Je partage cette petite Dracha composée spécialement Chabbat dernier à l’occasion de mon passage au GIL, la synagogue libérale de Genève.
Dans le texte que nous venons de lire dans le sidour, il est question de voyages. Le voyage dans l’espace et le voyage dans le temps. Puisque nous disons que les voyages forment la jeunesse, il est intéressant de se demander en quoi ils nous aident à évoluer. Cette question est présente non seulement dans la Torah mais aussi dans toute l’histoire juive ; en effet, notre expérience en tant que peuple couvre de vastes espaces dans l’histoire autant que dans la géographie. Cette même question se pose à chacun d’entre nous, lorsque nous traversons les différents âges de la vie, chaque fois que nous rencontrons des situations et des personnes nouvelles.
Pour moi qui suis justement en visite dans cette belle synagogue de Genève, la question est très présente…
Répéter ce que l’on dit clairement devrait être inutile. Et pourtant c’est souvent nécessaire pour être écouté et pour se faire comprendre. Le comportement humain en veut ainsi.
Il est souvent nécessaire de répéter, sous différentes formes adaptées aux différentes situations. Cette pratique s’applique aujourd’hui à la formation, au commerce, à l’éducation, au management… La recherche de l’intérêt, de la compréhension et de l’approbation a besoin de la répétition, sous différentes formes, suivant un fil conducteur unique. Ce principe s’applique-t-il à la tradition juive ? Que signifie la répétition dans le Judaïsme? Pourquoi Moïse répète-t-il la Torah dans ce dernier livre, qui se nomme « les paroles » en hébreu et « répétition de la loi » (Deutéronome) en Français?
Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !
Le sens de la paracha Devarim du sefer Devarim (1:1 à 3:22)
Le sens de la paracha Devarim est justement la répétition indispensable. La version francisée de Devarim est Deutéronome (deutero nomos) qui signifie « répétition de la loi ». Cette formule nous laisse imaginer une loi solidement ancrée, écrite dans le marbre, que l’on devrait répéter jusqu’à ce quelle soit gravée dans notre cerveau. Le terme hébreu Devarim est beaucoup plus plaisant. Il se traduit par « les paroles » et également par « les choses ». Devarim est un terme très ouvert qui laisse la place à des messages de rigueur autant qu’à des messages d’amour ou d’encouragement agréables à entendre.
D’où vient ce besoin de répétition inscrit dans le Deutéronome ? Des passages de la paracha nous mettent sur la voie.
Devarim 1:3. « Or, ce fut dans la quarantième année, le onzième mois, le premier jour du mois, que Moïse redit aux enfants d’Israël tout ce que l’Éternel lui avait ordonné à leur égard. »
Devarim 1:5 à 1:7. « En deçà du Jourdain, dans le pays de Moab, Moïse se mit en devoir d’exposer ce commandement, et il dit: L’Éternel notre Dieu nous avait parlé en Horeb en ces termes: Assez longtemps vous êtes demeurés dans cette montagne. Partez, poursuivez votre marche, dirigez-vous vers les monts amoréens et les contrées voisines, vers la plaine, la montagne, la vallée, la région méridionale, les côtes de la mer, le pays des Cananéens… »
Quelle est la raison de la répétition, par Moïse aux enfants d’Israël, de cette injonction d’entrer en terre de Canaan ? Moïse s’adresse à une nouvelle génération d’enfants d’Israël. L’entrée en terre de Canaan avait été interdite à la génération précédente car elle avait manifesté sa faiblesse par son refus d’y entrer, suite au rapport décourageant des éclaireurs (les explorateurs) envoyés en reconnaissance. Moïse doit donc tout répéter à cette nouvelle génération.
Quoi qu’il en soit, cette répétition est indispensable : les hébreux qui sont sur le point d’entrer en terre de Canaan sont les descendants des hébreux qui ont quitté l’Égypte. Pour la plupart, ceux-ci ne sont déjà plus de ce monde.
