A-t-on le droit d’exister même quand on est « immoral » ?

Berechit Rabba paracha 5  et 8

A-t-on le droit d’exister même quand on est « immoral » ?

Les religions peuvent parfois nous culpabiliser, mais ce n’est pas obligatoire. Avons-nous besoin d’être parfaits pour être acceptables et pour être libres ? Devons-nous être « grands » pour être entendus ? La réponse doit être négative, car si nous attendons d’être parfaits pour nous exprimer, nous resterons silencieux. Pour autant, devons-nous rester enfermés dans nos limitations ?

Le talmud nous invite à accepter où nous en sommes, tout en nous projetant vers une meilleure version de nous-mêmes.

Nous verrons donc dans notre sougia de mercredi prochain comment le midrach présente les conditions de l’existence de l’Homme et l’importance de sa mise en mouvement.

(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci. )

Pour nous rejoindre au café des Psaumes ce mercredi de 12h30 (accueil à 12h) à 14h , contactez Paule sur facebook ou répondez à cet article en commentaire.

Rabbi Simon a dit quand HKBH est venu pour créer adam harichon les anges du service se sont constitués en partis et en groupes certains disent qu’il ne soit pas créé d’autres disent qu’il soit créé c’est ce qui est écrit la grâce et la vérité se sont rencontrés la justice et la paix se sont embrassés la grâce a dit qu’il soit créé car il pratique le gmilout hassadim= le don gracieux la vérité a dit qu’il ne soit pas créé car il n’est que mensonges la justice a dit qu’il soit créé car il fait des dons la paix a dit qu’il ne soit pas créé car il n’est que bataille que fit HKBH il a pris la vérité et l’a envoyée à terre c’est ce qui est écrit il envoya la vérité à terre les anges du service ont dit à HKBH maître des mondes comment tu méprises ton sceau que monte la vérité de la terre comme il est dit la vérité fleurira de la terre.

 

Rabbi Chmouel fils de NaHman au nom de Rabbi Yonatan a dit au moment où Moïse a écrit la torah il écrivait la création de chaque jour quand il arriva à ce verset où il est dit et l’Eternel dit faisons adam à notre image et à notre ressemblance il a dit devant lui maitre du monde comment tu donnes une occasion de critique aux sectes il lui dit écris et que celui qui veut se tromper se trompe il lui a dit HKBH Moïse cet humain que j’ai créé je n’en fait pas des grands et des petits que si vient un grand pour demander l’accord d’un plus petit que lui et il dit pourquoi je devrais prendre l’accord d’un plus petit que moi et ils lui répondent apprends de ton créateur qui a créé les élevés et ceux du bas quand il est venu créer l’humain il a été élu par les anges du service.

אמר רבי סימון: בשעה שבא הקב »ה לבראת את אדם הראשון, נעשו מלאכי השרת כיתים כיתים, וחבורות חבורות, מהם אומרים: אל יברא, ומהם אומרים: יברא, הדא הוא דכתיב (תהלים פה): חסד ואמת נפגשו צדק ושלום נשקו.   חסד אומר: יברא, שהוא גומל חסדים.
ואמת אומר: אל יברא, שכולו שקרים.   צדק אומר: יברא, שהוא עושה צדקות.   שלום אומר: אל יברא, דכוליה קטטה.
מה עשה הקדוש ברוך הוא?    נטל אמת והשליכו לארץ, הדא הוא דכתיב (דניאל ח): ותשלך אמת ארצה.
אמרו מלאכי השרת לפני הקב »ה: רבון העולמים!  מה אתה מבזה תכסיס אלטיכסייה שלך?
תעלה אמת מן הארץ, הדא הוא דכתיב (תהלים פה): אמת מארץ תצמח.

רבי שמואל בר נחמן בשם רבי יונתן אמר: בשעה שהיה משה כותב את התורה היה כותב מעשה כל יום ויום, כיון שהגיע לפסוק הזה שנאמר: ויאמר אלהים נעשה אדם בצלמנו כדמותנו.

אמר לפניו: רבון העולם מה אתה נותן פתחון פה  מינים אתמהא?!   אמר לו: כתוב והרוצה לטעות יטעה.
אמר לו הקב »ה: משה! האדם הזה שבראתי לא גדולים וקטנים אני מעמיד ממנו?! שאם יבא הגדול ליטול רשות מן הקטן ממנו, והוא אומר מה אני צריך ליטול רשות מן הקטן ממני?!     והן אומרים לו: למוד מבוראך, שהוא ברא את עליונים ואת התחתונים, כיון שבא לבראת את האדם נמלך במלאכי השרת.

Quel est le prix à payer pour créer l’Humain ? Qu’en pensent les ‘anges’ ? Que symbolisent-ils ici ? Quel exemple donnent-ils à l’être humain ?

Texte à télécharger en cliquant sur le lien suivant: talmud 5777 -2 berechit rabba 8

Réformer la religion aujourd’hui, en judaïsme, en christianisme, en islam

Centre culturel des Terreaux
Centre culturel des Terreaux

En 1517, Luther appose les 95 thèses contre les indulgences sur la porte de la chapelle du château de Wittenberg. C’était il y à 500 ans. A l’occasion de cet anniversaire, le monde protestant organise différentes manifestations et festivités. A Lausanne, la série de rencontre prévues a été inaugurée ce soir dans une perspective plus large, permettant d’intégrer les réflexions de l’Islam à travers l’intervention de Haoues Seniguer, de la sociologie avec Philippe Gonzalez, et du judaïsme que j’ai eu la chance de représenter.

Les rencontres extérieures sont une occasion de retravailler nos idées et notre vision, elles permettent de garder le lien entre notre communauté et le monde extérieur. Ainsi, les enseignements que nous développons ne tournent pas en vase clos, au contraire, ils se frottent et s’affutent, s’enrichissent et se développent dans la discussion. Une maHloquèt à grande échelle, qui nous permet de préserver l’articulation entre d’une part notre particularisme, notre identité propre et d’autre part notre sensibilité universelle.

Pierre Gisel, Théologien, chercheur et auteur était le modérateur des débats. Il a introduit le propos en distinguant les réformes internes, mises en oeuvre par l’un ou l’autre groupe, des réformes externes, celles qui peuvent lui être imposées de l’extérieur. Il nous a invité à relire notre propre histoire, à parler des réformes qui ont eu lieu au sein des différentes familles religieuses, et réfléchir à « l’articulation d’une tradition au présent historique » ainsi qu’à l’ « articulation au monde, au social et à la culture de tous ».

