Sur le pont étroit de la liberté! – 1 – l’étrange épreuve de Selma Baraz (Discours de Kipour)

A l’approche de Yom Kipour, je commençais à avoir me faire pardonner certaines de mes erreurs et voilà qu’avec cette dracha, tout risque de se compliquer… Je vais parler des mères juives !

Je veux vous parler de Selma Baraz z »l. Selma Baraz était une mère juive, comme vous et moi, comme vous aussi Francis. Nous sommes toutes et tous des mères juives.

Selma Baraz avait un secret. À l’âge 91 ans elle l’a révélé en public, elle a bien dû !

Elle a donné au monde un enfant, un beau garçon, et comme toute mère juive elle s’attendait à ce qu’il devienne médecin. ou à la rigueur dentiste, ou même avocat pourquoi pas… Mais son fils, son gentil James a fait un autre choix.

Il a décidé de devenir prof de méditation. Prof de méditation ! C’est à peine mieux que Rabbin ! Et pour couronner le tout, il a même crée une méthode pour devenir plus heureux « Awakening joy », réveiller la joie. Réveiller la joie !

Quelle mère juive pourrait supporter cela ?

Que pouvait bien faire Selma Baraz dans ces conditions ? Elle a bien dû s’épancher et révéler son secret, en public.

Voici la façon dont elle a ouvert son coeur :

« Mon fils ne vous a pas tout dit de notre relation. Mon fils, a ruiné ma vie. En tant que mère juive, je n’ai jamais pensé que je devrais dévoiler ce secret. Les mères juives sont nées avec certains gènes précieux, qui ne peuvent être acquis, qui peuvent juste être préservés avec beaucoup de précautions, les mères juives sont nées pour se plaindre, on appelle cela kvetching, on trouve toujours une raison de se plaindre, cela aide beaucoup d’avoir un profond soupir, quelques larmes aident également, mais se plaindre, nous devons…

Nous avons une autre qualité, nous nous faisons du mauvais sang pour à peu près tout. Si un enfant ne vient pas, je peux écrire des scénarios sur ce qui a pu lui arriver, des scénarios qu’Hollywood pourrait payer des millions…

Ça a été tellement merveilleux de se plaindre continuellement, d’être inquiète, d’être malheureuse, tout en vivant la vie la plus merveilleuse dont on puisse rêver…

Mais malheureusement avec James, nous avons commencé ce mantra, et chaque fois que je me plaignais, environ toutes les 30 secondes, il m’a dit « pourquoi tu n’ajouterais pas à la fin de chaque phrase « et je sais que je suis absolument heureuse » et nous avons commencé ce jeu et il fonctionne vraiment ! Je le fais ! Je fais cela chaque fois que je me plains et je suis vraiment devenue – oh cela me fait mal de le dire – je suis effectivement devenue une personne plus heureuse ! Je viens de vous délivrer ce terrible secret, mon fils, James, a ruiné toute ma vie. »

Selma est une bonne mère juive. Une très bonne mère juive. A trois niveaux. D’abord, elle respecte la tradition. Elle se plaint, comme elle le doit. Mais ensuite, elle a de l’humour. Elle a du recul vis-à-vis de sa tendance à râler. Et enfin, elle est capable d’évoluer, de faire téchouva.

Mais le discours de Selma Baraz met en lumière un phénomène très important : Le bonheur a un prix.

La liberté a un prix.

Ce prix est un prix élevé.

Devenir plus heureux représente un sacrifice !

La liberté, c’est le choix de traverser, de passer sur l’autre rive, on court le risque du vertige, du vide, en dessous, qui pourrait nous aspirer…

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Pour commencer, ouvrir les yeux… Roch hachana 5776

Aujourd’hui, nous faisons le compte de nos réussites de l’année et le compte de nos erreurs.

Nous classons chaque acte, nous le plaçons sur le plateau d’une balance.

L’un des plateaux est celui de la vie, l’autre plateau est celui du malheur.

Cet acte s’inscrit-il du côté du bien ou du côté du mal ? Et celui-ci ?

Si à la fin de ces journées de Roch hachana, la balance penche vers le bien, nous serons inscrits dans le livre de la vie et de la justice. Si la balance penche du côté du mal, nous serons inscrits dans le livre de la mort.

—

Est-ce aussi simple ?

