Le sens au prix de la souffrance ? (Edmond Fleg)

Edmond Fleg est un grand personnage de la pensée juive. Ses recueils de poèmes, « Ecoute Israël », « L’Eternel est notre Dieu », « L’Eternel est un », sont une interprétation profonde des grands événements de la Bible.
La ligature d’Isaac, son « non-sacrifice », est l’un des épisodes les plus complexes de la Torah, au centre de la fête de Roch Hachaha.
Comment comprendre cette soi-disant « demande » de Dieu, et alors que nous soulignons comme le fait le midrach la leçon de « non-sacrifice », la question de cette demande inacceptable reste puissante.
Chaque année, le deuxième matin de Roch hachana, nous relisons l’histoire et la commentons à nouveau à la synagogue pour en tirer des conclusions qu’il serait difficile de retranscrire ici en quelques mots.
Le courage retracé dans ce poème nous rappelle également ce que les achkénazes appellent « martyrologie », ces passages qui retracent les actes de dignité de nos sages au cours des pogroms, qui sont traditionnellement lus pendant la journée de Kipour.
Il convient néanmoins de partager la « vision d’Isaac », d’Edmond Fleg, la « vision d’Edmond Fleg » concernant cet épisode. Serions-nous prêts à renoncer au confort et à l’innocence au profit de la douleur de la lucidité? Telle est la question que se posent les philosophes, telle est la question que soulève Edmond Fleg à travers ce magnifique – et difficile – poème. Il ne répond pas à toutes les questions, mais il sait les ouvrir, il nous touche.

 

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Isaac bénit Jacob, ses fils et leur semence,
Puis se tourna vers le mur, en silence;
Et faible sur sa couche, aveugle et sourd.
Ayant connu pour Dieu des maux très lourds,
II attendit la mort, rassasié de jours.

Or, l’Ange d’Élohim vint, à l’heure dernière,
Toucher sa tempe et sa paupière,
Et, rendue un instant à ses forces premières,
Son âme retrouva les sons et la lumière.
Et le mur s’entrouvrit, plein d’esprits et de cris ;

Et le Père mourant vit tous ceux de sa race,
Dispersés et meurtris dans le temps et l’espace.
Et sur les bords des mers et sur les fleuves clairs
Sur les monts et les plaines et les villes lointaines,

Et tout le long des ans sur les jours ondoyants,
et tout le long des âges, sur les siècles sauvages
Le Père se penchait, — pour écouter
La plainte qui montait de sa postérité :

« Isaac ! Isaac ! Pourquoi nous as-tu mis au monde ?
Nous allons, sans abri ;
Nous n’avons point de part à la terre féconde,
Et sur le sol natal nous sommes des proscrits.
Le faible nous insulte, le poltron nous brave,
L’enfant siffle contre nous ;
Et nous avons pris des âmes d’esclaves,
à force d’user nos genoux.
Au long des chemins nous cherchons des frères ;
Mais nos cœurs, en lambeaux,
Dans la nuit sans fin n’ont d’autres lumières
Que les bûchers en flamme et l’éclair
des couteaux.
Et nous levons au ciel nos mains épouvantées,
Sans qu’une main d’en haut nous vienne secourir ;
Et sans vivre les joies que d’autres ont chantées,
Nous tombons au sépulcre avant que de mourir. »

Ainsi montait la plainte, sans trêve.
Et le Père gémit dans la voix de son rêve :

« Tu leur avais promis, Seigneur, après ma mort,
Un pays de palmiers où coule l’huile d’or.
L’ont-ils déjà perdu ? Le cherchent-ils encore ?
Comme ils ont dû pécher, pour mériter leur sort.
Lorsqu’au mont Morïah, victime volontaire,
Sous l’angoisse plié,
J’offrais ma gorge au couteau de mon père,
Par ton ange, Élohim, mon corps fut délié;
Mais regarde mes fils ! A quoi bon ta clémence,
S’il faut que mon supplice, après moi, recommence? »

Alors Dieu dit au moribond:

« Isaac, si pour tes fils ta douleur le demande,
Je puis, t’épargnant l’épreuve trop grande,
choisir une autre chair pour y marquer mon Nom,
Et tes enfants seront ce que les heureux sont.
Ils posséderont un coin de la terre,
Et d’autres marcheront exilés du soleil;
Ils se rassasieront au froment salutaire,
Et d’autres souffriront le jeûne sans sommeil.
Ils ne seront point mangés par l’épée,
D’autres nourriront la flamme et le fer ;
Ils auront l’âme claire, au feu d’orgueil trempée,
D’autres paraîtront vils à l’univers.
Ils ne connaîtront rien des tristesses profondes
Qui les pouvaient rendre immortels,
Mais d’autres feront sonner au monde,
La voix de l’Éternel! »

Ainsi tonnait dans l’étendue
La parole du Dieu fort.
Mais, montrant ses fils de sa main tendue,
Isaac supplia dans la mort :