Dans ce cadre, j’ai eu l’occasion de prendre la parole pour une vingtaine de minutes et d’évoquer la signification du mot « réforme » et de souligner le caractère drastique de cette notion, par comparaison à d’autres concepts comme le changement ou l’évolution organique. J’ai souligné qu’une réforme entame généralement le début d’une religion nouvelle, comme le christianisme a pu se revendiquer d’une réforme du judaïsme, créant un « nouveau testament » initialement prévu pour remplacer l' »ancien ». De la même façon, la réforme protestante a été le commencement d’une nouvelle façon d’aborder le christianisme. Par opposition, on peut s’interroger sur les évolutions vécues par la tradition juive au cours de son histoire. Il est intéressant de rechercher factuellement quels ont été les grands points d’évolution, il est également important de noter ce que le judaïsme dit de ces changements, la façon dont il les raconte.

D’un point de vue de l’histoire antique d’Israël, qui se confond avec une histoire symbolique, nous parlons sans cesse de voyages et d’évolutions. TéraH quitte Ur, Abram et Saraï quittent Haran, ils changent eux-mêmes de nom pour devenir Abraham et Sarah. Les changements identitaires sont intégrés dans l’histoire mythologique du peuple juif.

Nous passons ainsi d’une tradition patriarcale-nomade à une identité d’esclave et d’oppression en Egypte, puis un voyage dans le désert, puis une rencontre avec une loi, puis une période de 40 ans de construction et de confrontation avec cette loi autour d’un temple portatif, puis une période sous la conduite des juges, puis des rois, puis seulement une époque de centralisation religieuse autour du temple, permettant les grands rassemblements des fêtes de pèlerinage. L’exil en Assyrie met fin à la centralité du culte du Temple, dont la destruction est un terrible choc. C’est la prière et l’étude qui prennent le relais avec l’époque des scribes. Ezra et Néhémie reconstruisent le second temple, qui sera à son tour détruit redonnant un rôle renouvelés à l’étude et à la prière comme points focaux de substitution.

Avec la diaspora et les déplacements des juifs au fil des remous de l’histoire, les influences extérieures seront diverses et créeront des branches légèrement différentes au sein du judaïsme, avec l’influence de l’islam en Afrique du nord pour les juifs séfarades et cette du christianisme en Europe pour les juifs achkénazes. A chaque fois, sans qu’il y ait toujours de « réforme » au sens brutal du terme, il y a des adaptations et des formations renouvelées et créatives des modalités de la pratique juive.

L’émancipation des juifs achkénazes suite aux développements de la révolution française et l’intégration des juifs à la société globale a un défi très difficile. Elle a entrainé des évolutions d’abord assez brutales des modalités de l’être juif au XIXe s. La première de ces modalités a été la disparition pure et simple avec l’assimilation et la perte identitaire, dans une société globale peu ouverte à la diversité. D’une façon très schématique, on pourrait dire également qu’un courant libéral a œuvré pour une adaptation express du judaïsme alors qu’un courant orthodoxe en a pris un contre-pied drastique. Ces courants se sont globalement rapprochés aujourd’hui, tout en gardant leurs différences. La re-création de l’État d’Israël et la Choa ont également été des tournants majeurs dans la façon dont les juifs définissent leur identité.

On voit ainsi que l’histoire du judaïsme, autant son histoire « historique » que son histoire « mythique », intègre des évolutions et des métamorphoses, toutes raccordées par le fil rouge d’une revendication de continuité et par la fidélité à des textes qui restent centraux même lorsque leur interprétation varie.

Il aurait été intéressant de détailler ensuite les outils que le judaïsme a pu utiliser pour intégrer ces changements, de parler de l’installation de YoHanan Ben Zakaï ou des Makabim, de mentionner la rédaction de la Torah orale et ses implications, de noter les outils hilHatiques qui permettent de prendre en considération les évolutions du temps. J’aurais aimé également faire le point sur le judaïsme actuel et sur ce qui faisait la vitalité mais aussi parfois la rigidité du judaïsme en France.

Il était temps d’entendre  le sociologue Philippe Gonzalez. Il a entre autre souligné que les fondamentalismes étaient des réformes « modernes et anti-modernes », fondées sur le rejet de la critique historique qu’ils considèrent comme la cause de la perdition de la famille et par conséquent l’affaiblissement général du groupe, qui doit retourner à sa grandeur en conformité avec un grand destin qu’il doit accomplir en tant que groupe « élu ». Pour lui, le désinvestissement de l’Etat dans le religieux entraîne une baisse des moyens et rend difficile la formation de personnes qui ont réellement le temps de penser, favorisant l’émergence de visions rentables à court termes, d’une simple continuation du passé sans projection vers l’avenir. C’est ainsi une « religion de marché » qui apparait, et qui doit être plus concurrentielle qu’inspirante, ceci étant vrai dans les différentes familles religieuses comme dans la recherche fondamentale et l’université. Pour finir, il a rappelé les différents moteurs de la réflexivité: 1 – la tradition fait face à ses réalités historiques et à sa diversité interne; 2 – elle accepte d’être confrontée à la critique historique; 3 – le débat interreligieux contribue à sa prise de recul; 4 – le contact avec l’Etat et 5 – avec la société civile l’invitent à se remettre en question. Selon lui, les religions ont un rôle fondamental à jouer du fait de leur préoccupation du bien commun qui est trop souvent délaissé au profit de visions purement individuelles.

Haoues Seniguer a ensuite pris la parole. Il a brièvement retracé l’histoire des réformateurs de l’islam. Il a noté que la réforme de l’islam était souvent présentée comme la solution ultime de tous les problèmes en France, ce qui est bien sur illusoire. La violence des attentats ne devrait pas pousser à une pression de réforme sur l’islam, qui ne peut évoluer que de l’intérieur. La radicalisation a pour sens premier le fait de « revenir à la racine », ce qui n’est pas intrinsèquement problématique. Pour lui, le Djihadisme est un problème en soi mais reflète surtout l’absence de réflexivité en islam. Se pose la question du statut du texte coranique. Depuis le 7e siècle existe la possibilité d’une prise de recul qui est réactivable, permettant une historicisation et donc une relativisation, une avancée éthique qui peut permettre à chacun une plus grande liberté. Différents courants de réforme coexistent dans l’islam, un courant qui intègre la critique historique, un courant qui distingue ce qui est évolutif de ce qui est immuable avec toute la difficulté de la définition de cet immuable, un courant qui reviendrait à remettre en cause la parole de Dieu, des courants qui veulent revenir aux débuts de l’islam, soit pour les reproduire à l’identique, soit pour les retraduire au présent.

La discussion a pu continuer, à la fois entre les intervenants et avec le public, permettant de donner diverses précisions et de poursuivre notre réflexion concernant notre capacité à prendre du recul vis-à-vis de nos croyances pour pouvoir les examiner non seulement avec notre propre regard, mais aussi pour comprendre ce qu’elles signifient pour autrui.

 

 

La mort, notre dernière transmission – Cycle « Culture Juive » mardi 15 novembre

Synagogue de Bordeaux- Tableau du souvenir
Synagogue de Bordeaux- Tableau du souvenir

Réflexion personnelle accompagnée par les sources juives
et par notre collectif d’étude (2016-2017)
Séminaire Culture J d’automne.

