Paracha BéchalaH : qu’est-ce que la louange ?

La paracha BéchalaH décrit les épreuves, subies par les hébreux, durant les jours qui suivent leur sortie d’Égypte. Les événements se succèdent rapidement :

– l’Éternel leur impose un itinéraire complexe pour gagner la terre de Canaan,

– Pharaon, informé du départ des enfants d’Israël, envoie son armée à leurs trousses,

– la mer Rouge s’ouvre devant les hébreux qui la traversent à pied sec, puis se referme et engloutit les forces de Pharaon,

– les hébreux laissent éclater leur joie et se lancent dans de ferventes louanges, entraînés par Moïse et sa sœur Myriam,

– le peuple d’Israël repart dans le désert et affronte la soif et la faim mais, à la demande de Moïse, Dieu vient à son aide en lui fournissant l’eau et la manne,

– un premier accrochage guerrier se produit entre les troupes d’Israël, conduites par Josué, et les Amalécites. Israël sort victorieux et poursuit son périple.

Le commentaire de la paracha portera, particulièrement, sur le mode d’expression de la louange des hébreux à l’égard de leur protecteur divin.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha BéchalaH du sefer Chémot (Éxode) 13:17 à 17:16 et l’expression de la louange

Après les épreuves, viennent la gratitude et la louange. Les enfants d’Israël ont réussi à traverser la mer Rouge qui s’est ouverte devant eux pour les laisser passer, puis a anéanti l’armée égyptienne en se refermant sur elle.

Chémot 14:21 à 14:28. Moïse étendit sa main sur la mer et l’Éternel fit reculer la mer…Les enfants d’Israël entrèrent au milieu de la mer, dans son lit asséché, les eaux se dressaient en muraille à droite et à gauche…Les Égyptiens les poursuivirent et tous les chevaux de Pharaon, ses chars, ses cavaliers, entrèrent à leur suite dans la mer…L’Éternel dit à Moïse: « Étends ta main sur la mer et les eaux se déverseront sur les égyptiens, leurs chars et leurs cavaliers »…Moïse tendit sa main…Les eaux submergèrent chars, cavalerie, toute l’armée de Pharaon qui était entrée dans la mer. Pas un des égyptiens ne fut épargné.

Les enfants d’Israël se retrouvent sains et saufs en plein désert. Ils ont désormais une foi totale en l’Éternel et en Moïse, son interlocuteur. Maintenant, en plein désert, c’est la louange envers Dieu qu’ils vont exprimer; mais comment vont-ils l’exprimer ?

Tout d’abord, Moïse entraîne le peuple à chanter un hymne à la gloire de Dieu :

Chémot 15:1. Alors Moïse et les enfants d’Israël chantèrent le cantique suivant à l’Éternel, et voici ce qu’ils dirent: « Chantons l’Éternel, il est souverainement grand; le cheval et son cavalier, il les a lancés dans la mer… »

Puis, c’est Myriam, la sœur aînée de Moïse et Aaron, qui prend le relais :

Chémot 15:20 à 15:21. Myriam, la prophétesse, sœur de Aaron, prit en main un tambourin et toutes les femmes la suivirent avec des tambourins et se mirent à danser…Et Myriam dit à toute l’assemblée: « Chantez l’Éternel, il est souverainement grand; le cheval et son cavalier, il les a lancés dans la mer… »

Dans le texte, le titre de prophétesse (hanéviah-הַנְּבִיאָה) est donné à Myriam. Seul Aaron est cité comme frère de Myriam. Est-elle davantage la sœur de Aaron que de Moïse ? C’est un fait, qu’elle est plus proche humainement de Aaron que de Moïse. D’autant plus, qu’elle a été prophétesse dès avant la naissance de Moïse et qu’elle a prédit, sa naissance, et à tout fait pour qu’elle se produise.

Indirectement, la victoire d’Israël a donc été possible grâce à Myriam; Myriam qui est à l’initiative de la naissance de Moïse en ayant persuadé ses parents de revivre ensemble, et de concevoir un troisième enfant.

Rachi nous donne des précisions concernant le verset 15:20 : Myriam et toutes les autres femmes ont quitté l’Égypte avec un tambourin dans leurs bagages. Elles ont toutes anticipé intuitivement la victoire d’Israël contre l’Égypte, et leur intuition ne les a pas trompées.

La louange féminine

L’expression de la louange par le chant et la danse des hébreues, entraînées par Myriam, est liée aux mœurs des femmes du moyen orient ancien. Nous retrouvons cette coutume dans le Psaume 150 chanté tous les matins : « Alléluia! Louez Dieu en son sanctuaire, louez-le dans le firmament, siège de sa force…Louez-le au son strident du Chofar, louez-le avec le luth et la harpe…Louez-le avec le tambourin et la danse…Que tout ce qui respire loue l’Éternel! Alléluia! »

D’autres exemples de louange féminine sont à citer : le Cantique de Déborah et Yaël qui ont réussi à vaincre Sissara (livre des Juges 4:15), le chant de remerciement et de gratitude de Hanah (premier livre de Samuel). Autre exemple plus proche de nous : les TéHinot, au dix-septième siècle en Ukraine, dont une des représentantes, Sarah Bas Tovim, écrivait des textes de prière et de louange féminine.

Chmouel, inspiré par une phrase du Cantique des Cantiques, « car ta voix est douce et agréable, » nous vante, dans le Talmud BraHot, la qualité de la voix de la femme.

À travers l’histoire, la voix des femmes, avec sa douceur et sa puissance joyeuse de célébration, a très souvent accompagné la liesse collective en de nombreux pays. Et c’est encore le cas aujourd’hui.

 

Seder Tou bishevat -Artsénou: le texte intégral

Merci encore pour ce merveilleux moment!

Voici l’intégralité du texte, dans le corps de l’email et à télécharger. Vous pourrez ainsi organiser une soirée de tou bichevat à la maison, en famille ou entre amis.

Pour télécharger le document, cliquez ici: seder-tou-bichevat-5777

I Un espoir éternel

L’histoire du peuple juif a commencé avec la promesse d’une terre, qui appartiendrait aux descendants d’Abraham et de Sarah.

Genèse chap. 12

1 L’Éternel avait dit à Abram: « Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que je t’indiquerai. 2 Je te ferai devenir une grande nation; je te bénirai, je rendrai ton nom glorieux, et tu seras un type de bénédiction. 3 Je bénirai ceux qui te béniront, et qui t’outragera je le maudirai; et par toi seront heureuses toutes les races de la terre. »

א וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-אַבְרָם, לֶךְ-לְךָ מֵאַרְצְךָ וּמִמּוֹלַדְתְּךָ וּמִבֵּית אָבִיךָ, אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר אַרְאֶךָּ. ב וְאֶעֶשְׂךָ, לְגוֹי גָּדוֹל, וַאֲבָרֶכְךָ, וַאֲגַדְּלָה שְׁמֶךָ; וֶהְיֵה, בְּרָכָה. ג וַאֲבָרְכָה, מְבָרְכֶיךָ, וּמְקַלֶּלְךָ, אָאֹר; וְנִבְרְכוּ בְךָ, כֹּל מִשְׁפְּחֹת הָאֲדָמָה.

 

Au LeH LeHa d’Abraham ont suivis les espoirs de la sortie d’Egypte et le Leshana habaa birouchalaïm de pessaH.

Les hébreux puis les juifs ont sans cesse gardé une présence sur la terre d’Israël, et en particulier à Jérusalem, à Tibériade, à Safed et à Hebron, (Yérouchalaim, Tvéria, Tsfat et Hévrone).

Pendant 2000 ans, les juifs présents sur la terre d’Israël ont vécu sous la domination politique d’autres Nations :

Après la période d’indépendance de – 1200 à – 587, la terre d’Israël a été dominée par les civilisations :

  1. Perse, de – 587 à -333
  2. Hellénistique, -333 à -134

 

Après le retour à l’indépendance sous les hasmonéens, héritiers des makabim,  de -134 à -63, la terre d’Israël a été dominée par les civilisations :

1.      romaine (-63 à 324)

2.      byzantine (324 à 638)

3.      musulmane (638 à 1096)

4.      croisées (1096 à 1244)

5.      ottomane (1244 jusqu’au XVIIIe)

6.      britannique/ mandat de la SDN de 1917 à 1948

A toutes ces époques, nous avons continué à nous tourner vers Jérusalem, physiquement, lors de la Amida, et spirituellement. Nous avons continué à chanter, à chaque fêtes de PessaH : « L’an prochain à Jérusalem », « léshana habaa biroushalaim »

Chantons ensemble : léshana habaa biroushalayim

לשנה הבאה בירושלים

 

Cet espoir millénaire nous accompagne.

Les explorateurs rapportèrent de leur voyage la célèbre grappe de raisins que deux personnes devaient porter.

 

Prenons un verre de vin, et prononçons les paroles suivantes :

Le deutéronome nous dit (8 :7-8)

7 Car l’Éternel, ton Dieu, te conduit dans un pays fortuné, un pays plein de cours d’eau, de sources et de torrents, qui s’épandent dans la vallée ou sur la montagne; 8 un pays qui produit le froment et l’orge, le raisin, la figue et la grenade, l’olive huileuse et le miel;

כִּי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, מְבִיאֲךָ אֶל-אֶרֶץ טוֹבָה: אֶרֶץ, נַחֲלֵי מָיִם–עֲיָנֹת וּתְהֹמֹת, יֹצְאִים בַּבִּקְעָה וּבָהָר. ח אֶרֶץ חִטָּה וּשְׂעֹרָה, וְגֶפֶן וּתְאֵנָה וְרִמּוֹן; אֶרֶץ-זֵית שֶׁמֶן, וּדְבָשׁ.

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam boré péri hagafen

 

La hatikva est un chant d’espoir est un chant de la terre d’Israël, mais aussi un chant de « Houts laarets », un chant universel pour les juifs vivant à travers le monde. Houts signifie « en dehors », Houts laarets signifie « en dehors de la terre d’israël ». La hatikva a été composée en 1878, elle a été un hymne juif avant de devenir un hymne israélien, au moment de la création de l’Etat d’Israël en 1948.

 

Le mot « tikva » signifie « espoir » en hébreu. Hatikva signifie « l’espoir » et le poème dont elle est tirée se nomme « tikvaténou », « notre espoir ». Ce poème a été écrit en 1808 par Naftali Herz Imber.

 

Il reprend le livre d’Ezekiel chapitre 37 :

11 Alors il me dit: « Fils de l’homme, ces ossements, c’est toute la maison d’Israël. Ceux-ci disent: « Nos os sont desséchés, notre espoir est perdu, c’est fait de nous! » 12 Eh bien! Prophétise et dis-leur: Ainsi parle le Seigneur Dieu: Voici que je rouvre vos tombeaux, et je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple! et je vous ramènerai au pays d’Israël.

יא וַיֹּאמֶר, אֵלַי, בֶּן-אָדָם, הָעֲצָמוֹת הָאֵלֶּה כָּל-בֵּית יִשְׂרָאֵל הֵמָּה; הִנֵּה אֹמְרִים, יָבְשׁוּ עַצְמוֹתֵינוּ וְאָבְדָה תִקְוָתֵנוּ–נִגְזַרְנוּ לָנוּ. יב לָכֵן הִנָּבֵא וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם, כֹּה-אָמַר אֲדֹנָי יְהוִה, הִנֵּה אֲנִי פֹתֵחַ אֶת-קִבְרוֹתֵיכֶם וְהַעֲלֵיתִי אֶתְכֶם מִקִּבְרוֹתֵיכֶם, עַמִּי; וְהֵבֵאתִי אֶתְכֶם, אֶל-אַדְמַת יִשְׂרָאֵל.

 

Ainsi, la hatikva, comme la renaissance juive, est un phénomène à la fois ancien et nouveau, comme la « altneuland », la terre « ancienne-nouvelle », titre du livre écrit par Théodore Herzl en 1902.

Son texte signifie :

Tant que dans nos cœurs vibre l’âme juive, et que vers les confins de l’orient, vers l’avant, nos yeux guettent dans la direction de Sion, notre espoir n’est pas perdu, un espoir ancien de 2000 ans, de vivre en peuple libre dans notre terre, la terre de Sion et de Jérusalem.