« Élohim! Élohim! ne change pas leur sort!
Qu’ils vivent, s’il le faut, condamnés au servage ;
Qu’ils errent en sanglots par les lieux et les âges,
Mais qu’ils te louent, Dieu juste, et qu’ils voient ton visage! »
Et Dieu ferma les yeux du Père des souffrants,
Et Jacob mit ses os dans la tombe, en pleurant. »

Sommes-nous tous des passagers clandestins? (Hava Alberstein)

Qu’elle se décline au passé ou au présent, la question des réfugiés est lourde et douloureuse dans nos cœurs, elle nous questionne en tant qu’humanité sur notre capacité de solidarité et en tant que juifs sur notre capacité à  » Connaitre le cœur de l’étranger car nous avons été étrangers en pays d’Egypte ».
Les fêtes de Tichri sont celles de la solidarité, nous considérons que nous sommes jugés individuellement mais aussi collectivement, les ressources d’humanité de l’Humanité seront-elles suffisantes pour que nous puissions garder un espoir de grandir, pour que nous ayons une chance de repousser le cercle vicieux de la misère et de l’égoïsme et enclencher au contraire des cycles collaboratifs dans lesquels les intérêts des uns et des autres se rejoignent dans l’intérêt collectif?
La très belle chanson de Hava Halberstein nous accompagne dans ces questions, et nous connecte à notre besoin de sécurité et de solidarité qui fait notre condition humaine.
Il fait écho à la fois à la prière « ountané tokef » que nous disons les matins de Roch Hachana et de Kipour, aux séliHot que nous disons le matin et qui nous font prendre conscience de notre fragilité, et bien évidemment à l’histoire de Jonas, réfugié dans le ventre du poisson, qui est la haftara de l’après-midi de Kipour.

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Voyageur clandestin – Hava Halberstein/Yéhoudit Ravitz …    écoutez cette belle chanson sur you tube
נוסע סמוי
לחן: יהודית רביץ
מילים: חוה אלברשטיין

Profond dans le ventre du bateau
Dans la chaleur pesante, l’obscurité
Un homme très abattu a trouvé refuge
Rescapé d’un grand danger
En voyage vers l’inconnu
Y a-t-il un port qui l’accueillerait ?
Passant des nuits sans sommeil
Sans sourire, sans un mot
Que sera sa destinée ?Être un visage sans nom
Vivre toujours dans l’ombre
Qu’il est dur de fuir dans ce monde
S’il est découvert il sera jeté à la mer
Qu’il est dur de fuir dans ce monde

Et si toi aussi tu étais
Capitaine d’un grand navire
T’approcherais-tu de l’Etranger
Lui donnerais-tu nourriture et boisson
Un lit, quelque chose qui le couvre
Toutes ces choses interdites, mais possibles

L’être humain n’est-il pas une bête traquée
L’être humain n’est-il pas une feuille balayée par le vent
Que sera sa destinée ?

עמוק בבטן הספינה
בחום כבד בחשכה
אדם נואש מאוד מצא מחבוא
נמלט מסכנה גדולה
נוסע אל הלא נודע
היש נמל גם בשבילו
עושה לילות ללא שינה
ללא חיוך ללא מילה
מה יעלה בגורלו

להיות פרצוף בלי שם
לחיות תמיד בצל
קשה לברוח בעולם
אם יתגלה יושלך לים

קשה לברוח בעולם
ולו היית גם אתה
קברניט של אוניה גדולה
האם היית מתקרב לזר
נותן לו אוכל ומשקה
נותן מיטה ומחסה

את כל מה שאסור אבל אפשר

הלא האיש אדם נירדף
הלא האיש עלה נידף
מה יעלה בגורלו

Isaac – Ne pas sacrifier les générations futures! (Léonard Cohen)

On ne rappelle jamais assez combien le mot Korban, קורבן, devrait être traduit par le mot « offrande de rapprochement (le mot karov veut dire proche en hébreu) et non pas par le mot sacrifice.
Le non sacrifice d’Isaac est l’un des fondements de la pensée et de la pratique juive.
Le premier matin de Roch hachana, on lit dans la Torah l’histoire d’Ismaël et de Agar, le deuxième matin, on lit l’épisode de la ligature d’Isaac, et pendant ces deux jours, comme pendant la période des seliHot et à la conclusion de Kipour, on sonne du Chofar qui rappelle cet épisode.

Léonard Cohen a écrit un chant militant sur la question des sacrifices, que nous associons à nos prières lors des fêtes. Je partage avec vous aujourd’hui ce midrach moderne.
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Ecouter Léonard Cohen: https://www.youtube.com/watch?v=tr0HCqiD1C8

The door it opened slowly,
My father he came in,
I was nine years old.
And he stood so tall above me,
His blue eyes they were shining
And his voice was very cold.
He said, « I’ve had a vision
And you know I’m strong and holy,
I must do what I’ve been told. »
So he started up the mountain,
I was running, he was walking,
And his axe was made of gold.Well, the trees they got much smaller,
The lake a lady’s mirror,
We stopped to drink some wine.
Then he threw the bottle over.
Broke a minute later
And he put his hand on mine.
Thought I saw an eagle
But it might have been a vulture,
I never could decide.
Then my father built an altar,
He looked once behind his shoulder,
He knew I would not hide.You who build these altars now
To sacrifice these children,
You must not do it anymore.
A scheme is not a vision
And you never have been tempted
By a demon or a god.
You who stand above them now,
Your hatchets blunt and bloody,
You were not there before,
When I lay upon a mountain
And my father’s hand was trembling
With the beauty of the world.And if you call me brother now,
Forgive me if I inquire,
« Just according to whose plan? »
When it all comes down to dust
I will kill you if I must,
I will help you if I can.
When it all comes down to dust
I will help you if I must,
I will kill you if I can.
And mercy on our uniform,
Man of peace or man of war,
The peacock spreads his fan.

