’entendit, il tomba sur sa face. Puis il parla à KoraH et à toute son assemblée : « Au matin l’Eternel fera connaître qui lui appartient, et qui est saint, et qui doit s’approcher de lui… »

Comme l’avait fait Abraham à Sodome et Gomorrhe précédemment, Moïse se tourne vers Dieu et lui demande de trancher la question. Dieu dit alors à Moïse et Aaron :

Bamidbar 16:21. « Séparez vous de cette assemblée, pour que je les extermine en un instant. »

Moïse et Aaron ne veulent pas que toute une assemblée soit victime de la faute d’un seul homme ou d’un petit groupe d’hommes. Ils disent à Dieu :

Bamidbar 16:22. « …Dieu des esprits de toute sorte de chair, est-ce qu’un seul homme pèchera et tu t’indigneras contre toute l’assemblée ? »

L’Éternel prend en compte l’intervention de Moïse et décide d’épargner le peuple, seuls KoraH et son assemblée seront mis hors d’état de nuire:

Bamidbar 16:24. « Parle à l’assemblée en disant : éloignez vous des tabernacles de KoraH, Dathan et Abiram ! »

Bamidbar 16:31 à 16:32. « Et il advint…que le sol qui était sous eux commença à se fendre. Et la terre se mit à ouvrir sa bouche et à les engloutir avec leurs maisonnées, ainsi que tous les humains qui appartenaient à KoraH, et tous les biens. »

Moïse en prenant la défense du peuple, au moment même où il est attaqué par un de ses membres, fait preuve d’une de ses qualités de chef. Dieu aussi fait preuve de ses qualités de leader éternel en écoutant Moïse. Selon le Midrach Tanhouma, Dieu a dit à Moïse : « Tu as dit une bonne chose. Tu as raison. Il faut que je suive ton avis ».

Comment la religion juive traite le sujet de l’obéissance et du leadership ?

Évoquons, bien-sûr, les 10 commandements énoncés par Dieu à Moïse au sommet du mont Sinaï et les 613 commandements inscrits dans la Torah.

Plus tard, le Talmud Erouvin cite 2 types d’écoles de pensée s’opposant, en apparence, au 1° siècle av.JC : celle de Hillel et celle de Shamaï. Hillel était affable, patient, accueillant et humaniste alors que Shamaï était sévère, irascible, strict et rigoriste. L’école de Hillel bénéficiait de la préséance, mais celle de Shamaï n’était pas pour autant rejetée.

Il s’agissait là d’une divergence désintéressée, bienveillante et positive. Les deux écoles de pensées étaient justes, car c’est à la fois dans l’humanité et la rigueur que s’exerce la Loi juive.

De nos jours, la tradition juive prône un leadership par le savoir, l’humilité, l’écoute, la concertation et la réflexion. Elle prône l’obéissance par intime conviction au regard des réalités et à la lumière de la Torah.

En conclusion, donnons un avis : un véritable chef est une personne dotée de compétences reconnues et appréciées par ceux qu’elle dirige, et non pas une personne qui cherche à se faire obéir simplement parce qu’elle porte un nom ou/et un titre.

Un véritable chef sait prendre ses responsabilités pour défendre les autres.

Paracha Chela’h Lekha : de quoi sommes-nous coupables ?

Lorsque nous échouons à mener à bien un projet, nous risquons de tomber dans le piège sournois de la culpabilisation. Nous éprouvons alors un malaise qui bloque notre capacité de réaction. Demandons-nous de quoi nous sommes réellement coupables. De commettre des erreurs ? De ne pas savoir faire les corrections nécessaires ? Ou tout simplement de céder à nos émotions au lieu de les accueillir et de les canaliser ?

Pour approfondir ce thème une petite vidéo et un article qui la résume, sur la paracha de la semaine!

 

Paracha Chela’h Lekha du sefer Bamidbar (13:1 à 15:41) :

Après la traversée du désert, le grand projet des enfants d’Israël est mis à mal : l’entrée sur le territoire de Canaan se révèle périlleuse.