J’examine mes actions et je m’interroge. Je prends pour exemple un incident récent et je me questionne. Se range-t-il sur le plateau du bien et de la vie ? Se range-t-il sur le plateau de la tristesse et du malheur ?

Je me sens comme un vase brisé. Un vase qui contenait toute la lumière et l’espoir de faire le bien, et je suis maintenant dans la confusion. Quelle est cette fêlure qui laisse échapper ma lumière ?

—

Et cela me rappelle cette histoire, que m’a racontée mon amie Myriam. Myriam travaille avec des femmes victimes de violences conjugales, et aussi avec des auteurs de violences.

C’est l’histoire d’un porteur d’eau, qui porte sur ses épaules de l’eau pour désaltérer toute sa famille. Un grand bâton posé sur ses épaules retient deux vases, l’un à gauche, l’autre à droite, et chaque jour le porteur d’eau va jusqu’à la rivière, remplit ses vases, ramène l’eau chez lui.

La veille de roch hachana, l’un des vases, celui de droite, décide de partager sa peine avec le porteur d’eau. Le vase engage le dialogue et lui explique qu’il est conscient de son imperfection, il est fêlé et laisse échapper une partie de l’eau précieuse. Une partie des efforts de l’homme semble perdue par sa faute. Quel dommage, que toute cette eau perdue à cause de lui. En cette veille de Roch Hachana, le vase est attristé de poser son imperfection comme une faute dans le plateau de ses erreurs de l’année.

Le porteur d’eau remercie le vase de son souci de bien faire, de sa conscience des enjeux, de son altruisme, et l’invite à observer plus attentivement le chemin de la rivière à la maison.

Le matin suivant, en revenant de la rivière, le vase droit découvre que le bord droit du chemin est couvert de fleurs.

Avez-vous deviné pourquoi ?

Maintenant que le vase brisé comprend les conséquences positives de son imperfection, où va-t-il placer la fuite d’eau ? Cet acte se range-t-il sur le plateau du bien et de la vie ? Se range-t-il sur le plateau de la tristesse et du malheur ?

Comme le vase brisé, nous sommes soucieux des enjeux, nous voulons bien faire, nous aimerions être parfaits. Et nous sommes pétris de croyances : la perfection consiste à ne laisser échapper aucune des gouttes d’eau dont nous avons la charge. A travers cette croyance, c’est notre volonté de bien faire, mais aussi notre ego et notre orgueil qui parlent.

Nous avons beaucoup de croyances et certaines ne nous aident pas.

Lorsque nous nous désespérons d’être des vases fêlés, nous n’avons plus le courage d’ouvrir les yeux pour voir plus loin, pour nous permettre de rêver aux conséquences positives possibles.

Le « gam zou létova » nous échappe.

Nous ne voyons qu’un aspect de la réalité : l’eau qui s’enfuit du vase, s’écoule, elle ne sera pas bue par l’homme. Nous ignorons l’autre aspect : l’eau qui s’enfuit du vase, arrose, elle nourrit la beauté de la nature. Le vase fermé est-il imbu de sa perfection ? Le vase brisé sombre-t-il dans le désespoir ?

Paul Tillich disait qu’il lui semblait que son rôle était de permettre à ceux qui croient de douter et à ceux qui doutent de croire.

Le Talmud nous demande d’avoir dans nos poches deux papiers.

Dans la poche gauche, le verset « je ne suis que cendre et poussière » dans la poche droite la parole « le monde entier a été créé pour moi ».

L’idée est de trouver notre équilibre, de nous inciter à l’humilité lorsque nous sommes remplis d’un sentiment de perfection et de nous encourager lorsque le doute nous envahit.

Nous sommes à la fois des vases brisés et des vases fermés.

Parfois nous sommes le vase brisé qui se désespère parfois nous sommes l’autre vase celui qui se croit parfait, parfois nous sommes le porteur d’eau qui sait tirer parti de la réalité, et parfois nous sommes la rivière prête à abreuver chacun, parfois nous sommes les enfants et nous sommes satisfaits de l’eau reçue ou frustrés de l’eau d’arrosage, et parfois nous sommes les fleurs qui poussent le long du chemin, parfois nous sommes l’eau elle-même, et souvent nous sommes tout cela. Un peu comme le dit Fritz Perls, pour qui chaque personnage du rêve représente le rêveur lui-même.