Lentement la porte s’ouvrit
Mon père fit son entrée
J’avais neuf ans alors
Et devant moi il était si grand
Ses yeux bleus étaient brillants
Et sa voix était glaciale.
Il dit :  » J’ai eu une vision
Et tu sais que je suis saint et fort
Je dois obéir aux ordres.  »
Il se mit donc à gravir la montagne
Moi je courais et lui marchait
Et sa hache était en or.

Les arbres se firent tout rabougris
Le lac Lin miroir de dame
Nous fîmes halte pour boire du vin.
Puis il jeta la bouteille
Qui se brisa une minute ‘ après
Et sur la mienne il mit sa main.
Il me sembla Voir Lin aigle
Mais peut-être était-ce un vautour
Jamais je ne pus discerner.
Puis mon père bâtit un autel
Il regarda une fois derrière son épaule
Sûr que je n’irais pas me cacher.

Vous qui bâtissez les autels à présent
Pour sacrifier ces enfants
Vous ne devez plus jamais le faire.
Un projet n’est pas une vision
Et jamais vous n’avez eu de tentation
Ni par le ciel ni par l’enfer.
Vous qui êtes debout devant eux maintenant
Vos hachettes émoussées et sanglantes
Vous n’étiez pas là hier.
Lorsque je gisais sur une montagne
Et que la main de mon père était tremblante
De la beauté du verbe.

Et si maintenant vous m’appelez frère
Pardonnez-moi si je m’enquiers
En vertu de quelle volonté ?
Quand tout cela tombera en poussière
S’il le faut je vous tuerai
Si je le peux je vous aiderai.
Quand tout cela tombera en poussière
S’il le faut je vous aiderai
Si je le peux je vous tuerai.
Et pitié pour notre uniforme
Homme de paix ou homme de guerre
Le paon fait la roue.

Que savez-vous de l’histoire des juifs de France?

Au lendemain du 14 juillet et en pleine finale de la coupe du monde France-Croatie, nous sommes en position idéale pour évoquer l’histoire des juifs de France.

Avatar de Floriane ChinskyDevenir Juif, Devenir Juive

Avec la révolution, la France a créé la citoyenneté. Comment comprenons-nous aujourd’hui la célèbre phrase de Stanislas de Clermont-Tonnerre ? « Il faut tout refuser aux Juifs comme nation ; il faut tout leur accorder comme individus ; il faut qu’ils soient citoyens. », tout accorder à la liberté individuelle, mais rien au titre du groupe. La France a changé, de nouvelles questions se posent, les choix qui s’offrent à nous doivent être éclairés par la connaissance du passé. Que savons-nous exactement de l’histoire des juifs en France ? Voici l’occasion de faire un petit bilan, et de remettre sur le chantier cette question éternelle : Que signifie être juif ? Que signifie être français ? En quoi nos identité nous éclairent-elles sur la condition humaine…

  1. Depuis quand y a-t-il des juifs en France ?
  2. Quels étaient initialement les rapports entre juifs et chrétiens ?
  3. Quelles lois ont-elles été imposées au cours des conciles pour séparer les juifs des…

Voir l’article original 247 mots de plus

Toute fin est un commencement (Léa Naor)

Est-ce un poème? Est-ce un chant pour enfant? Ce texte de Léa Naor nous parle des changements.
Un joli poème à lire pour soi-même ou en famille, en préparation des changements des vacances, du renouveau de l’année scolaire, et du renouveau de l’année juive.
Ce texte est également lu chez nous entre Yzkor et Néila, à la fin de l’office de Kipour, si vous souhaitez le lire avec nous à la synagogue, vous aurez l’occasion de l’entendre dans le renouveau solennel des fêtes de Tichri…

Une fin, c’est toujours un commencement
Pour un mieux ? pour un pire ?
Je n’en sais plus rien
Quelque chose de différent

Quand le chemin se termine, un sentier commence
Quand la nuit se finit c’est le jour qui s’avance
Quand se termine une heure, arrive une nouvelle heure
Quand s’arrête le savoir, alors survient l’erreur

La fin est toujours le début d’autre chose

Il y a un lendemain à chaque jour qui passe
A chaque vieux rêve succède un rêve nouveau
Quand une année prend fin, une autre la remplace
Les réponses commencent à la fin des questions

