Célébrerons-nous la victoire de la démocratie le 8 mai 2017?

Chers amis, chères amies,

Nous souhaitons célébrer lundi prochain la victoire de 1945 en même temps que le triomphe renouvelé de la démocratie.

Edmond Fleg définit la victoire dans son « dayénou »:
« Lorsque, rendus dés longtemps aux fraternités des peuples, nous aurons fait avec toi, avec tous les hommes, sur toute la terre, toute la paix, dans toute la justice, alors, seulement, Éternel notre Dieu, roi du monde, assez pour nous! »

La route est longue, et nous y sommes engagés depuis déjà plus de deux millénaires.
Il revient à notre génération de faire face aux enjeux du présent, et en particulier dans ce droit de vote et cette dimension citoyenne qui sont au cœur de nos valeurs. A travers la paracha de ce chabbat, « kédochim », nous nous rappelons que certaines de nos valeurs sont « kadoch », « sacrées », intouchables, et inaliénables.

Pour ceux qui souhaiteraient y réfléchir, je vous rappelle la célèbre phrase de David Ben Gourion. Il était alors pris en tenailles entre la menace Nazie d’un côté, et de l’autre un mandat britannique qui dans son « livre blanc » interdisait l’entrée en Palestine des réfugiés juifs alors que la Shoa battait son plein. Il s’exclama alors : « Le Yichouv luttera aux côtés des anglais dans la guerre comme s’il n’y avait pas le livre blanc, et contre les anglais à propos du livre blanc comme s’il n’y avait pas la guerre. » Les aspects composites et paradoxaux des situations humaines n’excuseraient pas notre désengagement. C’est la raison pour laquelle j’ose ces quelques mots, dans le plus grand respect pour les différents raisonnements souvent très complexes qui nous animent aujourd’hui.

Nos prières parlent sans cesse de « tséva shalom » צבא שלום, une armée de paix, et c’est pour cette paix que nous nous mobilisons.

Je relaie donc en cette heure grave l’appel de la Présidente du MJLF, Danielle Cohen, que vous trouverez également sur le site du MJLF, en cliquant sur ce lien.

Paris, le 3 mai 2017
Chers amis,
Il y a 10 jours, nous avons lu pendant 24h les noms des déportés juifs de France des convois 32 à 70 et avons ainsi rendu hommage à ces hommes, à ces femmes, à ces enfants, victimes de la barbarie nazie et de la complicité active du régime de Vichy.
Je m’adresse à vous aujourd’hui parce que l’heure est grave :
notre République est menacée par le fascisme qui est à la porte du pouvoir.
Jusqu’à maintenant, je me suis toujours interdit de mêler la politique à notre vie associative.
Parce que nous vivons un moment exceptionnel, je déroge à cette ligne de conduite et vous dis simplement que
je voterai pour Emmanuel Macron dimanche prochain
et vous engage à le faire aussi.
Je sais que l’on gagne une élection avec 50,01 % des votes exprimés,
Je sais qu’une élection est gagnée ou perdue lorsque le ministère de l’Intérieur a proclamé les résultats officiels,
Je sais que l’abstention favorisera Marine Le Pen.
Certains d’entre vous se souviennent peut-être d’une chanson interprétée par Serge Reggiani en 1967 : « Les loups sont entrés dans Paris ».
Je vous en supplie, faites en sorte que les loups n’entrent pas dans Paris,
reportez vos déceptions et votre mauvaise humeur éventuelles au lundi 8 mai…
lorsque nous nous réveillerons en démocratie …et pas en dictature.
Bien à vous,

Danielle Cohen
Présidente du MJLF

Paracha Kédochim : être différent ou être comme les autres ?

La paracha que nous lirons ce chabbat est double. La section « kedochim » suivra la section « aHaré mot ». Le rappel de la triste mort de deux des fils d’Aaron fera place aux instructions morales qui nous enjoignent d’être les meilleurs de nous-mêmes. Ainsi, le souvenir des difficultés du passé laissera place à l’espoir de construire un système de valeur qui se renforcera avec le temps, pour toujours plus de justice et de justice sociale.

Etre différent, ou être comme les autres ? Tout être humain, à un moment de sa vie, se pose cette question. Mais, pour les membres du peuple juif, elle revêt un caractère particulier. L’histoire et l’actualité le démontrent.

On a tout dit à propos des particularités supposées des Juifs; du bien et du mal, surtout du mal. On a parlé de race juive, de type physique juif, de comportement juif et même de gènes juifs. Sur quoi ont reposé et reposent encore ces extravagances ? En grande partie, sur l’ignorance, les préjugés, la jalousie et la crainte de la différence.

Le peuple juif est-il réellement différent ? Se veut-il différent ? N’est-il qu’un peuple quelconque parmi les autres peuples ?

La paracha Kédochim nous amène à réfléchir à ces questions complexes auxquelles il est difficile de répondre immédiatement et sans explication.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Kédochim du sefer Vayikra (Lévitique) 19:1 à 20:27 et la spécificité du peuple juif

Le mot « kadoch » (קדוש) est très souvent cité dans la liturgie juive. Il signifie : « saint », « sacré », « séparé » ou « spécial ». Tel qu’il est employé, le mot « kadoch » exprime la volonté d’être différent. Mais, différent de qui et de quoi ?

Une phrase du Chéma Israël est significative : « Ecoute Israël, l’Eternel est notre Dieu, l’Eternel est un. »

L’Eternel serait ainsi un référent unique et particulier, vers lequel nous pourrions toujours nous tourner et qui serait indéfiniment prêt à nous écouter en tant qu’enfants d’Israël.

Les deux premiers versets de la paracha vont dans le sens de la spécificité de Dieu et du peuple d’Israël qu’il a interpellé distinctement parmi les autres peuples.

Vayikra 19:1 à 19:2. L’Éternel s’adressa à Moïse en ces termes: « Parle à toute l’assemblée des enfants d’Israël et dis-leur: vous devrez vous montrer saints [spéciaux], car je suis saint [spécial], moi l’Éternel, votre Dieu. »

La communauté des enfants d’Israël doit être une, spécifique, unique comme l’est l’Eternel.

