Paracha Ki Tavo : la générosité, un facteur de succès ?

Quelles sont les clés du succès ? Question majeure que se posent de nombreux entrepreneurs, consultants, psychologues…Pour certains, ce sont d’abord la volonté, la confiance en soi et la persévérance, pour d’autres, c’est plutôt la compétence associée au goût du risque.

L’ouverture aux autres, la générosité et la reconnaissance ne sont pas souvent citées comme facteurs de succès. Encore moins la spiritualité et l’espérance, en ce qu’elles peuvent nous guider dans nos actions, nous rassurer et nous dynamiser.

La paracha Ki Tavo nous pousse à nous concentrer sur ce sujet.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Ki Tavo du sefer Devarim (le Deutéronome) 26:1 à 29:8

Devarim 26:1. « Quand tu seras enfin arrivé dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne en héritage… »

L’objectif sera très bientôt atteint. Sans aucun doute, la terre promise, si longtemps espérée, sera conquise. C’est ce que Moïse annonce aux enfants d’Israël. Après des générations de patriarcat et de matriarcat difficiles et conflictuels, après des années d’esclavage, après 40 ans de pérégrinations dans le désert, les enfants d’Israël vont enfin pouvoir s’installer en terre de Canaan.

Moïse présente ce succès d’une façon tout à fait singulière. Il le présente sous la forme d’une injonction non applicable dans l’immédiat. On remarque qu’il s’exprime comme s’il était sûr de l’avenir; ce qui est bien davantage persuasif que de dire : vous allez réussir ! Moïse cherche-t-il à préparer son peuple au succès ? Cette façon de procéder nous conduit à nous interroger sur l’état d’esprit des enfants d’Israël à ce moment là, et aussi à nous interroger sur nous-mêmes en pareilles circonstances.

Quand nous sentons le succès tout proche, quand l’espoir de la réussite est presque comblé, nous nous trouvons dans un état d’esprit hors du commun. Nous sommes anxieux et nous nous posons des questions un peu saugrenues. Ne rêvons-nous pas ? Qui pourrait nous convaincre ? Serons-nous à la hauteur de ce succès tant attendu ? Sommes-nous prêts à affronter ce succès, à l’investir émotionnellement, à en assumer toutes les conséquences ?

Moïse annonce donc l’événement en édictant une injonction, une loi, aux enfants d’Israël :

Devarim 26:1 à 26:2. « Quand tu seras arrivé enfin dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne en héritage, quand tu en auras pris possession et y seras établi, tu prendras des prémices de tous les fruits de la terre, récoltés par toi dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, t’aura donné, tu les mettras dans une corbeille, et tu te rendras à l’endroit que l’Éternel, ton Dieu, aura choisi pour y faire régner son nom. »

Le succès arrivé, les enfants d’Israël devront, avant toute autre démarche, exprimer leur générosité et leur reconnaissance envers Dieu en apportant les prémices de leur récolte au Temple. Ces prémices seront données en partage à ceux qui resteront dépourvus, les Lévites, l’étranger, l’orphelin, la veuve et les plus démunis.

L’injonction de l’Éternel à la générosité et à la reconnaissance, par l’intermédiaire de Moïse, est une démarche remarquable. En contraignant à l’avance les enfants d’Israël au partage, l’Éternel les prépare a la réussite et comble leur espoir de façon indirecte. Il les stimule ainsi dans leurs actes. La générosité et la reconnaissance deviennent des facteurs de succès. Les enfants d’Israël sont dès à présent  responsables de ce qu’ils vont obtenir et comprennent qu’ils devront en assumer les conséquences. En retour, ils savent qu’ils pourront jouir pleinement de leur succès.

L’injonction de reconnaissance, implique le souvenir du passé aux enfants d’Israël. Elle les soumet à l’humilité.

Devarim 26:5 à 26:6. « Et tu diras à haute voix devant l’Éternel, ton Dieu: mon père était un araméen errant. Et il descendit en Egypte, y vécut en étranger, d’abord en très petit nombre, puis il devint là une nation considérable, puissante et nombreuse. Alors les Égyptiens nous maltraitèrent, nous opprimèrent et nous imposèrent un dur esclavage. »

Ces versets de la paracha sont repris par la haggada de PessaH.

Notre paracha délivre un protocole à suivre et des recommandations :

Dès que nous atteignons la réussite, nous devons nous présenter devant le Cohen (le Cohen de notre temps, bien-sûr) remercier l’Éternel en le remerciant, lui manifester notre générosité et l’assurer que nous partagerons le fruit de notre succès avec les plus démunis.

Alors seulement, nous pourrons dire, comme l’ont fait les enfants d’Israël après s’être acquittés de leurs devoirs :

Devarim 26:14 à 26:15. « …docile à la voix de l’Éternel, mon Dieu, je me suis entièrement conformé à tes prescriptions… Regarde du haut des cieux, ta sainte demeure, et bénis ton peuple Israël et la terre que tu nous as donnée, comme tu l’as juré à nos pères… »

Recommandation à retenir : avant de demander, nous devons d’abord donner.

La spiritualité nous a guidés sur le chemin de la réussite. La générosité et la reconnaissance, véritables facteurs de succès, nous ont permis de prendre conscience du chemin parcouru et de toute la valeur de notre réussite.

Par ailleurs, quand nous aurons à encourager nos proches, ou à nous encourager nous-mêmes, il sera nécessaire de conforter leur espoir de réussite, ou le nôtre. L’espoir, lui aussi, est un facteur de succès majeur !

Paracha Ki Tétsé : éduquer ou punir ?

Mettre au monde des enfants impose une grande responsabilité. En avons-nous vraiment conscience ? Tous les parents, dignes d’être parents, souhaitent éduquer leurs enfants le mieux possible.

Pour quelle bonne raison voulons-nous bien éduquer nos enfants ? Pour être fiers d’eux ? Pour nous éviter des tracas aujourd’hui et plus tard ? Pour satisfaire notre besoin d’autorité ? Ou tout simplement, par amour pour eux ?

Faut-il punir parfois ses enfants ? Qui peut se vanter de ne jamais l’avoir fait ? La punition, pour certains, fait partie de l’éducation; mais a-t-il été démontré que punir soit efficace ? Et qu’entend-on par punition ?

En quelques versets, qui semblent radicaux, la paracha Ki Tétsé de la Torah traite le sujet de l’éducation des enfants à problèmes.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Ki Tétsé du sefer Devarim (Deutéronome) 21:10 à 25:19, et le sort réservé aux enfants rebelles

Devarim 21:18 à 21:21. « Si un homme a un fils obstiné et rebelle, sourd à la voix de son père comme à celle de sa mère, et qui, malgré leurs corrections, persiste à leur désobéir, son père et sa mère se saisiront de lui, le traduiront devant les anciens de sa ville, au tribunal de son lieu. Et ils diront aux anciens de la ville: notre fils que voici est obstiné et rebelle, n’obéit pas à notre voix, c’est un glouton et un ivrogne. Alors, tous les hommes de la ville le feront mourir à coups de pierres. Ainsi, tu auras éliminé de chez toi ce qui est mauvais, et tout Israël l’apprendra et sera alors saisi de peur. »

Commenter ces versets de la Torah est indispensable. Quand on sait, notamment, que le terme « torah » dérive du terme « oraha » qui signifie « éducation ».

