Ce soir à 18h: Chants de Tishri

Chers amis, voici les chants que nous travaillerons plus particulièrement ce soir. Des liens vers des vidéos seront bientôt disponibles pour permettre à tous d’entendre cette merveilleuse liturgie de Roch hachana et de Yom Kipour.

Vous trouverez sur cette page quelques explications concernant ces belles prières ainsi que leur texte en hébreu et en translittération.

Pour télécharger le feuille de chants en format Word, cliquez sur ce lien.Chants de Tishri 2

La partition de Adon Olam est disponible ici: https://tichri.files.wordpress.com/2015/06/adon-olam-rossi-partition-originale.pdf

Chabbat Chalom!

Adon Olam est l’un des poèmes liturgiques les plus célèbres. Il est dit en introduction ou en conclusion de la prière du matin. Initialement, pourtant, cette prière était réservée à Yom Kipour. Lorsqu’on en reprend la traduction, on peut constater combien ses thématiques sont proches de celles des fêtes de Tishri, qui souligne le caractère transcendant et suprême de la divinité par contraste avec notre sentiment d’humilité lorsque nous acceptons de faire face à la fragilité de nos vies.

Ledor Vador est un extrait de la fin de la Kédoucha. Ce passage insiste sur la transmission de génération en génération, et la mélodie que nous utilisons souligne cette idée par un jeu de réponses successives entre l’officiant et l’assemblée. A l’occasion de Rosh hashana et de Yom Kipour, la bénédiction finale est transformée de « hael hakadoch » (le dieu saint) en « hamélèH hakadoch » (le Roi saint)

Le vidouï est traditionnellement prononcé à voix basse après la amida du matin, dans une partie de l’office appelée « taHanounim ». Cependant, pendant les fêtes de Tichri, il est chanté à voix haute. Il revêt à la fois une dimension personnelle et collective sur lesquelles il est bon de s’interroger. Les différentes fautes constituent un acrostiche qui compose l’alphabet hébraïque, comme pour symboliser notre désir de dire la globalité de notre responsabilité dans tous les aspects de notre comportement.

Adon Olam

Adon olam acher malaH bétérem kol yétsir nivra léet naassa béHeftso kol azaï méleH chémo nikra véaHaré kiHlot hakol lévado imloH nora véhou aya véhou ové véhou yiyé bétifara véhou éHad véein chéni léhamchil lo léaHbira béli réchit béli taHlit vélo haoz véhamissra véhou éli véHaï goali vétsour Hévlit béet tsara véhou nissi oumanos li ménat kossi béyom ékra béyado afkid rouHi béet ichan véaira véim rouHi géviati adonaï li vélo ira.

 

Amida – Lédor vador

((Lédor vador)2 naguid godléHa)2

  • ((oulnétsaH néTsaHim) 2 kédouchatéHa nakdich )2
  • (véchiveHaHa élohénou mipinou (lo yamouch)2 léolam vaèd)2
  • (ki el méleH gadol (vékadoch)2 ata)2

Vidouï

Elohénou vélohé avoténou ana tavo léfanéHa téfilaténou veal titalam mitHinaténou chein anaHnou azé fanim oukéché orèf lomar léfanéha adonaï élohénou vélohé avoténou tsadikim anaHnou vélo Hatanou aval anaHnou Hatanou

Achamnou bagadnou gazalnou dibarnou dofi héévinou vehirchanou zadnou Hamasnou tafalnou chéker yaatsnou ra kizavnou lasnou maradnou niatsnou sararnou avinou pachanou tsararnou kichinou oref rachaanou chiHatnou tiavnou tainou titanou

Véal koulam éloha seliHot slaH lanou meHal lanou Kaper lanou

 

 

אֲדוֹן עוֹלָם אֲשֶׁר מָלַךְ / בְּטֶרֶם כָּל יְצִיר נִבְרָא

לְעֵת נַעֲשָׂה בְחֶפְצוֹ כֹּל / אֲזַי מֶלֶךְ שְׁמוֹ נִקְרָא

וְאַחֲרֵי כִּכְלוֹת הַכֹּל / לְבַדּוֹ יִמְלֹךְ נוֹרָא

וְהוּא הָיָה וְהוּא הוֹוֶה / וְהוּא יִהְיֶה בְּתִפְאָרָה

וְהוּא אֶחָד וְאֵין שֵׁנִי / לְהַמְשִׁילוֹ לְהַחְבִּירָה

בְּלִי רֵאשִׁית בְּלִי תַכְלִית / וְלוֹ הָעֹז וְהַמִּשְׂרָה

וְהוּא אֵלִי וְחַי גּוֹאֲלִי / וְצוּר חֶבְלִי בְּיוֹם צָרָה

וְהוּא נִסִּי וּמָנֻסִּי / מְנָת כּוֹסִי בְּיוֹם אֶקְרָא

בְּיָדוֹ אַפְקִיד רוּחִי / בְּעֵת אִישַׁן וְאָעִירָה

וְעִם רוּחִי גְוִיָּתִי / אֲדֹנָי לִי וְלֹא אִירָא

 

 

לְדוֹר וָדוֹר  נַגִיד גָּדְלֶךָ

וּלְנֵצַח נְצָחִים קְדֻשָּׁתְךָ נַקְדִּישׁ

וְשִׁבְחֲךָ  אֱלֹהֵינוּ מִפִּינוּ לֹא יָמוּש לְעוֹלָם וָעֶד

כִּי אֵל מֶלֶךְ גָּדוֹל וְקָדוֹשׁ אָתָּה.

בָּרוּךְ אַתָּה ה’, הָמלך הַקָּדוֹשׁ.

