La voix de Dieu, c’est l’humanité qui vit en nous – Dracha Kipour 5777

Ce n’est pas exactement ce que j’ai dit à la synagogue mardi soir… Mais c’est bien le texte que j’avais sous les yeux ;-). Encore chana tova à toutes et à tous.

Die20160928_130318u lui-même semble parfois impuissant.
Que dire alors de notre impuissance à nous !

Dieu lui-même laisse commettre en son nom des atrocités inacceptables.
Lorsque des religions se dénigrent et s’assassinent, c’est le nom de dieu lui-même qui est désacralisé.
Quel est le sens de cet apparent « silence de dieu » ?
Comment Dieu lui-elle-même peut-il-elle rester sans voix?

Le traité avoda zara nous raconte à la page 54b une histoire étrange.
Des sages romains ont interpelé des sages d’Israël.
« Si votre dieu ne désire pas l’idolâtrie, pour quelle raison ne l’annule-t-il pas ? »
Excellent question qui nous interpelle à notre époque, où certains se revendiquent de Dieu pour commettre des meurtres.
Les sages d’Israël ont répondu :
« Si les idolâtres prenaient pour objet d’adoration des choses inutiles, Dieu les détruirait, mais ils servent le soleil, la lune et les étoiles, Dieu doit-il détruire la création pour mettre fin aux pratiques meurtrières des hommes ? Le monde se conduit selon ses principes, et les fous qui le détruisent finiront par être jugés. »
La violence ne peut pas détruire le mal, car le mal et le bien sont liés, le soleil et la lune sont puissants, pour cette même raison nous avons besoin d’eux, pour cette même raison certains leurs ont voué dans l’antiquité une adoration idolâtre.
De même, la liberté et l’intelligence de l’homme. La liberté et la créativité des humains sont puissantes pour cette raison nous avons besoin d’eux, même si certains en font un usage destructeur.

Dans l’instant, nous pourrions être tentés de chercher ce que Paul Watslavick appelle une « ultra-solution », une solution si absolue qu’elle semble tout résoudre, alors qu’elle renforce encore le problème.
Dieu pourrait détruire tout ce qui prête à confusion, tous ceux qui se revendiquent abusivement de son nom. Comme nous l’enseigne le talmud, ce serait une ultra-solution. Pour sauver le monde, détruisons-le !
D’autres penchent vers des ultra-solutions de tous ordres : Ceux qui s’imaginent promouvoir la tradition en forçant les juifs à mettre les téfilines (je parle de ceux qui forcent littéralement, il y en a, ainsi que je l’ai appris récemment), ceux qui prônent l’assimilation  pour éviter l’antisémitisme, ceux qui pensent que le repli identitaire nous protégerait, ceux qui prônent la fermeture des frontières pour protéger l’économie etc…

Notre page du talmud continue, les sages donnent des exemples :
Le blé volé devrait-il ne pas pousser ? Le monde poursuit son cours, et les fous qui le détruisent finiront par être jugés, העולם כמנהגו נוהג.

Mais nous sommes un peuple ancien. En plus de 3000 ans, nous avons acquis un savoir, qui nous autorise à une certaine patience. Nous savons ce qu’est le temps. Nous avons vu défiler les civilisations trop pressées qui voulaient conquérir le monde.

Si nous sommes parfois impuissants dans l’instant, dans le temps au contraire, nos efforts sont cumulatifs.
Dans le temps, nous sommes puissants.

Nous nous tournons vers l’année écoulée.

Cette année écoulée, nous la regardons avec fierté, nous savons ce que nous avons accompli, ce que nous avons réussi, combien nous avons su changer le monde en dépit des épreuves. Ces réussites sont des marques de notre puissance. Pour cela, la BraHa, les remerciements s’imposent.

Cette année écoulée, nous la regardons avec humilité, nous savons ce que nous pouvons améliorer, les défauts personnels que nous pouvons combattre, les qualités personnelles que nous pouvons développer, et les collaborations avec autrui que nous pouvons mettre en œuvre, pour qu’ils puissent compenser nos manques, et que nous puissions aider à compenser les leurs. Cette humilité est, elle aussi, l’une de nos forces, une expression de puissance. Pour cela, la téchouva, l’amélioration de soi-même est de rigueur.

Nous sommes puissants car d’année en année et de siècle en siècle nous renforçons un mouvement vers plus d’intelligence, plus d’humanité.

C’est cela le judaïsme. Un mouvement. Un mouvement parmi d’autre, un mouvement qui nous est cher, le nôtre. Un mouvement vers une recherche permanente de nous élever en tant qu’humains, à notre façon particulière, à travers notre judaïsme.

C’est cela notre communauté. Une synagogue qui appartient à un mouvement. Une synagogue qui est un petit îlot de paix et de volonté, un petit îlot qui fait que l’océan entier semble moins menaçant, une seule petite étoile de laquelle monte un rire qui change le sens du ciel tout entier.

Vous qui militez pour notre communauté depuis des dizaines d’années, vous qui nous avez rejoint récemment, vous qui y trouvez votre place d’une façon sans cesse plus juste et plus satisfaisante, vous savez de quoi je parle.

Je parle de garder les valeurs juives au cœur de la synagogue, d’être humain, au-delà des considérations politiques.
Je parle de défendre d’une façon ouverte et pacifique l’existence d’une religion/communauté/spiritualité ouverte aux autres.

Je parle de ce défi dont nous sommes des Héraults (les portes-drapeaux), aux côtés de nos partenaires.
Défi de faire respecter le judaïsme libéral au sein du judaïsme global et de ceux qui en son sein font parfois preuve de beaucoup de fermeture,
défi de faire respecter le judaïsme tellement minoritaire au sein d’une communauté nationale dont certains tendent aux amalgames,
défi de promouvoir un engagement spirituel qui se pose en partenaire de la platte-forme laïque et humaniste à laquelle nous sommes attachés par-dessus tout.

En défendant notre judaïsme, en défendant la liberté, nous ne défendons pas seulement nos intérêts, nous défendons surtout le droit de chacun et chacune à trouver un chemin harmonieux.

Ces combats se jouent au quotidien, avec nos familles, nos amis, face à la pression du monde extérieur, trouver un moment pour acheter des Halot pour chabat, trouver quelques minutes pour voir une vidéo « sur un pied », trouver de l’inspiration pour raconter une blague juive en accompagnant ses enfants sur le chemin de l’école.
Ces combats se jouent dans l’exceptionnel, dans l’organisation des fêtes juives, dans la mise en place d’un cours d’entrée dans le judaïsme, d’un programme de conversion, dans la participation à des conférences interreligieuses, que ce soit cordoba, la formation de l’école nationale de la magistrature, le bné brit de bordeau etc…

Chaque petit choix juste est une victoire, car il nous oriente davantage vers la bonne direction, pour le reste de notre vie, et pour plus encore à travers le partage et la transmission.

C’est chacun de ces combats pacifiques qui sont l’objet de nos pensées et de nos résolutions en ce jour de Kipour.

Ce n’est pas chose facile. Car pour exercer notre responsabilité, nous devons faire preuve à la fois d’ambition et de résignation, de désir ardent et de patience.
Trop d’enthousiasme, d’ambition et de désir nous mèneraient à la frustration et au désespoir.
Trop de résignation et d’auto-satisfaction nous mènerait à l’immobilisme, comme si nous passions dans ce monde sans y laisser de trace.

L’équilibre est difficile à trouver et se cultive au quotidien. Les fêtes de Tichri nous proposent deux temps de régulation : Yom Kipour et SimHat Torah.
Yom Kipour, pour tendre l’arc de nos volontés, SimHat Torah, pour goûter les joies de la réussite.
Avec ces deux fêtes, notre tradition nous propose deux notions : Le din et le RaHamim.
Le din pour être rigoureux et conscients des enjeux, le raHamim pour être apaisés et tolérants pour nous et autrui.

Le raHamim, c’est la bienveillance, la souplesse, l’accueil de l’imperfection, c’est l’utérus, ce qui nous contient, ce qui nous nourrit, quelles que soient les circonstances. Cette notion est liée au nom éternel de dieu, au nom secret, au nom en 4 lettres, celui que nous remplaçons par le mot « adonaï », le grand nom qui inscrit dans le temps, dans la durée, dans la patience, dans l’évolution. Avec le raHamim, Dieu ne nous juge pas mais nous accompagne, nous ne sommes pas ses serviteurs, mais ses enfants. RaHamim est la qualité dont l’adjectif se dit « raHoum », comme dans les 13 attributs de dieu, adonaï adonaï el RAHOUM : Eternel Eternel dieu raHoum compatissant et gracieux, lent à la colère et grand dans ta bienveillance et ta vérité qui porte sa bienveillance pour les milles générations à venir, qui porte la faute et l’atteinte et le pêché et oublie.

Le Din, c’est le jugement, les conséquences directes et inéluctables de nos actes, le monde de l’ nature dont les lois sont impitoyables. Cette notion est liée au nom immanent de Dieu, « élohim », la force. Lorsque nous prononçons les 13 attributs de dieu, nous faisons semblant d’oublier cette dimension en omettant la fin du verset : « qui porte la faute et l’atteinte et le pêché et qui n’oublie PAS ».

En ce jour de Kipour, notre devoir est de repenser ces deux valeurs, de les soupeser, de les équilibrer.

De ne pas nous laisser endormir dans notre trop grand confort ou de ne pas nous laisser écrouler sous le trop grand poids de nos épreuves.