Car la fin est toujours le début d’autre chose

Quand le film se termine, on reprend notre vie
Quand c’est la fin des mots, alors les chants s’élèvent
Quand une musique s’arrête, une nouvelle s’épanouit
Quand les chants cesseront, parler prend la relève

Une fin, c’est toujours un commencement
Pour un mieux ? pour un pire ?
Je n’en sais plus rien
Quelque chose de différent (Traduction Floriane Chinsky)

סוף זה תמיד התחלה
הופה היי
מילים: לאה נאור
לחן: יורם צדוק

סוף זה תמיד התחלה של משהו אחר.
– טוב יותר?
– רע יותר?
– לא יודעת מה יותר.
משהו אחר.
כשהדרך נגמרת מתחיל איזה שביל,
כשהלילה נגמר אז הבוקר מתחיל,
כשנגמרת שעה, עוד שעה מגיעה,
רק בסוף הידיעה מתחילה השגיאה.
סוף זה תמיד התחלה של משהו אחר.
יש תמיד יום מחר לכל יום שעובר,
כל חלום משומש מחליפים באחר.
כשנגמרת שנה, עוד שנה מתחילה,
כל תשובה מתחילה רק בסוף שאלה.
כי סוף זה תמיד התחלה של משהו אחר.
כשהסרט נגמר החיים מתחילים,
הצלילים מתחילים כשאין כבר מלים.
כשנגמור את הצלילי אז נתחיל צליל אחר.
כשנגמור את השיר אז נתחיל לדבר.
סוף זה תמיד התחלה של משהו אחר.
– טוב יותר? רע יותר?
– לא יודעת מה יותר.
משהו אחר.

http://www.youtube.com/watch?v=ACa74tJVWm0

Profitez des vacances pour lire dans la Torah!

Le prochain chabbat kéhilati aura lieu le 24 et 25 août. La paracha Ki tétsé nous prépare aux fêtes de tichri à travers le rappel du respect de la justice et de la bienveillance. Profitez des vacances pour préparer une petite lecture de trois versets et commencer la rentrée en beauté!

Pour la lecture de la Torah du chabbat de rentrée, retrouvez:

Vous trouverez également les vidéos des chabbatot kéhilatiim suivants sur ma chaine youtube, ainsi que le texte des montées ici: vayera 1 Hayé Sarah 1

Enfin, le lien avec TOUTES LES REFERENCES des Kéhilatiim et les explications, se trouve ici.

D’ici-là, excellentes vacances à toutes et à tous!

 

Quelques notions juives au service des soignants et des infirmiers

Suite à mon intervention d’hier à l’IFSI de Troyes, voici les grandes lignes de ma présentation:

Introduction:

1 -« Herschel Ostropoler doit enterrer sa femme » (histoire juive): L’importance de la vie avant tout, l’importance d’avoir du recul, l’humour dans le judaïsme.
2 – « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique chapitre 19): S’aimer soi-même pour pouvoir aimer l’autre, prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin des malades.

Le judaïsme

– Le judaïsme ancien est plus ancien que le Christianisme récent, mais le judaïsme d’aujourd’hui n’est ni plus ancien, ni plus nouveau, que toutes les autres traditions ou choix philosophiques contemporains.
– Si vous savez qu’un patient est juif, vous en savez peu de choses, s’agit-il d’un attachement de croyance, de pratique, de fidélité aux valeurs familiales, de partage du traumatisme de la Choa, avec une importance de la communauté ou avec un attachement premier à une discrétion qui place la citoyenneté française au premier plan comme le disait le diction « heureux comme juif en France ».
– Le judaïsme aujourd’hui encore en France reprend les courants nés au milieu du 18e siècle: Libéraux/ Orthodoxes

Judaïsme et relation au corps

Le sacré dans la tradition juive, c’est la vie, dont le corps est le support. Il faut profiter de ce que nous offre la vie, remercier pour le bien, reconnaitre la souffrance, reconnaitre l’incertitude. L’ « impureté » est le mot dont on caractérise l’altération du rapport avec la vie. Le fait de nommer cette perturbation permet de la reconnaître et de la canaliser. Par principe, elle intervient lorsqu’on se retrouve en relation avec la mort mais on peut l’étendre à d’autres situations. La conséquence est l’impossibilité de faire des offrandes au Temple de Jérusalem, détruit en 70. On peut l’étendre à la capacité d’effectuer des soins auprès du public. La thérapie de cela est symbolique et corporelle, il s’agit de l’immersion dans une étendue d’eau, un Mikvé, de la même racine que le mot « espoir » en hébreu. Pour tous les professionnels, et plus encore peut-être pour ceux qui prodiguent des soins, il est important d’avoir des lieux de ressourcement, qui, comme le Mikvé, permettent le rétablissement d’un lien entier avec nos vies et de notre entière capacité à donner le meilleur de nous-mêmes.
Le travail autour du soin du corps est un travail sacré, les prêtres ont dans le Lévitique un rôle d’examen des plaies, on remarque qu’une plaie stable peut-être déclarée « pure », alors qu’une plaie en évolution est considérée comme impure, c’est le changement qui est source d’angoisse.

