Paracha KoraH : à qui faut-il obéir ?

A qui faut-il obéir ? Après tout, pourquoi faudrait-il toujours obéir à quelque chose ou à quelqu’un ? On aimerait bien pouvoir dire non, cependant l’être humain est grégaire. Il appartient de façon naturelle à un groupe, à une société structurée et pourvue de lois. Sur un autre plan, il obéit aussi à Dieu s’il est croyant. L’obéissance est-elle vraiment une valeur dans la tradition juive? Les enfants d’Israël sont-ils porteurs de particularités sur ce thème ?

Pour approfondir ce thème une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine!

Paracha KoraH du sefer Bamidbar (16:1 à 18:32) :

Les enfants d’Israël sont encore dans le désert et se préparent à entrer en terre de Canaan. L’autorité de Moïse (comme celle d’Aaron) est soudain contestée par KoraH qui se prétend le vrai chef.

Bamidbar 16:1 à 16:3. « Et KoraH…fils de Lévi se leva alors, ainsi que Dathan et Abiram…eux et deux cent cinquante hommes…ils se rassemblèrent contre Moïse et Aaron et leur dirent : C’en est assez de vous, parce que dans toute l’assemblée tout le monde est saint (kadoch) et Dieu est parmi eux. Pourquoi donc vous élevez vous au dessus de l’assemblée de Dieu ? »

KoraH prend comme argument le fait que les membres du peuple sont à priori tous au même niveau (ils sont tous à l’image de Dieu). Moïse et Aaron n’ont donc pas à occuper une place particulière au dessus d’eux.

Bamidbar 16:4 à 16:5. « Quand Moïse l’entendit, il tomba sur sa face. Puis il parla à KoraH et à toute son assemblée : « Au matin l’Eternel fera connaître qui lui appartient, et qui est saint, et qui doit s’approcher de lui… »

Comme l’avait fait Abraham à Sodome et Gomorrhe précédemment, Moïse se tourne vers Dieu et lui demande de trancher la question. Dieu dit alors à Moïse et Aaron :

Bamidbar 16:21. « Séparez vous de cette assemblée, pour que je les extermine en un instant. »

Moïse et Aaron ne veulent pas que toute une assemblée soit victime de la faute d’un seul homme ou d’un petit groupe d’hommes. Ils disent à Dieu :

Bamidbar 16:22. « …Dieu des esprits de toute sorte de chair, est-ce qu’un seul homme pèchera et tu t’indigneras contre toute l’assemblée ? »

L’Éternel prend en compte l’intervention de Moïse et décide d’épargner le peuple, seuls KoraH et son assemblée seront mis hors d’état de nuire:

Bamidbar 16:24. « Parle à l’assemblée en disant : éloignez vous des tabernacles de KoraH, Dathan et Abiram ! »

Bamidbar 16:31 à 16:32. « Et il advint…que le sol qui était sous eux commença à se fendre. Et la terre se mit à ouvrir sa bouche et à les engloutir avec leurs maisonnées, ainsi que tous les humains qui appartenaient à KoraH, et tous les biens. »

Moïse en prenant la défense du peuple, au moment même où il est attaqué par un de ses membres, fait preuve d’une de ses qualités de chef. Dieu aussi fait preuve de ses qualités de leader éternel en écoutant Moïse. Selon le Midrach Tanhouma, Dieu a dit à Moïse : « Tu as dit une bonne chose. Tu as raison. Il faut que je suive ton avis ».

Comment la religion juive traite le sujet de l’obéissance et du leadership ?

Évoquons, bien-sûr, les 10 commandements énoncés par Dieu à Moïse au sommet du mont Sinaï et les 613 commandements inscrits dans la Torah.

Plus tard, le Talmud Erouvin cite 2 types d’écoles de pensée s’opposant, en apparence, au 1° siècle av.JC : celle de Hillel et celle de Shamaï. Hillel était affable, patient, accueillant et humaniste alors que Shamaï était sévère, irascible, strict et rigoriste. L’école de Hillel bénéficiait de la préséance, mais celle de Shamaï n’était pas pour autant rejetée.

Il s’agissait là d’une divergence désintéressée, bienveillante et positive. Les deux écoles de pensées étaient justes, car c’est à la fois dans l’humanité et la rigueur que s’exerce la Loi juive.