 

 

אלוהינו ואלוהי אבותינו אנא תבוא לפניך תפילתנו,

ואל תתעלם מתחינתנו:

שאין אנו עזי פנים וקשי עורף

לומר לפניך: ה’ אלוהינו ואלוהי אבותינו

צדיקים אנחנו ולא חטאנו. אבל אנחנו חטאנו

אשמנו, בגדנו, גזלנו, דיברנו דופי,

העווינו, והרשענו, זדנו, חמסנו, טפלנו שקר,

יעצנו רע, כיזבנו, לצנו, מרדנו, ניאצנו,

סררנו, עווינו, פשענו, צררנו, קישינו עורף,

רשענו, שׁיחתנו, תעינו תיעבנו תעתענו;

Rosh Hashana et Yom Kipour 5778: Informations pratiques

Rosh Hashana, Yom Kipour, Tishri… Le Rav Adin Steinsaltz compare ce moment à un grand battement de coeur, qui permet d’irriguer l’ensemble de notre année…

Voici les informations concernant les fêtes, elles seront actualisées, le secrétariat est à votre disposition pour les inscriptions et pour répondre à vos questions: 01 44 37 48 48.

Voir également:

Venez nombreux rejoindre notre communauté – Faisons de ces fêtes des moments inoubliables autour de notre rabbin – Réservez dès maintenant.

Roch Hashana à Surmelin (Métro Gambetta)
Premier soir : mercredi 20 septembre (18h45)
Premier matin : jeudi 21 septembre (10h)
Deuxième soir : jeudi 21 septembre (18h45)
Deuxième matin : vendredi 22 septembre (10h)

Yom Kipour à la Salle Olympe de Gouges (métro Voltaire)
Soir de Kol Nidré : Vendredi 29 septembre (19h30)
Journée de Kippour : Samedi 30 septembre (10h), Yzkor (18h)
Neila : Samedi 30 septembre (19h) Fin du jeûne : 20:19

SeliHot (Gambetta ou Nation)
Mercredis 13 et 27 septembre à 7h30 …. à Surmelin
Dimanches 17 et 24 septembre vers 9h30 (à confirmer) …. à Ganénou

Chants de Tishri (Gambetta)
Vendredi 17 Juin et vendredi 1e Juillet de 18h à 18h45
Vendredi 1e septembre et vendredi 15 septembre de 18h à 18h45
ainsi qu’à l’occasion des SeliHot lien ici

Le secret de ‘Dieu, c’est la diversité des humains

Talmud de Jérusalem 13/3/1 et Talmud Babylonien 58a

La diversité de l’homme, c’est le secret de la création divine… Ayant la capacité de nous différencier, nous pouvons en tant que groupe montrer différentes facettes de l’humanité et accomplir des choses impossibles à un être humain seul. L’intelligence collective est ici au cœur du débat. Lorsque nous constatons cette diversité, c’est l’occasion d’une bénédiction spéciale. Nous expliquerons également le sens de la différence entre la version hiérosolomytaine et la version babylonienne, avant de conclure de façon festive cette belle année d’étude ensemble.

(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

talmud 5777 -9 yerouchalmi babli brahot

Pour étudier avec nous au café des Psaumes ce mercredi de 12h30 (accueil à 12h) à 14h, contactez Paule sur facebook ou répondez à cet article en commentaire.

 

Celui qui voit des populations dit béni est le sage des secrets de même que leurs visages ne se ressemblent pas ainsi leurs opinions ne se ressemblent pas Ben Zoma quand il voyait des populations à Jérusalem dit béni est celui qui a créé tous ceux-là pour me servir combien s’est fatigué adam, le premier, avant qu’il puisse manger un quignon il a labouré semé moissonné attaché battu lié foulé mis au sol trié écrasé pétri cuit et ensuite a mangé un quignon et moi je me lève le matin et je trouve tout cela devant moi

 

Celui qui voit des populations d’Israël dit béni est le sage des secrets des populations de serviteurs des étoiles dit la honte est avec eux etc

Les sages ont enseigné celui qui voit des populations d’Israël dit béni est le sage des secrets car leurs opinions ne se ressemblent pas et leurs visages ne se ressemblent pas Ben Zoma a vu une population au sommet de la montagne de la maison il a dit béni est celui qui a créé tous ceux-là pour me servir. Il avait coutume de dire combien de fatigues  s’est fatigué adam, le premier, avant de trouver un morceau de pain à manger il a labouré semé moissonné attaché battu lié foulé mis au sol trié écrasé pétri cuit et ensuite a mangé un quignon et moi je me lève tôt le matin et je trouve tout cela préparé devant moi et combien de fatigues  s’est fatigué adam, le premier avant de trouver un vêtement à porter il a tondu et blanchi et peigné et filé et tricoté et ensuite il a trouvé un vêtement à porter et moi je me lève tôt le matin et je trouve tout cela préparé devant moi tous les peuples s’appliquent et viennent à l’entrée de ma maison et je me lève et je trouve tout cela devant moi.

הרואה אוכלוסין אומר ברוך חכם הרזים. כשם שאין פרצופין דומין זה לזה כך אין דעתן דומה זה לזה. בן זומא כשהיה רואה אכלוסין בירושלים אומר ברוך שברא כל אלו לשמשיני כמה יגע אדם הראשון עד שלא אכל פרוסה. חרש זרע ניכש עידר קצר עימר דש זרה בירר טחן הרקיד לש וקיטף ואפה ואח »כ   אכל פרוסה. ואני עומד בשחרית ומוצא כל אלו לפני.