Parfois, nous sommes simplement des individus qui aiment les histoires qui ouvrent nos horizons.

—

J’examine mes actions et je m’interroge. Je prends pour exemple un incident récent et je me questionne. Se range-t-il sur le plateau du bien et de la vie ? Se range-t-il sur le plateau de la tristesse et du malheur ?

Peut-être qu’aujourd’hui je vois les conséquences négatives ? Peut-être que demain j’aurai construit d’autres pensées et d’autres actions qui donneront à cet acte un aspect positif ?

A Roch hachana, je ne fais pas que classer les actions du passé, je leur donne des conséquences. Telle erreur peut me permettre une remise en cause qui apportera beaucoup de bien autour de moi, telle souffrance peut me donner une profondeur qui me permettra de mieux me comprendre et de mieux comprendre les autres.

Mais pour que je puisse apprendre, il y a un prérequis : la parole. Si le vase brisé n’était pas sorti de sa culpabilité silencieuse, jamais il n’aurait pu comprendre les bénéfices de son imperfection.

Si nous ne partageons pas le sentiment que nous inspirent nos faiblesses à Roch Hachana, comment saurons-nous ce qu’elles signifient vraiment pour nos compagnons sur le chemin de la vie ?

Partage ton sentiment avec ton prochain et tu ne porteras pas de faute (Lev.19)/ Aime ton prochain comme toi-même.

Ah si seulement nous avions conscience de l’étendue de notre ignorance !

La tradition nous incite à être humbles comme Moïse notre maitre. L’humilité ce n’est pas l’auto-flagellation, dans un sacrifice de souffrance. L’humilité c’est offrir ce que nous sommes, accepter et partager ce que nous sommes pour permettre aux autres d’apprécier simplement ce que nous sommes capables d’offrir.

Trouver une meilleure place à ce que nous sommes. Car il faut de tout pour faire un monde. Personne dans la vie ne choisit sa couleur. Il y a un temps pour tout, un temps pour planter et un temps pour arracher, un temps pour la joie et un temps pour la peine, comme le dit kohelet.

Chacun a sa place dans le monde, et le monde a besoin de toutes nos qualités, qui peuvent sembler contradictoires, juste parce qu’elles sont adaptées à des solutions différentes.

L’influence de nos actes est systémique.

Je choisis ce que je dis ce soir, vous choisissez ce que vous voulez en faire dans vos pensées et dans vos vies, vous pouvez choisir de m’en parler à votre tour, et je peux choisir de m’en inspirer pour aller plus loin encore. Vous pouvez partager ces pensées autour de vous, ou les laisser grandir en vous, vous pouvez les critiquer, vous construire avec elles ou contre elles, vous pouvez les oublier.

Si le porteur d’eau sème des graines du côté où l’eau échappe au vase, le bord de la route sera fleuri.

C’est la nature des vases que d’être brisés, c’est la nature des êtres humains que d’être imparfaits, brisés, réparés, reconstruits, raccommodés.

C’est le but de Roch Hachana de nous inviter à démonter les morceaux et à les recoller.

Démonter et recoller ce qui se trouve en nous, nos émotions, nos aspirations « positives » ou « négatives ». Toutes ont leur rôle. Tu aimeras l’Eternel בכל לבבך, avec toutes les parties de ton cœur.

Roch hachana nous invite à examiner chaque événement de l’année écoulée, à le soupeser, à en examiner la nature, à en évaluer les défauts et le potentiel.

Ce jour nous invite à examiner notre place sociale, celle que nous attribuons à nos proche dans notre vie, pour trouver la meilleure façon de contribuer à leur bonheur et pour les aider à contribuer au nôtre. Pour nos proches et nos moins proche, et aussi pour ce qui est de notre engagement dans la cité.

Que sommes-nous, qu’est-ce que notre vie, notre force, notre sagesse ? Mais nous sommes les enfants de ton alliance (prière du matin).

Nous ne savons pas encore ce qui repose sur lequel des plateaux de la balance de la vie et du bien ou de la détresse et du malheur. Nous avons 9 jours pour en décider. Jusqu’à Kipour.

La tradition nous demande de considérer que notre balance personnelle est équilibré, une seule de nos bonnes actions peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Nous considérons que la balance du peuple juif est équilibrée, une seule de nos réévaluations peut faire pencher la balance de tout le peuple vers le bonheur ou le malheur. La balance de la création toute entière est équilibrée, un seul de nos actes peut faire pencher la balance du monde.