כָּל עוֹד בַּלֵּבָב פְּנִימָה נֶפֶשׁ יְהוּדִי הוֹמִיָּה, וּלְפַאֲתֵי מִזְרָח קָדִימָה עַיִן לְצִיּוֹן צוֹפִיָּה,    עוֹד לֹא אָבְדָה    תִּקְוָתֵנוּ,             הַתִּקְוָה בַּת שְׁנוֹת אַלְפַּיִם,  לִהְיוֹת עַם חָפְשִׁי בְּאַרְצֵנוּ, אֶרֶץ צִיּוֹן וִירוּשָׁלַיִם.

 

Chantons ensemble : Kol od balévav pénima, nefesh yehudi homia, oulefaaté mizraH kadima, ayin létsion tsofia, od lo avda tikvaténou, hatikva bat shnot alpayim, lihiot am Hofshi béartsénou, érets Tsion viroushalayim.

 

 

II Un espoir incarné

 

La permanence du lien avec Israël nous rappelle que le judaïsme n’est pas, ou pas seulement, une « religion ». Il s’agit d’un projet social. Certaines lois sont intimement liées à la terre et à l’organisation sociale.

Les lois de l’agriculture mettent en œuvre la solidarité et l’entre-aide, à travers l’obligation de laisser une partie des récoltes libres de toute propriété privée. Ainsi, les coins du champ, les gerbes tombées au moment de la récolte, les épis non moissonnés, ne doivent pas être récupérés par le propriétaire du champ.

 

De la même façon, une fois tous les 7 ans, la propriété des fruits des champs est annulée pour une année entière, tout le monde peut profiter de la nature à titre individuel, et personne ne peut en faire un usage commercial public, c’est l’année de Jachère, la chémita. Une fois tous les 49 ans s’ajoute à la chémita une année de yovel, la terre retourne à ses anciens propriétaires, tels qu’ils ont été définis au moment de l’entrée des hébreux en canaan. Enfin, les jeunes arbres bénéficient de trois années sans récolte, avant que les fruits de la quatrième année ne soient amenés au temple. Les prémices de toutes les récoltes sont également affectées aux besoins spirituels, au service des prêtres. Pour finir, la dîme est affectée au service des prêtres et des pauvres.

 

Lévitique 25 :

1 L’Éternel parla à moïse au mont Sinaï, en ces termes: 2 « Parle aux enfants d’Israël et dis-leur: Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, la terre sera soumise à un chômage en l’honneur de l’Éternel. 3 Six années tu ensemenceras ton champ, six années tu travailleras ta vigne, et tu en recueilleras le produit; 4 mais, la septième année, un chômage absolu sera accordé à la terre, un sabbat en l’honneur de l’Éternel. Tu n’ensemenceras ton champ ni ne tailleras ta vigne.

 

5 Le produit spontané de ta moisson, tu ne le couperas point, et les raisins de ta vigne intacte, tu ne les vendangeras point: ce sera une année de chômage pour le sol. 6 Ce sol en repos vous appartiendra à tous pour la consommation: à toi, à ton esclave, à ta servante, au mercenaire et à l’étranger qui habitent avec toi; 7 ton bétail même, ainsi que les bêtes sauvages de ton pays, pourront se nourrir de tous ces produits.

 

8 Tu compteras chez toi sept années sabbatiques, sept fois sept années, de sorte que la période de ces sept années sabbatiques te fera quarante-neuf ans; 9 puis tu feras circuler le retentissement du cor, dans le septième mois, le dixième jour du mois: au jour des expiations, vous ferez retentir le son du cor à travers tout votre pays. 10 Vous sanctifierez cette cinquantième année, en proclamant, dans le pays, la liberté pour tous ceux qui l’habitent: cette année sera pour vous le Jubilé, où chacun de vous rentrera dans son bien, où chacun retournera à sa famille.

 

17 Ne vous lésez point l’un l’autre, mais redoute ton Dieu! Car je suis l’Éternel votre Dieu. 18 Exécutez mes édits, observez et pratiquez mes lois, et vous demeurerez dans le pays en sécurité. 19 La terre donnera ses fruits, dont vous vous nourrirez abondamment, et vous y résiderez en toute quiétude. 20 Que si vous dites: « Qu’aurons-nous à manger la septième année, puisque nous ne pouvons ni semer, ni rentrer nos récoltes? » 21 Je vous octroierai ma bénédiction dans la sixième année, tellement qu’elle produira la récolte de trois années; 23 Nulle terre ne sera aliénée irrévocablement, car la terre est à moi, car vous n’êtes que des étrangers domiciliés chez moi.

 

א וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, בְּהַר סִינַי לֵאמֹר. ב דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם, כִּי תָבֹאוּ אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר אֲנִי נֹתֵן לָכֶם–וְשָׁבְתָה הָאָרֶץ, שַׁבָּת לַיהוָה. ג שֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְרַע שָׂדֶךָ, וְשֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְמֹר כַּרְמֶךָ; וְאָסַפְתָּ, אֶת-תְּבוּאָתָהּ. ד וּבַשָּׁנָה הַשְּׁבִיעִת, שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן יִהְיֶה לָאָרֶץ–שַׁבָּת, לַיהוָה: שָׂדְךָ לֹא תִזְרָע, וְכַרְמְךָ לֹא תִזְמֹר. ה אֵת סְפִיחַ קְצִירְךָ לֹא תִקְצוֹר, וְאֶת-עִנְּבֵי נְזִירֶךָ לֹא תִבְצֹר: שְׁנַת שַׁבָּתוֹן, יִהְיֶה לָאָרֶץ. ו וְהָיְתָה שַׁבַּת הָאָרֶץ לָכֶם, לְאָכְלָה–לְךָ, וּלְעַבְדְּךָ וְלַאֲמָתֶךָ; וְלִשְׂכִירְךָ, וּלְתוֹשָׁבְךָ, הַגָּרִים, עִמָּךְ. ז וְלִבְהֶמְתְּךָ–וְלַחַיָּה, אֲשֶׁר בְּאַרְצֶךָ: תִּהְיֶה כָל-תְּבוּאָתָהּ, לֶאֱכֹל. {ס} ח וְסָפַרְתָּ לְךָ, שֶׁבַע שַׁבְּתֹת שָׁנִים–שֶׁבַע שָׁנִים, שֶׁבַע פְּעָמִים; וְהָיוּ לְךָ, יְמֵי שֶׁבַע שַׁבְּתֹת הַשָּׁנִים, תֵּשַׁע וְאַרְבָּעִים, שָׁנָה. ט וְהַעֲבַרְתָּ שׁוֹפַר תְּרוּעָה, בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִעִי, בֶּעָשׂוֹר, לַחֹדֶשׁ; בְּיוֹם, הַכִּפֻּרִים, תַּעֲבִירוּ שׁוֹפָר, בְּכָל-אַרְצְכֶם. י וְקִדַּשְׁתֶּם, אֵת שְׁנַת הַחֲמִשִּׁים שָׁנָה, וּקְרָאתֶם דְּרוֹר בָּאָרֶץ, לְכָל-יֹשְׁבֶיהָ; יוֹבֵל הִוא, תִּהְיֶה לָכֶם, וְשַׁבְתֶּם אִישׁ אֶל-אֲחֻזָּתוֹ, וְאִישׁ אֶל-מִשְׁפַּחְתּוֹ תָּשֻׁבוּ. יז וְלֹא תוֹנוּ אִישׁ אֶת-עֲמִיתוֹ, וְיָרֵאתָ מֵאֱלֹהֶיךָ: כִּי אֲנִי יְהוָה, אֱלֹהֵיכֶם. יח וַעֲשִׂיתֶם, אֶת-חֻקֹּתַי, וְאֶת-מִשְׁפָּטַי תִּשְׁמְרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם–וִישַׁבְתֶּם עַל-הָאָרֶץ, לָבֶטַח. יט וְנָתְנָה הָאָרֶץ פִּרְיָהּ, וַאֲכַלְתֶּם לָשֹׂבַע; וִישַׁבְתֶּם לָבֶטַח, עָלֶיהָ. כ וְכִי תֹאמְרוּ, מַה-נֹּאכַל בַּשָּׁנָה הַשְּׁבִיעִת: הֵן לֹא נִזְרָע, וְלֹא נֶאֱסֹף אֶת-תְּבוּאָתֵנוּ. כא וְצִוִּיתִי אֶת-בִּרְכָתִי לָכֶם, בַּשָּׁנָה הַשִּׁשִּׁית; וְעָשָׂת, אֶת-הַתְּבוּאָה, לִשְׁלֹשׁ, הַשָּׁנִים. כד וּבְכֹל, אֶרֶץ אֲחֻזַּתְכֶם, גְּאֻלָּה, תִּתְּנוּ לָאָרֶץ.

 

Ainsi l’agriculture intègre les obligations morales de solidarité qui sont les nôtres. Le judaïsme prend des accents différents dans le cadre de la terre d’Israël et dans la diaspora. Ces deux déclinaisons sont importantes et chères à notre cœur. La fête de tou bichevat, le nouvel an des arbres, nous rappelle que l’âme et le corps sont indissociables, que la pensée et l’action ne font qu’un, que l’espoir prend son sens lorsqu’il est incarné.

 

Que nous vivions en Israël ou en Diaspora, nous voulons garder le lien profond entre le corps et l’âme d’Israël, l’étude, la pratique « religieuse » du judaïsme et sa pratique « laïque » et quotidienne.

Le bien-être de l’être humain et celui de la nature vont de pair, dans un respect mutuel, de façons à ce que « le juste fleurisse comme le palmier ».

 

Ps.92 :13-16

13 Le juste fleurit comme le palmier; comme le cèdre du Liban, il est élancé. 14 Plantés dans la maison de l’Eternel, ils sont florissants dans les parvis de notre Dieu. 15 Jusque dans la haute vieillesse, ils donnent des fruits, ils sont pleins de sève et de verdeur, 16 prêts à proclamer que l’Eternel est droit, qu’il est mon rocher, inaccessible à l’injustice.

יג צַדִּיק, כַּתָּמָר יִפְרָח; כְּאֶרֶז בַּלְּבָנוֹן יִשְׂגֶּה. יד שְׁתוּלִים, בְּבֵית יְהוָה; בְּחַצְרוֹת אֱלֹהֵינוּ יַפְרִיחוּ. טו עוֹד, יְנוּבוּן בְּשֵׂיבָה; דְּשֵׁנִים וְרַעֲנַנִּים יִהְיוּ.

Chantons ensemble : Tsadik katamar IfraH, kéérez balévanon isgué (chétoulim béveit adonaï béHatsrot élohénou yafriHou, od yénouvoun bésséva, déchénim véraananim yiyou, léhaguid ki yashar adonaï tsouri vélo avlata bo)

 

Prenons un gâteau de froment ou d’orge, et prononçons les paroles suivantes :

Le deutéronome nous dit (8 :7-8)

7 Car l’Éternel, ton Dieu, te conduit dans un pays fortuné, un pays plein de cours d’eau, de sources et de torrents, qui s’épandent dans la vallée ou sur la montagne; 8 un pays qui produit le froment et l’orge, le raisin, la figue et la grenade, l’olive huileuse et le miel;

כִּי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, מְבִיאֲךָ אֶל-אֶרֶץ טוֹבָה: אֶרֶץ, נַחֲלֵי מָיִם–עֲיָנֹת וּתְהֹמֹת, יֹצְאִים בַּבִּקְעָה וּבָהָר. ח אֶרֶץ חִטָּה וּשְׂעֹרָה, וְגֶפֶן וּתְאֵנָה וְרִמּוֹן; אֶרֶץ-זֵית שֶׁמֶן, וּדְבָשׁ.

En ce jour de célébration, nous prenons le froment et l’orge et nous prononçons la bénédiction traditionnelle :

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam boré miné mézonot

 

Le chant « hashkédia poraHat » a été écrit par Israël Doshman. Israël Doshman est né à Vilna, en Lituanie, il a étudié au « Héder », l’école juive de l’époque, avant de s’écarter de la pratique juive et de partir pour la terre d’Israël en 1905. Il a écrit et traduit de nombreuses œuvres, des pièces de théâtre russes, des chants pour enfants, des histoires, et a été très actif dans la création de théâtre israélien.