Cependant, les Juifs, héritiers des enfants d’Israël, ne recherchent en aucune façon le repli sur eux-mêmes. Ils ont besoin, comme tout le monde, de se sentir appartenir à la grande famille de l’humanité. Ils partagent le défi de l’identité humaine de vouloir concilier liberté et destin commun.

Pourtant, notre tradition insiste sur le fait d’être « séparés ». C’est peut-être une manière de montrer l’importance de la diversité de l’identité humaine. Pour cette raison nous répétons à chaque bénédiction : « Tu es une source de bénédiction, Éternel, notre Dieu, roi du monde, qui nous a rendus spéciaux par tes commandements. »

En fait, nous nous voulons différents et sommes fiers d’être différents, comme tout peuple est fier de ses particularités et comme tout être humain, dans toutes les dimensions de son identité, est heureux de ce qu’il est.

Soulignons que la notion de particularité du peuple d’Israël est reprise dans un autre verset de la paracha :

Vayikra 20:26. « Et vous devrez vous montrer saints pour moi, car je suis saint, moi l’Éternel, et je vous ai séparés des autres peuples pour que vous deveniez miens. »

Nous tenons à marquer notre différence en ayant une vision singulière de la différence.

Nous nous voulons différents sans, pour autant, nous croire supérieurs. Nous sommes différents parce que nous obéissons à des commandements. Nous sommes spéciaux parce que nous réfléchissons toujours avant d’agir, parce que nous nous interrogeons toujours sur nos actes et nos habitudes, prêts à les remettre en question, comme l’ont fait avant nous les fondateurs du Judaïsme.

Au moment de l’annonce des Dix Commandements, l’Eternel a proclamé ce qui suit :

Chémot (Exode) 20:4 à 20:5. « Tu ne te prosterneras pas devant elles, tu ne les adoreras pas; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu qui réclame un attachement exclusif, qui poursuit la faute des pères sur les enfants jusqu’à la troisième génération, et jusqu’à la quatrième génération pour ceux qui m’offensent…Mais qui étend ma bienveillance à la millième génération pour ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements. »

Jusqu’à « la millième génération » nous serons détenteurs d’un héritage spirituel qui nous vient de nos pères. Nous devons nous en montrer dignes par notre comportement et nos actes. Il est important pour nous-mêmes, aujourd’hui, de bien comprendre pourquoi nous sommes spéciaux et pour quelles raisons nos pères ont été choisis (élus) par Dieu.

N’oublions pas que nous devons transmettre cet héritage spirituel et notre spécificité au grand nombre de générations qui succéderont à la notre.

Terminons en citant l’économiste Jacques Attali (1943 – ) qui a précisé une de nos singularités : 

« Il [le Judaïsme] se caractérise par l’idée de progrès : le Judaïsme a apporté à la destiné humaine l’idée du temps non cyclique : nous ne sommes pas là pour subir le monde, pour le reproduire à l’identique, mais pour le transformer, le recréer. »

Kesher! Le lien!

Bonjour chers amis,

Nous poursuivons notre programme de participation des futurs BM aux offices du vendredi soir et du samedi matin.

Nos jeunes se retrouvent toujours plus nombreux aux dates prévues, et ils réalisent le petit programme d’abord très facile, puis de plus en plus sérieux, au fil de leurs participations.

Un office dans lequel on écoute, cela peut sembler long, mais un office dans lequel on est acteur et actrice, c’est rapidement de plus en plus intéressant.

Par ailleurs, comme nous l’enseignent les pédagogies actives, c’est en nous projetant dans une action concrète et dans un projet personnel que nous apprenons le mieux!

L’idée, vous l’aurez compris, est que nos jeunes se sentent vraiment à l’aise le jour de leur Bar ou Bat Mitsva, pour qu’ils puissent profiter complètement de cette magnifique expérience qui les accompagnera toute leur vie.

Il est des choses qu’on comprend mieux en les vivant, et pour lesquelles les descriptions théoriques ne sont pas réellement adaptées.

Le mieux est sans doute d’assister à un Chabat Kesher et de voir par soi-même l’ambiance de participation, de joie et d’encouragement qui y règne.

Pour voir les vidéos d’aide à la préparation de la participation de vos enfants, cliquez sur ce lien-là.

Et pour connaitre les détails du programme, c’est ici!

Le calendrier de nos rendez-vous est ici: https://rabbinchinsky.fr/agenda/

Voici quelques liens important pour la préparation des BM:
Pas besoin de tout faire d’un coup, mais cela vous donne des références pour l’ensemble du parcours.
AU plaisir de partager ces moments avec vous
Pour réviser l’hébreu, voici quelques playlist adaptées au programme de la BM:
Hébreu des offices:
Hébreu ancien/ biblique:
L’Hébreu, c’est facile, ici
Accueillir le chabat en chasons, ici
Quelques bases pour vous et vos invités ici
Pour préparer le discours/dracha, voici des exemples de commentaires que j’ai fait sur toutes les parachiot de la torah:
Pour celles de la Génèse voir ici:
Exode ici
Lévitique
Nombres
Deutéronome
Tous les textes de l’office du matin sont disponibles ici

Paracha AHaré Mot : la justice divine est-elle aveugle ?

La justice est une des valeurs capitales du Judaïsme et il en a été ainsi de tout temps.

Il en est fait mention, pour la première fois, dans les lois NoaHides dont l’une d’elles stipule l’obligation d’établir des institutions judiciaires au sein de la communauté.

Les enfants d’Israël ne conçoivent pas un monde dépourvu de justice. Ils attendent de l’Eternel la révélation permanente des voies à emprunter pour l’établir.

Le Judaïsme fait de la justice, à son origine, un attribut de Dieu. La notion de justice divine est une vérité indéniable. Mais serait-elle aveugle, telle qu’elle est appréhendée par le Judaïsme ?

La lecture de la paracha AHaré Mot nous aidera à répondre à cette question.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha AHaré Mot du sefer Vayikra (Lévitique) 16:1 à 18:30 et la justice divine.

Au risque de surprendre, nous affirmons que la justice est le contraire du hasard. La justice s’oppose effectivement aux aléas du hasard.

La paracha AHaré Mot nous montre le Grand Prêtre désigner, de façon totalement aléatoire, lequel des deux boucs, choisis dans le cheptel, ira à Azazel en portant le fardeau des fautes des enfants d’Israël et lequel sera offert à l’Eternel en sacrifice. Le bouc, chargé d’emporter les fautes au loin, est nommé le bouc émissaire (de là, l’origine de l’expression courante).