Tant que nous sommes en mouvement, nous pouvons beaucoup, et Dieu lui-même n’est plus impuissant.

Nous pouvons dire : tu es notre Dieu car nous sommes ton peuple, Tu es notre père car nous sommes tes enfants, Tu est notre force car nous étudions grâce à toi.

Et ainsi, Dieu est puissant, même dans l’hypothèse où il n’existerait pas, les mots et les concepts abstraits n’ont pas tellement d’importance, notre détermination, elle, est fondamentale.

Et la plus petite étincelle de sagesse que vous récolterez en ce jour de Kipour, aura une influence exponentielle sur toute votre année à venir, et par ricochet, sur vos proches, et sur nous, votre communauté.

De même, les nombreuses étincelles de sagesse recueillies au cours de l’année passée ont été un trésor sans prix pour l’année incroyable que nous avons passée ensemble.
Vous en voyez quelques fruits aujourd’hui, vous en verrez les merveilles tout au long de cette année, pensez à en profiter.

Alors partons ensemble en ce jour de Kipour à la récolte des sagesses pour les rendre plus actives dans nos vies.

Étude de Rachi ce samedi: Comment comprendre les menaces divines de la paracha haazinou ?

Notre parhaazinou-enluminureacha de cette semaine, très difficile, parle de courroux divin et de vengeance. Faut-il la lire au sens premier ? Peut-on faire abstraction du sens premier ? A qui exactement s’adresse cette expression de puissance impressionnante ? Rachi nous introduit à une nuance insoupçonnée dans ce texte effrayant.

(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

 Pour étudier avec nous à Surmelin : MJLF-est ce chabbat de 9h30 (précises, accueil à 9h15) à 10h20.

Téléchargez ici rachi-5777-2-haazinou

 Deut.32 :36

Quand Hachem jugera Son peuple « Quand » Il prononcera contre eux ces punitions-là telles qu’elles ont été détaillées, comme dans : « Quand (ki) Il se sert d’eux pour juger les peuples » (Iyov 36, 31). Le mot ki ne s’entend pas ici dans le sens de « car », destiné à justifier ce qui précède, mais [dans celui de « lorsque »], pour marquer le début d’un discours, comme dans : « quand (ki) vous viendrez vers le pays » (Wayiqra 23, 10) (Roch hachana 3a). Quand se seront abattus sur vous ces jugements-là, le Saint béni soit-Il se ravisera en ce qui concerne Ses serviteurs et Il les reprendra en pitié.

Il se ravisera (yithnè‘ham) Le mot signifie : « changer son dessein », en bien ou en mal.

Quand Il verra que la main s’en est allée Quand Il verra que la main de l’ennemi va en s’appesantissant sur eux toujours plus, et qu’il n’y a plus en eux ‘atsour ni ‘azouv.

Lié (‘ atsour) – Secourus par un chef qui puisse les arrêter (ya‘atsor).

Abandonné (‘ azouv) – Par un ‘ozèv. Le mot ‘otsér s’applique à un chef qui « arrête » (‘otsér) ses troupes afin qu’elles ne se dispersent pas au moment où elles partent combattre l’ennemi. En français : « maintenu ».

Lié (‘ atsour) – C’est celui qui est sauvé grâce à « l’arrêt » imposé par le chef.

Abandonné (‘ azouv) – Affermi, comme dans : « Ils ont aidé (waya‘azvou) Jérusalem jusqu’au large mur » (Nè‘hèmia 3, 8), ou dans : « Comment a-t-elle pu ne pas être fortifiée (‘ouzzeva), la ville glorieuse ? » (Yirmeya 49, 25).

32 :38

Eux qui mangeront le suif de leurs sacrifices Ce sont ces dieux-là qui les mangeaient, car ils leur présentaient [les sacrifices], et ils buvaient « le vin de leurs nessakhim ».

Qu’ils soient sur vous un abri Que ce rocher soit pour vous un havre et un abri.

32 :39

Voyez maintenant Comprenez, tant par les châtiments que je vous ai infligés sans que personne se porte à votre secours, que par le salut que je vous accorderai sans que personne ne m’en empêche.

Que moi, je le suis Que je suis là pour abaisser et que je suis là pour relever.

Et il n’y a pas de dieu à côté de moi Qui se dresse contre moi pour m’empêcher [d’agir].

A côté de moi A mon exemple et comme moi.

Et il n’y a pas de sauveteur de ma main Ceux qui pèchent contre moi.

32 :43

Sa terre procurera le pardon à Son peuple Et quelle est Sa terre ? Son peuple. Lorsque Son peuple est consolé, consolée se trouve Sa terre. Dans le même sens : « Tu as rendu, Hachem, ton affection à ton pays… » (Tehilim 85, 2). Et comment l’as-tu fait ? « … Tu as ramené les captifs de Ya‘aqov » (ibid.). Le présent cantique est interprété d’une manière différente [à partir du verset 26] dans le Sifri, où Rabi Yehouda et Rabi Nè‘hèmia sont en désaccord. Rabi Yehouda l’explique intégralement comme s’appliquant à Israël, tandis que Rabi Nè‘hèmia l’explique intégralement comme s’appliquant aux idolâtres. Voici comment Rabi Yehouda l’explique comme s’appliquant à Israël : A partir de : « J’ai dit, je les disperserai » (verset 26) jusqu’à : « et ce n’est pas Hachem qui a fait tout cela » (verset 27), c’est comme je l’ai expliqué. « Car ils sont une nation qui a perdu le conseil… » (verset 28) : Ils ont perdu ma Tora, qui était pour eux de bon conseil. « … Et il n’y a pas en eux d’intelligence » (ibid.), pour comprendre : « … comment un seul [des peuples en] poursuivra mille, si leur rocher ne les avait vendus » (verset 30). A partir de : « Car il n’est pas comme notre rocher, leur rocher… » (verset 31) et jusqu’à la fin, c’est comme je l’ai expliqué. Tandis que Rabi Nè‘hèmia l’explique comme s’appliquant aux idolâtres. A partir de : « Car ils sont une nation qui a perdu le conseil… » (verset 28) et jusqu’à : « … et nos ennemis [sont] juges » (verset 31), c’est comme je l’ai expliqué. [Et ensuite :]

32 :44

Lui et Hoché‘a, fils de Noun Ce chabath a été celui « de la paire » (Sota 13b). Le pouvoir a été retiré à l’un et conféré à l’autre. Mochè a donné à Yehochou‘a un porte-parole pour qu’il donne un enseignement [encore] de son vivant, afin qu’Israël ne dise pas : « Tu n’osais pas, du vivant de ton maître, élever la tête ! » Et pourquoi le texte l’appelle-t-il ici « Hoché‘a » ? Pour signaler que son esprit ne s’est pas enorgueilli et que, malgré la grandeur qui lui a été conférée, il est resté aussi humble que par le passé.

כִּי יָדִין ה’ עַמּוֹ. כְּשֶׁיִּשְׁפּוֹט אוֹתָם בְּיִסּוּרִין הַלָּלוּ הָאֲמוּרִים עֲלֵיהֶם כְּמוֹ כִּי בָם יָדִין עַמִּים (יְיַסֵּר עַמִּים) כִּי זֶה אֵינוֹ מְשַׁמֵּשׁ לָשׁוֹן דְּהָא לָתֵת טַעַם לַדְּבָרִים שֶׁל מַעְלָה אֶלָּא לָשׁוֹן תְּחִלַּת דִּבּוּר כְּמוֹ כִּי תָבֹאוּ אֶל הָאָרֶץ כְּשֶׁיָּבֹאוּ עֲלֵיהֶם מִשְׁפָּטִים הַלָּלוּ וְיִתְנַחֵם הַקָּבָּ »ה עַל עֲבָדָיו לָשׁוּב וּלְרַחֵם עֲלֵיהֶם:

יִתְנֶחָם. לָשׁוֹן הֵפֶךְ מַחֲשָׁבָה לְהֵטִיב אוֹ לְהָרַע:

כִּי יִרְאֶה כִּי אָזְלַת יָד. (כְּשֶׁיִּרְאֶה כִּי אָזְלַת) יָד הָאוֹיֵב הוֹלֶכֶת וְחוֹזֶקֶת מְאֹד עֲלֵיהֶם וְאֶפֶס בָּהֶם עָצוּר וְעָזוּב:

עָצוּר. נוֹשַׁע עַ »י עוֹצֵר וּמוֹשֵׁל שֶׁיַּעֲצוֹר בָּהֶם:

עָזוּב. עַ »י עוֹזֵב. עוֹצֵר הוּא הַמּוֹשֵׁל הָעוֹצֶר בָּעָם שֶׁלֹּא יֵלְכוּ מְפוֹזָרִים בְּצֵאתָם לַצָּבָא עַל הָאוֹיֵב בְּלָשׁוֹן לַעַ »ז מיינטי »ט (שׁטארק אופהאלטין):

עָצוּר. הוּא הַנּוֹשַׁע בְּמַעֲצוֹר הַמּוֹשֵׁל:

עָזוּב. מְחֻזָּק כְּמוֹ וַיַּעֲזְבוּ אֶת יְרוּשָׁלַיִם עַד הַחוֹמָה. אֵיךְ לֹא עוּזְבָה עִיר תְּהִלָּה:

 