Le message délivré par la Torah n’est pas simple à comprendre. D’autant plus que la Torah a conté précédemment les grandes colères et les punitions sévères que Moïse a infligées à son peuple, en certaines situations; Moïse se trouvant alors dans le rôle de père spirituel des enfants d’Israël.

La paracha Ki Tétsé aborde l’éducation des enfants dans un contexte d’événements violents sur tous les plans : guerre, appropriation de prisonnières, jalousies tragiques…Parfois, dans la Torah, il semble qu’éduquer c’est d’abord punir ! Que faut-il en penser ?

Souvenons-nous que nous ne devons pas interpréter les versets de la Torah indépendamment de l’enseignement oral des Sages, et du Talmud en particulier.

L’interprétation des versets cités par le traité Sanhédrin du Talmud

Quand nous avons affaire à un enfant « rebelle », le traité Sanhédrin nous suggère, dans un premier temps, d’avertir l’enfant en présence de 3 témoins, en l’informant précisément des risques qu’il encoure, puis de le maintenir en observation pendant 3 jours.

Ensuite, si rien ne s’arrange, pour que la sanction demandée par la Torah puisse être appliquée, l’enfant doit être reconnu réellement débauché, glouton et ivrogne au sens propre. Etant donnée la gravité de ses vices et de son insoumission, il faut que nous soyons certains que tout ira en empirant dans le futur. En bref, que nous soyons certains que cet enfant est irrécupérable. Si c’est vraiment le cas, la sanction sera appliquée pour son salut : l’enfant mourra innocent avant de devoir mourir coupable.

Mais comment prédire l’avenir d’un enfant ? Ce serait nier sa liberté. Ici, nous nous rapprochons de la notion de « dangerosité » d’une personne : l’estimation de ses crimes futurs. Michel Foucault a dénoncé les risques de cette façon de penser, qui éveille également notre méfiance. Heureusement, le Talmud ne s’arrête pas là.

Le Talmud va plus loin. L’enfant est puni pour son odieux comportement, sous réserve qu’il ait reçu une éducation totalement cohérente de la part de ses 2 parents : dans leur éducation, les 2 parents sont apparus à l’enfant totalement égaux. Les 2 parents ont éduqué l’enfant avec « la même voix », « la même apparence » et en étant de « la même taille ».

Nous sentons une touche d’humour dans ces paroles du Talmud. Comment ces conditions d’idéale égalité pourraient-elles être satisfaites ?

Le Talmud pose une double condition supplémentaire. D’une part, l’accusé doit être un véritable « enfant » (ben, בֵּן en hébreu) comme le dit la Torah. Donc une très jeune personne. D’autre part, pour être considéré comme responsable de ses actes, l’accusé doit être « adulte ». Il doit donc être suffisamment âgé. Il est possible de punir l’enfant seulement s’il est à la fois jeune et vieux. C’est bien sûr impossible. Avec humour, ici aussi, le Talmud prend note de cela. Il indique qu’il existe peut-être une période de 3 jours entre enfance et maturité, qui seule permettrait l’application de cette loi. Avant il est trop tôt, après il est trop tard !

Toutes ces conditions rendent très difficile, voire impossible, l’application du commandement de la Torah. Le Talmud conclut en affirmant que « l’enfant rebelle » n’a jamais existé, et qu’il n’existera jamais. Nous voilà rassurés quant à la condamnation d’un enfant à la lapidation !

La leçon à tirer, de cette paracha, pour l’éducation de nos enfants et pour nous-mêmes

Commençons par nous pencher sur la remarque du Talmud : il n’y a jamais eu d’enfant rebelle, et il n’y en aura jamais.

Alors, pourquoi soulever ce problème ?

Une réponse se trouve dans une autre phrase du Talmud concernant le texte de la Torah que nous venons d’évoquer : « commente le et reçois-en un salaire ».

Quel salaire pouvons-nous tirer de l’étude de ce passage de la Torah ? Tentons de le faire : la meilleure éducation que nous pouvons fournir à nos enfants ne sera jamais sans faille. Nous devons faire au mieux et demander à nos enfants de faire, eux aussi, au mieux de leurs possibilités. Avoir un enfant rebelle, récalcitrant, au sens actuel de notre langage de parent, n’est pas forcément une catastrophe (parfois, nous avons vraiment envie de le…..lapider, mais c’est interdit). Toutefois, nous devons faire le maximum pour éviter cela car un enfant peut réellement finir par « mal tourner ». Ce risque ne doit pas être ignoré.

Le plus important est, sans doute, de réussir à maîtriser les pulsions préjudiciables de l’enfant par l’éducation que nous lui apportons. Pensons aussi que nous devons, nous-même, apprendre à dominer nos excès, notre violence, nos propres pulsions et à acquérir un minimum de sagesse. La qualité de l’éducation que nous souhaitons donner à nos enfants en dépend. La Torah et le Talmud sont là pour nous y aider.

La tentation de punition est légitime mais, en fin de compte, c’est en sollicitant l’intelligence de l’enfant que nous l’aiderons à prendre conscience de ses actes et de ses responsabilités.

Vrais et faux prophètes, l’éclairage de Rachi

La prophétie, c’est quelque chose d’impressionnant ! ‘Dieu lui-même s’adresse aux êtres humains… En donnant les 10 commandements, ‘Dieu a mis en place un système dans lequel le peuple entier est prophète, tous ayant entendu la parole divine. Mais comment protéger les individus contre leur naïveté et leur volonté d’absolu ? Comment se protéger contre les faux prophètes ? Quel processus est mis en place dans notre paracha, et détaillé par Rachi ? Quel est le sens de ces recommandations pour nous aujourd’hui sur le plan politique et sur le plan personnel ?

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(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

 

Pour étudier avec nous, rejoignez-nous à Surmelin : MJLF-est ce chabbat de 9h30 (précises, accueil à 9h15) à 10h20.

 

18 :13 s.

Intègre tu seras avec Hachem, ton Eloqim Marche avec Lui avec intégrité, aie confiance en Lui, et ne scrute pas l’avenir. Mais accepte avec intégrité tout ce qui t’advient, et alors tu seras avec Lui et tu seras Sa part.

Ce n’est pas ainsi que t’a donné Le Saint béni soit-Il d’écouter les magiciens et les faiseurs de sortilèges, car Il a fait reposer la chekhina sur les prophètes et sur les ourim et toumim.