 

Ce chant est emblématique de Tou bishevat, voici sa traduction :

L’amandier fleurit et un soleil d’or rayonne, les oiseaux au sommet des toits nous informent de la venue de la fête : « tou bishevat est arrivé ! c’est la fête des arbres ! »

La terre nous appelle, le temps est venu de planter, que chacun prenne un arbre, et sortons avec nos pelles ! « tou bishevat est arrivé ! c’est la fête des arbres ! »

Plantons toute montagne et toute colline, de Gad jusqu’à Beer shava, et nous ferons renaitre notre terre, une terre d’olive, d’huile et de miel. « tou bishevat est arrivé ! c’est la fête des arbres ! »

 

Chantons-le ensemble : Hashkediyah porachat Veshemesh paz zorachat, Tziporim merosh kol gag Mevasrot et bo hachag.

Tu bishvat higiya Chag la’ilanot. Tu bish’vat higiya Chag la’ilanot.

Ha’aretz meshava’at Higiyah et lata’at Kol echad yikach lo etz Be’atim nitzeh chotzetz.

Tu bishvat higiya Chag la’ilanot. Tu bish’vat higiya Chag la’ilanot.

Nita kol har vaguéva midan véad beer sheva véartsénou shouv nirash erets zait ytshar oudvash

Tu bishvat higiya Chag la’ilanot. Tu bish’vat higiya Chag la’ilanot.

הַשְּׁקֵדִיָּה פּוֹרַחַת, וְשֶׁמֶשׁ פָּז זוֹרַחַת. צִפֳּרִים מֵרֹאשׁ כָּל גַּג מְבַשְּׂרוֹת אֶת בּוֹא הֶחָג:

ט »וּ בִּשְׁבָט הִגִּיעַ – חַג הָאִילָנוֹת!  ט »וּ בִּשְׁבָט הִגִּיעַ – חַג הָאִילָנוֹת.

הָאָרֶץ מְשַׁוַּעַת: הִגִּיעָה עֵת לָטַעַת! כָּל אֶחָד יִטַּע פֹּה עֵץ, בְּאִתִּים נֵצֵא חוֹצֵץ:

נִטַּע כָּל הַר וָגֶבַע, מִדָּן וְעַד בְּאֵר-שֶׁבַע: וְאַרְצֵנוּ שׁוּב נִירַשׁ – אֶרֶץ זֵית יִצְהָר וּדְבַשׁ.

 

III Un espoir en péril

 

Il n’est pas facile de faire vivre au quotidien les valeurs que nous défendons. Au cours de l’histoire d’Israël, les conflits ont toujours été présents. Mais la guerre elle-même lorsqu’elle est inévitable, doit se faire dans une perspective humaniste et reconstruction à long terme. Ainsi, le deutéronome nous enseigne de protéger l’arbre et de protéger la vie :

 

Deutéronome 20 :19-20

19 Si tu es arrêté longtemps au siège d’une ville que tu attaques pour t’en rendre maître, tu ne dois cependant pas en détruire les arbres en portant sur eux la cognée: ce sont eux qui te nourrissent, tu ne dois pas les abattre. Oui, l’arbre du champ c’est l’homme même, tu l’épargneras dans les travaux du siège. 20 Seulement, l’arbre que tu sauras n’être pas un arbre fruitier, celui-là tu peux le sacrifier et l’abattre, pour l’employer à des travaux de siège contre la ville qui est en guerre avec toi, jusqu’à ce qu’elle succombe.

יט כִּי-תָצוּר אֶל-עִיר יָמִים רַבִּים לְהִלָּחֵם עָלֶיהָ לְתָפְשָׂהּ, לֹא-תַשְׁחִית אֶת-עֵצָהּ לִנְדֹּחַ עָלָיו גַּרְזֶן–כִּי מִמֶּנּוּ תֹאכֵל, וְאֹתוֹ לֹא תִכְרֹת: כִּי הָאָדָם עֵץ הַשָּׂדֶה, לָבֹא מִפָּנֶיךָ בַּמָּצוֹר. כ רַק עֵץ אֲשֶׁר-תֵּדַע, כִּי-לֹא-עֵץ מַאֲכָל הוּא–אֹתוֹ תַשְׁחִית, וְכָרָתָּ; וּבָנִיתָ מָצוֹר, עַל-הָעִיר אֲשֶׁר-הִוא עֹשָׂה עִמְּךָ מִלְחָמָה–עַד רִדְתָּהּ. {פ}

La guerre elle-même doit être précédée d’un appel à la paix :

Deutéronome 20 :10

10 Quand tu marcheras sur une ville pour l’attaquer, tu l’inviteras d’abord à la paix.

כִּי-תִקְרַב אֶל-עִיר, לְהִלָּחֵם עָלֶיהָ–וְקָרָאתָ אֵלֶיהָ, לְשָׁלוֹם

 

De la même les combattants doivent être en paix avec eux-mêmes, et ne doivent pas être dans un état hypnotique ou un état second. Seuls les hommes capables de garder leur sang-froid peuvent se battre, seuls ceux qui sont en paix avec la vie peuvent défendre la liberté au prix de la guerre :

 

Deutéronome 20 :2 s

5 Ensuite les préposés parleront au peuple en ces termes: « Si quelqu’un a bâti une maison neuve et n’en a pas encore pris possession, qu’il parte et s’en retourne à sa maison; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre en prendrait possession. 6 Si quelqu’un a planté une vigne et n’en a pas encore acquis la jouissance, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre acquerrait cette jouissance.

 

7 Et si quelqu’un a promis mariage à une femme et ne l’a pas encore épousée, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre homme l’épouserait. » 8 Les préposés adresseront de nouveau la parole au peuple, et diront: « S’il est un homme qui ait peur et dont le cœur soit lâche, qu’il se retire et retourne chez lui, pour que le cœur de ses frères ne défaille point comme le sien! »

ה וְדִבְּרוּ הַשֹּׁטְרִים, אֶל-הָעָם לֵאמֹר, מִי-הָאִישׁ אֲשֶׁר בָּנָה בַיִת-חָדָשׁ וְלֹא חֲנָכוֹ, יֵלֵךְ וְיָשֹׁב לְבֵיתוֹ: פֶּן-יָמוּת, בַּמִּלְחָמָה, וְאִישׁ אַחֵר, יַחְנְכֶנּוּ. ו וּמִי-הָאִישׁ אֲשֶׁר-נָטַע כֶּרֶם, וְלֹא חִלְּלוֹ–יֵלֵךְ, וְיָשֹׁב לְבֵיתוֹ: פֶּן-יָמוּת, בַּמִּלְחָמָה, וְאִישׁ אַחֵר, יְחַלְּלֶנּוּ. ז וּמִי-הָאִישׁ אֲשֶׁר-אֵרַשׂ אִשָּׁה, וְלֹא לְקָחָהּ–יֵלֵךְ, וְיָשֹׁב לְבֵיתוֹ: פֶּן-יָמוּת, בַּמִּלְחָמָה, וְאִישׁ אַחֵר, יִקָּחֶנָּה. ח וְיָסְפוּ הַשֹּׁטְרִים, לְדַבֵּר אֶל-הָעָם, וְאָמְרוּ מִי-הָאִישׁ הַיָּרֵא וְרַךְ הַלֵּבָב, יֵלֵךְ וְיָשֹׁב לְבֵיתוֹ; וְלֹא יִמַּס אֶת-לְבַב אֶחָיו, כִּלְבָבוֹ.

 

Quelles que soient les difficultés rencontrées au quotidien pour conserver la paix autour de nous, nous nous donnons pour obligation de ne pas renoncer et de poursuivre sans cesse la paix. « Ossé chalom », « celui qui fait la paix », sont des mots qui concluent les éléments fondamentaux de la prière juive : la amida et le Kadish.

 

Chantons ensemble : Ossé chalom bimromav, hou yaassé chalom alénou véal kol israel véimérou amen

עוֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו הוּא יַעֲשֶׂה שָׁלוֹם עָלֵינוּ וְעַל כָּל יִשְׂרָאֵל   וְאִמְרוּ אָמֵן

 

Prenons des fruits d’Israël, de la figue, de la grenade, des olives, des fruits de l’arbre et disons ensemble :

Le deutéronome nous dit (8 :7-8)

7 Car l’Éternel, ton Dieu, te conduit dans un pays fortuné, un pays plein de cours d’eau, de sources et de torrents, qui s’épandent dans la vallée ou sur la montagne; 8 un pays qui produit le froment et l’orge, le raisin, la figue et la grenade, l’olive huileuse et le miel;

כִּי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, מְבִיאֲךָ אֶל-אֶרֶץ טוֹבָה: אֶרֶץ, נַחֲלֵי מָיִם–עֲיָנֹת וּתְהֹמֹת, יֹצְאִים בַּבִּקְעָה וּבָהָר. ח אֶרֶץ חִטָּה וּשְׂעֹרָה, וְגֶפֶן וּתְאֵנָה וְרִמּוֹן; אֶרֶץ-זֵית שֶׁמֶן, וּדְבָשׁ.

En ce jour de célébration, nous prenons le froment et l’orge et nous prononçons la bénédiction traditionnelle :

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam boré péri haetz

 

Le chant « Chir lashalom » signifie « le chant pour la paix ». Ses paroles ont été composées par Yaacov Rotblit et sa mélodie par Yair Rosenblum. C’est lle groupe « lahakat hanaHal »  qui l’a d’abord chanté, en 1969, pendant la « guere d’usure ». Ce chant résonne comme un hymne à la paix. C’est après avoir chanté ce chant que IstHak Rabin a été assassiné, et depuis ce temps, le chant est devenu également un chant du souvenir, qui symbolise son héritage et l’espoir de paix qu’il portait.

 

Voici sa signification :

Chant pour la paix : laissez le soleil monter, le matin éclairer, l’exemption qui est dans les prière ne nous fera pas revenir. Celui dont la lumière s’est éteinte, et qui repose dans la poussière, les larmes amères ne le réveilleront pas, ne le feront pas revenir ici, Personne ne nous fera revenir du puit profond et noir, en cela ne serviront à rien, ni la joie des victoires, ni les chants de remerciement.

Chantez plutôt un chant pour la paix, ne murmurez pas de prières, il vaut mieux que vous chantiez un chant pour la paix, dans un grand cri.

 

Laissez le soleil perser entre les fleurs, ne regardez pas en arrière, laissez ceux qui partent, levez vos yeux dans l’espoir, pas avec des récitations d’intention, chantez des chants pour l’amour, pas pour les guerres, ne dites pas « un jour viendra », faites venir ce jour, car ce n’est pas un rêve, et sur toutes les places, faites retentir une alarme de paix.

Chantez plutôt un chant pour la paix, ne murmurez pas de prières, il vaut mieux que vous chantiez un chant pour la paix, dans un grand cri.

 

Chantons ensemble :

תנו לשמש לעלות , לבוקר להאיר,  הזכה שבתפילות  אותנו לא תחזיר.  

מי אשר כבה נרו   ובעפר נטמן,   בכי מר לא יעירו   לא יחזירו לכאן.

איש אותנו לא ישיב    מבור תחתית אפל,    כאן לא יועילו     לא שמחת הניצחון     ולא שירי הלל.


לכן, רק שירו שיר לשלום   אל תלחשו תפילה    מוטב תשירו שיר לשלום    בצעקה גדולה.


תנו לשמש לחדור    מבעד לפרחים.   אל תביטו לאחור,    הניחו להולכים.

שאו עיניים בתקווה,    לא דרך כוונות    שירו שיר לאהבה    ולא למלחמות.

אל תגידו יום יבוא   הביאו את היום!    כי לא חלום הוא   ובכל הכיכרות    הריעו רק שלום!