אֲשֶׁר חֵלֶב זְבָחֵימוֹ. הָיוּ אוֹתָן אֱלָהוּת אוֹכְלִים שֶׁהָיוּ מַקְרִיבִים לִפְנֵיהֶם וְשׁוֹתִין יֵין נְסִיכָם:

יְהִי עֲלֵיכֶם סִתְרָה. אוֹתוֹ הַצּוּר יִהְיֶה לָכֶם מַחֲסֶה וּמִסְתּוֹר:

 

רְאוּ עַתָּה. הָבִינוּ מִן הַפּוּרְעֲנִיּוֹת שֶׁהֵבֵאתִי עֲלֵיכֶם וְאֵין לָכֶם מוֹשִׁיעַ וּמִן הַתְּשׁוּעָה שֶׁאוֹשִׁיעֲכֶם וְאֵין מוֹחֶה בְּיָדִי:

אֲנִי אֲנִי הוּא. אֲנִי לְהַשְׁפִּיל וַאֲנִי לְהָרִים:

וְאֵין אֱלֹהִים עִמָּדִי. עוֹמֵד כְּנֶגְדִי לִמְחוֹת:

עִמָּדִי. דּוּגְמָתִי וְכָמוֹנִי:

וְאֵין מִיָּדִי מַצִּיל. הַפּוֹשְׁעִים בִּי:

 

וְכִפֶּר אַדְמָתוֹ. ומה היא אדמתו עמו כשעמו מתנחמים ארצו מתנחמת וכה »א רצית ה’ ארצך במה רצית ארצך שבת שבות יעקב בפנים אחרים היא נדרשת בספרי ונחלקו בה ר’ יהודה ור’ נחמיה ר »י דורש כולה כנגד ישראל ור »נ דורש את כולה כנגד העובדי כוכבים ר »י דורשה כלפי ישראל אמרתי אפאיהם כמו שפירשתי עד ולא ה’ פעל כל זאת כי גוי אובד עצות המה אבדו תורתי שהיא להם עצה נכונה ואין בהם תבונה להתבונן איכה ירדוף אחד מן האומות אלף מהם אם לא כי צורם מכרם כי לא כצורנו צורם הכל כמו שפירשתי עד תכליתו ר »נ דורשה כלפי העובדי כוכבים כי גוי אובד עצות המה כמו שפירשתי תחלה עד ואויבינו פלילים

הוּא וְהוֹשֵׁעַ בִּן נוּן. שַׁבָּת שֶׁל דִּיוּזְגֵי הָיְתָה נִטְלָה רְשׁוּת מִזֶּה וְנִתְּנָה לָזֶה הֶעֱמִיד לוֹ מֹשֶׁה מְתֻרְגְמָן לִיהוֹשֻׁעַ שֶׁיְּהֵא דּוֹרֵשׁ בְּחַיָּיו כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ יִשְׂרָאֵל בְּחַיֵּי רַבְּךָ לֹא הָיָה לְךָ לְהָרִים רֹאשׁ וְלָמָּה קוֹרְאֵהוּ כָּאן הוֹשֵׁעַ לֵאמֹר שֶׁלֹּא זָחָה דַּעְתּוֹ עָלָיו שֶׁאַעַ »פ שֶׁנִּתְּנָה לוֹ גְּדֻלָּה הִשְׁפִּיל עַצְמוֹ כַּאֲשֶׁר מִתְּחִלָּתוֹ:

 

 

Nous sommes le chant du monde… Dracha Tichri 5777

chant roch hachana chagallQuelques heures avant Kipour, je partage ma dracha de Roch Hachana et vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 5777, gmar hatima tova.

Un an encore a passé. 365 jours. 8760 heures. 525 600 minutes. Plus de 30 millions de secondes.

Un trésor précieux entre tous, de temps, de la vie, la vie.

Qu’avons-nous fait de ces instants ? Qu’avons-nous créé ? Qu’avons-nous pensé ? Que sommes-nous devenus ? Ces instants ne reviendront jamais.

Ce jour de roch hachana est le jour des comptes, le grand jour de la comptabilité de nos actions.

Reprenons chacune de nos secondes et voyons dans quelle colonne nous l’inscrivons.

Nos colères, où s’inscriront-elles ? Nos joies ? Nos satisfactions ? Nos frustrations ? Nos repos ? Tous ces sentiments légitimes, dont nous sommes les bergers et bergères ?

Dans quelle colonne s’inscriront-ils ?

Cette colère-là, était-elle un investissement ? un gâchis ? un apprentissage ? une nourriture émotionnelle ? un tremplin pour évoluer ? une nécessité périmée ?

Cette joie-ci était-elle une construction ? Juste un bon moment ? Une occasion de générosité ?

Chacun de nos actes défile devant nous, comme les moutons d’un troupeau et nous décidons : quel sentiment vivra et quel sentiment disparaitra, lequel dissout dans l’eau et lequel brûlé par le feu, quelles habitudes s’enrichiront et lesquelles s’appauvriront.

Et notre examen de conscience, notre téchouva nous guide dans ce grand ménage d’automne. Et nos cris du cœur, notre téfila nous soutient dans ce grand chambardement. Et notre amour pour les autres, notre désir de partage, notre tsédaka nous nourrit par le sentiment de solidarité communautaire.

Ainsi, comme le disaient Mozart et Emanuel Schikaneder, ces trois guides nous rappellent d’une main douce à notre devoir.

Ces images sont une transposition de la prière Ountané tokef. Ce sont des images merveilleuses, que nous lirons et que nous entendrons demain, et vous pourrez également entendre un petit commentaire un peu provocateur sur la question sur la chaine youtube du MJLF ( Pensez à vous abonner !).

Je tenais à mettre cette prière en avant pour plusieurs raisons.

L’une d’entre-elles est que nous accueillons pour ces fêtes Hélène Blajan, qui est cette année pour la première fois notre Hazan. Anne Lebris, qui nous a accompagnés pendant de nombreuses années, a décidé de se consacrer prioritairement à son rôle de grand-mère, elle me charge de vous saluer tous et de vous souhaiter chana tova.

Hélène, pour sa part, a eu le douteux privilège de découvrir nos partitions approximatives qui sont d’ailleurs en voie de régénération. Et aussi le privilège réel, si nous savons l’accueillir, de faire votre rencontre.

Au cours de nos répétitions, l’une de ses paroles m’a fait réfléchir : elle affirmait que le bon interprète est celui qui se place derrière l’œuvre. Quand il/elle a chanté, chacun pense : quel beau chant. Personne ne pense : quel bon interprète.

Elle a raison. Ountané Tokef est une prière qu’il suffit de porter pour qu’elle nous porte à son tour.

Parfois, comme ountané tokef, les traditions prennent leur envol et conquièrent le cœur du monde juif dans son entier.

Ountané tokef a deux histoires, une histoire historique et une histoire légendaire.

Son histoire historique, la voici: Ountané tokef est née en eretz israel, au 6e siècle selon les spécialistes de l’hébreu ancien, avant le 10e siècle en tout cas comme en atteste sa découverte dans la guéniza du Caire.

Son histoire légendaire est la suivante : Amnon de Mayence, sommé de quitter le judaïsme, a refusé et a été torturé pour cela, peu avant Roch hachana. Il a pu se faire amener à la synagogue pour Roch hachana, et à cette occasion, il a improvisé ounetané tokef qui a été ses dernières paroles.

Les religions ont tendance à légitimer leurs traditions en les rattachant au passé le plus lointain. Ountané tokef, paradoxalement, est rattaché au passé le plus récent. Né au 6e siècle, ce poème liturgique se revendique seulement du 11e.

Que signifie ce rattachement au récent plutôt qu’au lointain ?

Il peut signifier plusieurs choses :

Sans doute, nous avons suffisamment confiance en nous pour ne pas récupérer à notre cause l’autorité des « anciens ».

Mais surtout, nous n’avons pas besoin de « forcer » l’autorité d’un chant, nous pouvons simplement le laisser prendre sa place. La légitimité du judaïsme puise sa force dans le passé bien sûr, mais aussi dans le présent, dans le doux espace que nous lui réservons en nous-mêmes.

Ountané tokef nous dit autre chose, une chose vraiment fondamentale : ounétané tokef : donnez de l’importance. Ce ne sont pas les chants qui s’imposent à nous, le judaïsme n’est pas une religion qui impressionne au premier abord. C’est le contraire. Les chants ne s’imposent pas à nous, c’est nous qui nous ouvrons à leur voix.

Ountané tokef : donnez de la puissance.

Le chant, la tradition, l’étude, auront le sens que NOUS voudrons bien leur donner, la résonnance que NOUS leur accorderons de façon intérieure.

Comme le corps du chanteur, nos vies sont des caisses de résonnances. Elles amplifient le message que notre être même apporte au monde. En travaillant sur notre intériorité, en faisant le tri sur les sentiments, les actes et les pensées qui font notre être, nous modifions la sonorité et l’écho que nous produisons dans le monde.

Pour cette raison, quels que soient les événements de l’année passés et quels que soient ceux de l’année à venir, nous devons être vigilants à la façon dont nous « faisons résonnance », et de la façon dont nous « faisons raisonnance ». Notre raison doit passer en revue le troupeau des sentiments qui s’agitent, pour que nous nourrissions avant tout ceux que nous voulons voir grandir.

Ountané Tokef est une co-création de l’histoire et de la légende, du passé et du présent, ses thèmes sont repris autant par Léonard Cohen (1934-) « who by fire » que par les hilonim, les laïcs israéliens émus au plus profond par l’air de Yayir Rosenblum (1944-1996) du Kibouts bet hachita.

