Paracha Téroumah : où Dieu habite-t-il ?

« Téroumah » (תְּרוּמָה) signifie « contribution » ou « offrande » en hébreu. Nous rencontrons ce terme dans le deuxième verset de notre paracha.

Chémot 25:1 à 25:2. L’éternel parla à Moïse en ces termes:…« Invite les enfants d’Israël à me préparer une offrande de la part de toute personne incitée par son cœur »…

Il s’agit-là, de demander aux membres du peuple d’Israël de contribuer à la construction de la toute première « maison de Dieu », le Tabernacle.

En remontant le temps, les « maisons de Dieu » ont pris différentes formes dans le Judaïsme : les Synagogues, les deux Temples de Jérusalem, les lieux consacrés à Dieu, et au commencement ce fut le Tabernacle dont Moïse, à la demande de l’Éternel, supervisa la fabrication. Le Tabernacle était un sanctuaire transportable. Il abritait l’Arche d’Alliance dans laquelle étaient enfermés les premiers écrits de la Torah, les Tables de la Loi.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Téroumah du sefer Chémot (Éxode) 25:1 à 27:19 et la « maison de Dieu »

Les enfants d’Israël sont sortis d’Égypte et se trouvent sur la péninsule du Sinaï. Ils ont reçu la Torah et commencent à construire la « maison de Rendez-vous » qui lui servira d’abri et que l’Éternel habitera. Ils commencent également à organiser le rituel religieux juif.

Pourquoi construire une maison pour Dieu, quand on sait ce que représente le divin pour le peuple Juif ? Question étrange mais pleine d’intérêt.

Concentrons-nous sur deux versets de la paracha :

Chémot 25:8 à 25:9. « Et ils me construiront un Sanctuaire, car je résiderai au milieu d’eux,..semblable en tout point à ce que je t’indiquerai, c’est-à-dire au plan du Tabernacle et de toutes ses pièces; c’est ainsi que vous devrez le faire. »

L’Éternel veut dire ceci : ils me feront un Tabernacle (michkan – מִּשְׁכָּן) et c’est en eux que j’habiterai. Ce qui signifie que les enfants d’Israël mèneront à bien, tous ensemble, une réalisation concrète qui établira pour toujours la présence de Dieu dans leur conscience. Cette réalisation matérielle deviendra – et c’est là, le plus important – une réalisation intérieure au sein de chaque être.

Insistons sur le fait que la construction du Sanctuaire est collective. Elle unit tout le peuple d’Israël. Chacun, par sa contribution matérielle et sa part de travail, participe à la cohésion du peuple et renforce sa cohésion spirituelle personnelle.

Parlons maintenant de l’Arche d’Alliance et arrêtons-nous sur les versets suivants :

Chémot 25:17 à 25:21. « Tu feras aussi un couvercle d’or pur…Puis tu feras deux Chérubins d’or, tu les fabriqueras tout d’une pièce, ressortant aux deux bouts du couvercle…Ces Chérubins déploieront leurs ailes vers l’avant, abritant de leurs ailes le couvercle, leurs faces l’une vers l’autre…dirigées vers le couvercle…Tu placeras ce couvercle sur l’Arche, après avoir déposé dans l’Arche le témoignage que je te donnerai. »

La présence des deux Chérubins (kérouvim – כְּרֻבִים) à visages humains, sur le couvercle de l’Arche, est surprenante. Les lieux de culte juifs sont dépourvus de toute image humaine et de toute décoration matérialisant le divin. Nous nous rappelons que les Dix Paroles interdisent toute représentation de Dieu. Et pourtant deux Chérubins se trouvent, à la demande de l’Éternel, sur le couvercle du réceptacle des Tables de la Loi.

Les deux Chérubins, légèrement penchés, se font face. Selon la tradition, ils se font face quand tout va pour le mieux entre Dieu et son peuple et à l’intérieur de son peuple. Dans le cas contraire, ils se détournent l’un de l’autre. Ils sont en relation intime avec Dieu et c’est d’entre eux que Dieu désire se manifester.

Chémot 25:22. « C’est là que je me présenterai à toi; c’est d’au-dessus de cette couverture, d’entre les deux Chérubins placés sur l’Arche du témoignage, que je te communiquerai tous mes ordres pour les enfants d’Israël. »

L’élaboration du Sanctuaire et l’instauration d’un rituel religieux nous montrent que l’être humain, sans avoir une perception précise de ce que Dieu est, a le sens du sacré et du divin au fond de lui-même; il éprouve souvent le besoin de répandre ses croyances, d’extérioriser et de communiquer à ceux qui l’entourent.

Un récit illustre, d’un humour tragique, l’étrangeté fréquente des rites religieux :

– Cela s’est passé il y a longtemps, dans une Synagogue de Safed en Israël (Tsfat en hébreu). L’anecdote a pour base l’ancienne tradition d’apport de pains spéciaux au Temple de Jérusalem. Depuis la destruction du Temple, cette tradition n’a plus cours et on n’apporte pas d’offrande à Dieu dans les Synagogues.

Un jour, un ex-Juif d’origine portugaise, un « converso », arriva à Safed et décida de fréquenter une des Synagogues de la ville pour renouer avec le Judaïsme. Il souhaitait fortement se sentir à nouveau appartenir au peuple juif. Il eu l’occasion d’écouter le Rabbin parler de la tradition révolue d’apport de pains au Temple de Jérusalem.Pensant bien faire, il demanda à sa femme de fabriquer les pains qu’il voulait apporter à la Synagogue et déposer tout près des rouleaux de la Torah. C’est ce qu’il fit. Peu après, le bedeau de la Synagogue (le « chamach ») découvrit ces pains et crut qu’un miracle avait eu lieu à son intention. Le bedeau ramena ces pains chez lui, à la grande joie de sa femme et de ses enfants. La semaine suivante, le « converso », de retour à la Synagogue, s’aperçut que les pains avaient disparu. L’Éternel les avait donc acceptés et consommés.

Satisfait, le « converso » apporta chaque semaine des pains à la Synagogue et le bedeau continua à s’en saisir, les supposant toujours destinés à lui et à sa famille. Le « converso » et le bedeau ressentaient tous les deux, chaque semaine, un grand moment de bonheur. Il en fut ainsi jusqu’au jour où le Rabbin de la Synagogue découvrit l’affaire. Le Rabbin invita le « converso » à l’écouter. Il lui expliqua la réalité des faits. Le « converso » très triste arrêta d’apporter des pains à la Synagogue, et le bedeau se retrouva démuni.

Informé de l’événement, le Rabbin Isaac Louria écrivit au Rabbin de la Synagogue de Safed pour lui indiquer qu’il avait très mal agi, qu’il fallait qu’il comprenne que Dieu, lui-même, était content, chaque semaine, de constater la grande joie de deux êtres humains. Il l’informa qu’il cesserait de vivre au-delà du Chabbat. Et c’est ce qui se passa. À la fin du Chabbat, le Rabbin de Safed, accablé par le remord, mourut d’avoir anéanti deux joies et d’avoir brisé des illusions de bonheur.

Ce récit aborde deux sujets : d’une part, l’étrangeté de certains rites religieux, et d’autre part, le besoin que nous éprouvons toujours de nous sentir appartenir « à quelque chose ».

Une personne non juive, qui désire intégrer le peuple des enfants d’Israël, peut attacher plus d’importance qu’il n’en faut à certains rites, comme ce fut le cas pour le « converso ». Il est nécessaire, pour elle, de prendre du recul, d’échanger et de bien réfléchir à la signification profonde des actes religieux avant de « foncer tête baissée » dans la pratique. Pratiquer est, en un certain sens,  facile, mais comprendre l’esprit dans lequel se déroule la pratique juive, est plus compliqué.

Se sentir appartenir, et en ressentir du bonheur, est souvent beaucoup plus simple qu’il n’y paraît. Sans s’en être rendu compte, l’ex-Juif portugais y était parvenu en fournissant discrètement du pain au bedeau. Sans le savoir, il avait accompli un acte sacré. Dans une vision idéale, le « converso » aurait peut-être pu s’arranger avec le rabbin pour poursuivre sa pratique d’une façon plus éclairée, mais tout aussi signifiante.

Alors, où Dieu habite-t-il ? Aussi-bien entre les Chérubins de l’Arche d’Alliance qu’en nous-mêmes. Nous-mêmes, par notre comportement et par nos relations avec les autres, avons le pouvoir de créer le sacré et d’approcher le divin.

S’aider soi-même, aider autrui, solidarité et bénévolat dans le judaïsme ce mardi à 20h

cjbenevolatNous voudrions que le monde soit meilleur. Nous sommes souvent sollicités et nous nous sentons souvent impuissants. Quels sont les outils que notre tradition propose ?
Quand je donne, qu’est-ce que je reçois ? Le don est-il gratuit ? Préférons-nous donner ou recevoir ? Quelles sont nos motivations pour aider les autres ? Qu’est-ce qui nous en empêche? Savons-nous recevoir ? Comment aider son prochain ? Comment structurer l’entraide ? Comment contribuer aux idées qui nous tiennent à cœur ? Que dit la tradition juive des organisations ? Que sont la Tsédaka et la Guémilout Hassadim ?
De Rébecca à la prière du matin, l’aide du prochain est mise en valeur par la tradition.
De Jethro aux organisations modernes, l’organisation de l’entraide est centrale dans notre histoire.
Nous consacrerons trois séances à nous plonger dans ce que le judaïsme enseigne du don et de l’entraide, et à réfléchir à ce que cela signifie pour nous en tant que personnes et en tant que membres de groupements familiaux et associatifs.