Bamidbar 13:1 à 13:2. « Et l’Eternel parla à Moïse en disant : envoie des hommes afin qu’ils explorent le pays de Canaan que je donne aux enfants d’Israël. »

Moïse envoie des éclaireurs (explorateurs) qui devront donner un avis sur le comportement et l’étendue des populations de Canaan, ainsi que sur les ressources diverses de ce territoire. A leur retour les éclaireurs rapportent leurs observations à Moïse et au peuple :

Bamidbar 13:27 à 13:32. « Nous sommes entrés au pays où tu nous as envoyés et, vraiment, il ruisselle de lait et de miel, et en voici les fruits !…Toutefois, il est indéniable que le peuple qui habite dans le pays est fort et que les villes fortifiées sont très grandes…Nous ne pouvons monter contre le peuple car il est plus fort que nous…Le pays par où nous sommes passés, pour l’explorer, dévore ses habitants… ce sont des hommes d’une taille extraordinaire… »

Le rapport des éclaireurs décourage et bloque totalement le peuple qui refuse d’aller plus loin en s’insurgeant contre Moïse et Aaron.

Bamidbar 14:4. « Ils allèrent jusqu’à se dire l’un à l’autre : donnons nous un chef et retournons en Égypte ! »

Moïse, considère les éclaireurs coupables de décourager le peuple et le peuple coupable de faiblesse. Refusant que tous cèdent à la culpabilité, il s’adresse à Dieu :

Bamidbar 14:17 à 14:19. « Et maintenant, s’il te plaît, que ta force devienne grande, ô Éternel…Éternel lent à la colère et miséricordieux, pardonnant la faute et la transgression, mais en aucune façon n’exemptant de la punition… Pardonne, s’il te plaît, la faute de ce peuple… comme tu as pardonné à ce peuple depuis l’Égypte jusqu’ici. »

L’Éternel répond à Moïse :

Bamidbar 14:20. « Je pardonne selon ta parole. »

Dieu a pardonné, à la demande de Moïse, à l’ensemble du peuple. Ils ont commis une faute, mais c’est justement à cela que sert le pardon. Il  n’y a rien à pardonner aux gens parfaits. C’est lorsqu’il y a une faute ou  une erreur que la pardon est nécessaire. Le midrach raconte que Dieu lui-même a insisté pour que le pardon soit accessible également aux « méchants ». Ce pardon vise à dépasser la faute, à aller au-delà de la punition, à traiter le problème globalement afin d’aller au plus vite vers la solution. Ceci en identifiant les personnes capables de mener à bien le projet comme Caleb de la tribu d’Issachar, et Josué.

Bamidbar 14:25. « Alors que les Amalécites et les Cananéens habitent dans la basse plaine, demain changez de direction et mettez-vous en marche pour le désert par l’itinéraire de la mer Rouge. »

Puisque l’entrée en Canaan n’est pas possible, une alternative est trouvée. Des péripéties seront surmontées et le projet des enfants d’Israël aboutira.

 Que nous apporte la tradition juive dans de telles circonstances ?

Culpabilité et punition doivent être mises au second plan. La priorité est la recherche des clés d’une réussite collective, afin que tout blocage cède et que l’action reprenne. Lorsque le but ne peut être atteint immédiatement, il faut limiter la casse, et faire en sorte que le but puisse être atteint par la suite.

Cette paracha est à mettre en relation avec Yom Kipour qui est la fête du jugement par soi-même et du pardon des erreurs pour parvenir au recommencement. La Amida, élément central des offices, nous invite à ne pas nous appesantir sur notre culpabilité. N’oublions pas la Téchouva, processus de repentance par la reconnaissance des fautes et la prise d’engagements, ainsi que notre devoir d’entre-aide collective.

Pour conclure :    Plutôt que de nous sentir coupables, essayons de devenir capables!