 

הרואה אוכלוסי ישראל אומר ברוך חכם הרזים אוכלוסי עובדי כוכבים אומר (ירמיהו נ, יב) בושה אמכם וגו’ ת »ר הרואה אוכלוסי ישראל אומר ברוך חכם הרזים שאין דעתם דומה זה לזה ואין פרצופיהן דומים זה לזה בן זומא ראה אוכלוסא על גב מעלה בהר הבית אמר ברוך חכם הרזים וברוך שברא כל אלו לשמשני הוא היה אומר כמה יגיעות יגע אדם הראשון עד שמצא פת לאכול חרש וזרע וקצר ועמר ודש וזרה וברר וטחן והרקיד ולש ואפה ואח »כ אכל ואני משכים ומוצא כל אלו מתוקנין לפני וכמה יגיעות יגע אדם הראשון עד שמצא בגד ללבוש גזז ולבן ונפץ וטוה וארג ואחר כך מצא בגד ללבוש ואני משכים ומוצא כל אלו מתוקנים לפני כל אומות שוקדות ובאות לפתח ביתי ואני משכים ומוצא כל אלו לפני

 

Chants de Tichri: vendredi prochain

« Les chants des hommes sont plus beaux qu’eux-mêmes plus beaux qu’eux-mêmes, plus lourds d’espoir, plus tristes, plus durables… », disait le poète Hazim Hikmet. Les chants de Roch Hachana et de Kipour nous accompagnent depuis des siècles. Nous sommes invités à nous plonger à nouveau dans leur histoire, leur signification, leurs paroles et leur musique.

  • 1 : vendredi 16 juin 18h/18h45 : Séou Shéarim, Sim Shalom, Ki anou améHa
  • 2 : vendredi 30 juin 18h/18h45 : Adon Olam, Lédor Vador, Vidouï
  • 3 : vendredi 1e septembre 18h/18h45 : Kadish Hassidique, Oz béyadéHa, Chomer Israël
  • 4 : vendredi 15 septembre 18h/18h45 : El Nora Alila, Anénou, 13 midot

Youtube : playlist : « chants de Tishri »

Nous ouvrirons avec Séou Shearim, qui sera une parfaite introduction à nos séances.

Ouvrez-vous, Portes du monde ! Pour que le Roi de Gloire puisse entrer !

On pourrait avancer la théorie que nous sommes tous plus ou moins mégalomanes. Comme le dit l’homme éméché : « Je suis maître de moi comme de l’univers ! ». Nous ne sommes pas maîtres de l’univers, et nous devons même lutter pour être maîtres de nous-mêmes. « Qui est le fort ? -interrogent les chapitres des pères- Celui qui se conquiert lui-même ! ». C’est ce que nous tentons de faire à Kipour : Contenir nos instincts. Le jeûne est l’une des façons de pratiquer cette maitrise et d’affirmer qu’autre chose que notre propre confort peut animer nos actes. Et puisque nous ne sommes pas les maîtres du monde, nous pouvons néanmoins essayer de contribuer à la rendre meilleur. Ainsi, nous clamons : « Qu’entre le Roi de Gloire ! » Pour certains, c’est peut-être Dieu lui-même qui prend sa place parmi nous alors que nous sortons la Torah. Pour d’autres, c’est une invocation à faire entrer en nous-même les plus hautes valeurs, celles qui font notre gloire lorsque nous réussissons à les atteindre. Ouvrez-vous, portes du monde !

Pour apprendre à le chanter:

Roch hachana (Synagogue MJLF EST, 24 rue du Surmelin, 75020) aura lieu:  office du premier soir: mercredi 20 septembre (18h45); premier matin: 21 septembre (10h); deuxième soir: jeudi 21 septembre (18h45); deuxième matin: vendredi 22 septembre (10h)

Kipour (Salle Olympe de Gouges,15 Rue Merlin, 75011 Paris) : soir de Kol Nidré: Vendredi 29 septembre (19h30); Offices toute la journée: Samedi 30 septembre (10h); soir de Neila: 30 septembre (19h)

Les seliHot à Surmelin auront lieu les mercredi 13 et 27 septembre à Surmelin à 7h30, et les dimanches 17 et 24 septembre au Talmud Torah ( Ecole Ganénou, 11 rue du Sergent Bauchat à 9h45).

ledor vador – Une prière spéciale Bar ou Bat Mitsva

Nous aimons mettre nos Bné et Bnot Mitsva à l’honneur.
Les Chants « Dynamiques » de l’office permettent de créer un lien direct entre l’officiant/le jeune Bar mitsva et l’assemblée/la famille et les invités.

Plusieurs de nos membres m’ont demandé de l’aide pour qu’ils puissent apprendre ce chant, ce petit article est destiné à répondre à leur demande.
« Lédor Vador » est de ce point de vue un moment phare.
En effet, ce chant met en valeur les paroles de la troisième bénédiction de la Amida, que l’on nomme « Kédouchat hachem ». Le rythme soutenu de l’échange avec le public permet un très bel échange. La mélodie et les paroles sont simples et permettent aux non hébraïsants de se joindre à l’assemblée.
Les paroles de ce chants sont très fortes pour nos jeunes, elles mettent en valeur la transmission.
« Lédor Vador », de « génération en génération », sont les mots les plus repris. Il est particulièrement émouvant car à l’occasion de leur Bar ou Bat Mitsva, les jeunes annoncent « de génération en génération » et leurs parents, les adultes et l’assemblée les suivent et répètent après eux.

Les mots en translittération sont:
« lédor vador naguid godléHa oulénetsH nétsaHim kédouchatéHa nakdich véchivHaHa élohénou mipinou lo yamouch léolam vaèd, ki el méléH gadol vékadoch ata. »

Ils signifient:
« De génération en génération nous dirons ta grandeur, et d’éternité en éternité nous sanctifierons ta sainteté, la reconnaissance de ta bonté ne quittera jamais notre bouche, car tu es un dieu grand et sacré. »

Les voici en hébreu:
לְדוֹר וָדוֹר נַגִיד גָּדְלֶךָ וּלְנֵצַח נְצָחִים קְדֻשָּׁתְךָ נַקְדִּישׁ וְשִׁבְחֲךָ אֱלֹהֵינוּ מִפִּינוּ לֹא יָמוּש לְעוֹלָם וָעֶד כִּי אֵל מֶלֶךְ גָּדוֹל וְקָדוֹשׁ אָתָּה בָּרוּךְ אַתָּה ה’, הָאֵל הַקָּדוֹשׁ

Pour info: notre Talmud Torah accueille les enfants jusqu’à 3 ans avant leur Bar ou leur Bat Mitsva, pour les préparer non seulement à ce grand événement mais aussi à bien connaitre leur identité juive.