Préparer les chants de Pourim et la lecture de la Méguila

Bonjour à toutes et à tous.
La fête de Pourim approche à grands pas.
Pour vous préparer à Pourim, voici du matériel pour débutants, avancés et experts! A voir en famille, ou à étudier assiduement!

Télécharger les chants de Pourim en hébreu, français et translittération (Hag Pourim, ani Pourim, oumordoHaï yatsa): chants-de-pourim1-2

Pour apprendre à lire et à chanter les chansons de Pourim en hébreu:
Hag Pourim, Ani Pourim, leitsan katan, chirat hamasséHot, chochanat yaakov, layéhoudim hayta ora véssimHa, tslil tslil tslil, ken ken ken,

Pour les chanter en Karaoké:
Hag Pourim, Ani Pourim, Chochanat yaakov, chir hamasséHot, leitsan katan

Pour apprendre à lire en hébreu les versets de la méguila lus par toute l’assemblée:

Pour apprendre les taamim de la méguila:

Et les télécharger: partition-meguila

Pour apprendre l’un ou l’autre des personnages de la méguila de Pourim:
personnages dans la méguila

Pour apprendre la liturgie de Pourim et une lecture intégrale de la méguila:
site virtualcantore

Le Jardin des Roos à Surmelin ce vendredi

Jardin des RoosCe chabbat, à l’occasion de notre office « erev shel yéladim », nous accueillerons les responsables du Jardin des Roos, une « maison verte » façon coopération féminine.

L’office aura une composante « ludique » et sera suivi par un oneg du livre pour les adultes.

Bons préparatifs pour ce chabbat très spécial!

Paracha Michpatim : faut-il obéir aveuglément ?

Parlons de l’obéissance. Obéir, c’est accepter de se soumettre à une autorité qui peut revêtir des formes diverses : une loi, un accord, une nécessité sociale, une personne, un groupe humain, une entité irrationnelle.

Quand il ne s’agit pas de se plier à un phénomène naturel ou de céder à des pulsions incontrôlables, l’obéissance est consentie.

Si l’individu obéit, c’est qu’il reconnaît l’autorité à laquelle il se soumet. L’obéissance implique donc la légitimité de cette autorité.

Cependant, l’obéissance n’est pas acceptable en certaines circonstances. C’est le cas de l’obéissance aveugle. Celui qui obéit aveuglément abandonne toute résistance et esprit critique et franchit les limites de la raison; au point d’accepter, parfois, de commettre des actes en contradiction avec ses convictions.

La paracha Michpatim nous montre les enfants d’Israël écoutant les décisions de justice de l’Éternel auxquelles ils devront se plier. Quelle sera leur réaction ?

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Michpatim du sefer Chémot (Éxode) 21:1 à 24:18 et la façon d’obéir des enfants d’Israël

« Michpatim » (מִּשְׁפָּטִים) signifie « sentences » ou « décisions de justice ».

Chémot 21:1. « Et voici les décisions de justice que tu devras leur exposer. »

Dieu dicte à Moïse les lois élémentaires auxquelles les enfants d’Israël devront se conformer. Il charge Moïse de les leur faire connaître. Se posera alors, la question de l’obéissance à ces lois.

Voyons les choses simplement. Quand Dieu édicte une loi, cette loi est à respecter par principe. Une loi prescrite par l’Éternel, créateur du monde et de l’humanité, devrait être parfaite par définition. Venant du Maître de l’univers, elle est forcément contraignante. C’est ce que l’on devrait croire, mais cela ne se passe pas tout à fait ainsi avec les enfants d’Israël.

Dans le verset 24:7 de la paracha Michpatim, apparaît une expression importante prononcée par les enfants d’Israël.

Chémot 24:7. Et il prit le livre de l’Alliance, dont il fit la lecture au peuple. Alors, ils dirent: « Tout ce qu’a prononcé l’Éternel, nous le ferons et nous le comprendrons. »

« Naasséh vénichma » (נַעֲשֶׂה וְנִשְׁמָע), « nous ferons et nous comprendrons », est l’expression importante à relever. Les hébreux accepteraient-ils d’obéir immédiatement à Dieu et après, seulement, de chercher à comprendre ensemble le sens de ses paroles ?

C’est souvent ainsi que cette expression est interprétée. Son importance relève du fait que si nous obéissons à Dieu, sans nous interroger collectivement avant d’agir, chacun de nous a une version personnelle du sens des paroles de Dieu. Certains d’entre nous sont tentés d’imposer leur version à tous les autres. Le risque est le glissement progressif vers le totalitarisme et ses débordements.

Que signifie exactement l’expression « naasséh vénichma » ?

Remarquons qu’elle apparaît dans la paracha Michpatim et non dans la parachat Yitro, celle qui cite un événement primordial : la transmission des Dix Paroles par l’Éternel aux enfants d’Israël. Nous trouvons dans la paracha Yitro une expression très proche, mais différente.

Chémot 19:8. Après cela, tout le peuple répondit d’une voix unanime: « Tout ce qu’a dit l’Éternel, nous le ferons ! »…

En hébreu, dans ce verset, il est écrit seulement « naasséh » (נַעֲשֶׂה), « nous ferons », et non « naasséh vénichma » (נַעֲשֶׂה וְנִשְׁמָע), « nous ferons et nous comprendrons ». Nous ne percevons, dans ce verset, que l’acceptation de l’obéissance. Mais réfléchissons un peu. Très souvent le peuple juif répond à une volonté de Dieu par « naasséh ». La volonté de comprendre, « vénichma », est en général sous entendue dans la tradition juive. « Nous comprendrons » est inclus dans l’Alliance.

Le Rabbin PinHas Péli (1930-1989) a fait, à ce sujet, un commentaire très intéressant dans un ouvrage intitulé « La Torah aujourd’hui ». Cet auteur part du principe que les enfants d’Israël sont en échange constant avec Dieu. Dieu demande, en permanence, aux enfants d’Israël de chercher à comprendre puis de faire ce qu’il préconise; et les enfants d’Israël rétorquent en permanence à Dieu, qu’il n’a pas à s’inquiéter, que tout sera fait comme il le désire; leur volonté de comprendre étant tacite.

Selon le Rabbin PinHas Péli, la réponse « naasséh » (nous ferons) est récurrente dans le langage biblique. Dans la Torah, seule la paracha Michpatim contient une formule de compromis : « naasséh vénichma » (nous ferons et nous comprendrons). Il se peut que l’Éternel eut préféré une formule du type : « nous comprendrons et nous ferons ».

Cette caractéristique de la croyance juive est capitale. Nous devons certainement croire en quelque chose, mais nous devons aussi chercher à comprendre ce à quoi nous croyons. L’étude, la réflexion, l’interprétation, le jugement, la prise en compte de l’avis d’autrui sont inhérents à la croyance juive et à la façon d’agir qui en découle. L’existence du Talmud en est la preuve.

Quand la Torah a dit « naasséh vénichma », le Talmud a ajouté : 600 000 anges sont venus récompenser les enfants d’Israël, à la fois de leur enthousiasme à la réalisation, et à la fois de leur volonté d’analyse, de compréhension et d’actualisation de l’interprétation de la Torah.

Il en sera toujours ainsi dans le Judaïsme, dont un des fondements est l’Alliance, donc l’accord entre Dieu et son peuple: Il est bon de croire, mais il n’est pas question de croire et d’obéir aveuglément !

Comment réparer le lachon hara?

Talmud Babylonien AraHin 15b – « Comment contrer le lachon hara  »

Lors de notre dernière rencontre, nous avons défini le lachon hara et appris à reconnaitre sa gravité. Ce mercredi, nous verrons ce qu’enseignent les sages du talmud sur la façon d’éviter ces comportements. Nous nous baserons sur la suite du texte tiré du Talmud Babylonnien « araHin ».

(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

Pour étudier avec nous au café des Psaumes ce mercredi de 12h30 (accueil à 12h) à 14h, contactez Paule sur facebook (ou répondez à cet article en commentaire).

Rav Hisda a dit au nom de Mar Oukva tout raconteur de lachon hara mérite d’être lapidé avec des pierres il est écrit ici  je l’anéantirai[1] et il est écrit là Ils ont confiné ma vie dans la fosse et jeté des pierres sur moi Rav Hisda a dit au nom de Mar Oukva tout raconteur de lachon hara HKBH a dit lui et moi ne pouvons pas résider ensemble dans le monde comme il est dit Quiconque, dans l’ombre, calomnie son prochain, je l’anéantirai des yeux hautains et un cœur enflé d’orgueil, je ne puis les supporter ne lit pas je ne pourrai pas le supporter mais avec lui je  ne pourrai pas et certains relient cela sur les grossiers d’esprit Rav Hisda a dit au nom de Mar Oukva tout raconteur de lachon hara HKBH dit au prince de l’enfer je suis sur lui par en haut et tu es sur lui par en bas et nous allons le juger comme il est dit [pareille] aux flèches des guerriers aiguisées aux charbons ardents des genêts[2] il n’y a pas de flèche hors le lachaon hara comme il est dit Leur langue est une flèche acérée ; on ne profère que fausseté [3] et il n’y a pas de héros si ce n’est HKBH comme il est dit L’Eternel s’avance comme un héros les charbons ardents c’est l’enfer Rabbi Hama a dit au nom de Rabbi Hanina quelle est la réparation du raconteur de lachon hara s’il est un étudiant des sages qu’il s’occupe de Torah comme il est dit le guérisseur de la langue c’est l’arbre de vie et il n’y a pas d’autre langue que la mauvaise langue comme il est dit Leur langue est une flèche acérée et il n’y a pas d’arbre autre que la Torah comme il est dit elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent et s’il est un peuple de la terre il abaissera sa connaissance comme il est dit mais perfide, elle brise le cœur[4] Rabbi AHa au nom de Rabbi Hanina dit s’il a raconté il n’a pas de réparation car David l’a déjà exclu dans une inspiration divine comme il est dit Que l’Eternel supprime toutes les langues mielleuses, les lèvres qui s’expriment avec arrogance mais quelle est sa réparation qu’il ne vienne pas aux mains du lachon hara s’il est un étudiant des sages qu’il s’occupe de Torah et s’il est un peuple de la terre il abaissera sa connaissance comme il est dit mais perfide, elle brise le cœur