De nos jours, la tradition juive prône un leadership par le savoir, l’humilité, l’écoute, la concertation et la réflexion. Elle prône l’obéissance par intime conviction au regard des réalités et à la lumière de la Torah.

En conclusion, donnons un avis : un véritable chef est une personne dotée de compétences reconnues et appréciées par ceux qu’elle dirige, et non pas une personne qui cherche à se faire obéir simplement parce qu’elle porte un nom ou/et un titre.

Un véritable chef sait prendre ses responsabilités pour défendre les autres.

Paracha Chela’h Lekha : de quoi sommes-nous coupables ?

Lorsque nous échouons à mener à bien un projet, nous risquons de tomber dans le piège sournois de la culpabilisation. Nous éprouvons alors un malaise qui bloque notre capacité de réaction. Demandons-nous de quoi nous sommes réellement coupables. De commettre des erreurs ? De ne pas savoir faire les corrections nécessaires ? Ou tout simplement de céder à nos émotions au lieu de les accueillir et de les canaliser ?

Pour approfondir ce thème une petite vidéo et un article qui la résume, sur la paracha de la semaine!

 

Paracha Chela’h Lekha du sefer Bamidbar (13:1 à 15:41) :

Après la traversée du désert, le grand projet des enfants d’Israël est mis à mal : l’entrée sur le territoire de Canaan se révèle périlleuse.

Bamidbar 13:1 à 13:2. « Et l’Eternel parla à Moïse en disant : envoie des hommes afin qu’ils explorent le pays de Canaan que je donne aux enfants d’Israël. »

Moïse envoie des éclaireurs (explorateurs) qui devront donner un avis sur le comportement et l’étendue des populations de Canaan, ainsi que sur les ressources diverses de ce territoire. A leur retour les éclaireurs rapportent leurs observations à Moïse et au peuple :

Bamidbar 13:27 à 13:32. « Nous sommes entrés au pays où tu nous as envoyés et, vraiment, il ruisselle de lait et de miel, et en voici les fruits !…Toutefois, il est indéniable que le peuple qui habite dans le pays est fort et que les villes fortifiées sont très grandes…Nous ne pouvons monter contre le peuple car il est plus fort que nous…Le pays par où nous sommes passés, pour l’explorer, dévore ses habitants… ce sont des hommes d’une taille extraordinaire… »

Le rapport des éclaireurs décourage et bloque totalement le peuple qui refuse d’aller plus loin en s’insurgeant contre Moïse et Aaron.

Bamidbar 14:4. « Ils allèrent jusqu’à se dire l’un à l’autre : donnons nous un chef et retournons en Égypte ! »

Moïse, considère les éclaireurs coupables de décourager le peuple et le peuple coupable de faiblesse. Refusant que tous cèdent à la culpabilité, il s’adresse à Dieu :

Bamidbar 14:17 à 14:19. « Et maintenant, s’il te plaît, que ta force devienne grande, ô Éternel…Éternel lent à la colère et miséricordieux, pardonnant la faute et la transgression, mais en aucune façon n’exemptant de la punition… Pardonne, s’il te plaît, la faute de ce peuple… comme tu as pardonné à ce peuple depuis l’Égypte jusqu’ici. »

L’Éternel répond à Moïse :

Bamidbar 14:20. « Je pardonne selon ta parole. »

Dieu a pardonné, à la demande de Moïse, à l’ensemble du peuple. Ils ont commis une faute, mais c’est justement à cela que sert le pardon. Il  n’y a rien à pardonner aux gens parfaits. C’est lorsqu’il y a une faute ou  une erreur que la pardon est nécessaire. Le midrach raconte que Dieu lui-même a insisté pour que le pardon soit accessible également aux « méchants ». Ce pardon vise à dépasser la faute, à aller au-delà de la punition, à traiter le problème globalement afin d’aller au plus vite vers la solution. Ceci en identifiant les personnes capables de mener à bien le projet comme Caleb de la tribu d’Issachar, et Josué.

Bamidbar 14:25. « Alors que les Amalécites et les Cananéens habitent dans la basse plaine, demain changez de direction et mettez-vous en marche pour le désert par l’itinéraire de la mer Rouge. »

Puisque l’entrée en Canaan n’est pas possible, une alternative est trouvée. Des péripéties seront surmontées et le projet des enfants d’Israël aboutira.