La mort, est notre dernier acte sur terre, notre dernier passage, notre dernière transmission.
Nous vivons nécessairement avec la connaissance de notre fin prochaine. Nous hésitons souvent à parler de la mort, parfois nous nous empêchons d’y penser, sans jamais pouvoir la repousser.
On peut être tenté d’opérer un cloisonnement de la pensée ou des émotions. Ce genre de stratégies a un coût : Il nous coupe d’une partie de nous-mêmes. Notre tradition propose au contraire d’opérer des séparations d’un autre ordre, en délimitant des principes et des cadres protecteurs, qui nous aident à faire face.

Où ? Synagogue Surmelin, 24 rue du Surmelin, 75020 Paris
Quand ? 4 mardis soirs en novembre et décembre (15/11 ; 22/11 ; 29/11 ; 6/12) de 20h (accueil 19h30) à 21h30.
Inscription doodle : http://doodle.com/poll/rz2reivs5ifxn3wp ; Informations: brigitte.becache@gmail.com

A tout âge, nous voyons des endeuillés monter à la téva et recevoir le soutien de la communauté, en grandissant, nous pouvons nous ouvrir à l’étude des sources juives concernant les lois du deuil, par la suite, nous nous engageons auprès des malades, nous soutenons les endeuillés, et enfin, nous proposons à nos enfants un accompagnement particulier lorsque nous approchons de notre fin, avant leur indiquer de quelle façon nous souhaitons qu’ils continuent à faire vivre notre mémoire.
Lors de ces 4 sessions de séminaire, nous réfléchirons ensemble à ces différentes facettes, qui nous aident à nous confronter au paradoxe de la vie et de la mort.
Ce séminaire sera un séminaire en petit comité, qui se tiendra sur 4 séances consécutives une fois par semaine, en soirée, il comportera des moments d’étude, des moments de partage, et des moments d’introspection, les participants feront preuve de l’ouverture et du calme nécessaire à l’acceptation de l’expression de toutes les attitudes, les positionnement seront des positionnements de réflexions et d’étude, et non pas des prises de positions dogmatiques, autant de la part des participants que du Rabbin.
Nous évoquerons différentes questions dans une perspective concrète, afin que chacun puisse affiner ce qu’il souhaite, et penser à la meilleure façon d’y parvenir.
Nous envisagerons donc les questions suivantes :
• L’importance du soin, protéger la vie
• Le rapport à la douleur/Comment se mesurer à la souffrance
• Être un poids pour soi-même, être un poids pour les autres, conserver le sens de sa vie au maximum
• Les conflits familiaux non-résolus/ Eviter les conflits au moment de l’enterrement
• Le don d’organe et la tradition juive
• Les derniers moments, le chéma israël, le vidouï
• L’enterrement, quelles sont ses fonctions, comment les réaliser
• L’incinération selon la tradition juive
• Parler de la mort à ses enfants, à ses petits-enfants
• Compter pour le monde, « Que notre mémoire soit une bénédiction », « Que notre mémoire soit tissée dans le réseau de la vie »

Chabat Yéladim 1 spécial enfants – ce soir à 18h30!

Accueillir les enfants, tout en progressant et en apprenant d’une façon toujours plus approfondie en tant qu’adultes… Tel est le défi des parents, des grands-parents, de tous les pédagogues et de nos communautés.

Nous relèverons le défi ensemble ce soir pour notre premier « erev chel yeladim » de l’année.

Il est encore temps de venir, de revoir la vidéo, et si vous me prévenez avant ce soir, j’aurai la possibilité de préparer pour un petit cadeau sympathique pour vos petits.

 

 

 

 

 

Ani saméaH

 0-sameah

 

 

Hadélet potéaH

 0-delet

 

 

 

 

 

Ba oréaH

OréaH léchabat

0-oreah

BarouH haba

Toda raba

0-bienvenue

 

 

Chabat chalom

 0-chabat-chalom

 

אני שמח

 

הדלת פותח

 

 

 

 

 

בא אורח

אורח לשבת

 

ברוך הבא

תודה רבה

 

שבת שלום

SimHat Torah toute l’année à Surmelin!

erev-yeladim

Ce dimanche à 18h, nous serons nombreux à célébrer SimHat Torah à Surmelin. Mais au delà de simHat Torah, la fête des enfants, c’est toute l’année!

Les moments de partage avec nos enfants sont sacrés. Ils créent du lien, ils donnent du sens, ils transmettent des valeurs, de la joie et un art de vivre. Partageons avec eux les merveilles de notre tradition, dans un programme parent/enfant ou grands-parents/enfants, riche aussi bien pour les petits que pour les adultes.

Le chabat est un moment d’accueil. Venez partager en famille un merveilleux moment de paix chabatique, une fois par mois, le vendredi soir. Les prières de l’office s’habillent de leurs plus beaux atours pour permettre aux petits et aux grands de chanter, de jouer et d’apprendre. Chants et histoires seront au rendez-vous, pleine de joie pour les enfants, de sens pour les adultes, et de convivialité pour tous. L’office recèlera un petit jeu surprise. Pour préparer votre venue, cliquez sur les liens suivants:

1 -04/11 Ani saméaH – Je suis heureux  / Inviter ses amis

2 – 02/12 Kol adonaï – La puissance de la voix  / Faire entendre sa voix

3 – 06/01 LéHa dodi – Viens, toi que j’aime / Faire des projets ensemble

4 – 24/02 Ossé chalom – Faisons la paix / Créer de nouveaux liens

5 – 24/03 Erev chel yeladim – la chanson  / Se lever, de rassembler

6 – 21/04 Allumons des bougies – léhadlik ner / S’éclairer mutuellement

7 – 26/05 Nétilat Yadaïm et Motsi – Manger ensemble! / Partager

NB : Les textes sont téléchargeables le vendredi précédant le cours. Pour les recevoir directement dans votre boite email, abonnez-vous au site  https://poursurmelin.wordpress.com/

Pour être tenu au courant de façon personnalisée, contactez Sylvie  ou le Rabbin Floriane Chinsky qui vous mettra en relation avec elle.

Kidouch Ivrit 1 – Pour chanter encore…

Merci pour ce beau Kidouch Ivrit!
Nous avons pu échanger en hébreu, et apprendre quelques chants de différents niveaux.
Voici les chants que nous avons appris avec les débutants pour notre premier Kidouch Ivrit!

Notre prochain rendez-vous aura lieu le 3 décembre… En fin d’article quelques liens sympathiques pour réviser!

kidouch-ivrit-1

Pour réviser, voici quelques liens sympathiques:

Kidouch Ivrit! Parlons et chantons en hébreu ce samedi !

chQuelques minutes de fantaisie et de bonheur pour remettre à jour ou mettre en place des bases en hébreu. Il y aura des groupes de niveau, tout le monde est bienvenu, tous les niveaux et tous les âges!

