Construire le sacré, c’est tout un art! Rachi, ce samedi 12 mars

Comment des humains peuvent-ils construire le sacré?

Comment exprimer ce qui nous dépasse?

Quelle est notre puissance et notre impuissance devant les mystères de la vie?

Notre paracha nous invite à cultiver l’art de l’humilité active.

Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.

La feuille de source est disponible ici: 7 Rachi Pekude construire le sacre

A samedi (accueil 9h15, début 9h30) et …שבת שלום

Être solidaires, c’est tout un art! Rachi, ce samedi 6 février

La solidarité, est-ce que cela va de soi?

De qui devrions-nous être solidaires, pourquoi, de quelle façon?

Qu’est-ce qui peut nous inciter à porter attention aux besoins d’autrui?

Notre paracha nous invite à cultiver l’art de l’entre-aide.

Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.

Pour remettre sur le métier cette valeur fondamentale.

La feuille de source est disponible ici: 6 Rachi Michpatim etre solidaires

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Croire en l’alliance, c’est tout un art! Rachi, ce samedi 9 janvier

Croire en l’alliance, est-ce que cela fonctionne?

Le dieu de la Torah a-t-il tenu ses promesses aux patriarches et aux matriarches? Ses promesses au peuple d’Israël? Celles qu’il a faite à Moïse?

Alors que le périlleux sauvetage des enfants d’Israël s’annonce mal, Moïse interroge son commanditaire divin.

Croyons-nous en l’alliance? En quelles alliances croyons-nous? Que pouvons-nous en espérer?

Notre paracha nous invite à cultiver l’art d’alimenter la confiance.

Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.

Pour que nos efforts et leurs réussites s’inscrivent dans la continuité…

La feuille de source est disponible ici: 5 Rachi Vaera Croire en l’alliance

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Sauver le monde, c’est tout un art! Rachi, ce samedi 5 décembre

Comment sauver le monde?

La généalogie du « sauveur » est racontée dans notre paracha.

Tamar, sans son malheur et sa solitude, décide de se rendre justice.

Défiant les dangers et les codes sociaux, elle impose son droit à participer à l’avenir du peuple hébreu et devient la pierre angulaire de la généalogie du tikoun olam.

Quelle a été la recette de l’héroïsme de Tamar, qui rend possible tous les espoirs?

Notre paracha nous invite à cultiver l’art de l’espoir et de la solution « créative ».

Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.

Pour que nos efforts soient inspirés par une grande dame de la tradition toraïque.

La feuille de source est disponible ici: 4 Rachi Vayechav Sauver le monde

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Aimer, c’est tout un art! Rachi, ce samedi 7 Novembre

Qu’est-ce que l’amour? L’amour pour une personne, pour un projet, pour un espoir d’avenir?

Comment Rebecca rencontre-t-elle Isaac?

Au coeur de leur histoire, leurs deux personnalités, bien sûr, mais également beaucoup d’autres personnages de différentes nature.

Quelle a été la recette de cette première rencontre? Que nous dit-elle de l’amour?

Notre paracha nous invite à cultiver l’art de l’alliance.

Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.

La feuille de source est disponible ici: 3 Rachi Haye Sarah Aimer

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Créer l’humain, c’est tout un art! Rachi, ce samedi 10 octobre

Rachi nous invite à étudier la paracha Béréchit

Qui a créé le premier humain, adam harichon, le premier « homme-femme »?

Dieu, sans doute, mais il n’était pas seul.

Quelle a été la recette de la création de l’être humain? Et quel est la meilleure façon de continuer à créer de l’humain aujourd’hui?

Notre paracha nous invite à cultiver l’art de la création de soi-même.

Rachi nous détaille les ingrédients qui la composent.

Pour que nos efforts et leurs réussites aient un parfum délicieux.

La feuille de source est disponible ici: 2 Rachi Béréchit Créer l’humain

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Sur le pont étroit de la liberté! – 4 – Viktor Frankl: le sens en toutes circonstances (Discours de Kipour 5776)

Voir la partie 3: Au delà de notre confort

Viktor Frankl a une expertise puissante sur la question.

Il a su traverser, changer de ligne au dernier moment dans le cadre de la « sélection » qui menait aux chambres à gaz. Il a su collecter ses observations au sein même de l’enfer des camps en se projetant dans la création de sa propre pensée.

Viktor Frankl dit : « La vie a un sens dans toutes les circonstances, y compris les pires. »

Quand Frankl affirme cela, il l’affirme du fond de sa propre expérience.
Parfois, nous avons besoin de souffrir pour retrouver le sens et l’intensité de notre vie.
Mais franchement, ce n’est pas nécessaire.