And who by fire, who by water,

Who in the sunshine, who in the night time,

Who by high ordeal, who by common trial,

Who in your merry merry month of may,

Who by very slow decay,

And who shall I say is calling?

_

And who in her lonely slip, who by barbiturate,

Who in these realms of love, who by something blunt,

And who by avalanche, who by powder,

Who for his greed, who for his hunger,

And who shall I say is calling?

_

And who by brave assent, who by accident,

Who in solitude, who in this mirror,

Who by his lady’s command, who by his own hand,

Who in mortal chains, who in power,

And who shall I say is calling?

 

Et c’est ainsi, comme le disent les hilHot téchouva de Maimonide (1138-1204), une seule action peut faire la différence.

Si je fais le compte de mes sentiments et de mes actes au niveau personnel, alors je saurai qu’une seule action peut faire pencher la balance en ma faveur, que si nous faisons le compte et pensons nos actes d’une façon collective, alors une seule action d’un seul d’entre nous peut faire pencher la balance pour notre communauté et pour tous les groupes humains dont nous faisons partie, et si nos organisations savent faire le compte de leurs actions réciproques et coordonner leurs actions, alors les forces du bien et de la solidarité pourront faire pencher la balance du monde du bon côté.

Maimonide HilHot téchouva 3 :4

לפיכך צריך כל אדם שיראה עצמו כל השנה כולה כאילו חציו זכאי וחציו חייב. וכן כל העולם חציו זכאי וחציו חייב.

חטא חטא אחד, הרי הכריע את עצמו ואת כל העולם כולו לכף חובה וגרם לו השחתה.

עשה מצוה אחת, הרי הכריע את עצמו ואת כל העולם כולו לכף זכות וגרם לו ולהם תשועה והצלה, שנאמר: « וצדיק יסוד עולם » (משלי י, כה). זה שצדק הכריע את כל העולם לזכות והצילו.

 

Car ensemble nous sommes les co-créateurs de la musique du monde, et chacun d’entre nous compte au plus haut point.

Ainsi que le dit la chanson co-créée par Rabbi NaHman de Bratslav (1772-1810) et par Naomi Shemer (1930-2004).

Prends bien conscience, que chaque berger et bergère a son chant particulier, prends conscience que chaque brin d’herbe possède une musique particulière et la musique des herbes compose le chant des bergers

Comme il est beau, comme il est beau et agréable quand on entend leur chant, qu’il est bon de prier au milieu d’eux et de servir Dieu dans la joie, et avec la musique des herbes le cœur se remplit et désire.

Et quand le cœur se remplit de ce chant et de désir pour la terre d’Israël, une grande lumière se crée et se répand et c’est avec la sainteté de la terre d’Israël et le chant des herbes que se crée la musique du cœur.

דע לך
שכל רועה ורועה
יש לו ניגון מיוחד
משלו
דע לך
שכל עשב ועשב
יש לו שירה מיוחדת
משלו
ומשירת העשבים
נעשה ניגון
של רועה
כמה יפה
כמה יפה ונאה
כששומעים השירה
שלהם
טוב מאוד
להתפלל ביניהם
ובשמחה לעבוד
את השם
ומשירת העשבים
מתמלא הלב
ומשתוקק
וכשהלב
מן השירה מתמלא
ומשתוקק
אל ארץ ישראל
אור גדול
אזי נמשך והולך
מקדושתה של הארץ
עליו
ומשירת העשבים
נעשה ניגון
של הלב

 

 

Le chant de nos vies se recompose aujourd’hui. L’an prochain, à cette époque, 365 jours. 8760 heures. 525 600 minutes. Plus de 30 millions de secondes. Auront passé et nous proposeront un autre « chant nouveau » (Edmond Fleg).

C’est à nous aujourd’hui de réfléchir et de créer le chant que tous ces instants chanteront à l’heure du jugement, dans un an.

Que cette année nous soit harmonieuse, dans le respect de toutes les « herbes » qui nous composent, et de tous les bergers et bergères qui forment nos familles, nos communautés et notre grande fraternité humaine.

Merci à vous de commencer cette nouvelle année avec nous.

 

Chana Tova oumétouka, que vous ayez une année bonne et douce

Léchana tova tikatévou, que vous soyez inscrits pour une bonne année

Les religions dans la tourmente – Nous étions à l’ENM ce vendredi

ENMCe vendredi 7 octobre, l’École Nationale de la Magistrature concluait une session de formation d’une semaine avec une table ronde « Les religions dans la tourmente en France après l’été 2016 ». Cette formation portait sur les monothéismes dans leurs histoires et leurs relations au monde contemporain, qu’elle était organisée par l’IESR pour le service de formation continue de l’ENM. J’ai eu la chance de pouvoir y participer avec différents intervenants passionnants.

La table ronde était menée par Philippe Gaudin, qui est agrégé de Philosophie et Directeur adjoint de l’IESR (EPHE).
La formation réunissait des magistrats et d’une façon plus générale des personnes travaillant au Ministère de la Justice.
La terreur nous confronte à des situations de dilemme, puisque nous devons à la fois prendre des mesures contre des terroristes (alors qu’il n’est pas toujours facile de les identifier) et protéger l’État de Droit qu’est la France (en évitant de se fonder sur une « dangerosité présumée » et en restant proche des infractions réelles et objectives commises).
Le Ministère de la Justice dans ses différentes branches est au cœur de cette double responsabilité. C’est donc avec un sentiment de profond respect pour l’institution et ses participants que j’ai eu la possibilité d’ouvrir le débat.

Ainsi que l’avait demandé Philippe Gaudin, les intervenants se sont d’abord présentés avant de partager l’expérience de leurs coreligionnaires dans les troubles qui nous agitent.

Parmi les grands défis des religions aujourd’hui, j’ai mentionné plusieurs questions fondamentales:
– La relation Tradition/Modernité et de façon connexe la question Croyance/Raison.
– Le défi d’exister en tant que minorité qui refuse à la fois l’assimilation et la communautarisation-fermeture, et qui cultive à la fois son identité humaniste et française et son identité particulière. (Défendre des spécificités culturelles étant également une façon de contribuer à la pérennité de la liberté de penser et de la liberté religieuse, qui comme la liberté de la presse « ne s’usent que quand on ne s’en sert pas ».)
– Notre besoin de contribuer à une limitation de l’impact du terrorisme: comment aider à « réparer » au moins dans la mesure du possible les traumatismes liés à la violence et à la peur? Quels outils les religions peuvent-elles apporter pour limiter la violence? Et en particulier, notre violence intérieure en réaction à ces violences insupportables, la violence liée au risque du repli communautaire, et la violence de l’exclusion, du racisme et de la fracture sur des critères « identitaires » qui menacent au niveau national. Les communautés religieuses ont un rôle à jouer sur ces questions, aux côtés des autorités nationales et des associations de défense des droits de l’homme ou des autres groupes porteurs d’engagement humaniste.

J’ai pu raconter de quelle façon notre mouvement mène des actions de grande ampleur comme les voix de la paix,  et comment nos synagogues s’impliquent dans des actions de terrain comme les dîners chabbatiques « identités multiples » que nous organisons au MJLF-est pour mettre en relation des individus de différentes origines et tradition autour de thématiques transversales (Qu’est-ce que le temps sacré? La culpabilité: oui? non? pourquoi?…) et autour d’associations (Les bâtisseuses de paix, Cordoba, la LICRA….).

Les trois heures que nous avons pu partager ont été très intenses et instructives. Les participants ont partagés quelques unes de leurs actions pour lutter contre l’effet du terrorisme sur leur pratique, que ce soit par une sensibilité accrue aux besoins des justiciables, un travail personnel pour rester impartial ou un effort de formation permanente.

Il est bon d’appartenir à des « communautés » qui partagent nos valeurs. Le séminaire de formation de l’ENM était sans aucun doute la preuve que nous sommes capables de créer des « communautés d’étude et de soutien » qui transcendent les communautés religieuses (si je peux m’exprimer ainsi!), qui défendent les particularismes culturels et religieux en reconnaissant à la fois les spécificités et les ressemblances, et en particulier notre attachement commun et essentiel aux valeurs humanistes.

Pour beaucoup d’entre-nous, le meilleur rempart contre la peur, c’est l’action, merci donc à toutes celles et ceux qui d’une façon directe ou indirecte, en tant que membres, bénévoles ou permanents, permettent à nos communautés de s’exprimer et d’apporter leur soutien aux forces de la démocratie.

Table ronde : les religions dans la tourmente en France après l’été 2016
– Madame Bariza KHIARI, sénatrice, directrice de l’institut des cultures d’islam
– Monsieur Nicolas de BREMOND D’ARS, prêtre catholique du diocèse de PARIS,sociologue au CESOR.
– Monsieur Marc BOSS, théologien et philosophe, Institut protestant de théologie de PARIS
– Madame Floriane CHINSKY, rabbin du Mouvement juif libéral de France

Kohélèt, l’épicurien désenchanté

Le livre de l’Ecclésiaste: approche pédagogique du doute existentiel! – Bible et Pédagogie 2, c’est déjà dimanche prochain, à Gambetta/Surmelin. Pour les parents et tous ceux qui aiment la pédagogie.

Il n’y a pas d’âge pour se poser des questions sur la vie et la mort. Les grands cauchemars de nos tout-petits, les réactions de nos ados, et nos propres sentiments nous le prouvent au quotidien.