 

 

Pour vous aider, une vidéo sur youtube:

Rachi ce Samedi – La posture de transmission: Un jeu d’enfant?

La transmission… Cela peut-être beaucoup de choses!

Les pédagogues parlent de « la posture pédagogique ». De quoi s’agit-il? Quel rapport avec la paracha béahélotéHa?

Notre paracha de la semaine est pleine d’enseignements sur la pédagogie juive. L’occasion de conclure le cycle annuel d’étude de Rachi en beauté, ce chabbat, à la synagogue MJLF – Surmelin.

Téléchargez ici le texte Rachi 5777 – 7 BeahaloteHa

 

 

Rachi sur BéahalotéHa – Qu’est-ce que la Posture de Transmission ?

Nb 8 :2

Quand tu feras monter Pourquoi le chapitre relatif à la menora fait-il immédiatement suite à celui relatif aux princes ? Parce que Aharon, lorsqu’il a assisté à l’inauguration par les princes, s’est affligé de ne pas avoir été avec eux, ni lui ni sa tribu. Le Saint béni soit-Il lui a alors déclaré : « Par ta vie ! Ta part est plus grande que la leur ! Car c’est toi qui allumeras et entretiendras les lumières » (Midrach Tan‘houma).

Quand tu feras monter Étant donné que la flamme s’élève, le texte emploie pour leur allumage le mot « monter ». L’allumage doit se poursuivre jusqu’à ce que la flamme s’élève d’elle-même. Et nos maîtres ont également déduit de ce verset que devant la menora se trouvait un marchepied sur lequel se tenait le kohen pour l’arranger (Sifri).

Vers le vis-à-vis de la face de la menora Dirigées vers la flamme centrale, laquelle ne se trouvait pas sur les branches mais sur le corps même de la menora.

Éclaireront les sept lampes À raison de six sur les branches, trois à l’est dont les mèches étaient dirigées vers la flamme centrale, et de même les trois à l’ouest dont les mèches étaient dirigées vers la flamme centrale. Pourquoi ? Pour que l’on ne dise pas qu’Il a besoin de sa lumière (Sifri).

 

Nb 8 :3

Ainsi fit Aharon Cela à l’éloge de Aharon qui n’a rien changé [à l’ordre reçu] (Sifri).

 

Nb 8 :4

Et ceci est la confection de la menora Comme si le Saint béni soit-Il la lui avait montrée du doigt. La tâche étant difficile, Il lui a dit : « Et voici… ».

Battue En français médiéval : « batediz », comme dans : « Ils battaient (naqchan) l’un contre l’autre » (Daniel 5, 6). Elle était faite d’un kikar d’or frappé au marteau et coupé au ciseau pour en aplatir les pièces à volonté, et sans que l’on y assemble des pièces détachées.

Jusqu’à son pied, jusqu’à sa fleur Le pied est constitué par la base creuse, comme dans les chandeliers d’argent employés par les nobles.

Jusqu’à son pied, jusqu’à sa fleur C’est-à-dire la totalité de la menora et tout ce qui y était attaché.

Jusqu’à son pied Qui forme une grande pièce.

Jusqu’à (‘ad) sa fleur Qui est un travail de grande finesse, le tout formant un seul bloc. La préposition ‘ad (« jusqu’à ») s’emploie ainsi, comme dans : « depuis les gerbes jusqu’au (we‘ad) blé, et jusqu’aux (we‘ad) oliveraies » (Choftim 15, 5).

Comme ce qui a été montré que Hachem a montré Comme le plan qu’Il lui avait montré sur la montagne (Sifri), comme il est écrit : « Et vois et fais, selon leur plan qu’on t’a montré dans la montagne » (Chemoth 25, 40).

Ainsi fit-il la menora Celui qui l’a fabriquée. Selon le midrach, elle s’est faite automatiquement par l’intervention du Saint béni soit-Il (Midrach Tan‘houma).

 

בְּהַעֲלֹתְךָ, לָמָּה נִסְמְכָה פָּרָשַׁת הַמְּנוֹרָה לְפָרָשַׁת הַנְּשִׂיאִים? לְפִי שֶׁכְּשָׁרָאה אַהֲרֹן חֲנֻכַּת הַנְּשִׂיאִים חָלְשָׁה אָז דַּעְתּוֹ, שֶׁלֹּא הָיָה עִמָּהֶם בַּחֲנֻכָּה לֹא הוּא וְלֹא שִׁבְטוֹ. אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: חַיֶּיךָ, שֶׁלְּךָ גְּדוֹלָה מִשֶּׁלָּהֶם, שֶׁאַתָּה מַדְלִיק וּמֵיטִיב אֶת הַנֵּרוֹת.

בְּהַעֲלֹתְךָ, עַל שֵׁם שֶׁהַלַּהַב עוֹלֶה. כָּתוּב בְּהַדְלָקָתָן לְשׁוֹן « עֲלִיָּה » שֶׁצָּרִיךְ לְהַדְלִיק עַד שֶׁתְּהֵא שַׁלְהֶבֶת עוֹלָה מֵאֵלֶיהָ. וְעוֹד דָּרְשׁוּ רַבּוֹתֵינוּ: מִכָּאן, שֶׁמַּעֲלָה הָיְתָה לִפְנֵי הַמְּנוֹרָה, שֶׁעָלֶיהָ הַכֹּהֵן עוֹמֵד וּמֵיטִיב.