Ce même acte nous permet de faire pencher la balance à tous les niveaux, d’être bons à la fois pour nous-mêmes et pour autrui. Tout est systémique.

Que nos efforts permettent à nos proches de tirer le meilleur de l’année à venir.

Puissions-nous nous-mêmes tirer le meilleur des événements de l’année qui s’annonce.

De même que nous avons découvert des pensées qui échappaient totalement à notre conscience par le passé, que nous découvrions cette année tout ce qui peut nous permettre de trouver notre meilleure place dans la société, de trouver la meilleure place intérieure à nos qualités et à nos défauts, à nos plénitudes et à nos brisures, et aux plénitudes et aux brisures de nos proches.

Que, comme dans l’histoire du Maguid de Doubnov, la brisure du diamant soit retravaillée pour devenir une gravure précieuse.

Que nous nous retrouvions, dans un an, le soir de Roch hachana, emplis de la satisfaction de nos réussites et de l’espoir de devenir meilleurs encore.

Chana tova,

Rabbin Floriane Chinsky

Célébrer nos réussites avec Rachi, samedi 5 septembre…

La Torah, c’est avant tout la torah orale!
Comment lire le pentateuque sans Rachi?
L’idée d’étude elle-même est celle du questionnement du texte, de la façon dont nous interrogeons le texte ainsi que la façon dont le texte nous interroge.

Ce cours nous permettra de nous pencher sur ce qu’est la célébration mais aussi sur sa signification et la façon dont les perspectives de célébration nous propulsent vers l’avenir.

La Torah elle l’une des anciennes sagesses humaines, et une fois de plus elle nous prouvera sa pertinence et sa modernité…

5 septembre – Ki Tavo – Vous pouvez télécharger la feuille de sources ici:  1 Rachi ki tavo célébrer

Au plaisir de vous retrouver pour une nouvelle année d’étude!

(Retrouvez l’ensemble des cours ici: https://poursurmelin.wordpress.com/cours-torah/coeur-du-texte/)

Eloul nous a rejoints, Hodech Tov à toutes et à tous!

Nous avons devant nous un bon mois pour nous préparer au renouveau de Tichri

Le début du mois juif correspond à la renaissance de la lune. Les mois juif « Hodech » fait racine commune avec le mot « Hadach » qui signifie « nouveau ». En ce premier Eloul, le nouveau mois s’installe, et il amène avec lui les préparatifs du mois prochain : Le mois de Tichri. Dans un mois, nous célébrerons le grand renouveau de l’année juive, la régénération de notre rythme de vie, nous inaugurerons l’année 5776. En ce jour de Roch Hodech Eloul, de « tête du mois » de Eloul, nous commençons à nous préparer à Roch Hachana, la « tête de l’année ». C’est en ce jour du début de Eloul que les messagers partaient pour annoncer la date de Roch Hachana à l’époque du temple.

Cette année, Roch Hodech Eloul coïncide avec la fin des vacances pour beaucoup d’entre nous. En préparant la rentrée scolaire et professionnelle, nous faisons également les préparatifs de l’année juive qui reprend en beauté.

Chacun commence à se poser la question : Qui nous rejoindra aux offices de Roch Hachana et Kipour ? Que faire pour que les enfants prennent la mesure de ce grand moment de spiritualité et de réflexion juive ? Comment contribuer à notre bien-être au cours de ces fêtes, de quelle façon souhaitons-nous qu’elles nous portent vers un renouveau ? Et nos familles, et nos communautés, de quelles façons vont-elles bénéficier de cette nouvelle pulsation du temps juif ?

Certains vont prévoir un seder communautaire familial, d’autres des activités pour leurs enfants, nous voudrons peut-être participer au seliHot pour soutenir notre évolution personnelle ou vivre une expérience communautaire, ou lire quelques textes d’étude.

Dés chabbat prochain, nous pourrons partager ces questions ensemble.