Du milieu de toi, d’entre tes frères, comme moi Tout comme je suis « du milieu de toi, d’entre tes frères », Il te l’élèvera à ma place, et ainsi de suite de prophète en prophète.

18 :20.s

Que je ne lui ai pas ordonné de déclarer Mais que j’ai ordonné à un autre que lui (Sanhèdrin 89a).

Et qui parlera au nom d’autres dieux Même s’il se conforme à la halakha, en interdisant ce qui est interdit et en permettant ce qui est permis.

Mourra Par strangulation. Trois cas de peines capitales sont de la compétence des tribunaux humains : pour avoir prophétisé ce qu’on n’a pas entendu, ou ce qui n’a pas été dit à soi-même mais à un autre que soi, et pour avoir prophétisé au nom d’autres dieux. Celui qui, en revanche, se retient de livrer sa propre prophétie, ou qui transgresse ce qu’a dit un prophète, ou qui transgresse ce qu’il a dit lui-même, sa mort est décrétée par le Ciel, comme il est écrit : « Moi, je redemanderai de lui » (verset 19).

 

Et lorsque tu diras dans ton cœur Vous vous le demanderez un jour lorsque ‘Hanania ben ‘Azzour viendra prophétiser : « Voici, les ustensiles de la maison de Hachem reviendront bientôt de Bavel » (Yirmeya 27, 16), et que se dressera Yirmeya pour proclamer que « les colonnes et la mer de cuivre ainsi que les autres ustensiles que Nevoukhadnétsar n’avait pas emportés à Bavel lors de l’exil de Yekhonya seront emportés avec l’exil de Tsidqiyahou » (ibid. 19 et suivants).

Ce que déclarera le prophète Lorsqu’il dira : « Voici ce qui vous adviendra ! », et que vous verrez que cela ne se réalisera pas, « cette parole-là est ce que Hachem n’a pas déclaré », et tu le mettras à mort. [Le présent verset] s’applique à celui qui prédit un événement à venir. Mais si quelqu’un vient dire : « Faites ceci ou cela, et c’est sur l’ordre du Saint béni soit-Il que je le dis ! », un autre texte (supra 13, 4) est déjà venu édicter le précepte que si quelqu’un vient te fourvoyer hors de l’une des mitswoth, tu ne l’écouteras pas, à moins qu’il ne soit reconnu comme un juste parfait (Sanhèdrin 89b). Cela a été le cas, par exemple, pour Eliyahou au mont Carmel lorsqu’il a offert des sacrifices sur une bama (« autel individuel ») (I Melakhim 18) à une époque où cela était interdit, cela afin de détourner Israël [de l’idolâtrie] (Yevamoth 90b). Tout dépend des circonstances du moment et de [la nécessité d’élever] une haie protectrice contre une brèche. Voilà pourquoi il est écrit : « “Lui” vous l’écouterez » (verset 15).

Tu n’auras pas peur de lui Tu ne te retiendras pas de porter contre lui une accusation, et tu ne craindras pas d’être puni à cause de lui.

 

תָּמִים תִּהְיֶה עִם ה’ אֱלֹהֶיךָ. הִתְהַלֵּךְ עִמּוֹ בִּתְמִימוּת וּתְצַפֶּה לוֹ וְלֹא תַּחֲקֹר אַחַר הָעֲתִידוֹת, אֶלָּא כָּל מַה שֶּׁיָּבֹא עָלֶיךָ קַבֵּל בִּתְמִימוּת וְאָז תִּהְיֶה עִמּוֹ וּלְחֶלְקוֹ:

לֹא כֵן נָתַן לְךָ ה’ אֱלֹהֶיךָ. לִשְׁמֹעַ אֶל מְעוֹנְנִים וְאֶל קוֹסְמִים שֶׁהֲרֵי הִשְׁרָה שְׁכִינָה עַל הַנְּבִיאִים וְאוּרִים וְתֻמִּים:

מִקִּרְבְּךָ מֵאַחֶיךָ כָּמֹנִי. כְּמוֹ שֶׁאֲנִי מִקִּרְבְּךָ מֵאַחֶיךָ יָקִים לְךָ תַּחְתַּי וְכֵן מִנָּבִיא לְנָבִיא:

 

אֲשֶׁר לֹא צִוִּיתִיו לְדַבֵּר. אֲבָל צִוִּיתִיו לַחֲבֵרוֹ:

וַאֲשֶׁר יְדַבֵּר בְּשֵׁם אֱלֹהִים אֲחֵרִים. אֲפִלּוּ כִּוֵּן אֶת הַהֲלָכָה לֶאֱסֹר אֶת הָאָסוּר וּלְהַתִּיר אֶת הַמֻּתָּר:

וּמֵת. בְּחֶנֶק שְׁלֹשָׁה מִיתָתָן בִּידֵי אָדָם: הַמִּתְנַבֵּא מַה שֶּׁלֹּא שָׁמַע וּמַה שֶּׁלֹּא נֶאֱמַר לוֹ וְנֶאֱמָר לַחֲבֵרוֹ וְהַמִּתְנַבֵּא בְּשֵׁם עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים, אֲבָל הַכּוֹבֵשׁ אֶת נְבוּאָתוֹ וְהָעוֹבֵר עַל דִּבְרֵי נָבִיא וְהָעוֹבֵר עַל דִּבְרֵי עַצְמוֹ מִיתָתָן בִּידֵי שָׁמַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר:

וְכִי תֹאמַר בִּלְבָבֶךָ. עֲתִידִין אַתֶּם לוֹמַר: כְּשֶׁיָּבֹא חֲנַנְיָה בֶּן עַזּוּר וּמִתְנַבֵּא: הִנֵּה כְּלֵי בֵּית ה’ מוּשָׁבִים מִבָּבֶלָה עַתָּה מְהֵרָה וְיִרְמְיָהוּ עוֹמֵד וְצוֹוֵחַ אֶל הָעַמּוּדִים וְעַל הַיָּם וְעַל יֶתֶר הַכֵּלִים שֶׁלֹּא גָּלוּ עִם יְכָנְיָה בָּבֶלָה יוּבְאוּ עִם גָּלוּת צִדְקִיָּהוּ:

אֲשֶׁר יְדַבֵּר הַנָּבִיא. וְיֹאמַר דָּבָר זֶה עָתִיד לָבֹא עֲלֵיכֶם וְתִרְאוּ שֶׁלֹּא יָבֹא. הוּא הַדָּבָר אֲשֶׁר לֹא דִּבְּרוֹ ה’ וַהֲרֹג אוֹתוֹ וְאִם תֹּאמַר זוֹ בְּמִתְנַבֵּא עַל הָעֲתִידוֹת הֲרֵי שֶׁבָּא וְאָמַר עֲשׂוּ כָּךְ וְכָךְ וּמִפִּי הַקָּבָּ »ה אֲנִי אוֹמֵר כְּבָר נִצְטַוּוּ שֶׁאִם בָּא לְהַדִּיחֲךָ מֵאַחַת מִכָּל הַמִּצְוֹת לֹא תִּשְׁמַע לוֹ, אֶלָּא אִם כֵן מֻמְחֶה הוּא לְךָ שֶׁהוּא צַדִּיק גָּמוּר, כְּגוֹן אֵלִיָּהוּ בְּהַר הַכַּרְמֶל שֶׁהִקְרִיב בַּבָּמָה בִּשְׁעַת אִסּוּר הַבָּמוֹת כְּדֵי לִגְדֹּר אֶת יִשְׂרָאֵל, הַכֹּל לְפִי צֹרֶךְ שָׁעָה וּסְיַג הַפִּרְצָה לְכָךְ נֶאֱמָר אֵלָיו תִּשְׁמָעוּן:

לֹא תָגוּר מִמֶּנּוּ. לֹא תִּמְנַע עַצְמְךָ מִלְּלַמֵּד עָלָיו חוֹבָה וְלֹא תִּירָא לֵעָנֵשׁ עָלָיו:

 

Jonas, le gentil prophète désobéissant

Le livre de Jonas: approche pédagogique de l’obéissance relative – Bible et Pédagogie 1, c’est déjà dimanche prochain, à Nation/Ganénou. Pour les parents et tous ceux qui aiment la pédagogie.

On pourrait s’imaginer qu’il faut être parfait, qu’il faut être obéissant, qu’il faut vouloir le bien des autres toujours et qu’il faut faire son devoir. Si tel est le cas, que fait le prophète Jonas dans la Bible ? Et pourquoi lit-on son histoire à Kipour ? Est-ce que nous nous identifions au Ninvéens qui réussissent finalement à faire téchouva, à comprendre leur erreur et à changer ? Ou bien nous identifions-nous à Jonas, qui refuse sa mission, et progresse cahin-caha en réussissant malgré lui ?

L’histoire de Jonas est l’occasion de dévoiler nos sentiments face au « devoir d’obéissance » que nous nous imposons à nous-mêmes et à nos enfants, et à évaluer notre « pouvoir de bienveillance » pour accueillir avec douceur les manquements des uns et des autres, ce qui reste la meilleure façon d’accompagner un changement vers le mieux.

Quelles sont les tâches que nous fuyons ? Qui nous les a commandées ? Où fuyons-nous pour y échapper ? Qui nous rappelle à notre devoir ? La suite tourne-t-elle comme nous l’avions prévu ? Mieux ou moins bien ? Sommes-nous finalement satisfaits du résultat final ? Si nous faisions un parallèle entre Jonas et nous, à quoi chacunes de ces péripéties correspondrait-elle dans notre histoire personnelle ?

(Attention, le texte suivant est repris de la traduction en français par le rabbinat. Le texte biblique ne doit pas être statique et les traductions ont tendance à appauvrir. Nous vous invitons à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître.  Merci.)

Pour étudier avec nous à Ganénou-Nation ce dimanche de 10h (accueil à 9h30) à 11h15, contactez Raffaela ou répondez à cet article en commentaire.

1 La parole de l’Eternel fut adressée à Jonas, fils d’Amittaï, en ces termes: 2 « Lève-toi! Va à Ninive, la grande ville, et prophétise contre elle; car leur iniquité est arrivée jusqu’à moi. » 3 Mais Jonas se leva pour fuir à Tarsis, hors de la présence de l’Eternel; il se rendit à Jaffa, où il trouva un vaisseau en partance pour Tarsis. II paya le passage et s’y embarqua pour aller avec eux à Tarsis, loin de la présence de l’Eternel. 4 Or, l’Eternel suscita un vent violent sur la mer et une grande tempête s’y éleva; le vaisseau pensa se briser. 5 Les matelots prirent peur, et chacun d’invoquer son Dieu. Ils jetèrent à la mer les objets qui se trouvaient sur le vaisseau afin de l’alléger. Pour Jonas, il était descendu au fond du navire, s’y était couché et profondément endormi. 6 Le commandant de l’équipage s’approcha de lui et lui dit: « Que fais-tu là, dormeur? Debout! Invoque ton Dieu, peut-être ce Dieu-là s’ingéniera-t-il en notre faveur, de sorte que nous ne périrons pas. » 7 Cependant les matelots se disaient l’un à l’autre: « Voyons, tirons au sort, afin de connaître celui qui nous attire ce malheur. » Ils tirèrent au sort, et le sort désigna Jonas. 8 Ils lui dirent: Apprends-nous donc puisque c’est toi qui nous attires ce malheur quelle est ta profession et d’où tu viens; quel est ton pays et à quel peuple tu appartiens. » 9 Il leur répondit: « Je suis Hébreu; j’adore l’Eternel, Dieu du ciel, qui a créé la mer et la terre ferme. » 10 Ces hommes, saisis d’une grande terreur, lui dirent: « Qu’as-tu fait là! » Car ils surent alors qu’il s’enfuyait de devant l’Eternel, Jonas le leur ayant appris. 11 Ils ajoutèrent: « Que devons-nous faire de toi pour que la mer se calme autour de nous? Car la mer devient de plus en plus furieuse. » 12 Il leur répondit: « Prenez-moi et jetez-moi à la mer, vous la verrez s’apaiser, car je reconnais que c’est par mon fait que vous essuyez cette violente tempête. » 13 Ces hommes firent force de rames pour regagner la côte, mais ils ne purent, tant la mer orageuse continuait à les assaillir! 14 Ils invoquèrent donc l’Eternel en disant: « De grâce, ô Eternel, ne nous fais point périr à cause de cet homme, et ne fais pas retomber sur nous le sang innocent! Car c’est toi-même qui as fait ce que tu as voulu. » 15 Puis ils saisirent Jonas et le jetèrent à la mer. Aussitôt la fureur de la mer se calma. 16 Et ces hommes conçurent une vénération profonde pour l’Eternel; ils lui offrirent des sacrifices et firent des vœux en son honneur.

1 L’Eternel suscita un énorme poisson, qui engloutit Jonas; celui-ci resta dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits. 2 Dans les entrailles mêmes de ce poisson, Jonas adressa une prière à l’Eternel, son Dieu, 3 et il dit: « Dans ma détresse j’ai invoqué l’Eternel, il m’a répondu : du sein du Cheol je t’ai imploré, tu as entendu ma voix. 4 Le flot me ballottait au cœur des mers, et les courants m’enveloppaient; toutes tes vagues et toutes tes lames passaient sur moi. 5 Déjà je me disais: « Je suis repoussé loin de tes regards! » Mais non, je veux contempler encore ton temple saint. 6 Les eaux m’investissaient, menaçant ma vie, j’étais cerné par l’Abîme, les algues étreignaient ma tête. 7 Précipité jusqu’à la racine des montagnes, la terre me fermait ses barrières pour toujours… Tu as sauvé ma vie de la perdition, Eternel, mon Dieu. 8 Quand mon âme, dans mon sein, allait défaillir, je me suis ressouvenu de l’Eternel, et ma prière a monté vers toi, vers ton sanctuaire auguste. 9 Ceux qui révèrent des idoles menteuses, ceux-là font bon marché de leur salut. 10 Pour moi, c’est en te rendant hautement grâce, que je t’offrirai des sacrifices; j’accomplirai les vœux que j’ai prononcés: le secours vient du Seigneur! » 11 L’Eternel ordonna au poisson de rejeter Jonas sur la côte.