 Que nous apporte la tradition juive dans de telles circonstances ?

Culpabilité et punition doivent être mises au second plan. La priorité est la recherche des clés d’une réussite collective, afin que tout blocage cède et que l’action reprenne. Lorsque le but ne peut être atteint immédiatement, il faut limiter la casse, et faire en sorte que le but puisse être atteint par la suite.

Cette paracha est à mettre en relation avec Yom Kipour qui est la fête du jugement par soi-même et du pardon des erreurs pour parvenir au recommencement. La Amida, élément central des offices, nous invite à ne pas nous appesantir sur notre culpabilité. N’oublions pas la Téchouva, processus de repentance par la reconnaissance des fautes et la prise d’engagements, ainsi que notre devoir d’entre-aide collective.

Pour conclure :    Plutôt que de nous sentir coupables, essayons de devenir capables!

Paracha Beha’aloteHa : d’autres façons de faire bien.

Le don de la Torah se renouvelle chaque année. A partir de chavouot 2016, vous retrouverez sur notre site un petit commentaire actuel, une reinterprétation des vidéos « sur un pied ». N’hésitez pas à vous replonger dans le texte éternel de la Torah et de son commentaire sur le site sefarim, et à revoir les vidéos correspondantes sur notre chaine youtube…

Bonne étude!

Dans notre vie d’enfants d’Israël nous nous heurtons souvent à des obstacles pour bien faire ce que nous voulons, pour réaliser nos projets, pour être ce que nous sommes; mais ces obstacles ne nous arrêtent pas. Nous trouvons toujours des solutions que nous pensons bonnes pour nous en accommoder. Nous trouvons D’autres façons de faire bien.

Deux événements, parmi d’autres, de l’histoire juive illustrent ce sujet :

  • La célébration de Pessah – paracha Beha’aloteHa du sefer Bamidbar (chapitre 9)

Nous sommes à l’époque du tabernacle. Moïse doit répondre à une question délicate posée par des membres du peuple qui, se trouvant en état d’impureté, comprennent qu’ils ne sont pas en état de réaliser l’offrande de l’agneau pascal pour célébrer Pessah.

Ces personnes demandent à Moïse de leur trouver le moyen d’y parvenir quand même. Moïse réfléchit et voit qu’il ne sait pas. Moïse leur répond :  » Tenez vous ici et je vais écouter ce que l’Eternel vous prescrira ». La réponse de l’Éternel à Moïse est : « Dis aux enfants d’Israël que même si un homme…se trouve impur…il devra lui aussi procéder au sacrifice… Au deuxième mois, le quatorzième jour, entre les deux soirs, il devra sacrifier l’agneau, le manger avec des pains non fermentés et des légumes verts amers… » Une personne impure ne peut procéder à l’offrande sur le moment mais doit retrouver son état de pureté et y procéder le mois suivant. Elle fête PessaH avec un mois de retard. Moïse délivre cette réponse aux solliciteurs et à l’ensemble du peuple.

Et c’est ainsi que fut instauré Pessah chéni (le second Pessah) sans renoncement, en recherchant une solution adaptée à la situation. Une autre façon de faire bien fut trouvée.

  • La reconquête du Temple par les Maccabim

Après avoir reconquis le Temple de Jérusalem, les Maccabim désirent organiser une grande fête. Le Temple a été restauré. Les Maccabim pensent à la fête de Soukot (la fête des tabernacles) qu’ils n’ont pas pu célébrer comme il se doit, quelque temps avant la reconquête du Temple. Ils décident quand même de célébrer une fête de la même dimension et de la même intensité que Soukot.

Le deuxième livre des Maccabées de la bible catholique (livre non canonisé par la bible hébraïque) décrit une fête de huit jours au cours des mois de novembre ou décembre. Il s’agit tout simplement de la fête de Soukot reportée dans le temps, devenue la fête de Hanouka.

Soukot (la fête des tabernacles) perdurera et restera célébrée à la bonne date. Hanouka (la fête des lumières) deviendra une fête à part entière en fin d’année civile. Encore une fois, lorsque les nécessités de l’heure l’imposent, on trouve une autre façon de bien faire, qui perdure à travers l’histoire.