Avatar de Floriane ChinskyDevenir Juif, Devenir Juive

kidouch-ivritOù ? MJLF-est, 24 rue du Surmelin, 75020 Paris
Quand ? Quelques Samedis par mois (15/10 ; 3/12 ; 25/2)
de 12h30 à 13h15 (environ)

L’hébreu est cette langue que nous aimons et que nous pratiquons trop peu. Les cours nous permettent d’apprendre cette belle langue, et beaucoup d’entre nous aimeraient également la pratiquer.
Le Kidouch est un moment de rencontre, et peut-être une occasion de nous parler dans une autre langue que le français, par exemple en hébreu. Cette expérience un peu particulière nous permettra de nous voir sous un angle un peu différent.
Les Pirké Avot nous enseignent que celui qui est timide n’apprend pas, pour avancer, il faut oser se lancer, sans prétention, les plus débutants sont donc les bienvenus. Les plus expérimentés également, qui pourront avoir deux plaisirs : celui de pratiquer entre eux, et celui d’accueillir les débutants.
Humblement, nous partagerons ensuite quelques chants (débutants)…

Voir l’article original 109 mots de plus

La voix de Dieu, c’est l’humanité qui vit en nous – Dracha Kipour 5777

Ce n’est pas exactement ce que j’ai dit à la synagogue mardi soir… Mais c’est bien le texte que j’avais sous les yeux ;-). Encore chana tova à toutes et à tous.

Die20160928_130318u lui-même semble parfois impuissant.
Que dire alors de notre impuissance à nous !

Dieu lui-même laisse commettre en son nom des atrocités inacceptables.
Lorsque des religions se dénigrent et s’assassinent, c’est le nom de dieu lui-même qui est désacralisé.
Quel est le sens de cet apparent « silence de dieu » ?
Comment Dieu lui-elle-même peut-il-elle rester sans voix?

Le traité avoda zara nous raconte à la page 54b une histoire étrange.
Des sages romains ont interpelé des sages d’Israël.
« Si votre dieu ne désire pas l’idolâtrie, pour quelle raison ne l’annule-t-il pas ? »
Excellent question qui nous interpelle à notre époque, où certains se revendiquent de Dieu pour commettre des meurtres.
Les sages d’Israël ont répondu :
« Si les idolâtres prenaient pour objet d’adoration des choses inutiles, Dieu les détruirait, mais ils servent le soleil, la lune et les étoiles, Dieu doit-il détruire la création pour mettre fin aux pratiques meurtrières des hommes ? Le monde se conduit selon ses principes, et les fous qui le détruisent finiront par être jugés. »
La violence ne peut pas détruire le mal, car le mal et le bien sont liés, le soleil et la lune sont puissants, pour cette même raison nous avons besoin d’eux, pour cette même raison certains leurs ont voué dans l’antiquité une adoration idolâtre.
De même, la liberté et l’intelligence de l’homme. La liberté et la créativité des humains sont puissantes pour cette raison nous avons besoin d’eux, même si certains en font un usage destructeur.

Dans l’instant, nous pourrions être tentés de chercher ce que Paul Watslavick appelle une « ultra-solution », une solution si absolue qu’elle semble tout résoudre, alors qu’elle renforce encore le problème.
Dieu pourrait détruire tout ce qui prête à confusion, tous ceux qui se revendiquent abusivement de son nom. Comme nous l’enseigne le talmud, ce serait une ultra-solution. Pour sauver le monde, détruisons-le !
D’autres penchent vers des ultra-solutions de tous ordres : Ceux qui s’imaginent promouvoir la tradition en forçant les juifs à mettre les téfilines (je parle de ceux qui forcent littéralement, il y en a, ainsi que je l’ai appris récemment), ceux qui prônent l’assimilation  pour éviter l’antisémitisme, ceux qui pensent que le repli identitaire nous protégerait, ceux qui prônent la fermeture des frontières pour protéger l’économie etc…

Notre page du talmud continue, les sages donnent des exemples :
Le blé volé devrait-il ne pas pousser ? Le monde poursuit son cours, et les fous qui le détruisent finiront par être jugés, העולם כמנהגו נוהג.

Mais nous sommes un peuple ancien. En plus de 3000 ans, nous avons acquis un savoir, qui nous autorise à une certaine patience. Nous savons ce qu’est le temps. Nous avons vu défiler les civilisations trop pressées qui voulaient conquérir le monde.

Si nous sommes parfois impuissants dans l’instant, dans le temps au contraire, nos efforts sont cumulatifs.
Dans le temps, nous sommes puissants.

Nous nous tournons vers l’année écoulée.

Cette année écoulée, nous la regardons avec fierté, nous savons ce que nous avons accompli, ce que nous avons réussi, combien nous avons su changer le monde en dépit des épreuves. Ces réussites sont des marques de notre puissance. Pour cela, la BraHa, les remerciements s’imposent.

Cette année écoulée, nous la regardons avec humilité, nous savons ce que nous pouvons améliorer, les défauts personnels que nous pouvons combattre, les qualités personnelles que nous pouvons développer, et les collaborations avec autrui que nous pouvons mettre en œuvre, pour qu’ils puissent compenser nos manques, et que nous puissions aider à compenser les leurs. Cette humilité est, elle aussi, l’une de nos forces, une expression de puissance. Pour cela, la téchouva, l’amélioration de soi-même est de rigueur.

Nous sommes puissants car d’année en année et de siècle en siècle nous renforçons un mouvement vers plus d’intelligence, plus d’humanité.

C’est cela le judaïsme. Un mouvement. Un mouvement parmi d’autre, un mouvement qui nous est cher, le nôtre. Un mouvement vers une recherche permanente de nous élever en tant qu’humains, à notre façon particulière, à travers notre judaïsme.

C’est cela notre communauté. Une synagogue qui appartient à un mouvement. Une synagogue qui est un petit îlot de paix et de volonté, un petit îlot qui fait que l’océan entier semble moins menaçant, une seule petite étoile de laquelle monte un rire qui change le sens du ciel tout entier.

Vous qui militez pour notre communauté depuis des dizaines d’années, vous qui nous avez rejoint récemment, vous qui y trouvez votre place d’une façon sans cesse plus juste et plus satisfaisante, vous savez de quoi je parle.

Je parle de garder les valeurs juives au cœur de la synagogue, d’être humain, au-delà des considérations politiques.
Je parle de défendre d’une façon ouverte et pacifique l’existence d’une religion/communauté/spiritualité ouverte aux autres.

Je parle de ce défi dont nous sommes des Héraults (les portes-drapeaux), aux côtés de nos partenaires.
Défi de faire respecter le judaïsme libéral au sein du judaïsme global et de ceux qui en son sein font parfois preuve de beaucoup de fermeture,
défi de faire respecter le judaïsme tellement minoritaire au sein d’une communauté nationale dont certains tendent aux amalgames,
défi de promouvoir un engagement spirituel qui se pose en partenaire de la platte-forme laïque et humaniste à laquelle nous sommes attachés par-dessus tout.