Répéter c’est recréer
Pour Sigmund Freud, le souvenir d’un événement n’est pas le reflet exact de cet événement enfoui dans la mémoire depuis longtemps. Tobie Nathan, professeur de psychologie contemporain, rajoute que l’acte de mémoire est, à vrai dire, un acte de création. Par exemple, le souvenir d’un épisode douloureux de notre vie peut nous faire du bien et nous remplir de fierté; tout simplement parce que nous avons réussi à le surmonter et à le surpasser. Ce sentiment de fierté était totalement absent lors de l’événement. C’est la réminiscence (la répétition virtuelle) de cet événement qui l’a créé.
Revenons à la tradition juive. L’alliance avec Dieu se répète, se renouvelle depuis Abraham, pas tout à fait à l’identique. Nous pouvons discerner divers types d’alliances et de révélations qui se succèdent de génération en génération, d’abord d’Abraham à Isaac, puis d’Isaac à Jacob. Plus tard Moïse sera l’interlocuteur de Dieu pour une alliance renouvelée; plus tard encore, ce sera la mission d’Ezra après le retour de l’exil à Babylone.
Le roi Josias (639 à 609 av.JC) et le grand prêtre Hilkiyahou sont à citer. Ce sont eux qui ont redécouvert le sefer Devarim au cours de la remise en état du Temple de Salomon. De la sorte, ils ont redécouvert la Torah dans sa totalité. Le roi Josias organisera peu après une lecture publique de la Torah à l’attention du peuple, pour que celui-ci renoue avec la spiritualité du Judaïsme. L’alliance aura ainsi été renouvelée. L’expression « répéter c’est recréer » s’applique tout à fait à cet événement.
La répétition de la lecture de la Torah et son apport à notre vie
Traditionnellement nous répétons le texte de la Torah chaque année, paracha après paracha, semaine après semaine. La lecture de la Torah se termine et recommence avec la fête annuelle de SimHat Torah (« joie de la Torah ») célébrée à la synagogue.
Cette lecture de la Torah fait resurgir des épisodes du passé, exacts ou inexacts historiquement, mais fondateurs. Ces épisodes, par la relecture, et la réinterprétation prennent une existence nouvelle. La Torah n’est pas un « nomos » contrairement à ce que laisse entendre l’expression en français « Deutéronome ». Plus qu’une loi, elle est un enseignement sans cesse renouvelé. A chaque lecture quelque chose de nouveau est créé.
Quant à nous-mêmes, chaque fois que nous évoquons les événements de notre passé, nous leur donnons une apparence nouvelle (nous créons, comme dirait Tobie Nathan). Cela nous stimule et nous empêche d’être entravés par ce passé. Rajoutons que dans la tradition juive, la téchouva, par la repentance et l’engagement, nous aide à aller toujours de l’avant en tant qu’individu et plus largement en tant que peuple.
La violence traverse le temps, les sociétés, les cultures et sous diverses formes elle s’impose à nous.
En ce jour de jeûne du 17 Tamouz, nous sommes particulièrement sensibles à ces problématiques.
Elle peut être physique, verbale ou psychologique. Son caractère est protéiforme. Quand on cherche à la stopper quelque part, elle surgit ailleurs sous un autre aspect. Aucun dispositif permettant d’éradiquer totalement la violence (au moins physique) n’a encore été trouvé.
Comment doit-on se comporter face à la violence ? Peut-on la justifier ? Est-elle une caractéristique du genre humain à laquelle nous n’échapperons jamais ? Le meurtre politique en est un type particulier. Peut-il être considéré comme un acte légitime et approprié, pour contrecarrer des troubles graves dans une société ?
Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !
La lecture de la Torah nous invite à réfléchir à ce sujet; en particulier la lecture de la fin de la paracha Balak et celle de la paracha PinHas (Sefer Bamidbar 25:10 à 30:1)
Bamidbar 25:1 à 25:3. « Israël s’établit à Chittîm. Là, le peuple se livra à la débauche avec les filles de Moab.Elles convièrent le peuple à leurs festins idolâtres; et le peuple mangea, et il se prosterna devant leurs dieux. Israël se prostitua à Baal-Péor et le courroux de l’Éternel s’alluma contre Israël. »
Selon le Talmud Sanhédrin, le prophète Balhaam, dépité par ses échecs précédents, a donné comme conseil aux ennemis des enfants d’Israël de viser leur point le plus faible, la sexualité. Ainsi, les filles de Moab et de Midian sont allées les séduire et les contraindre, pour qu’ils puissent continuer à profiter de leurs faveurs, à adorer le Dieu Péor.
