Un peu de féminisme divin dans un monde de brutes…

Pour d’autres liens vers des sites en anglais liés à l’histoire de Sarah: Dieu plus féministe que nous cours 1/4
Pour accéder au programme des 3 autres cours: cliquez sur ce lien: Programme « 4 preuves que Dieu est féministe »
Vous pouvez télécharger sur ce lien la feuille de sources avec les questions fondamentales, les extraits de la Torah et de Rachi en Français et Rachi en hébreu:
sources CJ femmes 1

Pour en savoir plus en temps réel sur le prochain cours… Abonnez-vous au blog en inscrivant votre adresse email sur cette page, à droite!

Merci à tous pour le partage de la belle étude de ce soir.

Au cours de notre première session d’étude, nous avons pu situer la tradition juive dans une perspective humaniste, existentialiste et féministe.
Nous avons parlé de ce que sont la domination et l’oppression et de ce que sont les systèmes alternatifs de collaboration. Le partage par Dieu du pouvoir de création avec le chabbat, le système de l’alliance, la collaboration à travers la pratique de la Hévrouta, l’étude en binômes, qui ajoute un enseignement par les pairs au « traditionnel » enseignement frontal (ex cathedra!).
Nous avons étudié ensemble les quelques versets qui parlent de la décision d’Eve de manger du fruit de l’arbre et démystifié ce que certains appellent le « pêcher originel ». Nous avons pu dissocier ce choix des notions de culpabilité, de soumission des femmes aux pulsions, d’impureté qui sont parfois associées au choix d’Eve dans d’autres traditions spirituelles.

A travers ce texte, nous avons pris connaissance de la différence entre le texte de la Torah et Rachi pour pouvoir l’identifier dans les sources et mettre en place notre Hévrouta.

Nous avons ensuite étudié en Hévroutot les différents passages de la Torah qui reprennent la vie de Sarah, en commençant par le kidnapping chez Faro, avant de nous répartir les autres sources et de les détailler à nouveau en « session plénière ».
Nous avons pu, dans chacun de ces cas, détailler le contexte clairement patriarcal de la Torah et identifier le rôle clairement protecteur du personnage biblique divin dans ces épisodes difficiles ou joyeux.

D’une façon remarquable, la Torah décrit sans l’enjoliver un monde qui est dur pour les femmes, une culture patriarcale difficile, ainsi qu’un effort pédagogique pour améliorer la condition des femmes.

Notre prochain rendez-vous (2/4) aura lieu le 3 novembre, nous y étudierons des extraits du Talmud présentant des personnages féminins.

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Fête du Talmud! Invitation…

Fete du talmud

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Sur le pont étroit de la liberté! – 4 – Viktor Frankl: le sens en toutes circonstances (Discours de Kipour 5776)

Voir la partie 3: Au delà de notre confort

Viktor Frankl a une expertise puissante sur la question.

Il a su traverser, changer de ligne au dernier moment dans le cadre de la « sélection » qui menait aux chambres à gaz. Il a su collecter ses observations au sein même de l’enfer des camps en se projetant dans la création de sa propre pensée.

Viktor Frankl dit : « La vie a un sens dans toutes les circonstances, y compris les pires. »

Quand Frankl affirme cela, il l’affirme du fond de sa propre expérience.
Parfois, nous avons besoin de souffrir pour retrouver le sens et l’intensité de notre vie.
Mais franchement, ce n’est pas nécessaire.

Nous pouvons aussi construire le pont AVANT de nous retrouver au-dessus du précipice…

Kipour a sa façon particulière de nous inviter à construire ce pont.

Le dialogue avec nos proches initié en préparation renouvelle notre lien humain.
En jeûnant, nous prenons la mesure de notre fragilité et de celle des autres, nous pousse à la responsabilité
A travers les poèmes liturgiques que nous chantons nous nous laissons porter dans notre volonté de changement.
Le son du chofar nous met dans l’urgence.
Les histoires de la torah nous invitent à penser.
Le fait d’être ensemble nous ouvre aux autres et à nous-mêmes, dans la chaleur du partage.