Pour initier nos enfants au sens des fêtes, deux articles sont disponibles sur le site « poursurmelin » :

  1. 1 Embrasser le passé, Chérir l’avenir – pédagogie de Roch Hachana

2 Téchouva pédagogique!

Si vous n’êtes pas encore inscrits aux fêtes de tichri, contactez dés que possible le secrétariat de Beaugrenelle car notre synagogue se remplit très vite !!!!:

Par ailleurs, vous pouvez déjà commencer à vous imprégner des fêtes de tichri, voici un petit site dédié avec une page spéciale « chants » : http://tichri.org/chants-chorale/

Les seliHot auront lieu aux horaires suivants, ne manquez pas ces moments très particuliers qui n’ont lieu qu’en septembre et nous conduisent dans la beauté des fêtes, ils sont profonds et accessibles à tous :

Dimanche 6 Septembre à 9h45 à Ganenou

Dimanche 13 Septembre à 9h à Surmelin

Jeudi 17 Septembre à 7h à Surmelin

Dimanche 20 Septembre à 9h45 à Ganenou

Chavouah tov à chacune et à chacun et un très bon mois de Eloul en attendant les fêtes!

Dîner « Bonnes vacances à vous les post BM! » ce vendredi…

Pour la fin de l’année scolaire, les jeunes prennent le pouvoir !

18h30 – signature de la Mappa spéciale que nous utiliserons spécialement pour simHat Torah

18h45 – office des jeunes, ça va déménager!

19h45 – Kidouch

20h – 21h30 repas et jeux de sociétés

Pas d’inscriptions, mais veuillez prévenir notre rabbin sur f.chinsky@mjlf.org.
Amenez un plat lacté sans viande, un ballon, vos instruments de musique, votre chat et vos meilleur/e/s  ami/e/s !

Le sourire de Bonna ne disparaitra jamais

Bonna Devora Haberman, fondatrice de Women of the Wall, est décédée avant hier. Pour ceux qui souhaiteront faire connaissance avec son oeuvre, sa mémoire sera une bénédiction.

Avatar de Floriane ChinskyLiberté juive

Il doit y avoir quelque part une source secrète.
Toute personne qui s’y abreuve trouve le sens de sa place dans le monde et la sérénité dans son rapport à l’autre, aux autres, aux atrocités du monde, à ses beautés.

Je pense que c’est dans cet endroit de félicité que Bonna est allé chercher ce grand sourire gourmand irrésistible qui semblait toujours vous dire que votre présence et ce moment était un délice.
« Accueille tout l’humain avec un visage bienveillant »

Ce sourire qui alternait avec un visage sérieux et concentré, concerné par les souffrances et les injustices auxquelles elle s’adressait.
Ce qui était, était et ce qui devait changer, le devait.
A partir de ce constat, les limites de l’impossible dans la pensée disparaissait.
J’imagine que les collines bondissaient comme des béliers, les montagnes comme des agneaux.
Ce qui était possible au delà de nos croyances se réalisait.

Voir l’article original 462 mots de plus

Sur un pied… Une série de vidéos sur la paracha de la semaine

Bonjour à tous,
Vous l’avez vu sur la page facebook du MJLF-est: Nous avons désormais une vidéo hebdomadaire qui permet de s’interroger sur la paracha de la semaine…
La playlist est disponible ici, sur ce lien.

Voici la vidéo de lancement, bonne écoute, et partagez vos commentaires!

L’antichoa

Yom Hashoa. Le jour de l’extermination.

Aujourd’hui, ce 15 avril 2015, ce 26 nissan 5775, nous sommes ici, nous sommes vivants, nous sommes ensemble, nous sommes debout face au passé.
Je suis ici en tant que française, au premier plan de cette extermination des enfants français, perpétrée par un gouvernement français, commémorée dans ce square du XXe arrondissement.
Je suis ici en tant que juive, en tant que Rabbin, qui tente d’accueillir les blessures des rescapés, des enfants de rescapés, et notre blessure dans notre besoin de sécurité, notre terrible perte en termes d’identité, en tant que personne qui essaye d’aider à réparer un peu le vide identitaire.
Je suis ici en tant qu’humaine qui s’interroge : Que peut-être l’humanité après la choa ? Que reste-t-il de nous ? Ce poids du passé nous attire vers la terre, nous attire vers le gouffre. Il continuera à nous attirer jusqu’à ce que nous l’ayons résorbé.
Les événements du monde d’aujourd’hui, les génocides du 20e siècle et ceux qui se déroulent en ce moment même nous le crient en face : le poids de la choa n’est pas résorbé, le trou noir créé par cette arme de destruction massive de l’humanité est encore là et nous attire à lui.
Et pourtant nous sommes là, et nous sommes ensemble, et nous sommes debout, et ceci est un acte d’une très grande puissance, c’est un très grand remède, un puissant signe d’espoir, le début d’une route vers la lumière. Le début.