Vayikra 16:7 à 16:10. « Et il [Aaron] devra  prendre les deux boucs et les présenter devant l’Eternel, à l’entrée de la Tente d’assignation…Et Aaron tirera au sort pour les deux boucs: l’un sera pour l’Éternel, l’autre pour Azazel…Aaron devra prendre le bouc que le sort aura désigné pour l’Éternel, et le traiter comme une offrande expiatoire…Et le bouc que le sort aura désigné pour Azazel devra être placé, vivant, devant l’Eternel pour servir à la propitiation et être envoyé à Azazel dans le désert. »

Comment comprendre l’intrusion du hasard dans la tradition juive ?

Le hasard est au cœur de la fête de Pourim. Aman jette des sorts (« pour », en hébreu, d’où le terme « pourim ») dans le but de déterminer le jour de l’extermination des Juifs. Le sort, lié au hasard, est une notion néfaste dans la tradition juive.

Par ailleurs, les fêtes de Pourim et de Yom Kipour ont en commun le mot « pour ». Selon le Talmud, l’expression « Yom Kipour » dérive de « yom ké pourim », « un jour comme pourim »; ce qui indique une parenté entre les deux fêtes.

Le tirage au sort de Aaron n’a, en fait, rien à voir avec celui de Aman, mais notre paracha délivre un message beaucoup plus important. L’acte aléatoire, pratiqué par le Grand Prêtre Aaron, met en lumière la nécessité de devoir se mettre au dessus des aléas de l’existence, afin de ne pas les subir.

De façon naturelle, la vie est porteuse d’aléas. Devons-nous nous y adapter, ou devons nous les contrer ? La meilleure façon de contrer ces aléas et d’établir la justice et de la faire respecter.

Remarquons que des extraits de notre paracha sont lus durant Yom Kipour, le moment de l’année où nous nous retrouvons face à notre destin. Cette lecture a deux objectifs : la prise de conscience des aléas de la vie et la nécessité de s’en prémunir par la justice.

La justice n’est pas naturelle sur Terre. Dieu l’a fait savoir à l’humanité en lui demandant de l’instituer. L’être humain ne peut juger autrui par lui-même, en son fort intérieur. Il doit établir des lois équitables, valables pour tous.

L’établissement d’une loi est l’objet d’une intense réflexion collective, empreinte de sagesse. Il ne doit pas faire cas des tendances affectives et doit compenser les dérives aléatoires de la nature. La nature, livrée à elle même, s’oriente en général vers le désordre.

« Justice » se dit « tsedek » en hébreu. Et tsedek nous fait penser à tsedaka/צדקה (aumône ou charité). Pratiquer la tsedaka est une façon de contrer l’aléa de défaut de ressources financières qui nous concerne tous.

La justice humaine, d’essence divine puisqu’elle répond à un commandement de l’Eternel, nous demande de compenser l’aléa des ressources économiques par la tsedaka, à défaut d’autre moyen prévu à cet effet par la société.

La progression des sciences médicales va dans le sens de la justice, puisqu’elle vise à compenser l’aléa de l’état de santé. Il en est de même de la politique quand elle défie les aléas de la vie en société.

La justice divine est-elle aveugle ? A nous d’en décider. Dieu a initié la justice. A nous de mettre en place les moyens rationnels nécessaires à sa pratique et à son respect. Nous en sommes responsables. Ne vivons pas comme les autres créatures biologiques, plantes, animaux, micro-organismes, qui demeurent à la merci des aléas de la nature terrestre, eux-mêmes dépendants des aléas de l’univers.

Paracha Metsora : les femmes sont-elles impures ?

Certains associent la pureté, la perfection et la sainteté. Cette observation pourrait être l’objet d’un article à part entière. Tel n’est pas exactement le sujet que nous traitons aujourd’hui, mais gardons cette idée en tête. La conception juive est particulière. L’impureté est pour la tradition juive un état inévitable qui nous touche lorsque notre relation à la vie est troublée par un contact direct avec la mort.

Les femmes sont-elles impures ? Concentrons nous sur cette question en parcourant le texte de la paracha Metsora.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Metsora du sefer Vayikra (Lévitique) 14:1 à 15:33 et le retour à la pureté

A travers le principe de pureté, la paracha Metsora aborde la complexité que tout être humain découvre en songeant à ce qu’il est et à ce qu’il n’est pas. Elle décrit, par exemple, les maux touchant la peau, la peau qui délimite physiquement l’être humain tel qu’il est, dans son milieu. La paracha nous parle de la lèpre, des plaies, des écoulements pathologiques, des écoulements séminaux des hommes, des règles des femmes, en résumé de ce qui est à l’interface du corps et de son environnement.

La question de la pureté et de l’impureté se retrouve à deux niveaux. D’une part, dans les relations avec l’extérieur de nous-même et d’autre part, dans nos relations avec autrui.

Une particularité de la tradition juive est l’établissement d’un lien entre impureté et rapport à la vie. La principale source d’impureté est le contact avec la mort qui ne laisse pas indemne. Il nous inflige une blessure s’atténuant avec le temps mais ne cicatrisant jamais complètement. Il perturbe notre rapport à la vie.

Après le contact avec la mort, il est important d’être sensible à à l’état particulier qui nous touche, et une période de retrait est indispensable. Nous ne pouvons revivre immédiatement comme si rien ne s’était passé. Après avoir constaté de nos yeux que nous sommes périssables, nous ne pouvons pas trouver la joie de vivre aussi facilement qu’avant. Il nous faut du temps pour nous sentir à nouveau purs et renouer avec la vie.

Revenons à notre paracha.