Nous pouvons aussi construire le pont AVANT de nous retrouver au-dessus du précipice…

Kipour a sa façon particulière de nous inviter à construire ce pont.

Le dialogue avec nos proches initié en préparation renouvelle notre lien humain.
En jeûnant, nous prenons la mesure de notre fragilité et de celle des autres, nous pousse à la responsabilité
A travers les poèmes liturgiques que nous chantons nous nous laissons porter dans notre volonté de changement.
Le son du chofar nous met dans l’urgence.
Les histoires de la torah nous invitent à penser.
Le fait d’être ensemble nous ouvre aux autres et à nous-mêmes, dans la chaleur du partage.

Ce pont se construit à Kipour et se prolonge dans l’année juive, chaque événement « religieux » ou culturel vient le renforcer, venez traverser ce pont que nous construisons pour vous, venez construire pour vous-même le pont que nous souhaitez traverser ensemble.

Si vous avez des questions, des interrogations, sur l’identité juive, sur nos sources, sur la communauté, partagez-les avec nous, quand vous le souhaiterez, après les fêtes.

La liberté est comme un muscle, c’est en l’utilisant qu’on lui permet de grandir.
La liberté ne s’use que quand on ne s’en sert pas (adaptation de la devise du canard enchaîné).

La joie elle-même est un choix courageux.
Comme Selma Baraz, alors âgée de 91 ans, nous pouvons prendre la responsabilité de notre bonheur et renoncer à la plainte, sans attendre.

En ce jour de Kipour, nous mobilisons notre liberté dans une posture d’humilité face au chemin que nous avons à parcourir.

Dans quelque jours, à soukot, nous mobiliserons notre liberté dans une posture de joie prête à assumer ses choix. Nous danserons avec la Torah le 4 octobre.

Que cette année 5776 se poursuive dans le courage de la joie, du partage, de l’action et du sens.

Sur le pont étroit de la liberté! – 3 – Au delà de notre confort immédiat: l’urgence d’agir (Discours de Kipour 5776)

Voir la deuxième partie: Dépasser nos peurs

L’appel des prophètes nous met en garde. Si nous ne pratiquons pas l’entre aide et la tsédaka, si nous extradons de la réalité, si nous nions la souffrance autour de nous, les catastrophes nous attendent au tournant.

Il n’y a de sécurité que partagée. Il peut y avoir des écarts sociaux, mais pas trop. La terre est restituée aux perdants du jeu économique tous les 50 ans. Les dettes qui vous réduisent à néant sont annulées tous les 7 ans. C’est le yovel, le jubilée, c’est la chemita, l’année chabbatique, que nous avions cette année.

Telle est la condition de la liberté. La liberté des uns COMMENCE là où COMMENCE celle des autres (adaptation personnelle).

Tel était le propos du Pasteur Niemöller. Quand certains s’en prennent aux « communistes, juifs, syndicalistes, catholiques (le protestantisme étant dominant en Allemagne, là où il vivait) », si je ne les défends pas, je risque fort d’être le suivant sur la liste. Cela vaut également aujourd’hui pour les grecs, les syriens, les arabes ou encore, les femmes, les convertis, etc…

Si nous n’écoutons pas cet appel, nous dit la torah, la terre nous vomira. Dans la Torah, il est fait mention de cette responsabilité au niveau du peuple juif et de la terre d’Israel. En ce jour de Kipour, à la veille du cap 21, nous sommes conscients que c’est la planète entière qui est concernée, et qu’elle pourrait finir par détruire cette étrange espèce puissante mais souvent inconsciente, l’espèce humaine.

Nous demandons : « Bénis nous comme un seul par la lumière qui émane de toi » « barHénou KééHad » (fin de la amida, prière « sim chalom »).

Il n’y a pas de bénédiction purement individuelle. Si je souhaite l’emporter sur mon voisin et que lui souhaite l’emporter sur moi, laquelle de nos prières devrait trouver un accomplissement ? Le ‘bon dieu’ devrait- ‘il’ alors mettre en œuvre leur résultante ? L’expression de nos désirs serait annulée, rien ne pourrait se produire. Si au contraire nous formulons des désirs personnels en harmonie avec l’intérêt collectif, ils pourront trouver leur accomplissement. Tel est le sens de la bénédiction. Une fois l’harmonie installée, nos espoirs peuvent devenir des actes constructifs et chaque parcelle de notre énergie trouve sa réalisation. La bénédiction consiste peut-être justement en la capacité de conjuguer harmonieusement nos forces.