Ce pont se construit à Kipour et se prolonge dans l’année juive, chaque événement « religieux » ou culturel vient le renforcer, venez traverser ce pont que nous construisons pour vous, venez construire pour vous-même le pont que nous souhaitez traverser ensemble.

Si vous avez des questions, des interrogations, sur l’identité juive, sur nos sources, sur la communauté, partagez-les avec nous, quand vous le souhaiterez, après les fêtes.

La liberté est comme un muscle, c’est en l’utilisant qu’on lui permet de grandir.
La liberté ne s’use que quand on ne s’en sert pas (adaptation de la devise du canard enchaîné).

La joie elle-même est un choix courageux.
Comme Selma Baraz, alors âgée de 91 ans, nous pouvons prendre la responsabilité de notre bonheur et renoncer à la plainte, sans attendre.

En ce jour de Kipour, nous mobilisons notre liberté dans une posture d’humilité face au chemin que nous avons à parcourir.

Dans quelque jours, à soukot, nous mobiliserons notre liberté dans une posture de joie prête à assumer ses choix. Nous danserons avec la Torah le 4 octobre.

Que cette année 5776 se poursuive dans le courage de la joie, du partage, de l’action et du sens.

Sur le pont étroit de la liberté! – 3 – Au delà de notre confort immédiat: l’urgence d’agir (Discours de Kipour 5776)

Voir la deuxième partie: Dépasser nos peurs

L’appel des prophètes nous met en garde. Si nous ne pratiquons pas l’entre aide et la tsédaka, si nous extradons de la réalité, si nous nions la souffrance autour de nous, les catastrophes nous attendent au tournant.

Il n’y a de sécurité que partagée. Il peut y avoir des écarts sociaux, mais pas trop. La terre est restituée aux perdants du jeu économique tous les 50 ans. Les dettes qui vous réduisent à néant sont annulées tous les 7 ans. C’est le yovel, le jubilée, c’est la chemita, l’année chabbatique, que nous avions cette année.

Telle est la condition de la liberté. La liberté des uns COMMENCE là où COMMENCE celle des autres (adaptation personnelle).

Tel était le propos du Pasteur Niemöller. Quand certains s’en prennent aux « communistes, juifs, syndicalistes, catholiques (le protestantisme étant dominant en Allemagne, là où il vivait) », si je ne les défends pas, je risque fort d’être le suivant sur la liste. Cela vaut également aujourd’hui pour les grecs, les syriens, les arabes ou encore, les femmes, les convertis, etc…

Si nous n’écoutons pas cet appel, nous dit la torah, la terre nous vomira. Dans la Torah, il est fait mention de cette responsabilité au niveau du peuple juif et de la terre d’Israel. En ce jour de Kipour, à la veille du cap 21, nous sommes conscients que c’est la planète entière qui est concernée, et qu’elle pourrait finir par détruire cette étrange espèce puissante mais souvent inconsciente, l’espèce humaine.

Nous demandons : « Bénis nous comme un seul par la lumière qui émane de toi » « barHénou KééHad » (fin de la amida, prière « sim chalom »).

Il n’y a pas de bénédiction purement individuelle. Si je souhaite l’emporter sur mon voisin et que lui souhaite l’emporter sur moi, laquelle de nos prières devrait trouver un accomplissement ? Le ‘bon dieu’ devrait- ‘il’ alors mettre en œuvre leur résultante ? L’expression de nos désirs serait annulée, rien ne pourrait se produire. Si au contraire nous formulons des désirs personnels en harmonie avec l’intérêt collectif, ils pourront trouver leur accomplissement. Tel est le sens de la bénédiction. Une fois l’harmonie installée, nos espoirs peuvent devenir des actes constructifs et chaque parcelle de notre énergie trouve sa réalisation. La bénédiction consiste peut-être justement en la capacité de conjuguer harmonieusement nos forces.

Notre liberté évolue donc sur le fil, entre trop d’insatisfactions et trop d’autosuffisance.