Le programme du régime nazi était de détruire l’identité juive. Il a réussi à précipiter l’humanité dans le gouffre.
En s’attaquant à des enfants, le nazisme s’est attaqué à l’enfance toute entière.
En s’attaquant à des humains dans leur droit à la différence, le nazisme a détruit l’humanité.

Car le propre de l’humain, c’est la différence.
L’humain n’est pas un robot, son identité n’est pas une égalisation. Quand des humains se réunissent, ils forment un groupe d’individus, pas un corps, pas une totalité dans laquelle l’humain devrait se fondre, se dissoudre, disparaitre en fumée.
En réduisant des êtres humains, des enfants, à une chose qu’on peut brûler, Hitler a nié cette chose en plus qui nous anime et qui fait de nous plus des objets. Il a voulu nous fondre en un seul monstre dont il aurait la tête, unis dans l’adoration et dans la terreur.

Le nazisme ne s’est pas attaqué à n’importe quelle identité.
Il s’est attaqué au judaïsme.
En faisant cela, il touchait le point sensible de toutes les identités « autres ».
Le judaïsme, sagesse minoritaire en occident comme en orient, représente de tout temps l’altérité, l’Autre, Celui qui est solidaire, mais pas identique, celui qui ne se laisse pas convertir. Le judaïsme est l’autre dans l’espace.
Le judaïsme, sagesse antique, est également une tradition mère pour la chrétienté et pour l’Islam. Il représente le temps, l’histoire, la paternité, la filiation. La tentative d’assassinat du peuple juif, c’était un parricide. Le judaïsme est l’autre dans le temps.

Le judaïsme est un fervent défenseur de l’individuation.
Le symbole juif de la filiation, le symbole juif de la liberté et de l’indépendance de nos enfants, c’est la circoncision.
Par la circoncision, nous affirmons que nous sommes plus que nos corps, c’est nous qui façonnons notre être. Notre liberté va jusque-là.
Par la circoncision, nous affirmons que nos bébés ne nous appartiennent pas, ils sont avant tout dans l’alliance avec le créateur, ils ne sont pas nos choses, mais des acteurs libres.
J’ai appris récemment que dans l’enfer même des camps, dans le lieu de l’annulation de l’identité, certains déportés ont effectué des circoncisions. Le bébé allait mourir sous la main d’hitler, mais il était vivant et libre. Ces déportés en sursis devaient affirmer que la dignité humaine passe avant tout aucune vie n’est possible sans le droit pour l’individu de choisir qui il veut être, et de pouvoir ainsi faire le choix de la différence.

Alors je demande ce qu’est la choa. Et je sais que je ne peux pas en parler, car je ne peux pas l’appréhender, je n’arrive pas à me représenter ce qu’a pu être ce gigantesque assassinat programmé, et si j’y arrivais, je sais que je ne pourrais plus me tenir debout.
Et, je me tourne vers la question inverse : Qu’est-ce que l’anti-choa.

La choa, c’est la hiérarchisation des races. L’anti-choa, c’est dire que nous vallons tous autant.
La choa, c’est la volonté d’égaliser l’humain. L’anti-choa, c’est valoriser le génie propre de chacun.
La choa, c’est la terreur. L’anti-choa, c’est la paix et la liberté.
La choa, c’est la théorie du bouc émissaire, c’est dire c’est la faute des autres. L’anti choa, c’est quand j’assume mes responsabilités.
La choa, c’est nous considérer comme les bons et les victimes, l’anti choa, c’est nous considérer comme des acteurs responsables.
Car oui, les nazis ont pu faire croire à de nombreux citoyens qu’ils étaient les victimes, et qu’attaquer des femmes et des enfants, des artisans et des médecins, et les assassiner constituait une légitime défense.
La choa, c’est détourner le regard, l’anti choa, c’est voir en face le risque du mal, même quand il est en nous, et le canaliser.
La choa, c’est dire qu’un être humain ne vaut rien, l’anti-choa, c’est donner à chacun le sens de sa dignité.
La choa, c’est monter les uns contre les autres, les aryens contre les juifs, les collaborateurs contre la population. L’anti-choa, c’est travailler les uns avec les autres, c’est travailler là où notre action est bénéfique pour tout le monde.
La choa, c’est la confusion, l’anti choa, c’est la liberté d’être, la sagesse d’accepter les générations, la distinction.