Paracha Beha’aloteHa : d’autres façons de faire bien.

Le don de la Torah se renouvelle chaque année. A partir de chavouot 2016, vous retrouverez sur notre site un petit commentaire actuel, une reinterprétation des vidéos « sur un pied ». N’hésitez pas à vous replonger dans le texte éternel de la Torah et de son commentaire sur le site sefarim, et à revoir les vidéos correspondantes sur notre chaine youtube…

Bonne étude!

Dans notre vie d’enfants d’Israël nous nous heurtons souvent à des obstacles pour bien faire ce que nous voulons, pour réaliser nos projets, pour être ce que nous sommes; mais ces obstacles ne nous arrêtent pas. Nous trouvons toujours des solutions que nous pensons bonnes pour nous en accommoder. Nous trouvons D’autres façons de faire bien.

Deux événements, parmi d’autres, de l’histoire juive illustrent ce sujet :

  • La célébration de Pessah – paracha Beha’aloteHa du sefer Bamidbar (chapitre 9)

Nous sommes à l’époque du tabernacle. Moïse doit répondre à une question délicate posée par des membres du peuple qui, se trouvant en état d’impureté, comprennent qu’ils ne sont pas en état de réaliser l’offrande de l’agneau pascal pour célébrer Pessah.

Ces personnes demandent à Moïse de leur trouver le moyen d’y parvenir quand même. Moïse réfléchit et voit qu’il ne sait pas. Moïse leur répond :  » Tenez vous ici et je vais écouter ce que l’Eternel vous prescrira ». La réponse de l’Éternel à Moïse est : « Dis aux enfants d’Israël que même si un homme…se trouve impur…il devra lui aussi procéder au sacrifice… Au deuxième mois, le quatorzième jour, entre les deux soirs, il devra sacrifier l’agneau, le manger avec des pains non fermentés et des légumes verts amers… » Une personne impure ne peut procéder à l’offrande sur le moment mais doit retrouver son état de pureté et y procéder le mois suivant. Elle fête PessaH avec un mois de retard. Moïse délivre cette réponse aux solliciteurs et à l’ensemble du peuple.

Et c’est ainsi que fut instauré Pessah chéni (le second Pessah) sans renoncement, en recherchant une solution adaptée à la situation. Une autre façon de faire bien fut trouvée.

  • La reconquête du Temple par les Maccabim

Après avoir reconquis le Temple de Jérusalem, les Maccabim désirent organiser une grande fête. Le Temple a été restauré. Les Maccabim pensent à la fête de Soukot (la fête des tabernacles) qu’ils n’ont pas pu célébrer comme il se doit, quelque temps avant la reconquête du Temple. Ils décident quand même de célébrer une fête de la même dimension et de la même intensité que Soukot.

Le deuxième livre des Maccabées de la bible catholique (livre non canonisé par la bible hébraïque) décrit une fête de huit jours au cours des mois de novembre ou décembre. Il s’agit tout simplement de la fête de Soukot reportée dans le temps, devenue la fête de Hanouka.

Soukot (la fête des tabernacles) perdurera et restera célébrée à la bonne date. Hanouka (la fête des lumières) deviendra une fête à part entière en fin d’année civile. Encore une fois, lorsque les nécessités de l’heure l’imposent, on trouve une autre façon de bien faire, qui perdure à travers l’histoire.

Que dire de la pratique actuelle des traditions juives ? 

Au fil du temps, l’exercice des traditions a évolué de pair avec la spiritualité.

Autrefois, l’inspiration spirituelle était concentrée au niveau des Prophètes. Ensuite elle a été transmise aux Sages du peuple d’Israël. (D’après le Talmud Baba Batra.)

Peu à peu l’étude de la Torah, l’étude des autres textes et la prise en compte de la situation du peuple Juif (quelquefois critique) se sont trouvées à la base des décisions concernant la bonne pratique des traditions. De la sorte, comme nous ne sommes plus en mesure de faire des offrandes sur l’autel du Temple aujourd’hui, l’exercice des traditions s’est retrouvé autour de la table familiale. (Selon le Talmud MenaHot.)