Dans ce contexte compliqué, parmi de nombreux penseurs et sages de différentes époques, nous pouvons aujourd’hui mentionner Viktor Frankl.

Lire la suite ici…

Sur le pont étroit de la liberté! – 2 – Dépasser nos peurs (Discours de Kipour 5776)

Voir la première partie: l’étrange épreuve de Selma Baraz

Or, en plus d’être juifs, nous sommes français.

Et je vais parler d’une façon un peu plus sérieuse, et douloureuse même, vous m’en excuserez.
Taux de suicide en France 2e place en Europe, 17e dans le monde (en 2008).
Dans la vision de Jean-Paul Sartre, « l’homme est condamné à être libre… nous sommes seuls, sans excuses ».
C’est une vision lourde à porter.
L’existentialisme a-t-il besoin de la souffrance ? La liberté est-elle forcément liée à la douleur ?

L’insatisfaction a également des vertus.
Un article de The Economist en 2012 faisait le portrait culturel de la France et de sa littérature. La France cultiverait la nostalgie comme une valeur, « bonjour tristesse ! », qui expliquerait le fort taux de suicide en France.
Mais d’après cette article, l’insatisfaction serait également à l’origine d’une créativité et d’une volonté de changement remarquables.

Nous sommes à la fois juifs et français. Est-ce que nous cumulons les risques ?

L’autocritique risque de nous déprimer.
L’autosatisfaction risque de nous endormir.
La liberté est menacée, mise en danger sur ces deux versants.

Elle est menacée par nos peurs, par notre désespoir, par le sentiment d’impuissance qui parfois, s’empare de nous. Lorsque nous observons le monde autour de nous, nos vis, celles de nos proches, les drames qui touchent l’humanité.

Que faire de nos peurs ?

Rabbi NaHman de Bratsalv disait : « Le monde entier est un pont très étroit et le plus important c’est de ne pas avoir peur. » (likouté moharan)

וְדַע, שֶׁהָאָדָם צָרִיךְ לַעֲבר עַל גֶּשֶׁר צַר מְאד מְאד! וְהַכְּלָל וְהָעִקָּר שֶׁלּא יִתְפַּחֵד. כְּלָל

La liberté, c’est de savoir passer d’une rive à l’autre, de ne pas être prisonnier de son territoire géographique.

Abraham est d’abord Ivri, עיברי, celui qui passe, celui qui change de lieu. Au cours de l’histoire, nous avons dû changer de lieu, et nous avons été capable de le faire en gardant notre identité, et en nous adaptant, en renouvelant cette identité en accord avec les cultures environnantes, de Babylone à l’Afrique du nord, d’Erets Israel à la vallée du Rhin.

Changer de rive, c’est prendre un risque. Dieu dit à Avraham, je te grandirai car Abraham court le risque de se perdre (Rachi mentionne trois risques : celui d’avoir moins d’enfants, celui d’avoir moins d’argent et celui de jouir d’une moins bonne réputation).

Mais le jeu en vaut la chandelle car savoir changer de rive, c’est montrer le chemin de la liberté, la possibilité du changement, renforcer ce pouvoir pour nous-mêmes et pour nos proches, et pour tous les autres. L’Eternel ajoute :

« Par toi seront bénies toutes les nations de la terre. » (Gen. 12:1-3)

Sur quelle rive sommes-nous aujourd’hui ? Ce rivage nous convient-il ? Quels précipices physiques ou psychiques voudrions-nous traverser ? Le savons-nous ? Avons-nous même le courage d’y penser ?

Quel soutien pourrions-nous obtenir pour effectuer ces transitions ? Quel est le pont très étroit que nous pourrions traverser ? Qu’est ce qui pourrait nous encourager à ne pas avoir (trop) peur ?

J’interroge ici chacun d’entre nous en tant qu’individu, face à nos défis personnels, mais je nous interroge également en tant que communauté/synagogue en développement, porteuse d’un message particulier. Un message important, profondément ancré dans notre tradition, et qui n’est pas toujours mis en avant comme il le faudrait.