L’anti choa, c’est t’aimer parce que tu n’es pas moi, c’est faire confiance à ta liberté.
Car, comme le dit ce proverbe qui reprend l’article 4 de la déclaration des droits de l’Hommes de 1798 : la liberté des uns commence là ou s’arrête celle des autres, il faut des limites.
La liberté exige des limites. Mais pas les limites du totalitarisme, pas les limites patriarcales « travail, famille, patrie ». Des limites qui libèrent, celle qui fondent le contrat social, « liberté, égalité, fraternité ».

Ainsi, je veux également dire que la liberté des uns commence là où COMMENCE celle des autres. Si ta liberté ne commence pas, la mienne est en danger, car celui t’oppresse me menace également.

Ce jour est celui de la commémoration.
La Choa a été une perte indicible pour le peuple juif, une atteinte dans nos corps, dans nos familles, dans notre dignité, dans notre identité, dans nos croyances, car comment croire en Dieu et comment croire en l’humanité après un tel chaos ?
Merci d’être là avec nous, votre amitié nous soutient dans notre humanité que nous devons continuer à cultiver en cette époque de violence.

Merci du fond du cœur, a notre maire du 20e, Madame Frédérique Calendra qui a permis à cette commémoration d’avoir lieu ici cette année encore, merci à Florence de Massol qui la représente ici, merci aux représentants des religions bouddhistes catholique musulmanne protestante et adventistes, merci aux communautés juives libérales, massorti et orthodoxes qui sont avec nous et merci aux représentants des associations et en particulier de la LICRA. Merci du fond du coeur à Marc Wluzcka qui a porté cet événement à bout de bras, ainsi qu’à tous ceux qui ont contribué à l’organisation.

La choa a été un renversement de l’identité humaine, merci à tous, de nourrir cette humanité par le courage face au passé, ici, au square Edouard Vaillant, en l’année du centenaire de sa mort, en ce lieu symbolique, en ce temps symbolique.

Un jour, il le faut, la choa nous semblera lointaine, toutes ses conséquences seront neutralisée, toutes les idées qui l’ont amenée seront réfutées, les sentiments qui l’ont permise n’existeront plus.
La braise des génocides sera éteinte.
Ce jour, nous fêterons ensemble notre libération en tant que juifs, oui, et en tant que Français, oh oui ! et en tant qu’humains.
D’ici-là je formule le vœu que nous soyons toujours plus nombreux, ici, square Edouard Vaillant, en ce jour, le jour de Yom Hashoa, pour prendre la mesure de cette horreur qui a voulu réduire 6 millions de personnes à une condition d’objet, qui a nié la conscience qui fait de chacun de nous un être humain. Cultivons toujours cette conscience.

Houlin – Traduction du texte sur le lait et la viande

Houlin bassar béHalav

Houlin bassar béHalav

5 ingrédients pour la recette de votre seder…

Quels seront les ingrédients de votre seder? De la pensée? De la tradition? De la pédagogie? Du midrach? De la projection vers le futur? Un peu de tout cela? Voici quelques documents à télécharger et à utiliser à votre convenance…

Bons préparatifs!

1 – textes de pensée et d’explications:

Ouvrir la porte à l’inattendu            André Néher, L’Exil de la parole p.58 et s.
Description du plat du Seder          Léo Cohn
Alors seulement assez pour nous !        Edmond Fleg
Renoncer au Hamets, renoncer à la violence      Floriane Chinsky
14 étapes pour une libération            Floriane Chinsky
Tout ce qui me suffit         Floriane Chinsky

Vous pouvez télécharger ce document à imprimer sur ce lien: pensées pour pessaH

2 – texte de la hagada

Sur le lien suivant: telecharger ici

3 – un document en translittération pour que chacun puisse suivre:

Chants du seder

4 – un midrach illustré: différentes visualisations des 4 enfants à imprimer pour que vos invités de tous âges et de toutes origines puissent discuter des différences entres les êtres humains et également de nos points communs:

4-enfants

5 – un tableau pour compter le Omer et avancer pas à pas jusqu’à Chavouot

compter le omer