En défendant notre judaïsme, en défendant la liberté, nous ne défendons pas seulement nos intérêts, nous défendons surtout le droit de chacun et chacune à trouver un chemin harmonieux.

Ces combats se jouent au quotidien, avec nos familles, nos amis, face à la pression du monde extérieur, trouver un moment pour acheter des Halot pour chabat, trouver quelques minutes pour voir une vidéo « sur un pied », trouver de l’inspiration pour raconter une blague juive en accompagnant ses enfants sur le chemin de l’école.
Ces combats se jouent dans l’exceptionnel, dans l’organisation des fêtes juives, dans la mise en place d’un cours d’entrée dans le judaïsme, d’un programme de conversion, dans la participation à des conférences interreligieuses, que ce soit cordoba, la formation de l’école nationale de la magistrature, le bné brit de bordeau etc…

Chaque petit choix juste est une victoire, car il nous oriente davantage vers la bonne direction, pour le reste de notre vie, et pour plus encore à travers le partage et la transmission.

C’est chacun de ces combats pacifiques qui sont l’objet de nos pensées et de nos résolutions en ce jour de Kipour.

Ce n’est pas chose facile. Car pour exercer notre responsabilité, nous devons faire preuve à la fois d’ambition et de résignation, de désir ardent et de patience.
Trop d’enthousiasme, d’ambition et de désir nous mèneraient à la frustration et au désespoir.
Trop de résignation et d’auto-satisfaction nous mènerait à l’immobilisme, comme si nous passions dans ce monde sans y laisser de trace.

L’équilibre est difficile à trouver et se cultive au quotidien. Les fêtes de Tichri nous proposent deux temps de régulation : Yom Kipour et SimHat Torah.
Yom Kipour, pour tendre l’arc de nos volontés, SimHat Torah, pour goûter les joies de la réussite.
Avec ces deux fêtes, notre tradition nous propose deux notions : Le din et le RaHamim.
Le din pour être rigoureux et conscients des enjeux, le raHamim pour être apaisés et tolérants pour nous et autrui.

Le raHamim, c’est la bienveillance, la souplesse, l’accueil de l’imperfection, c’est l’utérus, ce qui nous contient, ce qui nous nourrit, quelles que soient les circonstances. Cette notion est liée au nom éternel de dieu, au nom secret, au nom en 4 lettres, celui que nous remplaçons par le mot « adonaï », le grand nom qui inscrit dans le temps, dans la durée, dans la patience, dans l’évolution. Avec le raHamim, Dieu ne nous juge pas mais nous accompagne, nous ne sommes pas ses serviteurs, mais ses enfants. RaHamim est la qualité dont l’adjectif se dit « raHoum », comme dans les 13 attributs de dieu, adonaï adonaï el RAHOUM : Eternel Eternel dieu raHoum compatissant et gracieux, lent à la colère et grand dans ta bienveillance et ta vérité qui porte sa bienveillance pour les milles générations à venir, qui porte la faute et l’atteinte et le pêché et oublie.

Le Din, c’est le jugement, les conséquences directes et inéluctables de nos actes, le monde de l’ nature dont les lois sont impitoyables. Cette notion est liée au nom immanent de Dieu, « élohim », la force. Lorsque nous prononçons les 13 attributs de dieu, nous faisons semblant d’oublier cette dimension en omettant la fin du verset : « qui porte la faute et l’atteinte et le pêché et qui n’oublie PAS ».

En ce jour de Kipour, notre devoir est de repenser ces deux valeurs, de les soupeser, de les équilibrer.

De ne pas nous laisser endormir dans notre trop grand confort ou de ne pas nous laisser écrouler sous le trop grand poids de nos épreuves.

Tant que nous sommes en mouvement, nous pouvons beaucoup, et Dieu lui-même n’est plus impuissant.

Nous pouvons dire : tu es notre Dieu car nous sommes ton peuple, Tu es notre père car nous sommes tes enfants, Tu est notre force car nous étudions grâce à toi.

Et ainsi, Dieu est puissant, même dans l’hypothèse où il n’existerait pas, les mots et les concepts abstraits n’ont pas tellement d’importance, notre détermination, elle, est fondamentale.

Et la plus petite étincelle de sagesse que vous récolterez en ce jour de Kipour, aura une influence exponentielle sur toute votre année à venir, et par ricochet, sur vos proches, et sur nous, votre communauté.

De même, les nombreuses étincelles de sagesse recueillies au cours de l’année passée ont été un trésor sans prix pour l’année incroyable que nous avons passée ensemble.
Vous en voyez quelques fruits aujourd’hui, vous en verrez les merveilles tout au long de cette année, pensez à en profiter.

Alors partons ensemble en ce jour de Kipour à la récolte des sagesses pour les rendre plus actives dans nos vies.

Étude de Rachi ce samedi: Comment comprendre les menaces divines de la paracha haazinou ?

Notre parhaazinou-enluminureacha de cette semaine, très difficile, parle de courroux divin et de vengeance. Faut-il la lire au sens premier ? Peut-on faire abstraction du sens premier ? A qui exactement s’adresse cette expression de puissance impressionnante ? Rachi nous introduit à une nuance insoupçonnée dans ce texte effrayant.

(Attention, le texte suivant est traduit à dessein d’une façon proche du texte, pour inviter à participer à l’étude juive dans le respect de sa nature : en face à face, en Hévrouta, avec la compagnie d’un maître. Vous pouvez préparer le texte à l’avance, mais ne restez pas dans cette étape solitaire source de mécompréhension. Merci.)

 Pour étudier avec nous à Surmelin : MJLF-est ce chabbat de 9h30 (précises, accueil à 9h15) à 10h20.

Téléchargez ici rachi-5777-2-haazinou

 Deut.32 :36

Quand Hachem jugera Son peuple « Quand » Il prononcera contre eux ces punitions-là telles qu’elles ont été détaillées, comme dans : « Quand (ki) Il se sert d’eux pour juger les peuples » (Iyov 36, 31). Le mot ki ne s’entend pas ici dans le sens de « car », destiné à justifier ce qui précède, mais [dans celui de « lorsque »], pour marquer le début d’un discours, comme dans : « quand (ki) vous viendrez vers le pays » (Wayiqra 23, 10) (Roch hachana 3a). Quand se seront abattus sur vous ces jugements-là, le Saint béni soit-Il se ravisera en ce qui concerne Ses serviteurs et Il les reprendra en pitié.

Il se ravisera (yithnè‘ham) Le mot signifie : « changer son dessein », en bien ou en mal.

Quand Il verra que la main s’en est allée Quand Il verra que la main de l’ennemi va en s’appesantissant sur eux toujours plus, et qu’il n’y a plus en eux ‘atsour ni ‘azouv.