אֶל-מוּל פְּנֵי הַמְּנוֹרָה, אֶל מוּל נֵר הָאֶמְצָעִי שֶׁאֵינוֹ בַּקָּנִים אֶלָּא בְּגוּף שֶׁל מְנוֹרָה.

יָאִירוּ שִׁבְעַת הַנֵּרוֹת, שִׁשָּׁה שֶׁעַל שֵׁשֶׁת הַקָּנִים שְׁלֹשֶׁת הַמִּזְרָחִיִּים פּוֹנִים לְמוּל הָאֶמְצָעִי הַפְּתִילוֹת שֶׁבָּהֶן וְכֵן שְׁלֹשָׁה הַמַּעֲרָבִיִּים רָאשֵׁי הַפְּתִילוֹת לְמוּל הָאֶמְצָעִי, וְלָמָּה? כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ: לְאוֹרָהּ הוּא צָרִיךְ:

וַיַּעַשׂ כֵּן אַהֲרֹן, (ספרי) לְהַגִּיד שִׁבְחוֹ שֶׁל אַהֲרֹן, שֶׁלֹּא שִׁנָּה:

וְזֶה מַעֲשֵׂה הַמְּנֹרָה, (שם) שֶׁהֶרְאָהוּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בָּאֶצְבַּע, לְפִי שֶׁנִּתְקַשָּׁה בָּהּ, לְכָךְ נֶאֱמַר « וְזֶה ».

מִקְשָׁה, בטדי »ן בְּלַעַז לְשׁוֹן « דָּא לְדָא נָקְשָׁן » (דניאל ה) עֶשֶׁת שֶׁל כִּכַּר זָהָב הָיְתָה וּמַקִּישׁ בְּקֻרְנָס וְחוֹתֵךְ בְּכַשִּׁיל לְפַשֵּׁט אֵיבָרֶיהָ כְּתִקּוּנָן, וְלֹא נַעֲשֵׂית אֵיבָרִים אֵיבָרִים עַל יְדֵי חִבּוּר.

עַד-יְרֵכָהּ עַד-פִּרְחָהּ, « יְרֵכָהּ » הִיא הַשִּׁדָּה שֶׁעַל הָרַגְלַיִם, חָלוּל, כְּדֶרֶךְ מְנוֹרַת כֶּסֶף שֶׁלִּפְנֵי הַשָּׂרִים.

עַד-יְרֵכָהּ עַד-פִּרְחָהּ, כְּלוֹמַר גּוּפָהּ שֶׁל מְנוֹרָה כֻּלָּהּ וְכָל הַתָּלוּי בָּהּ.

עַד-יְרֵכָהּ, שֶׁהוּא אֵיבָר גָּדוֹל.

עַד-פִּרְחָהּ, שֶׁהוּא מַעֲשֶׂה דַּק שֶׁבָּהּ _ הַכֹּל מִקְשָׁה. וְדֶרֶךְ « עַד » לְשַׁמֵּשׁ בִּלְשׁוֹן « זֶה », כְּמוֹ (שופטים טו): « מִגָּדִישׁ וְעַד-קָמָה וְעַד-כֶּרֶם זָיִת ».

כַּמַּרְאֶה אֲשֶׁר הֶרְאָה וְגוֹ’, כַּתַּבְנִית אֲשֶׁר הֶרְאָהוּ בָּהָר, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר (שמות כה): « וּרְאֵה וַעֲשֵׂה בְתַבְנִיתָם וְגוֹ' ».

כֵּן עָשָׂה אֶת-הַמְּנֹרָה, מִי שֶׁעֲשָׂאָהּ . וּמִדְרַשׁ אַגָּדָה: עַל יְדֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא נַעֲשֵׂית מֵאֵלֶיהָ:

Prochain objectif: Tishri!

Chers amis, chères membres,

Shavouot vient de se terminer. C’était la dernière des grandes fêtes de cette année et les vacances approchent. Merci à toutes et à tous pour cette merveilleuse année passée ensemble.

Nous préparons déjà la suite. Pour Tichri, nous voulons être là les uns pour les autres, nous voulons que la communauté soit prête à accueillir chacun et chacune.

Je vais libérer cette fin d’année pour préparer la rentrée et pouvoir entendre tous ceux qui le souhaitent. Dans cette perspective, j’aimerais vous demander de prendre quelques minutes pour répondre à 5 questions très simples qui me permettront d’orienter mes préparatifs et ceux de toute la merveilleuse équipe de bénévoles qui travaille déjà sur les préparatifs de Tishri:

L’idéal est de répondre en ligne sur le lien suivant: Répondre à 5 questions sur ce qui compte pour vous à Tishri.

Pour prendre rendez-vous avec moi: cliquez ici; ou secrétariat 01 40 30 18 60.

Beaucoup de membres pourront profiter du fait que Kipour aura lieu un samedi. Faites passer le mot, car il est important de partager les bonnes choses!

Roch hachana (24 rue du Surmelin, 75020) aura lieu: office du premier soir: mercredi 20 septembre (18h45); premier matin: 21 septembre (10h); deuxième soir: jeudi 21 septembre (18h45); deuxième matin: vendredi 22 septembre (10h)

Kipour aura lieu (15 Rue Merlin, 75011 Paris) : soir de Kol Nidré: Vendredi 29 septembre (19h30); Offices toute la journée: Samedi 30 septembre (10h); soir de Neila: 30 septembre (19h)

Les seliHot à Surmelin auront lieu les mercredi 13 et 27 septembre à Surmelin à 7h30, et les dimanches 17 et 24 septembre à Ganénou (vers 9h30, à confirmer).

Les apprentissages de chants de Tichri auront lieu: pré-rentrée: Vendredi 17 Juin et vendredi 1e Juillet de 18h à 18h45; rentrée: Vendredi 1e septembre et vendredi 15 septembre de 18h à 18h45 (ainsi qu’à l’occasion des seliHot). Inscriptions ici sur le doodle chants de tishri.