Bienveillance, humanisme, respect de la diversité, engagement juif et engagement citoyen.

Ces valeurs au cœur de notre vision méritent notre investissement, beaucoup de juifs en ont besoin.

Sur quelle rive sommes-nous en tant que communauté ? Quel pont pourrait-il nous permettre de traverser ? Quels ponts construisons-nous ? Quel type d’impact pourrions-nous avoir alors sur les personnes et les groupes et les événements qui nous entourent ? Dans le monde juif et dans le monde civique ?

Enfin, nous souhaitons contribuer également à la liberté de nos proches. Qui dans nos connaissance est en transition autour de nous ? Quel pont pouvons-nous bâtir pour eux ? Parmi nos proches, nos moins proches, ou dans l’actualité du monde ?

Comment renforcer notre conscience ? Par le cri du chofar ? Par l’intensité et la beauté de nos prières ? Est-ce la vision de notre rassemblement de ce soir qui pourra nous encourager à regarder en face le vide de la liberté ?

La liberté est menacée également sur son autre versant.

Elle est menacée par nos satisfactions, l’excès de notre bien-être, notre confort que nous répugnons à quitter. Voire notre inconfort et notre malheur qui nous est devenu confortable.

Lire la suite ici…

Sur le pont étroit de la liberté! – 1 – l’étrange épreuve de Selma Baraz (Discours de Kipour)

A l’approche de Yom Kipour, je commençais à avoir me faire pardonner certaines de mes erreurs et voilà qu’avec cette dracha, tout risque de se compliquer… Je vais parler des mères juives !

Je veux vous parler de Selma Baraz z »l. Selma Baraz était une mère juive, comme vous et moi, comme vous aussi Francis. Nous sommes toutes et tous des mères juives.

Selma Baraz avait un secret. À l’âge 91 ans elle l’a révélé en public, elle a bien dû !

Elle a donné au monde un enfant, un beau garçon, et comme toute mère juive elle s’attendait à ce qu’il devienne médecin. ou à la rigueur dentiste, ou même avocat pourquoi pas… Mais son fils, son gentil James a fait un autre choix.

Il a décidé de devenir prof de méditation. Prof de méditation ! C’est à peine mieux que Rabbin ! Et pour couronner le tout, il a même crée une méthode pour devenir plus heureux « Awakening joy », réveiller la joie. Réveiller la joie !

Quelle mère juive pourrait supporter cela ?

Que pouvait bien faire Selma Baraz dans ces conditions ? Elle a bien dû s’épancher et révéler son secret, en public.

Voici la façon dont elle a ouvert son coeur :

« Mon fils ne vous a pas tout dit de notre relation. Mon fils, a ruiné ma vie. En tant que mère juive, je n’ai jamais pensé que je devrais dévoiler ce secret. Les mères juives sont nées avec certains gènes précieux, qui ne peuvent être acquis, qui peuvent juste être préservés avec beaucoup de précautions, les mères juives sont nées pour se plaindre, on appelle cela kvetching, on trouve toujours une raison de se plaindre, cela aide beaucoup d’avoir un profond soupir, quelques larmes aident également, mais se plaindre, nous devons…

Nous avons une autre qualité, nous nous faisons du mauvais sang pour à peu près tout. Si un enfant ne vient pas, je peux écrire des scénarios sur ce qui a pu lui arriver, des scénarios qu’Hollywood pourrait payer des millions…

Ça a été tellement merveilleux de se plaindre continuellement, d’être inquiète, d’être malheureuse, tout en vivant la vie la plus merveilleuse dont on puisse rêver…

Mais malheureusement avec James, nous avons commencé ce mantra, et chaque fois que je me plaignais, environ toutes les 30 secondes, il m’a dit « pourquoi tu n’ajouterais pas à la fin de chaque phrase « et je sais que je suis absolument heureuse » et nous avons commencé ce jeu et il fonctionne vraiment ! Je le fais ! Je fais cela chaque fois que je me plains et je suis vraiment devenue – oh cela me fait mal de le dire – je suis effectivement devenue une personne plus heureuse ! Je viens de vous délivrer ce terrible secret, mon fils, James, a ruiné toute ma vie. »

Selma est une bonne mère juive. Une très bonne mère juive. A trois niveaux. D’abord, elle respecte la tradition. Elle se plaint, comme elle le doit. Mais ensuite, elle a de l’humour. Elle a du recul vis-à-vis de sa tendance à râler. Et enfin, elle est capable d’évoluer, de faire téchouva.

Mais le discours de Selma Baraz met en lumière un phénomène très important : Le bonheur a un prix.

La liberté a un prix.

Ce prix est un prix élevé.

Devenir plus heureux représente un sacrifice !

La liberté, c’est le choix de traverser, de passer sur l’autre rive, on court le risque du vertige, du vide, en dessous, qui pourrait nous aspirer…

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Pour commencer, ouvrir les yeux… Roch hachana 5776

Aujourd’hui, nous faisons le compte de nos réussites de l’année et le compte de nos erreurs.

Nous classons chaque acte, nous le plaçons sur le plateau d’une balance.

L’un des plateaux est celui de la vie, l’autre plateau est celui du malheur.

Cet acte s’inscrit-il du côté du bien ou du côté du mal ? Et celui-ci ?

Si à la fin de ces journées de Roch hachana, la balance penche vers le bien, nous serons inscrits dans le livre de la vie et de la justice. Si la balance penche du côté du mal, nous serons inscrits dans le livre de la mort.

Est-ce aussi simple ?

J’examine mes actions et je m’interroge. Je prends pour exemple un incident récent et je me questionne. Se range-t-il sur le plateau du bien et de la vie ? Se range-t-il sur le plateau de la tristesse et du malheur ?

Je me sens comme un vase brisé. Un vase qui contenait toute la lumière et l’espoir de faire le bien, et je suis maintenant dans la confusion. Quelle est cette fêlure qui laisse échapper ma lumière ?

Et cela me rappelle cette histoire, que m’a racontée mon amie Myriam. Myriam travaille avec des femmes victimes de violences conjugales, et aussi avec des auteurs de violences.

C’est l’histoire d’un porteur d’eau, qui porte sur ses épaules de l’eau pour désaltérer toute sa famille. Un grand bâton posé sur ses épaules retient deux vases, l’un à gauche, l’autre à droite, et chaque jour le porteur d’eau va jusqu’à la rivière, remplit ses vases, ramène l’eau chez lui.

La veille de roch hachana, l’un des vases, celui de droite, décide de partager sa peine avec le porteur d’eau. Le vase engage le dialogue et lui explique qu’il est conscient de son imperfection, il est fêlé et laisse échapper une partie de l’eau précieuse. Une partie des efforts de l’homme semble perdue par sa faute. Quel dommage, que toute cette eau perdue à cause de lui. En cette veille de Roch Hachana, le vase est attristé de poser son imperfection comme une faute dans le plateau de ses erreurs de l’année.

Le porteur d’eau remercie le vase de son souci de bien faire, de sa conscience des enjeux, de son altruisme, et l’invite à observer plus attentivement le chemin de la rivière à la maison.

Le matin suivant, en revenant de la rivière, le vase droit découvre que le bord droit du chemin est couvert de fleurs.

Avez-vous deviné pourquoi ?

Maintenant que le vase brisé comprend les conséquences positives de son imperfection, où va-t-il placer la fuite d’eau ? Cet acte se range-t-il sur le plateau du bien et de la vie ? Se range-t-il sur le plateau de la tristesse et du malheur ?

Comme le vase brisé, nous sommes soucieux des enjeux, nous voulons bien faire, nous aimerions être parfaits. Et nous sommes pétris de croyances : la perfection consiste à ne laisser échapper aucune des gouttes d’eau dont nous avons la charge. A travers cette croyance, c’est notre volonté de bien faire, mais aussi notre ego et notre orgueil qui parlent.