1 La parole de l’Eternel fut adressée une seconde fois à Jonas, en ces termes: 2 « Lève-toi, va à Ninive la grande ville, et fais-y la publication que je te dicterai. » 3 Jonas se leva et se rendit à Ninive, selon l’ordre du Seigneur. Or, Ninive était une ville puissamment grande: [il fallait] trois jours pour la parcourir. 4 Jonas commença à parcourir la ville l’espace d’une journée, et publia cette annonce: « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite! » 5 Les habitants de Ninive crurent en Dieu; ils proclamèrent un jeûne, et tous, grands et petits, se vêtirent de cilices. 6 Le bruit étant parvenu jusqu’au roi de Ninive, il se leva de son trône, jeta bas son manteau, se couvrit d’un cilice et s’assit sur la cendre. 7 Et il fit publier dans Ninive comme décret du roi et de ses dignitaires ce qui suit: « Que ni homme ni bête, ni gros ni menu bétail ne goûtent quoi que ce soit; qu’on ne les laisse pâturer ni boire de l’eau. 8 Que les hommes et le bétail soient enveloppés de cilices; que chacun invoque Dieu avec force, qu’il renonce à sa mauvaise conduite et à la rapine qui est dans ses mains! 9 Qui sait? Peut-être Dieu, se ravisant, révoquera-t-il son arrêt et se départira-t-il de son courroux, pour que nous ne périssions pas. » 10 Dieu, en effet, considérant leur conduite, voyant qu’ils avaient abandonné leur mauvaise voie, revint sur la calamité qu’il leur avait annoncée et n’accomplit pas sa menace.

1 Jonas en conçut un grand déplaisir et se mit en colère. 2 Et il adressa à l’Eternel cette prière: « Hélas! Seigneur, n’est-ce pas là ce que je disais étant encore dans mon pays? Aussi m’étais-je empressé de fuir à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu clément et miséricordieux, plein de longanimité et de bienveillance, prompt à revenir sur les menaces. 3 Et maintenant, ô Eternel, de grâce, ôte-moi la vie; car la mort pour moi est préférable à la vie. » 4 L’Eternel répondit: « Est-ce à bon droit que tu t’affliges? » 5 Jonas, étant sorti de Ninive, s’était établi à l’orient de la ville; là il s’était dressé une cabane sous laquelle il s’était assis à l’ombre, dans l’attente de ce qui se passerait dans la ville. 6 Or, le Seigneur Dieu fit pousser un ricin qui s’éleva au-dessus de Jonas pour ombrager sa tête et le consoler de sa douleur. Jonas ressentit une grande joie au sujet du ricin. 7 Mais dès l’aube du lendemain, ce même Dieu suscita un ver qui rongea le ricin, de sorte qu’il se dessécha. 8 Puis, quand le soleil fut levé, Dieu fit souffler un vent d’Est étouffant, et le soleil darda ses feux sur la tête de Jonas, qui en fut accablé. Alors il se souhaita la mort à lui-même, et il dit: « La mort vaudrait mieux pour moi que la vie. » 9 Et Dieu dit à Jonas: « Est-ce à bon droit que tu te chagrines à cause de ce ricin? » Il répondit: « Je m’en chagrine à bon droit, au point de désirer la mort. » 10 L’Eternel répliqua: « Quoi! tu as souci de ce ricin qui ne t’a coûté aucune peine, que tu n’as point fait pousser, qu’une nuit a vu naître, qu’une nuit a vu périr: 11 et moi je n’épargnerais pas Ninive, cette grande ville, qui renferme plus de douze myriades d’êtres humains, incapables de distinguer leur main droite de leur main gauche, et un bétail considérable! »

(texte tiré de http://sefarim.fr/)

Texte à télécharger en cliquant sur le lien suivant: pedagogie 5777 -1 jonas

Paracha Choftim : où trouver la justice ?

Quelle vision objective avons-nous de la justice, en particulier de celle qui a prise sur notre quotidien, la justice sociale ? Difficile de répondre simplement. Cependant, nous sommes très sensibles à ce que nous appelons l’injustice.

Alors que nous entrons aujourd’hui dans le mois de Eloul, nous nous préparons pour Roch Hachana, qui sera le 1e tichri, dans exactement 1 mois. Roch hachana est justement appelé Yom hadin, jour du jugement et pose également la question de la justice.

Pourquoi ressentons-nous un tel besoin de justice ? Comment définir une justice absolue ? Que penser de la justice rendue ? Où trouver une justice qui nous sécurise par la confiance que nous avons en elle ?

La paracha Choftim nous montre Moïse appréhendant le principe de justice, avant l’entrée des enfants d’Israël en terre de Canaan.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La justice dans la Torah avec la paracha Choftim du sefer Devarim ( Deutéronome 16:18 à 21:9)

« Choftim » signifie « les juges ». « Choftim » a la même racine que « michpat » qui veut dire à la fois « un jugement » et « une phrase ».

La paracha commence par les versets suivants :

Devarim 16:18 à 16:20. « Tu institueras des juges et des magistrats dans toutes les villes que l’Éternel, ton Dieu, te donnera, selon chacune de tes tribus; et ils devront juger le peuple selon la justice. Ne fais pas fléchir le droit, n’aie pas égard à la personne, et n’accepte jamais de présent corrupteur, car la corruption aveugle les yeux des sages et fausse la parole des justes. C’est la justice, la justice seule que tu dois rechercher… »

Inspiré par Dieu, Moïse s’adresse au peuple d’Israël. Il lui demande d’instaurer, sitôt arrivé en terre de Canaan, un système judiciaire fiable. Il présente cela comme une nécessité fondamentale. La justice devra être impartiale et inflexible. Le risque de la corruption, qui est toujours présent, est abordé pour y trouver remède.

Pourquoi ce désir d’organisation d’une justice future, alors que le plus important, la conquête de la terre de Canaan, n’a pas encore été réalisé ? Ceci peut nous surprendre. Pour répondre, pensons à l’alliance du peuple d’Israël avec Dieu. Nous sommes, dans notre paracha, dans la continuité des commandements de l’Éternel.

Autre question à se poser : que représente ce besoin de justice sur le plan moral et philosophique ? N’est-il pas ce besoin humain d’harmonie dans un peuple, tel que le souhaitait Jean-Jacques Rousseau avec le « Contrat Social »? Allons plus loin : la paracha parle de juges et de magistrats. Elle nous fait déjà passer de la justice divine à la justice rendue.

Rendre la justice est à la charge des juges, des prêtres et des Lévites qui doivent travailler de façon collaborative :

Devarim 17:8 à 17:10. « Si tu es impuissant à te prononcer sur un cas judiciaire…tu iras trouver les prêtres, les Lévites et le juge siégeant à cette époque. Tu les consulteras, et ils t’éclaireront sur le jugement à prononcer. Et tu agiras selon leur déclaration… »

La Torah crée un rempart contre l’injustice en prévoyant des villes refuge:

Devarim 19:2 à 19:5. « Tu réserveras trois villes…et cela pour que tout meurtrier s’y puisse réfugier. Or, voici dans quel cas le meurtrier en s’y réfugiant aura la vie sauve: s’il a frappé son prochain sans intention, n’ayant pas été son ennemi antérieurement… il pourra alors fuir dans une de ces villes et sauver sa vie. »

Les meurtriers involontaires et non coupables, aux yeux de l’Éternel, pourront trouver refuge sur certains territoires pour échapper à une vengeance injuste.

Justice absolue et justice rendue dans la bible hébraïque 

La justice absolue est la justice divine telle qu’elle nous est énoncée dans la Torah par les paroles de Dieu. Comme nous l’avons déjà indiqué, la justice est rendue en association par les juges, les prêtres et les Lévites.

La Torah fait la distinction entre justice absolue (divine) et justice rendue. Elle a institué la fonction de juge siégeant en son temps, plongé dans le cadre et les aléas du quotidien, tout en restant rattaché aux valeurs fondamentales de justice.

La tradition juive propose deux conceptions de la justice:  La justice absolue, le « din », et la justice bienveillante appelée « raHamim », devant conduire l’être humain à la paix. Les Pirkei Avot rejoignent cette distinction dans leur chap.1, en disant par la bouche de Rabbi Chimon Ben Gamliel : le monde repose sur 3 vertus, la vérité, la justice et la paix.

Une phrase des Psaumes (18:38), en ce sens, est à relever :  » Recherche la paix et poursuis-la ».

La Torah précise que les juges consultés sont « de leur époque ». Ils sont les intermédiaires entre le divin (justice absolue), et l’être humain dans la réalité de son temps (justice rendue).

Notre confiance en la justice d’hier et d’aujourd’hui

Sur ce thème, l’expression de la tradition juive se résume en 2 citations : d’après le Talmud Roch Hachana, il faut se confier à des juges d’aujourd’hui, même si leurs décisions diffèrent parfois de celles du passé. Il faut se refuser de penser que les juges d’antan étaient meilleurs que ceux du temps présent. Et selon Rachi : « il n’y a que le juge qui est dans son temps. »

Le juge du temps n’est pas toujours fiable, mais il est de toute façon le seul à pouvoir traiter des cas de façon efficace. Il nous appartient donc de mettre tout en œuvre pour avoir de bons juges et un bon système judiciaire.

Où trouver une vraie justice, une justice en laquelle nous ayons totalement confiance ? La question se pose dans tous les pays du monde et à toutes les époques. Dans l’exercice de la démocratie, par notre vote et par l’expression de nos opinions, nous devons soutenir le renforcement permanent de la compétence et de l’indépendance des juges.

De même, la construction du judaïsme d’aujourd’hui et de demain exige que nous nous adressions aux rabbins de notre temps, en faisant de notre mieux pour renforcer leur compétence et leur indépendance.

En vous souhaitant de belles réflexions ainsi que « Hodech tov », un bon mois de Eloul.

Bible et pédagogie: prenez date!

La Bible juive comme outil pédagogique – Cycle Parents et pédagogues  5777 – Rabbin Floriane Chinsky

Où ? Ecole Ganénou, 11 Rue du Sergent Bauchat, 75012 Paris
Quand ? Un dimanche par mois (11/09 ; 16/10 ; 11/12 ; 5/03 ;14/05)
de 10h (accueil 9h30) à 11h15

La Pédagogie en tant qu’art d’éduquer est au cœur de la pensée juive. La tradition nous enseigne la complémentarité du faire et du comprendre, chaque pratique étant comme l’art de nous éduquer nous-mêmes. L’étude de la Torah est centrale dans le judaïsme. En étudiant nous-mêmes, nous montrons à nos enfants combien l’étude compte pour nous, et apprenant à enseigner, nous profitons au mieux du grand privilège qui est le nôtre, la transmission.

La Bible n’est pas toujours facile à comprendre, et certains passages peuvent parfois nous révolter. Pour notre tradition, ces réactions sont normales et saines, car elles sont une occasion de réfléchir. Réfléchir pour nous-mêmes au sens de la vie, et partager nos réflexions avec nos enfants, est une belle façon de transmettre nos valeurs, d’une façon très douce et très respectueuse.

Les Livres Bibliques nous donnent l’occasion de parler non pas « des problèmes » quand ils arrivent, mais des « valeurs » et des « solutions possibles » à nos difficultés. Le « que penses-tu de telle situation » peut souvent remplacer avantageusement le très solennel « Il faut qu’on parle ».

Nos textes de cette année seront les textes bibliques lus à la fête juive qui approche, le « prétexte » à la discussion n’est donc pas les difficultés, mais le calendrier.

A partir de la bible dans le texte, avec des traductions en français, des Hévroutot (études en binôme), et avec l’objectif d’en tirer des enseignements de sagesse, nous trouverons chacun notre place dans l’étude de ce texte merveilleux.

Pour étudier avec nous à Ganénou-Nation ce dimanche de 10h (accueil à 9h30) à 11h15, contactez Raffaella ou répondez à cet article en commentaire.

1             11/09    Jonas, le gentil prophète désobéissant
2             16/10    Kohélet, l’épicurien désenchanté
3             11/12     L’histoire de Hanouka
4             5/3        L’histoire d’Esther
5             14/5      L’histoire de ruth

NB : Les textes sont téléchargeables le dimanche précédent le cours. Pour les recevoir directement dans votre boite email, abonnez-vous au site  https://poursurmelin.wordpress.com/

Pour télécharger le programme, cliquez ici: Pédagogie 5777 Bible – 0
Bible hébreu/français/rachi en ligne cliquez ici: Bible en ligne

L’hébreu, c’est facile! Une mini-méthode ludique — Devenir Juif, Devenir Juive

Pour préparer la rentrée, une mini méthode de découverte/remise en piste à partir de l’hébreu, en 10 petites séances vidéo qui paraitront deux fois par semaine. Enjoy, et partagez vos commentaires.

L’ hébreu, ce n’est pas toujours facile… Et pourtant, en apprenant 70 racines et quelques formes grammaticales, on lit les prières du siddour et on progresse dans leur compréhension. Cette méthode vous permettra, en 6 vidéos d’apprentissage et 4 vidéos centrées sur les prières, de repérer ces racines, de les lire et de les comprendre. […]

via L’hébreu, c’est facile! Une mini-méthode ludique — Devenir Juif, Devenir Juive

Paracha Ekev : à quoi ça nous sert d’être honnête ?

Selon Jean Piaget (1896-1980), théoricien de la psychologie du développement, l’enfant se développe en explorant le monde. L’enfant se livre spontanément à des tentatives qui réussissent ou échouent. Il en déduit de lui-même ce qu’il faut faire et ne pas faire.

Il en est de même pour nous. Parfois, notre réussite relève de circonstances hasardeuses. Nous nous posons alors une question déterminante pour l’avenir : à quels actes, à quels facteurs devons-nous attribuer cette réussite ?

D’autres questions s’enchaînent : en pratique, comment faut-il s’y prendre pour être sûr de réussir ? Bien agir ou bien se comporter permet-il de toujours réussir ? Faut-il être parfaitement honnête pour réussir ? Ne peut-on pas tricher un peu ? Comment faire pour pérenniser notre réussite ? Comment faire pour que la réussite se transforme en bonheur ?

Notre paracha semble nous promettre la réussite si nous obéissons aux injonctions divines. Qu’est-ce que cela peut bien signifier?

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Ekev du sefer Devarim (7:12 à 11:25) nous parles des principes du bien agir et de la recherche du bonheur 

Ekev (עקב), second mot de la paracha, signifie « en raison de » et indique une causalité.

Devarim 7:12 à 7:15. « En raison de votre obéissance à ces lois et de votre fidélité à les accomplir, l’Éternel, votre Dieu, sera fidèle au pacte de bienveillance qu’il a juré à vos pères… Il t’aimera, te bénira, te multipliera, il bénira le fruit de tes entrailles et le fruit de ton sol…dans le pays qu’il a juré à tes pères de te donner. Tu seras béni entre tous les peuples…L’Éternel écartera de toi tout fléau… »

Moïse poursuit ses déclarations aux enfants d’Israël : ceux-ci doivent être totalement et à jamais fidèles à l’alliance contractée avec Dieu. En conséquence de cela, tout se passera bien pour eux et leur avenir sera assuré.

Le fait que tout acte ait des conséquences est une notion capitale. Cette notion est en relation avec l’idée de justice immanente : si nous agissons bien ou mal, nous sommes récompensés ou punis à coup sûr. Elle est également en relation avec le concept du karma, le karma étant constitué à travers l’ensemble de nos actes prêtant à conséquences, actes passés, actuels et futurs.

Sur ce plan, tout n’est pas aussi simple. Parfois, nous nous comportons bien moralement, nous accomplissons de notre mieux certains actes, et les conséquences positives de nos actes ne sont pas au rendez-vous. Pourquoi en est-il ainsi ?

Nous sommes en droit de nous poser cette question. Moïse l’a posée à l’Éternel (Elle est citée dans un midrach du Traité BraHot du talmud) :  » Comment se fait-il que des personnes justes échouent alors que des personnes se comportant mal réussissent ?  » Cette anomalie apparente se retrouve dans le Livre de Job : Job est une personne juste et il lui arrive néanmoins les pires ennuis.

Afin de clarifier ce problème, analysons le principe de récompense du « bien agir ». Raisonnons de façon statistique : les conséquences de nos bonnes actions ne sont pas positives en permanence, dans certains cas elles sont négatives (la justice n’est pas totalement immanente). C’est la tendance moyenne qui est à prendre en considération. Si de façon constante nous agissons bien, la moyenne des conséquences à long terme est nettement positive et le bonheur commence à transparaître. Des fruits commencent à naître de ce que nous avons planté et, en un temps ultérieur, le bonheur durable s’établit.

Le thème de la continuité (fidélité) dans la conduite à tenir, est traité dans la paracha :

Devarim 8:6. « Et tu devras toujours garder les commandements de l’Éternel, ton Dieu, en marchant dans ses voies et en le révérant. »

En pratique, comment assurer cette continuité ?

Devarim 8:18. « C’est de l’Éternel, ton Dieu, que tu dois te souvenir, car c’est lui qui t’aura donné la force d’arriver [dans la continuité] à cette prospérité. »

Pour réussir véritablement, il nous faut respecter en permanence la ligne de conduite dans laquelle nous nous sommes engagés. Malgré tout, des échecs occasionnels surviendront, les aléas de la vie nous feront douter.

Nous ne devons pas tomber dans le piège des succès occasionnels qui nous feront magnifier des qualités superficielles ou factices, ne croire qu’en nous, et nous pousseront à abandonner nos engagements.

(Un exemple très prosaïque : nous commettons un petit vol dans un supermarché sans nous faire arrêter. Nous avons ainsi réussi à gagner quelque chose en nous étant mal conduits. Dans ce cas, allons-nous attribuer cette réussite à notre maigre talent de voleur à la sauvette, ou bien allons nous faire amende honorable et vite revenir sur la ligne du véritable succès ?)

La paracha nous met en garde en évoquant l’idolâtrie :

Devarim 8:19. « Et, si jamais vous oubliez l’Éternel, votre Dieu, si vous vous attachez à des dieux étrangers, que vous les servez et que vous leur rendez hommage, je vous le déclare en ce jour, vous périrez! »

Question cruciale : en pratique, comment rester fidèles à nos engagements à long terme ? Comment surmonter les accidents de parcours ?

Il est nécessaire d’appartenir à un groupe humain soudé pour permettre au long terme d’exister. C’est notre cas : nous ne sommes pas des individus isolés, nous sommes membres d’un peuple dont nous partageons les valeurs fondamentales. De génération en génération, nous restons intégrés à ce peuple.

Si la réalité des événements n’est pas à même de nous montrer que nous sommes sur la bonne voie, la tradition de solidarité et d’entraide  de notre peuple se charge, sur le moment, de nous le montrer à sa place. De la sorte, cela nous aura servi d’être honnête aux yeux de notre peuple.

Que notre recherche éthique nous soit au maximum source de bonheur!

 

Paracha VaétHanan : 10 commandements – à chacun sa version !

Le sefer Devarim (le Deutéronome) est le livre de la répétition. Son contenu, selon la tradition, a été énoncé par Moïse durant les 37 derniers jours de sa vie, peu de temps avant l’entrée du peuple hébreu en terre de Canaan.

Moïse s’exprime face aux enfants d’Israël. Il révèle les fondements de leur alliance avec Dieu à la nouvelle génération, il leur raconte les péripéties de l’épopée de leurs pères. Le rapprochement du sefer Chemot (l’Exode) et du sefer Devarim (le Deutéronome) dévoile des différences textuelles. Que certains événements et propos soient présentés de manière sensiblement différente nous interpelle.

Dans la Torah, il y aurait donc plusieurs façons, cohérentes mais quand même différentes, de traiter les mêmes sujets ? La paracha VaétHanan en est un extrait représentatif.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

Ce que nous dit la paracha VaétHanan du sefer Devarim (3:23 à 7:11)

Devarim 5:1 à 5:3. « Moïse fit appel à tout Israël, et dit: Ecoute, Israël, les lois et les statuts que je vous fais entendre aujourd’hui; étudiez les et appliquez vous à les suivre. L’Éternel, notre Dieu, a contracté avec nous une alliance en Horeb. Ce n’est pas avec nos pères que l’Éternel a contracté cette alliance, c’est avec nous-mêmes, nous qui sommes ici, aujourd’hui, tous vivants. »

Moïse rappelle aux enfants d’Israël leur engagement dans l’alliance; puis leur remet en mémoire les 10 paroles, (nommées également 10 commandements), en particulier le commandement du chabbat.

Devarim 5:11 à 5:14. « Observe le jour du chabbat pour le sanctifier, comme te l’a prescrit l’Éternel, ton Dieu. Durant six jours tu travailleras et t’occuperas de toutes tes affaires; mais le septième jour est la trêve de l’Éternel, ton Dieu. Tu n’y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ni ton esclave mâle ou femelle, ton bœuf, ton âne, ni tes autres bêtes, non plus que l’étranger qui est dans tes murs; car ton serviteur et ta servante doivent se reposer comme toi. Et tu te souviendras que tu fus esclave au pays d’Égypte, et que l’Éternel, ton Dieu, t’en a fait sortir d’une main puissante et d’un bras étendu; c’est pourquoi l’Éternel, ton Dieu, t’a prescrit d’observer le jour du chabbat. »

Le commandement du chabbat est intéressant car il est présenté sous 2 versions.

Parlons, pour commencer, du cantique du chabbat, LeHa dodi : « Chamor (observe) et zaHor (souviens-toi) ne sont qu’une seule parole, que nous fit entendre Dieu… » Chamor et zaHor sont des termes extraits de la Torah. Véritablement, Dieu a t-t’il dit « chamor » ou bien a-t’il dit « zaHor » ? Pourquoi deux versions différentes dans ces deux livres de notre Torah ?

Continuons sur le thème du chabbat. La version de l’Exode est la suivante : il faut respecter le chabbat car Dieu a créé le monde en 6 jours et s’est reposé le 7ième jour. La version du Deutéronome est : « Observe le jour du chabbat…tu n’y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ni ton esclave mâle ou femelle…car ton serviteur et ta servante doivent se reposer comme toi. » Par ailleurs, la version du Deutéronome rappelle au peuple l’esclavage en Égypte. Ce rappel est absent dans la version de l’Exode.

Ensuite, la paracha devient une paracha pédagogique. Moïse donne une succession d’instructions  et de conseils précis au peuple d’Israël. Y est inséré un sermon qui deviendra le Chema Israël.

Devarim 6:4 à 6:9. « Écoute, Israël: l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est un ! Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur…Ces devoirs que je t’impose aujourd’hui seront gravés dans ton cœur… Tu les inscriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. »

Dans la haggada de PessaH, quatre enfants posent des questions à propos du Seder. Ces quatre enfants ont des personnalités différentes: l’un est « sage », l’autre « rebelle », le troisième est « simple » et le quatrième est « celui qui ne sait pas poser les questions ». La question de l’enfant « sage » est la suivante : « Quels sont ces statuts, ces lois, ces commandements que votre Dieu vous a imposés ? » La même question se trouve telle qu’elle dans la paracha VaétHanan :

Devarim 6:20 à 6:21. « Quand ton fils t’interrogera un jour, disant: Qu’est-ce que ces statuts, ces lois, ces commandements, que l’Éternel, notre Dieu, vous a imposés? Tu répondras à ton fils: Nous étions asservis à Pharaon, en Égypte, et l’Éternel nous en fit sortir d’une main puissante. »

La valeur spirituelle et sociale des 10 commandements (les 10 « paroles »)

Les 10 commandements sont la base spirituelle de la religion juive et sont le noyau de son code moral et rituel. A savoir que le christianisme et l’islam leur accordent beaucoup d’importance, mais ne les considèrent pas comme un fondement religieux.

Cependant, les 10 commandements ont étés repris par une grande part de l’humanité comme commandements universels. Ils ont inspiré les législateurs et sont à l’origine de nombreuses règles de vie en collectivité. De façon générale, leur valeur sociétale a pris le pas sur leur valeur religieuse.

A chacun sa version ?

La paracha VaétHanan nous incite à nous poser beaucoup de questions concernant la Torah. Pourquoi ces différences d’un sefer (livre) à l’autre ? Quelle est la version à retenir ? Les différentes versions sont-t-elles compatibles ? La vérité est-elle dans le texte ? La Torah a-t-elle eu un seul ou plusieurs auteurs ? Est-ce une évolution normale et logique de l’écriture de la Torah dans le temps ?

A deux moments différents de l’histoire du peuple, les dix commandements sont exprimés de façons différentes. Au moment de la sortie d’Egypte, on insiste sur le rappel de la création du monde, et au moment de l’entrée en Canaan, on insiste sur la mention de la sortie d’Egypte. Ainsi, ces deux événements fondamentaux sont tous deux représentés par notre pratique du chabbat. le « Chamor » et le « ZaHor » sont tous deux nécessaires et complémentaires. La raison « divine » ( Dieu s’est arrêté le 7e jour) et la raison « sociale » ( tes employés doivent se reposer un jour par semaine) du chabbat sont toutes deux exprimées.

Le traité Erouvin du Talmud nous aide à conclure : « Ces paroles ci, comme ces paroles là, sont les paroles du Dieu vivant. »

Les différentes versions, d’un livre à l’autre, seraient donc toutes vraies. Elles seraient là pour nous pousser à la réflexion, nous permettre d’identifier les messages transmis par la Torah et de bien comprendre le sens de ces messages.

 

 

 

 

 

Les voyages et leurs bénéfices virtuels (Paracha Massaé) (ou: Pokemon et plus encore!)

Pour accompagner les voyages de vacance!

Avatar de Floriane ChinskyLiberté juive

Je partage cette petite Dracha composée spécialement Chabbat dernier à l’occasion de mon passage au GIL, la synagogue libérale de Genève.

Dans le texte que nous venons de lire dans le sidour, il est question de voyages. Le voyage dans l’espace et le voyage dans le temps. Puisque nous disons que les voyages forment la jeunesse, il est intéressant de se demander en quoi ils nous aident à évoluer. Cette question est présente non seulement dans la Torah mais aussi dans toute l’histoire juive ; en effet, notre expérience en tant que peuple couvre  de vastes espaces dans l’histoire autant que dans la géographie. Cette même question se pose à chacun d’entre nous, lorsque nous traversons les différents âges de la vie, chaque fois que nous rencontrons des situations et des personnes nouvelles.

Pour moi qui suis justement en visite dans cette belle synagogue de Genève, la question est très présente…

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