Merci, chers et chères membres, et chers amis, pour tout ce que vous nous avez apporté, par votre présence engagée pour ceux qui le pouvaient, et aussi simplement par vos divers encouragements pour les autres, merci de nous avoir permis de garder le privilège le militer pour les valeurs qui nous tiennent tant à coeur. Ainsi que le dit l’Ecclésiaste : « On peut attaquer celui qui est seul, mais lorsqu’on est deux on peut faire front, et le lien triple est encore plus solide ».
A très bientôt…

 

 

Le retour des fêtes : une incertitude rassurante

Shavouot, c’est ce soir et demain!

Voici quelques réflexions pour accompagner notre entrée dans la fête.

Hag SaméaH à toutes et à tous. חג שמח לכלם

Le rituel est-il là pour nous réconforter ou pour nous mobiliser ? Nous entraine-t-il dans la routine ou nous invite-t-il au contraire au changement ?

Les grands concepts de la prière et du cycle de l’année nous ouvrent des chemins de réflexion.

Notre prière centrale se nomme « amida », עמידה, « station debout ». Elle nous invite à « prier debout », et si son nom n’évoque pas tout à fait le mouvement (haliHa, הליכה), il ne se cantonne pas non plus à l’immobilisme (yeshiva, ישיבה).

L’attitude que nous observons dans ce moment de recueillement est effectivement dynamique. Au début de la  Amida, nous nous orientons géographiquement vers Jérusalem, « Yérouchalaïm »,  ירושלים  la ville de la paix et de l’espoir, la ville des grands rassemblements de pèlerinages du passé, qui est également la ville de l’espoir des retrouvailles fraternelles universelles de la période messianique. Par là-même, nous nous orientons également spirituellement vers les plus hautes de nos valeurs, faisant entrer en résonance et en raisonance, le « matspen »,מצפן  et le « matspoun », מצפון, la boussole et la conscience.

A l’occasion de nos fêtes, la Amida garde sa structure, tout en s’habillant de passages relatifs aux fêtes en guise de « vêtements de splendeur » semblables à ceux que nous portons dans les occasions joyeuses.

Nous nous orientons vers Jérusalem, nous reculons de trois pas, puis nous avançons à nouveau. Ces gestes nous ramènent donc  au même point, et pourtant, nous avons évolué dans notre positionnement intérieur. En reculant, nous souhaitons symboliquement prendre du champ par rapport aux questions contingentes de notre vie, en nous avançant à nouveau, nous espérons nous rapprocher de l’essentiel. Pendant la Amida elle-même, nous nous inclinons, nous nous élevons sur la pointe des pieds, nous nous tournons les uns vers les autres, et l’alternance de ces gestes symbolise le mouvement intérieur qui nous accompagne sans cesse, et qui conjugue stabilité et souplesse.

De la même façon, à chacune de nos fêtes, nous revenons en quelque sorte au positionnement qui était le nôtre exactement un an auparavant, lorsque nous célébrions ce même rendez-vous sacré. Et pourtant, nous ne sommes pas les mêmes après une année entière de vie, d’actions, de réalisations, de questions et d’étude. Comme le dit le philosophe, celui qui se baigne dans la même rivière, se régénère pourtant dans une eau sans cesse renouvelée.

En forme de pirouette, nous pourrions dire que le rituel nous invite à faire entrer le changement dans la routine, à intégrer l’évolution dans la tradition. Le quotidien se pare du charme sacré du « tout est possible », l’exceptionnel s’abrite dans la chaude étoffe du « rien de nouveau ».

Le changement fait partie de nos vies, de la naissance à la mort dans notre vie privée, de la naissance de notre peuple à ses évolutions géographiques, historiques et organisationnelles dans le domaine du collectif.

Nos trois fêtes de pèlerinage en témoignent, puisqu’elles ont pu revêtir au cours de l’histoire des significations différentes. Elles ont été des fêtes agricoles, sans doute issues de célébrations païennes puis sont devenues des fêtes de culte au temple. Elles ont reflété une réalité historico-mythique, se sont transformées en rassemblement communautaires après le choc de la destruction du temple, avant de voir leur signification spirituelle et symbolique prendre le dessus, elles revêtent parfois aujourd’hui un sens laïc au sein d’institutions telles que les mouvements de jeunesse juifs laïcs et les kiboutsim. Avant tout, elles font fonction de liant familial et de rendez-vous identitaires.

Pourquoi intégrer cette perspective historique est-il si difficile pour certains ? Peut-être parce que nous aimerions parfois avoir des certitudes, nous voudrions parfois pouvoir adhérer à des choses tangibles, à des « dieux concrets », représentés, immuables ; la tentation de l’idolâtrie est peut-être inhérente à la nature humaine, qui cherche à se rassurer. Ce faisant, la nature humaine se replie au lieu de se déployer, et prépare sa propre réduction comme le veau d’or qui finit en poussière. Elle aspire au contraire au déploiement et au redéploiement de la révélation du Sinaï, toujours mentionnée au présent dans les bénédictions de la Torah.

Mais où puiser la force de résister aux attraits des certitudes ?

Par sa répétition, le cycle des fêtes, le makhzor מחזור  – mot également employé pour désigner le rituel que vous tenez dans vos mains – nous inscrit dans un rythme rassurant. Il permet au jeune enfant de se représenter de mieux en mieux le passage des longues années de sa vie. Il permet aux plus âgés de prendre la mesure de la rapidité de la succession des ans.

Le Makhzor est un cycle d’un an, une année, Chana en hébreu שנה. Chana signifie à la fois « répéter pour apprendre »,  לשנןet « changer », לשנות. La racine de ce mot est « Hazar », « revenir », car les fêtes reviennent sans cesse, mais ce cycle s’inscrit dans une dynamique qui va de l’avant, le « chemin juif », la « halaHa » הלכה.