Nous avons beaucoup de croyances et certaines ne nous aident pas.

Lorsque nous nous désespérons d’être des vases fêlés, nous n’avons plus le courage d’ouvrir les yeux pour voir plus loin, pour nous permettre de rêver aux conséquences positives possibles.

Le « gam zou létova » nous échappe.

Nous ne voyons qu’un aspect de la réalité : l’eau qui s’enfuit du vase, s’écoule, elle ne sera pas bue par l’homme. Nous ignorons l’autre aspect : l’eau qui s’enfuit du vase, arrose, elle nourrit la beauté de la nature. Le vase fermé est-il imbu de sa perfection ? Le vase brisé sombre-t-il dans le désespoir ?

Paul Tillich disait qu’il lui semblait que son rôle était de permettre à ceux qui croient de douter et à ceux qui doutent de croire.

Le Talmud nous demande d’avoir dans nos poches deux papiers.

Dans la poche gauche, le verset « je ne suis que cendre et poussière » dans la poche droite la parole « le monde entier a été créé pour moi ».

L’idée est de trouver notre équilibre, de nous inciter à l’humilité lorsque nous sommes remplis d’un sentiment de perfection et de nous encourager lorsque le doute nous envahit.

Nous sommes à la fois des vases brisés et des vases fermés.

Parfois nous sommes le vase brisé qui se désespère parfois nous sommes l’autre vase celui qui se croit parfait, parfois nous sommes le porteur d’eau qui sait tirer parti de la réalité, et parfois nous sommes la rivière prête à abreuver chacun, parfois nous sommes les enfants et nous sommes satisfaits de l’eau reçue ou frustrés de l’eau d’arrosage, et parfois nous sommes les fleurs qui poussent le long du chemin, parfois nous sommes l’eau elle-même, et souvent nous sommes tout cela. Un peu comme le dit Fritz Perls, pour qui chaque personnage du rêve représente le rêveur lui-même.

Parfois, nous sommes simplement des individus qui aiment les histoires qui ouvrent nos horizons.

J’examine mes actions et je m’interroge. Je prends pour exemple un incident récent et je me questionne. Se range-t-il sur le plateau du bien et de la vie ? Se range-t-il sur le plateau de la tristesse et du malheur ?

Peut-être qu’aujourd’hui je vois les conséquences négatives ? Peut-être que demain j’aurai construit d’autres pensées et d’autres actions qui donneront à cet acte un aspect positif ?

A Roch hachana, je ne fais pas que classer les actions du passé, je leur donne des conséquences. Telle erreur peut me permettre une remise en cause qui apportera beaucoup de bien autour de moi, telle souffrance peut me donner une profondeur qui me permettra de mieux me comprendre et de mieux comprendre les autres.

Mais pour que je puisse apprendre, il y a un prérequis : la parole. Si le vase brisé n’était pas sorti de sa culpabilité silencieuse, jamais il n’aurait pu comprendre les bénéfices de son imperfection.

Si nous ne partageons pas le sentiment que nous inspirent nos faiblesses à Roch Hachana, comment saurons-nous ce qu’elles signifient vraiment pour nos compagnons sur le chemin de la vie ?

Partage ton sentiment avec ton prochain et tu ne porteras pas de faute (Lev.19)/ Aime ton prochain comme toi-même.

Ah si seulement nous avions conscience de l’étendue de notre ignorance !

La tradition nous incite à être humbles comme Moïse notre maitre. L’humilité ce n’est pas l’auto-flagellation, dans un sacrifice de souffrance. L’humilité c’est offrir ce que nous sommes, accepter et partager ce que nous sommes pour permettre aux autres d’apprécier simplement ce que nous sommes capables d’offrir.

Trouver une meilleure place à ce que nous sommes. Car il faut de tout pour faire un monde. Personne dans la vie ne choisit sa couleur. Il y a un temps pour tout, un temps pour planter et un temps pour arracher, un temps pour la joie et un temps pour la peine, comme le dit kohelet.