L’Éternel très en colère de ces agissements s’adresse à Moïse :
Bamidbar 25:4. « Et l’Éternel dit à Moïse: prends tous les chefs du peuple et fais les pendre au nom de l’Éternel, à la face du soleil, pour que la colère divine se détourne d’Israël. »
Moïse obéit et les coupables sont tués, mais un événement inimaginable se produit :
Bamidbar 25:6. « Cependant, quelqu’un des Israélites s’avança, amenant parmi ses frères la Midianite, à la vue de Moïse, à la vue de toute la communauté des enfants d’Israël. »
Pour provoquer les autorités, un enfant d’Israël nommé Zimri et sa compagne Midianite nommée Cozbi, décident de pratiquer l’acte sexuel en public. Moïse stupéfait ne sait que faire. PinHas, un prince d’Israël, réagit à sa place.
Bamidbar 25:7 à 25:8. « A cette vue, PinHas…se leva du milieu de la communauté, arma sa main d’une lance,entra sur les pas de l’Israélite dans la tente, et les transperça tous deux…aux parties génitales; et le fléau cessa de sévir parmi les enfants d’Israël. Et ceux qui moururent du fléau furent vingt quatre mille. »
PinHas, en commettant un meurtre, stoppe la dérive du peuple d’Israël. Il sauvegarde son unité et, par-dessus tout, sauvegarde l’alliance avec l’Éternel dans le cadre de son institution. Par un acte d’une extrême violence, PinHas devient un personnage central de l’histoire d’Israël. Pour lui signifier sa reconnaissance, Dieu interpelle Moïse :
Bamidbar 25:10 à 25:13. « PinHas…a détourné ma colère de dessus les enfants d’Israël, en se montrant jaloux de ma cause au milieu d’eux…C’est pourquoi, tu annonceras que je lui accorde mon alliance de paix.Lui et sa postérité après lui posséderont, comme gage d’alliance, le sacerdoce à perpétuité. »
Dieu noue une alliance de paix avec PinHas. Pour concrétiser cette alliance, il décide d’ordonner prêtres d’Israël PinHas et sa descendance. Ainsi, Dieu manifeste sa volonté de voir la paix et la reconstruction de la communauté se substituer à la violence. Dieu a, apparemment, approuvé l’acte de violence de PinHas en de telles circonstances exceptionnelles. Cette approbation est très difficile car elle soulève une question délicate: quand la violence est-elle acceptable? Est-elle même acceptable? Où commence et où s’arrête la « légitime défense »? Nous y reviendrons dans la conclusion de notre commentaire.
Dieu ordonne alors à Moïse et à Eléazar de dénombrer les forces vives d’Israël :
Bamidbar 26:1 à 26:2. « Et, à la suite de la mortalité due au fléau, l’Éternel dit à Moïse et à Eléazar…: faites le relevé de la communauté entière des enfants d’Israël, depuis l’âge de vingt ans et au-delà, par familles paternelles, de tous ceux qui sont aptes au service armé… »
Puis l’Éternel demande à Moïse de gravir la montagne pour contempler la terre promise qu’il n’atteindra jamais, et lui annonce sa fin proche.
Bamidbar 27:12 à 27:13. « …monte sur cette hauteur des Abarim, pour contempler le pays que j’ai donné aux enfants d’Israël.Quand tu l’auras contemplé, tu iras rejoindre tes pères… »
Josué est désigné successeur de Moïse :
Bamidbar 27:15 à 27:18.« Alors Moïse parla à l’Éternel en ces termes: que l’Éternel…institue un chef sur cette communauté…Et l’Éternel dit à Moïse: fais approcher de toi Josué, fils de Noun, homme animé de mon esprit, et appose ta main sur lui. »
Dieu veut savoir sur qui il peut compter, parmi les enfants d’Israël, pour un nouveau départ.
Ensuite, le rite des offrandes au Temple, lieu fédérateur du peuple, est redéfini. L’instauration et la programmation des grandes fêtes, moments de rassemblement et de recueillement, sont réalisées.