Tnu lashemesh la’a lot laboker le’ha’ir Hazaka shebatfilot otanu lo tachzir

Mi asher kava nero u’ve’Afar nitman Bechi mar lo ya’iro lo yachziro le’chan

Ish otanu lo yashiv mibor tachtit a’fel –  kan lo yo’ilu –  lo simchat hanitzachon Velo shirei hallel

Lachen rak shiru shir lashalom al tilhashu tfila lachen rak shiru shir lashalom bitze’aka gdola

Tnu lashemesh luchador miba’ad laprachim al tabitu le’achor hanichu la’holchim

S’u eina’yim betikva lo derech kavanot shiru shir la’ahava velo lamilchamot

Al tagidu yom yavo havi’u et hayom –  ki lo chalom hu –  uve’chol hakikarot hari’u rak shalom

 

VI Une situation contrastée

 

La chanson « chant des stickers » est une chanson en Rap écrite en 2004 par l’écrivain israélien David Grossman et mis en musique et chanté par le groupe « hadag naHash ». La collaboration entre un grand auteur et un groupe populaire est particulièrement frappante. Elle est composée d’une collection de slogans d’origines diverses et souvent opposées et met en lumière l’aspect « patchwork » de la société israélienne. Une ode d’opposition à la pensée manichéenne ayant pour refrain la parole attribuée à Rabbi NaHman de Bratslav censée permettre une venue immédiate si on la prononce : na naH naHman naHman méouman,

 

Voici sa signification :

Toute une génération demande la paix, laissez tsahal gagner, un peuple fort fait la paix, laissez tsahal les éclater, il n’y a pas de paix avec les arabes, ne leur donnez pas d’armes, les combattants c’est ce qu’il y a de mieux mon frère, la conscription pour tous, l’exemption pour tous, il n’y a pas de déprime dans le monde, Jésus, c’est ici, na nah naHman est fidèle, pas de peur le messie est en ville, sans arabes pas d’attentats, la cour suprême mets les juifs en danger, le peuple avec le Golan, le peuple avec le transfert, ami tu nous manques, dieu nous votons pour toi, un vote direct c’est mal, dieu nous te défendons, que meurent les zélotes, combien de mal peut-on avaler, père aie pitié, on m’appelle naHman et je bé-bégaie, dieu soit béni je respire et pour cette raison….

Un pays de loi juive – il n’y a plus de pays, celui qui ait né a du bol, que vive le roi messie, j’ai confiance dans la paix de Sharon, Hevron depuis toujours, et celui qui est né n’est pas né tant pis pour lui, hévron des prères, bonjour le transfert, Kahana a raison, CNN ment, il faut un leader fort, bravo à la paix, merci pour la sécurité, nous n’avons pas d’enfants à donner à des guerres superflues, la gauche aide les arabes, Bibi est bon pour les juifs, faites comparaitre les traitres d’Oslo, nous sommes ici ils sont là-bas, des frères ne se laissent pas tomber, démanteler les colonies c’est séparer le peuple, mort aux traitres, laissez les animaux vivre…

 

Chantons ensemble :

Dor shalem doresh shalom, tnou letsahal lenatséaH, am Hazak ossé shalom, tnou létsahal lékasséaH,

Ein shalom im aravim, al titnou lahem rovim, kravi zé aHi aHi, gious lékoulam, ptor lékoulam, ein shoum yéoush baolam

Yésha zé kan, na naHam méouman, no fear mashiaH bair, ein aravim ein pigouim, bagats méssaken yéhoudim,

Haam im hagolan, haam im hatransfer, test biarHa, Have rata Hasser, hakadosh barouH hou anaHnou boHarim béHa, beHira yeshara zé ra, hakadosh barouH hou anaHnou kanaim léHa, yamoutou hakanaim

Kama roa efchar livloa aba téraHem aba téraHem korim li naHman vaani mégam mégamgem

Kama roa efchar livloa aba téraHem aba téraHem, barouH hachem ani nochem vélaHen
דור שלם דורש שלום   תנו לצה »ל לנצח    עם חזק עושה שלום    תנו לצה »ל לכסח
אין שלום עם ערבים    אל תתנו להם רובים    קרבי זה הכי אחי      גיוס לכולם, פטור לכולם   אין שום ייאוש בעולם

יש »ע זה כאן   נ נח נחמן מאומן   No Fear, משיח בעיר   אין ערבים אין פיגועים   בג »ץ מסכן יהודים

העם עם הגולן  העם עם הטרנספר  טסט בירכא  חבר, אתה חסר
הקדוש ברוך הוא אנחנו בוחרים בך    בחירה ישירה זה רע
הקדוש ברוך הוא אנחנו קנאים לך        ימותו הקנאים.

כמה רוע אפשר לבלוע      אבא תרחם, אבא תרחם     קוראים לי נחמן ואני מגמגם
כמה רוע אפשר לבלוע     אבא תרחם, אבא תרחם      ברוך השם אני נושם       ולכן
מדינת הלכה – הלכה המדינה     מי שנולד הרוויח     יחי המלך המשיח    

יש לי בטחון בשלום של שרון    חברון מאז ולתמיד   ומי שלא נולד הפסיד
חברון אבות   שלום טרנספר   כהנא צדק    CNN משקר     צריך מנהיג חזק
סחתין על השלום, תודה על הבטחון     אין לנו ילדים למלחמות מיותרות
השמאל עוזר לערבים   ביבי טוב ליהודים     פושעי אוסלו לדין
אנחנו כאן הם שם    אחים לא מפקירים    עקירת ישובים מפלגת את העם
מוות לבוגדים    תנו לחיות לחיות     מוות לערכים
כמה רוע אפשר

לחסל, להרוג, לגרש, להגלות       להדביר, להסגיר, עונש מוות, NO FEAR      להשמיד, להכחיד, למגר, לבער
הכל בגללך, חבר

Prenons du miel et des dattes et disons ensemble :

Le deutéronome nous dit (8 :7-8)

7 Car l’Éternel, ton Dieu, te conduit dans un pays fortuné, un pays plein de cours d’eau, de sources et de torrents, qui s’épandent dans la vallée ou sur la montagne; 8 un pays qui produit le froment et l’orge, le raisin, la figue et la grenade, l’olive huileuse et le miel;

כִּי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, מְבִיאֲךָ אֶל-אֶרֶץ טוֹבָה: אֶרֶץ, נַחֲלֵי מָיִם–עֲיָנֹת וּתְהֹמֹת, יֹצְאִים בַּבִּקְעָה וּבָהָר. ח אֶרֶץ חִטָּה וּשְׂעֹרָה, וְגֶפֶן וּתְאֵנָה וְרִמּוֹן; אֶרֶץ-זֵית שֶׁמֶן, וּדְבָשׁ.

En ce jour de célébration, nous prenons le froment et l’orge et nous prononçons la bénédiction traditionnelle :

BarouH ata adonaï élohénou méleH haolam chéhakol niyié bidvaro

 

Concluons avec la prière « chanson des mères », écrite en hébreu et en arabe, qui sont les deux langues officielles de l’Etat d’Israël. Cette chanson est née d’une alliance entre la parolière Yael Deckelbaum, et un groupe de femmes ayant initié le movement: “Women Wage Peace” en 2014. En octobre 2016, 4 000 femmes palestinienes et israéelliennes  ont marché ensemble au nord de la mer morte.

 

Chantons ensemble :

Hébreu : Rechishat Ruach yam,  menashevet me ey sham,  oochvisa mitnafnefet, letziley hachoma

Arabe : bainil ard wisamam, nashiktir baishu sawa, matchafu tahlemu, bisalam wilaman

Hébreu : matai yimsoo chomot hapachad, veshavti migalooti, yipatchoo shearai, el hatov haamiti

Arabe/hébreu : yalla tnam – od zricha, yalla tnam – boker ba, tanetbhela (em sholachat) tairil hamam (bitfila), ruhia hamam (et yalda)

Anglais: from the north to the south, from the west to the east, hear the prayer of the mothers ,  bring them peace, bring them peace

Ensemble:hear the prayer of the mothers – ismaussalat el ummahaaaat – mool tfilat haimahot

bring them peace, bring them peace – assalam assalam – leshalom, leshalom

 

Tou Bishevat : l’occasion de rencontrer la nature et la terre d’Israël

A l’occasion de tou bishevat, le MJLF-est Surmelin vous propose un tou bichevat en collaboration avec Arzenou, avancé à ce vendredi, le 3 février.
Nous voyagerons dans l’histoire de tou bichevat, le nouvel an des arbres, pour mieux comprendre les racines et nourrir les branches et les fleurs de notre compréhension de l’identité juive et de celle de notre lien à Israël.
Ce voyage se fera en texte et en chanson, voici quelques vidéos pour vous préparer, avec des chants anciens, et des chants nouveaux…

Pour participer, merci de vous inscrire auprès de Catherine Klein et de lui communiquer quel plat vous amènerez (cacher, sans viande, si possible à base de fruits et des fruits de la terre d’Israël, raisons, dates, orge, froment, figue, grenade, olives).

Quand? Office:18h45, dîner : 19h45
où? à Surmelin

A très bientôt!

la hatikva, avec hébreu, traduction et translittération https://www.youtube.com/watch?v=1DPqNHkm1bM

Tsadik katamar IfraH https://www.youtube.com/watch?v=F0HDKA3IaKs

Paracha Bo : quand commence le temps ?

Compter le temps, encore une particularité de l’espèce humaine ! Comment vivrions-nous s’il n’en était pas ainsi, si nous ne connaissions même pas notre âge exact ? Le compte du temps a certainement une très forte influence sur notre comportement et nos valeurs morales.

Ne nous égarons pas, et revenons à l’interprétation de la paracha Bo.

Dans cette paracha, nous sommes au point de départ de la sortie du peuple hébreu d’Égypte. Le compte du temps y est traité sous la forme de la révélation d’une réalité.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Bo du sefer Chémot (Éxode) 10:1 à 13:16 et la révélation du temps particulier

Le temps suit son cours et les jours se succèdent. Ces jours, qui défilent sans cesse, sont-ils absolument tous semblables ? Certainement pas. Le temps qui passe est jalonné d’événements heureux et d’événements douloureux. Ces évènements difficiles nous permettent par contraste d’apprécier toute la saveur des bons moments.

Le temps qui passe est également jalonné d’événements marquants, qui transforment le cours des choses, qui sont de véritables points d’inflexion de nos parcours de vie.

Pour l’être humain, pourvu de l’intelligence et de la conscience, il paraît essentiel d’avoir la notion de la mesure du temps, de pouvoir se situer soi-même dans le temps. Mesurer le temps ne peut se faire sans un référentiel doté d’un zéro et d’une unité. L’être humain, selon sa culture, a la liberté de choix du référentiel et de ses composantes.

Pour les chrétiens, le zéro du référentiel correspond traditionnellement à la naissance de Jésus. Chez les musulmans, le compte du temps commence avec l’Hégire (départ de Mahomet et de ses disciples de La Mecque vers Médine, après la proclamation de l’islam en 622 aprJC).

En ce qui concerne les Juifs, c’est plus compliqué, nous avons affaire à deux types de temps, le temps universel et le temps particulier. Le temps universel, fêté à Roch Hachana, débute par la création biblique du monde et de l’humanité il y a 5777 années. Le temps particulier, lui, commence par la sortie d’Égypte, la liberté des hébreux reconquise et le premier PessaH, il y a environ 3300 ans (datation en cours d’étude). Le temps particulier, pour beaucoup de commentateurs, devrait être considéré comme le véritable référentiel de temps du peuple Juif.

Cependant, une nuance est à prendre en considération. Le temps particulier débute, en fait, 14 jours avant la sortie d’Égypte.

Chémot 12:1 à 12:3. L’Éternel dit à Moïse et à Aaron, dans le pays d’Égypte:…« Ce mois-ci sera pour vous le commencement des mois; il sera pour vous le premier des mois de l’année…Parlez à tout le peuple d’Israël en ces termes: au dixième jour de ce mois-ci, que chacun se procure un agneau pour sa famille paternelle, un agneau par maison. »

Le premier jour du « premier des mois de l’année », cité dans le verset, est le premier Nissan (ניסן). Il ne s’agit donc pas du premier tichri, de Roch Hachana, qui est aujourd’hui le premier jour de l’année juive. La première année juive, en tant que telle, devrait être celle de la sortie des hébreux d’Égypte.

Le 1° Nissan est le jour du commandement de Dieu, à Moïse et Aaron, de faire sortir le peuple hébreu d’Égypte à la date du 14 Nissan. L’acquisition d’un agneau par chaque famille juive, et sa consommation le 10 Nissan, est en relation directe avec ce projet de sortie d’Égypte, elle fait partie de la préparation de cet événement à venir.

La sortie d’Égypte a été prévue et organisée 14 jours à l’avance, alors pour quelle raison les hébreux sont-ils partis avec du pain non levé ? Sans doute a-t-il fallu du temps aux hébreux pour avoir pleinement conscience de la prise de décision de Moïse, dictée par Dieu. Les hébreux se trouvaient en Égypte depuis plus de 400 ans. Ils avaient du mal à croire en la réalité d’un tel fait. Du reste, la sortie d’Égypte s’est faite dans la précipitation, sous la poussée de la population égyptienne.

Chémot 12:33 à 12:34. Les égyptiens firent violence au peuple [hébreu], en se hâtant de le repousser du pays, car ils disaient: « Nous périssons tous »…Et le peuple emporta sa pâte non encore levée, les pétrins sur l’épaule, enveloppés dans les manteaux.