On pourrait s’imaginer qu’il faut être toujours optimiste. Si tel était le cas, que fait Kohélet, l’Ecclésiaste, dans la Bible ? Lui qui représente la sagesse, lui, le Roi Salomon, se permet de mettre en doute le fait que le bon comportement soit bénéfique. L’histoire n’est pas facile à raconter, et il faudra faire des efforts de « traduction » pour les plus jeunes, mais le jeu en vaut la chandelle.

Et nous, nous permettons-nous de verser dans le doute ? Lorsque nous voyons les difficultés du monde, quelles sont nos réactions ? Kohélèt constate la fragilité de la vie humaine, quelle conclusion en tire-t-il ? Est-ce que nous le suivons dans son chemin ? Sa sagesse est-elle également pour nous un point de « rassemblement », de Kéhila, de communauté ?

(Attention, le texte suivant est repris de la traduction en français par le rabbinat. Le texte biblique ne doit pas être statique et les traductions ont tendance à appauvrir. Nous vous invitons à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître.  Merci.)

Pour étudier avec nous à Ganénou-Nation ce dimanche de 10h (accueil à 9h30) à 11h15, contactez Raffaela ou répondez à cet article en commentaire.

I -1 Paroles de Kohélet, fils de David, roi à Jérusalem. 2 Vanité des vanités, a dit Kohélet, vanité des vanités; tout est vanité! 3 Quel profit tire l’homme de tout le mal qu’il se donne sous le soleil? 4 Une génération s’en va, une autre génération lui succède, et la terre subsiste perpétuellement. 5 Le soleil se lève, le soleil se couche: il se hâte vers son point de départ, où il se lèvera encore, 6 pour s’avancer vers le sud et décrire sa courbe vers le nord; le vent progresse en évoluant toujours et repasse par les mêmes circuits. 7 Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n’en est pas remplie; vers l’endroit qui est assigné aux fleuves, ils dirigent invariablement leur cours. 8 Toutes choses sont toujours en mouvement; personne n’est capable d’en rendre compte. L’œil n’en a jamais assez de voir, ni l’oreille ne se lasse d’entendre. 9 Ce qui a été c’est ce qui sera; ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera: il n’y a rien de nouveau sous le soleil! 10 Il est telle chose dont on dirait volontiers: « Voyez, ceci est nouveau » Eh bien! Cette chose a déjà existé dans les temps qui nous ont précédés. 11 Nul souvenir ne subsiste des anciens, de même de leurs plus récents successeurs il ne demeurera aucun souvenir chez ceux qui viendront plus tard. 12 Moi, Kohélet, je suis devenu roi d’Israël, à Jérusalem. 13 Et j’ai pris à cœur d’étudier, d’examiner avec sagacité tout ce qui se passe sous le soleil: c’est une triste besogne que Dieu a offerte aux fils d’Adam pour s’en tracasser. 14 J’ai donc observé toutes les œuvres qui s’accomplissent sous le soleil: eh bien! Tout est vanité et pâture de vent. 15 Ce qui est tordu ne peut être redressé, et ce qui manque ne peut entrer en compte. 16 Je me suis dit en moi-même: « Voilà que j’ai, moi, accumulé et amassé plus de sagesse que tous ceux qui m’ont précédé à Jérusalem; mon cœur a acquis un grand fonds de discernement et d’expérience. » 17 J’avais en effet appliqué mon attention à connaître la sagesse et à discerner la folie et la sottise, et je me suis aperçu que cela aussi était pâture de vent; 18 car, abondance de sagesse, abondance de chagrin, et accroître sa science, c’est accroître sa peine.

II-1 Je me suis dit à moi-même: « Allons! Je veux te faire faire l’expérience de la joie, te donner du bon temps. » Eh bien! Cela aussi est vanité! 2 A la gaîté j’ai dit: « Tu es folie! Et à la joie: « A quoi sers-tu? » 3 Je résolus, à part moi, de prodiguer à mon corps les plaisirs du vin et, tout en restant attaché de cœur à la sagesse, de faire une place à la folie, de façon à voir quel est le meilleur parti que puissent suivre les fils d’Adam sous le ciel, au cours de leur existence. 4 J’entrepris de grandes choses: je me bâtis des palais, je me plantai des vignes. 5 Je me fis des jardins et des parcs, et j’y plantai toutes sortes d’arbres fruitiers. 6 Je me construisis des réservoirs d’eau, pour arroser des forêts riches en arbres. 7 J’acquis des esclaves et des servantes, j’eus un nombreux personnel domestique; mes troupeaux de bœufs et de brebis dépassaient de loin ceux de tous mes prédécesseurs à Jérusalem. 8 Je m’amassai aussi de l’argent et de l’or, les trésors précieux des rois et des provinces; je me procurai des chanteurs et des chanteuses, ce qui fait les délices des fils d’Adam, de nombreuses odalisques. 9 Je surpassai ainsi en faste et en richesse tous ceux qui m’avaient précédé à Jérusalem; en même temps ma sagesse me restait comme appui. 10 Rien de ce que mes yeux pouvaient désirer ne leur était refusé par moi; je n’interdis aucun plaisir à mon cœur. Mon cœur, en effet, n’eut qu’à s’applaudir des soins que je prenais, et telle fut la récompense de toutes mes peines. 11 Mais quand je me mis à considérer toutes les œuvres accomplies par mes mains et tous les tracas que je m’étais imposés, je constatai que tout était vanité et pâture de vent, et qu’il n’est point d’avantage durable sous le soleil. 12 Puis, je me mis à passer en revue sagesse, folie et sottise: « Car, me disais-je, que [pourra faire] l’homme qui viendra après le roi? Celui-ci aura déjà tout fait. » 13 Je m’aperçus que la sagesse est supérieure à la folie autant que la lumière est supérieure aux ténèbres: 14 Le sage a ses yeux dans la tête, et le sot chemine dans les ténèbres. Mais je reconnus aussi qu’un même sort est réservé à l’un et à l’autre. 15 Alors je dis en mon cœur: « Le sort du fou est le même qui m’attend, moi; dès lors, à quoi bon avoir acquis tant de sagesse? » Et je m’avouai à moi-même que cela encore est vanité. 16 En effet, le souvenir du sage n’est pas plus durable que celui du fou; car viennent les temps futurs, tout tombera dans l’oubli! Et comment se fait-il que le sage meure à l’égal du fou? 17 Aussi ai-je pris la vie en haine, car je regardai comme mauvais tout ce qui se passe sous le soleil, tout n’étant que vanité et pâture de vent. 18 Je finis aussi par détester tout le labeur auquel je m’étais adonné sous le soleil, et dont je dois laisser les fruits à quelqu’un qui me succédera. 19 Or, qui sait s’il sera sage ou sot? Et pourtant il sera maître de tout ce que j’aurai acquis sous le soleil par mon travail et mon ingéniosité. Cela aussi est vanité. 20 Je me laissai donc aller à prendre en aversion tout le labeur pour lequel j’avais peiné sous le soleil. 21 Car voilà un homme qui a travaillé avec sagesse, réflexion et succès, et il doit tout laisser en propriété à quelqu’un qui ne s’est donné aucun mal! Cela aussi est vanité et souverainement mauvais. 22 Qu’est-ce qui revient donc à l’homme de tout son labeur et de toutes les combinaisons de son esprit, pour lesquelles il se tracasse sous le soleil? 23 En effet, tous ses jours sont pénibles, son activité est une source de chagrin; même la nuit son cœur n’a point de repos. Cela encore est vanité. 24 Ne vaut-il pas mieux pour l’homme de manger, de boire et de se donner du plaisir pour prix de son labeur? Cela aussi, je l’ai constaté, émane de Dieu. 25 Car qui peut manger et jouir en dehors de sa volonté? 26 C’est à l’homme qui lui plait qu’il donne sagesse, intelligence et joie; tandis qu’au pécheur il impose la corvée de recueillir et d’entasser [des biens], qu’il fait passer ensuite à celui qui jouit de la faveur divine. Cela est également vanité et pâture de vent.

IX – 1 Tout cela, je l’ai noté dans mon esprit et cherché à le tirer au clair: les justes, les sages et ce qu’ils font sont dans la main de Dieu; les hommes ne se rendent compte ni de l’amour ni de la haine; tout leur échappe. 2 Tous sont soumis à des accidents pareils; un même sort attend le juste et le méchant, l’homme bon et pur et l’impur, celui qui sacrifie et celui qui ne sacrifie point; l’homme de bien est comme le pécheur, celui qui prête des serments comme celui qui craint de jurer. 3 C’est là le défaut de tout ce qui s’accomplit sous le soleil, qu’une même destinée y soit réservée à tous; aussi le cœur des hommes déborde-t-il de méchanceté, la folie emplit leur âme leur vie durant; après cela… [en route] vers les morts! 4 Or, qui demeure dans la société des vivants peut avoir quelque espoir, car un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. 5 Les vivants savent du moins qu’ils mourront, tandis que les morts ne savent quoi que ce soit; pour eux plus de récompense, car leur souvenir même s’efface, 6 leur amour, leur haine, leur jalousie, tout s’est évanoui ils n’ont plus désormais aucune part à ce qui se passe sous le soleil. 7 Va donc, mange ton pain allègrement et bois ton vin d’un cœur joyeux; car dès longtemps Dieu a pris plaisir à tes œuvres. 8 Qu’en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l’huile ne cesse de parfumer ta tête. 9 Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, tous les jours de l’existence éphémère qu’on t’accorde sous le soleil, oui, de ton existence fugitive car c’est là ta meilleure part dans la vie et dans le labeur que tu t’imposes sous le soleil. 10 Tout ce que tes propres moyens permettent à ta main de faire, fais-le; car il n’y aura ni activité, ni projet, ni science, ni sagesse dans le Cheol, vers lequel tu te diriges. 11 J’ai encore observé sous le soleil que le prix de la course n’est pas assuré aux plus légers, ni la victoire dans les combats aux plus forts, ni le pain aux gens intelligents, ni la richesse aux sages, ni la faveur à ceux qui savent; car mêmes destinées et mêmes accidents sont le lot de tous.