Bamidbar 28:16 à 30:1. « Au premier mois, le quatorzième jour de ce mois, la Pâque sera offerte à l’Éternel. Et le quinzième jour du même mois, c’est fête. Durant sept jours vous mangerez des azymes…Au septième mois, le premier jour du mois, il y aura pour vous un saint rassemblement. Vous ne ferez aucune œuvre servile. Ce sera pour vous le jour du son du Chofar…Et au dixième jour de ce septième mois, il y aura pour vous un saint rassemblement et vous mortifierez vos âmes… »
Un nouveau cadre est institué afin que soient traités avec calme, sérénité et sans violence physique les événements futurs.
Le message délivré par la paracha PinHas et dont nous devons nous inspirer :
Encore aujourd’hui, le recours à la violence est le seul moyen de résolution de certaines situations dangereuses. Cela doit s’arrêter. Ayons la volonté de mettre en place un cadre, un dispositif, non belliqueux et juste, de règlement des conflits et des drames.
La Torah écrite comme la Torah orale insistent en permanence sur l’importance de la justice; l’établissement d’un système juridique est même l’une des 7 lois universelles données à Noé selon les rabbins. PinHas trouve sa place dans le cadre sacerdotal, en tant que prêtre, qui doit établir une « alliance de paix » et un rituel qui unit et offre un cadre de résolution des conflits. Les conflits trouvent une solution juridique au tribunal, et une solution « psycho-sociale » dans les rituels du temple.
Nous sommes encore à la recherche de ce cadre idéal de non recours à la violence. Nous ne l’avons pas encore trouvé et pourtant, rationnellement, il existe. Nous devons persévérer. La concrétisation de ce cadre ne dépend que de nous. C’est peut-être ce cadre idéal que l’on appelle « civilisation ».
Que dire de l’invincibilité ? N’est-elle qu’un rêve, une utopie, un idéal que nous partageons tous ? Distinguons l’invincibilité physique, concrète et matérielle de l’invincibilité des idées, morale et spirituelle. Elles sont très différentes par leur forme et leurs conséquences. « Invincibilité » signifie quasiment « réussite assurée ». Développons ce thème en nous référant à l’histoire et aux traditions du peuple juif.
Pour approfondir ce thème une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine!
La paracha Balak du sefer Bamidbar (22:2 à 25:9)
Les hébreux commencent leur entrée en terre de Canaan occupée par plusieurs petits royaumes. Pour y parvenir ils doivent traverser le royaume des Amoréens. Les enfants d’Israël demandent de pouvoir passer. Ils promettent de ne pas utiliser les ressources du pays. Leur roi, SiHon, refuse et envoie son armée pour les détruire. Son armée essuie une cuisante défaite. Les hébreux décident ensuite de s’emparer du royaume de Basan. Le roi de Basan, Og, fait de même que SiHon et est vaincu à son tour. Les hébreux continuent leur pénétration inexorable en direction du royaume de Moab. Balak, roi de Moab, est très inquiet et cherche à trouver le moyen d’empêcher l’avancée des enfants d’Israël.
Bamidbar 22:2 à 22:7. « Alors, Balak, fils de Zippor, vit tout ce que Israël avait fait aux Amoréens…Moab commença à ressentir…un effroi mêlé d’aversion…Et Balak…envoya des messagers à Balhaam, fils de Béor, à Péthor…pour lui dire : Voici qu’un peuple est sorti d’Égypte. Il a couvert la terre aussi loin qu’on peut voir et il habite juste en face de moi…Maintenant viens, maudis-moi ce peuple car il est plus puissant que moi…car je sais que celui que tu bénis est béni et celui que tu maudis est maudit…Les anciens de Moab et les anciens de Midian firent route…et ils allèrent chez Balhaam et lui dirent les paroles de Balak. »
Balak, roi de Moab, voyant que les enfants d’Israël sont invincibles militairement décide de les attaquer autrement : moralement. L’arme nouvelle est la malédiction prononcée par le prophète Balhaam. Celle-ci est censée briser l’alliance des enfants d’Israël avec Dieu. Après avoir reçu les messagers du roi Balak, le prophète Balhaam consulte l’Éternel qui lui interdit de maudire Israël.