La visite des malades comme commandement:

L’importance des commandements, au centre du judaïsme, la visite des malades est un commandements, voir  » Voici les commandements dont les fruits nous bénéficient dans ce monde et dont le fond reste pour vous dans le monde futur: le respect des parents, les actes d’entraide, la visite des malades, accueillir des invités, se lever tôt pour être à l’heure à la synagogue, promouvoir la paix entre les gens, l’Etude de la Torah.
Le vidouï est le texte que l’on propose de dire lorsque l’on craint que la mort ne soit au tournant, textes et explications sont disponibles sur ce lien.

Le rapport à la souffrance:

Histoires de BeraHot 5b: « Je n’aime ni mes souffrances ni leur récompense », la « normalité » de la souffrance, pleurer ensemble sur le caractère éphémère de la beauté, puis guérir.

Voici les grandes lignes de ce très beau partage, il est doux de contribuer à la formation de professionnels qui font un travail aussi dur et important que les soins infirmiers…

Chabbat chalom

Peut-on parler de l’autre?

Le rapport à l’autre est un défi permanent.

J’ai eu l’occasion de développer ces thèmes dans le cadre d’études de textes et de cours autour du Lashon hara, le « mauvais langage », à plusieurs reprises.

L’objectif de ce petit article est d’aborder les choses sur un plan beaucoup plus concret.

La tradition juive insiste sur l’importance de la parole, le pouvoir de la parole créatrice, le danger de la parole destructrice.

En principe, il n’y a pas de raisons de parler les uns des autres. Il y a au contraire de bonnes raisons pour ne pas le faire. Le לשון הרע, le mauvais langage, nuit à celui qui tient ces propos déplacés, à celui qui les écoute et à celui dont on parle. Cette pratique encourage l’habitude de se plaindre plutôt que de régler les problèmes, l’hypocrisie, la confusion, l’incompréhension et la méfiance.

Il comprend des exceptions, par exemple l’échange de données objectives, avant l’établissement de relations commerciales.
Il est pourtant tentant d’outrepasser ces lois. Dans une situation difficile, on cherche du soutien, on veut être compris, et on exprime ses difficultés relationnelles en parlant des autres. Ou bien on veut aider, on pense que quelqu’un a une difficulté et on essaie de la résoudre. Ou bien on craint l’influence néfaste d’une personne et entreprend de la contrer. Ou encore on veut rendre service et on passe le message d’une personne à l’autre. « Colporter » des histoires peut aussi bien partir d’une bonne intention.
Cependant en toute hypothèse, ce type de parole introduit de la confusion. La personne qui parle projette ses croyances et ses propres craintes sur une situation qu’elle ne maîtrise pas. Très souvent, même lorsqu’on est personnellement impliqué dans une relation, on n’en connait en réalité que son côté, sans savoir ce qui se joue auprès de l’autre. Deux personnes dansent peut-être le même tango, mais elles n’en ont pas sans doute pas la même expérience.
En tant que Rabbin, on vient souvent me parler de situations qui concernent des tiers. Cela peut être justifié dans une certaine mesure, que je souhaite expliciter dans cet article.
Voici le cadre dans lequel il est possible de se tourner vers moi et de parler de personnes absentes:
  • Une personne éprouve le besoin de parler de sa relation avec quelqu’un d’autre. C’est son côté de la relation qui est décrit ce qui légitime mon écoute. La nature de mon écoute est alors un soutien inconditionnel à celui qui parle dans les difficultés qu’il éprouve, mais totalement déconnecté d’une prise de position objective, je ne fais pas de lien avec la personne absente, car je sais que sa réalité peut être très différente.
  • Une personne éprouve une difficulté avec une autre personne et veut m’en parler pour trouver une solution. Nous pouvons examiner les options qui s’offrent à la personne concernée, rechercher des solutions de son point de vue, ou encore organiser une rencontre dans un cadre qui facilite la communication.
  • Une personne veut me parler des soucis d’une autre personnes concernant sa relation avec moi, cette autre personne n’osant pas elle-même venir présenter sa difficulté. Parfois, ce tiers est mandaté pour me parler, ou il se sent mandaté par la personne, mais ce n’est pas toujours le cas. Dans ce cas, il n’y a rien à faire, car la « transmission de message » rend la communication floue à plusieurs titres. Tout d’abord le message est déformé, comme l’est un texte qui aurait subi une traduction, la chance que je comprenne est réduite. Ensuite, la personne qui veut transmettre le message et le messager ont tous les deux leurs approches de la vie, leur répondre en une seule voix nécessiterait de parler deux langages en même temps, or, seul Dieu peut prononcer d’une voix unique « chamor » et « zaHor ». Enfin, je ne peux pas obtenir d’éclaircissements, ni voir ou est le réel besoin, ni trouver de solution créative pour résoudre le problème. Cela revient donc juste à me dire  » quelqu’un souffre et pense que vous, Rabbin, en êtes responsable sans pour autant donner les moyens de le soigner ». L’alternative est d’encourager la personne à prendre rendez-vous avec moi. Ainsi il sera possible de rechercher la nature exacte de la difficulté.
Le pire est bien sûr un  » Plusieurs personnes m’ont dit qu’elles pensent que vous êtes ceci ou cela, mais je ne peux pas vous dire qui, par soucis de discrétion ». Ce type d’approche est bien sûr le summum car il n’est pas possible de maîtriser comment d’autres nous perçoivent, la même action peut être perçue de façon très variable, et la seule façon de ne déplaire à personne en rien est de disparaître.
Le meilleur est quelque chose comme  » J’apprécie beaucoup ce que vous faites et pour continuer à me sentir totalement à l’aise j’ai besoin de clarifier un point que je ne comprends pas, c’est une difficulté pour moi et peut-être pour vous aussi, avez-vous un moment pour en parler maintenant, souhaites-tu que nous prenions rendez-vous?  » Ceci peut être suivi d’une discussion concernant ce que provoque telle ou telle réalité synagogale ou personnelle et les façons d’y remédier. Une telle discussion amène, lorsque chacun assume sa subjectivité, un rapprochement et une plus grande sécurité dans la relation.
Bien sûr, dans le cas contraire, d’une personne qui n’apprécierait pas son interlocuteur, qui penserait avoir tout compris, qui ne souhaite pas trouver de temps calme et approprié pour obtenir la pleine attention de son interlocuteur, ou qui considère que son point de vue est le seul valable, toute discussion s’inscrirait dans un rapport de force instrumentalisant totalement la relation.
En trouvant le courage de s’exprimer en paix et dans la confiance, on renforce sa confiance en soi et en autrui et on expérimente la possibilité de solutions appropriées qui respectent tous les interlocuteurs.
Qu’il en soit ainsi, Amen!