Que dire de la pratique actuelle des traditions juives ? 

Au fil du temps, l’exercice des traditions a évolué de pair avec la spiritualité.

Autrefois, l’inspiration spirituelle était concentrée au niveau des Prophètes. Ensuite elle a été transmise aux Sages du peuple d’Israël. (D’après le Talmud Baba Batra.)

Peu à peu l’étude de la Torah, l’étude des autres textes et la prise en compte de la situation du peuple Juif (quelquefois critique) se sont trouvées à la base des décisions concernant la bonne pratique des traditions. De la sorte, comme nous ne sommes plus en mesure de faire des offrandes sur l’autel du Temple aujourd’hui, l’exercice des traditions s’est retrouvé autour de la table familiale. (Selon le Talmud MenaHot.)

Afin de continuer à exister, les enfants d’Israël ont dû franchir tous les obstacles rencontrés depuis plus de trois mille ans. Ils ont dû s’adapter et être créatifs. Ainsi des créations telles que les fête de Hanouka, de Yom Hashoah et de Yom Haatsmaout sont entrées, ou commencent leur entrée, dans l’histoire du peuple Juif.

Nous ne voulons pas renoncer. Lorsque surgissent des obstacles, nous voulons agir le mieux possible. Lorsque nous ne pouvons pas simplement appliquer les règles du passé, nous savons être créatifs et nous adapter tout en restant fidèles aux valeurs et aux traditions qui sont les nôtres.

Paracha Nasso : Bénir ou être béni ?

Le don de la Torah se renouvelle chaque année. A partir de chavouot 2016, vous retrouverez sur notre site un petit commentaire actuel, une reinterprétation des vidéos « sur un pied ». N’hésitez pas à vous replonger dans le texte éternel de la Torah et de son commentaire sur le site sefarim, et à revoir les vidéos correspondantes sur notre chaine youtube…

Bonne étude!

La bénédiction est le sujet du chapitre 6, versets 22 à 27, du sefer Bamidbar (livre des Nombres de la Torah).

« Bénir ou être béni » nous amène à parler de la bénédiction. La signification, au sens strict, du mot « bénédiction » est « le fait de dire du bien »; ce qui met sur la voie de ses sens communs : louange ou appréciation favorable. De la formule « bénir ou être béni » transparaît une notion de relation affective importante que nous allons développer.

Bénédiction et Judaïsme :

« BraHa » est la version hébraïque de « bénédiction ». Ce terme a la même racine que « breHa » qui signifie « piscine » en hébreu moderne. Cette parenté de langage met « braHa » en relation avec une source d’eau inépuisable à laquelle nous pourrons toujours nous abreuver.

« BraHa » a également un lien de parenté avec le mot « bereH » qui veut dire « genou » ou « articulation ». La raison en est que le geste de plier le genou accompagne traditionnellement les prières et les louanges adressées à Dieu. La braHa joue également un rôle d’articulation dans nos vies. Elle nous permet de prendre conscience du présent, de ce que nous vivons dans l’instant, d’en profiter et de l’orienter pour que nous articulions nos vies dans le sens qui nous fait du bien.

La bénédiction se fait de Dieu aux Hommes. Elle se pratique aussi d’un Homme envers un autre Homme ou d’un Homme envers un groupe humain particulier. C’est ainsi qu’Abraham a été béni par Dieu et qu’ensuite Abraham a béni sa descendance pour lui transmettre la bénédiction reçue.

Une expression de bénédiction très courante est « barouH ata Adonaï… » (béni sois-tu Éternel…). Selon le Talmud nous sommes censés prononcer 100 bénédictions par jour, tout au long de la journée en termes de reconnaissance, remerciements, louanges et transmission des bénédictions reçues.

Nous ne devons pas bénir l’Éternel directement. Cependant une exception est citée dans le traité braHot du Talmud, concernant rabbi Ishmaël Ben Elisha qui a été confronté à une demande de Dieu. Dieu a demandé la bénédiction à Ishmaël Ben Elisha qui, très surpris, a répondu à Dieu : « Que ce soit ta volonté que ta bienveillance l’emporte sur ta rigueur, en particulier en faveur de ton peuple des enfants d’Israël ! » (L’Éternel aurait hoché la tête en signe d’approbation.)