Vayikra 15:1 à 15:3. Et l‘Eternel parla ainsi à Moïse et à Aaron:…« Parlez aux enfants d’Israël et dites-leur: quiconque est affligé d’un écoulement sortant de son membre génital a un écoulement impur…Voici quand aura lieu cette impureté de l’écoulement: si son membre laisse s’échapper le flux ou si il est engorgé par le flux, l’impureté a eu lieu. »

Vayikra 15:13 à 15:15. « Et quand cet homme sera délivré de son écoulement, il devra compter sept jours pour sa purification, puis il devra laver ses vêtements et baigner son corps dans une eau vive, et il sera pur… Et le huitième jour, il se procurera deux tourterelles ou deux pigeons mâles et il se présentera devant l’Eternel, à l’entrée de la Tente d’assignation, et les remettra au prêtre…Le prêtre les présentera, l’une comme offrande expiatoire, l’autre comme holocauste, et il l’absoudra devant l’Eternel de son écoulement. »

L’homme qui souffre d’un écoulement sexuel pathologique est atteint de « toumah », qui signifie « impureté ». Il doit s’éloigner de la communauté pendant sept jours, laver tous ses vêtements, puis s’immerger dans un mikvé pour retrouver la pureté. Il doit ensuite faire un don d’offrandes au Temple.

Il en est à peu près de même pour une femme, lors de son écoulement menstruel :

Vayikra 15:19. « Lorsqu’une femme a un écoulement et que l’écoulement de son corps est du sang, elle devra rester sept jours isolée dans l’impureté de ses règles et quiconque la touchera sera souillé jusqu’au soir. »

Vayikra 15:29 à 15:30. « Et le huitième jour, elle se procurera deux tourterelles ou deux pigeons mâles qu’elle apportera au prêtre, à l’entrée de la Tente d’assignation…Le prêtre présentera l’un des oiseaux comme offrande expiatoire, l’autre comme holocauste, et il l’absoudra devant l’Eternel de l’impureté de son écoulement. »

A noter également, l’impureté temporaire causée par l’accouplement :

Vayikra 15:18. « Dans le cas d’une femme qu’un homme aura habitée charnellement avec émission de semence; tous deux devront se baigner dans l’eau et seront impurs jusqu’au soir. »

En règle générale, la pureté est donc retrouvée après l’accomplissement d’un rite de purification dont les principales étapes sont le retrait pendant un à plusieurs jours, le lavage soigneux des vêtements et des objets souillés, l’immersion dans un bain rituel et l’apport d’offrandes au Sanctuaire.

Soulignons que la situation d’impureté empêche l’apport d’offrandes au Temple. Ceci signifie que l’endroit où nous donnons le meilleur de nous-mêmes, où nous devons nous sentir parfaitement nous-même, nous sentir authentiques et purs, doit être séparé et protégé des aléas de la vie.

Aujourd’hui le Temple n’existe plus. La notion de pureté a pris un sens plus large. L’impureté peut-être tout autant physique que spirituelle. Le rite de purification n’est plus matérialisé tel qu’il l’était, mais il existe encore. Il se déroule maintenant de façon symbolique, pour les femmes comme pour les hommes, dans la pratique de la tradition.

Les femmes sont-elles impures ? Elles peuvent l’être, cependant cette impureté n’est pas réservée aux femmes. Dans certaines circonstances les hommes, eux aussi, sont impurs.

Insistons sur le fait que le lien avec la tradition juive permet le retour à la « pureté », pour les femmes comme pour les hommes, la « pureté » n’est pas une essence, une qualité intrinsèque des uns qui manquerait aux autres, mais un état respectable et réversible. Lire la Torah, aller à la Synagogue, s’intégrer à la communauté, prendre ses distances périodiquement avec les tracas sont des actes qui permettent de se rattacher à ce qui compte le plus pour nous. Il est important d’identifier ce qui nous ramène au meilleur de nous-mêmes.

Paracha Tazria : alors, fille ou garçon ?

Malgré les apparences, la Torah n’est pas un ouvrage d’accès facile. Parmi les complexités à relever dans sa lecture, se trouve l’exposé du rôle des femmes.

Plusieurs femmes ont fortement marqué le parcours des hébreux et du peuple juif. Citons, entre autres, Sarah, Rebecca et Myriam. La Torah les présente de façon très honorable et leur comportement est décrit avec précision.

Cependant, la Torah met-t-elle les hommes et les femmes sur le même pied d’égalité ? Ce n’est pas certain. Les livres de la Torah offrent une place réduite aux personnalités féminines, au regard de la répercussion de leurs actes.

Mais pourquoi parlons-nous de la condition féminine dans la Torah ?

Tout simplement parce que la paracha Tazria nous en offre l’occasion. Celle-ci débute par les prescriptions de l’Éternel concernant la mise au monde des enfants d’Israël.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Tazria du sefer Vayikra (Lévitique) 12:1 à 13:59 et l’égalité homme-femme

Vayikra 12:1 à 12:4. L’Eternel s’adressa à Moïse en ces termes: « Parle ainsi aux enfants d’Israël: lorsqu’une femme, ayant conçu, enfantera d’un mâle, elle sera impure durant sept jours, comme lorsqu’elle est isolée à cause de ses règles…Au huitième jour, on circoncira le prépuce de l’enfant…Puis, trente-trois jours durant, la femme restera dans le sang de purification. Elle ne devra toucher à rien de consacré et elle n’entrera pas dans le lieu saint avant que les jours de sa purification ne soient accomplis. »

Vayikra 12:5 à 12:6. Si c’est une fille qu’elle met au monde, elle sera impure pendant quatorze jours, comme lors de ses règles. Puis, durant soixante-six jours, elle restera avec le sang de purification…Quand sera achevé le temps de sa purification, pour un garçon comme pour une fille, elle apportera un agneau d’un an comme holocauste et un pigeon mâle ou une tourterelle comme offrande expiatoire, à l’entrée de la Tente d’assignation, et les remettra au prêtre. »

Les versets précédents nous laissent perplexes. Un effort de réflexion est nécessaire pour les interpréter et déterminer leur bien-fondé.

Ainsi, après qu’une femme ait accouché, se passe une période de transition, de repos, de retour à la vie normale; et la durée de cette période est différente selon le sexe du nouveau-né. Elle est au total de 40 jours pour un garçon et de 80 jours pour une fille, soit le double.

Cette période de repos est indispensable. L’accouchement nécessite un grand effort physique et mental pour la femme. Il est une épreuve pénible pour le corps et délicate pour l’esprit. Le risque de mourir des suites d’un accouchement était élevé à l’époque de l’écriture de la Torah; et était encore élevé, chez nous, dans un passé relativement récent. Mais cela n’explique pas la différence de durée de récupération en fonction du sexe de l’enfant.