(texte tiré de http://sefarim.fr/)

Texte à télécharger en cliquant sur le lien suivant: pedagogie 5777 -2 Ecclesiaste

 

Pour cette année, vivez comme des ‘dieux’!

לשנה טובה תכתבו
לשנה טובה תכתבו

Le talmud avoda zara nous enseigne que l’Eternel partage son temps à trois choses,étudier la Torah, nourrir ses créatures, et jouer avec le Léviatan.

Que notre année à venir soit, elle aussi, pleine d’apprentissages, de générosité et de fantaisie.

 

לשנה טובה תכתבו

 

Pourquoi Dieu n’utilise-t-il pas la violence contre les « fausses religions » ?

Avoda zara 54b

Dieu semble se compliquer la vie. S’il n’aime pas les cultes idolâtres, pourquoi ne pas tout simplement les détruire ? Pourquoi ne pas détruire ceux qui le défient ouvertement ? Telle est la question posée par les sages des nations à Israël d’après le Talmud.

C’est une bonne question. Pourquoi Dieu n’utilise pas lui-même la violence ? La violence peut-elle résoudre les conflits religieux ? Est-il légitime de s’approprier la « volonté de dieu » pour défendre l’un ou l’autre culte ?

Pour les sages du Talmud, Dieu lui-même s’interdit la violence, et respecte la liberté de croyance de chacun. Le monde poursuit son cours, à charge pour nous de le rendre aussi bien que possible. Voilà en tout cas l’une des réponses apportées par notre sougia ce mercredi.

(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

Pour nous rejoindre au café des Psaumes ce mercredi de 12h30 (accueil à 12h) à 14h , contactez Paule sur facebook ou répondez à cet article en commentaire.

On enseigne dans la michna on a demandé aux anciens à Rome s’il n’aime pas le service des étoiles pourquoi ne l’annule-t-il pas ils leur ont dit si ils servaient des choses dont le monde n’a pas besoin il l’annulerait voici qu’ils servent le soleil et la lune et les étoiles et les constellations il va détruire son monde à cause des fous ils leur dirent si c’est ainsi qu’il détruire les choses dont le monde n’a pas besoin et qu’il laisse les choses dont le monde a besoin ils leur dirent et aussi nous soutenons les mains de ceux qui disent ce sont des divinités puisque elles n’ont pas été détruites

 

Guémara les sages ont enseigné les sages des nations ont demandé aux anciens à Rome si leurs dieu ne désire pas le service des étoiles pour quelle raison ne l’annule-t-il pas ils leur dire si ils servaient une chose une chose dont le monde n’a pas besoin il l’annulerait or ils servent le soleil et la lune et les étoiles et les constellations il va détruire le monde à cause des fous mais le monde se conduit selon sa conduite et les fous qui le détruisent finiront par être jugés autre chose voici qu’il a volé un séa de blé et l’a planté dans le sol est-ce justice qu’il ne pousse pas mais le monde se conduit selon sa conduite et continue et les fous qui le détruisent finiront par être jugés autre chose voici celui qui a des relations avec la femme de son prochain est-ce justice qu’elle ne tombe pas enceinte mais le monde se conduit selon sa conduite et continue et les fous qui le détruisent finiront par être jugés et c’est ce qu’a dit rech lakich le saint béni soit-il a dit je ne juge pas les méchants qui rendent mon effigie sans valeur mais qui m’oppressent et s’attribuent ma signature sans mon accord.

מתני’ שאלו את הזקנים ברומי אם אין רצונו בעבודת כוכבים למה אינו מבטלה אמרו להן אילו לדבר שאין צורך לעולם בו היו עובדין היה מבטלו הרי הן עובדין לחמה וללבנה ולכוכבים ולמזלות יאבד עולמו מפני השוטים אמרו להן א »כ יאבד דבר שאין צורך לעולם בו ויניח דבר שצורך העולם בו אמרו להן אף אנו מחזיקין ידי עובדיהן של אלו שאומרים תדעו שהן אלוהות שהרי הן לא בטלו:

גמ ת »ר שאלו פלוסופין את הזקנים ברומי אם אלהיכם אין רצונו בעבודת כוכבים מפני מה אינו מבטלה אמרו להם אילו לדבר שאין העולם צורך לו היו עובדין הרי הוא מבטלה הרי הן עובדין לחמה וללבנה ולכוכבים ולמזלות יאבד עולם מפני השוטים אלא עולם כמנהגו נוהג ושוטים שקלקלו עתידין ליתן את הדין דבר אחר הרי שגזל סאה של חטים [והלך] וזרעה בקרקע דין הוא שלא תצמח אלא עולם כמנהגו נוהג והולך ושוטים שקלקלו עתידין ליתן את הדין דבר אחר הרי שבא על אשת חבירו דין הוא שלא תתעבר אלא עולם כמנהגו נוהג והולך ושוטים שקלקלו עתידין ליתן את הדין והיינו דאמר ריש לקיש אמר הקב »ה לא דיין לרשעים שעושין סלע שלי פומבי אלא שמטריחין אותי ומחתימין אותי בעל כרחי

 

 

Quelle vision a-t-on ici du « miracle » ? Qu’apprenons-nous sur la liberté de croyance de l’homme ? Sur l’intervention de dieu ou non dans le quotidien humain ? La violence est-elle un moyen légitime de faire avancer une cause ?

Texte à télécharger en cliquant sur le lien suivant: talmud 5777 -1 Avoda zara 54b

Vrais et faux prophètes, l’éclairage de Rachi

La prophétie, c’est quelque chose d’impressionnant ! ‘Dieu lui-même s’adresse aux êtres humains… En donnant les 10 commandements, ‘Dieu a mis en place un système dans lequel le peuple entier est prophète, tous ayant entendu la parole divine. Mais comment protéger les individus contre leur naïveté et leur volonté d’absolu ? Comment se protéger contre les faux prophètes ? Quel processus est mis en place dans notre paracha, et détaillé par Rachi ? Quel est le sens de ces recommandations pour nous aujourd’hui sur le plan politique et sur le plan personnel ?

Téléchargez rachi-5777-1-choftim

(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

 

Pour étudier avec nous, rejoignez-nous à Surmelin : MJLF-est ce chabbat de 9h30 (précises, accueil à 9h15) à 10h20.

 

18 :13 s.

Intègre tu seras avec Hachem, ton Eloqim Marche avec Lui avec intégrité, aie confiance en Lui, et ne scrute pas l’avenir. Mais accepte avec intégrité tout ce qui t’advient, et alors tu seras avec Lui et tu seras Sa part.

Ce n’est pas ainsi que t’a donné Le Saint béni soit-Il d’écouter les magiciens et les faiseurs de sortilèges, car Il a fait reposer la chekhina sur les prophètes et sur les ourim et toumim.

Du milieu de toi, d’entre tes frères, comme moi Tout comme je suis « du milieu de toi, d’entre tes frères », Il te l’élèvera à ma place, et ainsi de suite de prophète en prophète.

18 :20.s

Que je ne lui ai pas ordonné de déclarer Mais que j’ai ordonné à un autre que lui (Sanhèdrin 89a).

Et qui parlera au nom d’autres dieux Même s’il se conforme à la halakha, en interdisant ce qui est interdit et en permettant ce qui est permis.

Mourra Par strangulation. Trois cas de peines capitales sont de la compétence des tribunaux humains : pour avoir prophétisé ce qu’on n’a pas entendu, ou ce qui n’a pas été dit à soi-même mais à un autre que soi, et pour avoir prophétisé au nom d’autres dieux. Celui qui, en revanche, se retient de livrer sa propre prophétie, ou qui transgresse ce qu’a dit un prophète, ou qui transgresse ce qu’il a dit lui-même, sa mort est décrétée par le Ciel, comme il est écrit : « Moi, je redemanderai de lui » (verset 19).

 

Et lorsque tu diras dans ton cœur Vous vous le demanderez un jour lorsque ‘Hanania ben ‘Azzour viendra prophétiser : « Voici, les ustensiles de la maison de Hachem reviendront bientôt de Bavel » (Yirmeya 27, 16), et que se dressera Yirmeya pour proclamer que « les colonnes et la mer de cuivre ainsi que les autres ustensiles que Nevoukhadnétsar n’avait pas emportés à Bavel lors de l’exil de Yekhonya seront emportés avec l’exil de Tsidqiyahou » (ibid. 19 et suivants).