 

אמר רב חסדא אמר מר עוקבא כל המספר לשון הרע ראוי לסוקלו באבן כתיב הכא אותו אצמית וכתיב התם (איכה ג, נג) צמתו בבור חיי וידו אבן בי ואמר רב חסדא אמר מר עוקבא כל המספר לשון הרע אמר הקב »ה אין אני והוא יכולין לדור בעולם שנאמר (תהלים קא, ה) מלשני בסתר רעהו אותו אצמית גבה עינים ורחב לבב אותו לא אוכל אל תיקרי אותו לא אוכל אלא אתו לא אוכל ואיכא דמתני לה על גסי הרוח אמר רב חסדא אמר מר עוקבא כל המספר לשון הרע אומר הקב »ה [לשר של] גיהנם אני עליו מלמעלה ואתה עליו מלמטה נדוננו שנאמר (תהלים קכ, ד) חצי גבור שנונים עם גחלי רתמים אין חץ אלא לשון שנאמר (ירמיהו ט, ז) חץ שחוט לשונם מרמה דבר ואין גבור אלא הקב »ה שנאמר (ישעיהו מב, יג) ה’ כגבור יצא גחלי רתמים היינו גיהנם אמר רבי חמא בר’ חנינא מה תקנתו של מספרי לשון הרע אם תלמיד חכם הוא יעסוק בתורה שנא’ (משלי טו, ד) מרפא לשון עץ חיים ואין לשון אלא לשון הרע שנאמר חץ שחוט לשונם ואין עץ אלא תורה שנאמר (משלי ג, יח) עץ חיים היא למחזיקים בה ואם עם הארץ הוא ישפיל דעתו שנאמר (משלי טו, ד) וסלף בה שבר רוח רבי אחא ברבי חנינא אומר סיפר אין לו תקנה שכבר כרתו דוד ברוח הקדש שנאמר (תהלים יב, ד) יכרת ה’ כל שפתי חלקות לשון מדברת גדולות אלא מה תקנתו שלא יבא לידי לשון הרע אם תלמיד חכם הוא יעסוק בתורה ואם ע »ה הוא ישפיל דעתו שנאמר וסלף בה שבר רוח

Texte à télécharger en cliquant sur le lien suivant: talmud 5777 -5 AraHin 15b – Hisda Hanina

[1] Ps 101 :1 מלושני (מְלָשְׁנִי) בַסֵּתֶר, רֵעֵהוּ– אוֹתוֹ אַצְמִית:גְּבַהּ-עֵינַיִם, וּרְחַב לֵבָב– אֹתוֹ, לֹא אוּכָל.

[2] עִם, גַּחֲלֵי רְתָמִים חִצֵּי גִבּוֹר שְׁנוּנִים 1 Cantique des degrés. Vers l’Eternel j’ai crié dans ma détresse, et il m’a exaucé. 2 Seigneur, délivre-moi des lèvres mensongères, de la langue perfide. 3 Quel profit te donnera-t-elle, quel avantage, cette langue perfide, 4 [pareille] aux flèches des guerriers, aiguisées aux charbons ardents des genêts? 5 Quel malheur pour moi d’avoir séjourné à Méchec, demeuré près des tentes de Kêdar! 6 Trop longtemps mon âme a vécu dans le voisinage de ceux qui haïssent la paix. 7 Je suis, moi, tout à la paix, et quand je la proclame, eux ne méditent que guerre.

[3] חֵץ שוחט (שָׁחוּט) לְשׁוֹנָם, מִרְמָה

[4] Une langue bienveillante est comme un arbre de vie; mais perfide, elle brise le cœur. מַרְפֵּא לָשׁוֹן, עֵץ חַיִּים; וְסֶלֶף בָּהּ, שֶׁבֶר בְּרוּחַ

Paracha Yitro : les Dix Commandements sont-ils universels ?

Globalement, l’ensemble des lois est à scinder en deux sous-ensembles :

– tout d’abord, les lois relevant de la nature, de la physique de l’univers, du fonctionnement d’outils matériels, et plus généralement de la causalité. Nous pouvons nous accommoder de ces lois, tenter de les maîtriser, nous en servir dans notre vie courante, mais nous ne pouvons pas les modifier.

– ensuite, les lois créées par l’être humain. Ce sont, par exemple, les règles de moralité, les conventions établies au sein des collectivités, les prescriptions de la vie en société et en nation, ou le droit international.

Dans le second sous-ensemble, sont à différencier deux types de lois: d’abord les lois s’appliquant à la totalité de l’humanité, que nous pourrions qualifier de naturelles ou d’universelles, en ensuite des lois particulières à un groupe humain, un peuple ou une nation.

A quel type de loi, doit-on rattacher les Dix Commandements de l’Éternel, énoncés dans la paracha Yitro ?

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Yitro du sefer Chémot (Éxode) 18:1 à 20:23 et les lois

La Torah est un recueil d’histoires mais aussi de préceptes. Certaines lois de la Torah, sont considérées comme universelles, c’est à dire applicables à l’ensemble de l’humanité. La première d’entre elles a été donnée par Dieu à Adam harichon dans le jardin d’Éden. Viennent ensuite les sept lois de Noé, dont l’une commande, justement, aux êtres humains de concevoir un système juridique de vie collective.

Rappelons les sept lois de Noé (les lois NoaHides) : obligation d’établir des institutions judiciaires – interdiction de blasphémer – interdiction de pratiquer l’idolâtrie – interdiction d’assassiner – interdiction des unions illicites – interdiction de voler – interdiction de consommer la viande prise sur un animal vivant.

La paracha Yitro décrit le don des Dix Commandements de l’Éternel aux enfants d’Israël, trois mois après leur sortie d’Égypte. Les hébreux sont désormais libres et sont sur le chemin de la constitution d’une nation. Leur liberté, durement acquise, doit s’accompagner de justice. Les Dix Commandements sont la racine de cette justice indispensable.

Les Dix Commandements se sont progressivement répandus au delà des enfants d’Israël. Le monde chrétien les a adoptés. Ils ont étés repris symboliquement par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen en France, en 1789; qui elle-même à été reprise sur le plan international. Les Dix Commandements sont devenus une référence universelle.

Le nom, Yitro, de notre paracha est révélateur de la tendance à l’universalité. Yitro, prêtre Midianite, est le beau-père de Moïse. Il n’appartient pas aux enfants d’Israël mais rejoint quand-même les hébreux après leur sortie d’Égypte.

Chémot 18:9 à 18:12. Yitro se réjouit de tout le bien que l’Éternel avait fait à Israël, en le sauvant de la main des égyptiens… et il dit: « Loué soit l’Éternel, qui vous a sauvés de la main des égyptiens et de celle de Pharaon… À présent, je sais que l’Éternel est plus grand que tous les autres dieux »…Alors, Yitro, beau-père de Moïse, offrit un holocauste et d’autres sacrifices à Dieu, et Aaron et tous les anciens d’Israël vinrent partager le repas du beau-père de Moïse, devant Dieu.

Yitro s’incline face à l’Éternel et lui rend hommage en présence des Sages d’Israël. Se serait-il converti au Judaïsme ? Les commentateurs n’en sont pas certains. Toutefois, le comportement de Yitro va dans le sens de l’universalité des valeurs du Judaïsme que l’on penserait plutôt particulières. Par ailleurs, Yitro donne des conseils d’organisation du travail et de délégation à Moïse, des conseils de logique et de bon sens sans frontière. N’est-ce pas une façon de commencer à associer l’universel et le particulier ?

Le Judaïsme nomme les Dix Commandements d’une façon qui lui est propre. La traduction exacte de l’hébreu « aséret hadiberot » (עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת) est « Les Dix Paroles », et non pas Les Dix Commandements. Le terme « commandement » implique la contrainte et l’obligation hiérarchique, alors que le terme « parole » fait penser au dialogue, à la négociation, à l’échange.

La confusion vient aussi de ce que la Torah écrite présente la révélation des Dix Commandements sous forme d’une séance « son et lumière » organisée par Dieu. Cette représentation n’a rien d’une négociation bilatérale et apparaît comme une injonction à sens unique.

Chémot 19:16 à 19:18. Au troisième jour, le matin venu, il y eut des tonnerres, des éclairs, une nuée épaisse sur la montagne et un son de cor très fort. Tout le peuple se mit à trembler dans le camp…Moïse fit sortir le peuple du camp et le conduisit à la rencontre de Dieu. Le peuple s’arrêta au pied de la montagne…Le mont Sinaï était tout fumant, parce que l’Éternel était descendu dans le feu. Sa fumée montait comme la fumée d’une fournaise et toute la montagne vibrait violemment.