Et dans notre vie courante ?

Nous prononçons des braHot en signe de satisfaction (bonne odeur d’un fruit, beauté d’un paysage…), en pratiquant certains actes, ou bien pour louer l’Éternel de nous avoir choisis pour remplir une mission et des devoirs. Bénédictions simplement de bonheur : « Tu es béni Eternel, qui est bon et parfaitement bon ».

Nous prononçons aussi des braHot aux moments cruciaux de notre existence pour marquer les inflexions positives ou négatives de notre parcours de vie. Bénédiction des moments difficiles : « Tu es béni, juge de vérité ».

Parmi ces bénédictions, l’une d’elles est très émouvante : celle accordée à nos enfants le vendredi soir. Elle est en liaison directe avec la paracha Nasso et sa formulation est identique. Au chapitre 6 de Bamidbar les prêtres bénissent les enfants d’Israël en ces termes :  » Que l’Eternel te bénisse et te protège, que l’Eternel tourne sa face vers toi et t’illumine de sa splendeur, que l’Eternel t’apporte la paix ».

Les bénédictions que nous donnons ou que nous recevons nous procurent de l’apaisement et de l’encouragement. Avec elles nous profitons mieux des bons moments et vivons mieux les moments difficiles de la vie, nous transmettons le meilleur de nous-mêmes à nos proches, nous renforçons notre confiance en Dieu et les hommes… Pouvons-nous nous en passer ?

Paracha Bamidbar : sommes-nous notre nom ?

Chavouot est la fête du don de la Torah. Elle sera célébrée cette année Samedi 11 juin et dimanche 12 juin. Nous recevons une Torah renouvelée, chaque année, nous la comprenons différemment en fonction de notre expérience de vie. Nous avons décidé cette année de partager avec vous par écrit un petit commentaire actuel, une reinterprétation des vidéos « sur un pied ». N’hésitez pas à vous replonger dans le texte éternel de la Torah et de son commentaire sur le site sefarim, et à revoir les vidéos correspondantes sur notre chaine youtube…

Bonne étude!

 

Bamidbar signifie « dans le désert ».

En quoi les noms que nous portons ont-ils leur importance ? Correspondent-ils exactement à nous-mêmes ?

En général un nom est nécessaire à l’identification d’un personnage, à l’évocation de sa mémoire, à la connaissance de son ascendance et de son origine.

Qu’en est-il des enfants d’Israël ?

  • Il est courant de donner leurs noms et de les égrainer, en certaines circonstances, pour souligner leur personnalité, leurs actions, les événements qu’ils ont vécus, leur intégration dans le destin d’Israël  et la construction du judaïsme.
  • La forme hébraïque du nom des Juifs indique l’origine et la nature de la personne en citant le nom du père ou/et de la mère.
  • Sur ce thème, les écrits principaux formulent ceci :

Amida :  « Béni sois-tu, Éternel notre Dieu et Dieu de nos pères, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob ».

La Amida, élément central des offices, débute par la phrase citée. Il s’agit du rappel des noms de nos pères et ancêtres, ceux qui sont à l’origine du peuple des enfants d’Israël.

Bamidbar 1:2 :  « relevez le total de toute l’assemblée des fils d’Israël… suivant le nombre des noms »

Bamidbar 1:19 :  « et il se mit en devoir de les enregistrer dans le désert du Sinaï »

Moïse, aidé par Aaron, est chargé par Dieu du recensement par leurs noms de tous les enfants d’Israël.

Bamidbar 1:20 à 1:54 :  « les enregistrés… de la tribu de Siméon furent cinquante neuf mille trois cents »

Les chefs de toutes les tribus font procéder au recensement, selon leur identité et leur rôle dans le destin du peuple, des membres de leurs tribus. Sont ainsi comptés et nommés les enfants d’Israël dans leur totalité.

Talmud Roch Hachana : 4 façons de changer le cours de notre vie sont possibles : affirmer avec force ce que nous voulons changer (tséaka), être solidaire de ceux qui nous entourent (tsedaka), jouer sur notre relation avec les autres (chinouï maassim) et changer de nom (chinouï chem).