Le temps juif a donc commencé le premier Nissan, le jour de prise de décision de sortie d’Égypte, donc le premier jour d’espoir de liberté. Selon Rachi, c’est quand l’espoir commence, que le temps juif débute. Le premier jour d’un mois est un jour de renouveau. Dieu aurait, de son doigt, désigné la lune à Moïse en lui disant : quand la lune a cet aspect de renouvellement, le mois et l’espoir se renouvellent aussi.

Au même moment, Rachi a déclaré qu’il est essentiel de faire la part des choses entre les commentaires et les réalités auxquelles ils se rapportent. Le début du compte du temps est une réalité beaucoup plus importante que les commentaires dont elle a été l’objet. Rachi a dit aussi, à propos de la paracha Béréchit, que la Torah aurait dû commencer par la paracha Bo, puisque l’existence du peuple Juif a pris forme le jour du commandement de Dieu de sa libération d’Égypte. Qu’en aurait-il été alors du temps universel, qui commence par la création de tous les éléments de l’univers ?

La sagesse juive et l’écoulement du temps

Ouvrons le livre des Lamentations (Méguila EiHa). Il y est écrit au chapitre 5:21 : « Ramène-nous vers toi, Éternel, nous voulons te revenir; renouvelle nos jours comme tu le faisais avant. » .הֲשִׁיבֵנוּ יְהוָה אֵלֶיךָ ונשוב (וְנָשׁוּבָה), חַדֵּשׁ יָמֵינוּ כְּקֶדֶם.

Nous percevons ici un désir de renouveau dans la continuité.

En tant que Juifs, nous souhaitons qu’à travers l’écoulement des jours et des changements d’époque, notre identité puisse continuer à s’affirmer dans la quiétude et la sagesse. Chaque Pessah et chaque Chabbat marquent la fin et le renouvellement d’une période de notre vie. Gardons en mémoire cette phrase de LeHa Dodi : « nous irons au devant du Chabbat,… terme de la création, présent en pensée dès le commencement. »

Paracha Vaéra : Dieu est-il Dieu ?

L’être humain est doté d’un cerveau particulièrement développé. Nous appartenons sûrement à l’espèce animale la plus intelligente de la planète Terre. Notre pouvoir sur les éléments matériels progresse de plus en plus. Mais se pose une question cruciale : où se situent les limites de nos capacités intellectuelles ?

Nous comprenons aisément diverses choses, alors que la compréhension d’autres sujets nous demande un parcours de formation préalable, souvent difficile. Cependant, l’entendement de certaines questions nous dépasse totalement. Quel que soit notre degré d’intelligence et de connaissance, des notions telles que l’infini, l’éternité, la connaissance de ce que sera l’avenir, sont au-delà de notre portée.

Des questions qui semblaient invraisemblables, inexplicables ou surnaturelles il y a quelques siècles, paraissent banales aujourd’hui. En est-il de même pour tout ? Sûrement pas ! L’inconcevable existera toujours. Comment pourrait-on affirmer le contraire ?

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Vaéra du sefer Chémot (Éxode) 6:2 à 9:35 et Moïse devenu ‘Dieu’

Dans la paracha Vaéra, Dieu se révèle à Moïse et lui demande d’intervenir, en son nom, pour délivrer les enfants d’Israël d’Égypte.

Dieu représente l’inconcevable qui nous échappera toujours. Il est l’entité transcendante de l’humanité.

Le terme « Dieu » dérive de « Zeus ». La croyance en Dieu est primordiale pour les chrétiens, les musulmans et pour d’autres. Dans la religion juive, elle n’est pas aussi centrale. Pour nous, Dieu est difficile à définir, à cerner et impossible à décrire. Heureusement, notre croyance est conciliante.

La première lettre de la Torah est « beit » בְּ), la lettre de la dualité, du dialogue, de la recherche. Ce n’est pas « aleph » (א) qui est la première lettre de l’alphabet hébraïque et qui signifie unité, totalité. Le terme « totalité » est à relier au principe d’une vérité unique, à laquelle les autres vérités doivent se soumettre. Ce qui n’est pas du tout le cas de la foi juive. Nous sommes conscients des limites de notre possibilité d’appréhender la vérité. Nous ne détenons pas tout le savoir, et encore moins l’entièreté de la parole divine.

Le nom commun de Dieu est « el » (אֱלֹ) en hébreu. Ce mot désigne la direction à prendre et laisse les portes ouvertes. Un des noms propres de Dieu en est dérivé : « Élohim » (אֱלֹהִים). Élohim, c’est « el » accompagné d’un pluriel. Ceci paraît paradoxal au regard du monothéisme juif. Le pluriel de Élohim pourrait-être un lointain souvenir du paganisme ou du polythéisme de nos ancêtres antérieurs à Abraham, ou bien une marque de respect envers Dieu. Le Midrach nous dit qu’il s’agirait plutôt de l’expression de la pluralité de nos perceptions du divin.

Un autre terme est utilisé couramment pour nommer Dieu, le terme « Adonaï ». Adonaï se rapporte à l’idée de « raHamim » (רחמים), la bienveillance, alors que Élohim se rapporte plutôt à la notion de justice. Adonaï s’écrit au moyen du Tétragramme (יְהוָה) qui, comme son nom l’indique, est composé de quatre lettres. Le Tétragramme se nomme aussi « Chèm haméfourach » (שם המפורש), le « Nom Explicite »; un nom très peu explicite, en fait, puisqu’il n’est prononcé par personne aujourd’hui. Les chrétiens nomment souvent le Tétragramme, « Jéhovah ». Les juifs croyants n’utilisent jamais ce nom. Ils se contentent simplement de regarder le Tétragramme sans le nommer, ou bien, ils disent « Adonaï » pour le désigner.

Le Tétragramme est composé de quatre lettres que l’on retrouve dans le verbe « être » à tous les temps : hayah était (היה) , hoveh est (הוֹוֶה) , yihyeh sera (יִהְיֶה). Ici, se perçoivent la permanence, l’éternité et le principe  de transcendance.

Remontons le temps. À l’époque du premier et du second Temple de Jérusalem, le Tétragramme n’était explicité que par une seule personne, le Grand Prêtre. Il en était ainsi un seul jour dans l’année, le jour de Yom Kipour, au cœur du Temple, dans le Saint des Saints (קֹדֶשׁ הַקֳּדָשִׁים‎).

De ce qui précède, nous entrevoyons l’approche juive du divin.

Replongeons-nous dans la paracha Vaéra :

Chémot 6:2 à 6:5. Dieu continua à parler à Moïse et dit: « Je suis l’Éternel ( יהוה )…Je suis apparu à Abraham, à Isaac, à Jacob, comme Dieu puissant et généreux. ( אֵל שַׁדָּי   ) Mais ce n’est pas en mon Nom « Eternel » יהוה   que je me suis manifesté à eux… De plus, j’avais établi mon alliance avec eux en leur faisant don du pays de Canaan, la terre de leurs pérégrinations où ils vécurent étrangers…Enfin, j’ai entendu les gémissements des enfants d’Israël, asservis par les Égyptiens, et je me suis souvenu de mon alliance.

Dans ce texte, divers termes tels que Élohim, Chaday (שַׁדָּי), Adonaï, sont employés selon les versets. L’Éternel se présente d’abord à Moïse sous le nom du tétragramme, symbole de la bienveillance. Auparavant, il s’était révélé aux Patriarches sous le nom de Chaday, Dieu de la générosité. C’est Adonaï, Dieu tout-puissant, dont la parole ne peut être mise en doute, qui s’exprime pour annoncer qu’il ira au secours des enfants d’Israël, par l’intermédiaire de Moïse.

Un verset du chapitre 7 nous interpelle :

Chémot 7:1. Alors l’Éternel dit à Moïse : « Maintenant, je fais de toi un dieu [Élohim אֱלֹהִים] à l’égard de Pharaon, et Aaron ton frère sera ton prophète. »

Ce verset prête à confusion. Élohim (Dieu) est unique. Nous savons que le mot élohim signifie aussi responsables, chefs, forces. Mais ici, Dieu utilise des êtres humains, Moïse et Aaron, pour remplir une fonction divine, et ceci est typique de la pensée juive: c’est aux humains d’exercer la solidarité et la bienveillance. Mais n’est-il pas blasphématoire d’affirmer que l’homme est « comme un dieu »?

Nous avons l’impression d’être revenus au chapitre 3 de la Genèse, quand le serpent dit à Ève : le jour où vous mangerez ce fruit, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu, vous connaîtrez le bien et le mal. Être comme Dieu signifie-t-il, simplement, avoir la connaissance du bien et du mal et y avoir accès ? Soyons quand même perplexes ! « Vous serez comme Dieu » est justement le titre d’un ouvrage rédigé par Erich Fromm en 1975, dont la lecture nous permettra d’y voir plus clair.

Récapitulons. Dieu, tel qu’il est présenté dans la paracha Vaéra, est bien le Dieu mentionné dans le livre des Nombres (Bamidbar) et dans le Chéma Israël. Dieu, pour les juifs, est l’ensemble unique de ce qui transcende l’être humain, tout en l’obligeant à progresser, à toujours tenter de faire bien et mieux, à se dépasser.

Dieu est au-delà de la perception de l’être humain, qui ne doit l’invoquer en aucune façon, surtout pas dans le but de satisfaire des désirs terrestres.

Avant de se dire croyant, ou athée, il est nécessaire de se poser la question suivante : qui est Dieu ? Question sans réponse facile, à se poser sans se décourager.

Bien parler est-il un devoir ‘religieux’?

Talmud Babylonien AraHin 15b – « Le devoir ‘religieux’ de parler pour le bien  »

Entretenir de bonnes relations avec son prochain n’est pas une entreprise facile. Hillel dit « Ne fais pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas subir toi-même, voici toute la Torah dans son entier, le restant, ce sont des commentaires, maintenant va les étudier. »

L’interdit du « langage de tromperie », du « mauvais langage », du « langage triangulaire » est un élément essentiel du respect de l’autre et de sa dignité, et également du respect de soi-même.

Nous étudierons ce mercredi un passage du Talmud qui souligne l’importance cruciale du « langage direct » qui permet de régler les questions relationnelles, par opposition au « langage détourné », dont la gravité va jusqu’à participer d’un conflit ouvert avec ‘Dieu ‘lui-même.

(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

Pour étudier avec nous au café des Psaumes ce mercredi de 12h30 (accueil à 12h) à 14h, contactez Paule sur facebook ou répondez à cet article en commentaire.

 

Rabbi YoHanan a dit au nom de Rabbi Yossi ben Zimra que signifie le fait qu’est écrit quel profit te donnera-t-elle, quel avantage, cette langue perfide HKBH a dit à la langue tous les organes du Adam sont tendus et tu es posé tous les organes de l’Adam sont à l’extérieur et tu es à l’intérieur et non seulement cela mais je t’ai entouré de deux remparts l’un d’os et l’un de chair quel profit te donnera-t-elle, quel avantage, cette langue perfide Rabbi YoHanan a dit au nom de Rabbi Yossi ben Zimra tout raconteur de lachon hara c’est comme s’il reniait l’essentiel comme il est dit ceux qui disent: Par notre langue nous triomphons, nos lèvres sont notre force: qui serait notre maître?