En fait, Dieu n’est pas intégriste ! – Talmud et Humanisme demain au café des Psaumes

Certaines pratiques semblent évidentes, alors qu’elles ont pu être controversées par le passé, ou qu’elles peuvent être remises en causes par d’autres pratiques de même importance. Suivre notre intuition ne suffit pas toujours à connaître ce que dit la loi juive, et choisir l’opinion la plus « dure » encore moins… Notre texte de demain nous introduira à l’importante notion de Mara déatra, pour conclure notre sicle d’étude de cette année en beauté…

Téléchargez ici le texte d’étude: talmud formet doc talmud format PDF

Chabbat 130a

On enseigne rabbi Eliezer dit si on n’a pas amené d’outil la veille du chabbat on l’amène le chabat ouvertement et s’il y a du danger on le cache sur la foi de témoins et encore a dit Rabbi Eliezer on coupe du bois pour allumer le poêle pour faire du fer d’une façon générale Rabbi Akiva a dit tout travail qu’il est possible de faire à partir de la veille du chabbat ne repousse pas le chabat et qu’il n’est pas possible de faire à partir de la veille du chabbat repousse le chabbat

 

Et encore a dit Rabbi Eliezer les sages ont enseigné dans le lieu de Rabbi Eliezer on coupait du bois pour faire le poêle pour faire du fer le chabbat dans le lieu de Rabbi Yossi haglili on mangeait de la viande de poulet dans du lait Lévi est allé à la maison de Yossef Richba on lui a amené de la tête de paon dans du lait il n’a pas mangé quand il est allé voir Rabbi il lui a dit pourquoi tu ne l’as pas excommunié il lui a dit c’était le lieu de Rabbi Yéhouda ben Betera et j’ai dit peut-être il l’a commenté comme Rabbi Yossi haglili comme a enseigné rabbi Yossi haglili il est dit ne mange aucun cadavre et il est dit ne fais pas cuire le chevreau dans le lait de sa mère, ce qui est interdit en tant que cadavre est interdit pour la viande et le lait le poulet qui est interdit en tant que cadavre sera interdit pour la viande et le lait c’est pour t’enseigner dans le  lait de sa mère il est sorti le poulet qui n’a pas de lait de mère il a dit Rabbi ItsHak il y avait une autre ville en Israël qui faisaient comme Rabbi Eliezer et qui mourraient en leur temps et non seulement mais une fois le méchant Royaume a pris un décret sur Israël a propos de la circoncision et sur cette ville il ne l’ont pas décrété.

מתני׳ רבי אליעזר אומר אם לא הביא כלי מערב שבת מביאו בשבת מגולה ובסכנה מכסהו על פי עדים ועוד אמר רבי אליעזר כורתים עצים לעשות פחמין לעשות (כלי) ברזל כלל אמר רבי עקיבא כל מלאכה שאפשר לעשותה מערב שבת אינה דוחה את השבת (ומילה) שאי אפשר לעשותה מערב שבת דוחה את השבת:

…

ועוד אמר רבי אליעזר: תנו רבנן במקומו של רבי אליעזר היו כורתין עצים לעשות פחמין לעשות ברזל בשבת במקומו של רבי יוסי הגלילי היו אוכלין בשר עוף בחלב לוי איקלע לבי יוסף רישבא קריבו ליה רישא דטווסא בחלבא לא אכל כי אתא לקמיה דרבי אמר ליה אמאי לא תשמתינהו אמר ליה אתריה דרבי יהודה בן בתירה הוה ואמינא דילמא דרש להו כרבי יוסי הגלילי דתנן רבי יוסי הגלילי אומר נאמר לא תאכלו כל נבלה ונאמר לא תבשל גדי בחלב אמו את שאסור משום נבלה אסור לבשל בחלב עוף שאסור משום נבלה יכול יהא אסור לבשל בחלב תלמוד לומר בחלב אמו יצא עוף שאין לו חלב אם אמר רבי יצחק עיר אחת היתה בארץ ישראל שהיו עושין כרבי אליעזר והיו מתים בזמנן ולא עוד אלא שפעם אחת גזרה מלכות הרשעה גזרה על ישראל על המילה ועל אותה העיר לא גזרה:

 

Kadich et transmission

La synagogue nous accueille dans les moments de joie comme dans les moments difficiles. Le Rabbin est présent pour accompagner la famille pendant le temps du deuil, à l’enterrement, pendant la Chiva (les sept jours du deuil), et à la synagogue. Là, les endeuillés peuvent prononcer le Kadich, et la communauté leur répondre. Pour en savoir plus, vous pouvez suivre ce lien.

Au cours de la Chiva à la synagogue, nous étudions également des textes. L’un d’entre eux est le texte suivant, qui raconte la légende de Rabbi Akiva et du Kadich.

Le Kadich est souvent considérée aujourd’hui comme la prière des endeuillés. Il ne figure pourtant pas tant que tel dans les deux Talmud ni dans le Michné Torah de Maïmonide, il apparait d’abord comme une pratique réservée au cimetière avant d’investir également la synagogue. En Yiddish, on pourrait résumer le sens de la récitation du Kadish par les mots « mir zaynen do ». Voici l’histoire qui a inspiré la récitation du Kadich par les endeuillés, qui se trouve dans différentes traditions dans la littérature rabbinique depuis le VIIIe siècle.  Elle nous parle de l’espoir jamais caduc de donner un sens à nos vies, à travers ce que nous avons pu transmettre à nos enfants.

Sidour tefila larokéaH, Rabbi Elazar de Worms, 12e et 13e siècles ([קז] ויתן לך עמ’ תרב  (ou midrach TanHouma 9es)

 

« Et l’orphelin dit le Kadich, Ytgadal, Yéhé chémé, YtbaraH, Yéhé chélama rabba, et Ossé chalom bimromav jusqu’à Véimérou amen. Pourquoi l’orphelin dit le Kadich ? à cause d’une histoire qui s’est passée. C’est l’histoire de Rabbi Akiva ( erets israel 1-2e s) qui se promenait dans un cimetière et a heurté un homme qui était nu et noir comme du charbon et portait sur sa tête l’équivalent de dix charges et il courait comme un cheval. Rabbi Akiva   le força à s’arrêter et lui dit : Pourquoi fais-tu un travail aussi difficile, si tu es un esclave et que ton maître te fait cela je vais te racheter de sa main et si tu es pauvres je vais t’enrichir. Il lui dit « S’il te plait, ne me retarde pas de peur que ceux qui sont mes référents ne se mettent en colère contre moi ». Il lui dit : « De quoi s’agit-il et qu’as-tu fait ? » Il lui dit : « L’homme que tu vois est mort et chaque jour on m’envoie couper du bois et on me brûle avec. » Il lui dit : « Mon fils, quel était ton métier dans le monde dont tu viens ? » Il lui dit : « J’étais collecteur des impôts et je faisais partie des chefs du peuple et je faisais des sourires aux riches et je tuais les pauvres. » Il lui dit : « Tu n’as rien entendu de tes supérieurs concernant un remède ? » Il lui dit : « S’il te plait, ne me retarde pas de peur que les responsables du malheur ne se mettent en colère contre moi, car ce pauvre homme ne peut-être corrigé, mais j’ai entendu de leur part une chose qui ne saurait pas être, que si ce pauvre avait un fils qui se tenait devant une assemblée et disait « baréHou et adonaï hamévoraH » et qu’on répondait après lui « barouH adonaï hamévoraH » ou qu’il diste « Ytgadal » et qu’on réponde après lui « yéhé chémé rabba mévaraH », immédiatement on délivrerai ce pauvre homme de son malheur et cet homme n’a pas eu de fils dans ce monde il a quitté sa femme enceinte et ne sait pas si elle a donné naissance à un garçon, qui lui a enseigné la torah car ce pauvre homme n’a pas une personne qui l’aime dans le monde. » A ce moment, Rabbi Akiva a pris l’engagement d’aller chercher si il avait eu un fils pour lui enseigner la Torah et le placer devant le public. Il lui dit « quel est ton nom », il lui dit « Akiva », et le nom de ta femme ? Il lui dit « Chochneva », et le nom de ta ville ? Il lui dit « Davké » immédiatement Rabbi Akiva s’est donne une grande peine et est allé demandre à son sujet et quand il arriva à ce même endroit il a demandé à son sujet et ils lui ont dit « que soient effacés les os de ce méchant », il a demandé à propos de sa femme, ils lui ont dit « que son nom et son souvenir soient effacés du monde », il a demandé à propos d’un fils, ils lui ont dit « et fait il n’est même pas circoncis, même le commandement de la Brit Mila ils ne s’en sont pas occupés pour lui », immédiatement Rabbi Akiba l’a pris et l’a circoncis et l’a installé face à lui et il n’a pas voulu accepter la Torah jusqu’à ce qu’il fasse pour lui quarante jours de jeûne, alors est sortie une voix et elle a dit à Rabbin Akiva : « Va et enseigne lui », il est allé et lui a enseigné la Torah et la lecture du Chéma et les 18 bénédictions et le birkat hamazon et il l’a installé devant le public et il a dit « baréHou et adonaï hamévoraH » et le public a répondu « barouH adonaï hamévoraH », Ytgadal, Yéhé chémé rabba, à cet instant ils ont délivré le mort de son malheur, immédiatement Rabbi Akiva a fait un rêve et a dit «  Que ce soit une volonté pour le Saint, béni soit-il, que ta conscience repose au jardin d’Eden car tu m’as sauvé de la justice de la guéhène » immédiatement Rabbi Akiva a dit «  Que ton nom Eternel soit éternellement, ton souvenir de génération en génération. Et c’est également ce que j’ai trouvé dans le tana de Eliahou rabba : «  le mineur qui dit Ytgadal sauve son père de la misère »