Notre liberté évolue donc sur le fil, entre trop d’insatisfactions et trop d’autosuffisance.

Dans ce contexte compliqué, parmi de nombreux penseurs et sages de différentes époques, nous pouvons aujourd’hui mentionner Viktor Frankl.

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Sur le pont étroit de la liberté! – 2 – Dépasser nos peurs (Discours de Kipour 5776)

Voir la première partie: l’étrange épreuve de Selma Baraz

Or, en plus d’être juifs, nous sommes français.

Et je vais parler d’une façon un peu plus sérieuse, et douloureuse même, vous m’en excuserez.
Taux de suicide en France 2e place en Europe, 17e dans le monde (en 2008).
Dans la vision de Jean-Paul Sartre, « l’homme est condamné à être libre… nous sommes seuls, sans excuses ».
C’est une vision lourde à porter.
L’existentialisme a-t-il besoin de la souffrance ? La liberté est-elle forcément liée à la douleur ?

L’insatisfaction a également des vertus.
Un article de The Economist en 2012 faisait le portrait culturel de la France et de sa littérature. La France cultiverait la nostalgie comme une valeur, « bonjour tristesse ! », qui expliquerait le fort taux de suicide en France.
Mais d’après cette article, l’insatisfaction serait également à l’origine d’une créativité et d’une volonté de changement remarquables.

Nous sommes à la fois juifs et français. Est-ce que nous cumulons les risques ?

L’autocritique risque de nous déprimer.
L’autosatisfaction risque de nous endormir.
La liberté est menacée, mise en danger sur ces deux versants.

Elle est menacée par nos peurs, par notre désespoir, par le sentiment d’impuissance qui parfois, s’empare de nous. Lorsque nous observons le monde autour de nous, nos vis, celles de nos proches, les drames qui touchent l’humanité.

Que faire de nos peurs ?

Rabbi NaHman de Bratsalv disait : « Le monde entier est un pont très étroit et le plus important c’est de ne pas avoir peur. » (likouté moharan)

וְדַע, שֶׁהָאָדָם צָרִיךְ לַעֲבר עַל גֶּשֶׁר צַר מְאד מְאד! וְהַכְּלָל וְהָעִקָּר שֶׁלּא יִתְפַּחֵד. כְּלָל

La liberté, c’est de savoir passer d’une rive à l’autre, de ne pas être prisonnier de son territoire géographique.

Abraham est d’abord Ivri, עיברי, celui qui passe, celui qui change de lieu. Au cours de l’histoire, nous avons dû changer de lieu, et nous avons été capable de le faire en gardant notre identité, et en nous adaptant, en renouvelant cette identité en accord avec les cultures environnantes, de Babylone à l’Afrique du nord, d’Erets Israel à la vallée du Rhin.

Changer de rive, c’est prendre un risque. Dieu dit à Avraham, je te grandirai car Abraham court le risque de se perdre (Rachi mentionne trois risques : celui d’avoir moins d’enfants, celui d’avoir moins d’argent et celui de jouir d’une moins bonne réputation).

Mais le jeu en vaut la chandelle car savoir changer de rive, c’est montrer le chemin de la liberté, la possibilité du changement, renforcer ce pouvoir pour nous-mêmes et pour nos proches, et pour tous les autres. L’Eternel ajoute :

« Par toi seront bénies toutes les nations de la terre. » (Gen. 12:1-3)

Sur quelle rive sommes-nous aujourd’hui ? Ce rivage nous convient-il ? Quels précipices physiques ou psychiques voudrions-nous traverser ? Le savons-nous ? Avons-nous même le courage d’y penser ?

Quel soutien pourrions-nous obtenir pour effectuer ces transitions ? Quel est le pont très étroit que nous pourrions traverser ? Qu’est ce qui pourrait nous encourager à ne pas avoir (trop) peur ?

J’interroge ici chacun d’entre nous en tant qu’individu, face à nos défis personnels, mais je nous interroge également en tant que communauté/synagogue en développement, porteuse d’un message particulier. Un message important, profondément ancré dans notre tradition, et qui n’est pas toujours mis en avant comme il le faudrait.

Bienveillance, humanisme, respect de la diversité, engagement juif et engagement citoyen.

Ces valeurs au cœur de notre vision méritent notre investissement, beaucoup de juifs en ont besoin.