Afin de continuer à exister, les enfants d’Israël ont dû franchir tous les obstacles rencontrés depuis plus de trois mille ans. Ils ont dû s’adapter et être créatifs. Ainsi des créations telles que les fête de Hanouka, de Yom Hashoah et de Yom Haatsmaout sont entrées, ou commencent leur entrée, dans l’histoire du peuple Juif.

Nous ne voulons pas renoncer. Lorsque surgissent des obstacles, nous voulons agir le mieux possible. Lorsque nous ne pouvons pas simplement appliquer les règles du passé, nous savons être créatifs et nous adapter tout en restant fidèles aux valeurs et aux traditions qui sont les nôtres.

Paracha Nasso : Bénir ou être béni ?

Le don de la Torah se renouvelle chaque année. A partir de chavouot 2016, vous retrouverez sur notre site un petit commentaire actuel, une reinterprétation des vidéos « sur un pied ». N’hésitez pas à vous replonger dans le texte éternel de la Torah et de son commentaire sur le site sefarim, et à revoir les vidéos correspondantes sur notre chaine youtube…

Bonne étude!

La bénédiction est le sujet du chapitre 6, versets 22 à 27, du sefer Bamidbar (livre des Nombres de la Torah).

« Bénir ou être béni » nous amène à parler de la bénédiction. La signification, au sens strict, du mot « bénédiction » est « le fait de dire du bien »; ce qui met sur la voie de ses sens communs : louange ou appréciation favorable. De la formule « bénir ou être béni » transparaît une notion de relation affective importante que nous allons développer.

Bénédiction et Judaïsme :

« BraHa » est la version hébraïque de « bénédiction ». Ce terme a la même racine que « breHa » qui signifie « piscine » en hébreu moderne. Cette parenté de langage met « braHa » en relation avec une source d’eau inépuisable à laquelle nous pourrons toujours nous abreuver.

« BraHa » a également un lien de parenté avec le mot « bereH » qui veut dire « genou » ou « articulation ». La raison en est que le geste de plier le genou accompagne traditionnellement les prières et les louanges adressées à Dieu. La braHa joue également un rôle d’articulation dans nos vies. Elle nous permet de prendre conscience du présent, de ce que nous vivons dans l’instant, d’en profiter et de l’orienter pour que nous articulions nos vies dans le sens qui nous fait du bien.

La bénédiction se fait de Dieu aux Hommes. Elle se pratique aussi d’un Homme envers un autre Homme ou d’un Homme envers un groupe humain particulier. C’est ainsi qu’Abraham a été béni par Dieu et qu’ensuite Abraham a béni sa descendance pour lui transmettre la bénédiction reçue.

Une expression de bénédiction très courante est « barouH ata Adonaï… » (béni sois-tu Éternel…). Selon le Talmud nous sommes censés prononcer 100 bénédictions par jour, tout au long de la journée en termes de reconnaissance, remerciements, louanges et transmission des bénédictions reçues.

Nous ne devons pas bénir l’Éternel directement. Cependant une exception est citée dans le traité braHot du Talmud, concernant rabbi Ishmaël Ben Elisha qui a été confronté à une demande de Dieu. Dieu a demandé la bénédiction à Ishmaël Ben Elisha qui, très surpris, a répondu à Dieu : « Que ce soit ta volonté que ta bienveillance l’emporte sur ta rigueur, en particulier en faveur de ton peuple des enfants d’Israël ! » (L’Éternel aurait hoché la tête en signe d’approbation.)

Et dans notre vie courante ?

Nous prononçons des braHot en signe de satisfaction (bonne odeur d’un fruit, beauté d’un paysage…), en pratiquant certains actes, ou bien pour louer l’Éternel de nous avoir choisis pour remplir une mission et des devoirs. Bénédictions simplement de bonheur : « Tu es béni Eternel, qui est bon et parfaitement bon ».

Nous prononçons aussi des braHot aux moments cruciaux de notre existence pour marquer les inflexions positives ou négatives de notre parcours de vie. Bénédiction des moments difficiles : « Tu es béni, juge de vérité ».

Parmi ces bénédictions, l’une d’elles est très émouvante : celle accordée à nos enfants le vendredi soir. Elle est en liaison directe avec la paracha Nasso et sa formulation est identique. Au chapitre 6 de Bamidbar les prêtres bénissent les enfants d’Israël en ces termes :  » Que l’Eternel te bénisse et te protège, que l’Eternel tourne sa face vers toi et t’illumine de sa splendeur, que l’Eternel t’apporte la paix ».

Les bénédictions que nous donnons ou que nous recevons nous procurent de l’apaisement et de l’encouragement. Avec elles nous profitons mieux des bons moments et vivons mieux les moments difficiles de la vie, nous transmettons le meilleur de nous-mêmes à nos proches, nous renforçons notre confiance en Dieu et les hommes… Pouvons-nous nous en passer ?

Paracha Bamidbar : sommes-nous notre nom ?

Chavouot est la fête du don de la Torah. Elle sera célébrée cette année Samedi 11 juin et dimanche 12 juin. Nous recevons une Torah renouvelée, chaque année, nous la comprenons différemment en fonction de notre expérience de vie. Nous avons décidé cette année de partager avec vous par écrit un petit commentaire actuel, une reinterprétation des vidéos « sur un pied ». N’hésitez pas à vous replonger dans le texte éternel de la Torah et de son commentaire sur le site sefarim, et à revoir les vidéos correspondantes sur notre chaine youtube…

Bonne étude!

 

Bamidbar signifie « dans le désert ».

En quoi les noms que nous portons ont-ils leur importance ? Correspondent-ils exactement à nous-mêmes ?

En général un nom est nécessaire à l’identification d’un personnage, à l’évocation de sa mémoire, à la connaissance de son ascendance et de son origine.

Qu’en est-il des enfants d’Israël ?

  • Il est courant de donner leurs noms et de les égrainer, en certaines circonstances, pour souligner leur personnalité, leurs actions, les événements qu’ils ont vécus, leur intégration dans le destin d’Israël  et la construction du judaïsme.
  • La forme hébraïque du nom des Juifs indique l’origine et la nature de la personne en citant le nom du père ou/et de la mère.
  • Sur ce thème, les écrits principaux formulent ceci :

Amida :  « Béni sois-tu, Éternel notre Dieu et Dieu de nos pères, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob ».

La Amida, élément central des offices, débute par la phrase citée. Il s’agit du rappel des noms de nos pères et ancêtres, ceux qui sont à l’origine du peuple des enfants d’Israël.

Bamidbar 1:2 :  « relevez le total de toute l’assemblée des fils d’Israël… suivant le nombre des noms »

Bamidbar 1:19 :  « et il se mit en devoir de les enregistrer dans le désert du Sinaï »

Moïse, aidé par Aaron, est chargé par Dieu du recensement par leurs noms de tous les enfants d’Israël.

Bamidbar 1:20 à 1:54 :  « les enregistrés… de la tribu de Siméon furent cinquante neuf mille trois cents »

Les chefs de toutes les tribus font procéder au recensement, selon leur identité et leur rôle dans le destin du peuple, des membres de leurs tribus. Sont ainsi comptés et nommés les enfants d’Israël dans leur totalité.

Talmud Roch Hachana : 4 façons de changer le cours de notre vie sont possibles : affirmer avec force ce que nous voulons changer (tséaka), être solidaire de ceux qui nous entourent (tsedaka), jouer sur notre relation avec les autres (chinouï maassim) et changer de nom (chinouï chem).