Chacun a sa place dans le monde, et le monde a besoin de toutes nos qualités, qui peuvent sembler contradictoires, juste parce qu’elles sont adaptées à des solutions différentes.

L’influence de nos actes est systémique.

Je choisis ce que je dis ce soir, vous choisissez ce que vous voulez en faire dans vos pensées et dans vos vies, vous pouvez choisir de m’en parler à votre tour, et je peux choisir de m’en inspirer pour aller plus loin encore. Vous pouvez partager ces pensées autour de vous, ou les laisser grandir en vous, vous pouvez les critiquer, vous construire avec elles ou contre elles, vous pouvez les oublier.

Si le porteur d’eau sème des graines du côté où l’eau échappe au vase, le bord de la route sera fleuri.

C’est la nature des vases que d’être brisés, c’est la nature des êtres humains que d’être imparfaits, brisés, réparés, reconstruits, raccommodés.

C’est le but de Roch Hachana de nous inviter à démonter les morceaux et à les recoller.

Démonter et recoller ce qui se trouve en nous, nos émotions, nos aspirations « positives » ou « négatives ». Toutes ont leur rôle. Tu aimeras l’Eternel בכל לבבך, avec toutes les parties de ton cœur.

Roch hachana nous invite à examiner chaque événement de l’année écoulée, à le soupeser, à en examiner la nature, à en évaluer les défauts et le potentiel.

Ce jour nous invite à examiner notre place sociale, celle que nous attribuons à nos proche dans notre vie, pour trouver la meilleure façon de contribuer à leur bonheur et pour les aider à contribuer au nôtre. Pour nos proches et nos moins proche, et aussi pour ce qui est de notre engagement dans la cité.

Que sommes-nous, qu’est-ce que notre vie, notre force, notre sagesse ? Mais nous sommes les enfants de ton alliance (prière du matin).

Nous ne savons pas encore ce qui repose sur lequel des plateaux de la balance de la vie et du bien ou de la détresse et du malheur. Nous avons 9 jours pour en décider. Jusqu’à Kipour.

La tradition nous demande de considérer que notre balance personnelle est équilibré, une seule de nos bonnes actions peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Nous considérons que la balance du peuple juif est équilibrée, une seule de nos réévaluations peut faire pencher la balance de tout le peuple vers le bonheur ou le malheur. La balance de la création toute entière est équilibrée, un seul de nos actes peut faire pencher la balance du monde.

Ce même acte nous permet de faire pencher la balance à tous les niveaux, d’être bons à la fois pour nous-mêmes et pour autrui. Tout est systémique.

Que nos efforts permettent à nos proches de tirer le meilleur de l’année à venir.

Puissions-nous nous-mêmes tirer le meilleur des événements de l’année qui s’annonce.

De même que nous avons découvert des pensées qui échappaient totalement à notre conscience par le passé, que nous découvrions cette année tout ce qui peut nous permettre de trouver notre meilleure place dans la société, de trouver la meilleure place intérieure à nos qualités et à nos défauts, à nos plénitudes et à nos brisures, et aux plénitudes et aux brisures de nos proches.

Que, comme dans l’histoire du Maguid de Doubnov, la brisure du diamant soit retravaillée pour devenir une gravure précieuse.

Que nous nous retrouvions, dans un an, le soir de Roch hachana, emplis de la satisfaction de nos réussites et de l’espoir de devenir meilleurs encore.

Chana tova,

Rabbin Floriane Chinsky

Célébrer nos réussites avec Rachi, samedi 5 septembre…

La Torah, c’est avant tout la torah orale!
Comment lire le pentateuque sans Rachi?
L’idée d’étude elle-même est celle du questionnement du texte, de la façon dont nous interrogeons le texte ainsi que la façon dont le texte nous interroge.

Ce cours nous permettra de nous pencher sur ce qu’est la célébration mais aussi sur sa signification et la façon dont les perspectives de célébration nous propulsent vers l’avenir.