Sur quelle rive sommes-nous en tant que communauté ? Quel pont pourrait-il nous permettre de traverser ? Quels ponts construisons-nous ? Quel type d’impact pourrions-nous avoir alors sur les personnes et les groupes et les événements qui nous entourent ? Dans le monde juif et dans le monde civique ?

Enfin, nous souhaitons contribuer également à la liberté de nos proches. Qui dans nos connaissance est en transition autour de nous ? Quel pont pouvons-nous bâtir pour eux ? Parmi nos proches, nos moins proches, ou dans l’actualité du monde ?

Comment renforcer notre conscience ? Par le cri du chofar ? Par l’intensité et la beauté de nos prières ? Est-ce la vision de notre rassemblement de ce soir qui pourra nous encourager à regarder en face le vide de la liberté ?

La liberté est menacée également sur son autre versant.

Elle est menacée par nos satisfactions, l’excès de notre bien-être, notre confort que nous répugnons à quitter. Voire notre inconfort et notre malheur qui nous est devenu confortable.

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Sur le pont étroit de la liberté! – 1 – l’étrange épreuve de Selma Baraz (Discours de Kipour)

A l’approche de Yom Kipour, je commençais à avoir me faire pardonner certaines de mes erreurs et voilà qu’avec cette dracha, tout risque de se compliquer… Je vais parler des mères juives !

Je veux vous parler de Selma Baraz z »l. Selma Baraz était une mère juive, comme vous et moi, comme vous aussi Francis. Nous sommes toutes et tous des mères juives.

Selma Baraz avait un secret. À l’âge 91 ans elle l’a révélé en public, elle a bien dû !

Elle a donné au monde un enfant, un beau garçon, et comme toute mère juive elle s’attendait à ce qu’il devienne médecin. ou à la rigueur dentiste, ou même avocat pourquoi pas… Mais son fils, son gentil James a fait un autre choix.

Il a décidé de devenir prof de méditation. Prof de méditation ! C’est à peine mieux que Rabbin ! Et pour couronner le tout, il a même crée une méthode pour devenir plus heureux « Awakening joy », réveiller la joie. Réveiller la joie !

Quelle mère juive pourrait supporter cela ?

Que pouvait bien faire Selma Baraz dans ces conditions ? Elle a bien dû s’épancher et révéler son secret, en public.

Voici la façon dont elle a ouvert son coeur :

« Mon fils ne vous a pas tout dit de notre relation. Mon fils, a ruiné ma vie. En tant que mère juive, je n’ai jamais pensé que je devrais dévoiler ce secret. Les mères juives sont nées avec certains gènes précieux, qui ne peuvent être acquis, qui peuvent juste être préservés avec beaucoup de précautions, les mères juives sont nées pour se plaindre, on appelle cela kvetching, on trouve toujours une raison de se plaindre, cela aide beaucoup d’avoir un profond soupir, quelques larmes aident également, mais se plaindre, nous devons…

Nous avons une autre qualité, nous nous faisons du mauvais sang pour à peu près tout. Si un enfant ne vient pas, je peux écrire des scénarios sur ce qui a pu lui arriver, des scénarios qu’Hollywood pourrait payer des millions…

Ça a été tellement merveilleux de se plaindre continuellement, d’être inquiète, d’être malheureuse, tout en vivant la vie la plus merveilleuse dont on puisse rêver…

Mais malheureusement avec James, nous avons commencé ce mantra, et chaque fois que je me plaignais, environ toutes les 30 secondes, il m’a dit « pourquoi tu n’ajouterais pas à la fin de chaque phrase « et je sais que je suis absolument heureuse » et nous avons commencé ce jeu et il fonctionne vraiment ! Je le fais ! Je fais cela chaque fois que je me plains et je suis vraiment devenue – oh cela me fait mal de le dire – je suis effectivement devenue une personne plus heureuse ! Je viens de vous délivrer ce terrible secret, mon fils, James, a ruiné toute ma vie. »

Selma est une bonne mère juive. Une très bonne mère juive. A trois niveaux. D’abord, elle respecte la tradition. Elle se plaint, comme elle le doit. Mais ensuite, elle a de l’humour. Elle a du recul vis-à-vis de sa tendance à râler. Et enfin, elle est capable d’évoluer, de faire téchouva.

Mais le discours de Selma Baraz met en lumière un phénomène très important : Le bonheur a un prix.

La liberté a un prix.

Ce prix est un prix élevé.

Devenir plus heureux représente un sacrifice !

La liberté, c’est le choix de traverser, de passer sur l’autre rive, on court le risque du vertige, du vide, en dessous, qui pourrait nous aspirer…

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