Ce que déclarera le prophète Lorsqu’il dira : « Voici ce qui vous adviendra ! », et que vous verrez que cela ne se réalisera pas, « cette parole-là est ce que Hachem n’a pas déclaré », et tu le mettras à mort. [Le présent verset] s’applique à celui qui prédit un événement à venir. Mais si quelqu’un vient dire : « Faites ceci ou cela, et c’est sur l’ordre du Saint béni soit-Il que je le dis ! », un autre texte (supra 13, 4) est déjà venu édicter le précepte que si quelqu’un vient te fourvoyer hors de l’une des mitswoth, tu ne l’écouteras pas, à moins qu’il ne soit reconnu comme un juste parfait (Sanhèdrin 89b). Cela a été le cas, par exemple, pour Eliyahou au mont Carmel lorsqu’il a offert des sacrifices sur une bama (« autel individuel ») (I Melakhim 18) à une époque où cela était interdit, cela afin de détourner Israël [de l’idolâtrie] (Yevamoth 90b). Tout dépend des circonstances du moment et de [la nécessité d’élever] une haie protectrice contre une brèche. Voilà pourquoi il est écrit : « “Lui” vous l’écouterez » (verset 15).

Tu n’auras pas peur de lui Tu ne te retiendras pas de porter contre lui une accusation, et tu ne craindras pas d’être puni à cause de lui.

 

תָּמִים תִּהְיֶה עִם ה’ אֱלֹהֶיךָ. הִתְהַלֵּךְ עִמּוֹ בִּתְמִימוּת וּתְצַפֶּה לוֹ וְלֹא תַּחֲקֹר אַחַר הָעֲתִידוֹת, אֶלָּא כָּל מַה שֶּׁיָּבֹא עָלֶיךָ קַבֵּל בִּתְמִימוּת וְאָז תִּהְיֶה עִמּוֹ וּלְחֶלְקוֹ:

לֹא כֵן נָתַן לְךָ ה’ אֱלֹהֶיךָ. לִשְׁמֹעַ אֶל מְעוֹנְנִים וְאֶל קוֹסְמִים שֶׁהֲרֵי הִשְׁרָה שְׁכִינָה עַל הַנְּבִיאִים וְאוּרִים וְתֻמִּים:

מִקִּרְבְּךָ מֵאַחֶיךָ כָּמֹנִי. כְּמוֹ שֶׁאֲנִי מִקִּרְבְּךָ מֵאַחֶיךָ יָקִים לְךָ תַּחְתַּי וְכֵן מִנָּבִיא לְנָבִיא:

 

אֲשֶׁר לֹא צִוִּיתִיו לְדַבֵּר. אֲבָל צִוִּיתִיו לַחֲבֵרוֹ:

וַאֲשֶׁר יְדַבֵּר בְּשֵׁם אֱלֹהִים אֲחֵרִים. אֲפִלּוּ כִּוֵּן אֶת הַהֲלָכָה לֶאֱסֹר אֶת הָאָסוּר וּלְהַתִּיר אֶת הַמֻּתָּר:

וּמֵת. בְּחֶנֶק שְׁלֹשָׁה מִיתָתָן בִּידֵי אָדָם: הַמִּתְנַבֵּא מַה שֶּׁלֹּא שָׁמַע וּמַה שֶּׁלֹּא נֶאֱמַר לוֹ וְנֶאֱמָר לַחֲבֵרוֹ וְהַמִּתְנַבֵּא בְּשֵׁם עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים, אֲבָל הַכּוֹבֵשׁ אֶת נְבוּאָתוֹ וְהָעוֹבֵר עַל דִּבְרֵי נָבִיא וְהָעוֹבֵר עַל דִּבְרֵי עַצְמוֹ מִיתָתָן בִּידֵי שָׁמַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר:

וְכִי תֹאמַר בִּלְבָבֶךָ. עֲתִידִין אַתֶּם לוֹמַר: כְּשֶׁיָּבֹא חֲנַנְיָה בֶּן עַזּוּר וּמִתְנַבֵּא: הִנֵּה כְּלֵי בֵּית ה’ מוּשָׁבִים מִבָּבֶלָה עַתָּה מְהֵרָה וְיִרְמְיָהוּ עוֹמֵד וְצוֹוֵחַ אֶל הָעַמּוּדִים וְעַל הַיָּם וְעַל יֶתֶר הַכֵּלִים שֶׁלֹּא גָּלוּ עִם יְכָנְיָה בָּבֶלָה יוּבְאוּ עִם גָּלוּת צִדְקִיָּהוּ:

אֲשֶׁר יְדַבֵּר הַנָּבִיא. וְיֹאמַר דָּבָר זֶה עָתִיד לָבֹא עֲלֵיכֶם וְתִרְאוּ שֶׁלֹּא יָבֹא. הוּא הַדָּבָר אֲשֶׁר לֹא דִּבְּרוֹ ה’ וַהֲרֹג אוֹתוֹ וְאִם תֹּאמַר זוֹ בְּמִתְנַבֵּא עַל הָעֲתִידוֹת הֲרֵי שֶׁבָּא וְאָמַר עֲשׂוּ כָּךְ וְכָךְ וּמִפִּי הַקָּבָּ »ה אֲנִי אוֹמֵר כְּבָר נִצְטַוּוּ שֶׁאִם בָּא לְהַדִּיחֲךָ מֵאַחַת מִכָּל הַמִּצְוֹת לֹא תִּשְׁמַע לוֹ, אֶלָּא אִם כֵן מֻמְחֶה הוּא לְךָ שֶׁהוּא צַדִּיק גָּמוּר, כְּגוֹן אֵלִיָּהוּ בְּהַר הַכַּרְמֶל שֶׁהִקְרִיב בַּבָּמָה בִּשְׁעַת אִסּוּר הַבָּמוֹת כְּדֵי לִגְדֹּר אֶת יִשְׂרָאֵל, הַכֹּל לְפִי צֹרֶךְ שָׁעָה וּסְיַג הַפִּרְצָה לְכָךְ נֶאֱמָר אֵלָיו תִּשְׁמָעוּן:

לֹא תָגוּר מִמֶּנּוּ. לֹא תִּמְנַע עַצְמְךָ מִלְּלַמֵּד עָלָיו חוֹבָה וְלֹא תִּירָא לֵעָנֵשׁ עָלָיו:

 

Jonas, le gentil prophète désobéissant

Le livre de Jonas: approche pédagogique de l’obéissance relative – Bible et Pédagogie 1, c’est déjà dimanche prochain, à Nation/Ganénou. Pour les parents et tous ceux qui aiment la pédagogie.

On pourrait s’imaginer qu’il faut être parfait, qu’il faut être obéissant, qu’il faut vouloir le bien des autres toujours et qu’il faut faire son devoir. Si tel est le cas, que fait le prophète Jonas dans la Bible ? Et pourquoi lit-on son histoire à Kipour ? Est-ce que nous nous identifions au Ninvéens qui réussissent finalement à faire téchouva, à comprendre leur erreur et à changer ? Ou bien nous identifions-nous à Jonas, qui refuse sa mission, et progresse cahin-caha en réussissant malgré lui ?

L’histoire de Jonas est l’occasion de dévoiler nos sentiments face au « devoir d’obéissance » que nous nous imposons à nous-mêmes et à nos enfants, et à évaluer notre « pouvoir de bienveillance » pour accueillir avec douceur les manquements des uns et des autres, ce qui reste la meilleure façon d’accompagner un changement vers le mieux.

Quelles sont les tâches que nous fuyons ? Qui nous les a commandées ? Où fuyons-nous pour y échapper ? Qui nous rappelle à notre devoir ? La suite tourne-t-elle comme nous l’avions prévu ? Mieux ou moins bien ? Sommes-nous finalement satisfaits du résultat final ? Si nous faisions un parallèle entre Jonas et nous, à quoi chacunes de ces péripéties correspondrait-elle dans notre histoire personnelle ?

(Attention, le texte suivant est repris de la traduction en français par le rabbinat. Le texte biblique ne doit pas être statique et les traductions ont tendance à appauvrir. Nous vous invitons à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître.  Merci.)

Pour étudier avec nous à Ganénou-Nation ce dimanche de 10h (accueil à 9h30) à 11h15, contactez Raffaela ou répondez à cet article en commentaire.