Et Rabbi Yossi ben Zimra a dit tout raconteur de lachon hara des plaies viennent sur lui comme il est dit quiconque, dans l’ombre, calomnie son prochain, je l’anéantirai et il est écrit par ailleurs pour toujours et on traduit totalement et on enseigne dans une source michnaïque il n’y a rien entre la lèpre fermée et la lèpre complète si ce n’est les cheveux négligés et les vêtements loués Rech Lakich a dit que signifie qu’il est écrit ceci sera l’enseignement relatif à la lèpre ceci sera l’enseignement de celui qui sort un mauvais nom et Rech Lakich a dit que signifie qu’il est écrit Si le serpent mord faute d’incantations, il n’y a point de profit pour le charmeur dans le monde à venir se rassemblent tous les animaux et viennent chez le serpent et disent le lion écrase et mange le loup met en pièces et mange toi quel profit as-tu il leur dit et quel profit a celui qui possède une langue et Rech Lakich a dit tout raconteur de lachon hara agrandit ses fautes jusqu’aux cieux comme il est dit Leur bouche s’attaque au ciel, leur langue promène ses ravages sur la terre

דכתיב (תהלים קכ, ג) מה יתן לך ומה יוסיף לך לשון רמיה אמר לו הקב »ה ללשון כל אבריו של אדם זקופים ואתה מוטל כל אבריו של אדם מבחוץ ואתה מבפנים ולא עוד אלא שהקפתי לך שתי חומות אחת של עצם ואחת של בשר מה יתן לך ומה יוסיף לך לשון רמיה אמר ר’ יוחנן משום ר’ יוסי בן זימרא כל המספר לשון הרע כאילו כפר בעיקר שנאמר (תהלים יב, ה) אשר אמרו ללשוננו נגביר שפתינו אתנו מי אדון לנו

 ואמר ר’ יוסי בן זימרא כל המספר לשון הרע נגעים באים עליו שנאמר (תהלים קא, ה) מלשני בסתר רעהו אותו אצמית וכתיב התם {ויקרא כה :ל}לצמיתות ומתרגמינן לחלוטין ותנן אין בין מצורע מוסגר למצורע מוחלט אלא פריעה ופרימה אמר ריש לקיש מאי דכתיב (ויקרא יד, ב) זאת תהיה תורת המצורע זאת תהיה תורתו של מוציא שם רע ואמר ריש לקיש מאי דכתיב (קהלת י, יא) אם ישוך הנחש בלא לחש ואין יתרון לבעל הלשון לעתיד לבא מתקבצות כל החיות ובאות אצל נחש ואומרות ארי דורס ואוכל זאב טורף ואוכל אתה מה הנאה יש לך אומר להם וכי מה יתרון לבעל הלשון ואמר ריש לקיש כל המספר לשון הרע מגדיל עונות עד לשמים שנאמר (תהלים עג, ט) שתו בשמים פיהם ולשונם תהלך בארץ

Quel rôle particulier joue la langue ? Quel est le sens du langage dans la société humaine ? Dans la tradition juive, quel rôle joue le langage ? A quoi est comparé le mauvais langage ? Que lui reproche-t-on ? Laquelle de ces comparaisons préférez-vous ?

Texte à télécharger en cliquant sur le lien suivant: talmud 5777 -4 AraHin 15b – YoHanan Ben Zimra Rech lakich

Paracha Chémot : l’Alliance est-elle féminine ou masculine ?

Nous ouvrons le deuxième livre de la Torah, le livre de l’Éxode, sefer Chémot en hébreu. Chémot (שְׁמוֹת) signifie les noms, les sens, les lignées, les recensements; en particulier les recensements des personnes qui ont contribué, de façon remarquable, à la constitution du peuple Juif.

Le livre de l’Éxode décrit trois grands événements : la sortie d’Égypte des enfants d’Israël, l’Alliance scellée entre Dieu et son peuple et la construction du Sanctuaire.

Sa première paracha, la paracha Chémot, aborde la question de l’esclavage des hébreux, la tyrannie de Pharaon, et l’apparition de Moïse dans des circonstances très singulières.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha Chémot du sefer Chémot (Éxode) 1:1 à 6:1 et la puissance des alliances féminines

Les recensements des grandes figures de l’Alliance et de l’histoire d’Israël citent surtout des personnages masculins. Pourtant, de nombreuses femmes ont joué un rôle décisif en ce domaine. La paracha Chémot en fait la démonstration.

Cette paracha nous présente un Pharaon, successeur de celui qui a accueilli Joseph et sa famille avec bienveillance, qui condamne les hébreux aux travaux  forcés puis tente de les détruire, en tant que peuple, par l’élimination des nouveaux-nés mâles, dès leur venue au monde.

Chémot 1:11 à 1:16. Et on imposa à ce peuple des chefs de travail forcé afin de l’accabler de labeur. Il dut bâtir pour Pharaon des villes d’entreposage, Pithom et Ramsès…Mais, plus on opprimait ce peuple, plus il se multipliait…et les Égyptiens éprouvèrent pour lui de l’aversion…Alors, le roi d’Égypte  fit venir les accoucheuses hébreues qui se nommaient, l’une Chifrah, l’autre Pouah…Il leur dit: « Lorsque vous accoucherez les femmes hébreues, vous regarderez le sexe de l’enfant: si c’est un garçon, faites-le mourir, si c’est une fille, laissez-la vivre. »

Ces versets citent deux personnages féminins, les sages-femmes hébreues, dont nous reparlerons.

Une autre figure féminine, qui nous accompagnera tout au long de la Torah, apparaît très vite. C’est Myriam la prophétesse, sœur d’Aaron, qui réussit à convaincre ses parents, Amram et YoHéved, de concevoir un troisième enfant. Il sera nommé  » Moïse « .

Moïse n’est pas tué à sa naissance, malgré les exigences de Pharaon, car les deux sages-femmes hébreues, Chifrah et Pouah, désobéissent à ses ordres.

Chémot 1:17. Mais les sages-femmes craignaient Dieu. Elles ne firent pas ce que leur avait demandé le roi d’Égypte, et laissèrent vivre les enfants hébreux mâles.

Myriam convainct sa mère YoHéved de donner naissance à Moïse, Chifrah et Pouah l’épargnent, elles transmettent le relais à une autre héroïne de la paracha, Batiha (בִּתְיָה), la fille de Pharaon.

Chémot 2:3 à 2:6. [YoHéved] ne pouvant le cacher plus longtemps, lui prépara un berceau de papyrus qu’elle enduisit de bitume et de poix. Elle y plaça l’enfant et le déposa dans les roseaux, sur la rive du fleuve…Sa sœur [Myriam] se posta à distance pour voir ce qu’on ferait de lui…Cependant, la fille de Pharaon [Batiha] descendait pour se baigner dans le Nil, ses servantes la suivant sur la rive. Elle aperçut le berceau parmi les roseaux et envoya une servante le prendre…Elle ouvrit le berceau et y vit l’enfant qui pleurait. Elle eut de la compassion pour lui, tout en disant: « c’est l’un des enfants des hébreux. »

Batiha sauve Moïse des eaux et décide de l’adopter. Elle demande à YoHéved, par l’intermédiaire de Myriam, d’allaiter le petit garçon et de le lui rendre ensuite.

Chémot 2:7 à 2:10. Sa sœur [Myriam] dit à la fille de Pharaon: « faut-il aller trouver une nourrice, parmi les femmes hébreues, qui allaitera cet enfant? »..La fille de Pharaon lui répondit: « Va. » Et la jeune fille alla chercher la mère de l’enfant…La fille de Pharaon dit à celle-ci: « emporte cet enfant et allaite-le moi, je t’en donnerai un salaire. » La femme prit l’enfant et l’allaita…L’enfant devenu grand, elle le rendit à la fille de Pharaon et il devint son fils. Elle lui donna le nom de Moïse en disant: « c’est que je l’ai tiré des eaux. »

Une véritable boucle d’alliances féminines s’est formée, pour donner la vie à Moïse et le prendre en charge. Ainsi, Moïse reçoit à la fois l’éducation juive par sa mère naturelle, YoHéved, et l’éducation égyptienne, qui lui sera précieuse par la suite, par la fille de Pharaon, Batiha.

Quel rôle ont joué les personnages de sexe masculin dans cet événement ? Rien de glorieux au départ. C’est d’abord Pharaon qui fait le mal et veut détruire, puis Amram, le père de Myriam, qui, selon le Talmud Sota (12b) décide de se séparer de YoHéved, peu après l’annonce des décisions de Pharaon. Pire encore : Amram est une personnalité respectée de la communauté Israélite, en conséquence tous les maris choisissent de l’imiter, et se séparent de leurs épouses. L’alliance se rompt alors entre les hommes et les femmes.

L’Alliance est-elle féminine ou masculine ?

Amram se rattrape en acceptant d’écouter sa fille, Myriam. Myriam lui dit qu’en ne voulant plus faire d’enfant, il entre dans le jeu de Pharaon : tous les nouveaux-nés disparaîtront, masculins comme féminins. Myriam le critique aussi, très fortement, en affirmant que le décret de Pharaon n’est encore qu’au stade du risque, un risque très grand, mais seulement un risque pour le moment, alors que sa décision va au-delà des espérances de Pharaon en aboutissant à l’anéantissement du peuple hébreu en Égypte.

La grandeur d’Amram est d’abord d’avoir écouté les reproches de sa fille, puis d’avoir fait preuve d’humilité en reconnaissant ses erreurs de jugement et de comportement. Au point d’aller au devant de YoHéved afin de se faire pardonner en la reprenant pour épouse. Les autres maris hébreux en feront tout autant.  L’alliance entre les hommes et les femmes Israélites est restaurée. Moïse naîtra du renouveau de ces liens dans la continuité.

La paracha Chémot nous a montré la force d’une alliance entre femmes de conditions différentes, de peuples différents et surtout de rangs sociaux différents : une princesse égyptienne, Batiha, a accepté de tendre la main à des esclaves hébreues pour sauver un enfant inconnu d’elle. La sensibilité de ces femmes a bousculé des barrières qui se révèlent être de peu de poids à posteriori.

Cette alliance féminine a permis de rétablir l’alliance hommes-femmes, nécessaire à la vie matérielle comme à la vie spirituelle du peuple.

La mise en oeuvre du concept d’alliance s’exprime dans tous les domaines: il s’agit de considérer tous les êtres humains comme nos alliés. Les discriminations hommes-femmes, riches-pauvres, élites-esclaves, ou les discriminations religieuses n’ont pas de légitimité dans cette approche, car c’est ensemble que nous pouvons « sauver Moïse » et contribuer à construire une société de liberté.

À l’occasion de l’entrée en scène de Myriam la prophétesse, nous vous suggérons de lire un ouvrage intitulé « Les cinq livres de Myriam » (The five books of Myriam). Ellen Frankel y met en scène des personnages féminins traditionnels et leur donne la parole pour exprimer leur compréhension de la Torah.

Feuille d’étude « La bénédiction usurpée » (Rachi, Paracha Toledot)

Notre séance Rachi n°3 n’avait pas donné lieu à un article sur le site.
Pour ceux qui souhaitaient télécharger la feuille d’étude, la voici enfin!
Merci encore pour cette nos études de textes du chabbat matin, toujours plus enrichissantes!
Chavouah tov.
rachi-5777-3-toledot

27 :1 Ses yeux étaient affaiblis Par la fumée des offrandes idolâtres de ces femmes (Midrach tan‘houma 8). Autre explication : Au moment où il avait été lié sur l’autel et où son père était sur le point de l’immoler, au même instant, les cieux s’étaient ouverts et les anges servants avaient vu cela et avaient pleuré. Leurs larmes avaient coulé et étaient tombées dans ses yeux. Voilà pourquoi ses yeux s’étaient affaiblis (Beréchith raba 65, 6). Autre explication : afin que ce soit Ya’aqov qui reçoive les bénédictions (Beréchith raba 65, 8).

27 :2 Je ne connais pas le jour de ma mort Rabi Yehochou‘a ben Qor’ha a enseigné dit : quand un homme approche de l’âge où sont morts ses parents, il doit se faire du souci cinq ans avant et cinq ans après (Beréchith raba 65, 12). Yits‘haq, qui était âgé de cent vingt-trois ans, s’est dit : « Si c’est l’âge de ma mère, qui est morte à cent vingt-sept ans, que je dois atteindre, j’ai cinq ans de moins que celui qu’elle avait à la fin de sa vie ». C’est pourquoi…

… Je ne connais pas le jour de ma mort Peut-être aura-t-elle lieu à l’âge qu’avait ma mère, peut-être à celui qu’avait mon père.

27 :7 Devant Hachem Avec Son assentiment, car Il me donnera son accord.

27 :9 Et prends-moi (littéralement : « prends de ce qui est à moi ») Ils m’appartiennent, et ils ne sont donc pas volés. Yits‘haq avait stipulé dans leur contrat de mariage qu’elle aurait le droit de prendre chaque jour deux chevreaux (Beréchith raba 65, 14).

Deux chevreaux Le repas de Yits‘haq consistait-il en deux chevreaux ? En réalité, l’un était destiné au sacrifice pascal, et l’autre devait servir au repas (Pirqé deRabi Eli‘èzèr 32).

Comme il aime Le goût du chevreau ressemble à celui du cerf.

27 :19 C’est moi, ‘Essaw, ton premier-né C’est moi qui t’apporte, et ‘Essaw est ton premier-né.

J’ai fait Beaucoup de choses… ainsi que tu m’as dit.

Assieds-toi Dans le sens de : « s’asseoir à table ». C’est pourquoi le Targoum traduit par iste‘har (« mets-toi autour de la table »).