Alors, où se trouve l’explication ? Est-elle liée à la déception d’avoir accouché d’une fille ? C’était le cas au temps de l’écriture de la Torah et c’est encore le cas dans de nombreux pays aujourd’hui. Cette explication est possible mais nous semble insuffisante.

Une théorie intéressante a été mise en avant. La condition féminine est problématique depuis toujours. En tant que femme, la mère est consciente des difficultés que son enfant aura à affronter tout au long de sa vie, s’il est de sexe féminin. Le retient-elle auprès d’elle, le plus longtemps possible, pour cette simple raison ? Pourquoi-pas ?

C’est une des réponses plausibles à ce doublement du temps par le doublement du nombre 40 (7+33). Le nombre 40 est un nombre de transition. Il est le nombre de jours de déluge à l’époque de Noé, le nombre de jours passés par Moïse sur le Mont Sinaï afin de préparer la naissance du peuple juif par le don de la Torah, le nombre de jours passés par les explorateurs en Canaan, le nombre d’années passées dans le désert par les enfants d’Israël avant qu’ils se risquent à conquérir la terre promise.

Le doublement du temps de retour à la vie normale, après la naissance d’une fille, a certainement une origine culturelle très ancienne.

Afin de donner une explication à l’inégalité homme-femme, présente dès la naissance, le Midrach fait une comparaison entre la lune et le soleil, la lune représentant la condition féminine et le soleil, la condition masculine.

La Torah nous dit que Dieu, au cours de la genèse de l’univers, a créé deux grands luminaires. Le plus petit pour la nuit et le plus grand pour le jour. Pourquoi deux luminaires, et deux luminaires différents ?

D’après le Midrach, ces deux luminaires, la lune et le soleil, étaient initialement de même taille, comme l’étaient au départ la condition féminine et la condition masculine. Cependant, la lune a supposé que dans un univers d’autorité, deux rois de même niveau ne peuvent pas s’asseoir sur le même trône; et la lune s’est tournée vers Dieu pour lui faire part de son avis. Dieu lui a répondu, comme parfois on répond aux femmes, qu’elle n’avait qu’à se réduire pour régler ce problème. Ce que la lune à fait.

Néanmoins, la lune bénéficie de compensations aujourd’hui encore. La fête de Roch Hodech (début de mois) est dédiée à la lune et celle-ci, dès qu’elle apparaît, est consolée au moyen d’une bénédiction spéciale lui confirmant qu’elle ne sera jamais oubliée.

Dans les pays où l’égalité homme-femme est loin d’être parfaite, la coutume veut que soit apportée une attention particulière à la place de la femme dans la société. Les exemples ne manquent pas. Mais cela ne règle en rien le problème du déséquilibre selon le sexe.

Soulignons que ce déséquilibre n’a rien d’inéluctable et que les différences naturelles entre hommes et femmes peuvent facilement être surmontées. Ce n’est qu’une question d’adaptation.

Travaillons à cela dès maintenant, sans attendre l’ère messianique qui fera peut-être reprendre la même taille aux deux grands luminaires. Nous ne serons plus alors dans un paradigme de concurrence. Nous serons dans un paradigme de collaboration équilibrée où deux forces équivalentes coexisteront et formeront un ensemble à haut potentiel.

Nous conseillons aux gens en manque de passion de s’investir dans la création de structures à égalité homme-femme parfaite. L’évidence les rattrapera. Ils seront tout étonnés de ne pas avoir à demander aux femmes ce qui leur manque et seront peut-être déçus de trouver cette mission trop facile concrètement. Si obstacle il y a, il sera culturel.

Quand ‘Dieu n’aime pas ceux qui l’aiment… La haine gratuite et la destruction du Temple

Talmud Babylonien Yoma 9b – « Quand ‘Dieu n’aime pas ceux qui l’aiment  »

Les deux temples ont été détruits, et ce, par la volonté de ‘Dieu lui-même. Pourquoi ‘Dieu voudrait-il faire disparaitre son temple ? Parfois, certains se réclament du ‘divin tout en s’éloignant de l’obligation première : l’amour du prochain. Le deuxième temple a été détruit en raison de la haine gratuite, sinat Hinam. Cette faute est donc considérée comme aussi grave que les trois fautes ayant conduit à la destruction du premier temple : l’idolâtrie, l’abus sexuel et le meurtre. Elle est si sérieuse que même la pratique de la Torah, des commandements et de la générosité vis-à-vis du prochain ne peuvent la contrebalancer. Avoir « la foi », ce n’est pas un gage valable aux yeux de ‘Dieu, l’amour du prochain passe avant tout. Le reste est important, mais l’inversion des valeurs est une trahison.

(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

Pour étudier avec nous au café des Psaumes ce mercredi de 12h30 (accueil à 12h) à 14h, contactez Paule sur facebook ou répondez à cet article en commentaire.

Le premier temple pour quoi a-t-il été détruit à cause de trois choses qui s’y sont produites le service étranger et la révélation des impudeurs et répandre les sangs

le service étranger car il est écrit Trop courte sera la couche pour s’y étendre que signifie Trop courte sera la couche pour s’y étendre Rabbi Yonatan a dit Trop courte sera cette couche pour s’étendre que deux s’étendent dessus ensemble et trop étroite la couverture pour s’y envelopper Rabbi Chémouel Bar NaHmani a dit quand Rabbi Yonatan arrivait à cet écrit il pleurait et disait ce qui est écrit à ce sujet Il amoncelle comme une digue les eaux de la mer la couverture/l’idole s’est faite étroite/rivale

la révélation des impudeurs car il est écrit Puisque les filles de Sion sont si arrogantes, s’avançant le cou dressé, lançant des regards provocants, puisqu’elles marchent à pas mesurés et font sonner les clochettes de leurs pieds Puisque les filles de Sion sont si arrogantes elles marchaient avec un port hautain s’avançant le cou dressé elles marchaient de toute leur hauteur lançant des regards provocants elles mettaient du noir à leurs yeux puisqu’elles marchent à pas mesurés elles allaient le talon touchant l’orteil, et font sonner les clochettes de leurs pieds Rabbi ItsHak dit qu’elles apportaient de ma myrrhe et du baume qu’elles mettaient dans leurs chaussures et quand elles arrivaient chez les jeunes hommes d’Israël elles tapaient du pied et projetaient sur elles et faisaient entrer en eux le mauvais penchant comme un venin furieux

et répandre les sangs car il est écrit Manassé répandit aussi le sang innocent en si grande abondance que Jérusalem en était remplie d’une extrémité à l’autre Mais le deuxième temple où ils s’occupaient de Torah et de Mitsvot et de Générosité gracieuse pour quelle raison a-t-il été détruit à cause du fait qu’il y avait en lui de la haine gratuite pour t’apprendre que la haine gratuite est équivalente aux trois transgressions le service étranger la révélation des impudeurs et répandre les sangs