והיתום אומר קדיש, יתגדל, יהא שמיה, יתברך, יהא שלמא רבא, ועושה שלום במרומיו עד ואמרו אמן. למה היתום אומר קדיש משום מעשה שהיה: מעשה בר’ עקיבא שהיה מהלך בבית הקברות ופגע באדם אחד שהיה ערום ושחור כפיחם והיה טוען על ראשו כסבור עשרה טעונין, והיה רץ בהם כסוס שהוא רץ, גזר עליו ר »ע והעמידו, ואמר לאותו האיש למה אתה עושה עבודה קשה כזאת, אם עבד אתה ואדוניך עושה לך כך אני אפדה אותך מידו, ואם עני אתה אני מעשיר אותך, אמר לו בבקשה ממך אל תעכבני שמא ירגזו עלי אותם הממונים עלי, אמר לו מה זו ומה מעשיך, אמר לו אותו האיש מת הוא ובכל (עמ’ תרג) יום ויום שולחים אותי לחטוב בעצים ושורפין אותי בהם, אמר לו בני מה היה מלאכתך בעולם שבאת הימנו, אמר לו גבאי המס הייתי והייתי מראשי העם ונושא פנים לעשירים והורג עניים, אמר’ לו כלום שמעת מן הממונים עליך אם יש לך תקנה, אמר לו בבקשה ממך אל תעכבני שמא ירגזו עלי בעלי פורענות שאותו האיש אין לו תקנה, אלא שמעתי מהם דבר שאינו יכול להיות, שאילמלא היה לעני זה בן שהוא עומד בקהל ואומר ברכו את ה’ המבורך ועונין אחריו ברוך ה’ המבורך, או יאמר יתגדל ועונין אחריו יהא שמיה מברך, מיד מתירין אותו האיש מן הפורענות, ואותו האיש לא הניח בן בעולם, ועזב אשתו מעוברת ואינו יודע אם תלד זכר מי מלמדו תורה שאין לאותו האיש אהוב בעולם. באותו שעה קבל עליו ר’ עקיבא לילך ולחפש אם הוליד בן כדי שילמדנו תורה ויעמידו לפני הצבור, אמר לו מה שמך אמר לו עקיבא, ושום אינתתך אמר לו שושניבא, ושום קרתך אמר לו דוקיא, מיד נצטער ר’ עקיבא צער גדול והלך ושאל עליו, כיון שבא לאותו מקום שאל עליו, אמרו לו ישתחקו עצמותיו של אותו רשע, שאל על אשתו אמרו לו ימחה שמה וזכרה מן העולם, שאל על בן, אמרו לו הרי הוא ערל אפי’ מצות מילה לא עסקו בו, מיד נטלו ר’ עקיבא ומלו והושיבו לפניו, ולא היה מקבל תורה עד שישב עליו מ’ יום בתענית, ויצאה בת קול ואמרה לו ר’ עקיבא לך ולמד לו, הלך ולמדו תורה וקרית שמע וי »ח ברכות וברכת המזון, והעמידו לפני הקהל ואמר ברכו את ה’ המבורך וענו הקהל ברוך ה’ המבורך, יתגדל, יהא שמיה רבא, באותה שעה מיד התירו המת מן הפורענות, מיד בא לר’ עקיבא בחלום ואמר יהי רצון מלפני הקדוש ברוך הוא שתנוח דעתך בגן עדן שהצלת אותי מדינה של גיהנם, מיד פתח ר’ עקיבא ואמר יהי שמך ה’ לעולם ה’ זכרך לדור ודור. וכן מצאתי בתנא דבי אליהו רבא קטן האומר יתגדל מציל אביו מן הפורענות ».