Bamidbar 22:12. « Dieu dit à Balhaam : Tu ne dois pas aller avec eux. Tu ne dois pas maudire ce peuple car il est béni. »
Balhaam commence par refuser la requête de Balak puis il se laisse convaincre malgré l’interdiction divine. A trois reprises Balhaam gravit la montagne pour accomplir sa mission. Chaque fois, Balhaam est touché par l’inspiration divine et les malédictions qu’il tente de prononcer sont transformées en bénédictions.
Bamidbar 24:2 à 24:9. « Quand Balhaam leva les yeux et vit les enfants d’Israël qui résidaient selon leurs tribus, l’esprit de Dieu fut sur lui…il dit : …que tes tentes sont belles, ô Jacob, tes demeures, ô Israël !…Ceux qui te bénissent sont les bénis, et ceux qui te maudissent sont les maudits. »
Les hébreux sont donc demeurés invaincus dans leur puissance morale.
Le Talmud Baba Batra explique ce qu’avait remarqué le prophète Balhaam : les tentes des enfants d’Israël ne se faisaient pas face. L’intimité de chacune était préservée par leur disposition. Cette intimité, propre à la réflexion et à l’étude, renforçait l’individu et le groupe. Chaque individu prenait conscience de ses particularités ainsi que de son rôle et de ses responsabilités au sein du groupe.
Les particularités du peuple juif étendues à l’invincibilité individuelle
Le peuple juif a survécu à toutes les épreuves du temps et de l’histoire. Il a toujours surmonté les agressions dont il a été l’objet. Il est résistant aux invectives, aux attaques morales, aux menaces diverses et aux tentatives de déstabilisation. Il arrive toujours à se relever après un événement cruel. Il ne s’avoue jamais vaincu.
Par ailleurs, donnons un aperçu de sa capacité d’évolution et d’adaptation : la Torah dit que « les descendants de Moab ou de Amon n’entreront pas dans le peuple d’Israël ». Pourtant une femme de Moab nommée Ruth, du fait de sa loyauté exemplaire, a été acceptée. Elle est devenue la mère (arrière-grand-mère pour être exact) du roi David et de toute la lignée messianique. Au sein du peuple juif, elle représente toujours l’espoir et le renouveau.
Abordons à présent l’invincibilité (ou la réussite assurée) dans notre vie personnelle, en tant qu’individu mais aussi en tant que membre d’un groupe. La réussite assurée nécessite, au delà de facultés indispensables, la sauvegarde de moments de retrait sur nous-mêmes. Ces moments nous permeteant de prendre conscience de nos forces, de nos faiblesses, de nos particularités, et aussi d’identifier les attentes du groupe dont nous faisons partie.
Tout en appartenant à un groupe dont nous partageons la vocation, nous restons des individus porteurs de particularités. Ces particularités doivent être jugées de façon positive. Elles enrichissent l’ensemble du groupe.
Notre réussite au sein du groupe, pour ne pas dire notre invincibilité, exige la reconnaissance, le respect et l’estime de ces particularités.
Qu’est-ce que la réalité? Qu’est-ce que le pchat? Comment inventer le peuple juif ?
Y a-t-il un sens premier et évident, ou tout n’est-il que construction?
Sur quelle « réalité » s’appuyer?
Quand Rachi rejoint Paul Watslawick et que nous analysons « la réalité de la réalité », ils nous apprennent à ne pas craindre les réalités symboliques.
Notre paracha nous invite à l’art du réel virtuel.
Pour que nous soyons capables d’établir notre propre version de la réalité.
Qu’est-ce que la fraternité? Comment gérer les coresponsabilités parfois à peine choisies?
Les frères ne choisissent pas leur condition fraternelle, dans le cadre familial imposé, ils se trouvent obligés de se positionner face à leur alter ego.
Moïse et Aaron sont liés par leur fraternité et aussi par leurs charges de leadership vis-à-vis du peuple.
Leur relation dans la mise en place du service du tabernacle, au moment le plus crucial et sensible, nous invite à examiner les éléments qui sont la base de leur collaboration.
Quelle a été la recette de la création de la fraternité?
Notre paracha nous invite à cultiver l’art de la création de la collaboration.
Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.