Ce texte présente un aspect spécifique du don de la Torah: Il se peut qu’à certains moments nous ayons besoin de démonstrations de force, comme pour les enfants d’Israël sortant d’Egypte après des siècles d’oppression. Il ne faut pas généraliser car la tradition juive est surtout favorable à une approche personnalisée et douce des commandements, qui donnent un cadre de vie et ne bloquent surtout pas l’exercice du libre jugement. C’est ici, l’occasion de faire le point sur le sens et la valeur de la Torah écrite dans le Judaïsme :

D’un côté, nous avons l’ensemble des commandements (613 au total), et les récits traditionnels de la Torah écrite, à reconnaître comme la base de notre culture juive. D’un autre côté, nous devons prendre en considération le très grand nombres de prescriptions et commentaires issus du Talmud, de la Torah écrite ou orale et d’autres sources de réflexion postérieures. Ces prescriptions, qui résultent de l’étude, de la recherche, de l’évaluation des différentes interprétations de la Torah, ont abouti à l’élaboration de la Loi Juive, la Halakha (הלכה).

La Loi Juive est évolutive, donc la Torah écrite est un texte vivant. Les écrits de la Torah ne sont pas à interpréter de façon étroite et rigide. « Torah » signifie « enseignement » et non pas « loi ».

Revenons maintenant à la distinction entre lois universelles et lois particulières. Ils est certain qu’un nombre réduit de lois peut s’appliquer à l’ensemble de l’humanité. Le bon sens nous fait penser que ce noyau dur de lois est très proche des lois NoaHides et des Dix Commandements; ceux-ci pourraient donc être jugés comme universels. Dans ce cas, qu’elles seraient les lois particulières au peuple Juif ? Ne seraient-elles pas inscrites dans les traités du Talmud  et regroupées dans la Halakha ?

La Loi Mosaïque, la Loi Juive et les Dix Paroles

La Loi Mosaïque est l’ensemble des prescriptions données par Moïse aux enfants d’Israël et consignées dans la Torah. Les Dix Paroles y sont incluses. La Loi Mosaïque semble être le résultat d’une fusion entre les lois universelles et les premières lois particulières au peuple juif. L’expression « Loi Mosaïque » fait bien sûr référence à la loi de Moïse, mais nous fait également penser au sens courant du terme « mosaïque », un dessin composite fait de petits carreaux de faïence. Cette image est assez juste. La Loi Juive (la Halakha), dont le point départ est la Loi Mosaïque, n’est-elle pas une mosaïque de lois, l’association d’une multitude de petits éléments de sagesse de différentes époques ? Il nous appartient de la mettre en oeuvre, de la façon la plus juste, et de la faire évoluer au fil du temps.

Partenariat avec ATD quart-monde

Dans le cadre de l’association ATD Quart monde, monsieur Grégory Deschamps a initié un groupe de dialogue interconvictionnel qui a pour but de mettre en présence des personnes de toutes cultures et de toutes origines sociales. Le dialogue se fera autour de thèmes spirituels proposés par les participants.
Paule Ouanhnon, membre du MJLF Est, participe à ce projet et invite toute personne intéressée à se joindre aux discussions.
Ci dessous le lien de l,association ATD Quart Monde
https://www.atd-quartmonde.fr/

Paracha BéchalaH : qu’est-ce que la louange ?

La paracha BéchalaH décrit les épreuves, subies par les hébreux, durant les jours qui suivent leur sortie d’Égypte. Les événements se succèdent rapidement :

– l’Éternel leur impose un itinéraire complexe pour gagner la terre de Canaan,

– Pharaon, informé du départ des enfants d’Israël, envoie son armée à leurs trousses,

– la mer Rouge s’ouvre devant les hébreux qui la traversent à pied sec, puis se referme et engloutit les forces de Pharaon,

– les hébreux laissent éclater leur joie et se lancent dans de ferventes louanges, entraînés par Moïse et sa sœur Myriam,

– le peuple d’Israël repart dans le désert et affronte la soif et la faim mais, à la demande de Moïse, Dieu vient à son aide en lui fournissant l’eau et la manne,

– un premier accrochage guerrier se produit entre les troupes d’Israël, conduites par Josué, et les Amalécites. Israël sort victorieux et poursuit son périple.

Le commentaire de la paracha portera, particulièrement, sur le mode d’expression de la louange des hébreux à l’égard de leur protecteur divin.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha BéchalaH du sefer Chémot (Éxode) 13:17 à 17:16 et l’expression de la louange

Après les épreuves, viennent la gratitude et la louange. Les enfants d’Israël ont réussi à traverser la mer Rouge qui s’est ouverte devant eux pour les laisser passer, puis a anéanti l’armée égyptienne en se refermant sur elle.

Chémot 14:21 à 14:28. Moïse étendit sa main sur la mer et l’Éternel fit reculer la mer…Les enfants d’Israël entrèrent au milieu de la mer, dans son lit asséché, les eaux se dressaient en muraille à droite et à gauche…Les Égyptiens les poursuivirent et tous les chevaux de Pharaon, ses chars, ses cavaliers, entrèrent à leur suite dans la mer…L’Éternel dit à Moïse: « Étends ta main sur la mer et les eaux se déverseront sur les égyptiens, leurs chars et leurs cavaliers »…Moïse tendit sa main…Les eaux submergèrent chars, cavalerie, toute l’armée de Pharaon qui était entrée dans la mer. Pas un des égyptiens ne fut épargné.

Les enfants d’Israël se retrouvent sains et saufs en plein désert. Ils ont désormais une foi totale en l’Éternel et en Moïse, son interlocuteur. Maintenant, en plein désert, c’est la louange envers Dieu qu’ils vont exprimer; mais comment vont-ils l’exprimer ?

Tout d’abord, Moïse entraîne le peuple à chanter un hymne à la gloire de Dieu :

Chémot 15:1. Alors Moïse et les enfants d’Israël chantèrent le cantique suivant à l’Éternel, et voici ce qu’ils dirent: « Chantons l’Éternel, il est souverainement grand; le cheval et son cavalier, il les a lancés dans la mer… »

Puis, c’est Myriam, la sœur aînée de Moïse et Aaron, qui prend le relais :

Chémot 15:20 à 15:21. Myriam, la prophétesse, sœur de Aaron, prit en main un tambourin et toutes les femmes la suivirent avec des tambourins et se mirent à danser…Et Myriam dit à toute l’assemblée: « Chantez l’Éternel, il est souverainement grand; le cheval et son cavalier, il les a lancés dans la mer… »

Dans le texte, le titre de prophétesse (hanéviah-הַנְּבִיאָה) est donné à Myriam. Seul Aaron est cité comme frère de Myriam. Est-elle davantage la sœur de Aaron que de Moïse ? C’est un fait, qu’elle est plus proche humainement de Aaron que de Moïse. D’autant plus, qu’elle a été prophétesse dès avant la naissance de Moïse et qu’elle a prédit, sa naissance, et à tout fait pour qu’elle se produise.

Indirectement, la victoire d’Israël a donc été possible grâce à Myriam; Myriam qui est à l’initiative de la naissance de Moïse en ayant persuadé ses parents de revivre ensemble, et de concevoir un troisième enfant.

Rachi nous donne des précisions concernant le verset 15:20 : Myriam et toutes les autres femmes ont quitté l’Égypte avec un tambourin dans leurs bagages. Elles ont toutes anticipé intuitivement la victoire d’Israël contre l’Égypte, et leur intuition ne les a pas trompées.

La louange féminine

L’expression de la louange par le chant et la danse des hébreues, entraînées par Myriam, est liée aux mœurs des femmes du moyen orient ancien. Nous retrouvons cette coutume dans le Psaume 150 chanté tous les matins : « Alléluia! Louez Dieu en son sanctuaire, louez-le dans le firmament, siège de sa force…Louez-le au son strident du Chofar, louez-le avec le luth et la harpe…Louez-le avec le tambourin et la danse…Que tout ce qui respire loue l’Éternel! Alléluia! »

D’autres exemples de louange féminine sont à citer : le Cantique de Déborah et Yaël qui ont réussi à vaincre Sissara (livre des Juges 4:15), le chant de remerciement et de gratitude de Hanah (premier livre de Samuel). Autre exemple plus proche de nous : les TéHinot, au dix-septième siècle en Ukraine, dont une des représentantes, Sarah Bas Tovim, écrivait des textes de prière et de louange féminine.

Chmouel, inspiré par une phrase du Cantique des Cantiques, « car ta voix est douce et agréable, » nous vante, dans le Talmud BraHot, la qualité de la voix de la femme.

À travers l’histoire, la voix des femmes, avec sa douceur et sa puissance joyeuse de célébration, a très souvent accompagné la liesse collective en de nombreux pays. Et c’est encore le cas aujourd’hui.

 

Seder Tou bishevat -Artsénou: le texte intégral

Merci encore pour ce merveilleux moment!

Voici l’intégralité du texte, dans le corps de l’email et à télécharger. Vous pourrez ainsi organiser une soirée de tou bichevat à la maison, en famille ou entre amis.

Pour télécharger le document, cliquez ici: seder-tou-bichevat-5777

I Un espoir éternel

L’histoire du peuple juif a commencé avec la promesse d’une terre, qui appartiendrait aux descendants d’Abraham et de Sarah.