Lié (‘ atsour) – Secourus par un chef qui puisse les arrêter (ya‘atsor).

Abandonné (‘ azouv) – Par un ‘ozèv. Le mot ‘otsér s’applique à un chef qui « arrête » (‘otsér) ses troupes afin qu’elles ne se dispersent pas au moment où elles partent combattre l’ennemi. En français : « maintenu ».

Lié (‘ atsour) – C’est celui qui est sauvé grâce à « l’arrêt » imposé par le chef.

Abandonné (‘ azouv) – Affermi, comme dans : « Ils ont aidé (waya‘azvou) Jérusalem jusqu’au large mur » (Nè‘hèmia 3, 8), ou dans : « Comment a-t-elle pu ne pas être fortifiée (‘ouzzeva), la ville glorieuse ? » (Yirmeya 49, 25).

32 :38

Eux qui mangeront le suif de leurs sacrifices Ce sont ces dieux-là qui les mangeaient, car ils leur présentaient [les sacrifices], et ils buvaient « le vin de leurs nessakhim ».

Qu’ils soient sur vous un abri Que ce rocher soit pour vous un havre et un abri.

32 :39

Voyez maintenant Comprenez, tant par les châtiments que je vous ai infligés sans que personne se porte à votre secours, que par le salut que je vous accorderai sans que personne ne m’en empêche.

Que moi, je le suis Que je suis là pour abaisser et que je suis là pour relever.

Et il n’y a pas de dieu à côté de moi Qui se dresse contre moi pour m’empêcher [d’agir].

A côté de moi A mon exemple et comme moi.

Et il n’y a pas de sauveteur de ma main Ceux qui pèchent contre moi.

32 :43

Sa terre procurera le pardon à Son peuple Et quelle est Sa terre ? Son peuple. Lorsque Son peuple est consolé, consolée se trouve Sa terre. Dans le même sens : « Tu as rendu, Hachem, ton affection à ton pays… » (Tehilim 85, 2). Et comment l’as-tu fait ? « … Tu as ramené les captifs de Ya‘aqov » (ibid.). Le présent cantique est interprété d’une manière différente [à partir du verset 26] dans le Sifri, où Rabi Yehouda et Rabi Nè‘hèmia sont en désaccord. Rabi Yehouda l’explique intégralement comme s’appliquant à Israël, tandis que Rabi Nè‘hèmia l’explique intégralement comme s’appliquant aux idolâtres. Voici comment Rabi Yehouda l’explique comme s’appliquant à Israël : A partir de : « J’ai dit, je les disperserai » (verset 26) jusqu’à : « et ce n’est pas Hachem qui a fait tout cela » (verset 27), c’est comme je l’ai expliqué. « Car ils sont une nation qui a perdu le conseil… » (verset 28) : Ils ont perdu ma Tora, qui était pour eux de bon conseil. « … Et il n’y a pas en eux d’intelligence » (ibid.), pour comprendre : « … comment un seul [des peuples en] poursuivra mille, si leur rocher ne les avait vendus » (verset 30). A partir de : « Car il n’est pas comme notre rocher, leur rocher… » (verset 31) et jusqu’à la fin, c’est comme je l’ai expliqué. Tandis que Rabi Nè‘hèmia l’explique comme s’appliquant aux idolâtres. A partir de : « Car ils sont une nation qui a perdu le conseil… » (verset 28) et jusqu’à : « … et nos ennemis [sont] juges » (verset 31), c’est comme je l’ai expliqué. [Et ensuite :]

32 :44

Lui et Hoché‘a, fils de Noun Ce chabath a été celui « de la paire » (Sota 13b). Le pouvoir a été retiré à l’un et conféré à l’autre. Mochè a donné à Yehochou‘a un porte-parole pour qu’il donne un enseignement [encore] de son vivant, afin qu’Israël ne dise pas : « Tu n’osais pas, du vivant de ton maître, élever la tête ! » Et pourquoi le texte l’appelle-t-il ici « Hoché‘a » ? Pour signaler que son esprit ne s’est pas enorgueilli et que, malgré la grandeur qui lui a été conférée, il est resté aussi humble que par le passé.

כִּי יָדִין ה’ עַמּוֹ. כְּשֶׁיִּשְׁפּוֹט אוֹתָם בְּיִסּוּרִין הַלָּלוּ הָאֲמוּרִים עֲלֵיהֶם כְּמוֹ כִּי בָם יָדִין עַמִּים (יְיַסֵּר עַמִּים) כִּי זֶה אֵינוֹ מְשַׁמֵּשׁ לָשׁוֹן דְּהָא לָתֵת טַעַם לַדְּבָרִים שֶׁל מַעְלָה אֶלָּא לָשׁוֹן תְּחִלַּת דִּבּוּר כְּמוֹ כִּי תָבֹאוּ אֶל הָאָרֶץ כְּשֶׁיָּבֹאוּ עֲלֵיהֶם מִשְׁפָּטִים הַלָּלוּ וְיִתְנַחֵם הַקָּבָּ »ה עַל עֲבָדָיו לָשׁוּב וּלְרַחֵם עֲלֵיהֶם:

יִתְנֶחָם. לָשׁוֹן הֵפֶךְ מַחֲשָׁבָה לְהֵטִיב אוֹ לְהָרַע:

כִּי יִרְאֶה כִּי אָזְלַת יָד. (כְּשֶׁיִּרְאֶה כִּי אָזְלַת) יָד הָאוֹיֵב הוֹלֶכֶת וְחוֹזֶקֶת מְאֹד עֲלֵיהֶם וְאֶפֶס בָּהֶם עָצוּר וְעָזוּב:

עָצוּר. נוֹשַׁע עַ »י עוֹצֵר וּמוֹשֵׁל שֶׁיַּעֲצוֹר בָּהֶם:

עָזוּב. עַ »י עוֹזֵב. עוֹצֵר הוּא הַמּוֹשֵׁל הָעוֹצֶר בָּעָם שֶׁלֹּא יֵלְכוּ מְפוֹזָרִים בְּצֵאתָם לַצָּבָא עַל הָאוֹיֵב בְּלָשׁוֹן לַעַ »ז מיינטי »ט (שׁטארק אופהאלטין):

עָצוּר. הוּא הַנּוֹשַׁע בְּמַעֲצוֹר הַמּוֹשֵׁל:

עָזוּב. מְחֻזָּק כְּמוֹ וַיַּעֲזְבוּ אֶת יְרוּשָׁלַיִם עַד הַחוֹמָה. אֵיךְ לֹא עוּזְבָה עִיר תְּהִלָּה:

 

אֲשֶׁר חֵלֶב זְבָחֵימוֹ. הָיוּ אוֹתָן אֱלָהוּת אוֹכְלִים שֶׁהָיוּ מַקְרִיבִים לִפְנֵיהֶם וְשׁוֹתִין יֵין נְסִיכָם:

יְהִי עֲלֵיכֶם סִתְרָה. אוֹתוֹ הַצּוּר יִהְיֶה לָכֶם מַחֲסֶה וּמִסְתּוֹר:

 

רְאוּ עַתָּה. הָבִינוּ מִן הַפּוּרְעֲנִיּוֹת שֶׁהֵבֵאתִי עֲלֵיכֶם וְאֵין לָכֶם מוֹשִׁיעַ וּמִן הַתְּשׁוּעָה שֶׁאוֹשִׁיעֲכֶם וְאֵין מוֹחֶה בְּיָדִי:

אֲנִי אֲנִי הוּא. אֲנִי לְהַשְׁפִּיל וַאֲנִי לְהָרִים:

וְאֵין אֱלֹהִים עִמָּדִי. עוֹמֵד כְּנֶגְדִי לִמְחוֹת:

עִמָּדִי. דּוּגְמָתִי וְכָמוֹנִי:

וְאֵין מִיָּדִי מַצִּיל. הַפּוֹשְׁעִים בִּי:

 

וְכִפֶּר אַדְמָתוֹ. ומה היא אדמתו עמו כשעמו מתנחמים ארצו מתנחמת וכה »א רצית ה’ ארצך במה רצית ארצך שבת שבות יעקב בפנים אחרים היא נדרשת בספרי ונחלקו בה ר’ יהודה ור’ נחמיה ר »י דורש כולה כנגד ישראל ור »נ דורש את כולה כנגד העובדי כוכבים ר »י דורשה כלפי ישראל אמרתי אפאיהם כמו שפירשתי עד ולא ה’ פעל כל זאת כי גוי אובד עצות המה אבדו תורתי שהיא להם עצה נכונה ואין בהם תבונה להתבונן איכה ירדוף אחד מן האומות אלף מהם אם לא כי צורם מכרם כי לא כצורנו צורם הכל כמו שפירשתי עד תכליתו ר »נ דורשה כלפי העובדי כוכבים כי גוי אובד עצות המה כמו שפירשתי תחלה עד ואויבינו פלילים

הוּא וְהוֹשֵׁעַ בִּן נוּן. שַׁבָּת שֶׁל דִּיוּזְגֵי הָיְתָה נִטְלָה רְשׁוּת מִזֶּה וְנִתְּנָה לָזֶה הֶעֱמִיד לוֹ מֹשֶׁה מְתֻרְגְמָן לִיהוֹשֻׁעַ שֶׁיְּהֵא דּוֹרֵשׁ בְּחַיָּיו כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ יִשְׂרָאֵל בְּחַיֵּי רַבְּךָ לֹא הָיָה לְךָ לְהָרִים רֹאשׁ וְלָמָּה קוֹרְאֵהוּ כָּאן הוֹשֵׁעַ לֵאמֹר שֶׁלֹּא זָחָה דַּעְתּוֹ עָלָיו שֶׁאַעַ »פ שֶׁנִּתְּנָה לוֹ גְּדֻלָּה הִשְׁפִּיל עַצְמוֹ כַּאֲשֶׁר מִתְּחִלָּתוֹ:

 

 

Nous sommes le chant du monde… Dracha Tichri 5777

chant roch hachana chagallQuelques heures avant Kipour, je partage ma dracha de Roch Hachana et vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 5777, gmar hatima tova.

Un an encore a passé. 365 jours. 8760 heures. 525 600 minutes. Plus de 30 millions de secondes.

Un trésor précieux entre tous, de temps, de la vie, la vie.

Qu’avons-nous fait de ces instants ? Qu’avons-nous créé ? Qu’avons-nous pensé ? Que sommes-nous devenus ? Ces instants ne reviendront jamais.

Ce jour de roch hachana est le jour des comptes, le grand jour de la comptabilité de nos actions.

Reprenons chacune de nos secondes et voyons dans quelle colonne nous l’inscrivons.

Nos colères, où s’inscriront-elles ? Nos joies ? Nos satisfactions ? Nos frustrations ? Nos repos ? Tous ces sentiments légitimes, dont nous sommes les bergers et bergères ?

Dans quelle colonne s’inscriront-ils ?

Cette colère-là, était-elle un investissement ? un gâchis ? un apprentissage ? une nourriture émotionnelle ? un tremplin pour évoluer ? une nécessité périmée ?

Cette joie-ci était-elle une construction ? Juste un bon moment ? Une occasion de générosité ?

Chacun de nos actes défile devant nous, comme les moutons d’un troupeau et nous décidons : quel sentiment vivra et quel sentiment disparaitra, lequel dissout dans l’eau et lequel brûlé par le feu, quelles habitudes s’enrichiront et lesquelles s’appauvriront.

Et notre examen de conscience, notre téchouva nous guide dans ce grand ménage d’automne. Et nos cris du cœur, notre téfila nous soutient dans ce grand chambardement. Et notre amour pour les autres, notre désir de partage, notre tsédaka nous nourrit par le sentiment de solidarité communautaire.

Ainsi, comme le disaient Mozart et Emanuel Schikaneder, ces trois guides nous rappellent d’une main douce à notre devoir.

Ces images sont une transposition de la prière Ountané tokef. Ce sont des images merveilleuses, que nous lirons et que nous entendrons demain, et vous pourrez également entendre un petit commentaire un peu provocateur sur la question sur la chaine youtube du MJLF ( Pensez à vous abonner !).

Je tenais à mettre cette prière en avant pour plusieurs raisons.

L’une d’entre-elles est que nous accueillons pour ces fêtes Hélène Blajan, qui est cette année pour la première fois notre Hazan. Anne Lebris, qui nous a accompagnés pendant de nombreuses années, a décidé de se consacrer prioritairement à son rôle de grand-mère, elle me charge de vous saluer tous et de vous souhaiter chana tova.

Hélène, pour sa part, a eu le douteux privilège de découvrir nos partitions approximatives qui sont d’ailleurs en voie de régénération. Et aussi le privilège réel, si nous savons l’accueillir, de faire votre rencontre.

Au cours de nos répétitions, l’une de ses paroles m’a fait réfléchir : elle affirmait que le bon interprète est celui qui se place derrière l’œuvre. Quand il/elle a chanté, chacun pense : quel beau chant. Personne ne pense : quel bon interprète.

Elle a raison. Ountané Tokef est une prière qu’il suffit de porter pour qu’elle nous porte à son tour.

Parfois, comme ountané tokef, les traditions prennent leur envol et conquièrent le cœur du monde juif dans son entier.

Ountané tokef a deux histoires, une histoire historique et une histoire légendaire.

Son histoire historique, la voici: Ountané tokef est née en eretz israel, au 6e siècle selon les spécialistes de l’hébreu ancien, avant le 10e siècle en tout cas comme en atteste sa découverte dans la guéniza du Caire.