27 :21 Approche donc que je te tâte Yits‘haq s’est dit en lui-même : « Il n’est pas dans les habitudes de ‘Essaw d’avoir à la bouche le nom de Dieu ! Or, celui-ci vient de dire : “C’est que Hachem ton Dieu m’a donné bonne chance” » (Beréchith raba 65, 19).

27 :22 C’est la voix de Ya’aqov Qui s’exprime en suppliant : « lève-toi, je te prie ! » (verset 19), alors que ‘Essaw parle durement : « que mon père se lève ! » (verset 31).

27 :24 Il dit : C’est moi Il n’a pas répondu : « c’est moi ‘Essaw ! », mais : « c’est moi ! ».

27 :29 Maudit qui te maudira, et béni qui te bénira Tandis que Bil’am dira : « béni qui te bénira, et maudit qui te maudira ! » (Bamidbar 24, 9). Les justes commencent par endurer des épreuves, et ils finissent par jouir de la paix. Aussi ceux qui les maudissent, à savoir leurs persécuteurs, précèdent-ils ceux qui les bénissent. C’est pourquoi Yits‘haq fait précéder la bénédiction de ceux qui bénissent par la malédiction de ceux qui maudissent. Les impies, bien au contraire, commencent par vivre dans la quiétude, et ils finissent accablés de souffrances. Aussi Bil’am, ce mécréant, place-t-il la bénédiction avant la malédiction (Beréchith raba 66).

וַתִּכְהֶיןָ. בַּעֲשָׁנָן שֶׁל אֵלּוּ (שֶׁהָיוּ מְעַשְׁנּוֹת וּמַקְטִירוֹת לַעֲבוֹדָת זָרָה). דָּבָר אַחֵר כְּשֶׁנֶּעֱקָד עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ וְהָיָה אָבִיו רוֹצֶה לְשַׁחֲטוֹ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִפְתְּחוּ הַשָּׁמַיִם וְרָאוּ מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת וְהָיוּ בּוֹכִים וְיָרְדוּ דִּמְעוֹתֵיהֶם וְנָפְלוּ עַל עֵינָיו לְפִיכָךְ כָּהוּ עֵינָיו. דָּבָר אַחֵר כְּדֵי שֶׁיִּטּוֹל יַעֲקֹב אֶת הַבְּרָכוּת:

לֹא יָדַעְתִּי יוֹם מוֹתִי. אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קָרְחָה אִם מַגִּיעַ אָדָם לְפֶרֶק אֲבוֹתָיו יִדְאָג חָמֵשׁ שָׁנִים לִפְנֵיהֶן וְחָמֵשׁ שָׁנִים לְאַחַר כֵּן וְיִצְחָק הָיָה בֶּן קכ »ג (כִּי יַעֲקֹב בֶּן ס »ג כְּשֶׁנִּתְבָּרֵךְ דּוֹק בְּרַשִׁ »י סוֹף הַסֵּדֶר) אָמַר שֶׁמָּא לְפֶרֶק אִמִּי אֲנִי מַגִּיעַ וְהִיא מֵתָה בַּת קכ »ז. וַהֲרֵנִי בֶּן חָמֵשׁ שָׁנִים סָמוּךְ לְפִרְקָהּ לְפִיכָךְ

לֹא יָדַעְתִּי יוֹם מוֹתִי : שֶׁמָּא לְפֶרֶק אִמִּי שֶׁמָּא לְפֶרֶק אַבָּא:

לִפְנֵי ה’. בִּרְשׁוּתוֹ שֶׁיַּסְכִּים עַל יְדֵי:

וְקַח לִי. מִשֶּׁלִּי הֵם וְאֵינָם גָּזֵל שֶׁכָּךְ כָּתַב לָהּ יִצְחָק בִּכְתוּבָּתָהּ לִטּוֹל שְׁנֵי גְּדָיֵי עִזִּים בְּכָל יוֹם:

שְׁנֵי גְּדָיֵי עִזִּים. וְכִי שְׁנֵי גְּדָיֵי עִזִּים הָיָה מַאֲכָלוֹ שֶׁל יִצְחָק אֶלָּא פֶּסַח הָיָה. הָאֶחָד הִקְרִיב לְפִסְחוֹ וְהָאֶחָד עָשָׂה מַטְעַמִּים. בְּפִרְקֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר:

כַּאֲשֶׁר אָהֵב. כִּי טַעַם הַגְּדִי כְּטַעַם הַצְּבִי:

אָנֹכִי עֵשָׂו בְּכֹרֶךָ. אָנֹכִי הוּא הַמֵּבִיא לְךָ וְעֵשָׂו הוּא בְּכוֹרֶךָ:

עָשִׂיתִי. כַּמָּה דְּבָרִים כַּאֲשֶׁר דִּבַּרְתָּ אֵלָי:

שְׁבָה. לָשׁוֹן מֵיסֶב עַל הַשֻּׁלְחָן לְכָךְ מְתוּרְגָם אִסְתַּחָר:

גְּשָׁה נָא וַאֲמֻשְּׁךָ. אָמַר יִצְחָק בְּלִבּוֹ אֵין דֶּרֶךְ עֵשָׂו לִהְיוֹת שֵׁם שָׁמַיִם שָׁגוּר בְּפִיו וְזֶה אָמַר כִּי הִקְרָה ה’ אֱלֹהֶיךָ:

קוֹל יַעֲקֹב. שֶׁמְּדַבֵּר בְּלָשׁוֹן תַּחֲנוּנִים קוּם נָא אֲבָל עֵשָׂו בְּלָשׁוֹן קַנְטוֹרְיָא דִּבֵּר יָקוּם אָבִי:

וַיֹּאמֶר אֲנִי. לֹא אָמַר אֲנִי עֵשָׂו אֶלָּא אֲנִי:

אֹרֲרֶיךָ אָרוּר וּמְבָרְכֶיךָ בָּרוּךְ. וּבְבִלְעָם הוּא אוֹמֵר מְבָרְכֶיךָ בָּרוּךְ וְאֹרֲרֶיךָ אָרוּר הַצַּדִּיקִים תְּחִלָּתָם יִסּוּרִים וְסוֹפָן שַׁלְוָה וְאוֹרְרֵיהֶם וּמְצַעֲרֵיהֶם קוֹדְמִים לִמְבָרְכֵיהֶם לְפִיכָךְ יִצְחָק הִקְדִּים קִלְלַת אוֹרְרִים לְבִרְכַת מְבָרְכִים וְהָרְשָׁעִים תְּחִלָּתָן שַׁלְוָה וְסוֹפָן יִסּוּרִין לְפִיכָךְ בִּלְעָם הִקְדִּים בְּרָכָה לִקְלָלָה:

Paracha VayéHi : comment dépasser la mort ?

Tout a un début puis une fin, et tout se renouvelle. Le livre de la Genèse (Béréchit, בְּרֵאשִׁית, au commencement) s’achève avec la paracha VayéHi. Débute ensuite le livre de l’Éxode (Chémot, שְׁמוֹת, les noms) dans la continuité de la Torah.

Comme nous l’avons vu, la Genèse comporte trois parties : la création de l’univers, incluant l’humanité, avec ce qui en résulte, puis l’histoire des Patriarches et des Matriarches et enfin, le récit de la vie de Joseph. Par ailleurs, la Genèse nous révèle l’origine des Israélites en tant qu’individus et familles, alors que l’Éxode décrit plutôt la création d’un peuple, le peuple d’Israël.

A la fin de la Genèse, les hébreux (les Israélites de l’époque) se trouvent, dans leur majorité, en Égypte, rassemblés autour de Joseph et de Jacob; Jacob dont la vie s’achève.

Pour approfondir ce thème, une petite vidéo et un article qui la commente, sur la paracha de la semaine !

La paracha VayéHi du sefer Béréchit (Genèse) 47:28 à 50:26 et le dépassement de la mort de Jacob

Le sefer Béréchit s’achève avec la paracha VayéHi qui débute par : « Et Jacob vécut… » (וַיְחִי יַעֲקֹב). Cette Paracha nous parle de la vie et de la mort. La mort est liée à la vie. Elle n’est pas véritablement une disparition, au sens propre du terme. Elle est donc dépassée.

Citons un midrach du Talmud Taanit (5b) : deux Rabbins discutent de façon conviviale, en prenant ensemble leur repas. Rabbi NaHman demande à Rabbi Yitzak de lui raconter une histoire intéressante. Rabbi Yitzak répond :  » Je ne vais rien te raconter maintenant, parce que Rabbi NaHman a dit qu’il n’est pas prudent de parler en mangeant, car en parlant on risque de s’étouffer. » Rabbi NaHman acquiesce. À la fin du repas Rabbi Yitzak reprend la conversation et, en guise d’histoire, cite une parole de Rabbi YoHanan :  » Jacob, notre père, n’est pas mort ». Rabbi NaHman répond :  » Qu’est-ce-cela signifie ? Te moques-tu de moi ? Jacob est bien mort ! Il a eu son éloge funèbre, puis a été embaumé et inhumé. » Rabbi Yitzak dit alors :  » Je ne nie pas cela. Je parle d’un verset du livre de Jérémie qui dit : n’aie pas peur, mon fils Jacob, car aujourd’hui je te délivre et aujourd’hui tes enfants reviennent. »

Commentons cette phrase du livre de Jérémie. Jacob est Israël. Il est délivré et revit du fait de la délivrance et du retour de ses enfants, les enfants d’Israël. Cela signifie que Jacob, d’une certaine façon, est encore vivant maintenant. Il vit encore, de par ses enfants d’aujourd’hui, les membres du peuple Juif.

Nous en déduisons que nous tous vivons à travers nos enfants, de notre vivant comme après notre mort. Nos enfants et nos descendants, biologiques ou affectifs, sont porteurs à l’infini d’une partie de nous-même, partie de nous-même pas forcément tangible. Ce principe s’apparente à la notion de pérennité du Judaïsme par la transmission, de génération en génération.

Jacob, avant de s’éteindre, souhaite bénir ses enfants et petits enfants. Il bénit tout particulièrement Joseph par l’intermédiaire de ses deux fils, Manassé et Éphraïm. Jacob décide ainsi de placer les deux enfants de Joseph, nés avant son arrivée en Égypte, au rang d’enfants d’Israël, comme ses autres enfants :

Béréchit 48:5. « Et maintenant, tes deux fils qui te sont nés au pays d’Égypte avant que je vienne auprès de toi en Égypte, deviennent miens. Tout autant que Ruben et Siméon, Éphraïm et Manassé sont miens. »

Béréchit 48:20. Il les bénit alors et dit: « Israël te nommera dans ses bénédictions, en disant: que Dieu te fasse devenir comme Éphraïm et Manassé! » Il plaça ainsi Éphraïm avant Manassé.

Depuis des siècles nous continuons à nous appeler « les enfants d’Israël » ( Béné Israël – בְּנֵי יִשְׂרָאֵל), ou encore « les enfants de Jacob ». Notre vie est ainsi un prolongement de la vie de Jacob.

La transmission du Judaïsme est en relation étroite avec la bénédiction des enfants par leurs parents. Le vendredi soir, quand nous pratiquons la bénédiction des garçons nous apposons nos mains sur leurs têtes, et nous prononçons ces paroles : « que l’Éternel te mette au même niveau que Éphraïm et Manassé ». Ce qui signifie que nous mettons directement nos fils en relation avec Jacob, sans nous préoccuper de la longueur du temps passé. En ce qui concerne nos filles, nous les bénissons de la même façon, en disant : « que l’Éternel te mette au même niveau que Sarah, Rébecca, Léa et Rachel. »

La braHa (bénédiction) des enfants, renouvelée en permanence, est à l’image d’une source intarissable de sagesse recueillie puis transmise sans cesse. Cette notion de temps sans limite nous fait penser au verset 7:9 du Deutéronome : « Tu sais bien que l’Éternel, ton Dieu, est le vrai Dieu, fidèle au pacte d’alliance et bienveillant envers ceux qui l’aiment et qui accomplissent ses commandements, jusqu’à la millième génération. »

La paracha VayéHi cite également la mort de Joseph.

Béréchit 50:24 à 50:26. Joseph dit à ses frères: « Je vais mourir. Sachez que l’Éternel se tournera vers vous. Il vous fera quitter ce pays pour celui qu’il a promis par serment à Abraham, Isaac et Jacob »…Alors Joseph fit jurer les fils d’Israël pour leur dire: « Oui, l’Éternel se tournera vers vous, alors vous devrez faire remonter d’ici mes ossements. » Joseph mourut âgé de cent dix ans. Il fut embaumé puis fut déposé dans un cercueil en Égypte.