Nous en déduisons que dans la tradition hébraïque le nom d’une personne représente l’essence même de cette personne : ainsi Abram devint Abraham, Saraï devint Sarah et Jacob devint Israël. (A noter que les enfants d’Israël sont les descendants de Sem qui fût un des ancêtres d’Abraham- d’où l’appellation « sémite ». Sem est la version francisée du terme hébreu « chem » qui signifie « nom ».

En lisant Bamidbar de 1:1 à 4:20 nous apprenons que 2 composantes caractérisent un peuple : le nombre de personnes selon une répartition interne, le nom et le profil de chaque personne.

Cependant, dans le cas des enfants d’Israël il est certain que les noms ont beaucoup plus de valeur que les nombres. Il en est ainsi car les noms des enfants d’Israël sont fortement porteurs de sens.

Limoud: Dieu est-elle féministe?

Bonjour à toutes et à tous… Cet après-midi, j’ai une heure pour présenter à Limoud mes recherches sur le thème: « Dieu est-elle féministe ».
Je partage donc avec vous la feuille de source relative à cette étude.

Bon dimanche, chavouah tov et bonne rentrée…

Sources Dieu féministe limoud

sources-dieu-feministe-limoud (PDF)

Vidéos « Parler des attentats avec nos enfants »

En fêtant Hanouka, la fête de la liberté et du rassemblement, nous affirmons notre bonheur de vivre et  notre attachement à la liberté, à la liberté religieuse et à la liberté d’expression.
Les articles publiés récemment et concernant la résilience s’intègrent parfaitement à cette perspective, les voici repris d’une façon concise.
Par ailleurs, les vidéos à partager, dans une perspective avant tout d’entrée en matière au dialogue personnel, sont déjà sur youtube.
Vous trouverez les liens en fin d’article.
Chabbat chalom à toutes et à tous, rendez-vous samedi 9h20 pour l’étude sur Rachi/Tamar à surmelin, dimanche à Ganénou pour les cours sur les histoires de femmes dans la Torah avec Révital Shloman en guest et dimanche soir 18h30 à surmelin pour l’allumage des bougies, avec Hanoukiot et bougies pour chacun pour une grande illumination communautaire…
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Face au carnage extérieur, il devient essentiel de veiller à notre rétablissement intérieur. Ainsi sont nés deux articles qui parlent de résilience juive:
et
Dans toute cette agitation, il n’est pas évident de trouver les mots justes pour les enfants. Deux articles et 4 vidéos ont été créées pour ouvrir une voie:
et

3 vidéos pour parler des attentats avec les enfants

Bonsoir à tous,

Nous nous apprêtons à partager sur youtube (chaine du MJLF, on peut s’abonner ici ) quelques vidéos-inspirations pour faciliter le dialogue avec nos enfants à propos des événements du 13 novembre.

Normalement, les enfants posent des questions. Dans les moments difficiles, écouter les questions, voire, inviter les enfants à les partager, est important.

Parler est un moyen d’extérioriser les sentiments. C’est aussi l’occasion de mieux comprendre. Quand on comprend mieux, on a moins peur. C’est un moyen de partager. Quand on est ensemble, on se sent déjà mieux.

Mais il n’est pas toujours facile de parler avec les enfants.

Comment faciliter la discussion ?

Des enfants du Talmud Torah m’ont adressé quelques questions, et j’ai décidé de partager les réponses en vidéo.

Chacun pourra les utiliser à sa façon.

  • On peut regarder les vidéos ensemble et en discuter après.
  • On peut les regarder ensemble et arrêter la vidéo pour discuter.
  • On peut être d’accord ou non avec le Rabbin, et on peut partager ses objections avec moi pour continuer la discussion.
  • On peut rajouter des arguments, parler ensemble d’autres exemples plus parlants pour chacun et chacune.
  • On peut aussi poser les questions aux enfants, en parler, et voir si ma réponse correspond à ce dont vous avez discuté.
  • On peut aussi écouter la vidéo en leur présence sans leur demander d’écouter juste pour les mettre en contact avec la question et montrer qu’on est ouvert à la parole. On peut ainsi juste dire qu’on regarde parce que ce sont des questions intéressantes auxquelles on veut réfléchir.
  • C’est bien sûr l’occasion aussi de leur proposer de poser leurs propres questions.
  • On peut utiliser les notes sous chaque vidéo, chanter avec la vidéo qui reprend Ossé Chalom, etc…

La vidéo permet le contact, la voix, la tonalité, elle propose un support humain à travers la vision d’une autre personne.