Ils étaient mauvais mais ils attachaient leur sécurité à HKBH c’est la même chose pour le premier temple comme il est écrit Ses chefs rendent la justice pour des présents, ses prêtres donnent leur enseignement pour un salaire, ses prophètes prononcent des oracles à prix d’argent, et ils osent s’appuyer sur l’Eternel et dire: « Certes l’Eternel est au milieu de nous, aucun mal ne nous atteindra! Pour cette raison HKBH a fait venir sur eux trois décrets correspondant aux trois transgressions qu’ils avaient dans leurs mains comme il est dit Eh bien! à cause de vous Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de ruines, et la montagne du temple une hauteur boisée (et dans le premier temple, il n’y avait pas de haine gratuite ?…)

מקדש ראשון מפני מה חרב מפני ג’ דברים שהיו בו ע »ז וגלוי עריות ושפיכות דמים

ע »ז דכתיב (ישעיהו כח, כ) כי קצר המצע מהשתרע מאי קצר המצע מהשתרע א »ר יונתן קצר מצע זה מהשתרר עליו שני רעים כאחד (ישעיהו כח, כ) והמסכה צרה כהתכנס א »ר שמואל בר נחמני כי מטי רבי יונתן להאי קרא בכי אמר מאן דכתיב ביה (תהלים לג, ז) כונס כנד מי הים נעשית לו מסכה צרה

גלוי עריות דכתיב (ישעיהו ג, טז) ויאמר ה’ יען כי גבהו בנות ציון ותלכנה נטויות גרון ומשקרות עינים הלוך וטפוף תלכנה וברגליהן תעכסנה

יען כי גבהו בנות ציון שהיו מהלכות ארוכה בצד קצרה ותלכנה נטויות גרון שהיו מהלכות בקומה זקופה ומשקרות עינים דהוו מליין כוחלא עיניהן הלוך וטפוף תלכנה שהיו מהלכות עקב בצד גודל וברגליהן תעכסנה א »ר יצחק שהיו מביאות מור ואפרסמון ומניחות במנעליהן וכשמגיעות אצל בחורי ישראל בועטות ומתיזות עליהן ומכניסין בהן יצה »ר כארס בכעוס

שפיכות דמים דכתיב (מלכים ב כא, טז) וגם דם נקי שפך מנשה [הרבה מאד] עד אשר מלא את ירושלם פה לפה

אבל מקדש שני שהיו עוסקין בתורה ובמצות וגמילות חסדים מפני מה חרב מפני שהיתה בו שנאת חנם ללמדך ששקולה שנאת חנם כנגד שלש עבירות ע »ז גלוי עריות ושפיכות דמים

רשעים היו אלא שתלו בטחונם בהקב »ה

אתאן למקדש ראשון דכתיב (מיכה ג, יא) ראשיה בשוחד ישפוטו וכהניה במחיר יורו ונביאיה בכסף יקסומו ועל ה’ ישענו לאמר הלא ה’ בקרבנו לא תבוא עלינו רעה לפיכך הביא עליהן הקב »ה ג’ גזרות כנגד ג’ עבירות שבידם שנאמר (מיכה ג, יב) לכן בגללכם ציון שדה תחרש וירושלים עיין תהיה והר

הבית לבמות יער

Texte à télécharger en cliquant sur le lien suivant: talmud 5777 – 7 Yoma 9b

Paracha Chémini : comment éviter les dangers du faux sacré ?

L’expression « faux sacré » nous fait penser à la connivence très répandue du pouvoir et du sacré pour diriger une nation et un peuple.

Il n’y a pas de pouvoir possible sur un peuple sans un large déploiement de symboles abstraits ou concrets et sans un style de gouvernance qui se donne, sous certains aspects, l’apparence du sacré.

Abordons la paracha Chémini.

Le Judaïsme voit le jour. Le sacré tangible apparaît avec le Sanctuaire, les Cohanim et le rite officiel. Le faux sacré apparaît aussi, comme nous le verrons. Quels dangers présente ce faux sacré? Comment les éviter?

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Chémini du sefer Vayikra (Lévitique) 9:1 à 11:47 et la crainte du faux sacré

Nous sommes au huitième jour. Et c’est là, le commencement de notre histoire. « Chémini », le nom de la paracha, signifie « huitième ».

L’édification du Sanctuaire est achevée, les sept jours de consécration de Aaron et de ses quatre fils sont révolus. Le protocole rituel est établi. Les Cohanim peuvent maintenant officier.

Vayikra 9:1. Et il advint, le huitième jour, que Moïse interpella Aaron et ses fils, ainsi que les anciens d’Israël.

Tout débute à merveille. Les offrandes sont présentées à l’Éternel devant la Tente d’assignation. Moïse et Aaron bénissent le peuple puis, soudain, un éclair fulgurant jaillit et enflamme les offrandes.

Vayikra 9:23 à 9:24. Moïse et Aaron entrèrent dans la Tente d’assignation. Ils ressortirent et bénirent le peuple; alors la gloire de l’Eternel se manifesta à tout le peuple…Un feu s’élança de devant l’Eternel et consuma, sur l’autel, l’holocauste et les graisses. A cette vue, tous les membres du peuple crièrent de joie et tombèrent sur leur face.

Peu après, deux fils d’Aaron, Nadab et Abihou, interviennent et présentent sur l’autel un autre feu; acte non prescrit par le rite. Ils sont aussitôt terrassés par un éclair venu des cieux.