Genèse chap. 12

1 L’Éternel avait dit à Abram: « Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que je t’indiquerai. 2 Je te ferai devenir une grande nation; je te bénirai, je rendrai ton nom glorieux, et tu seras un type de bénédiction. 3 Je bénirai ceux qui te béniront, et qui t’outragera je le maudirai; et par toi seront heureuses toutes les races de la terre. »

א וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-אַבְרָם, לֶךְ-לְךָ מֵאַרְצְךָ וּמִמּוֹלַדְתְּךָ וּמִבֵּית אָבִיךָ, אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר אַרְאֶךָּ. ב וְאֶעֶשְׂךָ, לְגוֹי גָּדוֹל, וַאֲבָרֶכְךָ, וַאֲגַדְּלָה שְׁמֶךָ; וֶהְיֵה, בְּרָכָה. ג וַאֲבָרְכָה, מְבָרְכֶיךָ, וּמְקַלֶּלְךָ, אָאֹר; וְנִבְרְכוּ בְךָ, כֹּל מִשְׁפְּחֹת הָאֲדָמָה.

 

Au LeH LeHa d’Abraham ont suivis les espoirs de la sortie d’Egypte et le Leshana habaa birouchalaïm de pessaH.

Les hébreux puis les juifs ont sans cesse gardé une présence sur la terre d’Israël, et en particulier à Jérusalem, à Tibériade, à Safed et à Hebron, (Yérouchalaim, Tvéria, Tsfat et Hévrone).

Pendant 2000 ans, les juifs présents sur la terre d’Israël ont vécu sous la domination politique d’autres Nations :

Après la période d’indépendance de – 1200 à – 587, la terre d’Israël a été dominée par les civilisations :

  1. Perse, de – 587 à -333
  2. Hellénistique, -333 à -134

 

Après le retour à l’indépendance sous les hasmonéens, héritiers des makabim,  de -134 à -63, la terre d’Israël a été dominée par les civilisations :

1.      romaine (-63 à 324)

2.      byzantine (324 à 638)

3.      musulmane (638 à 1096)

4.      croisées (1096 à 1244)

5.      ottomane (1244 jusqu’au XVIIIe)

6.      britannique/ mandat de la SDN de 1917 à 1948

A toutes ces époques, nous avons continué à nous tourner vers Jérusalem, physiquement, lors de la Amida, et spirituellement. Nous avons continué à chanter, à chaque fêtes de PessaH : « L’an prochain à Jérusalem », « léshana habaa biroushalaim »

Chantons ensemble : léshana habaa biroushalayim

לשנה הבאה בירושלים

 

Cet espoir millénaire nous accompagne.

Les explorateurs rapportèrent de leur voyage la célèbre grappe de raisins que deux personnes devaient porter.

 

Prenons un verre de vin, et prononçons les paroles suivantes :

Le deutéronome nous dit (8 :7-8)

7 Car l’Éternel, ton Dieu, te conduit dans un pays fortuné, un pays plein de cours d’eau, de sources et de torrents, qui s’épandent dans la vallée ou sur la montagne; 8 un pays qui produit le froment et l’orge, le raisin, la figue et la grenade, l’olive huileuse et le miel;

כִּי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, מְבִיאֲךָ אֶל-אֶרֶץ טוֹבָה: אֶרֶץ, נַחֲלֵי מָיִם–עֲיָנֹת וּתְהֹמֹת, יֹצְאִים בַּבִּקְעָה וּבָהָר. ח אֶרֶץ חִטָּה וּשְׂעֹרָה, וְגֶפֶן וּתְאֵנָה וְרִמּוֹן; אֶרֶץ-זֵית שֶׁמֶן, וּדְבָשׁ.

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam boré péri hagafen

 

La hatikva est un chant d’espoir est un chant de la terre d’Israël, mais aussi un chant de « Houts laarets », un chant universel pour les juifs vivant à travers le monde. Houts signifie « en dehors », Houts laarets signifie « en dehors de la terre d’israël ». La hatikva a été composée en 1878, elle a été un hymne juif avant de devenir un hymne israélien, au moment de la création de l’Etat d’Israël en 1948.

 

Le mot « tikva » signifie « espoir » en hébreu. Hatikva signifie « l’espoir » et le poème dont elle est tirée se nomme « tikvaténou », « notre espoir ». Ce poème a été écrit en 1808 par Naftali Herz Imber.

 

Il reprend le livre d’Ezekiel chapitre 37 :

11 Alors il me dit: « Fils de l’homme, ces ossements, c’est toute la maison d’Israël. Ceux-ci disent: « Nos os sont desséchés, notre espoir est perdu, c’est fait de nous! » 12 Eh bien! Prophétise et dis-leur: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Voici que je rouvre vos tombeaux, et je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple! et je vous ramènerai au pays d’Israël.

יא וַיֹּאמֶר, אֵלַי, בֶּן-אָדָם, הָעֲצָמוֹת הָאֵלֶּה כָּל-בֵּית יִשְׂרָאֵל הֵמָּה; הִנֵּה אֹמְרִים, יָבְשׁוּ עַצְמוֹתֵינוּ וְאָבְדָה תִקְוָתֵנוּ–נִגְזַרְנוּ לָנוּ. יב לָכֵן הִנָּבֵא וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם, כֹּה-אָמַר אֲדֹנָי יְהוִה, הִנֵּה אֲנִי פֹתֵחַ אֶת-קִבְרוֹתֵיכֶם וְהַעֲלֵיתִי אֶתְכֶם מִקִּבְרוֹתֵיכֶם, עַמִּי; וְהֵבֵאתִי אֶתְכֶם, אֶל-אַדְמַת יִשְׂרָאֵל.

 

Ainsi, la hatikva, comme la renaissance juive, est un phénomène à la fois ancien et nouveau, comme la « altneuland », la terre « ancienne-nouvelle », titre du livre écrit par Théodore Herzl en 1902.

Son texte signifie :

Tant que dans nos cœurs vibre l’âme juive, et que vers les confins de l’orient, vers l’avant, nos yeux guettent dans la direction de Sion, notre espoir n’est pas perdu, un espoir ancien de 2000 ans, de vivre en peuple libre dans notre terre, la terre de Sion et de Jérusalem.

כָּל עוֹד בַּלֵּבָב פְּנִימָה נֶפֶשׁ יְהוּדִי הוֹמִיָּה, וּלְפַאֲתֵי מִזְרָח קָדִימָה עַיִן לְצִיּוֹן צוֹפִיָּה,    עוֹד לֹא אָבְדָה    תִּקְוָתֵנוּ,             הַתִּקְוָה בַּת שְׁנוֹת אַלְפַּיִם,  לִהְיוֹת עַם חָפְשִׁי בְּאַרְצֵנוּ, אֶרֶץ צִיּוֹן וִירוּשָׁלַיִם.

 

Chantons ensemble : Kol od balévav pénima, nefesh yehudi homia, oulefaaté mizraH kadima, ayin létsion tsofia, od lo avda tikvaténou, hatikva bat shnot alpayim, lihiot am Hofshi béartsénou, érets Tsion viroushalayim.

 

 

II Un espoir incarné

 

La permanence du lien avec Israël nous rappelle que le judaïsme n’est pas, ou pas seulement, une « religion ». Il s’agit d’un projet social. Certaines lois sont intimement liées à la terre et à l’organisation sociale.

Les lois de l’agriculture mettent en œuvre la solidarité et l’entre-aide, à travers l’obligation de laisser une partie des récoltes libres de toute propriété privée. Ainsi, les coins du champ, les gerbes tombées au moment de la récolte, les épis non moissonnés, ne doivent pas être récupérés par le propriétaire du champ.

 

De la même façon, une fois tous les 7 ans, la propriété des fruits des champs est annulée pour une année entière, tout le monde peut profiter de la nature à titre individuel, et personne ne peut en faire un usage commercial public, c’est l’année de Jachère, la chémita. Une fois tous les 49 ans s’ajoute à la chémita une année de yovel, la terre retourne à ses anciens propriétaires, tels qu’ils ont été définis au moment de l’entrée des hébreux en canaan. Enfin, les jeunes arbres bénéficient de trois années sans récolte, avant que les fruits de la quatrième année ne soient amenés au temple. Les prémices de toutes les récoltes sont également affectées aux besoins spirituels, au service des prêtres. Pour finir, la dîme est affectée au service des prêtres et des pauvres.

 

Lévitique 25 :

1 L’Éternel parla à moïse au mont Sinaï, en ces termes: 2 « Parle aux enfants d’Israël et dis-leur: Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, la terre sera soumise à un chômage en l’honneur de l’Éternel. 3 Six années tu ensemenceras ton champ, six années tu travailleras ta vigne, et tu en recueilleras le produit; 4 mais, la septième année, un chômage absolu sera accordé à la terre, un sabbat en l’honneur de l’Éternel. Tu n’ensemenceras ton champ ni ne tailleras ta vigne.

 

5 Le produit spontané de ta moisson, tu ne le couperas point, et les raisins de ta vigne intacte, tu ne les vendangeras point: ce sera une année de chômage pour le sol. 6 Ce sol en repos vous appartiendra à tous pour la consommation: à toi, à ton esclave, à ta servante, au mercenaire et à l’étranger qui habitent avec toi; 7 ton bétail même, ainsi que les bêtes sauvages de ton pays, pourront se nourrir de tous ces produits.

 

8 Tu compteras chez toi sept années sabbatiques, sept fois sept années, de sorte que la période de ces sept années sabbatiques te fera quarante-neuf ans; 9 puis tu feras circuler le retentissement du cor, dans le septième mois, le dixième jour du mois: au jour des expiations, vous ferez retentir le son du cor à travers tout votre pays. 10 Vous sanctifierez cette cinquantième année, en proclamant, dans le pays, la liberté pour tous ceux qui l’habitent: cette année sera pour vous le Jubilé, où chacun de vous rentrera dans son bien, où chacun retournera à sa famille.

 

17 Ne vous lésez point l’un l’autre, mais redoute ton Dieu! Car je suis l’Éternel votre Dieu. 18 Exécutez mes édits, observez et pratiquez mes lois, et vous demeurerez dans le pays en sécurité. 19 La terre donnera ses fruits, dont vous vous nourrirez abondamment, et vous y résiderez en toute quiétude. 20 Que si vous dites: « Qu’aurons-nous à manger la septième année, puisque nous ne pouvons ni semer, ni rentrer nos récoltes? » 21 Je vous octroierai ma bénédiction dans la sixième année, tellement qu’elle produira la récolte de trois années; 23 Nulle terre ne sera aliénée irrévocablement, car la terre est à moi, car vous n’êtes que des étrangers domiciliés chez moi.

 

א וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, בְּהַר סִינַי לֵאמֹר. ב דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם, כִּי תָבֹאוּ אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר אֲנִי נֹתֵן לָכֶם–וְשָׁבְתָה הָאָרֶץ, שַׁבָּת לַיהוָה. ג שֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְרַע שָׂדֶךָ, וְשֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְמֹר כַּרְמֶךָ; וְאָסַפְתָּ, אֶת-תְּבוּאָתָהּ. ד וּבַשָּׁנָה הַשְּׁבִיעִת, שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן יִהְיֶה לָאָרֶץ–שַׁבָּת, לַיהוָה: שָׂדְךָ לֹא תִזְרָע, וְכַרְמְךָ לֹא תִזְמֹר. ה אֵת סְפִיחַ קְצִירְךָ לֹא תִקְצוֹר, וְאֶת-עִנְּבֵי נְזִירֶךָ לֹא תִבְצֹר: שְׁנַת שַׁבָּתוֹן, יִהְיֶה לָאָרֶץ. ו וְהָיְתָה שַׁבַּת הָאָרֶץ לָכֶם, לְאָכְלָה–לְךָ, וּלְעַבְדְּךָ וְלַאֲמָתֶךָ; וְלִשְׂכִירְךָ, וּלְתוֹשָׁבְךָ, הַגָּרִים, עִמָּךְ. ז וְלִבְהֶמְתְּךָ–וְלַחַיָּה, אֲשֶׁר בְּאַרְצֶךָ: תִּהְיֶה כָל-תְּבוּאָתָהּ, לֶאֱכֹל. {ס} ח וְסָפַרְתָּ לְךָ, שֶׁבַע שַׁבְּתֹת שָׁנִים–שֶׁבַע שָׁנִים, שֶׁבַע פְּעָמִים; וְהָיוּ לְךָ, יְמֵי שֶׁבַע שַׁבְּתֹת הַשָּׁנִים, תֵּשַׁע וְאַרְבָּעִים, שָׁנָה. ט וְהַעֲבַרְתָּ שׁוֹפַר תְּרוּעָה, בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִעִי, בֶּעָשׂוֹר, לַחֹדֶשׁ; בְּיוֹם, הַכִּפֻּרִים, תַּעֲבִירוּ שׁוֹפָר, בְּכָל-אַרְצְכֶם. י וְקִדַּשְׁתֶּם, אֵת שְׁנַת הַחֲמִשִּׁים שָׁנָה, וּקְרָאתֶם דְּרוֹר בָּאָרֶץ, לְכָל-יֹשְׁבֶיהָ; יוֹבֵל הִוא, תִּהְיֶה לָכֶם, וְשַׁבְתֶּם אִישׁ אֶל-אֲחֻזָּתוֹ, וְאִישׁ אֶל-מִשְׁפַּחְתּוֹ תָּשֻׁבוּ. יז וְלֹא תוֹנוּ אִישׁ אֶת-עֲמִיתוֹ, וְיָרֵאתָ מֵאֱלֹהֶיךָ: כִּי אֲנִי יְהוָה, אֱלֹהֵיכֶם. יח וַעֲשִׂיתֶם, אֶת-חֻקֹּתַי, וְאֶת-מִשְׁפָּטַי תִּשְׁמְרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם–וִישַׁבְתֶּם עַל-הָאָרֶץ, לָבֶטַח. יט וְנָתְנָה הָאָרֶץ פִּרְיָהּ, וַאֲכַלְתֶּם לָשֹׂבַע; וִישַׁבְתֶּם לָבֶטַח, עָלֶיהָ. כ וְכִי תֹאמְרוּ, מַה-נֹּאכַל בַּשָּׁנָה הַשְּׁבִיעִת: הֵן לֹא נִזְרָע, וְלֹא נֶאֱסֹף אֶת-תְּבוּאָתֵנוּ. כא וְצִוִּיתִי אֶת-בִּרְכָתִי לָכֶם, בַּשָּׁנָה הַשִּׁשִּׁית; וְעָשָׂת, אֶת-הַתְּבוּאָה, לִשְׁלֹשׁ, הַשָּׁנִים. כד וּבְכֹל, אֶרֶץ אֲחֻזַּתְכֶם, גְּאֻלָּה, תִּתְּנוּ לָאָרֶץ.

 

Ainsi l’agriculture intègre les obligations morales de solidarité qui sont les nôtres. Le judaïsme prend des accents différents dans le cadre de la terre d’Israël et dans la diaspora. Ces deux déclinaisons sont importantes et chères à notre cœur. La fête de tou bichevat, le nouvel an des arbres, nous rappelle que l’âme et le corps sont indissociables, que la pensée et l’action ne font qu’un, que l’espoir prend son sens lorsqu’il est incarné.

 

Que nous vivions en Israël ou en Diaspora, nous voulons garder le lien profond entre le corps et l’âme d’Israël, l’étude, la pratique « religieuse » du judaïsme et sa pratique « laïque » et quotidienne.

Le bien-être de l’être humain et celui de la nature vont de pair, dans un respect mutuel, de façons à ce que « le juste fleurisse comme le palmier ».

 

Ps.92 :13-16

13 Le juste fleurit comme le palmier; comme le cèdre du Liban, il est élancé. 14 Plantés dans la maison de l’Eternel, ils sont florissants dans les parvis de notre Dieu. 15 Jusque dans la haute vieillesse, ils donnent des fruits, ils sont pleins de sève et de verdeur, 16 prêts à proclamer que l’Eternel est droit, qu’il est mon rocher, inaccessible à l’injustice.

יג צַדִּיק, כַּתָּמָר יִפְרָח; כְּאֶרֶז בַּלְּבָנוֹן יִשְׂגֶּה. יד שְׁתוּלִים, בְּבֵית יְהוָה; בְּחַצְרוֹת אֱלֹהֵינוּ יַפְרִיחוּ. טו עוֹד, יְנוּבוּן בְּשֵׂיבָה; דְּשֵׁנִים וְרַעֲנַנִּים יִהְיוּ.

Chantons ensemble : Tsadik katamar IfraH, kéérez balévanon isgué (chétoulim béveit adonaï béHatsrot élohénou yafriHou, od yénouvoun bésséva, déchénim véraananim yiyou, léhaguid ki yashar adonaï tsouri vélo avlata bo)

 

Prenons un gâteau de froment ou d’orge, et prononçons les paroles suivantes :

Le deutéronome nous dit (8 :7-8)

7 Car l’Éternel, ton Dieu, te conduit dans un pays fortuné, un pays plein de cours d’eau, de sources et de torrents, qui s’épandent dans la vallée ou sur la montagne; 8 un pays qui produit le froment et l’orge, le raisin, la figue et la grenade, l’olive huileuse et le miel;

כִּי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, מְבִיאֲךָ אֶל-אֶרֶץ טוֹבָה: אֶרֶץ, נַחֲלֵי מָיִם–עֲיָנֹת וּתְהֹמֹת, יֹצְאִים בַּבִּקְעָה וּבָהָר. ח אֶרֶץ חִטָּה וּשְׂעֹרָה, וְגֶפֶן וּתְאֵנָה וְרִמּוֹן; אֶרֶץ-זֵית שֶׁמֶן, וּדְבָשׁ.

En ce jour de célébration, nous prenons le froment et l’orge et nous prononçons la bénédiction traditionnelle :

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam boré miné mézonot

 

Le chant « hashkédia poraHat » a été écrit par Israël Doshman. Israël Doshman est né à Vilna, en Lituanie, il a étudié au « Héder », l’école juive de l’époque, avant de s’écarter de la pratique juive et de partir pour la terre d’Israël en 1905. Il a écrit et traduit de nombreuses œuvres, des pièces de théâtre russes, des chants pour enfants, des histoires, et a été très actif dans la création de théâtre israélien.

 

Ce chant est emblématique de Tou bishevat, voici sa traduction :

L’amandier fleurit et un soleil d’or rayonne, les oiseaux au sommet des toits nous informent de la venue de la fête : « tou bishevat est arrivé ! c’est la fête des arbres ! »

La terre nous appelle, le temps est venu de planter, que chacun prenne un arbre, et sortons avec nos pelles ! « tou bishevat est arrivé ! c’est la fête des arbres ! »

Plantons toute montagne et toute colline, de Gad jusqu’à Beer shava, et nous ferons renaitre notre terre, une terre d’olive, d’huile et de miel. « tou bishevat est arrivé ! c’est la fête des arbres ! »

 

Chantons-le ensemble : Hashkediyah porachat Veshemesh paz zorachat, Tziporim merosh kol gag Mevasrot et bo hachag.

Tu bishvat higiya Chag la’ilanot. Tu bish’vat higiya Chag la’ilanot.

Ha’aretz meshava’at Higiyah et lata’at Kol echad yikach lo etz Be’atim nitzeh chotzetz.

Tu bishvat higiya Chag la’ilanot. Tu bish’vat higiya Chag la’ilanot.

Nita kol har vaguéva midan véad beer sheva véartsénou shouv nirash erets zait ytshar oudvash

Tu bishvat higiya Chag la’ilanot. Tu bish’vat higiya Chag la’ilanot.

הַשְּׁקֵדִיָּה פּוֹרַחַת, וְשֶׁמֶשׁ פָּז זוֹרַחַת. צִפֳּרִים מֵרֹאשׁ כָּל גַּג מְבַשְּׂרוֹת אֶת בּוֹא הֶחָג:

ט »וּ בִּשְׁבָט הִגִּיעַ – חַג הָאִילָנוֹת!  ט »וּ בִּשְׁבָט הִגִּיעַ – חַג הָאִילָנוֹת.

הָאָרֶץ מְשַׁוַּעַת: הִגִּיעָה עֵת לָטַעַת! כָּל אֶחָד יִטַּע פֹּה עֵץ, בְּאִתִּים נֵצֵא חוֹצֵץ:

נִטַּע כָּל הַר וָגֶבַע, מִדָּן וְעַד בְּאֵר-שֶׁבַע: וְאַרְצֵנוּ שׁוּב נִירַשׁ – אֶרֶץ זֵית יִצְהָר וּדְבַשׁ.

 

III Un espoir en péril

 

Il n’est pas facile de faire vivre au quotidien les valeurs que nous défendons. Au cours de l’histoire d’Israël, les conflits ont toujours été présents. Mais la guerre elle-même lorsqu’elle est inévitable, doit se faire dans une perspective humaniste et reconstruction à long terme. Ainsi, le deutéronome nous enseigne de protéger l’arbre et de protéger la vie :

 

Deutéronome 20 :19-20

19 Si tu es arrêté longtemps au siège d’une ville que tu attaques pour t’en rendre maître, tu ne dois cependant pas en détruire les arbres en portant sur eux la cognée: ce sont eux qui te nourrissent, tu ne dois pas les abattre. Oui, l’arbre du champ c’est l’homme même, tu l’épargneras dans les travaux du siège. 20 Seulement, l’arbre que tu sauras n’être pas un arbre fruitier, celui-là tu peux le sacrifier et l’abattre, pour l’employer à des travaux de siège contre la ville qui est en guerre avec toi, jusqu’à ce qu’elle succombe.

יט כִּי-תָצוּר אֶל-עִיר יָמִים רַבִּים לְהִלָּחֵם עָלֶיהָ לְתָפְשָׂהּ, לֹא-תַשְׁחִית אֶת-עֵצָהּ לִנְדֹּחַ עָלָיו גַּרְזֶן–כִּי מִמֶּנּוּ תֹאכֵל, וְאֹתוֹ לֹא תִכְרֹת: כִּי הָאָדָם עֵץ הַשָּׂדֶה, לָבֹא מִפָּנֶיךָ בַּמָּצוֹר. כ רַק עֵץ אֲשֶׁר-תֵּדַע, כִּי-לֹא-עֵץ מַאֲכָל הוּא–אֹתוֹ תַשְׁחִית, וְכָרָתָּ; וּבָנִיתָ מָצוֹר, עַל-הָעִיר אֲשֶׁר-הִוא עֹשָׂה עִמְּךָ מִלְחָמָה–עַד רִדְתָּהּ. {פ}

La guerre elle-même doit être précédée d’un appel à la paix :

Deutéronome 20 :10

10 Quand tu marcheras sur une ville pour l’attaquer, tu l’inviteras d’abord à la paix.

כִּי-תִקְרַב אֶל-עִיר, לְהִלָּחֵם עָלֶיהָ–וְקָרָאתָ אֵלֶיהָ, לְשָׁלוֹם

 

De la même les combattants doivent être en paix avec eux-mêmes, et ne doivent pas être dans un état hypnotique ou un état second. Seuls les hommes capables de garder leur sang-froid peuvent se battre, seuls ceux qui sont en paix avec la vie peuvent défendre la liberté au prix de la guerre :

 

Deutéronome 20 :2 s

5 Ensuite les préposés parleront au peuple en ces termes: « Si quelqu’un a bâti une maison neuve et n’en a pas encore pris possession, qu’il parte et s’en retourne à sa maison; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre en prendrait possession. 6 Si quelqu’un a planté une vigne et n’en a pas encore acquis la jouissance, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre acquerrait cette jouissance.

 

7 Et si quelqu’un a promis mariage à une femme et ne l’a pas encore épousée, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre homme l’épouserait. » 8 Les préposés adresseront de nouveau la parole au peuple, et diront: « S’il est un homme qui ait peur et dont le cœur soit lâche, qu’il se retire et retourne chez lui, pour que le cœur de ses frères ne défaille point comme le sien! »

ה וְדִבְּרוּ הַשֹּׁטְרִים, אֶל-הָעָם לֵאמֹר, מִי-הָאִישׁ אֲשֶׁר בָּנָה בַיִת-חָדָשׁ וְלֹא חֲנָכוֹ, יֵלֵךְ וְיָשֹׁב לְבֵיתוֹ: פֶּן-יָמוּת, בַּמִּלְחָמָה, וְאִישׁ אַחֵר, יַחְנְכֶנּוּ. ו וּמִי-הָאִישׁ אֲשֶׁר-נָטַע כֶּרֶם, וְלֹא חִלְּלוֹ–יֵלֵךְ, וְיָשֹׁב לְבֵיתוֹ: פֶּן-יָמוּת, בַּמִּלְחָמָה, וְאִישׁ אַחֵר, יְחַלְּלֶנּוּ. ז וּמִי-הָאִישׁ אֲשֶׁר-אֵרַשׂ אִשָּׁה, וְלֹא לְקָחָהּ–יֵלֵךְ, וְיָשֹׁב לְבֵיתוֹ: פֶּן-יָמוּת, בַּמִּלְחָמָה, וְאִישׁ אַחֵר, יִקָּחֶנָּה. ח וְיָסְפוּ הַשֹּׁטְרִים, לְדַבֵּר אֶל-הָעָם, וְאָמְרוּ מִי-הָאִישׁ הַיָּרֵא וְרַךְ הַלֵּבָב, יֵלֵךְ וְיָשֹׁב לְבֵיתוֹ; וְלֹא יִמַּס אֶת-לְבַב אֶחָיו, כִּלְבָבוֹ.

 

Quelles que soient les difficultés rencontrées au quotidien pour conserver la paix autour de nous, nous nous donnons pour obligation de ne pas renoncer et de poursuivre sans cesse la paix. « Ossé chalom », « celui qui fait la paix », sont des mots qui concluent les éléments fondamentaux de la prière juive : la amida et le Kadish.

 

Chantons ensemble : Ossé chalom bimromav, hou yaassé chalom alénou véal kol israel véimérou amen

עוֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו הוּא יַעֲשֶׂה שָׁלוֹם עָלֵינוּ וְעַל כָּל יִשְׂרָאֵל   וְאִמְרוּ אָמֵן

 

Prenons des fruits d’Israël, de la figue, de la grenade, des olives, des fruits de l’arbre et disons ensemble :

Le deutéronome nous dit (8 :7-8)

7 Car l’Éternel, ton Dieu, te conduit dans un pays fortuné, un pays plein de cours d’eau, de sources et de torrents, qui s’épandent dans la vallée ou sur la montagne; 8 un pays qui produit le froment et l’orge, le raisin, la figue et la grenade, l’olive huileuse et le miel;

כִּי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, מְבִיאֲךָ אֶל-אֶרֶץ טוֹבָה: אֶרֶץ, נַחֲלֵי מָיִם–עֲיָנֹת וּתְהֹמֹת, יֹצְאִים בַּבִּקְעָה וּבָהָר. ח אֶרֶץ חִטָּה וּשְׂעֹרָה, וְגֶפֶן וּתְאֵנָה וְרִמּוֹן; אֶרֶץ-זֵית שֶׁמֶן, וּדְבָשׁ.

En ce jour de célébration, nous prenons le froment et l’orge et nous prononçons la bénédiction traditionnelle :

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam boré péri haetz

 

Le chant « Chir lashalom » signifie « le chant pour la paix ». Ses paroles ont été composées par Yaacov Rotblit et sa mélodie par Yair Rosenblum. C’est lle groupe « lahakat hanaHal »  qui l’a d’abord chanté, en 1969, pendant la « guere d’usure ». Ce chant résonne comme un hymne à la paix. C’est après avoir chanté ce chant que IstHak Rabin a été assassiné, et depuis ce temps, le chant est devenu également un chant du souvenir, qui symbolise son héritage et l’espoir de paix qu’il portait.

 

Voici sa signification :

Chant pour la paix : laissez le soleil monter, le matin éclairer, l’exemption qui est dans les prière ne nous fera pas revenir. Celui dont la lumière s’est éteinte, et qui repose dans la poussière, les larmes amères ne le réveilleront pas, ne le feront pas revenir ici, Personne ne nous fera revenir du puit profond et noir, en cela ne serviront à rien, ni la joie des victoires, ni les chants de remerciement.

Chantez plutôt un chant pour la paix, ne murmurez pas de prières, il vaut mieux que vous chantiez un chant pour la paix, dans un grand cri.