Nous en déduisons que dans la tradition hébraïque le nom d’une personne représente l’essence même de cette personne : ainsi Abram devint Abraham, Saraï devint Sarah et Jacob devint Israël. (A noter que les enfants d’Israël sont les descendants de Sem qui fût un des ancêtres d’Abraham- d’où l’appellation « sémite ». Sem est la version francisée du terme hébreu « chem » qui signifie « nom ».

En lisant Bamidbar de 1:1 à 4:20 nous apprenons que 2 composantes caractérisent un peuple : le nombre de personnes selon une répartition interne, le nom et le profil de chaque personne.

Cependant, dans le cas des enfants d’Israël il est certain que les noms ont beaucoup plus de valeur que les nombres. Il en est ainsi car les noms des enfants d’Israël sont fortement porteurs de sens.

Créer la réalité, c’est tout un art! Rachi, ce samedi 11 juin

Qu’est-ce que la réalité? Qu’est-ce que le pchat? Comment inventer le peuple juif ?

Y a-t-il un sens premier et évident, ou tout n’est-il que construction?

Sur quelle « réalité » s’appuyer?

Quand Rachi rejoint Paul Watslawick et que nous analysons « la réalité de la réalité », ils nous apprennent à ne pas craindre les réalités symboliques.

Notre paracha nous invite à l’art du réel virtuel.

Pour que nous soyons capables d’établir notre propre version de la réalité.

La feuille de source est disponible ici: 10 Rachi Bamidbar La réalité de la réalité

A samedi (accueil 9h15, début 9h30) et …שבת שלום

Chavouot 5776: Sommes-nous tous des convertis ?

Chavouot, don de la torah
tables de la loi

Chavouot est la fête de la réinvention du Judaïsme, de la réception renouvelée de la Torah, reçue par tout le peuple au moment du Sinaï et par chacun d’entre nous, chaque année.

Nous sommes tous des convertis. Nous nous reconvertissons chaque année, nous recevons la Torah à Chavouot, nous faisons téchouva à Kipour. Nous gardons une alliance qui se renouvelle et nous grandissons dans cette alliance.

Le dire ainsi semble provocateur, mais tels sont les termes du midrach lui-même.

En cette période où ceux qui désirent rejoindre le peuple juif sont parfois très mal accueillis, nous tenons à remettre l’accueil au centre de notre étude, l’accueil que la tradition nous ordonne.

En ce jour de réception renouvelée de la Torah, c’est la conversion qui sera à l’honneur. Et tout naturellement, Ruth sera notre héroïne…

 

18h45 office/dracha

D’Abraham à Ezra en passant par Moïse, Sarah et Ruth, sommes-nous tous des convertis ?

19h45

La loi juive et son évolution : Présentation générale

Un exemple, Zadok Kahn, entre libéralisme et orthodoxie

20h 45 repas, plat principal

21h 30

La conversion : Contexte halaHique

La conversion : Éléments historiques


22h 30 repas,  gâteaux au fromage

23h

Atelier d’étude sur texte : Les grandes figues de convertis


23h45 café et intermède musical (Levanah Leibman Dratwa)

24h

Etude du livre de Ruth
1h

Questions d’actualité : Peut-on annuler des conversions ? Qu’est-ce qu’une « vraie » conversion ?

2h  Hévrouta sur texte : Les sources de la conversion dans la tradition juive

Les personnes désirant participer au repas sont priées de s’inscrire auprès de Catherine.

Selon la tradition, nous apporterons des mets lactés, gâteaux au fromage, cheese cakes, riz au lait, pâtisseries au miel, etc….

Communiquer, c’est sacré! Rachi, ce samedi 14 mai

Communiquer, c’est sacré!

La paracha Kedochim (spéciaux, saints, sacrés) évoque des principes fondamentaux de communication.

Quel est l’impact d’une communication détournée? Quel est le but et le principe de la communication?

Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.

Pour que nos mots aient un contenu et une tonalité de construction.

La feuille de source est disponible ici: 9 Rachi Kedochim Communiquer

A samedi (accueil 9h15, début 9h30) et …שבת שלום