Les enfants et les parents peuvent avoir besoin d’un regard extérieur, ces vidéos le permettent.

Bien sûr, les enfants ont également besoin de messages adaptés à leur âge, adaptés à leur réalité émotionnelle personnelle, à leur réalité individuelle, des messages qui viennent des gens qu’ils aiment, de leurs parents, de leurs amis. Cela, aucune vidéo ne peut le remplacer.

Ainsi, ces vidéos sont simplement un soutien, pour ceux qui veulent s’appuyer sur le message de la tradition. Pour qu’elles soient plus facilement utilisables, vous trouverez sous chaque vidéo les idées abordées.

Mon choix a été de souligner ce qui nous arrive à nous, ce qui fait partie de notre expérience directe, et ce que nous pouvons faire pour nous-mêmes. Agir c’est quitter le sentiment de victime, c’est nous considérer comme libres et responsables.J’ai choisi une tonalité assez légère pour transmettre le message que la vie continue. J’ai faits ces choix en m’appuyant sur mon expérience de scoutisme, d’enseignante, de rabbin et de maman. Ils sont réfléchis, mais relatifs, il n’y a pas qu’une vérité…

N’hésitez pas à partager vos questions lors du prochain cours à Ganénou, dimanche prochain ou sur la page facebook du mjlf…

Bonnes avancées à tous בהצלחה לכלם

Rabbin Floriane Chinsky

 

Le Talmud et la souffrance

Ce mercredi, nous avons étudié des textes tirés du Babli beraHot 5a et b.

Le thème de la souffrance est très délicat, chacun est invité à partager ses interrogations. Il y a toujours la possibilité de poser des questions après le cours, concernant le thème du jour ou les thèmes précédents.

La prochaine rencontre aura lieu le 27 janvier, nous parlerons de la croyance dans le talmud, un thème très particulier dans la pensée juive.

Vous pourrez télécharger le texte de source en fin d’article.

Attention : Pour ce texte plus encore que pour d’autres, pas de conclusions hâtives.

 Voici les questions que nous avons évoquées:

Pourquoi la souffrance existe-t-elle ?

Peut-on trouver des raisons à la souffrance ? Des raisons « scientifiques » ? Des raisons philosophiques ou existentielles ?

Est-il « moral » de chercher des raisons à la souffrance ? Quel est le risque si on donne un sens à la souffrance ? Quel est le risque si on ne donne pas de sens à la souffrance ?

Quels textes vous choquent ? Pourquoi ? A quoi font-ils écho en vous ? Dans d’autres circonstances, pour des personnes ayant une autre vie ou une autre histoire, ces textes peuvent-ils être ‘utiles’?

La souffrance et le talmud

4 manières juives d’encourager la verbalisation

Boris Cyrulnik mentionne la capacité de verbaliser comme l’autre point essentiel de la résilience.
Du point de vue du judaïsme, la verbalisation se fait à travers l’étude de la Torah, la prière fixe, la prière-élan du coeur, et les bénédictions circonstanciées.

Les bénédictions circonstanciées relatives aux événements douloureux sont moins connues. Nous chantons « chehéHéyanou » en communauté lors des événements joyeux, mais la bénédiction « barouH dayan haémet » est moins connue dans le cercle familial. Cette bénédiction permet d’exprimer notre impuissance et notre peine, et aussi de ne pas renoncer à notre croyance globales dans les valeurs humanistes.
Nous disons: « Tu es une source de bénédiction Éternel notre dieu, roi du monde, qui est le juge de vérité. »
Nous rendons à Dieu la responsabilité des choses inacceptables, dans l’esprit d’acceptation de nos limites mentionnée dans le premier paragraphe de cet article. D’un autre côté, nous utilisons les mots justice et vérité, nous ne renonçons pas à ces valeurs même lorsqu’un événement terrible nous dépossède pour un temps de notre capacité d’intervention. Cette bénédiction est normalement prononcée lorsque qu’on assiste au décès de quelqu’un, lorsqu’on entend une mauvaise nouvelle, pour les proches lors d’un enterrement.