Effectivement, la tradition juive nous « fait marcher », et particulièrement à l’occasion des « trois fêtes de pèlerinage », les « chaloch régalim », שלוש רגלים, les « trois pieds » en traduction littérale. Pour nous faire avancer, elle nous demande de nous appuyer sur la régularité du pas, et si le pied qui peut nous mener loin porte le nom de regel, רגל, l’habitude est désigné de celui de « hergel », הרגל. Et bien que l’étymologie n’autorise pas ce rapprochement, mentionnons (au passage) que ces chemins sont pour nous ceux de la joie, que les « regalim » ont pour fonction de nous « régaler » ! Nous avons l’habitude de nous déplacer, et notre mouvement s’inscrit dans cette tradition du renouveau qui est la nôtre, en tant non que juifs « errants », mais que juifs voyageurs.

Après le cycle des fêtes vient celui du mois, du « Hodech », חודש du « renouvelé », puisque le mois renait chaque foi à nouveau en compagnie de la nouvelle lune, sans cesse semblable et sans cesse différente. Le chabat, שבת   dont le nom même signifie « arrêt », nous invite chaque semaine à la rupture d’un rythme quotidien, qui lui-même malgré son retour incessant s’inscrit dans le changement permanent comme le dit la prière du soir : « Eternel, tu renouvelles chaque jour et en permanence l’œuvre de création du monde. »

Que signifie donc notre rituel ? Comme le dit l’enfant « méchant » de PessaH, « Qu’est-ce que ce travail pour vous ? ». Pour nous, le retour de nos fêtes cycliques, de nos trois fêtes de pèlerinage, est une invitation sans cesse réitérée à nous abriter dans la chaleur des traditions séculaires pour nous délivrer des pressions du quotidien, et pour nous resituer dans un autre type de vulnérabilité : celui du partage des questions essentielles. Soutenus par le rythme rassurant de la communauté en prière, nous retrouvons l’audace de créer de nouveaux chemins de pensée. Sur cette « ancienne-nouvelle » terre, cette altneuland qu’est l’univers de la sagesse juive, nous nous tournons vers l’infini des possibles de l’humain, qui fait face à l’infinité des facettes du divin, représenté par un Dieu qui se donne pour nom : « Je serai ce que je serai ».

Qui peut savoir ce que nous deviendrons, chacun et chacune, ou ce que sera le peuple juif, dans l’avenir proche et lointain ? Mais nous avons au moins la certitude que cette identité en devenir perpétuel est sculptée par le meilleur de nous-mêmes à travers les siècles, grâce aux retrouvailles intenses et nourrissantes que nous ménage notre calendrier.

Paracha Behar : Dieu nous a-t-il affranchis pour mieux nous asservir ?

Nous terminons la lecture du Lévitique, le sefer Vayikra, par la paracha Behar étendue à la paracha BeHoukotaï.

Que nous apprennent les parachiot Behar et BeHoukotaï ?

Tout d’abord, l’Eternel prescrit à Moïse, sur le mont Sinaï, le repos (le Chabat) de la terre tous les sept ans. Puis il institue le jubilé, tous les cinquante ans, au cours duquel les terrains et habitations hors des villes doivent être rendus et les esclaves libérés. Ensuite l’Eternel indique les conditions dans lesquelles un Hébreu peut tomber en servitude. Il précise la façon de le traiter et de le racheter.

Dans les derniers chapitres du Lévitique, Dieu décrit à Moïse les bénédictions dont il comblera les enfants d’Israël s’ils obéissent à ses commandements et les malédictions qui les affligeront dans le cas contraire. Il assure cependant à Moïse, que même dans ce cas, il ne reniera pas l’Alliance. Sont enfin exposées les règles de consécration d’un bien au Temple, la manière d’évaluer un bien ou une personne en vue de consacrer sa valeur monétaire et pour terminer, comment rendre un bien consacré à un usage profane.

Notre commentaire s’arrête sur un point précis de la paracha Behar qui nous laisse penser que nous-mêmes, les enfants d’Israël, sommes les esclaves de l’Eternel. Essayons d’éclaircir cette question troublante.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Behar prolongée par la paracha BeHoukotaï du sefer Vayikra (Lévitique) 25:1 à 27:34 et les esclaves de Dieu

Dieu nous a-t-il affranchis pour mieux nous asservir ? Approfondissons ce sujet.

Le principe de liberté est fondamental dans la tradition juive. Il est répété sans cesse, autant dans la Torah que dans les textes des prières :  » Je suis l’Eternel votre Dieu qui vous ai fait sortir d’Égypte, de la maison d’esclavage, pour vous amener à la liberté. »

Comment, dans ce contexte, comprendre le verset suivant de la paracha Behar :

Vayikra 25:55. « Car c’est à moi que les enfants d’Israël appartiennent comme esclaves (עֲבָדִים/avadim). Ce sont mes esclaves à moi qui les ai fait sortir du pays d’Egypte, moi l’Éternel, votre Dieu. »

Comment comprendre le terme « esclave » ? L’Éternel ne veut-il pas dire en réalité « mes serviteurs » ?

En hébreu le mot « avoda » signifie « un travail ». Il est proche du mot « avdout » qui veut dire « l’esclavage ». Les deux termes se ressemblent, mais il vaut mieux traduire « avodaim » par « serviteurs » plutôt que par « esclaves »; d’autant plus que notre paracha s’intéresse particulièrement à la question du véritable esclavage et de la liberté.

« Avoda » est employé dans l’expression « avodat hachem », « le service divin », ainsi que dans l’expression « avodat halev », « le service du cœur », qui remplace aujourd’hui le rite des offrandes de l’époque du Temple.