Joseph fait une requête à transmettre de génération en génération. Il  demande aux futurs Béné Israël d’emporter ses ossements avec eux quand ils quitteront l’Égypte pour gagner la terre de Canaan. Joseph pressent que l’avenir s’ouvrira aux enfants d’Israël, après une longue période de tourment.

Le transfert des ossements de Joseph, comme ceux de Jacob, a pour but de préserver le lien physique entre les générations fondatrices du monothéisme hébreu, et les générations qui tentent de vivre paisiblement dans leur terre promise, le pays de Canaan, qui deviendra après le retour de 2000 ans d’exil, l’État d’Israël.

La transmission se poursuit. Ainsi que l’énonçait Rabbi ItsHak avec provocation, Jacob, notre ancêtre, n’est pas mort. A nous de continuer son enseignement, de d’être digne d’ « Israël ».

Rachi ce samedi: Oseriez-vous parler pour votre frère?

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Se soutenir, et ne pas sombrer!

Se soutenir, c’est aussi savoir prendre des risques. Juda-Yéhouda ose se lever et s’opposer au Roi d’Egypte, pour défendre la Justice, la Vérité et la Fraternité, et pour sauver son demi-frère, Benjamin. Il rejoint ainsi le club des courageux leaders de notre tradition: ceux qui sont capables de prendre des risques pour défier les autorités au nom du droit. En notre époque difficile, savons-nous comme nos ancêtres triompher de la peur pour défendre la justice? Ce thème rejoint l’actualité politique autant que, bien souvent, notre actualité personnelle.

Nous verrons comment la Torah et Rachi analysent le discours de Juda et le retour à la fraternité.

Feuille d’étude disponible au téléchargement sur le lien suivant: rachi-5777-4-vayigach

44 :18 Une parole aux oreilles de mon seigneur Puissent mes paroles pénétrer dans tes oreilles (Beréchith raba 93, 6).

Et que ta colère ne s’enflamme pas D’où l’on peut déduire qu’il lui a parlé durement.

Car tu es comme Pharaon Je te considère comme le roi. Tel est le sens simple. Explication du midrach : Tu finiras par être frappé par la lèpre pour avoir détenu Binyamin, tout comme Pharaon en a été frappé à cause de mon aïeule Sara, qu’il n’avait détenue que pendant une seule nuit (supra 12, 17). Autre explication : Pharaon décide et ne respecte pas ses propres décisions, il promet et ne tient pas parole. Il en est de même pour toi ! Est-ce cela le « regard » que tu voulais poser lorsque tu nous a dit : « que je pose “mon regard” sur lui » (verset 21) ? Autre explication : « Tu es comme Pharaon » – si tu me pousses à bout, je te tuerai ainsi que ton maître.

44 :19 Mon seigneur a interrogé Tu nous as abordés en employant d’emblée des ruses. Fallait-il que tu nous poses toutes ces questions ? Est-ce que nous t’avions demandé la main de ta fille ? Ou bien voulais-tu celle de notre sœur ? Malgré cela nous t’avons répondu sans rien te cacher (Beréchith raba 93, 8).

44 :31 Lorsqu’il verra que le jeune homme n’est pas là, il mourra Son père, de chagrin.

44 :32 Car ton serviteur a répondu du jeune homme Et si tu me demandes pourquoi je m’engage dans ce combat avec plus d’ardeur que mes autres frères, c’est qu’ils sont, eux, hors de cause. Tandis que moi, je suis lié par un lien puissant qui fait peser sur moi la menace d’être banni des deux mondes.

Que ton serviteur reste Pour toutes choses, je vaux plus que lui, par la force, pour la guerre, et pour le servage.

45 : 1 Et Yossef ne put se contenir, devant tous ceux qui se tenaient près de lui Il ne pouvait accepter que les Egyptiens se tiennent là et qu’ils assistent à l’humiliation de ses frères au moment où il s’en ferait reconnaître.

45 :3  Car ils étaient bouleversés De honte.

45 :4  Approchez donc de moi Comme il les voyait en train de reculer, il s’est dit : Mes frères sont maintenant remplis de confusion ! Aussi leur a-t-il parlé avec douceur, sur un ton suppliant, et il leur a montré qu’il était circoncis (Beréchith raba 93, 8).

45 :5  Car c’est pour la subsistance Pour assurer votre subsistance.

45 :12 Vos yeux voient La gloire à laquelle j’ai accédé (voir verset suivant). Vous voyez aussi que je suis votre frère, puisque j’ai été circoncis comme vous. Vous voyez aussi « que c’est bien ma bouche qui vous parle », puisque je m’exprime en langue sainte.

Et les yeux mon frère Binyamin Après les avoir mentionnés séparément, il les met tous sur le même plan d’égalité, comme pour dire : « De même qu’il n’y a pas en moi de haine contre Binyamin, puisqu’il n’a pas participé à ma vente, de même n’en ai-je pas dans mon cœur contre vous » (Meguila 16b).

45 :14  Il tomba au cou [tsaweré – littéralement : « les cous »] de Binyamin son frère, il pleura Sur les deux sanctuaires qui se trouveront sur le territoire de Binyamin, et qui seront détruits l’un et l’autre (Meguila 16b).

Et Binyamin pleura à son cou Sur le sanctuaire de Chilo qui se trouvera sur le territoire de Yossef, et qui sera détruit.

46 :15 Et après cela Ayant vu qu’il pleurait et que son cœur était sincèrement avec eux,

ses frères parlèrent avec lui Car au début ils étaient remplis de honte devant lui.

וַיִּגַּשׁ אֵלָיו. דִּבֵר בְּאָזְנֵי אֲדֹנִי. יִכָּנְסוּ דְּבָרַי בְּאָזְנֶיךָ:

וְאַל יִחַר אַפְּךָ. מִכָּאן אַתָּה לָמֵד שֶׁדִּבֵּר אֵלָיו קָשׁוֹת:

כִּי כָמוֹךָ כְּפַרְעֹה. חָשׁוּב אַתָּה בְּעֵינַי כְּמֶלֶךְ זֶהוּ פְּשׁוּטוֹ. וּמִדְרָשׁוֹ סוֹפְךָ לִלְקוֹת עָלָיו בְּצָרַעַת כְּמוֹ שֶׁלָּקָה פַּרְעֹה עַל יְדֵי זְקֵנָתִי שָׂרָה עַל לַיְלָה אַחַת שֶׁעִכְּבָהּ. דָּ »א מַה פַּרְעֹה גּוֹזֵר וְאֵינוֹ מְקַיֵּם מַבְטִיחַ וְאֵינוֹ עוֹשֶׂה אַף אַתָּה כֵּן. וְכִי זוֹ הִיא שִׂימַת עַיִן שֶׁאָמַרְתָּ לָשׂוּם עֵינְךָ עָלָיו. דָּ »א כִּי כָּמוֹךָ כְּפַרְעֹה אִם תַּקְנִיטֵנִי אֶהֱרוֹג אוֹתְךָ וְאֶת אֲדוֹנֶךָ:

אֲדֹנִי שָׁאַל אֶת עֲבָדָיו. מִתְּחִלָּה בַּעֲלִילָה בָּאתָ עָלֵינוּ לָמָּה הָיָה לְךָ לִשְׁאוֹל כָּל אֵלֶּה בִּתְּךָ הָיִינוּ מְבַקְּשִׁים אוֹ אֲחוֹתֵנוּ אַתָּה מְבַקֵּשׁ וְאַף עַל פִּי כֵּן וַנֹּאמֶר אֶל אֲדוֹנִי לֹא כִחַדְנוּ מִמְּךָ דָּבָר:

וְהָיָה כִרְאוֹתוֹ כִּי אֵין הַנַּעַר וָמֵת. אָבִיו מִצָּרָתוֹ:

כִּי עַבְדְּךָ עָרַב אֶת הַנַּעַר. וְאִם תֹּאמַר לָמָּה אֲנִי נִכְנָס לְתִגָּר יוֹתֵר מִשְּׁאָר אֶחָי הֵם כֻּלָּם מִבַּחוּץ וַאֲנִי נִתְקַשַּׁרְתִּי בְּקֶשֶׁר חָזָק לִהְיוֹת מְנוּדֶה בִּשְׁנֵי עוֹלָמוֹת:

יֵשֶׁב נָא עַבְדְּךָ וְגוֹ’. לְכָל דָּבָר אֲנִי מְעוּלֶה מִמֶּנּוּ לִגְבוּרָה וְלַמִּלְחָמָה וּלְשַׁמֵּשׁ:

וְלֹא יָכֹל יוֹסֵף לְהִתְאַפֵּק לְכָל הַנִּצָּבִים. לֹא הָיָה יָכוֹל לִסְבּוֹל שֶׁיִּהְיוּ מִצְרַיִם נִצָּבִים עָלָיו וְשׁוֹמְעִין שֶׁאֶחָיו מִתְבַּיְּשִׁין בְּהִוָּדְעוֹ לָהֶם:

נִבְהֲלוּ מִפָּנָיו. מִפְּנֵי הַבּוּשָׁה:

גְּשׁוּ נָא אֵלָי. רָאָה אוֹתָם נְסוֹגִים לְאָחוֹר אָמַר עַכְשָׁיו אֲחַי נִכְלָמִים קָרָא לָהֶם בְּלָשׁוֹן רַכָּה וְתַחֲנוּנִים וְהֶרְאָה לָהֶם שֶׁהוּא מָהוּל:

לְמִחְיָה. לִהְיוֹת לָכֶם לְמִחְיָה:

וְהִנֵּה עֵינֵיכֶם רֹאוֹת. בִּכְבוֹדִי וְשֶׁאֲנִי אֲחִיכֶם שֶׁאֲנִי מָהוּל כָּכֶם. וְעוֹד כִּי פִי הַמְּדַבֵּר אֲלֵיכֶם בְּלָשׁוֹן הַקֹּדֶשׁ:

וְעֵינֵי אָחִי בִנְיָמִין. הִשְׁוָה אֶת כֻּלָּם יַחַד לוֹמָר שֶׁכְּשֵׁם שֶׁאֵין לִי שִׂנְאָה עַל בִּנְיָמִין אָחִי שֶׁהֲרֵי לֹא הָיָה בִּמְכִירָתִי כָּךְ אֵין בְּלִבִּי שִׂנְאָה עֲלֵיכֶם:

וַיִּפֹּל עַל צַוָּארֵי בִנְיָמִן אָחִיו וַיֵּבְךְּ. עַל שְׁנֵי מִקְדָּשׁוֹת שֶׁעֲתִידִין לִהְיוֹת בְּחֶלְקוֹ שֶׁל בִּנְיָמִין וְסוֹפָן לְהֵחָרֵב:

וּבִנְיָמִין בָּכָה עַל צַוָּארָיו. עַל מִשְׁכַּן שִׁילֹה שֶׁעָתִיד לִהְיוֹת בְּחֶלְקוֹ שֶׁל יוֹסֵף וְסוֹפוֹ לְהֵחָרֵב (וְלַעֲנִיּוּת דַּעְתִּי דִּיּוּקוֹ שֶׁל רַשִׁ »י דִּבְיוֹסֵף כְּתִיב וַיִּפּוֹל וַיֵּבְךְּ תַּרְתֵּי מַשְׁמָע אַשְּׁנֵי מִקְדָּשׁוֹת וּלְכָךְ עָשָׂה שְׁתֵּי פְּעֻלּוֹת עַל זֶה הָרֶמֶז. מַה שֶּׁאֵין כֵּן בִּנְיָמִין דְּלֹא כְּתִיב רַק וּבִנְיָמִין בָּכָה פְּעֻלָּה אַחַת שֶׁלֹּא רָמַז רַק עַל חֻרְבָּן אֶחָד. וְעַיֵּן בְּבֵאוּר תּ »י שֶׁשָּׁם הוּא בְּדֶרֶךְ דְּרָשׁ):

וְאַחֲרֵי כֵן. מֵאַחַר שֶׁרָאוּהוּ בּוֹכֶה וְלִבּוֹ שָׁלֵם עִמָּהֶם:

דִּבְּרוּ אֶחָיו אִתּוֹ. שֶׁמִּתְּחִלָּה הָיוּ בּוֹשִׁים מִמֶּנּוּ: