Kidouch Ivrit 1 – Pour chanter encore…

Merci pour ce beau Kidouch Ivrit!
Nous avons pu échanger en hébreu, et apprendre quelques chants de différents niveaux.
Voici les chants que nous avons appris avec les débutants pour notre premier Kidouch Ivrit!

Notre prochain rendez-vous aura lieu le 3 décembre… En fin d’article quelques liens sympathiques pour réviser!

kidouch-ivrit-1

Pour réviser, voici quelques liens sympathiques:

Kidouch Ivrit! Parlons et chantons en hébreu ce samedi !

chQuelques minutes de fantaisie et de bonheur pour remettre à jour ou mettre en place des bases en hébreu. Il y aura des groupes de niveau, tout le monde est bienvenu, tous les niveaux et tous les âges!

Avatar de Floriane ChinskyDevenir Juif, Devenir Juive

kidouch-ivritOù ? MJLF-est, 24 rue du Surmelin, 75020 Paris
Quand ? Quelques Samedis par mois (15/10 ; 3/12 ; 25/2)
de 12h30 à 13h15 (environ)

L’hébreu est cette langue que nous aimons et que nous pratiquons trop peu. Les cours nous permettent d’apprendre cette belle langue, et beaucoup d’entre nous aimeraient également la pratiquer.
Le Kidouch est un moment de rencontre, et peut-être une occasion de nous parler dans une autre langue que le français, par exemple en hébreu. Cette expérience un peu particulière nous permettra de nous voir sous un angle un peu différent.
Les Pirké Avot nous enseignent que celui qui est timide n’apprend pas, pour avancer, il faut oser se lancer, sans prétention, les plus débutants sont donc les bienvenus. Les plus expérimentés également, qui pourront avoir deux plaisirs : celui de pratiquer entre eux, et celui d’accueillir les débutants.
Humblement, nous partagerons ensuite quelques chants (débutants)…

Voir l’article original 109 mots de plus

La voix de Dieu, c’est l’humanité qui vit en nous – Dracha Kipour 5777

Ce n’est pas exactement ce que j’ai dit à la synagogue mardi soir… Mais c’est bien le texte que j’avais sous les yeux ;-). Encore chana tova à toutes et à tous.

Die20160928_130318u lui-même semble parfois impuissant.
Que dire alors de notre impuissance à nous !

Dieu lui-même laisse commettre en son nom des atrocités inacceptables.
Lorsque des religions se dénigrent et s’assassinent, c’est le nom de dieu lui-même qui est désacralisé.
Quel est le sens de cet apparent « silence de dieu » ?
Comment Dieu lui-elle-même peut-il-elle rester sans voix?

Le traité avoda zara nous raconte à la page 54b une histoire étrange.
Des sages romains ont interpelé des sages d’Israël.
« Si votre dieu ne désire pas l’idolâtrie, pour quelle raison ne l’annule-t-il pas ? »
Excellent question qui nous interpelle à notre époque, où certains se revendiquent de Dieu pour commettre des meurtres.
Les sages d’Israël ont répondu :
« Si les idolâtres prenaient pour objet d’adoration des choses inutiles, Dieu les détruirait, mais ils servent le soleil, la lune et les étoiles, Dieu doit-il détruire la création pour mettre fin aux pratiques meurtrières des hommes ? Le monde se conduit selon ses principes, et les fous qui le détruisent finiront par être jugés. »
La violence ne peut pas détruire le mal, car le mal et le bien sont liés, le soleil et la lune sont puissants, pour cette même raison nous avons besoin d’eux, pour cette même raison certains leurs ont voué dans l’antiquité une adoration idolâtre.
De même, la liberté et l’intelligence de l’homme. La liberté et la créativité des humains sont puissantes pour cette raison nous avons besoin d’eux, même si certains en font un usage destructeur.

Dans l’instant, nous pourrions être tentés de chercher ce que Paul Watslavick appelle une « ultra-solution », une solution si absolue qu’elle semble tout résoudre, alors qu’elle renforce encore le problème.
Dieu pourrait détruire tout ce qui prête à confusion, tous ceux qui se revendiquent abusivement de son nom. Comme nous l’enseigne le talmud, ce serait une ultra-solution. Pour sauver le monde, détruisons-le !
D’autres penchent vers des ultra-solutions de tous ordres : Ceux qui s’imaginent promouvoir la tradition en forçant les juifs à mettre les téfilines (je parle de ceux qui forcent littéralement, il y en a, ainsi que je l’ai appris récemment), ceux qui prônent l’assimilation  pour éviter l’antisémitisme, ceux qui pensent que le repli identitaire nous protégerait, ceux qui prônent la fermeture des frontières pour protéger l’économie etc…

Notre page du talmud continue, les sages donnent des exemples :
Le blé volé devrait-il ne pas pousser ? Le monde poursuit son cours, et les fous qui le détruisent finiront par être jugés, העולם כמנהגו נוהג.

Mais nous sommes un peuple ancien. En plus de 3000 ans, nous avons acquis un savoir, qui nous autorise à une certaine patience. Nous savons ce qu’est le temps. Nous avons vu défiler les civilisations trop pressées qui voulaient conquérir le monde.

Si nous sommes parfois impuissants dans l’instant, dans le temps au contraire, nos efforts sont cumulatifs.
Dans le temps, nous sommes puissants.

Nous nous tournons vers l’année écoulée.

Cette année écoulée, nous la regardons avec fierté, nous savons ce que nous avons accompli, ce que nous avons réussi, combien nous avons su changer le monde en dépit des épreuves. Ces réussites sont des marques de notre puissance. Pour cela, la BraHa, les remerciements s’imposent.

Cette année écoulée, nous la regardons avec humilité, nous savons ce que nous pouvons améliorer, les défauts personnels que nous pouvons combattre, les qualités personnelles que nous pouvons développer, et les collaborations avec autrui que nous pouvons mettre en œuvre, pour qu’ils puissent compenser nos manques, et que nous puissions aider à compenser les leurs. Cette humilité est, elle aussi, l’une de nos forces, une expression de puissance. Pour cela, la téchouva, l’amélioration de soi-même est de rigueur.

Nous sommes puissants car d’année en année et de siècle en siècle nous renforçons un mouvement vers plus d’intelligence, plus d’humanité.

C’est cela le judaïsme. Un mouvement. Un mouvement parmi d’autre, un mouvement qui nous est cher, le nôtre. Un mouvement vers une recherche permanente de nous élever en tant qu’humains, à notre façon particulière, à travers notre judaïsme.

C’est cela notre communauté. Une synagogue qui appartient à un mouvement. Une synagogue qui est un petit îlot de paix et de volonté, un petit îlot qui fait que l’océan entier semble moins menaçant, une seule petite étoile de laquelle monte un rire qui change le sens du ciel tout entier.

Vous qui militez pour notre communauté depuis des dizaines d’années, vous qui nous avez rejoint récemment, vous qui y trouvez votre place d’une façon sans cesse plus juste et plus satisfaisante, vous savez de quoi je parle.

Je parle de garder les valeurs juives au cœur de la synagogue, d’être humain, au-delà des considérations politiques.
Je parle de défendre d’une façon ouverte et pacifique l’existence d’une religion/communauté/spiritualité ouverte aux autres.

Je parle de ce défi dont nous sommes des Héraults (les portes-drapeaux), aux côtés de nos partenaires.
Défi de faire respecter le judaïsme libéral au sein du judaïsme global et de ceux qui en son sein font parfois preuve de beaucoup de fermeture,
défi de faire respecter le judaïsme tellement minoritaire au sein d’une communauté nationale dont certains tendent aux amalgames,
défi de promouvoir un engagement spirituel qui se pose en partenaire de la platte-forme laïque et humaniste à laquelle nous sommes attachés par-dessus tout.

En défendant notre judaïsme, en défendant la liberté, nous ne défendons pas seulement nos intérêts, nous défendons surtout le droit de chacun et chacune à trouver un chemin harmonieux.

Ces combats se jouent au quotidien, avec nos familles, nos amis, face à la pression du monde extérieur, trouver un moment pour acheter des Halot pour chabat, trouver quelques minutes pour voir une vidéo « sur un pied », trouver de l’inspiration pour raconter une blague juive en accompagnant ses enfants sur le chemin de l’école.
Ces combats se jouent dans l’exceptionnel, dans l’organisation des fêtes juives, dans la mise en place d’un cours d’entrée dans le judaïsme, d’un programme de conversion, dans la participation à des conférences interreligieuses, que ce soit cordoba, la formation de l’école nationale de la magistrature, le bné brit de bordeau etc…

Chaque petit choix juste est une victoire, car il nous oriente davantage vers la bonne direction, pour le reste de notre vie, et pour plus encore à travers le partage et la transmission.

C’est chacun de ces combats pacifiques qui sont l’objet de nos pensées et de nos résolutions en ce jour de Kipour.

Ce n’est pas chose facile. Car pour exercer notre responsabilité, nous devons faire preuve à la fois d’ambition et de résignation, de désir ardent et de patience.
Trop d’enthousiasme, d’ambition et de désir nous mèneraient à la frustration et au désespoir.
Trop de résignation et d’auto-satisfaction nous mènerait à l’immobilisme, comme si nous passions dans ce monde sans y laisser de trace.

L’équilibre est difficile à trouver et se cultive au quotidien. Les fêtes de Tichri nous proposent deux temps de régulation : Yom Kipour et SimHat Torah.
Yom Kipour, pour tendre l’arc de nos volontés, SimHat Torah, pour goûter les joies de la réussite.
Avec ces deux fêtes, notre tradition nous propose deux notions : Le din et le RaHamim.
Le din pour être rigoureux et conscients des enjeux, le raHamim pour être apaisés et tolérants pour nous et autrui.

Le raHamim, c’est la bienveillance, la souplesse, l’accueil de l’imperfection, c’est l’utérus, ce qui nous contient, ce qui nous nourrit, quelles que soient les circonstances. Cette notion est liée au nom éternel de dieu, au nom secret, au nom en 4 lettres, celui que nous remplaçons par le mot « adonaï », le grand nom qui inscrit dans le temps, dans la durée, dans la patience, dans l’évolution. Avec le raHamim, Dieu ne nous juge pas mais nous accompagne, nous ne sommes pas ses serviteurs, mais ses enfants. RaHamim est la qualité dont l’adjectif se dit « raHoum », comme dans les 13 attributs de dieu, adonaï adonaï el RAHOUM : Eternel Eternel dieu raHoum compatissant et gracieux, lent à la colère et grand dans ta bienveillance et ta vérité qui porte sa bienveillance pour les milles générations à venir, qui porte la faute et l’atteinte et le pêché et oublie.

Le Din, c’est le jugement, les conséquences directes et inéluctables de nos actes, le monde de l’ nature dont les lois sont impitoyables. Cette notion est liée au nom immanent de Dieu, « élohim », la force. Lorsque nous prononçons les 13 attributs de dieu, nous faisons semblant d’oublier cette dimension en omettant la fin du verset : « qui porte la faute et l’atteinte et le pêché et qui n’oublie PAS ».

En ce jour de Kipour, notre devoir est de repenser ces deux valeurs, de les soupeser, de les équilibrer.

De ne pas nous laisser endormir dans notre trop grand confort ou de ne pas nous laisser écrouler sous le trop grand poids de nos épreuves.

Tant que nous sommes en mouvement, nous pouvons beaucoup, et Dieu lui-même n’est plus impuissant.

Nous pouvons dire : tu es notre Dieu car nous sommes ton peuple, Tu es notre père car nous sommes tes enfants, Tu est notre force car nous étudions grâce à toi.

Et ainsi, Dieu est puissant, même dans l’hypothèse où il n’existerait pas, les mots et les concepts abstraits n’ont pas tellement d’importance, notre détermination, elle, est fondamentale.

Et la plus petite étincelle de sagesse que vous récolterez en ce jour de Kipour, aura une influence exponentielle sur toute votre année à venir, et par ricochet, sur vos proches, et sur nous, votre communauté.

De même, les nombreuses étincelles de sagesse recueillies au cours de l’année passée ont été un trésor sans prix pour l’année incroyable que nous avons passée ensemble.
Vous en voyez quelques fruits aujourd’hui, vous en verrez les merveilles tout au long de cette année, pensez à en profiter.

Alors partons ensemble en ce jour de Kipour à la récolte des sagesses pour les rendre plus actives dans nos vies.

Pour cette année, vivez comme des ‘dieux’!

לשנה טובה תכתבו
לשנה טובה תכתבו

Le talmud avoda zara nous enseigne que l’Eternel partage son temps à trois choses,étudier la Torah, nourrir ses créatures, et jouer avec le Léviatan.

Que notre année à venir soit, elle aussi, pleine d’apprentissages, de générosité et de fantaisie.

 

לשנה טובה תכתבו

 

Paracha Nitsavim : l’alliance pour tous, au présent !

L’alliance entre Dieu et les hommes est le socle de la tradition juive.

Une alliance n’est pas seulement un accord ou un pacte; c’est aussi une union, un ensemble qui génère une entité. L’alliance entre l’Eternel et les enfants d’Israël a généré une entité spirituelle, la religion juive. Les enfants d’Israël sont devenus le peuple juif. Liés entre eux par une alliance informelle, ses membres ont la charge de son épanouissement présent et futur.

Par ailleurs, au sein du peuple juif, le principe d’alliance se retrouve au niveau des individus destinés à fonder des couples solides et des familles  très unies.

Ceci s’applique aux autres peuples de façon plus ou moins comparable, et à n’en pas douter, l’alliance, sous diverses formes, est un principe primordial de l’humanité toute entière.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Nitsavim du sefer Devarim (Deutéronome) 29:9 à 30:20 , et l’alliance avec l’Eternel

Le terme « alliance », nous fait penser d’instinct à l’alliance entre Dieu et Moïse au sommet du mont Sinaï. Nous imaginons le mont Sinaï secoué de tremblements, les éclairs, le tonnerre, les enfants d’Israël figés à l’écoute des 10 paroles (commandements). C’est en général comme ceci que nous nous représentons l’instant fondateur de l’alliance.

En fait, l’alliance avec l’Eternel a débuté bien avant. Tout a commencé par l’alliance avec Adam et Ève, suivie par l’alliance avec Noé (considérées, toutes deux, comme des alliances universelles). Se sont déroulées plus tard, l’alliance avec Abraham, Isaac, Jacob, Sarah, Rebecca, Rachel et Léa, puis l’alliance avec Moïse. Celle-ci occupe une position centrale. Elle se rapporte, dans un premier temps, à la sortie d’Égypte et au parcours à suivre jusqu’à la terre de Canaan, puis dans un second temps, aux 10   paroles reçus sur le mont Sinaï.

Dans le texte de la paracha Nitsavim, l’alliance entre Dieu et les enfants d’Israël, sur le point d’entrer en terre de Canaan, est exprimée d’une autre façon par Moïse. Elle est exprimée délibérément au présent :

Devarim 29:9 à 29:12. « Vous êtes placés aujourd’hui, vous tous, en présence de l’Éternel, votre Dieu: vos chefs de tribus, vos anciens, vos préposés, tous les hommes d’Israël, vos enfants, vos femmes et l’étranger qui est dans ton camp, du fendeur de bois jusqu’au porteur d’eau; afin d’entrer dans l’alliance de l’Éternel, ton Dieu, et dans son pacte solennel, par lesquels il traite avec toi en ce jour; voulant t’établir aujourd’hui comme son peuple, et lui-même se montrer comme ton Dieu, ainsi qu’il te l’a déclaré, et ainsi qu’il l’avait juré à tes pères Abraham, Isaac et Jacob. »

Moïse s’adresse à tous ceux qui, à ses yeux, composent le peuple d’Israël. Il s’exprime avec insistance au présent. (Les termes, « aujourd’hui », « en ce jour » sont à relever.) En agissant ainsi, Moïse manifeste sa volonté de renforcer la cohésion de tout son peuple, au présent et au futur.

Sont concernés par l’alliance, reproclamée avec solennité, ceux qui sont autour de Moïse, leurs descendants, et ceux qui rejoindront plus tard le peuple d’Israël.

Devarim 29:13 à 29:14. « Et ce n’est pas avec vous seuls que j’institue cette alliance et ce pacte; mais avec ceux qui sont aujourd’hui placés avec nous, en présence de l’Éternel, notre Dieu, et avec ceux qui ne sont pas ici, à côté de nous, en ce jour. »

A noter que l’on se réfère en général au passé en sociologie des religions : « nous devons faire comme nos ancêtres ; la révélation vient du fond des âges et est éternelle; elle ne peut être mise en doute. » L’événement majeur de notre paracha, la proclamation de l’alliance, se passe au présent. Elle s’adresse à des personnes existantes. Par extrapolation, nous en déduisons que la construction et le destin du peuple juif sont directement, et à tout moment, entre les mains de l’ensemble de ses membres.

Cela semble inquiétant de confier le sort du peuple juif à tous les juifs, à n’importe quel juif. Cependant, il n’est pas rassurant non plus de confier cette tâche à une poignée de leaders, quelques fois lointains, qui auraient autorité sur ce qui nous touche au plus profond.

La Torah prend position pour la première hypothèse :

Devarim 30:11 à 30:14. « Car cette loi que je t’impose en ce jour, n’est ni trop difficile pour toi, ni trop lointaine. Elle n’est pas dans le ciel, pour que tu dises: « Qui montera pour nous au ciel et nous l’ira quérir, et nous la fera entendre afin que nous l’observions? Elle n’est pas non plus au delà de l’océan, pour que tu dises: « Qui traversera pour nous l’océan et nous l’ira quérir, et nous la fera entendre afin que nous l’observions? Non, cette parole est tout près de toi: tu l’as dans la bouche et dans le cœur, pour pouvoir l’observer! »

L’avenir du judaïsme

Madame le rabbin Floriane Chinsky est titulaire d’un DEA en sociologie du droit dont le sujet est le mode d’attribution de l’identité juive par les rabbins. Elle est également titulaire d’un Doctorat en sociologie du droit dont le sujet de thèse concerne les  représentations sociales de la flexibilité de la loi juive. Le DEA étudie les rabbins, qui sont importants dans la création du devenir du peuple juif, le doctorat se concentre sur les individus, dont l’importance est peut être plus grande encore puisque c’est chaque juif et juive qui choisit ou non de recevoir l’enseignement d’un rabbin, et qui choisit quel rabbin deviendra son  »  maître   » (au sens de professeur).

Le message transmis par la paracha est le suivant : l’avenir du judaïsme est tracé par chaque membre du peuple juif dans son environnement familial et social, en relation avec les institutions religieuses dont le rôle est l’enseignement, l’étude et la réflexion collective.

Absolument tous les membres du peuple juif sont responsables de l’avenir du judaïsme, « du fendeur de bois jusqu’au porteur d’eau », comme le dit la paracha. La perpétuation du judaïsme n’est rien d’autre que le renouvellement constant de l’alliance entre Dieu et les enfants d’Israël, pour ne pas dire les hommes. Chacun et chacune compte à part égale et est responsable de se faire entendre! 

 

Paracha Ki Tavo : la générosité, un facteur de succès ?

Quelles sont les clés du succès ? Question majeure que se posent de nombreux entrepreneurs, consultants, psychologues…Pour certains, ce sont d’abord la volonté, la confiance en soi et la persévérance, pour d’autres, c’est plutôt la compétence associée au goût du risque.

L’ouverture aux autres, la générosité et la reconnaissance ne sont pas souvent citées comme facteurs de succès. Encore moins la spiritualité et l’espérance, en ce qu’elles peuvent nous guider dans nos actions, nous rassurer et nous dynamiser.

La paracha Ki Tavo nous pousse à nous concentrer sur ce sujet.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Ki Tavo du sefer Devarim (le Deutéronome) 26:1 à 29:8

Devarim 26:1. « Quand tu seras enfin arrivé dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne en héritage… »

L’objectif sera très bientôt atteint. Sans aucun doute, la terre promise, si longtemps espérée, sera conquise. C’est ce que Moïse annonce aux enfants d’Israël. Après des générations de patriarcat et de matriarcat difficiles et conflictuels, après des années d’esclavage, après 40 ans de pérégrinations dans le désert, les enfants d’Israël vont enfin pouvoir s’installer en terre de Canaan.

Moïse présente ce succès d’une façon tout à fait singulière. Il le présente sous la forme d’une injonction non applicable dans l’immédiat. On remarque qu’il s’exprime comme s’il était sûr de l’avenir; ce qui est bien davantage persuasif que de dire : vous allez réussir ! Moïse cherche-t-il à préparer son peuple au succès ? Cette façon de procéder nous conduit à nous interroger sur l’état d’esprit des enfants d’Israël à ce moment là, et aussi à nous interroger sur nous-mêmes en pareilles circonstances.

Quand nous sentons le succès tout proche, quand l’espoir de la réussite est presque comblé, nous nous trouvons dans un état d’esprit hors du commun. Nous sommes anxieux et nous nous posons des questions un peu saugrenues. Ne rêvons-nous pas ? Qui pourrait nous convaincre ? Serons-nous à la hauteur de ce succès tant attendu ? Sommes-nous prêts à affronter ce succès, à l’investir émotionnellement, à en assumer toutes les conséquences ?

Moïse annonce donc l’événement en édictant une injonction, une loi, aux enfants d’Israël :

Devarim 26:1 à 26:2. « Quand tu seras arrivé enfin dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne en héritage, quand tu en auras pris possession et y seras établi, tu prendras des prémices de tous les fruits de la terre, récoltés par toi dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, t’aura donné, tu les mettras dans une corbeille, et tu te rendras à l’endroit que l’Éternel, ton Dieu, aura choisi pour y faire régner son nom. »

Le succès arrivé, les enfants d’Israël devront, avant toute autre démarche, exprimer leur générosité et leur reconnaissance envers Dieu en apportant les prémices de leur récolte au Temple. Ces prémices seront données en partage à ceux qui resteront dépourvus, les Lévites, l’étranger, l’orphelin, la veuve et les plus démunis.

L’injonction de l’Éternel à la générosité et à la reconnaissance, par l’intermédiaire de Moïse, est une démarche remarquable. En contraignant à l’avance les enfants d’Israël au partage, l’Éternel les prépare a la réussite et comble leur espoir de façon indirecte. Il les stimule ainsi dans leurs actes. La générosité et la reconnaissance deviennent des facteurs de succès. Les enfants d’Israël sont dès à présent  responsables de ce qu’ils vont obtenir et comprennent qu’ils devront en assumer les conséquences. En retour, ils savent qu’ils pourront jouir pleinement de leur succès.

L’injonction de reconnaissance, implique le souvenir du passé aux enfants d’Israël. Elle les soumet à l’humilité.

Devarim 26:5 à 26:6. « Et tu diras à haute voix devant l’Éternel, ton Dieu: mon père était un araméen errant. Et il descendit en Egypte, y vécut en étranger, d’abord en très petit nombre, puis il devint là une nation considérable, puissante et nombreuse. Alors les Égyptiens nous maltraitèrent, nous opprimèrent et nous imposèrent un dur esclavage. »

Ces versets de la paracha sont repris par la haggada de PessaH.

Notre paracha délivre un protocole à suivre et des recommandations :

Dès que nous atteignons la réussite, nous devons nous présenter devant le Cohen (le Cohen de notre temps, bien-sûr) remercier l’Éternel en le remerciant, lui manifester notre générosité et l’assurer que nous partagerons le fruit de notre succès avec les plus démunis.

Alors seulement, nous pourrons dire, comme l’ont fait les enfants d’Israël après s’être acquittés de leurs devoirs :

Devarim 26:14 à 26:15. « …docile à la voix de l’Éternel, mon Dieu, je me suis entièrement conformé à tes prescriptions… Regarde du haut des cieux, ta sainte demeure, et bénis ton peuple Israël et la terre que tu nous as donnée, comme tu l’as juré à nos pères… »

Recommandation à retenir : avant de demander, nous devons d’abord donner.

La spiritualité nous a guidés sur le chemin de la réussite. La générosité et la reconnaissance, véritables facteurs de succès, nous ont permis de prendre conscience du chemin parcouru et de toute la valeur de notre réussite.

Par ailleurs, quand nous aurons à encourager nos proches, ou à nous encourager nous-mêmes, il sera nécessaire de conforter leur espoir de réussite, ou le nôtre. L’espoir, lui aussi, est un facteur de succès majeur !

Paracha Ki Tétsé : éduquer ou punir ?

Mettre au monde des enfants impose une grande responsabilité. En avons-nous vraiment conscience ? Tous les parents, dignes d’être parents, souhaitent éduquer leurs enfants le mieux possible.

Pour quelle bonne raison voulons-nous bien éduquer nos enfants ? Pour être fiers d’eux ? Pour nous éviter des tracas aujourd’hui et plus tard ? Pour satisfaire notre besoin d’autorité ? Ou tout simplement, par amour pour eux ?

Faut-il punir parfois ses enfants ? Qui peut se vanter de ne jamais l’avoir fait ? La punition, pour certains, fait partie de l’éducation; mais a-t-il été démontré que punir soit efficace ? Et qu’entend-on par punition ?

En quelques versets, qui semblent radicaux, la paracha Ki Tétsé de la Torah traite le sujet de l’éducation des enfants à problèmes.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Ki Tétsé du sefer Devarim (Deutéronome) 21:10 à 25:19, et le sort réservé aux enfants rebelles

Devarim 21:18 à 21:21. « Si un homme a un fils obstiné et rebelle, sourd à la voix de son père comme à celle de sa mère, et qui, malgré leurs corrections, persiste à leur désobéir, son père et sa mère se saisiront de lui, le traduiront devant les anciens de sa ville, au tribunal de son lieu. Et ils diront aux anciens de la ville: notre fils que voici est obstiné et rebelle, n’obéit pas à notre voix, c’est un glouton et un ivrogne. Alors, tous les hommes de la ville le feront mourir à coups de pierres. Ainsi, tu auras éliminé de chez toi ce qui est mauvais, et tout Israël l’apprendra et sera alors saisi de peur. »

Commenter ces versets de la Torah est indispensable. Quand on sait, notamment, que le terme « torah » dérive du terme « oraha » qui signifie « éducation ».

Le message délivré par la Torah n’est pas simple à comprendre. D’autant plus que la Torah a conté précédemment les grandes colères et les punitions sévères que Moïse a infligées à son peuple, en certaines situations; Moïse se trouvant alors dans le rôle de père spirituel des enfants d’Israël.

La paracha Ki Tétsé aborde l’éducation des enfants dans un contexte d’événements violents sur tous les plans : guerre, appropriation de prisonnières, jalousies tragiques…Parfois, dans la Torah, il semble qu’éduquer c’est d’abord punir ! Que faut-il en penser ?

Souvenons-nous que nous ne devons pas interpréter les versets de la Torah indépendamment de l’enseignement oral des Sages, et du Talmud en particulier.

L’interprétation des versets cités par le traité Sanhédrin du Talmud

Quand nous avons affaire à un enfant « rebelle », le traité Sanhédrin nous suggère, dans un premier temps, d’avertir l’enfant en présence de 3 témoins, en l’informant précisément des risques qu’il encoure, puis de le maintenir en observation pendant 3 jours.

Ensuite, si rien ne s’arrange, pour que la sanction demandée par la Torah puisse être appliquée, l’enfant doit être reconnu réellement débauché, glouton et ivrogne au sens propre. Etant donnée la gravité de ses vices et de son insoumission, il faut que nous soyons certains que tout ira en empirant dans le futur. En bref, que nous soyons certains que cet enfant est irrécupérable. Si c’est vraiment le cas, la sanction sera appliquée pour son salut : l’enfant mourra innocent avant de devoir mourir coupable.

Mais comment prédire l’avenir d’un enfant ? Ce serait nier sa liberté. Ici, nous nous rapprochons de la notion de « dangerosité » d’une personne : l’estimation de ses crimes futurs. Michel Foucault a dénoncé les risques de cette façon de penser, qui éveille également notre méfiance. Heureusement, le Talmud ne s’arrête pas là.

Le Talmud va plus loin. L’enfant est puni pour son odieux comportement, sous réserve qu’il ait reçu une éducation totalement cohérente de la part de ses 2 parents : dans leur éducation, les 2 parents sont apparus à l’enfant totalement égaux. Les 2 parents ont éduqué l’enfant avec « la même voix », « la même apparence » et en étant de « la même taille ».

Nous sentons une touche d’humour dans ces paroles du Talmud. Comment ces conditions d’idéale égalité pourraient-elles être satisfaites ?

Le Talmud pose une double condition supplémentaire. D’une part, l’accusé doit être un véritable « enfant » (ben, בֵּן en hébreu) comme le dit la Torah. Donc une très jeune personne. D’autre part, pour être considéré comme responsable de ses actes, l’accusé doit être « adulte ». Il doit donc être suffisamment âgé. Il est possible de punir l’enfant seulement s’il est à la fois jeune et vieux. C’est bien sûr impossible. Avec humour, ici aussi, le Talmud prend note de cela. Il indique qu’il existe peut-être une période de 3 jours entre enfance et maturité, qui seule permettrait l’application de cette loi. Avant il est trop tôt, après il est trop tard !

Toutes ces conditions rendent très difficile, voire impossible, l’application du commandement de la Torah. Le Talmud conclut en affirmant que « l’enfant rebelle » n’a jamais existé, et qu’il n’existera jamais. Nous voilà rassurés quant à la condamnation d’un enfant à la lapidation !

La leçon à tirer, de cette paracha, pour l’éducation de nos enfants et pour nous-mêmes

Commençons par nous pencher sur la remarque du Talmud : il n’y a jamais eu d’enfant rebelle, et il n’y en aura jamais.

Alors, pourquoi soulever ce problème ?

Une réponse se trouve dans une autre phrase du Talmud concernant le texte de la Torah que nous venons d’évoquer : « commente le et reçois-en un salaire ».

Quel salaire pouvons-nous tirer de l’étude de ce passage de la Torah ? Tentons de le faire : la meilleure éducation que nous pouvons fournir à nos enfants ne sera jamais sans faille. Nous devons faire au mieux et demander à nos enfants de faire, eux aussi, au mieux de leurs possibilités. Avoir un enfant rebelle, récalcitrant, au sens actuel de notre langage de parent, n’est pas forcément une catastrophe (parfois, nous avons vraiment envie de le…..lapider, mais c’est interdit). Toutefois, nous devons faire le maximum pour éviter cela car un enfant peut réellement finir par « mal tourner ». Ce risque ne doit pas être ignoré.

Le plus important est, sans doute, de réussir à maîtriser les pulsions préjudiciables de l’enfant par l’éducation que nous lui apportons. Pensons aussi que nous devons, nous-même, apprendre à dominer nos excès, notre violence, nos propres pulsions et à acquérir un minimum de sagesse. La qualité de l’éducation que nous souhaitons donner à nos enfants en dépend. La Torah et le Talmud sont là pour nous y aider.

La tentation de punition est légitime mais, en fin de compte, c’est en sollicitant l’intelligence de l’enfant que nous l’aiderons à prendre conscience de ses actes et de ses responsabilités.

Vrais et faux prophètes, l’éclairage de Rachi

La prophétie, c’est quelque chose d’impressionnant ! ‘Dieu lui-même s’adresse aux êtres humains… En donnant les 10 commandements, ‘Dieu a mis en place un système dans lequel le peuple entier est prophète, tous ayant entendu la parole divine. Mais comment protéger les individus contre leur naïveté et leur volonté d’absolu ? Comment se protéger contre les faux prophètes ? Quel processus est mis en place dans notre paracha, et détaillé par Rachi ? Quel est le sens de ces recommandations pour nous aujourd’hui sur le plan politique et sur le plan personnel ?

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(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

 

Pour étudier avec nous, rejoignez-nous à Surmelin : MJLF-est ce chabbat de 9h30 (précises, accueil à 9h15) à 10h20.

 

18 :13 s.

Intègre tu seras avec Hachem, ton Eloqim Marche avec Lui avec intégrité, aie confiance en Lui, et ne scrute pas l’avenir. Mais accepte avec intégrité tout ce qui t’advient, et alors tu seras avec Lui et tu seras Sa part.

Ce n’est pas ainsi que t’a donné Le Saint béni soit-Il d’écouter les magiciens et les faiseurs de sortilèges, car Il a fait reposer la chekhina sur les prophètes et sur les ourim et toumim.

Du milieu de toi, d’entre tes frères, comme moi Tout comme je suis « du milieu de toi, d’entre tes frères », Il te l’élèvera à ma place, et ainsi de suite de prophète en prophète.

18 :20.s

Que je ne lui ai pas ordonné de déclarer Mais que j’ai ordonné à un autre que lui (Sanhèdrin 89a).

Et qui parlera au nom d’autres dieux Même s’il se conforme à la halakha, en interdisant ce qui est interdit et en permettant ce qui est permis.

Mourra Par strangulation. Trois cas de peines capitales sont de la compétence des tribunaux humains : pour avoir prophétisé ce qu’on n’a pas entendu, ou ce qui n’a pas été dit à soi-même mais à un autre que soi, et pour avoir prophétisé au nom d’autres dieux. Celui qui, en revanche, se retient de livrer sa propre prophétie, ou qui transgresse ce qu’a dit un prophète, ou qui transgresse ce qu’il a dit lui-même, sa mort est décrétée par le Ciel, comme il est écrit : « Moi, je redemanderai de lui » (verset 19).

 

Et lorsque tu diras dans ton cœur Vous vous le demanderez un jour lorsque ‘Hanania ben ‘Azzour viendra prophétiser : « Voici, les ustensiles de la maison de Hachem reviendront bientôt de Bavel » (Yirmeya 27, 16), et que se dressera Yirmeya pour proclamer que « les colonnes et la mer de cuivre ainsi que les autres ustensiles que Nevoukhadnétsar n’avait pas emportés à Bavel lors de l’exil de Yekhonya seront emportés avec l’exil de Tsidqiyahou » (ibid. 19 et suivants).

Ce que déclarera le prophète Lorsqu’il dira : « Voici ce qui vous adviendra ! », et que vous verrez que cela ne se réalisera pas, « cette parole-là est ce que Hachem n’a pas déclaré », et tu le mettras à mort. [Le présent verset] s’applique à celui qui prédit un événement à venir. Mais si quelqu’un vient dire : « Faites ceci ou cela, et c’est sur l’ordre du Saint béni soit-Il que je le dis ! », un autre texte (supra 13, 4) est déjà venu édicter le précepte que si quelqu’un vient te fourvoyer hors de l’une des mitswoth, tu ne l’écouteras pas, à moins qu’il ne soit reconnu comme un juste parfait (Sanhèdrin 89b). Cela a été le cas, par exemple, pour Eliyahou au mont Carmel lorsqu’il a offert des sacrifices sur une bama (« autel individuel ») (I Melakhim 18) à une époque où cela était interdit, cela afin de détourner Israël [de l’idolâtrie] (Yevamoth 90b). Tout dépend des circonstances du moment et de [la nécessité d’élever] une haie protectrice contre une brèche. Voilà pourquoi il est écrit : « “Lui” vous l’écouterez » (verset 15).

Tu n’auras pas peur de lui Tu ne te retiendras pas de porter contre lui une accusation, et tu ne craindras pas d’être puni à cause de lui.

 

תָּמִים תִּהְיֶה עִם ה’ אֱלֹהֶיךָ. הִתְהַלֵּךְ עִמּוֹ בִּתְמִימוּת וּתְצַפֶּה לוֹ וְלֹא תַּחֲקֹר אַחַר הָעֲתִידוֹת, אֶלָּא כָּל מַה שֶּׁיָּבֹא עָלֶיךָ קַבֵּל בִּתְמִימוּת וְאָז תִּהְיֶה עִמּוֹ וּלְחֶלְקוֹ:

לֹא כֵן נָתַן לְךָ ה’ אֱלֹהֶיךָ. לִשְׁמֹעַ אֶל מְעוֹנְנִים וְאֶל קוֹסְמִים שֶׁהֲרֵי הִשְׁרָה שְׁכִינָה עַל הַנְּבִיאִים וְאוּרִים וְתֻמִּים:

מִקִּרְבְּךָ מֵאַחֶיךָ כָּמֹנִי. כְּמוֹ שֶׁאֲנִי מִקִּרְבְּךָ מֵאַחֶיךָ יָקִים לְךָ תַּחְתַּי וְכֵן מִנָּבִיא לְנָבִיא:

 

אֲשֶׁר לֹא צִוִּיתִיו לְדַבֵּר. אֲבָל צִוִּיתִיו לַחֲבֵרוֹ:

וַאֲשֶׁר יְדַבֵּר בְּשֵׁם אֱלֹהִים אֲחֵרִים. אֲפִלּוּ כִּוֵּן אֶת הַהֲלָכָה לֶאֱסֹר אֶת הָאָסוּר וּלְהַתִּיר אֶת הַמֻּתָּר:

וּמֵת. בְּחֶנֶק שְׁלֹשָׁה מִיתָתָן בִּידֵי אָדָם: הַמִּתְנַבֵּא מַה שֶּׁלֹּא שָׁמַע וּמַה שֶּׁלֹּא נֶאֱמַר לוֹ וְנֶאֱמָר לַחֲבֵרוֹ וְהַמִּתְנַבֵּא בְּשֵׁם עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים, אֲבָל הַכּוֹבֵשׁ אֶת נְבוּאָתוֹ וְהָעוֹבֵר עַל דִּבְרֵי נָבִיא וְהָעוֹבֵר עַל דִּבְרֵי עַצְמוֹ מִיתָתָן בִּידֵי שָׁמַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר:

וְכִי תֹאמַר בִּלְבָבֶךָ. עֲתִידִין אַתֶּם לוֹמַר: כְּשֶׁיָּבֹא חֲנַנְיָה בֶּן עַזּוּר וּמִתְנַבֵּא: הִנֵּה כְּלֵי בֵּית ה’ מוּשָׁבִים מִבָּבֶלָה עַתָּה מְהֵרָה וְיִרְמְיָהוּ עוֹמֵד וְצוֹוֵחַ אֶל הָעַמּוּדִים וְעַל הַיָּם וְעַל יֶתֶר הַכֵּלִים שֶׁלֹּא גָּלוּ עִם יְכָנְיָה בָּבֶלָה יוּבְאוּ עִם גָּלוּת צִדְקִיָּהוּ:

אֲשֶׁר יְדַבֵּר הַנָּבִיא. וְיֹאמַר דָּבָר זֶה עָתִיד לָבֹא עֲלֵיכֶם וְתִרְאוּ שֶׁלֹּא יָבֹא. הוּא הַדָּבָר אֲשֶׁר לֹא דִּבְּרוֹ ה’ וַהֲרֹג אוֹתוֹ וְאִם תֹּאמַר זוֹ בְּמִתְנַבֵּא עַל הָעֲתִידוֹת הֲרֵי שֶׁבָּא וְאָמַר עֲשׂוּ כָּךְ וְכָךְ וּמִפִּי הַקָּבָּ »ה אֲנִי אוֹמֵר כְּבָר נִצְטַוּוּ שֶׁאִם בָּא לְהַדִּיחֲךָ מֵאַחַת מִכָּל הַמִּצְוֹת לֹא תִּשְׁמַע לוֹ, אֶלָּא אִם כֵן מֻמְחֶה הוּא לְךָ שֶׁהוּא צַדִּיק גָּמוּר, כְּגוֹן אֵלִיָּהוּ בְּהַר הַכַּרְמֶל שֶׁהִקְרִיב בַּבָּמָה בִּשְׁעַת אִסּוּר הַבָּמוֹת כְּדֵי לִגְדֹּר אֶת יִשְׂרָאֵל, הַכֹּל לְפִי צֹרֶךְ שָׁעָה וּסְיַג הַפִּרְצָה לְכָךְ נֶאֱמָר אֵלָיו תִּשְׁמָעוּן:

לֹא תָגוּר מִמֶּנּוּ. לֹא תִּמְנַע עַצְמְךָ מִלְּלַמֵּד עָלָיו חוֹבָה וְלֹא תִּירָא לֵעָנֵשׁ עָלָיו:

 

Jonas, le gentil prophète désobéissant

Le livre de Jonas: approche pédagogique de l’obéissance relative – Bible et Pédagogie 1, c’est déjà dimanche prochain, à Nation/Ganénou. Pour les parents et tous ceux qui aiment la pédagogie.

On pourrait s’imaginer qu’il faut être parfait, qu’il faut être obéissant, qu’il faut vouloir le bien des autres toujours et qu’il faut faire son devoir. Si tel est le cas, que fait le prophète Jonas dans la Bible ? Et pourquoi lit-on son histoire à Kipour ? Est-ce que nous nous identifions au Ninvéens qui réussissent finalement à faire téchouva, à comprendre leur erreur et à changer ? Ou bien nous identifions-nous à Jonas, qui refuse sa mission, et progresse cahin-caha en réussissant malgré lui ?

L’histoire de Jonas est l’occasion de dévoiler nos sentiments face au « devoir d’obéissance » que nous nous imposons à nous-mêmes et à nos enfants, et à évaluer notre « pouvoir de bienveillance » pour accueillir avec douceur les manquements des uns et des autres, ce qui reste la meilleure façon d’accompagner un changement vers le mieux.

Quelles sont les tâches que nous fuyons ? Qui nous les a commandées ? Où fuyons-nous pour y échapper ? Qui nous rappelle à notre devoir ? La suite tourne-t-elle comme nous l’avions prévu ? Mieux ou moins bien ? Sommes-nous finalement satisfaits du résultat final ? Si nous faisions un parallèle entre Jonas et nous, à quoi chacunes de ces péripéties correspondrait-elle dans notre histoire personnelle ?

(Attention, le texte suivant est repris de la traduction en français par le rabbinat. Le texte biblique ne doit pas être statique et les traductions ont tendance à appauvrir. Nous vous invitons à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître.  Merci.)

Pour étudier avec nous à Ganénou-Nation ce dimanche de 10h (accueil à 9h30) à 11h15, contactez Raffaela ou répondez à cet article en commentaire.

1 La parole de l’Eternel fut adressée à Jonas, fils d’Amittaï, en ces termes: 2 « Lève-toi! Va à Ninive, la grande ville, et prophétise contre elle; car leur iniquité est arrivée jusqu’à moi. » 3 Mais Jonas se leva pour fuir à Tarsis, hors de la présence de l’Eternel; il se rendit à Jaffa, où il trouva un vaisseau en partance pour Tarsis. II paya le passage et s’y embarqua pour aller avec eux à Tarsis, loin de la présence de l’Eternel. 4 Or, l’Eternel suscita un vent violent sur la mer et une grande tempête s’y éleva; le vaisseau pensa se briser. 5 Les matelots prirent peur, et chacun d’invoquer son Dieu. Ils jetèrent à la mer les objets qui se trouvaient sur le vaisseau afin de l’alléger. Pour Jonas, il était descendu au fond du navire, s’y était couché et profondément endormi. 6 Le commandant de l’équipage s’approcha de lui et lui dit: « Que fais-tu là, dormeur? Debout! Invoque ton Dieu, peut-être ce Dieu-là s’ingéniera-t-il en notre faveur, de sorte que nous ne périrons pas. » 7 Cependant les matelots se disaient l’un à l’autre: « Voyons, tirons au sort, afin de connaître celui qui nous attire ce malheur. » Ils tirèrent au sort, et le sort désigna Jonas. 8 Ils lui dirent: Apprends-nous donc puisque c’est toi qui nous attires ce malheur quelle est ta profession et d’où tu viens; quel est ton pays et à quel peuple tu appartiens. » 9 Il leur répondit: « Je suis Hébreu; j’adore l’Eternel, Dieu du ciel, qui a créé la mer et la terre ferme. » 10 Ces hommes, saisis d’une grande terreur, lui dirent: « Qu’as-tu fait là! » Car ils surent alors qu’il s’enfuyait de devant l’Eternel, Jonas le leur ayant appris. 11 Ils ajoutèrent: « Que devons-nous faire de toi pour que la mer se calme autour de nous? Car la mer devient de plus en plus furieuse. » 12 Il leur répondit: « Prenez-moi et jetez-moi à la mer, vous la verrez s’apaiser, car je reconnais que c’est par mon fait que vous essuyez cette violente tempête. » 13 Ces hommes firent force de rames pour regagner la côte, mais ils ne purent, tant la mer orageuse continuait à les assaillir! 14 Ils invoquèrent donc l’Eternel en disant: « De grâce, ô Eternel, ne nous fais point périr à cause de cet homme, et ne fais pas retomber sur nous le sang innocent! Car c’est toi-même qui as fait ce que tu as voulu. » 15 Puis ils saisirent Jonas et le jetèrent à la mer. Aussitôt la fureur de la mer se calma. 16 Et ces hommes conçurent une vénération profonde pour l’Eternel; ils lui offrirent des sacrifices et firent des vœux en son honneur.

1 L’Eternel suscita un énorme poisson, qui engloutit Jonas; celui-ci resta dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits. 2 Dans les entrailles mêmes de ce poisson, Jonas adressa une prière à l’Eternel, son Dieu, 3 et il dit: « Dans ma détresse j’ai invoqué l’Eternel, il m’a répondu : du sein du Cheol je t’ai imploré, tu as entendu ma voix. 4 Le flot me ballottait au cœur des mers, et les courants m’enveloppaient; toutes tes vagues et toutes tes lames passaient sur moi. 5 Déjà je me disais: « Je suis repoussé loin de tes regards! » Mais non, je veux contempler encore ton temple saint. 6 Les eaux m’investissaient, menaçant ma vie, j’étais cerné par l’Abîme, les algues étreignaient ma tête. 7 Précipité jusqu’à la racine des montagnes, la terre me fermait ses barrières pour toujours… Tu as sauvé ma vie de la perdition, Eternel, mon Dieu. 8 Quand mon âme, dans mon sein, allait défaillir, je me suis ressouvenu de l’Eternel, et ma prière a monté vers toi, vers ton sanctuaire auguste. 9 Ceux qui révèrent des idoles menteuses, ceux-là font bon marché de leur salut. 10 Pour moi, c’est en te rendant hautement grâce, que je t’offrirai des sacrifices; j’accomplirai les vœux que j’ai prononcés: le secours vient du Seigneur! » 11 L’Eternel ordonna au poisson de rejeter Jonas sur la côte.

1 La parole de l’Eternel fut adressée une seconde fois à Jonas, en ces termes: 2 « Lève-toi, va à Ninive la grande ville, et fais-y la publication que je te dicterai. » 3 Jonas se leva et se rendit à Ninive, selon l’ordre du Seigneur. Or, Ninive était une ville puissamment grande: [il fallait] trois jours pour la parcourir. 4 Jonas commença à parcourir la ville l’espace d’une journée, et publia cette annonce: « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite! » 5 Les habitants de Ninive crurent en Dieu; ils proclamèrent un jeûne, et tous, grands et petits, se vêtirent de cilices. 6 Le bruit étant parvenu jusqu’au roi de Ninive, il se leva de son trône, jeta bas son manteau, se couvrit d’un cilice et s’assit sur la cendre. 7 Et il fit publier dans Ninive comme décret du roi et de ses dignitaires ce qui suit: « Que ni homme ni bête, ni gros ni menu bétail ne goûtent quoi que ce soit; qu’on ne les laisse pâturer ni boire de l’eau. 8 Que les hommes et le bétail soient enveloppés de cilices; que chacun invoque Dieu avec force, qu’il renonce à sa mauvaise conduite et à la rapine qui est dans ses mains! 9 Qui sait? Peut-être Dieu, se ravisant, révoquera-t-il son arrêt et se départira-t-il de son courroux, pour que nous ne périssions pas. » 10 Dieu, en effet, considérant leur conduite, voyant qu’ils avaient abandonné leur mauvaise voie, revint sur la calamité qu’il leur avait annoncée et n’accomplit pas sa menace.

1 Jonas en conçut un grand déplaisir et se mit en colère. 2 Et il adressa à l’Eternel cette prière: « Hélas! Seigneur, n’est-ce pas là ce que je disais étant encore dans mon pays? Aussi m’étais-je empressé de fuir à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu clément et miséricordieux, plein de longanimité et de bienveillance, prompt à revenir sur les menaces. 3 Et maintenant, ô Eternel, de grâce, ôte-moi la vie; car la mort pour moi est préférable à la vie. » 4 L’Eternel répondit: « Est-ce à bon droit que tu t’affliges? » 5 Jonas, étant sorti de Ninive, s’était établi à l’orient de la ville; là il s’était dressé une cabane sous laquelle il s’était assis à l’ombre, dans l’attente de ce qui se passerait dans la ville. 6 Or, le Seigneur Dieu fit pousser un ricin qui s’éleva au-dessus de Jonas pour ombrager sa tête et le consoler de sa douleur. Jonas ressentit une grande joie au sujet du ricin. 7 Mais dès l’aube du lendemain, ce même Dieu suscita un ver qui rongea le ricin, de sorte qu’il se dessécha. 8 Puis, quand le soleil fut levé, Dieu fit souffler un vent d’Est étouffant, et le soleil darda ses feux sur la tête de Jonas, qui en fut accablé. Alors il se souhaita la mort à lui-même, et il dit: « La mort vaudrait mieux pour moi que la vie. » 9 Et Dieu dit à Jonas: « Est-ce à bon droit que tu te chagrines à cause de ce ricin? » Il répondit: « Je m’en chagrine à bon droit, au point de désirer la mort. » 10 L’Eternel répliqua: « Quoi! tu as souci de ce ricin qui ne t’a coûté aucune peine, que tu n’as point fait pousser, qu’une nuit a vu naître, qu’une nuit a vu périr: 11 et moi je n’épargnerais pas Ninive, cette grande ville, qui renferme plus de douze myriades d’êtres humains, incapables de distinguer leur main droite de leur main gauche, et un bétail considérable! »

(texte tiré de http://sefarim.fr/)

Texte à télécharger en cliquant sur le lien suivant: pedagogie 5777 -1 jonas

Paracha Choftim : où trouver la justice ?

Quelle vision objective avons-nous de la justice, en particulier de celle qui a prise sur notre quotidien, la justice sociale ? Difficile de répondre simplement. Cependant, nous sommes très sensibles à ce que nous appelons l’injustice.

Alors que nous entrons aujourd’hui dans le mois de Eloul, nous nous préparons pour Roch Hachana, qui sera le 1e tichri, dans exactement 1 mois. Roch hachana est justement appelé Yom hadin, jour du jugement et pose également la question de la justice.

Pourquoi ressentons-nous un tel besoin de justice ? Comment définir une justice absolue ? Que penser de la justice rendue ? Où trouver une justice qui nous sécurise par la confiance que nous avons en elle ?

La paracha Choftim nous montre Moïse appréhendant le principe de justice, avant l’entrée des enfants d’Israël en terre de Canaan.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La justice dans la Torah avec la paracha Choftim du sefer Devarim ( Deutéronome 16:18 à 21:9)

« Choftim » signifie « les juges ». « Choftim » a la même racine que « michpat » qui veut dire à la fois « un jugement » et « une phrase ».

La paracha commence par les versets suivants :

Devarim 16:18 à 16:20. « Tu institueras des juges et des magistrats dans toutes les villes que l’Éternel, ton Dieu, te donnera, selon chacune de tes tribus; et ils devront juger le peuple selon la justice. Ne fais pas fléchir le droit, n’aie pas égard à la personne, et n’accepte jamais de présent corrupteur, car la corruption aveugle les yeux des sages et fausse la parole des justes. C’est la justice, la justice seule que tu dois rechercher… »

Inspiré par Dieu, Moïse s’adresse au peuple d’Israël. Il lui demande d’instaurer, sitôt arrivé en terre de Canaan, un système judiciaire fiable. Il présente cela comme une nécessité fondamentale. La justice devra être impartiale et inflexible. Le risque de la corruption, qui est toujours présent, est abordé pour y trouver remède.

Pourquoi ce désir d’organisation d’une justice future, alors que le plus important, la conquête de la terre de Canaan, n’a pas encore été réalisé ? Ceci peut nous surprendre. Pour répondre, pensons à l’alliance du peuple d’Israël avec Dieu. Nous sommes, dans notre paracha, dans la continuité des commandements de l’Éternel.

Autre question à se poser : que représente ce besoin de justice sur le plan moral et philosophique ? N’est-il pas ce besoin humain d’harmonie dans un peuple, tel que le souhaitait Jean-Jacques Rousseau avec le « Contrat Social »? Allons plus loin : la paracha parle de juges et de magistrats. Elle nous fait déjà passer de la justice divine à la justice rendue.

Rendre la justice est à la charge des juges, des prêtres et des Lévites qui doivent travailler de façon collaborative :

Devarim 17:8 à 17:10. « Si tu es impuissant à te prononcer sur un cas judiciaire…tu iras trouver les prêtres, les Lévites et le juge siégeant à cette époque. Tu les consulteras, et ils t’éclaireront sur le jugement à prononcer. Et tu agiras selon leur déclaration… »

La Torah crée un rempart contre l’injustice en prévoyant des villes refuge:

Devarim 19:2 à 19:5. « Tu réserveras trois villes…et cela pour que tout meurtrier s’y puisse réfugier. Or, voici dans quel cas le meurtrier en s’y réfugiant aura la vie sauve: s’il a frappé son prochain sans intention, n’ayant pas été son ennemi antérieurement… il pourra alors fuir dans une de ces villes et sauver sa vie. »

Les meurtriers involontaires et non coupables, aux yeux de l’Éternel, pourront trouver refuge sur certains territoires pour échapper à une vengeance injuste.

Justice absolue et justice rendue dans la bible hébraïque 

La justice absolue est la justice divine telle qu’elle nous est énoncée dans la Torah par les paroles de Dieu. Comme nous l’avons déjà indiqué, la justice est rendue en association par les juges, les prêtres et les Lévites.

La Torah fait la distinction entre justice absolue (divine) et justice rendue. Elle a institué la fonction de juge siégeant en son temps, plongé dans le cadre et les aléas du quotidien, tout en restant rattaché aux valeurs fondamentales de justice.

La tradition juive propose deux conceptions de la justice:  La justice absolue, le « din », et la justice bienveillante appelée « raHamim », devant conduire l’être humain à la paix. Les Pirkei Avot rejoignent cette distinction dans leur chap.1, en disant par la bouche de Rabbi Chimon Ben Gamliel : le monde repose sur 3 vertus, la vérité, la justice et la paix.

Une phrase des Psaumes (18:38), en ce sens, est à relever :  » Recherche la paix et poursuis-la ».

La Torah précise que les juges consultés sont « de leur époque ». Ils sont les intermédiaires entre le divin (justice absolue), et l’être humain dans la réalité de son temps (justice rendue).

Notre confiance en la justice d’hier et d’aujourd’hui

Sur ce thème, l’expression de la tradition juive se résume en 2 citations : d’après le Talmud Roch Hachana, il faut se confier à des juges d’aujourd’hui, même si leurs décisions diffèrent parfois de celles du passé. Il faut se refuser de penser que les juges d’antan étaient meilleurs que ceux du temps présent. Et selon Rachi : « il n’y a que le juge qui est dans son temps. »

Le juge du temps n’est pas toujours fiable, mais il est de toute façon le seul à pouvoir traiter des cas de façon efficace. Il nous appartient donc de mettre tout en œuvre pour avoir de bons juges et un bon système judiciaire.

Où trouver une vraie justice, une justice en laquelle nous ayons totalement confiance ? La question se pose dans tous les pays du monde et à toutes les époques. Dans l’exercice de la démocratie, par notre vote et par l’expression de nos opinions, nous devons soutenir le renforcement permanent de la compétence et de l’indépendance des juges.

De même, la construction du judaïsme d’aujourd’hui et de demain exige que nous nous adressions aux rabbins de notre temps, en faisant de notre mieux pour renforcer leur compétence et leur indépendance.

En vous souhaitant de belles réflexions ainsi que « Hodech tov », un bon mois de Eloul.