« Le service du cœur », c’est aussi le travail du cœur, le travail accompli sur soi-même pour se sentir bien au fond de son être et donner un sens à sa vie.

Alors, le travail est-il un esclavage ou une liberté d’action, et quel est l’aboutissement d’un travail ?

Hannah Arendt (1906-1975) s’est penchée sur la question en différenciant le mot « travail » du mot « oeuvre ». (« oeuvre » et « ouvrier » ont la même racine.) Travailler, c’est s’activer pour subvenir à ses besoins primaires : se nourrir, s’abriter, se vêtir…Œuvrer, c’est réaliser un ouvrage qui n’est pas en rapport direct avec notre corps animal, qui perdurera dans le temps, qui pourra exister plus longtemps que nous.

Cette distinction prend une autre forme dans la haggada. Le sage demande :  » Quels sont ces témoignages et ces actions que vous réalisez ? » Le rebelle demande :  » Qu’est-ce que c’est que ce travail, cette servitude pour vous ? »

Quant à notre tradition, elle nous demande de travailler afin que notre cellule familiale ne soit pas dépendante, qu’elle soit libre et autonome du mieux possible.

L’écrivain Guy Debord (1931-1994) a lancé une formule caricaturale à ce sujet : « Ne travaillez jamais ! »

L’idéal est, bien-sûr, de ne jamais devoir travailler pour gagner sa liberté et de pouvoir s’investir dans la création d’œuvres importantes à long terme. Évoluons dans cette perspective. De cette façon nous serons de véritables serviteurs de Dieu et certainement pas ses esclaves.

Le commentaire est-il tout puissant? Étude de Shavouot 5777

Commenter, remanier, « déraciner » le texte révélé, n’est-ce pas un acte sacrilège?
Notre tradition se fonde sur une conception très particulière du texte vivant et de son élaboration.
Remanier et commenter, provoquer et contredire, deviennent pour nous des actes fondateurs. Désacraliser un texte qui risquerait de devenir porteur d’idolâtrie, c’est lui restituer son statut réel. Nos questions sont le fondement de l’éternité du texte de la Torah.
Alors que nous commémorons le « don de la Torah au mont Sinaï » à Shavouot, nous commémorons également le don sans cesse renouvelé de la Torah, à chaque instant de nos vies.

 Office du soir : mardi 30 mai       18h45-19h15
Dîner et soirée d’étude               19h30-2h
Office du matin : mercredi 31 mai 10h-12h30
Inscription au dîner obligatoire auprès de Catherine Klein

(thématiques: mets lactés, gâteaux de légumes et tartes salées à grignoter, fruits et gâteaux au fromage, merci de prévoir avec Catherine pour convenir d’une participation adaptée).
Inscription à l’office du mercredi matin souhaitée, faites–nous savoir que nous pouvons compter sur vous pour le minian ! http://doodle.com/poll/renriqr9uzcq2uxu

19h30   Ouverture : Rabbin Chinsky                                                 Le commentaire est-il tout puissant?

Que Dieu a-t-il donné exactement sur le mont Sinaï? Tout le monde s’accorde pour dire qu’il a donné la Torah, mais quelle torah? Le pentateuque, repris par l’ensemble des traditions monothéistes? La torah orale, qui est au coeur de l’étude juive? Laquelle de ces deux torot devrait-elle avoir la préséance? Par quelle impertinence les rabbins de tous temps se permettent-ils de renouveler les commentaires ? Quelle est la légitimité de ces interprétations ? A travers cette petite séance introductive, nous présenterons les questions fondamentales qui s’alimenteront des conférences suivantes.                                                                                                     Début du repas

20h30   Jacques Neuburger                                                           Quand la Bible se commente elle-même!

Nous connaissons bien les  grands ouvrages classiques de commentaires du texte biblique  comme les midrashim ou les textes majeurs de discussion fondés sur la bible comme le Talmud de Babylone ou celui de Jérusalem. Mais dans quelle mesure les textes constituant notre Tanakh se répondent-ils les uns aux autres, instituant ainsi un dialogue au sein même de l’édifice biblique ? Dans quelle mesure pourrait-on dire que la Bible se commente elle-même ?                                                                                                                          Repas – suite

21h30   SimHa Neuburger                                    Talmud: La faute des pères retombe-t-elle sur les  fils?

La torah nous dit: les parents ont mangé du verjus et les enfants ont les dents agacées. Cela signifie-t-il que la faute des parents retombe systématiquement sur leurs enfants? Ce serait scandaleux, et fort heureusement, tel n’est pas le propos de la torah ni de la tradition juive. Nous étudierons au cours de cette séance les différentes sources de la torah et du talmud qui éclairent cette question.                                                  Sucré

22h30  Ann-Gael Attias                               Moyen-âge : La faute des mères retombe-t-elle sur les filles ?  

Les femmes sont-elles des tentatrices ? Sont-elles des épouses vertueuses ? Comment la femme s’est-elle transformée en « reine du foyer »? Le commentaire de la torah a longtemps eu un regard dur sur la femme « tentatrice ». Au moyen âge, l’interprétation rend sa place aux femmes! Les sages du moyen-âge ont une influence fondamentale sur cette évolution.

23h30  Conclusion:                                                                             Quel commentaire pour aujourd’hui?
Après cette présentation générale et ces quelques exemples, nous avons une vision plus claire de ce qu’est le commentaire de la Torah. Nous pouvons alors nous adresser à cette question fondamentale: Quelle est notre part personnelle dans la construction de la Torah? Comment, à travers-nous, ses valeurs peuvent-elles prendre leur essor? Quelle est la part juste et légitime de notre vision personnelle qui peut venir nourrir la réflexion bimillénaire autour de nos textes?                                                                         Thé, café, gâteaux
00h30   Hevroutot                                                    Etudes de textes divers proposés par les intervenants