La Torah elle l’une des anciennes sagesses humaines, et une fois de plus elle nous prouvera sa pertinence et sa modernité…

5 septembre – Ki Tavo – Vous pouvez télécharger la feuille de sources ici:  1 Rachi ki tavo célébrer

Au plaisir de vous retrouver pour une nouvelle année d’étude!

(Retrouvez l’ensemble des cours ici: https://poursurmelin.wordpress.com/cours-torah/coeur-du-texte/)

Eloul nous a rejoints, Hodech Tov à toutes et à tous!

Nous avons devant nous un bon mois pour nous préparer au renouveau de Tichri

Le début du mois juif correspond à la renaissance de la lune. Les mois juif « Hodech » fait racine commune avec le mot « Hadach » qui signifie « nouveau ». En ce premier Eloul, le nouveau mois s’installe, et il amène avec lui les préparatifs du mois prochain : Le mois de Tichri. Dans un mois, nous célébrerons le grand renouveau de l’année juive, la régénération de notre rythme de vie, nous inaugurerons l’année 5776. En ce jour de Roch Hodech Eloul, de « tête du mois » de Eloul, nous commençons à nous préparer à Roch Hachana, la « tête de l’année ». C’est en ce jour du début de Eloul que les messagers partaient pour annoncer la date de Roch Hachana à l’époque du temple.

Cette année, Roch Hodech Eloul coïncide avec la fin des vacances pour beaucoup d’entre nous. En préparant la rentrée scolaire et professionnelle, nous faisons également les préparatifs de l’année juive qui reprend en beauté.

Chacun commence à se poser la question : Qui nous rejoindra aux offices de Roch Hachana et Kipour ? Que faire pour que les enfants prennent la mesure de ce grand moment de spiritualité et de réflexion juive ? Comment contribuer à notre bien-être au cours de ces fêtes, de quelle façon souhaitons-nous qu’elles nous portent vers un renouveau ? Et nos familles, et nos communautés, de quelles façons vont-elles bénéficier de cette nouvelle pulsation du temps juif ?

Certains vont prévoir un seder communautaire familial, d’autres des activités pour leurs enfants, nous voudrons peut-être participer au seliHot pour soutenir notre évolution personnelle ou vivre une expérience communautaire, ou lire quelques textes d’étude.

Dés chabbat prochain, nous pourrons partager ces questions ensemble.

Pour initier nos enfants au sens des fêtes, deux articles sont disponibles sur le site « poursurmelin » :

  1. 1 Embrasser le passé, Chérir l’avenir – pédagogie de Roch Hachana

2 Téchouva pédagogique!

Si vous n’êtes pas encore inscrits aux fêtes de tichri, contactez dés que possible le secrétariat de Beaugrenelle car notre synagogue se remplit très vite !!!!:

Par ailleurs, vous pouvez déjà commencer à vous imprégner des fêtes de tichri, voici un petit site dédié avec une page spéciale « chants » : http://tichri.org/chants-chorale/

Les seliHot auront lieu aux horaires suivants, ne manquez pas ces moments très particuliers qui n’ont lieu qu’en septembre et nous conduisent dans la beauté des fêtes, ils sont profonds et accessibles à tous :

Dimanche 6 Septembre à 9h45 à Ganenou

Dimanche 13 Septembre à 9h à Surmelin

Jeudi 17 Septembre à 7h à Surmelin

Dimanche 20 Septembre à 9h45 à Ganenou

Chavouah tov à chacune et à chacun et un très bon mois de Eloul en attendant les fêtes!

Dîner « Bonnes vacances à vous les post BM! » ce vendredi…

Pour la fin de l’année scolaire, les jeunes prennent le pouvoir !

18h30 – signature de la Mappa spéciale que nous utiliserons spécialement pour simHat Torah

18h45 – office des jeunes, ça va déménager!

19h45 – Kidouch

20h – 21h30 repas et jeux de sociétés

Pas d’inscriptions, mais veuillez prévenir notre rabbin sur f.chinsky@mjlf.org.
Amenez un plat lacté sans viande, un ballon, vos instruments de musique, votre chat et vos meilleur/e/s  ami/e/s !