La prière « élan du coeur » est toujours ouverte. On peut s’adresser à Dieu, qu’on y croit ou non (c’est le paradoxe juif!), avec douleur, avec colère, en demandant, en suppliant. L’épanchement du coeur est reconnue par la Torah comme l’un des points de départ du changement. Cela peut s’illustrer au niveau d’un groupe humain ou d’un peuple entier à travers la façon dont les Enfants d’Israël crient contre leur situation d’esclavage en Égypte. Au niveau individuel, Hanna en est un exemple remarquable. Remarquons qu’en principe, la prière « instituée » comprend un élément de spontanéité, « écoute notre voix Éternel notre dieu… » qui fait comme un écho à la demande réciproque de dieu vis-à-vis de nous telle qu’elle est évoquée dans la prière du chéma israël « écoute Israël, l’Eternel notre dieu l’Eternel est Un ».

La prière instituée, et son élément de base, la amida, est une remise en place de nos valeurs. Le chemin qu’elle nous propose nous remet sur la voie de la vie.
Nous rappelons la mémoire de nos ancêtres dont la force morale est une inspiration.
Nous remémorons la puissance de la vie et le soutien que nous sommes capables d’y puiser.
Nous soulignons le caractère sacré et inaliénable de la vie.
Puis nous ouvrons notre conscience à l’importance de la sagesse, à notre capacité de nous former nous-mêmes, à être pardonnés, à être délivré de nos tourments, à nous soigner physiquement et psychiquement, à voir les fruits de notre travail, à gouter la douceur d’être rassemblés, de voir la justice triompher, de voir les actions destructrices échouer, de voir les justes heureux (et nous avec eux si possible), de voir Jérusalem reconstruite, de voir grandir la lumière de l’intelligence humaine grandir, que notre prière soit entendue, de voir la « présence divine » revenir.
Nous sommes alors prêts à remercier pour la chance que nous avons d’être en vie aujourd’hui, ce qui est considéré comme miraculeux, en ces jours difficiles mais aussi au quotidien.
Nous concluons par l’affirmation de notre désir de paix pour nous et pour tous, de paix universelle.
Tel est le parcours mental que nous propose la amida de semaine, chemin que nous sommes invités à parcourir au moment du réveil pour entrer dans la journée, dans l’après-midi où nos activités nous ont peut-être décentrés, et le soir avant d’aborder le temps du repos.

L’étude de la Torah permet un dialogue ouvert sur les textes, et aussi sur les thèmes qu’ils abordent. La Torah peut nous inspirer à travers le récit du premier meurtre, l’histoire de Caïn et Abel, les questions d’oppression et de défense, comme peut-être l’histoire de David et Goliath, les histoires de résistance et de libération comme la sortie d’Égypte, ou les questions du sens même de la vie humaine à travers la quasi-destruction par dieu de l’ensemble de l’humanité au moment du déluge, et aussi à travers la décision finale de ne pas détruire toute l’humanité mais au contraire d’établir une alliance pour aider les êtres humains à canaliser les pulsions de destruction. Au delà de la Torah écrite, la Torah orale regorge de textes qui permettent d’ouvrir le dialogue, d’aborder d’une façon verbale et pas trop directe les questions les plus sensibles. Si nos enfants ou nos proches veulent ensuite saisir cette occasion pour évoquer l’actualité et leur expérience intérieure, cela peut également être très bénéfique.

Nous le voyons, la tradition juive invite à la verbalisation de différentes façons. Ces propositions sont importantes et ne sont évidemment pas limitatives. Il faut également prendre le temps de regarder et d’accueillir les dessins de nos plus petits, d’accueillir les jeux avec les poupées et les figurines, nos grands peuvent vouloir écrire poésies ou histoires…

Deux questions restent ici un peu en suspens: « Comment exactement utiliser l’étude dans la verbalisation? » et « Comment écouter si les vannes de l’émotion s’ouvrent ». La première est abordée à l’occasion des cours « Torah et pédagogie » du dimanche matin à Ganénou. La seconde est un long sujet, il serait important de trouver un cadre pour s’y consacrer.