 

Laissez le soleil perser entre les fleurs, ne regardez pas en arrière, laissez ceux qui partent, levez vos yeux dans l’espoir, pas avec des récitations d’intention, chantez des chants pour l’amour, pas pour les guerres, ne dites pas « un jour viendra », faites venir ce jour, car ce n’est pas un rêve, et sur toutes les places, faites retentir une alarme de paix.

Chantez plutôt un chant pour la paix, ne murmurez pas de prières, il vaut mieux que vous chantiez un chant pour la paix, dans un grand cri.

 

Chantons ensemble :

תנו לשמש לעלות , לבוקר להאיר,  הזכה שבתפילות  אותנו לא תחזיר.  

מי אשר כבה נרו   ובעפר נטמן,   בכי מר לא יעירו   לא יחזירו לכאן.

איש אותנו לא ישיב    מבור תחתית אפל,    כאן לא יועילו     לא שמחת הניצחון     ולא שירי הלל.


לכן, רק שירו שיר לשלום   אל תלחשו תפילה    מוטב תשירו שיר לשלום    בצעקה גדולה.


תנו לשמש לחדור    מבעד לפרחים.   אל תביטו לאחור,    הניחו להולכים.

שאו עיניים בתקווה,    לא דרך כוונות    שירו שיר לאהבה    ולא למלחמות.

אל תגידו יום יבוא   הביאו את היום!    כי לא חלום הוא   ובכל הכיכרות    הריעו רק שלום!

Tnu lashemesh la’a lot laboker le’ha’ir Hazaka shebatfilot otanu lo tachzir

Mi asher kava nero u’ve’Afar nitman Bechi mar lo ya’iro lo yachziro le’chan

Ish otanu lo yashiv mibor tachtit a’fel –  kan lo yo’ilu –  lo simchat hanitzachon Velo shirei hallel

Lachen rak shiru shir lashalom al tilhashu tfila lachen rak shiru shir lashalom bitze’aka gdola

Tnu lashemesh luchador miba’ad laprachim al tabitu le’achor hanichu la’holchim

S’u eina’yim betikva lo derech kavanot shiru shir la’ahava velo lamilchamot

Al tagidu yom yavo havi’u et hayom –  ki lo chalom hu –  uve’chol hakikarot hari’u rak shalom

 

VI Une situation contrastée

 

La chanson « chant des stickers » est une chanson en Rap écrite en 2004 par l’écrivain israélien David Grossman et mis en musique et chanté par le groupe « hadag naHash ». La collaboration entre un grand auteur et un groupe populaire est particulièrement frappante. Elle est composée d’une collection de slogans d’origines diverses et souvent opposées et met en lumière l’aspect « patchwork » de la société israélienne. Une ode d’opposition à la pensée manichéenne ayant pour refrain la parole attribuée à Rabbi NaHman de Bratslav censée permettre une venue immédiate si on la prononce : na naH naHman naHman méouman,

 

Voici sa signification :

Toute une génération demande la paix, laissez tsahal gagner, un peuple fort fait la paix, laissez tsahal les éclater, il n’y a pas de paix avec les arabes, ne leur donnez pas d’armes, les combattants c’est ce qu’il y a de mieux mon frère, la conscription pour tous, l’exemption pour tous, il n’y a pas de déprime dans le monde, Jésus, c’est ici, na nah naHman est fidèle, pas de peur le messie est en ville, sans arabes pas d’attentats, la cour suprême mets les juifs en danger, le peuple avec le Golan, le peuple avec le transfert, ami tu nous manques, dieu nous votons pour toi, un vote direct c’est mal, dieu nous te défendons, que meurent les zélotes, combien de mal peut-on avaler, père aie pitié, on m’appelle naHman et je bé-bégaie, dieu soit béni je respire et pour cette raison….

Un pays de loi juive – il n’y a plus de pays, celui qui ait né a du bol, que vive le roi messie, j’ai confiance dans la paix de Sharon, Hevron depuis toujours, et celui qui est né n’est pas né tant pis pour lui, hévron des prères, bonjour le transfert, Kahana a raison, CNN ment, il faut un leader fort, bravo à la paix, merci pour la sécurité, nous n’avons pas d’enfants à donner à des guerres superflues, la gauche aide les arabes, Bibi est bon pour les juifs, faites comparaitre les traitres d’Oslo, nous sommes ici ils sont là-bas, des frères ne se laissent pas tomber, démanteler les colonies c’est séparer le peuple, mort aux traitres, laissez les animaux vivre…

 

Chantons ensemble :

Dor shalem doresh shalom, tnou letsahal lenatséaH, am Hazak ossé shalom, tnou létsahal lékasséaH,

Ein shalom im aravim, al titnou lahem rovim, kravi zé aHi aHi, gious lékoulam, ptor lékoulam, ein shoum yéoush baolam

Yésha zé kan, na naHam méouman, no fear mashiaH bair, ein aravim ein pigouim, bagats méssaken yéhoudim,

Haam im hagolan, haam im hatransfer, test biarHa, Have rata Hasser, hakadosh barouH hou anaHnou boHarim béHa, beHira yeshara zé ra, hakadosh barouH hou anaHnou kanaim léHa, yamoutou hakanaim

Kama roa efchar livloa aba téraHem aba téraHem korim li naHman vaani mégam mégamgem

Kama roa efchar livloa aba téraHem aba téraHem, barouH hachem ani nochem vélaHen
דור שלם דורש שלום   תנו לצה »ל לנצח    עם חזק עושה שלום    תנו לצה »ל לכסח
אין שלום עם ערבים    אל תתנו להם רובים    קרבי זה הכי אחי      גיוס לכולם, פטור לכולם   אין שום ייאוש בעולם

יש »ע זה כאן   נ נח נחמן מאומן   No Fear, משיח בעיר   אין ערבים אין פיגועים   בג »ץ מסכן יהודים

העם עם הגולן  העם עם הטרנספר  טסט בירכא  חבר, אתה חסר
הקדוש ברוך הוא אנחנו בוחרים בך    בחירה ישירה זה רע
הקדוש ברוך הוא אנחנו קנאים לך        ימותו הקנאים.

כמה רוע אפשר לבלוע      אבא תרחם, אבא תרחם     קוראים לי נחמן ואני מגמגם
כמה רוע אפשר לבלוע     אבא תרחם, אבא תרחם      ברוך השם אני נושם       ולכן
מדינת הלכה – הלכה המדינה     מי שנולד הרוויח     יחי המלך המשיח    

יש לי בטחון בשלום של שרון    חברון מאז ולתמיד   ומי שלא נולד הפסיד
חברון אבות   שלום טרנספר   כהנא צדק    CNN משקר     צריך מנהיג חזק
סחתין על השלום, תודה על הבטחון     אין לנו ילדים למלחמות מיותרות
השמאל עוזר לערבים   ביבי טוב ליהודים     פושעי אוסלו לדין
אנחנו כאן הם שם    אחים לא מפקירים    עקירת ישובים מפלגת את העם
מוות לבוגדים    תנו לחיות לחיות     מוות לערכים
כמה רוע אפשר

לחסל, להרוג, לגרש, להגלות       להדביר, להסגיר, עונש מוות, NO FEAR      להשמיד, להכחיד, למגר, לבער
הכל בגללך, חבר

Prenons du miel et des dattes et disons ensemble :

Le deutéronome nous dit (8 :7-8)

7 Car l’Éternel, ton Dieu, te conduit dans un pays fortuné, un pays plein de cours d’eau, de sources et de torrents, qui s’épandent dans la vallée ou sur la montagne; 8 un pays qui produit le froment et l’orge, le raisin, la figue et la grenade, l’olive huileuse et le miel;

כִּי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, מְבִיאֲךָ אֶל-אֶרֶץ טוֹבָה: אֶרֶץ, נַחֲלֵי מָיִם–עֲיָנֹת וּתְהֹמֹת, יֹצְאִים בַּבִּקְעָה וּבָהָר. ח אֶרֶץ חִטָּה וּשְׂעֹרָה, וְגֶפֶן וּתְאֵנָה וְרִמּוֹן; אֶרֶץ-זֵית שֶׁמֶן, וּדְבָשׁ.

En ce jour de célébration, nous prenons le froment et l’orge et nous prononçons la bénédiction traditionnelle :

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam chéhakol niyié bidvaro

 

Concluons avec la prière « chanson des mères », écrite en hébreu et en arabe, qui sont les deux langues officielles de l’Etat d’Israël. Cette chanson est née d’une alliance entre la parolière Yael Deckelbaum, et un groupe de femmes ayant initié le movement: “Women Wage Peace” en 2014. En octobre 2016, 4 000 femmes palestinienes et israéelliennes  ont marché ensemble au nord de la mer morte.

 

Chantons ensemble :

Hébreu : Rechishat Ruach yam,  menashevet me ey sham,  oochvisa mitnafnefet, letziley hachoma

Arabe : bainil ard wisamam, nashiktir baishu sawa, matchafu tahlemu, bisalam wilaman

Hébreu : matai yimsoo chomot hapachad, veshavti migalooti, yipatchoo shearai, el hatov haamiti

Arabe/hébreu : yalla tnam – od zricha, yalla tnam – boker ba, tanetbhela (em sholachat) tairil hamam (bitfila), ruhia hamam (et yalda)

Anglais: from the north to the south, from the west to the east, hear the prayer of the mothers ,  bring them peace, bring them peace

Ensemble:hear the prayer of the mothers – ismaussalat el ummahaaaat – mool tfilat haimahot

bring them peace, bring them peace – assalam assalam – leshalom, leshalom