1 La parole de l’Eternel fut adressée à Jonas, fils d’Amittaï, en ces termes: 2 « Lève-toi! Va à Ninive, la grande ville, et prophétise contre elle; car leur iniquité est arrivée jusqu’à moi. » 3 Mais Jonas se leva pour fuir à Tarsis, hors de la présence de l’Eternel; il se rendit à Jaffa, où il trouva un vaisseau en partance pour Tarsis. II paya le passage et s’y embarqua pour aller avec eux à Tarsis, loin de la présence de l’Eternel. 4 Or, l’Eternel suscita un vent violent sur la mer et une grande tempête s’y éleva; le vaisseau pensa se briser. 5 Les matelots prirent peur, et chacun d’invoquer son Dieu. Ils jetèrent à la mer les objets qui se trouvaient sur le vaisseau afin de l’alléger. Pour Jonas, il était descendu au fond du navire, s’y était couché et profondément endormi. 6 Le commandant de l’équipage s’approcha de lui et lui dit: « Que fais-tu là, dormeur? Debout! Invoque ton Dieu, peut-être ce Dieu-là s’ingéniera-t-il en notre faveur, de sorte que nous ne périrons pas. » 7 Cependant les matelots se disaient l’un à l’autre: « Voyons, tirons au sort, afin de connaître celui qui nous attire ce malheur. » Ils tirèrent au sort, et le sort désigna Jonas. 8 Ils lui dirent: Apprends-nous donc puisque c’est toi qui nous attires ce malheur quelle est ta profession et d’où tu viens; quel est ton pays et à quel peuple tu appartiens. » 9 Il leur répondit: « Je suis Hébreu; j’adore l’Eternel, Dieu du ciel, qui a créé la mer et la terre ferme. » 10 Ces hommes, saisis d’une grande terreur, lui dirent: « Qu’as-tu fait là! » Car ils surent alors qu’il s’enfuyait de devant l’Eternel, Jonas le leur ayant appris. 11 Ils ajoutèrent: « Que devons-nous faire de toi pour que la mer se calme autour de nous? Car la mer devient de plus en plus furieuse. » 12 Il leur répondit: « Prenez-moi et jetez-moi à la mer, vous la verrez s’apaiser, car je reconnais que c’est par mon fait que vous essuyez cette violente tempête. » 13 Ces hommes firent force de rames pour regagner la côte, mais ils ne purent, tant la mer orageuse continuait à les assaillir! 14 Ils invoquèrent donc l’Eternel en disant: « De grâce, ô Eternel, ne nous fais point périr à cause de cet homme, et ne fais pas retomber sur nous le sang innocent! Car c’est toi-même qui as fait ce que tu as voulu. » 15 Puis ils saisirent Jonas et le jetèrent à la mer. Aussitôt la fureur de la mer se calma. 16 Et ces hommes conçurent une vénération profonde pour l’Eternel; ils lui offrirent des sacrifices et firent des vœux en son honneur.

1 L’Eternel suscita un énorme poisson, qui engloutit Jonas; celui-ci resta dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits. 2 Dans les entrailles mêmes de ce poisson, Jonas adressa une prière à l’Eternel, son Dieu, 3 et il dit: « Dans ma détresse j’ai invoqué l’Eternel, il m’a répondu : du sein du Cheol je t’ai imploré, tu as entendu ma voix. 4 Le flot me ballottait au cœur des mers, et les courants m’enveloppaient; toutes tes vagues et toutes tes lames passaient sur moi. 5 Déjà je me disais: « Je suis repoussé loin de tes regards! » Mais non, je veux contempler encore ton temple saint. 6 Les eaux m’investissaient, menaçant ma vie, j’étais cerné par l’Abîme, les algues étreignaient ma tête. 7 Précipité jusqu’à la racine des montagnes, la terre me fermait ses barrières pour toujours… Tu as sauvé ma vie de la perdition, Eternel, mon Dieu. 8 Quand mon âme, dans mon sein, allait défaillir, je me suis ressouvenu de l’Eternel, et ma prière a monté vers toi, vers ton sanctuaire auguste. 9 Ceux qui révèrent des idoles menteuses, ceux-là font bon marché de leur salut. 10 Pour moi, c’est en te rendant hautement grâce, que je t’offrirai des sacrifices; j’accomplirai les vœux que j’ai prononcés: le secours vient du Seigneur! » 11 L’Eternel ordonna au poisson de rejeter Jonas sur la côte.

1 La parole de l’Eternel fut adressée une seconde fois à Jonas, en ces termes: 2 « Lève-toi, va à Ninive la grande ville, et fais-y la publication que je te dicterai. » 3 Jonas se leva et se rendit à Ninive, selon l’ordre du Seigneur. Or, Ninive était une ville puissamment grande: [il fallait] trois jours pour la parcourir. 4 Jonas commença à parcourir la ville l’espace d’une journée, et publia cette annonce: « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite! » 5 Les habitants de Ninive crurent en Dieu; ils proclamèrent un jeûne, et tous, grands et petits, se vêtirent de cilices. 6 Le bruit étant parvenu jusqu’au roi de Ninive, il se leva de son trône, jeta bas son manteau, se couvrit d’un cilice et s’assit sur la cendre. 7 Et il fit publier dans Ninive comme décret du roi et de ses dignitaires ce qui suit: « Que ni homme ni bête, ni gros ni menu bétail ne goûtent quoi que ce soit; qu’on ne les laisse pâturer ni boire de l’eau. 8 Que les hommes et le bétail soient enveloppés de cilices; que chacun invoque Dieu avec force, qu’il renonce à sa mauvaise conduite et à la rapine qui est dans ses mains! 9 Qui sait? Peut-être Dieu, se ravisant, révoquera-t-il son arrêt et se départira-t-il de son courroux, pour que nous ne périssions pas. » 10 Dieu, en effet, considérant leur conduite, voyant qu’ils avaient abandonné leur mauvaise voie, revint sur la calamité qu’il leur avait annoncée et n’accomplit pas sa menace.

1 Jonas en conçut un grand déplaisir et se mit en colère. 2 Et il adressa à l’Eternel cette prière: « Hélas! Seigneur, n’est-ce pas là ce que je disais étant encore dans mon pays? Aussi m’étais-je empressé de fuir à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu clément et miséricordieux, plein de longanimité et de bienveillance, prompt à revenir sur les menaces. 3 Et maintenant, ô Eternel, de grâce, ôte-moi la vie; car la mort pour moi est préférable à la vie. » 4 L’Eternel répondit: « Est-ce à bon droit que tu t’affliges? » 5 Jonas, étant sorti de Ninive, s’était établi à l’orient de la ville; là il s’était dressé une cabane sous laquelle il s’était assis à l’ombre, dans l’attente de ce qui se passerait dans la ville. 6 Or, le Seigneur Dieu fit pousser un ricin qui s’éleva au-dessus de Jonas pour ombrager sa tête et le consoler de sa douleur. Jonas ressentit une grande joie au sujet du ricin. 7 Mais dès l’aube du lendemain, ce même Dieu suscita un ver qui rongea le ricin, de sorte qu’il se dessécha. 8 Puis, quand le soleil fut levé, Dieu fit souffler un vent d’Est étouffant, et le soleil darda ses feux sur la tête de Jonas, qui en fut accablé. Alors il se souhaita la mort à lui-même, et il dit: « La mort vaudrait mieux pour moi que la vie. » 9 Et Dieu dit à Jonas: « Est-ce à bon droit que tu te chagrines à cause de ce ricin? » Il répondit: « Je m’en chagrine à bon droit, au point de désirer la mort. » 10 L’Eternel répliqua: « Quoi! tu as souci de ce ricin qui ne t’a coûté aucune peine, que tu n’as point fait pousser, qu’une nuit a vu naître, qu’une nuit a vu périr: 11 et moi je n’épargnerais pas Ninive, cette grande ville, qui renferme plus de douze myriades d’êtres humains, incapables de distinguer leur main droite de leur main gauche, et un bétail considérable! »

(texte tiré de http://sefarim.fr/)

Texte à télécharger en cliquant sur le lien suivant: pedagogie 5777 -1 jonas

Bible et pédagogie: prenez date!

La Bible juive comme outil pédagogique – Cycle Parents et pédagogues  5777 – Rabbin Floriane Chinsky

Où ? Ecole Ganénou, 11 Rue du Sergent Bauchat, 75012 Paris
Quand ? Un dimanche par mois (11/09 ; 16/10 ; 11/12 ; 5/03 ;14/05)
de 10h (accueil 9h30) à 11h15

La Pédagogie en tant qu’art d’éduquer est au cœur de la pensée juive. La tradition nous enseigne la complémentarité du faire et du comprendre, chaque pratique étant comme l’art de nous éduquer nous-mêmes. L’étude de la Torah est centrale dans le judaïsme. En étudiant nous-mêmes, nous montrons à nos enfants combien l’étude compte pour nous, et apprenant à enseigner, nous profitons au mieux du grand privilège qui est le nôtre, la transmission.

La Bible n’est pas toujours facile à comprendre, et certains passages peuvent parfois nous révolter. Pour notre tradition, ces réactions sont normales et saines, car elles sont une occasion de réfléchir. Réfléchir pour nous-mêmes au sens de la vie, et partager nos réflexions avec nos enfants, est une belle façon de transmettre nos valeurs, d’une façon très douce et très respectueuse.

Les Livres Bibliques nous donnent l’occasion de parler non pas « des problèmes » quand ils arrivent, mais des « valeurs » et des « solutions possibles » à nos difficultés. Le « que penses-tu de telle situation » peut souvent remplacer avantageusement le très solennel « Il faut qu’on parle ».

Nos textes de cette année seront les textes bibliques lus à la fête juive qui approche, le « prétexte » à la discussion n’est donc pas les difficultés, mais le calendrier.

A partir de la bible dans le texte, avec des traductions en français, des Hévroutot (études en binôme), et avec l’objectif d’en tirer des enseignements de sagesse, nous trouverons chacun notre place dans l’étude de ce texte merveilleux.

Pour étudier avec nous à Ganénou-Nation ce dimanche de 10h (accueil à 9h30) à 11h15, contactez Raffaella ou répondez à cet article en commentaire.

1             11/09    Jonas, le gentil prophète désobéissant
2             16/10    Kohélet, l’épicurien désenchanté
3             11/12     L’histoire de Hanouka
4             5/3        L’histoire d’Esther
5             14/5      L’histoire de ruth

NB : Les textes sont téléchargeables le dimanche précédent le cours. Pour les recevoir directement dans votre boite email, abonnez-vous au site  https://poursurmelin.wordpress.com/

Pour télécharger le programme, cliquez ici: Pédagogie 5777 Bible – 0
Bible hébreu/français/rachi en ligne cliquez ici: Bible en ligne