Son histoire légendaire est la suivante : Amnon de Mayence, sommé de quitter le judaïsme, a refusé et a été torturé pour cela, peu avant Roch hachana. Il a pu se faire amener à la synagogue pour Roch hachana, et à cette occasion, il a improvisé ounetané tokef qui a été ses dernières paroles.

Les religions ont tendance à légitimer leurs traditions en les rattachant au passé le plus lointain. Ountané tokef, paradoxalement, est rattaché au passé le plus récent. Né au 6e siècle, ce poème liturgique se revendique seulement du 11e.

Que signifie ce rattachement au récent plutôt qu’au lointain ?

Il peut signifier plusieurs choses :

Sans doute, nous avons suffisamment confiance en nous pour ne pas récupérer à notre cause l’autorité des « anciens ».

Mais surtout, nous n’avons pas besoin de « forcer » l’autorité d’un chant, nous pouvons simplement le laisser prendre sa place. La légitimité du judaïsme puise sa force dans le passé bien sûr, mais aussi dans le présent, dans le doux espace que nous lui réservons en nous-mêmes.

Ountané tokef nous dit autre chose, une chose vraiment fondamentale : ounétané tokef : donnez de l’importance. Ce ne sont pas les chants qui s’imposent à nous, le judaïsme n’est pas une religion qui impressionne au premier abord. C’est le contraire. Les chants ne s’imposent pas à nous, c’est nous qui nous ouvrons à leur voix.

Ountané tokef : donnez de la puissance.

Le chant, la tradition, l’étude, auront le sens que NOUS voudrons bien leur donner, la résonnance que NOUS leur accorderons de façon intérieure.

Comme le corps du chanteur, nos vies sont des caisses de résonnances. Elles amplifient le message que notre être même apporte au monde. En travaillant sur notre intériorité, en faisant le tri sur les sentiments, les actes et les pensées qui font notre être, nous modifions la sonorité et l’écho que nous produisons dans le monde.

Pour cette raison, quels que soient les événements de l’année passés et quels que soient ceux de l’année à venir, nous devons être vigilants à la façon dont nous « faisons résonnance », et de la façon dont nous « faisons raisonnance ». Notre raison doit passer en revue le troupeau des sentiments qui s’agitent, pour que nous nourrissions avant tout ceux que nous voulons voir grandir.

Ountané Tokef est une co-création de l’histoire et de la légende, du passé et du présent, ses thèmes sont repris autant par Léonard Cohen (1934-) « who by fire » que par les hilonim, les laïcs israéliens émus au plus profond par l’air de Yayir Rosenblum (1944-1996) du Kibouts bet hachita.

And who by fire, who by water,

Who in the sunshine, who in the night time,

Who by high ordeal, who by common trial,

Who in your merry merry month of may,

Who by very slow decay,

And who shall I say is calling?

_

And who in her lonely slip, who by barbiturate,

Who in these realms of love, who by something blunt,

And who by avalanche, who by powder,

Who for his greed, who for his hunger,

And who shall I say is calling?

_

And who by brave assent, who by accident,

Who in solitude, who in this mirror,

Who by his lady’s command, who by his own hand,

Who in mortal chains, who in power,

And who shall I say is calling?

 

Et c’est ainsi, comme le disent les hilHot téchouva de Maimonide (1138-1204), une seule action peut faire la différence.

Si je fais le compte de mes sentiments et de mes actes au niveau personnel, alors je saurai qu’une seule action peut faire pencher la balance en ma faveur, que si nous faisons le compte et pensons nos actes d’une façon collective, alors une seule action d’un seul d’entre nous peut faire pencher la balance pour notre communauté et pour tous les groupes humains dont nous faisons partie, et si nos organisations savent faire le compte de leurs actions réciproques et coordonner leurs actions, alors les forces du bien et de la solidarité pourront faire pencher la balance du monde du bon côté.

Maimonide HilHot téchouva 3 :4

לפיכך צריך כל אדם שיראה עצמו כל השנה כולה כאילו חציו זכאי וחציו חייב. וכן כל העולם חציו זכאי וחציו חייב.

חטא חטא אחד, הרי הכריע את עצמו ואת כל העולם כולו לכף חובה וגרם לו השחתה.

עשה מצוה אחת, הרי הכריע את עצמו ואת כל העולם כולו לכף זכות וגרם לו ולהם תשועה והצלה, שנאמר: « וצדיק יסוד עולם » (משלי י, כה). זה שצדק הכריע את כל העולם לזכות והצילו.

 

Car ensemble nous sommes les co-créateurs de la musique du monde, et chacun d’entre nous compte au plus haut point.

Ainsi que le dit la chanson co-créée par Rabbi NaHman de Bratslav (1772-1810) et par Naomi Shemer (1930-2004).

Prends bien conscience, que chaque berger et bergère a son chant particulier, prends conscience que chaque brin d’herbe possède une musique particulière et la musique des herbes compose le chant des bergers

Comme il est beau, comme il est beau et agréable quand on entend leur chant, qu’il est bon de prier au milieu d’eux et de servir Dieu dans la joie, et avec la musique des herbes le cœur se remplit et désire.

Et quand le cœur se remplit de ce chant et de désir pour la terre d’Israël, une grande lumière se crée et se répand et c’est avec la sainteté de la terre d’Israël et le chant des herbes que se crée la musique du cœur.

דע לך
שכל רועה ורועה
יש לו ניגון מיוחד
משלו
דע לך
שכל עשב ועשב
יש לו שירה מיוחדת
משלו
ומשירת העשבים
נעשה ניגון
של רועה
כמה יפה
כמה יפה ונאה
כששומעים השירה
שלהם
טוב מאוד
להתפלל ביניהם
ובשמחה לעבוד
את השם
ומשירת העשבים
מתמלא הלב
ומשתוקק
וכשהלב
מן השירה מתמלא
ומשתוקק
אל ארץ ישראל
אור גדול
אזי נמשך והולך
מקדושתה של הארץ
עליו
ומשירת העשבים
נעשה ניגון
של הלב

 

 

Le chant de nos vies se recompose aujourd’hui. L’an prochain, à cette époque, 365 jours. 8760 heures. 525 600 minutes. Plus de 30 millions de secondes. Auront passé et nous proposeront un autre « chant nouveau » (Edmond Fleg).

C’est à nous aujourd’hui de réfléchir et de créer le chant que tous ces instants chanteront à l’heure du jugement, dans un an.

Que cette année nous soit harmonieuse, dans le respect de toutes les « herbes » qui nous composent, et de tous les bergers et bergères qui forment nos familles, nos communautés et notre grande fraternité humaine.

Merci à vous de commencer cette nouvelle année avec nous.

 

Chana Tova oumétouka, que vous ayez une année bonne et douce

Léchana tova tikatévou, que vous soyez inscrits pour une bonne année