Vayikra 10:1 à 10:2. Puis les fils d’Aaron, Nadab et Abihou, prenant chacun leur encensoir, y mirent du feu sur lequel ils jetèrent de l’encens, et apportèrent devant l’Eternel un feu profane sans qu’il le leur eût commandé…Alors un feu s’élança de devant l’Eternel et les dévora, et ils moururent devant l’Eternel.

Pour quelle raison Nadab et Abihou ont-ils agi ainsi ? Se sont-ils emparés du sacré pour s’en glorifier, pour se mettre au premier plan, pour revendiquer un certain pouvoir ? Pourquoi ont-ils apporté sur l’autel du faux sacré à la place du feu sacré ?

Cet événement nous amène donc à nous interroger sur le sens du sacré, sur ce qui est authentiquement sacré et sur l’objet de l’appropriation du sacré. Questions à se poser sur un plan général, au delà du cas particulier de notre paracha.

Après la mort de Nadab et Abihou c’est la consternation. Moïse tente de réconforter Aaron, de le consoler de la perte de ses deux fils.

Vayikra 10:3. Moïse dit alors à Aaron: « C’est là ce qu’avait déclaré l’Eternel en disant: Je veux être sanctifié par ceux qui me sont proches et glorifié devant la face de tout le peuple ! » Et Aaron garda le silence.

Aaron s’abstient de tout commentaire parce qu’il ne comprend pas bien en quoi ses deux fils ont fauté. La mort de Nadab et Abihou rachète-elle leur faute à travers le fait qu’elle sanctifie Dieu ? La mort d’êtres humains peut-elle faire partie de la sanctification de Dieu ?

Ce qui suit est l’interdiction, faite à tous les Cohanim, de consommer des boissons alcoolisées juste avant d’assurer le service du Temple. Les Cohanim doivent rester pleinement lucides dans l’exercice de leur fonction et entièrement conscients de leurs responsabilités.

Vayikra 10:8 à 10:11. L’Eternel parla ainsi à Aaron:…« Tu ne boiras ni vin ni boisson enivrante, toi comme tes fils, quand vous aurez à entrer dans la Tente d’assignation…afin de pouvoir distinguer le sacré du profane et l’impur de ce qui est pur…et afin d’instruire les enfants d’Israël dans toutes les lois que l’Eternel leur a transmises par Moïse. »

La sanction par la mort de Nadab et Abihou nous paraît à priori inacceptable. Néanmoins, elle nous conduit à donner un avis sur le faux sacré et le sacré.

L’invention du faux sacré est dangereuse en elle-même. Elle est une façon d’abuser les gens. Le faux sacré est une arme illégitime de prise de pouvoir. Cependant, le sacré authentique est-il totalement vertueux ? Mourir pour le sacré, comme mourir pour Dieu, est sans fondement dans le Judaïsme. Le Lévitique nous dit bien que l’homme fera les commandements et qu’il vivra grâce à eux.

Dans le Talmud Yoma nous trouvons la règle de PikouaH néfech (פיקוח נפש) qui donne la priorité à la vie humaine. Un verset du Deutéronome (Devarim) va dans ce sens :

Devarim 30:19. « Je prends à témoin, en ce jour, le ciel et la terre: j’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et le malheur. Tu devras choisir la vie ! Et tu vivras alors, toi et ta postérité. »

La vie a la préséance. Nous ne pouvons honorer Dieu qu’en étant vivants. C’est ce qui est dit au cours de l’office du matin : « l’âme de tout vivant peut louer Dieu ». C’est ce qui est dit également dans le Hallel : « ce ne sont pas les morts qui peuvent louer Dieu ».

Par défaut, comme l’a sans doute fait Moïse pour consoler Aaron, nous disons parfois que certains sont morts « al kiddouch hachem », « pour sanctifier le nom », c’est à dire le nom de Dieu.Cela ne signifie pas qu’il fallait qu’ils meurent « au nom de Dieu » mais simplement que la façon dont ils se sont confrontés à la mort est une éloge héroïque à la vie. C’est une façon de dire que leur assassinat, inacceptable, n’enlève pas le sens profond de ce qu’ils ont été.

A notre avis, ce qui sanctifie réellement le nom divin est d’aimer la vie constamment, de la trouver toujours belle, malgré les obstacles de son parcours et les moments pénibles qu’elle nous réserve.

C’est un défi de percevoir la valeur de la tradition juive et l’élan de vie qu’elle porte en elle. La vie sous toutes ses formes est le summum du sacré authentique. Lorsque nous traversons des moments difficiles, le faux sacré peut être une tentation, mais lorsqu’on s’est créé une vie pleine de sens, insérée dans un réseau social qui nous soutient, nous avons les outils pour lui résister.

Constituer ce réseau est le défi permanent de chacune et de chacun, le cadre de notre tradition est une façon de relever ce défi.

 

Paracha Tsav : que symbolise le sang ?

Dans la tradition juive, le sang représente l’âme de la vie, et la vie est sacrée. Ceci explique pourquoi il nous est rigoureusement interdit de consommer le sang de tout être vivant.

Cette interdiction est incluse dans les lois NoaHides, dans la Loi Mosaïque, et dans la Halakha, la Loi juive dans ses évolutions historiques et actuelles.

Le sang représente la vie, et pourtant le sang inspire très souvent de la répulsion. Est-ce parce que l’écoulement de sang est en rapport avec la mort, ou pour d’autres raisons ?

Par ailleurs, le sang ne symbolise-t-il que la vie biologique dans la tradition juive ?

 Réfléchissons à ces questions en lisant la paracha Tsav.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La Paracha Tsav du sefer Vayikra (Lévitique) 6:1 à 8:36 et la symbolique du sang

Notre paracha décrit l’utilisation du sang dans la consécration du Temple (le michkan), et des prêtres (les Cohanim), que sont Aaron et ses fils.

Vayikra 8:30. Alors Moïse prit de l’huile d’onction et du sang qui était près de l’autel et en fit l’aspersion sur Aaron et sur ses vêtements, puis sur ses fils et sur les vêtements de ses fils. Ainsi il consacra Aaron et ses vêtements, et avec lui ses fils et les vêtements de ses fils.

Que signifie l’utilisation du sang dans cette consécration ? Que signifie-t-elle dans la tradition juive et pour l’humanité toute entière ?

Il y a une notion d’interdit autour du sang. Le sang est associé à la vie, mais aussi à la mort. Rappelons que dans les textes bibliques, le mot « sang » est souvent utilisé pour désigner le « meurtre »; une métonymie qui prend sa source dans le récit de l’assassinat de Abel par Caïn.

Béréchit 4:10. Dieu dit: « Qu’as-tu fait ? Écoute ! Le sang de ton frère crie du sol vers moi. »

Il est écrit dans le Lévitique, qu’après avoir égorgé un animal nous devons mettre son sang hors de vue, l’ensevelir, le recouvrir de terre ou de sable. Le sang est un attribut particulier de l’animal que nous ne devons pas nous approprier.

Nous avons le devoir de respecter les animaux dont nous mangeons la chair. Il est prescrit dans le Judaïsme d’assurer au mieux le bien-être des animaux en cours d’élevage et de leur donner la mort en les vidant de leur sang le plus rapidement possible; le reliquat de sang étant ensuite éliminé par absorption par le sel.

Entre autres symbolisations, le sang représente la catastrophe et la mort. La première des dix plaies d’Égypte, qui a permis la fuite des hébreux soumis à l’esclavage, a été la transformation de l’eau du Nil en sang.

Chémot 7:17 à 7:18. Ainsi parle l’Éternel: « Voici qui t’apprendra que je suis l’Éternel ! Je vais frapper, de cette verge que j’ai à la main, les eaux du fleuve et elles se transformeront en sang…Les poissons du fleuve mourrons, le fleuve deviendra infect et les Égyptiens renonceront à boire de son eau. »

Toutefois, le sang ne représente pas seulement l’aspect morbide de l’existence, dont nous devrions nécessairement nous démarquer. Le sang symbolise aussi la vie, en ce qu’elle a de sacré, et la fertilité.

L’arrivée des règles chez les jeunes filles est le point de départ de l’engendrement. Lors d’un accouchement, l’enfant voit le jour pendant que le sang se répand.

Le sang évoque le passage de la vie à la mort, comme le passage de la mort à la vie. L’esclavage peut-être assimilé à la mort, et la vie à la liberté.

Peu avant leur sortie d’Égypte, les enfants d’Israël se sont différenciés de l’ensemble de la population en badigeonnant le linteau des portes de leurs demeures de sang d’agneau. C’est ainsi qu’ils ont échappé à la dixième plaie d’Égypte, l’immolation des premiers nés.

Ce sang au linteau des portes est à l’origine de la mézouzah (מזוזה) actuelle apposée à l’entrée des maisons et des pièces. Le sang a été remplacé par l’écrit, l’écrit des rouleaux de parchemin introduits dans les mézouzot.

Citons aussi la brit milah (בְרִית מִילָה), la circoncision des nouveaux nés mâles à l’âge de huit jours. Brit milah, veut dire en français « alliance par la circoncision ». Il se produit pendant cette opération un écoulement symbolique de sang qui marque l’entrée de l’enfant dans l’Alliance et l’éducation juive.

Revenons à notre paracha. Moïse a consacré Aaron et ses fils, les premiers Cohanim, par l’aspersion d’un mélange d’huile et de sang sur leurs corps et sur leurs vêtements de prêtres. Le sang apparaît ici comme un symbole de sanctification nécessaire au sacerdoce.

Lisons la suite :

Vayikra 8:33 à 8:34. « Et vous ne quitterez pas le seuil de la Tente d’assignation durant sept jours, jusqu’au terme des jours de votre installation: car votre installation doit durer sept jours…Comme on a procédé en ce jour, l’Éternel a ordonné qu’on procède encore, pour achever votre propitiation. »

Après les avoir consacrés, Moïse ordonne aux Cohanim de se tenir sept jours et sept nuits à l’entrée de la Tente d’assignation afin qu’ils se préparent à l’accomplissement de leur mission sacrée.

L’humanité, dans son ensemble, accorde beaucoup d’importance au sang sur le plan religieux, ethnique, politique, sociétal, scientifique, médical… Pour tous les peuples, le sang, qui est le vecteur de la vitalité, incite au respect.

Le sang est également une composantes des sacrifices tels qu’ils étaient pratiqués à la période de Moïse et pendant es périodes du premier et du deuxième temple. C’est ici l’occasion de parler du sacrifice d’Isaac qui a été un non-sacrifice et de souligner l’abomination que représente le sacrifice rituel humain pour les Juifs de toutes les époques.

Le sang est donc un symbole à multiples facettes. Il nous renvoie fondamentalement aux grandes transitions de nos vies et nous invite à nous souvenir que notre vie est précieuse et sacré, dans chacune des minutes qui la compose.

8 petits cadeaux de PessaH

Bonjour à toutes et à tous,

Le seder approche, et voici quelques petits cadeaux préalables à destination de ceux et celles qui partent en vacances, qui font le seder chez eux, qui veulent adapter leur seder aux enfants ou aux adultes… N’hésitez pas à partager vos propres idées dans les commentaires!

 

  1. Hagada courte et très simplifiée que vous pouvez télécharger ici: hagada simplissime à télécharger
  2. Une vidéo qui vous montre comment utiliser cette hagada et comment apprendre les chants:
  3. Offices de PessaH à la synagogue: Explications, précisions et inscriptions
  4. Recueil de textes pour enrichir votre seder: Ouvrir la porte à l’inattendu            André Néher, L’Exil de la parole p.58 et s., Description du plat du Seder          Léo Cohn, Alors seulement assez pour nous !       Edmond Fleg, Renoncer au Hamets, renoncer à la violence      Floriane Chinsky, 14 étapes pour une libération            Floriane Chinsky, Tout ce qui me suffit         Floriane Chinsky, Télécharger ce document à imprimer sur ce lien: pensées pour pessaH
  5. Texte de la hagada intégral (Bloch) telecharger ici
  6. Chants en translittération pour que chacun puisse suivre: Chants du seder
  7. Midrach illustré: différentes visualisations des 4 enfants à imprimer pour que vos invités de tous âges et de toutes origines puissent discuter des différences entres les êtres humains et également de nos points communs: 4-enfants
  8. Tableau pour compter le Omer et avancer pas à pas jusqu’à Chavouot:compter le omer

Bons préparatifs et chabbat chalom!